hémodialyse chronique de suppléance l.f.
intermittent hemodialysis of substitution
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales chroniques, qui repose sur le principe des échanges, à travers une membrane semi-perméable, entre les constituants du plasma et ceux d’une solution hydroélectrolytique, dite « liquide de dialyse », de composition proche de celle d’un liquide extra-cellulaire normal.
Le principe de l’hémodialyse fait appel aux lois des transferts de masse à travers les membranes semi-perméables constituées de polyacrilonitrile et plus souvent de cuprophane ou d’acétate de cellulose disposés en plaques, en bobines et surtout en fibres creuses.
L'hémodialyse nécessite la mise en œuvre d'une circulation extracorporelle partielle qui dérive le sang vers la membrane semiperméable de l’appareil dit « rein artificiel », préalablement rempli d'une solution isotonique.
Dans le traitement substitutif de l’insuffisance rénale chronique, la dérivation sanguine est artérioveineuse grâce à une fistule créée chirugicalement, au préalable, à l’avant-bras, à partir de l’artère radiale. Le sang est rendu incoagulable par de l’héparine de bas poids moléculaire, par voie générale ou localement, à l'entrée de l'appareil. Le débit sanguin utilisé est de 33 à 200 mL/min, le débit à contrecourant du dialysat est en moyenne de 500 mL/min.
L'écart de concentration entre les deux compartiments crée une différence de pression osmotique qui détermine le passage des molécules à épurer à travers la membrane. Les petites molécules (électrolytes, urée, créatinine) traversent plus facilement la membrane que les autres. L’établissement d’un gradient de pression hydrostatique entre le sang du malade et le bain de dialyse permet la soustraction, par ultrafiltration de la quantité de sel et d’eau accumulée par le malade dans l’intervalle de deux dialyses. L'efficacité d'épuration du dispositif est évaluée par la clairance pour un soluté donné. Des dispositifs de surveillance de la composition du bain, de la pression de perfusion dans le circuit, assurent la sécurité.
Le plus souvent, les séances d’hémodialyse d’une durée de quatre heures, sont répétées trois fois par semaine. Elles peuvent avoir lieu soit dans des centres spécialisés traitant de nombreux malades, notamment à haut risque, soit dans des centres dits d'autodialyse où quelques patients se prennent eux-mêmes en charge avec l'aide éventuelle d'un technicien, soit au domicile même du patient.
L’hémodialyse périodique assure la suppléance des fonctions d’excrétion et de régulation hydroélectrolytique du rein malade sans pouvoir pallier la perte de ses fonctions endocrines et métaboliques.
B. H. Scribner, médecin néphrologue américain (1960)
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, fistule artérioveineuse, générateur de dialyse
[M1]
Édit. 2015
hémodialyse d'urgence l. f..
emergency hemodialysis
Technique d'épuration extrarénale utilisée pour le traitement des insuffisances rénales aigües, qui repose sur les mêmes principes que ceux de l’hémodialyse chronique de suppléance.
Dans les indications d’urgence, en réanimation, la dérivation sanguine est veinoveineuse grâce à l’utilisation de cathéters spéciaux à double lumière. L'hémodialyse est également utilisée pour corriger les déséquilibres électrolytiques (par ex. l'hyperkaliémie) ou acidobasiques et l'hyperhydratation. Elle est d'une application délicate. On pratique des séances de deux à quatre heures avec un faible débit continu, suivies d'une ultrafiltration pendant une à deux heures. L'hémodialyse mobilise une quantité importante de sang dans le circuit extracorporel (d'un volume comparable à celui d’une hémorragie) et les variations rapides d'osmolarité plasmatique entraînent en outre une perte accélérée de liquide intravasculaire ; il en résulte une hypovolémie et une inflation du secteur extravasculaire qui fait courir le risque d'œdème cérébral. C'est pourquoi on préfère aujourd’hui souvent l'hémofiltration à l'hémodialyse.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
Syn. rein artificiel
→ hémofiltration, hémodiafiltration, rein artificiel, générateur de dialyse
[M1,G2]
Édit. 2015
hémodialyse et troubles psychiques l.f.p.
hemodialysis and psychical disorders
Manifestations fréquentes malgré les progrès techniques qui ont amélioré les conditions d’existence des patients soumis à une hémodialyse chronique de suppléance pour pallier le déficit total des fonctions rénales.
Les contraintes répétitives, les règles diététiques, l’asthénie chronique, les conséquences socioprofessionnelles, familiales, conjugales et sexuelles peuvent être à l’origine d’états dépressifs, d’anxiété et parfois de conduites suicidaires actives ou passives, par abandon de traitement.
Étym. gr. haima : sang ; dia : à travers; luein : dissoudre
→ hémodialyse chronique de suppléance
[M1,H3]
hémodialyse itérative l.f.
→ hémodialyse chronique de suppléance
[M1]
Édit. 2015
hémodialyse périodique l.f.
chronic hemodialysis
→ hémodialyse chronique de suppléance
[M1]
Édit. 2015
hémodialyseur n.m.
[M1]
Édit. 2015
amylose des hémodialysés l.f.
amylose of the hemodialized
Complication fréquente du traitement de l’insuffisance rénale par hémodialyse chronique.
S’observant chez environ 65% des patients après 10 ans de dialyse, cette amylose se caractérise cliniquement par une atteinte touchant essentiellement les articulations (polyarthralgies, parfois arthropathies destructrices), les ténosynoviales (syndrome du canal carpien par ténosynovite des fléchisseurs des doigts), beaucoup plus rarement d’autres organes (langue, rectum, iléon, foie, thyroïde, cœur, pancréas, peau, etc.). Sur le plan biochimique, la substance amyloïde se singularise ici par sa richesse en bêta-2-microglobuline.
Étym. gr. amulon : amidon
→ amylose à bêta-2-microglobuline, amylose
[M1,N3]
Édit. 2017
eau pour dilution des solutions concentrées pour hémodialyse l.f.
water for hemodialysis
Codifiée par la Pharmacopée Européenne, elle est obtenue à partir d’eau destinée à la consommation humaine par divers procédés appropriés (distillation, osmose inverse, échange d’ions).
Les conditions de préparation, de transfert et de conservation permettent de limiter le risque de contamination chimique et microbienne. Elle est souvent produite in situ et amenée aux postes de dialyse par des réseaux de distribution spécifique comportant des systèmes de filtration, d’adoucissement et de double osmose inverse. Elle doit répondre aux exigences de qualité chimique et microbiologique, définies dans la monographie de la Pharmacopée Française (acidité ou alcalinité, substances oxydantes, chlore total disponible, chlorures, fluorures, nitrates, sulfates, aluminium, ammonium, calcium, magnésium, métaux lourds, sodium).
Syn. eau pour hémodialyse
→ distillation de l'eau, osmose inverse, résines échangeuses d'ions
[C1, G5, M1]
Édit. 2019
fistule artérioveineuse pour hémodialyse l.f.
arterio-venous fistula and hemodialysis
Anastomose artérioveineuse créée chirurgicalement, le plus souvent à l'avant-bras entre l'artère radiale et une veine superficielle, en vue du traitement par hémodialyse périodique.
Cette technique a remplacé le shunt artério-veineux de Quinton-Scribner. Elle a considérablement amélioré la technique de l'hémodialyse en facilitant la connection entre le dialyseur et le patient grâce à la facilité de la ponction itérative de la veine artériolisée. En cas d'obstruction des vaisseaux de l'avant-bras la fistule peut être réalisée soit au bras soit exceptionnellement au membre inférieur.
M. J. Brescia et J. E. Cimino, néphrologues américains (1966) ; W. E. Quinton, technicien médical et B. H. Scribner, néphrologue américains (1960)
Étym. lat. fistula : canal
→ hémodialyse périodique, Scribner (shunt de), fistule artérioveineuse
[A3,M1]
Édit. 2018
prurit des hémodialysés l.m.
Prurit diffus chronique très fréquent chez les insuffisants rénaux traités par hémodialyse, d'étiopathogénie mal élucidée.
Ses caractères sémiologiques variables, notamment son intensité et le soulagement éventuel par les séances de dialyse, suggèrent l'existence de plusieurs mécanismes physiopathologiques distincts. Son diagnostic impose d'éliminer une cause banale de prurit telle que eczéma, gale, lichen plan, toxidermie, etc. La photothérapie peut améliorer les cas difficiles.