vertige n.m.
Illusion de mouvement, c’est-à-dire sensation erronée de déplacement des objets par rapport au sujet ou du sujet par rapport aux objets.
Le vertige réalise une sensation très désagréable et généralement rotatoire qui peut être d’installation brutale ou progressive, intense ou minime, durer de quelques secondes à plusieurs heures voire plusieurs jours. Il s’accompagne souvent de pâleur, de nausées et de vomissements.
Le vertige traduit habituellement une atteinte aiguë et unilatérale du système vestibulaire, lequel, avec la vision et la proprioception, renseigne à chaque instant le cerveau sur nos déplacements et la position de notre tête dans l’espace. Lorsque ce système est malade, les informations qu’il adresse au cerveau sont erronées et discordantes avec celles de la vision et de la proprioception. Ce conflit sensoriel est la cause du vertige, le cerveau n’étant plus capable d’interpréter des informations contradictoires
Face à ce symptôme éminemment subjectif, il est essentiel pour l’observateur médecin de rechercher la présence d’un nystagmus, c’est-à-dire d’un mouvement anormal des yeux, concomitant de la sensation vertigineuse. Ce signe objectif, en effet, affirme la réalité du vertige et fournit des renseignements de première importance sur son origine. Il est également primordial de rechercher des signes auditifs, comme surdité ou bourdonnements, et d’autres signes neurologiques.
Il importe de distinguer les vrais des faux vertiges que constituent la tendance syncopale avec souvent perte de connaissance, le vertige d'altitude, l’agoraphobie, les troubles du rythme cardiaque ou digestifs, etc.
Tout vertige vrai impose des examens complémentaires effectués par un spécialiste ORL comprenant en règle une épreuve calorique à l’eau chaude et froide, une étude des potentiels évoqués otolithiques, un audiogramme, et au moindre doute une IRM.
Les causes opposent schématiquement les causes périphériques par atteinte de l’oreille interne ou du nerf comme, par exemple, la maladie de Ménière, le vertige paroxystique positionnel dit bénin, les vertiges d’origine toxique, la névrite vestibulaire, et les causes centrales par atteinte des noyaux situées dans le tronc cérébral, du cervelet ou des centres supérieurs.
Le traitement dépend de la cause.
P. Menière, otorhinolaryngologiste français (1861)
Étym. lat. vertere : tourner
→ vestibulaire (syndrome), proprioception, nystagmus, vertige des hauteurs, agoraphobie, épreuve calorique, potentiels évoqués auditifs, potentiels évoqués otolithiques, audiogramme, Menière (syndrome), vertige paroxystique positionnel
[H1, P1]
Édit. 2019