Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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arachnoïdite ponto-cérébelleuse l.f.

arachnoiditid, Brárány’s Syndrome

Inflammation du feuillet arachnoïdien de la fosse postérieure.
Complication, rare aujourd’hui, des otites chroniques se manifestant par l’association d’hypo-acousie, de vertiges, d’acouphènes, de névralgies et paralysies faciales, de céphalées évoluant par paroxysmes.

R. Bárány, otologiste autrichien, prix Nobel de médecine en 1914 (1876-1936)

Étym. gr. arachnê : araignée ; eidos : forme

Syn. Bárány (syndrome de).

otite moyenne chronique, hypoacousie, vertige, acouphène, névralgie faciale, paralysie faciale, céphalée

Barré-Lieou (syndrome de) l. m.

Barre-Lieou’s syndrome

Syndrome polymorphe, greffé surtout sur un état névrotique, associant des céphalées occipitales souvent migratrices, des désordres auditifs et labyrinthiques à type d’acouphènes, de vertiges et des troubles visuels.
Ce syndrome se rencontre surtout chez les patients de plus de 40 ans. Evoqué dans les traumatismes du rachis cervical (« coup du lapin ») sa pathogénie est discutée.

M. Barré, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1926) ; Y. Lieou, médecin chinois en activités en France (1928)

Syn. syndrome du sympathique cervical postérieur

Édit. 2017

bruit n.m.

noise

1) En biophysique, son produit par la superposition de plusieurs vibrations acoustiques non harmoniques.
Le bruit est un son indésirable.
Par comparaison avec la composition de la lumière blanche,on appelle bruit blanc un bruit comprenant toutes les fréquences audibles. L’absence de tout bruit est le silence mais il n’y a jamais un silence absolu sans transmission d’aucune fréquence audible : il subsiste toujours un bruit de fond constitué d’ un ensemble de vibrations distribuées au hasard sur toutes les fréquences. Ce bruit de fond peut être d’origine extérieure (notamment dans une transmission téléphonique du fait de l’agitation des électrons) ou endogène au niveau de l’oreille interne. Quand le bruit endogène se fait par bouffées suffisamment intenses on parle d’acouphènes.
Il faut distinguer les bruits des sons purs (une seule fréquence vibratoire) et les sons musicaux plus ou moins riches en harmoniques.
Comme toutes les vibrations sonores, les bruits transportent une certaine énergie qui, si elle est trop forte (>150 décibels), provoque des lésions de l’oreille interne. Les sons , notamment les bruits, sont douloureux lorsque leur intensité atteint 120 décibels.
Les vibrations sonores se propagent facilement dans les milieux liquides et les tissus mous de l’organisme mais si elles abordent un milieu solide elles libèrent une partie de leur énergie. Ce phénomène est utilisé en lithotripsie extracorporelle : rafales sonores très brèves et très intenses appliquées pendant moins d’une minute sur la peau de la région lombaire et focalisées sur des calculs rénaux ou urétéraux ; arrivant au contact des calculs elles produisent des chocs sonores intenses qui provoquent l’implosion in situ des calculs sans intervention chirurgicale.
2) Dans la transmission des messages en général : élément perturbateur, transmis par le même canal et selon les mêmes modalités qu'un message mais ne lui appartenant pas.
On peut définir le bruit comme un signal formé de la somme d'un ensemble de fréquences aléatoires. Ce bruit ou "bruit de fond" est un phénomène général dans toute transmission de message et entraîne une certaine dégradation de l'information, soit en masquant le signal utile sous des variations dénuées de signification, soit en se substituant au message et en remplaçant l'information vraie par une information déformée, encore intelligible mais dans un sens parfois différent du message initial. Son élimination ou sa neutralisation aussi poussée que possible constitueront le but principal des techniques dites de "traitement du signal". On peut enfin déterminer la qualité de l'information véhiculée grâce à la mesure du rapport signal/bruit. Cette dernière notion est p. ex. essentielle dans l'obtention des potentiels évoqués visuels.
3) Concernant la transmission d’une image (swarming) anomalie d’une image dynamique qui, en chaque point, présente une variation aléatoire rapide de sa luminance.
Il peut être causé par un défaut électronique de l’imageur. Il peut aussi apparaître dans l’utilisation d’amplificateur de luminance à très faible débit d’exposition, dû à la fluctuation quantique de la densité des photons X.
Faible en radiologie traditionnelle, en raison de l’importance des flux de photons X utilisés, il est plus important en tomodensitométrie et surtout en scintigraphie où les flux de photons sont limités par des considérations radiobiologiques ; en IRM il est moyen, indépendant du signal en cause, et d’origine technique.
4) En psychiatrie : au sens figuré, tout ce qui altère ou perturbe la transmission d'un message.
Plus particulièrement dans la perspective de la pathologie de la communication, plusieurs catégories de bruits sont distinguées :
- technique, par intrusion d'un élément exogène qui brouille un énoncé ;
- sémantique, par recouvrement seulement partiel des codes ou grilles de référence du soignant et du patient (surtout si ce dernier est délirant). De toute façon, un principe d'économie des informations anxiogènes, comportant donc des aménagements défensifs, intervient de part et d'autre ;
- pragmatique, du fait des inéluctables transactions entre vouloir dire, seul généralement explicite, et vouloir faire. Si l'écart est excessif entre implicite et explicite, il s'agira de l'aspect pathogène majeur de la communication. Avec sa double contrainte, l'injonction paradoxale chez le schizophrène a été décrite comme une de ses formes ;
- contextuel, lié aux contraintes imposées à la dyade communicante par un contexte systémique homéostatique, en particulier familial et groupal. Ainsi, le "patient désigné" est-il le symptôme révélateur identifié du malaise du système familial, incitant à traiter ce dernier plutôt que le seul sujet.

Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).

acouphènes, bel, lithotripsie extracorporelle, harmonique

Édit. 2017

cinchonisme n.m.

Syndrome survenant lors des traitements par la quinine naturelle (extraite de l’écorce de Cinchona spp.), de quinine de synthèse ou de leurs dérivés
Ensemble de symptômes incluant acouphènes, baisse aigüe de l’acuité auditive, vertiges, céphalées, nausées, troubles de la vision risque d’anémie hémolytique compliquée parfois d’insuffisance rénale aigüe. Le mécanisme de survenue n’est pas connu.

[G3,G4]

commotion labyrinthique l.f.

labyrinthine concussion

Troubles labyrinthiques secondaires à un traumatisme crânien entraînant acouphènes, vertiges, atteinte de la perception des fréquences aigües.

[P1]

dissection de la carotide interne l.f.

dissecting internal carotid aneurysm

Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.

dissection des artères cervicales et cérébrales l.f

Clivage de la paroi de l'artère au niveau de la média, par un hématome spontané ou traumatique, représentant environ 20% des causes des accidents ischémiques cérébraux avant 45 ans

Dans 90% des cas, ce sont les artères extra-crâniennes qui sont intéressées. La distinction en dissections traumatiques (par choc cervical ou mouvements inhabituels du cou) et spontanées est difficile car leur présentation est identique et les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. Le diagnostic doit être envisagé en présence d’un syndrome de Claude Bernard-Horner, d’acouphènes, d’une atteinte des dernières paires crâniennes, d’une cécité monotronculaire ou encore devant la survenue d’accidents ischémiques cérébraux de mécanisme thromboembolique avec céphalées et cervicalgies, de sévérité très variable.
Les investigations complémentaires réalisées en urgence (échodoppler cervical et transcrânien, imagerie et angiographie par résonance magnétique : IRM et ARM), remplaçant le plus souvent l'artériographie conventionnelle, permettent la confirmation du diagnostic. Elles assurent une surveillance régulière, quelle que soit l'artère disséquée, et conduisent à la mise en œuvre d'un traitement le plus précoce possible.
Celui-ci n'est qu'exceptionnellement chirurgical, l'évolution anatomique étant le plus souvent favorable. Les anticoagulants ou antiagrégants plaquettaires sont appliqués durant les premières semaines, afin de prévenir la constitution d'un accident ischémique cérébral ou oculaire, qui s'installe généralement dans la semaine après les premières manifestations et en tout cas jusqu'au mois suivant.

fistule artérioveineuse céphalique l.f.

cephalic arteriovenous fistula

Fistule entre une artère et une veine de la région céphalique.
Elle peut notamment être à l’origine d’acouphènes.

acouphène

[A3,P1]

Édit. 2018

fistule périlymphatique l.f.

perilymph fistula

Déhiscence de la paroi du labyrinthe osseux, au niveau des fenêtres ou du promontoire.
D’origine spontanée, traumatique ou opératoire, elle peut donner issue à un écoulement de liquide périlymphatique. Elle est marquée par une surdité stable ou souvent fluctuante, de perception ou mixte, des acouphènes, des vertiges permanents ou de position.
Edit 2018

Étym. lat. fistula : canal

Syn. surdité fluctuante

acouphène, vertige

[P1]

fosse postérieure (tumeurs de la) l.f.p.

tumors of the posterior cranial fossa

Néoformations associant sur un mode variable une hypertension intracrânienne souvent précoce à des signes cérébelleux, d'atteinte des paires crâniennes et des voies longues.
Généralement infiltrantes et mal limitées, les tumeurs du tronc cérébral se traduisent par une symptomatologie complexe, difficilement systématisable, dominée par l'atteinte des nerfs crâniens.
Les tumeurs cérébelleuses comportent un syndrome cérébelleux homolatéral si elles se latéralisent dans un lobe, et un syndrome statique dominant, avec surtout des troubles de l'équilibre, si elles sont vermiennes.
Constituées essentiellement de neurinomes de l'acoustique, les tumeurs de l'angle pontocérébelleux se développent très lentement, avec une phase otologique initiale (surdité de perception progressive et acouphènes), puis des atteintes du nerf facial et du trijumeau. Celles-ci seront suivies de signes davantage péjoratifs : syndrome cérébelleux, signes de souffrance du tronc cérébral, etc. Les données de l'imagerie sont devenues majeures.

astrocytome, glioblastome, gliome, hypertension intracrânienne, neurinome de l'acoustique, syndrome cérébelleux

[H2]

Édit. 2018

hydrops endolymphatique retardé l.m.

delayed endolymphatic hydrops

Surdité profonde, unilatérale, ancienne, tardivement associée à des épisodes vertigineux ou à une surdité fluctuante avec acouphènes et sensation de plénitude de l’oreille. Bien qu’apparentée elle doit être distinguée de la maladie de Menière.

P. Menière, otorhinolaryngologiste français (1861)

acouphènes, Menière (maladie de)

[P1]

Édit. 2015

hypertension intracrânienne bénigne l.f.

benign intracranial hypertension

Elévation anormale de la pression intracrânienne en l'absence de processus expansif, d'hydrocéphalie ou de thrombose veineuse cérébrale, avec un liquide cérébrospinal de composition normale.
Elle se traduit fréquemment par des céphalées accompagnées d'acouphènes et par un œdème papillaire bilatéral. Le risque d'atrophie optique avec cécité irréversible rend sa "bénignité" toute relative.
L'imagerie cérébrale confirme le diagnostic, principalement l'IRM, qui est indispensable, notamment, pour éliminer une thrombose veineuse cérébrale et peut être associée à l'angiographie par résonance magnétique.
Ses étiologies sont diverses : certains médicaments ou toxiques (corticoïdes, vitamine A, acide nalidixique, tétracyclines, amiodarone, diphénylhydantoïnes, encéphalopathie saturnine, etc.), endocrinopathies (maladie d'Addison, de Cushing, hypoparathroïdie, hypothyroïdie, etc.), affections générales (hypertension artérielle sévère, insuffisance rénale chronique, lupus érythémateux, etc.). Les formes dites idiopathiques concernent surtout la jeune femme obèse.
Si possible étiologique, mais sans bases physiopatholgoiques établies, le traitement fait appel aux diurétiques (l'acétazolamide, principalement), aux corticoïdes (mais fréquemment suivis de récidives et contre-indiqués chez des obèses), aux bêta-bloquants, parfois à une dérivation du LCS.

Syn. hypertension intracrânienne idiopathique, pseudotumeur cérébrale

hypoacousie n.f.

hearing loss, hypacusia, hypacusis, hypacousia

Diminution de l'acuité auditive.
Liée à une lésion des voies de l'audition, elle peut s'accompagner d'acouphènes à type de bourdonnement ou de sifflement.

Étym. gr. hypo et akoustikos, qui concerne l'ouïe.

Syn. surdité

surdité

Jastreboff (modèle de) l.m.

Jastreboff’s pattern

Ce modèle neurophysiologique est actuellement largement utilisé pour expliquer l’origine et la physiologie des acouphènes.

P. F. Jastreboff, otorhinolaryngologiste américain (1990)

acouphène

[P1]

Édit. 2018

Menière (syndrome de) l.m.

Menière’s syndrome

Affection de l’oreille interne définie cliniquement par une triade symptomatique : hypoacousie unilatérale, acouphènes unilatéraux et vertige, évoluant sur un mode paroxystique.
Chaque épisode entraîne de grands syndromes vertigineux par atteinte vestibulaire, mais progressivement la fonction cochléaire est touchée.
Elle est attribuée à un trouble de la pression des liquides labyrinthiques (hydrops labyrinthique). Sa cause est inconnue. Son traitement est en premier lieu médical. Il est symptomatique lors des crises (antivertigineux, antiémétiques). Le traitement de fond, à visée physiopathologique, fait appel au régime de restriction hydrique hyposalé, aux bêta-histidines, aux diurétiques. En cas d'échec, un traitement chirurgical du vertige peut être proposé, à visée physiopathologique (ouverture du sac endolymphatique, cochléosacculotomie) ou suppressive (neurectomie vestibulaire, labyrinthectomie).

P. Menière, otorhinolaryngologiste français (1848)

Syn. Menière (vertige de)

neurinome de l'acoustique l.m.

acoustic neuroma

Tumeur bénigne encapsulée, constituée aux dépens des cellules de la gaine de Schwann du contingent vestibulaire du nerf auditif, d’évolution très lente, dont la gravité tient à son développement dans l’angle pontocérébelleux où elle contracte des adhérences avec le tronc cérébral.
Ce schwannome représente environ 5% des tumeurs cérébrales, 25% de celles de la fosse postérieure et 80 à 95% de celles de l'angle. Dans 5% des cas, un neurofibrome s'inscrit dans le cadre de la maladie de von Recklinghausen (neurofibromatose de type II).
Survenant plus souvent chez la femme après 30 ans, son diagnostic doit être systématiquement évoqué devant la symptomatologie souvent discrète, en général unilatérale, de la phase otologique : surdité unilatérale de perception progressive, acouphènes, troubles modérés de l’équilibre. Des accidents de compression des nerfs voisins et du tronc cérébral sont possibles. Des anomalies des potentiels évoqués auditifs précoces sont pratiquement constantes. L'imagerie cérébrale, surtout l'IRM, peut permettre de découvrir de petits neurinomes endo-canaliculaires. L'intervention, avec ses nouvelles techniques comme la fragmentation tumorale par ultrasons, est alors relativement bénigne, pratiquée avant une extension extra-canaliculaire.
Plus tard, se développeront surtout des atteintes du nerf facial et du trijumeau, suivies de signes davantage péjoratifs (syndrome cérébelleux homolatéral, signes de souffrance du tronc cérébral, etc.).
De bons arguments différentiels sont constitués par l’absence ou la discrétion des signes cochléovestibulaires, un aspect normal du conduit auditif et une localisation légèrement éloignée de celui-ci en imagerie, des condensations anormales (méningiome), d’autres localisations encéphaliques éventuelles (cholestéatome dit aussi kyste épidermoïde de l’adulte jeune).

névrite vestibulaire l.f.

Inflammation du nerf vestibulaire responsable d’un syndrome vestibulaire périphérique aigu

dû à la perte unilatérale, partielle ou totale, de la fonction vestibulaire.
La névrite vestibulaire se traduit par la survenue brutale, en quelques minutes, d’un violent vertige rotatoire avec nausées et vomissements, mais sans surdité ou acouphènes ni signes neurologiques. La crise est si forte qu’elle cloue le malade au lit durant au moins un à deux jours. L’examen clinique, forcément limité chez le patient très incommodé par son vertige, retrouve un nystagmus très intense au début et dont la secousse rapide bat vers le côté sain.
Le diagnostic ne peut en être affirmé que par la constatation à l’examen vestibulaire d’une hypo- ou d’une aréflexie unilatérale à l’épreuve calorique. L’audiogramme montre une audition normale. Il est intéressant d’étudier les potentiels évoqués otolithiques qui reflètent la fonction du nerf vestibulaire inférieur. Parfois, en effet, l’attente ne concerne que le nerf vestibulaire supérieur réalisant une névrite dissociée. Ceci est important car, en ce cas, il n’est pas rare d’observer, quelques semaines plus tard, la survenue d’un vertige paroxystique positionnel rendu possible par la conservation de la fonction du canal semi-circulaire postérieur.
Dans les cas typiques, il n’est pas indispensable d’effectuer une IRM. Spontanément, l’évolution se fait vers la guérison : le vertige s’amende en quelques jours et le malade recouvre son équilibre sans séquelles fonctionnelles vraies.
La cause est le plus souvent inconnue, présumée vasculaire ou virale (selon un mécanisme sans doute analogue à celui des paralysies faciales). Ainsi, un virus – sans doute le virus Herpès– présent dans le ganglion du nerf vestibulaire serait-il capable de se « réveiller » sous l’influence de facteurs variés et de déclencher une « neuropathie œdémateuse».
Le traitement consiste dans le repos allongé, l’administration d’un corticoïde à fortes doses et plus accessoirement d’un antivertigineux et d’un anti-émétique. Il semble essentiel de mobiliser au plus vite le malade afin de faciliter la compensation centrale, c’est-à-dire la capacité qu’a le cerveau de pallier la perte d’un des vestibules. Le pronostic est en général favorable avec récupération de la fonction ou compensation centrale.
Le terme de névrite est actuellement préféré à celui de neuronite.

Étym. lat. vestes : vêtement (le vestibule était la pièce où le visiteur laissait ses vêtements d’extérieur)

vertige, nystagmus, vestibulaire (exploration instrumentale), potentiels évoqués otolithiques, audiogramme, équilibre – nystagmographie, nerf vestibulaire

otospongiose n.f.

otospongiosis, otosclerosis

Ostéodystrophie primitive à caractère héréditaire du labyrinthe osseux, se traduisant par une surdité mixte d’évolution progressive liée à une ankylose stapédovestibulaire.
Les formes asymptomatiques sont les plus fréquentes. La prévalence de la surdité liée à l’otospongiose est évaluée de 0,2 – 1% de la population blanche, avec un âge moyen autour de la trentaine. La symptomatologie associe une surdité et des acouphènes. La surdité est de type mixte avec une atteinte neurosensorielle plus ou moins profonde, d’évolution progressive, liée à une ankylose stapédovestibulaire. La chirurgie de l’étrier permet de faire disparaître la part transmissionnelle de la surdité, mais elle comporte des contre-indications en raison du risque de labyrinthisation. L’alternative est l’adaptation d’une aide auditive.

paracousie, ankylose stapédovestibulaire, acouphène

Édit. 2017

pétrosite granulomateuse l.f.

cholesterol granuloma of the petrous apex

Granulome à cholestérine de l’apex pétreux.
Il use l’os à son contact, entraînant céphalées profondes, hypoacousie de perception, troubles de l’équilibre, acouphènes, atteinte progressive, par compression, du V, VI, VII et des nerfs mixtes dans le trou déchiré postérieur. L’absence d’atteinte de l’oreille moyenne permet d’éliminer un syndrome de Gradenigo. Le bilan cochléo-vestibulaire, la tomodensitométrie, la résonance magnétique, avec injection de gadolinium, en permettent le diagnostic.

G. Gradenigo, comte,  otorhinolaryngologiste italien (1904)

Gradenigo (syndrome de)

polyglobulie n.f.

polycythemia

Augmentation anormale du volume qu'occupent les hématies dans le sang.
Ce volume est apprécié par la mesure de l'espace de dilution d'hématies marquées par un isotope (chrome 51 ou technetium 99). Il est normalement proche de 28 à 35 ml/kg. On suspecte une polyglobulie sur l'existence de signes de pléthore circulatoire (céphalées, acouphènes, phosphènes), l'érythrose faciale et biologiquement sur l'augmentation de l'hématocrite au-dessus de 52 à 55 % selon l'âge et le sexe.
Les polyglobulies peuvent être secondaires ou primitives. Elles peuvent en effet être dues à une hypoxie, à une tumeur rénale, cérébelleuse, utérine, hépatique ou à un déficit en 2,3-DPG. La polyglobulie primitive est appelée en France maladie de Vaquez.

Vaquez (maladie de)

Powers (syndrome de) l.m.

Powers’syndrome

Syndrome qui associe épisodes d’acouphènes unilatéraux, vertiges, hypoacousie, engourdissement des extrémités supérieures et troubles gastro-intestinaux en rapport avec une compression intermittente de l’artère vertébrale.

S. R. Powers Jr., chirurgien américain (1961)

souffle (lésion de ou par) l.f.

blast injury

Lésion consécutive à un effet de souffle généralement produit par une explosion.
On distingue :
-  les souffles primaires, lorsque l’enveloppe corporelle reste intacte et que l’organisme subit uniquement les effets de l’onde de choc,
-  les souffles secondaires où l’on note, en plus, des impacts à la surface du corps,
- les souffles tertiaires, quand la victime a été projetée et présente des lésions d’impact en plus des lésions de souffle.
Une surpression brutale, intense et de courte durée (< 300 ms) dans un milieu produit une onde de choc (onde primaire) de grande énergie qui se propage longitudinalement dans ce milieu à une vitesse supérieure à celle du son,  parce que le front d’onde est plus chaud que le milieu dans lequel il se propage.
Au voisinage d’une explosion, la victime présente des lésions d’arrachement, d’impaction, de pulvérisation et de fragmentation ou d’implosion. Les signes cliniques peuvent être immédiats ou retardés après une latence avec euphorie réactionnelle. Selon la localisation, on distingue :
- le souffle cranio-facial (rupture des tympans, otalgie, otorrhée, otorragie, surdité, acouphènes, vertiges, vomissements, nystagmus, paralysie faciale, atteinte laryngée, baisse d’acuité visuelle, hémorragie du vitré, luxation du cristallin, décollement de la rétine),
- le souffle thoracique (rupture de bronche avec pneumothorax ou hémothorax, œdème aigu pulmonaire, qui peut être révélé en cours de réanimation à la suite d’un remplissage vasculaire),
- le souffle abdominal (hémopéritoine, perforations intestinales, lésions des organes pleins, désinsertion mésentérique, douleurs testiculaires…)

barotraumatisme, onde de choc, traumatisme sonore

surdité brusque l.f.

sudden deafness

Surdité de perception d’apparition brutale, isolée, parfois associée à des acouphènes, plus rarement à des vertiges, à l’origine de laquelle on évoque une atteinte virale ou vasculaire de l’oreille interne.

Étym. lat. surditats : surdité

syndrome postcommotionnel chez un traumatisé cranioencéphalique l.m.

post-concussional disorder

Syndrome au statut incertain, survenant à la suite d'un traumatisme crânien habituellement fermé mais accompagné d'une perte de connaissance puis d'une amnésie transitoire.
À l'expression de "syndrome subjectif des traumatisés du crâne" (P. Marie, 1916), est souvent substituée celle de "syndrome postcommotionnel" qui tient compte, à côté du choc émotionnel, de l'existence de microlésions encéphaliques, parfois traduites par des signes cliniques mineurs (légère asymétrie des réflexes, du tonus musculaire, etc.). Les investigations complémentaires (EEG, potentiels évoqués du tronc cérébral, imagerie, posturographie, etc.) sont souvent négatives.
La triade classique -céphalées, acouphènes, sensations vertigineuses et/ou étourdissements sans signes labyrinthiques- est habituellement complétée par une asthénie et une intolérance au bruit. On peut aussi relever divers troubles du sommeil, du caractère, de l'humeur et cognitifs, ces derniers précisés par des épreuves neuropsychologiques. Une réduction de l'activité socioprofessionnelle est possible.
Très variable, l'évolution de ces troubles apparus rapidement, dans les trois mois, est le plus souvent favorable, en tout cas ne dépassant pas la seconde année. Elle peut cependant aboutir à une organisation névrotique influencée par la personnalité prétraumatique et par le type de relation à l'entourage, avec création possible d'un cercle vicieux et d'une "survictimation".
Après élimination d'une simulation et prise en considération éventuelle de troubles factices ou d'une simulation, il semble qu'une indemnisation précoce, avant la "consolidation", contribue à éviter la chronicisastion.

P. Marie, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1916)

tintométrie n.f.

Procédé ancien de repérage de la tonalité et de l’intensité des acouphènes à l’aide d’un effet de masque ou de recherche de la sensation d’égale intensité sonore.

Étym. lat. tinnitare

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