brossage bronchique l.m.
bronchial brushing
Technique de prélèvement endoscopique bronchique en vue d'un examen cytologique, par l'intermédiaire d'une brosse.
Cette technique utilise une sonde munie d'une petite brosse à son extrémité distale. Elle est conduite sur la zone muqueuse pathologique sous contrôle endoscopique. Le frottement appuyé de la brosse sur la lésion ramène des amas cellulaires qui sont ensuite examinés au microscope pour le diagnostic d'affections habituellement tumorales ou infectieuses.
Édit. 2017
bruit n.m.
noise
1) En biophysique, son produit par la superposition de plusieurs vibrations acoustiques non harmoniques.
Le bruit est un son indésirable.
Par comparaison avec la composition de la lumière blanche,on appelle bruit blanc un bruit comprenant toutes les fréquences audibles. L’absence de tout bruit est le silence mais il n’y a jamais un silence absolu sans transmission d’aucune fréquence audible : il subsiste toujours un bruit de fond constitué d’ un ensemble de vibrations distribuées au hasard sur toutes les fréquences. Ce bruit de fond peut être d’origine extérieure (notamment dans une transmission téléphonique du fait de l’agitation des électrons) ou endogène au niveau de l’oreille interne. Quand le bruit endogène se fait par bouffées suffisamment intenses on parle d’acouphènes.
Il faut distinguer les bruits des sons purs (une seule fréquence vibratoire) et les sons musicaux plus ou moins riches en harmoniques.
Comme toutes les vibrations sonores, les bruits transportent une certaine énergie qui, si elle est trop forte (>150 décibels), provoque des lésions de l’oreille interne. Les sons , notamment les bruits, sont douloureux lorsque leur intensité atteint 120 décibels.
Les vibrations sonores se propagent facilement dans les milieux liquides et les tissus mous de l’organisme mais si elles abordent un milieu solide elles libèrent une partie de leur énergie. Ce phénomène est utilisé en lithotripsie extracorporelle : rafales sonores très brèves et très intenses appliquées pendant moins d’une minute sur la peau de la région lombaire et focalisées sur des calculs rénaux ou urétéraux ; arrivant au contact des calculs elles produisent des chocs sonores intenses qui provoquent l’implosion in situ des calculs sans intervention chirurgicale.
2) Dans la transmission des messages en général : élément perturbateur, transmis par le même canal et selon les mêmes modalités qu'un message mais ne lui appartenant pas.
On peut définir le bruit comme un signal formé de la somme d'un ensemble de fréquences aléatoires. Ce bruit ou "bruit de fond" est un phénomène général dans toute transmission de message et entraîne une certaine dégradation de l'information, soit en masquant le signal utile sous des variations dénuées de signification, soit en se substituant au message et en remplaçant l'information vraie par une information déformée, encore intelligible mais dans un sens parfois différent du message initial. Son élimination ou sa neutralisation aussi poussée que possible constitueront le but principal des techniques dites de "traitement du signal". On peut enfin déterminer la qualité de l'information véhiculée grâce à la mesure du rapport signal/bruit. Cette dernière notion est p. ex. essentielle dans l'obtention des potentiels évoqués visuels.
3) Concernant la transmission d’une image (swarming) anomalie d’une image dynamique qui, en chaque point, présente une variation aléatoire rapide de sa luminance.
Il peut être causé par un défaut électronique de l’imageur. Il peut aussi apparaître dans l’utilisation d’amplificateur de luminance à très faible débit d’exposition, dû à la fluctuation quantique de la densité des photons X.
Faible en radiologie traditionnelle, en raison de l’importance des flux de photons X utilisés, il est plus important en tomodensitométrie et surtout en scintigraphie où les flux de photons sont limités par des considérations radiobiologiques ; en IRM il est moyen, indépendant du signal en cause, et d’origine technique.
4) En psychiatrie : au sens figuré, tout ce qui altère ou perturbe la transmission d'un message.
Plus particulièrement dans la perspective de la pathologie de la communication, plusieurs catégories de bruits sont distinguées :
- technique, par intrusion d'un élément exogène qui brouille un énoncé ;
- sémantique, par recouvrement seulement partiel des codes ou grilles de référence du soignant et du patient (surtout si ce dernier est délirant). De toute façon, un principe d'économie des informations anxiogènes, comportant donc des aménagements défensifs, intervient de part et d'autre ;
- pragmatique, du fait des inéluctables transactions entre vouloir dire, seul généralement explicite, et vouloir faire. Si l'écart est excessif entre implicite et explicite, il s'agira de l'aspect pathogène majeur de la communication. Avec sa double contrainte, l'injonction paradoxale chez le schizophrène a été décrite comme une de ses formes ;
- contextuel, lié aux contraintes imposées à la dyade communicante par un contexte systémique homéostatique, en particulier familial et groupal. Ainsi, le "patient désigné" est-il le symptôme révélateur identifié du malaise du système familial, incitant à traiter ce dernier plutôt que le seul sujet.
Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).
→ acouphènes, bel, lithotripsie extracorporelle, harmonique
Édit. 2017
cancer du sein l.m.
breast cancer
Tumeur maligne de la glande mammaire naissant dans la grande majorité des cas à partir des revêtements épithéliaux des lobules ou des canaux galactophores.
Il s’agit dans plus de 90% des cas d’adénocarcinomes. Les sarcomes et les lymphomes malins mammaires sont beaucoup plus rares (environ 1% des cas). La grande majorité des adénocarcinomes du sein sont des cancers "invasifs", c'est à dire envahissant les structures sous-jacentes à la glande mammaire elle-même (canaux ou lobules). Mais, il existe des cancers(ou carcinomes) in situ canalaires ou lobulaires qui avec les cancers dits micro-invasifs, (c’est-à-dire avec un envahissement minime du tissu sous-jacent) représentent environ 15% des cas diagnostiqués lors du dépistage par mammographies et dont les taux de guérison avoisinent 100%.
Parmi les formes invasives, on distingue les adénocarcinomes canalaires infiltrants (70 à 80% des cas), les adénocarcinomes lobulaires infiltrants (10% des cas), les adénocarcinomes tubuleux (environ 5% des cas), les adénocarcinomes colloïdes ou mucineux (2% des cas) et les adénocarcinomes médullaires (environ 1% des cas)
On distingue des cancers de type "luminal" qui se développent à partir des cellules épithéliales des canaux ou des lobules . Les cancers de type "luminal A" ont plus de récepteurs d'oestrogènes que ceux de type "luminal B". A côté il existe des cancers de type "basal like" plus agressifs, dont les cellules ressemblent aux cellules basales des canaux galactophores amènant le lait dans les canaux, par opposition aux cellules luminales.
A la surface des cellules cancéreuses des adénocarcinomes mammaires se trouvent dans 75 % des cas environ des récepteurs hormonaux (aux oestrogènes et ou aux progestatifs). Ces cancers sont alors souvent sensibles à une action hormonale. A la surface de ces cellules on retrouve dans un quart des cas une surexpression d’un récepteur appelé HER2/neu qui, activé, entraîne une activation de la prolifération tumorale; ce type de cancer sera sensible à une immunothérapie spécifique. On dit qu'un cancer du sein est "triple négatif" quand à la surface des cellules, il n'y a ni récepteurs hormonaux, ni surexpression d'HER2/neu.
C’est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux à haut niveau socio-économique. Il peut atteindre l’homme dans 1% des cas. En France, selon les estimations de Santé publique France, son incidence annuelle est de 58 546 cas en 2018 et la mortalité qui lui est liée de 12 146 cas annuels. Rare avant 30 ans, son pic d’incidence se situe entre 60 et 65 ans. Il est favorisé par le jeune âge à la puberté, la nulliparité ou une première grossesse après 35 ans, l’absence d’allaitement, des cycles anovulatoires, un traitement œstrogénique prolongé, une ménopause tardive. Dans 5 à 8 % des cas, il s’agit de formes familiales parmi lesquelles on met en évidence une mutation des gènes BRCA1, BRCA2.
Il peut être diagnostiqué soit à l’occasion d’un dépistage par mammographie recommandé tous les deux ans de 50 à 74 ans, soit lors de la découverte d’une anomalie mammaire, le plus souvent une tuméfaction. Il existe dans 2 à 3% des cas des formes qui s’accompagnent de signes inflammatoires. Le diagnostic s’ aide de l’imagerie, mammographie, échographie,image de résonnance magnétique.
Il existe deux principaux marqueurs tumoraux sériques relativement peu sensibles mais intéressants pour suivre et apprécier tout au moins partiellement l’efficacité thérapeutique, lorsqu’ils sont élevés, l’antigène carcino-embryonnaire, peu sensible et peu spécifique, le CA 15-3 plus sensible et plus spécifique, en aucun cas, il ne peut s’agir d’outils de dépistage.Le diagnostic est histologique porté soit par une biopsie guidée soit lors de l’intervention par une biopsie extemporanée confirmée et affinée lors de l’inclusion en paraffine.
Son pronostic dépend des caractéristiques cliniques et histologiques dont le grade histopronostique (grade de Scarff Bloom et Richardson adapté par Elston et Ellis), la présence ou non de récepteurs hormonaux, de la surexpression ou non d’HER2/neu et par l’envahissement ganglionnaire axillaire (les formes invasives sont lymphophiles) qui est évalué soit par curage axillaire, limité quand cela est possible grâce à la technique dite du ganglion sentinelle. Les métastases sont principalement osseuses, hépatiques et pulmonaires.La taille de la tumeur, l’envahissement clinique ganglionnaire et les métastases sont à la base de la classification internationale T N M.
En l’absence de métastases, le traitement est local intéressant la tumeur et les aires ganglionnaires satellites, basé sur la chirurgie et la radiothérapie dont l’étendue dépend du stade initial. Au niveau mammaire la chirurgie complétée alors, au besoin par la radiothérapie, s’efforce d’être la moins mutilante possible. De même avec la technique dite du ganglion sentinelle, lorsqu’on peut l’utiliser sans risque, l’évaluation de l’envahissement des ganglions axillaires devient de moins en moins agressive.
Ce traitement est souvent complété par un traitement médical dit « adjuvant » dépendant des caractéristiques anatomiques et biologiques de la tumeur. Ce peut être une chimiothérapie cytotoxique, une hormonothérapie à visée anti-œstrogène (en présence de récepteurs hormonaux), une immunothérapie spécifique en cas de surexpression du gène HER2/neu).
La chirurgie est contre-indiquée, tout au moins de première intention dans les rares formes inflammatoire, le traitement reposant sur les traitements médicaux et la radiothérapie. Le traitement des formes métastatiques est essentiellement médical dépendant des caractères de la tumeur : présence ou non des récepteurs hormonaux, du statut HER2/neu et bien sûr de l’état général de la patiente.
W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)
Syn. carcinome mammaire
→ adénocarcinome, antigène carcinoembryonnaire, BRCA, cancer inflammatoire du sein, cancer médullaire du sein, cancer in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, classification TNM, dépistage, échographie, Scarff Bloom et Richardson
[F2, O5]
Édit. 2020
cervicocystopexie antérieure l.f.
Intervention visant la cure de l'incontinence d'effort de la femme par fixation de la face antérieure du col et de la vessie à la paroi hypogastrique, soit directement (technique de E. Perrin), soit par l'intermédiaire de bandelettes aponévrotiques (technique de L. Léger).
Ces interventions, d'efficacité incertaine et trop peu fiables à long terme, sont abandonnées aujourd'hui.
É. Perrin, chirurgien urologue français (1944) ; L. Léger, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1946)
[M2]
césarienne extrapéritonéale l.f.
extraperitoneal cesarean section
Technique d’intervention césarienne qui était réservée aux cas d'infection intra-utérine, pour éviter la contamination de la grande cavité péritonéale.
La technique consistait à éviter de pénétrer dans la cavité péritonéale, en disséquant l'espace de Retzius pour décoller le péritoine vésico-utérin et inciser l’utérus en dehors de la cavité péritonéale. Elle est aujourd’hui rendue inutile par l’usage des antibiotiques.
[O3]
children apperception test l. angl.
Technique projective pour enfants qui s'inspire largement du "thematic apperception test" (TAT) (L. et S.S. Bellak).
Les enfants s'identifiant beaucoup plus aisément aux animaux qu'à des personnages, le matériel consiste en 10 planches mettant en scène des animaux à évoquer et des situations particulièrement significatives en psychologie de l'enfant.
La technique d'administration et l'interprétation suivent les mêmes principes que le TAT. Des normes ont été établies pour les différents thèmes présentés dans les histoires, afin de repérer plus facilement les réponses déviant de la norme.
Ce test est validé en France pour des enfants âgés de 3 à 10 ans.
[H4,O1]
ciné IRM l.m.
cine MRI
Technique d'imagerie par résonance magnétique permettant d'obtenir, après chaque impulsion de radiofréquence, plusieurs images successives du même plan de coupe d'un organe en mouvement, à l’origine de la représentation dynamique de cet organe.
Cette technique est surtout utilisée dans l'exploration du cœur.
[B2,B3]
Édit. 2018
Coffey (technique de) l.f.
Coffey's procedure
Technique d'implantation de l'uretère dans le côlon sigmoïde après passage du conduit dans un tunnel sous-muqueux antireflux confectionné de l'extérieur du côlon à travers la musculeuse, sans suture bord à bord de l'anastomose.
La technique de Coffey a été l'une des premières utilisées et de ce fait l'usage a fait de "l'opération de Coffey" un synonyme d'urétérosigmoïdostomie. Elle crée une "trompe" urétérale intracôlique qui peut être siège d'un granulome inflammatoire.
R. C. Coffey, chirurgien américain (1911 et 1919)
[M2]
Colonna (opérations de) l.f.p.
Colonna’s procedures
1° Technique de coaptation trochantéro-iliaque, pour pseudarthrose du col du fémur.
2° Technique de traitement de la luxation congénitale invétérée de la hanche par creusement du cotyle et interposition capsulaire.
P. C. Colonna, chirurgien américain (1932)
[I2]
coronarographie n.f.
coronarography, coronary angiography
Étude radiologique des artères coronaires après leur opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Selon l'équipement de la salle d'angiographie, l'enregistrement des images recourt au radiocinéma (35 mm, 50 images par seconde) ou à la radiographie numérique (normes minimales : cadence d'acquisition de 25 images par seconde, résolution spatiale 512 X 512)
L'examen comporte trois temps distincts : opacification des artères coronaires gauche, droite et du ventricule gauche. L'opacification du ventricule gauche (ventriculographie gauche) est constamment faite, ce que le nom de l'examen ne donne pas à entendre.
Aujourd'hui, les cathéters sont généralement introduits par ponction percutanée de l'artère fémorale au pli de l'aine. Chacun des trois cathétérismes nécessite l'utilisation d'une sonde ayant une configuration particulière et le même point d'entrée à la peau est utilisé pour le passage des différents cathéters. Les injections de produit de contraste dans les coronaires ont lieu dans l'ostium de ces artères; celle du ventricule gauche par une sonde introduite in situ.
Les premières coronarographies furent principalement réalisées selon la technique de Sones (1962), le point d'entrée des cathéters étant l'artère brachiale dénudée chirurgicalement. Cette technique avec ses variantes est encore utilisée.
Étym. lat. corona : couronne ; gr. graphein : écrire
[B2,K2]
corps étranger intra-oculaire (repérage d'un - par déplacement du regard) l.m.
intraocular foreign body (physiological method of localisation by eye moving projection)
Technique radiologique de repérage d’un corps étranger intraoculaire radio-opaque. Des clichés sont réalisés en incidence d’orbite dans les quatre directions cardinales du regard, qui permettent de différencier un corps étranger situé dans le segment antérieur de l’œil (déplacement du corps étranger dans le même sens que les mouvements oculaires) par rapport à un corps étranger situé dans le segment postérieur de l’œil (déplacement du corps étranger dans le sens contraire des mouvements oculaires).
Cette technique est devenue désuète avec la facilité d’obtention d’une tomodensitométrie en coupes millimétriques selon le plan neuro-oculaire.
[P2]
cryo-anesthésie n.f.
cryoanaesthesia
Anesthésie par le froid.
Cette technique n'est pas utilisable en anesthésie générale pour les animaux à sang chaud (dont l'homme) mais c'est la technique de choix pour anesthésier les insectes (la mise au réfrigérateur à 4°C environ suffit).
[G1]
cryomicroscopie électronique l.f.
electronic cryomicroscopy
La cryomicroscopie utilise une technique de vitrification qui permet d’obtenir un échantillon à examiner en microscopie électronique qui ne soit ni gelé ni liquide.
Un examen normal en microscopie électronique nécessite que l’échantillon soit déshydraté, coloré ou exposé aux rayons X. Ces techniques altèrent l’échantillon et ne permettent pas de l’examiner à l’état naturel. Pour qu’une molécule conserve son état originel au moment de l’observation il faut le refroidir. On ne peut pas se contenter de la congeler car l’eau contenue dans l’échantillon deviendrait solide (cristallisation) et ce gel l’altèrerait. La vitrification permet d’obtenir un échantillon ni gelé ni liquide. Pour y arriver, il faut soit utiliser des produits, des cryoprotecteurs, pour faire chuter la température, soit provoquer une baisse extrêmement rapide de la température, de sorte que le gel n’ait pas le temps de se former. L’eau se solidifie tout en gardant sa forme liquide. Les échantillons biologiques gardent ainsi leur forme naturelle. Cette méthode, utilisée en biochimie et en biologie moléculaire, permet de «voir» l'enchaînement des atomes dans de grosses molécules biologiques dans de l'eau. L'idée a été d'adapter la microscopie électronique à des protéines, des molécules très complexes du vivant, dont certaines propriétés dépendent de leurs «forme». Pour figer ces protéines avant de les regarder sous un microscope électronique, les protéines en solution ont été «figées», avec de l'eau «vitrifiée». C'est-à-dire qu'elles sont gelées très rapidement en les plongeant dans un bain d'azote liquide (- 196°C). La rapidité de la congélation fige les biomolécules. Leur état est alors préservé malgré la pression du système de mise sous vide des microscopes électroniques. Grâce à cette technologie, il est possible d’observer des mécanismes vivants complexes à l’échelle de l’atome
J. Dubochet a mis cette technique au point dans les années 1980. De 1975 à 1986, J. Frank a élaboré une méthode de traitement des images adaptée aux protéines, leurs formes en 3 dimensions étaient recréées au moyen d'un flux d'électrons qui les éclairent sous différents angles. Enfin, en 1990, R. Henderson a permis de préciser la méthode de visualisation pour déterminer l'enchaînement des atomes. Il a, le premier, produit une image en 3D en microscopie électronique d'une protéine, la rhodopsine, une avancée qui a permis de démontrer tout le potentiel de l'approche de Dubochet.
L'image pour mieux comprendre la cryomicroscopie électronique a, depuis l'époque des pionniers, fait des progrès. Les chercheurs ont désormais accès à des processus moléculaires inconnus jusqu'ici et qui permettent non seulement de mieux comprendre les ressorts chimiques de la vie mais aussi de développer de nouveaux médicaments. Récemment lorsque le rôle du virus Zika a été mis en cause dans la survenue des anomalies cérébrales des nourrissons au Brésil, les scientifiques « ont eu recours à la cryo-EM (cryomicroscopie électronique) pour visualiser le virus », comme l’a rappelé le comité Nobel.
J. Dubochet, chimiste suisse (1980) ; J. Frank, chimiste américain (1986) ; R. Henderson, chimiste britannique (1990), ; tous trois prix Nobel de chimie en 2017
Étym. gr. kruos: froid ; micros : petit : scopein : voir
[A2,A3,B1,B3]
Édit. 2017
culture de moelle l.f.
Technique qui consiste à cultiver dans des milieux semi-solides appropriés, en présence de facteurs de croissance, des cellules progénitrices médullaires ou des cellules souches hématopoïétiques sanguines non morphologiquement reconnaissables, qui vont ainsi donner naissance en quelques jours à des colonies clonales appartenant à une seule lignée hématopoïétique.
Le principe des cultures à long terme, dérivées de cette technique, repose sur la reconstitution in vitro du microenvironnement médullaire.
[F1]
désensibilisation systématique en psychiatrie l.f.
systematic desensitization in psychiatry
Stratégie de thérapie comportementale utilisée pour affaiblir progressivement une réponse anxieuse, et ce par le biais d'une autre réponse antagoniste.
Le concept d'inhibition réciproque (J. Wolpe) en est la base théorique majeure : inhibitrice de réponses comme l'alimentation ou l'état de relaxation, la réponse à base d'anxiété peut à son tour être inhibée par ces autres types de réponses. Il est donc possible de faire perdre au stimulus anxiogène sa capacité à déclencher de l'anxiété, par un processus s'apparentant à celui du conditionnement classique.
Dans le cadre d'un trouble phobique, le déroulement de cette technique est habituellement le suivant : après avoir suivi une relaxation qui lui permette de déclencher une réponse physiologique antagoniste de celle de l'anxiété, le sujet dresse une liste hiérarchisée de stimulus anxiogènes ; en état de relaxation, inhibitrice de l'anxiété qui pourrait naitre de cette confrontation, il s'expose progressivement en imagination à ces situations, qui sont ainsi "neutralisées" et "désensibilisées" au fur et à mesure.
D'autres types de réponse que la relaxation ont pu être proposés pour inhiber la réponse anxieuse, comme l'activité ludique chez l'enfant, ou même sexuelle chez l'adulte.
Longtemps considérée comme le traitement de référence des troubles phobiques, cette technique est encore largement utilisée dans les phobies simples. Mais pour ce qui concerne de nombreuses autres formes comme l'agoraphobie et les phobies sociales, on lui préfère maintenant les thérapies d'exposition ou cognitives.
J. Wolpe, psychiatre américain (1915-1997)
dialyse n.f.
dialysis
Technique permettant des échanges entre deux liquides de composition différente séparés par une membrane semi-perméable, p. ex. échange entre le sang et un liquide dit de "dialyse".
Les petites molécules diffusent à travers la membrane allant du compartiment où la solution est la plus concentrée vers celui où elle est plus diluée (loi de Fick). En raison de leur taille, les grosses molécules telles que les protéines ne franchissent pas la membrane. L'eau se déplace suivant le gradient osmotique transmembranaire.
Les techniques de dialyse sont utilisées comme méthode "d'épuration" dans le traitement de l'insuffisance rénale aigüe et chronique. Elles permettent la soustraction d'éventuelles substances toxiques et la correction de désordres hydro-électrolytiques (p.ex. l'hyperkaliémie). Elles font appel le plus souvent à des membranes artificielles - c'est la technique de l'hémodialyse - mais aussi à des membranes naturelles comme le péritoine et l'intestin.
A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)
Étym. gr.dia : à travers ; luô : je délie, je laisse passer
→ diffusion, Fick (loi de), pression osmotique, hémodialyse, épuration extrarénale, membrane de dialyse
distension vésicale hydrostatique l.f.
bladder hydrostatic pressure
Technique visant à comprimer et à étirer la paroi vésicale afin de tarir un saignement diffus de la muqueuse par la mise transitoire en hyperpression hydraulique de sa cavité, ou de traiter une sclérose rétractile de la musculeuse.
Cette technique, d'indication rare, s'applique p. ex. aux hémorragies incoercibles des vessies irradiées ou consécutives à certaines chimiothérapies. Elle a été également proposée en adjuvant thérapeutique pour la cystite interstitielle avec perte de la capacité vésicale.
doppler à émission continue l.m.
continuous-wave doppler
Technique échographique d'exploration vasculaire dans laquelle l'émission et la réception des ultrasons s'effectuent en continu par deux céramiques distinctes.
Le glissement en fréquence du faisceau émetteur est proportionnel à la vitesse de la cible mobile. Les informations obtenues sur le trajet des ultrasons peuvent se superposer et gêner l’analyse.
Cette technique, malgré sa mauvaise résolution spatiale, s'utilise pour la vélocimétrie du flux sanguin. Elle permet une auscultation vasculaire par l'écoute de la fréquence doppler recueillie et reste un complément des autres méthodes vélocimétriques.
→ doppler pulsé, CVI
dos Santos (technique de) l.f.
dos Santos’ technique
Technique radiologique consistant, pour opacifier l'aorte abdominale, à ponctionner celle-ci par voie translombaire à l'aide d'un trocart spécial de 160 ou 200 mm de long.
Cette technique est la plus ancienne et la plus simple pour opacifier l'aorte abdominale, mais aussi la plus traumatisante. Elle a été supplantée par celle de Seldinger.
R. dos Santos, chirurgien portugais, membre de l'Académie de médecine (1938) ; S. I. Seldinger, médecin radiologue suédois (1953)
écouvillonnage de l'œsophage l.m.
oesophageal brushing
Technique destinée au diagnostic précoce des lésions de l’œsophage.
Une éponge déglutie pénètre jusque dans l’estomac, et, après son extraction par frottement doux, les cellules de l’épithélium œsophagien sont transférées sur une lame pour un examen cytologique.
Cette technique a été utilisée dans certaines régions de Chine où le cancer de l’œsophage a une incidence particulière, due sans doute à une mycobactérie liée à un procédé de conservation hivernale des légumes.
Étym. ancien fr. escoveillon, du lat. scopa : balai
→ mycobactérie, cancer de l'œsophage
[B3, L1]
Édit. 2019
électroencéphalogramme n.m. (EEG)
electroencephalogram
Technique d'enregistrement des potentiels cérébraux recueillis sur le cuir chevelu, qui reste l'investigation fondamentale chez un épileptique, malgré ses imperfections et ses limites liées à la qualité du recueil du signal.
Des méthodes d'activation-hyperpnée, stimulation lumineuse intermittente, pratiquées systématiquement pendant l'enregistrement, améliorent la qualité des informations. Les enregistrements pendant le sommeil et après privation de sommeil sont souvent indispensables pour la mise en évidence d'anomalies paroxystiques, tout particulièrement chez l'enfant.
Les tracés prolongés avec enregistrement vidéo simultané permettent une étude des corrélations électrocliniques des crises.
L'enregistrement EEG par des méthodes traumatiques utilisant des électrodes soit intracrâniennes ("grids", "strips"), soit intracérébrales, utilisant la technique de la stéréo-électro-encéphalographie, n'est pratiqué que dans le cadre d'un bilan préchirurgical d'une épilepsie.
L'analyse mathématique du signal et la quantification de différents paramètres permettent la réalisation de cartographies, utilisables pour l'identification d'anomalies indiscernables à la lecture visuelle.
→ élecroencéphalographie, électroencéphalogramme et anesthésie, électro-encéphalogramme fœtal, épilepsie
[B3, H1]
Édit. 2019
électronystagmographie n.f.
electronystagmography
Technique d'enregistrement du nystagmus utilisant les variations du champ électrique périorbitaire engendré par l'activité bioélectrique rétinienne.
Ces variations d'amplitude minimes (20-50 millivolts) sont amplifiées électroniquement. Au nombre de trois ou quatre, les électrodes d'enregistrement sont placées sur le pourtour orbitaire. Cette méthode permet l'étude des nystagmus : spontané, révélé, positionnel, optocinétique. Elle est couplée aux moyens d'exploration calorique calibrée et aux tests rotatoires. Les caractéristiques des saccades et de la poursuite oculaires sont déterminées. Le nystagmus retractorius et le nystagmus rotatoire ne peuvent être étudiés par cette technique, qui reste essentielle dans l'examen de la fonction vestibulaire.
Elle permet des enregistrements même sans fixation oculaire, les yeux fermés ou dans l'obscurité.
Étym. gr. êlectron : préfixe qui concerne l’électricité ; nustazein : s'incliner ; graphein : écrire
[B3, B3, P1, P2]
Édit. 2019
embolisation vasculaire l.f.
vascular embolization
Technique de radiologie interventionnelle consistant à placer dans une artère un cathéter par lequel on injecte du matériel obstructif pour induire une thrombose locale afin d'interrompre la circulation en aval.
Cette technique connaît de nombreuses applications dans les situations aigües, par exemple : contrôle d'une hémorragie rétropéritonéale grave lors d'une fracture du bassin, traitement d'une hémoptysie rebelle aux moyens usuels, blocage d'une malformation vasculaire (angiome du foie, fistule artérioveineuse cérébrale, anomalie de la veine cérébrale de Galien, angiome cervicofacial, anévrisme artériel…), hémostase d'une hémorragie maxillofaciale irréductible, traitement d’une tumeur….etc.
Étym. gr. embolos : qui s’enfonce dans, qui est jeté dans ; lat. embolus : piston d’une pompe
→ embole, hémorragie, polytraumatisme, embolie thérapeutique, embolisation de l'artère hépatique, hémoptysie, angiome, fistule artérioveineuse cérébrale
[B4, G5,K4]
Édit. 2019
empreinte génomique l.f.
genomic imprinting
Caractéristique spécifique de l'ADN d’un génome appartenant à un organisme vivant ou d’un matériel issu d’un tel organisme.
1) Originellement, technique consistant à hydrolyser par un enzyme spécifique l'ARN d'un virus et à identifier par électrophorèse les nucléotides obtenus, le diagramme de bandes caractérisant le génome de la souche.
2) Par extension, technique appliquée à tout génome ADN ou ARN, d'une souche, d'un individu, ou d'une espèce pour le caractériser.
3) Modification épigénétique temporaire ou réversible du génome sous l'action de gènes modificateurs qui influencent l'expression de certains gènes de façon différente selon le sexe dont il est issu (empreinte parentale).
L'empreinte génomique est donc une des trois exceptions connues à la règle mendélienne de l'équivalence des croisements réciproques.
[Q1]
Édit. 2019
entéroclyse n.f.
enteroclysis
Technique de radiologie digestive permettant d'opacifier électivement l'intestin grêle à l'aide d'une sonde introduite par voie orale.
Cette technique, qui n’est pratiquement plus utilisée de nos jours pour l’exploration radiographique de l’intestin grêle, sert toujours lors des entéro-scanners ou entéro-IRM.
Étym. gr. enteron : intestin ; kluzein : laver
→ duodénographie, entéro-scanner, entéro-iRM
[ B2, B3, L1]
Édit. 2020