Kashin-Bek (maladie de) l.f.
Kashin-Bek’s disease, big bone disease
Arthropathie résultant d'une altération du cartilage articulaire aboutissant, après plusieurs années d'évolution, à une atteinteostéo-articulaire sévère et permanente.
Les premières manifestations cliniques apparaissent vers l'âge de 5 ans. Il s'agit de déformations douloureuses des articulations des membres (coudes et poignets, genoux et chevilles) qui augmentent de volume et sont accompagnées d'une limitation des mouvements. Le nombre des articulations touchées augmente progressivement. Cette maladie très handicapante est endémique en Sibérie et en Corée du Nord mais elle est surtout répandue dans certaines régions rurales de Chine où elle affecterait 2 à 3 millions de personnes ; au Tibet notamment, la prévalence dépasse souvent 10 % dans certains villages.
La cause de la maladie n'est pas clairement déterminée et donne lieu à discussion ; elle est vraisemblablement multifactorielle, associant certaines carences nutritionnelles (en iode ou en sélénium par exemple) et les effets de mycotoxines liées au développement de champignons (Alternaria, Fusarium) dans les stocks de denrées alimentaires. Des corrections orthopédiques sont parfois entreprises. La prévention consisterait en une suppression des carences nutritionnelles (supplémentation en iode ou en sélénium) et en l'adoption de meilleures conditions de conservation des grains ; là où ces mesures de prévention furent entreprises, les résultats obtenus ont été inconstants.
Les relations éventuelles entre la maladie de Kashin-Bek et la maladie de Keshan demeurent confuses.
N. I. Kashin (1861), E. V. Bek (1906), médecins russes
→ PPSB
Lobstein-van der Hoeve (syndrome de) l.m.
osteogenesis imperfecta
Maladie des hommes de verre ou ostéopsathyrose secondaire à une mutation du collagène.
Il existe, en plus de la fragilité osseuse, un nanisme, une hyperlaxité ligamentaire et une surdité. La forme congénitale récessive est létale (Ekman, 1788), mais dans les formes plus tardives il peut y avoir des porteurs a minima. Au niveau oculaire, on peut trouver des sclères bleues, un kératocône, des mégalocornées et une cataracte. Il existe diverses descriptions selon l’âge d'apparition avec la maladie de Porak-Durante-Vrolik néonatale et rapidement mortelle, et la forme tardive ou maladie de Spurway. De nombreuses formes ont été décrites. La maladie est secondaire à une mutation sur le gène du collagène (COL1A1) qui est localisé en 17q21.33. L’affection est autosomique dominante (MIM 120150).
J. G. Lobstein, chirurgien et anatomopathologiste français (1833) et J. van der Hoeve, ophtalmologiste néerlandais (1934)
Syn. ostéopsathyrose, ostéogénèse imparfaite
→ osteogenesis imperfecta, COL1A1
[L1, O1, P2, Q3]
Édit. 2018
maladie n.f.
disease, illness, sickness
Altération des fonctions physiques ou mentales d’une personne à l’origine de souffrances.
La notion de maladie varie selon les cultures, les religions, les morales et, dans une population, selon les époques. L’identification des maladies par les professionnels de la santé varie également selon l’évolution des connaissances scientifiques, des moyens d’observation, des critères retenus pour distinguer une maladie d’une autre, etc.
Le terme de maladie, dans le langage médical courant, correspond à un ensemble de symptômes anormaux résultant d’une même cause connue. Son identification aboutit à l’établissement d’un diagnostic et d’un traitement approprié, adapté de façon globale aux attentes du patient, tenant compte de ses attentes, dans le respect de ses croyances et valeurs.
Le terme de syndrome est souvent utilisé en lieu et place de maladie. Il s’agit d’un ensemble de symptômes qui ne constituent pas une entité ou un concept dont l’identification correspond à une cause parfaitement connue.
Étym. lat. male habitus : en mauvais état
→ maladie, classification des maladies, malade, nosologie, syndrome
maladie systémique l.f.
Maladie inflammatoire diffuse d’origine inconnue.
Les maladies systémiques étant par définition des maladies diffuses, le qualificatif de polysystémique leur conviendrait encore mieux que celui de systémique. On regroupe sous ce terme les connectivites (lupus érythémateux disséminé, sclérodermie systémique, dermatopolymyosites, polyarthrite rhumatoïde, connectivite mixte et syndrome de Gougerot-Sjögren), les vascularites nécrosantes et granulomateuses (périartérite noueuse et ses variantes, artérites gigantocellulaires, maladie de Takayashu, etc.), les manifestations systémiques de certaines maladies (entérocolopathies inflammatoires chroniques, pelvispondylites, cancers, etc.) et des affections variées partageant les trois qualificatifs retenus dans la définition (purpuras vasculaires, urticaires systémiques, certaines maladies granulomateuses, les amyloses, la maladie de Behçet, la maladie périodique, etc.).
H. Gougerot, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1925), H. S. C. Sjögren, ophtalmologiste suédois (1930) ; M. Takayashu, ophtalmologiste japonais (1908) ; H. Behçet, dermatologiste turc (1937)
mucolipidose II l.f.
Affection récessive autosomique de la petite enfance, caractérisée surtout par un retard psychomoteur, une dysmorphie faciale pseudohurlérienne et des déformations osseuses, notamment thoraciques
Maladie métabolique par défaut enzymatique caractérisée par l'accumulation dans certains organes et tissus de mucopolysaccharides acides et de lipoglucides.
La maladie débute vers l'âge de 1 an : il existe un retard mental sévère, une chevelure abondante et un hirsutisme, une brachydactylie, une déformation thoracique, une luxation des hanches et parfois une hernie inguinale. Une exophtalmie, des opacités cornéennes peuvent être notées. Les lésions radiologiques sont proches de celles de la maladie de Hurler. Le décès survient entre trois et six ans, en état de décérébration ; la survie dépasse rarement 10 ans.
Un diagnostic prénatal est possible sur les dosages enzymatiques effectués à partir du liquide amniotique ou des villosités choriales. Mais il reste délicat par suite, principalement, de la persistance d’une faible activité symptomatique dans certains cas.
L'affection est lysosomique. Le gène touché (GNPTA), locus en 4q21-q23, est identique pour la ML2 et la ML3, il code pour la N-acétyl-glucosamine-1-phospho-transférase. L'affection est autosomique récessive.
Leroy a décrit l’affection sous le nom de « I-cell disease » en 1960 (I pour inclusion : maladie des cellules à inclusion)
J. G. Leroy, pédiatre et généticien belge et R. I. DeMars, médecin généticien américain (1967)
Étym. lat. mucus : gr. lipos : graisse
Syn. déficience en N-acétylglucosamine-1-phospho-transférase, Leroy-Demars (maladie de)
mucopolysaccharidose de type Hurler-Scheie I l.f.
Hurler-Scheie syndrome
Mucopolysaccharidose au phénotype intermédiaire entre la maladie de Hurler et la maladie de Scheie.
Le nanisme et le retard mental sont moins sévères et la survie plus prolongée que dans la maladie de Hurler. On peut constater : hypertélorisme, strabisme, ptosis, nystagmus, mégalocornée, buphtalmie, kératite bulleuse, opacités cornéennes rondes et ovales plus denses en périphérie et en inférieur, cataracte, et atrophie optique. L'affection est secondaire à une déficience en α-L-irudonidase. Le locus du gène (IUDA) est en 4p16.3, tout comme pour la maladie de Hurler. Il existe de nombreuses mutations. L’affection est autosomique récessive (MIM 252800)
Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919) ; H. G. Scheie, ophtalmologiste américain (1962)
Étym. lat : mucus ; gr. polus : nombreux ; sakkharos : sucre
Syn. Hurler -Scheie (syndrome de)
Sigle MPS 1 H/S pour MucoPolySaccharidose 1 Hurler/Sheie
myopathe (anesthésie d'un) l.f.
anaesthesia in patient with muscle disease
Particularités de l’anesthésie de patients myopathes susceptibles de complications particulièrement en période périopératoire.
Les principaux risques sont liés à l'altération de la mécanique ventilatoire, à l'atteinte cardiaque associée dans certaines myopathies et, parfois, à l'hyperthermie maligne.
Le risque d'hyperthermie maligne lors de l'utilisation de la succinylcholine et des anesthésiques volatils est surtout important dans certaines myopathies (en cas de déficit en Ca-ATPase, myopathies mitochondriales, syndrome central core disease, maladie de Duchenne de Boulogne et maladie de Becker).
Les patients atteints de myasthénie sont très sensibles à l'action des curares non dépolarisants. Si l'utilisation de tels curares est nécessaire, il faut diviser par dix les doses usuelles et monitorer la curarisation. L'exacerbation postopératoire de la myasthénie justifie la surveillence en unité de soins intensifs au sortir de la salle de réveil.
Pour certaines myopathies comme la maladie de Duchenne de Boulogne, le risque essentiel est une insuffisance respiratoire par réduction de la force de l'inspiration (incapacité restrictive). Dans la maladie de Steinert (myopathie myotonique) la succinylcholine est contrindiquée car elle peut déclencher une crise myotonique.
Étym. gr. mus : souris, muscle ; pathos : maladie
nécrose striatale bilatérale familiale infantile
familial infantile bilateral striatal necrosis
Forme familiale de nécrose striatale bilatérale infantile (IBSN), syndrome de dégénérescence bilatérale symétrique spongieuse des noyaux caudés, putamen et globus pallidus, caractérisé par une régression développementale, une choréoathétose et une dystonie progressant vers une quadriparésie spastique.
La prévalence de l'IBSN familiale a été estimée à moins de 1/1 000 000.
L'âge d'apparition varie entre 7 et 15 mois. La maladie a un début insidieux et une évolution progressive associant : choréo-athétose, dystonie, rigidité, spasticité, dysphagie, atrophie optique, déficit intellectuel, régression développementale des habiletés motrices et verbales, myoclonus, quadriparésie, ataxie cérébelleuse et nystagmus.
Le diagnostic est confirmé par les images du scanner et de l’IRM.
La dégénérescence striatonigrale infantile autosomique récessive est causée par une mutation du gène NUP62 (19q13.33) et la dégénérescence striatonigrale infantile mitochondriale est causée par une mutation du gène MTATP6. Le diagnostic prénatal et le conseil génétique sont offerts aux familles des patients touchés.
Les diagnostics différentiels incluent la maladie de Wilson, l'encéphalomyélite disséminée aiguë, la neurodégénérescence avec l'accumulation de fer dans le cerveau, la maladie de Leigh, la chorée de Huntington juvénile, l'acidurie méthylmalonique, la déficience en guanidinoacétate méthyltransférase, l'acidémie glutarique I, l'intoxication au monoxyde de carbone.
Le pronostic est habituellement médiocre, quadriparésie spastique évoluant vers la mort, due à une infection.
Le traitement par la biotine orale ralentit initialement les progrès de la maladie.
Rachel Straussberg, neuropédiatre israélienne (2010)
Réf. Orphanet, Rachel Straussberg (2010)
→ nécrose striatale bilatérale de l'enfant, nécrose striatale bilatérale de l'enfant forme sporadique, MT-ATP6, NUP62
neuropathie héréditaire sensitive (NHSA) l.f.
hereditary sensory neuropathy
Affection du système nerveux sensitif d'origine génétique (terminologie utilisée dans la classification de Dyck), associant à des degrés divers de troubles de la sensibilité tactile, thermique et algique et du système végétatif.
Elles sont dues à une atteinte des neurones du système nerveux sensitif périphérique et du système nerveux végétatif (troubles trophiques, cutanés et osseux).
Le classement actuel est fondé sur les éléments génétiques connus et les signes cliniques :
- les maladies à caractère neuropathique prédominant, à transmission autosomique :
--> soit dominante : neuropathie radiculaire sensitive de Denny-Brown, maladie de Thévenard (NHSA-I),
--> soit récessive : neuropathie sensitive récessive autosomique congénitale, non progressive ou progressive (NHSA-II), dysautonomie familiale ou syndrome de Riley-Day (NHSA III), neuropathie sensitive congénitale avec anhidrose, ou insensibilité congénitale à la douleur, Swanson (NHSA-IV), neuropathie sensitive héréditaire avec perte prédominante des petites fibres myélinisées, avec insensibilité congénitale à la douleur ayant une distribution neuropathique ( NHSA-V), soit enfin à transmission liée à l'X ; seules les formes III et IV présentent une atteinte ophtalmologique conséquence de l'anesthésie de la cornée ;
- les neuropathies héréditaires associées à une paraparésie spastique (de type Strumpell-Lorrain), à transmission autosomique soit dominante, soit récessive (syn. : neuropathie héréditaire sensitive et autonome, acropathie ulcéromutilante notamment) ;
- les neuropathies sensitives associées à une ataxie héréditaire, à transmission autosomique:
--> soit dominante (avec ataxie, ou bien ataxie cérébelleuse bénigne associée à une thermoanalgésie extensive, ou bien maladie de Parkinson de début tardif avec ataxie et neuropathie),
--> soit récessive (ataxie de Friedreich, autres maladies ataxiques : ataxie-télangiectasie, xeroderma pigmentosum, syndrome de Cockayne, syndrome de Behr, maladie de Chediak-Higashi).
Dans l'avenir, et comme pour les différentes formes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, il est très vraisemblable que la détermination des anomalies géniques conduira à une classification différente.
P. K. Thomas, neurologue britannique (1994) ; P. J. Dyck, neurologue américain (1975)
→ classification de Dyck, douleur neuropathique (critères diagnostiques), Denny-Brown (neuropathie de), maladie de Thévenard, neuropathie sensitive et autonomique de type 2, Riley-Day (syndrome de), insensibilité congénitale à la douleur, paraplégie spasmodique familiale de Strümpell-Lorrain, acropathie ulcéromutilante, maladie de Parkinson, ataxie de Friedreich, ataxie-télangiectasie, xeroderma pigmentosum, Cockayne (syndrome de), Behr (maladie de), maladie de Chediak-Higashi
[H1]
Édit. 2018
Leber (neuropathie optique héréditaire de) l.f.
Leber optical atrophy, Leber hereditary optic neuropathy
Neuropathie optique familiale avec baisse de vision survenant brutalement, sur un œil, chez un adulte jeune, surtout masculin, sans antécédents oculaires, puis en l'espace de quelques semaines ou quelques mois, sur l'autre œil; accompagnée d'un large scotome central, d'une hyperhémie papillaire, d’une dilatation des capillaires péripapillaires (télangiectasies) et ultérieurement d'une atrophie optique.
La maladie débute entre 10 et 30 ans mais peut survenir plus tôt ou beaucoup plus tard. L'électrorétinograhie est normale. Des télangiectasies avec pseudo-œdème papillaire apparaissent au fond d'œil. Cet aspect est transitoire au début de l'affection. S'associent souvent : un syndrome extrapyramidal, des troubles pseudobulbaires, une neuropathie périphérique et des anomalies de la conduction cardiaque. En cas de nécrose striatale bilatérale, une hypodensité est visible à l'imagerie. L'évolution se fait vers une atrophie optique avec cécité totale.
Malgré une localisation seulement oculaire, des anomalies morphologiques mitochondriales musculaires sont signalées. Le déficit en complexe I de la chaîne respiratoire comporte une substitution d'arginine à l'histidine. En fait, au moins 11 points de mutation du mt ADN sont relevés. De plus, par suite de la présence conjointe de gènes nucléaires, l'hérédité mendélienne pourrait accentuer l'expression de la maladie et la pénétrance chez l'homme.
Le gène est situé sur l'ADN mitochondrial, il n'est transmis que par la mère, et les hommes, même atteints, ne transmettent pas la maladie. De nombreuses mutations sont décrites, les unes primaires sont directement responsables de l'affection, et les autres secondaires accompagnent une mutation primaire et ne peuvent donner à elles seules la maladie. Les mutations primaires sont : MT-ND6*LDYT14459A (1) rare accompagnée d'une dystonie, MT-ND4*LHON11778A (2) dans 50% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND1*LHON3460A (3) dans 15% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND6*LHON14484A (4) dans 15% des cas, MT-CYB*LHON15257AA (5) dans 9% des cas, MT-CO3*LHON9438A (6) dans 2,5% des cas, MT-CO3*LHON9804A (7) dans 1,5% des cas, MT-NDS5*LHON13730A (8) rare ; les mutations secondaires sont : MT-ND1*LHON4160C (9), MT-ND2*LHON5244A (10), MT-ND2*LHON7444A (11), MT-ND1*LHON3394C (12), MT-ND5*LHON13708A (13), MT-CYB*LHON15812A (14), MT-ND2*LHON4917G (15), MT-ND1*LHON4216C (16) ; la mutation positive MT-ND1*LHON4136G est parfois associée aux mutations 4 ou 9 et atténue la gravité de l'affection (McKusick 1994). (MIM 535000).
T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871), Johanna Vilkki, médecin généticienne finlandaise (1991)
Syn. Leber (atrophie optique de)
Sigle LHON pour Leber hereditary optic neuropathy
→ scotome, télangiectasie, syndrome extrapyramidal, syndrome pseudobulbaire, arginine, histidine
[H1, K2, P2, Q3]
Édit. 2019
orphelin adj.
orphan
En médecine, qualifie une entité paraissant dépourvue de liens évidents avec un ensemble et comme en désuétude ou sans application évidente.
On qualifie en particulier de virus orphelins ceux qui sont parfaitement identifiés mais dont on ignore un éventuel rôle quant à la survenue d'une maladie. On les appelle aussi des virus en quête de maladie. L’expression maladie orpheline est à éviter et à remplacer par celle de maladie rare. En revanche il semble possible de parler de médicaments orphelins pour ceux qui ne sont utiles qu’en cas de maladies peu répandues ne possédant que des ressources thérapeutiques limitées et qui sont de production restreinte.
Édit. 2017
polyarthrite rhumatoïde (manifestations cliniques de la) (PR) l.f.
Maladie articulaire inflammatoire grave, multifactorielle, avec prédisposition génétique, caractérisée par une inflammation chronique entretenue par des mécanismes auto-immuns.
Rhumatisme inflammatoire chronique le plus fréquent en France (entre 1 et 2 % de la population), pouvant survenir à tout âge, avec un maximum d’incidences entre 30 et 50 ans, 2 à 3 fois plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Évoluant par poussées cette maladie est susceptible, sans traitement, d’aboutir à une invalidité sévère. De nouvelles thérapeutiques très actives (biothérapies, méthotrexate…) en ont révolutionné le pronostic, surtout dans les formes graves. Il est donc essentiel de faire précocement le diagnostic
L’existence de l’affection chez un membre de la famille multiplie le risque par 2. Le tabac constitue un facteur de risque important.
Le diagnostic repose sur les données cliniques : atteintes inflammatoires articulaires ou ténosynoviales à prédominance acromélique, à tendance bilatérale et symétrique.
Les examens biologiques complètent les données cliniques : les uns inconstants au début de la maladie comme le syndrome inflammatoire et la positivité du facteur rhumatoïde peu spécifique, avec la positivité essentielle des auto-anticorps anti-citrullinés qui sont spécifiques mais peu sensibles.
Les radiographies pendant longtemps indispensables sont remplacées par l’échographie qui permet de faire le diagnostic précoce de l’inflammation voire même des lésions érosives avant même que celles-ci n’apparaissent sur les clichés. L’imagerie permet aussi d’évaluer l’évolution des lésions structurales.
Les modalités évolutives de la PR sont variables d’un sujet à l’autre : à des poussées aigues peuvent succéder des rémissions. En général, la maladie est progressive et conduit moins que jadis au handicap qui était jadis parfois dramatique, surtout lorsque survenaient, dans 30 à 40 % des cas, des manifestations viscérales dont les formes les plus actives étaient pulmonaires, cardiaques, vasculaires et neurologiques.
Le traitement de la polyarthrite rhumatoïde qui faisait appel à la corticothérapie au long cours comporte de nouveaux agents thérapeutiques comme le léflunomide, et le méthotrexate et surtout les anti-TNF, luttant contre la détérioration structurale, qui permettent d’obtenir des rémissions qu’aucun traitement ne pouvait auparavant produire. D’autres biothérapies peuvent être utilisées : les unes dirigées contre l’interleukine 1 ou l’interleukine 6, les autres d’actions différentes comme le rituximab et l’abatacept.
Les injections locales de cortisone d’une part et de produits isotopiques sont beaucoup moins utilisées. La chirurgie a vu ses indications considérablement régresser.
Étym. gr. polus : nombreux ; arthron: articulation : rheuma : fluxion ; eidos : apparence
→ facteur rhumatoïde, auto-anticorps anti-citrullinés, polyarthrite rhumatoïde (manifestations viscérales des), biothérapie, méthotrexate, TNF, léflunomide, interleukine 1, interleukine 6, rituximab, abatacept
[I1]
Édit. 2017
Randall (syndrome de) l.m.
monoclonal immunoglobulin deposition disease (MIDD)
Néphropathies interstitielle ou glomérulaire secondaires à des dépôts d’immunoglobulines (Ig) monoclonales, constitués d’une chaîne légère (CL) (light chain deposition disease ou LCDD), ou d’une chaîne lourde isolée (heavy chain deposition disease ou HCDD), ou encore d’une chaîne lourde et d’une CL d’Ig (light and heavy chain deposition disease ou LHCDD).
Le syndrome survient généralement à l’âge adulte, dans la septième décennie, mais parfois chez des sujets jeunes, notamment de race noire.
Le tableau de néphropathie interstitielle est caractérisé par une protéinurie de profil tubulaire, des signes d’atteinte fonctionnelle tubulaire avec parfois syndrome polyuro-polydipsique et insuffisance rénale lentement progressive.
La néphropathie glomérulaire est responsable d’une, protéinurie abondante (constituée principalement d’albumine, accompagnée d’une CL, le plus souvent kappa), avec syndrome néphrotique dans 20 à 65% des cas, associée à une hématurie microscopique et à une hypertension artérielle chez environ la moitié des malades ; l’atteinte fonctionnelle rénale est précoce, de sévérité variable, parfois d’emblée au stade terminal.
La ponction biopsie rénale met en évidence un épaississement des membranes basales tubulaires, prenant un aspect rubané, avec des dépôts éosinophiles souvent fortement positifs au PAS, et négatifs au rouge congo. L’interstitium est le siège d’une fibrose proportionnelle à la sévérité des lésions tubulaires. Les lésions glomérulaires, inconstantes, sont plus hétérogènes. La glomérulosclérose nodulaire est la plus caractéristique, corrélée à l’existence d’un syndrome néphrotique. La lobulation du flocculus est accentuée par des nodules mésangiaux. Les lésions glomérulaires se limitent parfois à un simple épaississement des basales glomérulaires, associé ou non à une hypertrophie mésangiale. Une prolifération endocapillaire, plus rarement extra-capillaire est parfois observée. La membrane basale de la capsule de Bowman présente souvent un aspect épaissi, remanié. Les artères, artérioles et capillaires péri-tubulaires contiennent habituellement des dépôts PAS positifs.
L’immunofluorescence montre une fixation linéaire constante d’un conjugué anti-CL le long des membranes basales tubulaires, avec une prépondérance de l’anti-kappa. Elle s’associe à une fixation glomérulaire linéaire dans 65 à 90% des cas, avec un aspect plus hétérogène, et généralement moins intense. Prédominant le long de la membrane basale glomérulaire, elle est parfois visible au sein des nodules mésangiaux, ou le long de la capsule de Bowman. Dans la majorité des cas, une fixation linéaire périmyocytaire est détectée, dans la média des artérioles et des artères inter-lobulaires, ou sur le versant intimal des artères de petit calibre. Au cours des dépôts de chaînes lourdes, une fixation linéaire du conjugué anti-chaîne lourde gamma (ou plus rarement alpha) est observée sur les basales tubulaires, mais surtout au niveau du mésangium et des parois capillaires glomérulaires, sans fixation des conjugués anti-CL. L’immunofluorescence révèle parfois une fixation du complément, de même localisation que les dépôts d’Ig monoclonale.
Le syndrome de Randall est une maladie systémique, pouvant intéresser la quasi-totalité des organes, surtout le foie, le cœur et le système nerveux périphérique. L’atteinte hépatique, parfois isolée, est souvent révélée par une hépatomégalie et une élévation des phosphatases alcalines et/ou des transaminases. Les manifestations cardiaques (20 à 50% des cas) dont la fréquence augmente avec la durée d’évolution de la maladie réalisent un tableau de myocardiopathie hypertrophique restrictive, avec des troubles du rythme ou de la conduction. Il existe une neuropathie périphérique chez environ 20% des patients.
Le traitement du syndrome de Randall reste mal codifié en raison de la rareté de la maladie. Il vise à l’éradication du clone plasmocytaire responsable de la sécrétion de l’Ig monoclonale causale. Le myélome représente l’hémopathie la plus fréquemment associée à cette affection.
Une plasmocytose médullaire supérieure à 5% est mise en évidence chez 50 à 90% des patients. Dans 15 à 40% des cas, il s’agit d’une gammapathie monoclonale de signification indéterminée et chez 15 à 30% des patients, aucun composant monoclonal n’est détecté dans le sérum ou les urines par immunoélectrophorèse ou immunofixation. Le recours à des techniques plus sensibles, telles que l’immunoblot, peut être utile. Le dosage néphélémétrique des CL libres sériques révèle un excès d’une des CL ou une anomalie du rapport kappa/lambda dans la quasi-totalité des cas.
D’autres hémopathies ont été décrites de façon exceptionnelle au cours du syndrome de Randall: maladie de Waldenström et POEMS syndrome.
R. E. Randall Jr, médecin américain (1976) ; P. Aucouturier, immunologiste français (1993)
→ myélome, Waldenström (maladie de), POEMS syndrome, immunofixation, immunoblot, néphélémétrie, immunoglobulines, néphropathie interstitielle, syndrome néphrotique, glomérulosclérose
[F1, F3, K2, L1, M1, N3]
Édit. 2018
Refsum (maladie infantile de) l.f.
infantile Refsum's disease
Maladie infantile avec hypotonie, retard psychomoteur, dysmorphie faciale, hépatomégalie rétinite pigmentaire et surdité.
La maladie débute dès la naissance et se révèle dans la première année.
Il existe précocement un retard mental, une ostéoporose, une mauvaise croissance, une hépatomégalie avec ictère cholestatique chronique, un syndrome cérébelleux et une surdité.
Au niveau oculaire la rétinite pigmentaire est poivre et sel et fait penser à l'amaurose de Leber, il peut cependant exister une atrophie aréolaire maculaire ; l'atrophie optique est secondaire et apparaît vers 10 ans. La survie peut dépasser les 15 ans. Elle est à différencier de l'amaurose congénitale de Leber et du syndrome de Usher.
La maladie est une peroxysomopathie avec accumulation d'acide phytanique, d'acide pipécolique et une hypoalphalipoprotéinémie. Le taux d'acide phytanique dans le sang est moins important que dans la maladie de Refsum de l'adulte (1,5 à 4 mg/dL).
L’affection est autosomique récessive (MIM 266510). Un gène a été localisé en 10p dans une forme avec acidémie pipécolique (MIM 600964). Le dépistage prénatal est possible.
J-M. Scotto, médecin hépatologue français (1982)
Syn. maladie de surcharge infantile de l'acide phytanique
sialurie n.f.
sialuria
1) Présence d’acide sialique libre dans les urines.
L’excrétion urinaire anormale d’acide sialique libre (acide N-acétylneuraminique) est rencontrée dans deux types de maladies par surcharge :
- d’une part la maladie de Salla où la concentration de cet acide dans les lysosomes est due à une anomalie génétique du transporteur à travers la membrane lysosomique : le gène responsable est en 6q14.15, la transmission étant autosomique récessive ;
- d’autre part la maladie appelée sialurie en raison de cette excrétion.
2) Maladie caractérisée par une élimination urinaire massive d’acide sialique libre (acide N-acétylneuraminique) pouvant atteindre 2 à 3 grammes par jour et manifestée cliniquement par un faciès épais, une hépatosplénomégalie et un retard mental sans signes neurologiques.
Le défaut enzymatique responsable de la maladie entraîne une production en excès d’acide sialique (par défaut de rétrocontrôle négatif de sa production) ; celui-ci, concentré surtout dans le cytosol, peut être décelé par l’examen histologique. Le gène de l’enzyme responsable est en 9p12p11, la transmission étant autosomique dominante. Le diagnostic prénatal, en cas de nouvelle grossesse, est possible par la recherche d’acide sialique dans le liquide amniotique et les amniocytes.
Étym. gr. sialon : salive (d’où l’acide sialique a été extrait) ; ouron : urine
→ Salla (maladie de), acide sialique, acide neuraminique
spécificité n.f.
specificity
1) Indice informationnel apporté par l’absence d’un signe chez les sujets qui ne sont pas malades, c'est-à-dire la probabilité de l’absence d’un signe si la maladie n’existe pas.
La spécificité est d’autant plus élevée que le signe est souvent absent s’il n’y a pas la maladie. Au maximum, si le signe ne se voit jamais en l’absence de maladie, il est spécifique de la maladie : p. ex. le signe de Koplik dans la rougeole.
2) En infectiologie, ensemble des caractères propres à une espèce.
Étym. lat. species : espèce
Syn. spécificité d’espèce(2)
[D1, E1]
Édit. 2020
spécificité (indice de) l.f.
specificity
En biostatistique, indice informationnel de la fréquence de l’absence d’un signe chez les sujets qui ne sont pas malades.
C’est la probabilité de l’absence d’un signe si la maladie n’existe pas. La spécificité est d’autant plus élevée que le signe est souvent absent s’il n’y a pas la maladie. Au maximum, si le signe ne se voit jamais en l’absence de maladie, il est spécifique de la maladie ; p. ex. le signe de Koplik dans la rougeole.
→ spécificité d'une épreuve, sensibilité d'une épreuve, sensibilité (indice de)
sphérocytose héréditaire l.f.
hereditary spherocytosis
Forme la plus fréquente d’anémie hémolytique congénitale avec ictère néonatal précoce, due à une séquestration pathologique dans la rate des hématies dont la forme est sphérique et le volume augmenté à cause d’une perméabilité anormale au sel et à l’eau.
Sa prévalence varie de 1/2000 à 1/5000 naissances en fonction des populations. Les deux sexes sont également affectés. La transmission est de type
Le défaut essentiel réside dans la forme anormale des hématies, qui sont des micro
L'
Le nombre de hématies est à peine réduit, sauf en période de poussée. Les constantes hématologiques indiquent que l'anémie est
La microsphérocytose est l’élément principal de l’examen cytologique : beaucoup d’hématies (mais non toutes) ont un diamètre globulaire très petit (6,0 - 7,2 microns au lieu de 7,5) et sont intensément colorées, sans présenter l'éclaircissement central habituel (à cause de la perte de la forme biconcave). Comme les
La
La sphérocytose héréditaire est en général une maladie bénigne compatible avec une espérance de vie à peu près normale. Des complications peuvent survenir : crises d’hyperhémolyse, blocage médullaire suite à une infection à parvovirus, lithiase biliaire par calcul pigmentaire.
Le terme "sphérocytose héréditaire" recouvre en fait des maladies différentes sur les plans clinique, génétique et moléculaire. Le phénotype clinique est variable depuis les formes d’hémolyse gravissime du nouveau-né jusqu’aux formes inapparentes. Les deux tiers des sphérocytoses héréditaires ont une transmission héréditaire dominante; les sujets malades sont hétérozygotes pour la maladie: l’état homozygote serait incompatible avec la survie fœtale. Un tiers des cas répondent à une hérédité récessive. Les supports moléculaires de la maladie se situent sur différentes protéines de la membrane des globules rouges: chaînes alpha et bêta de la spectrine, ankyrine, canal des anions (bande 3), protéine 4.2. Les caractéristiques communes aux différentes formes de sphérocytoses sont: la présence de sphérocytes dans le sang, une sensibilité accrue à l’hémolyse hypotonique, un piégeage splénique préférentiel des hématies marquées par un radio-isotope, l’efficacité de la splénectomie.
Syn. maladie de Minkowski-Chauffard, microsphérocytose
O. Minkowski, médecin interniste et physiologiste allemand (1900); A. Chauffard, médecin interniste français, membre de l’Académie de Médecine (1908)
sphingolipidose n.f.
sphingolipidosis
Affection héréditaire caractérisée par l’accumulation intracellulaire histiocytaire, et plus ou moins diffuse, de sphingolipides dans l’organisme, notamment dans le cerveau, le foie, la rate, la peau, la moelle osseuse, l’œil, d’où une symptomatologie très variée.
C’est le cas des cérébrosidoses familiales (maladie de Gaucher), des gangliosidoses (idiotie amaurotique familiale), des sphingomyélinoses (maladie de Niemann-Pick) et des céramine-trihexosidoses (maladie de Fabry), toutes affections transmises sur le mode autosomique récessif, sauf la maladie de Fabry qui est récessive liée à l’X.
Le diagnostic prénatal est possible par biopsie du trophoblaste ou amniocentèse et dosage de l’enzyme dont le déficit est en cause.
P. Gaucher, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1882) ; A. Niemann, pédiatre allemand (1914) ; L. Pick, anatomopathologiste allemand (1926) ; J. Fabry, dermatologue allemand (1898)
thésaurismose n.f.
thesaurismosis
Affection métabolique caractérisée par une accumulation de composés lipidiques, glucidiques ou autres, dans les cellules du système histiocytes-macrophages, p. ex. les cellules de Kupffer.
P. ex., la maladie de Gaucher (ou thésaurismose à glucosylcéramide) est observée surtout chez les filles et due à un déficit en bêtaglucosidase.
La maladie de Fabry (ou angiokeratoma corporis diffusum) est une maladie héréditaire, liée au chromosome X, due à un déficit en galactosidase entrainant une accumulation de sphingolipides (syn. maladie d'Anderson).
E. Gaucher, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1882), J. Fabry, dermatologue allemand (1898) ; W. Anderson, dermatologue et chirurgien britannique (1898)
Étym. lat. thesaurus : trésor
thymorégulateur n.m.
Catégorie de médicaments psychotropes capables de prévenir les récurrences des maladies bipolaires (alternance d'épisodes euphoriques dits maniaques et d'épisodes dépressifs) et des dépressions unipolaires récidivantes (maladies unipolaires).
Les sels de lithium ont été les premiers à apporter la preuve de leur efficacité pour réduire l'intensité et/ou la fréquence et/ou la durée des phases maniaques et dépressives de la maladie bipolaire à la condition d'une lithiémie égale ou supérieure à 0,4 mMol/l. On considère lithio-répondeurs les cas dans lesquels est observé un effet sur l'un des 3 paramètres : intensité, fréquence, durée des épisodes de la maladie. Le délai de survenue de cette action prophylactique se compte en mois. La prévention des phases dépressives de la maladie unipolaire par les sels de lithium est moins bien documentée.
Plusieurs médicaments anticonvulsivants ont également démontré une action thymorégulatrice : carbamazépine, acide valproïque, lamotrigine. La lamotrigine est davantage efficace pour la prévention des épisodes dépressifs.
Les médicaments antipsychotiques de seconde génération (olanzapine, aripiprazole, rispéridone...) sont indiqués dans la prévention des récidives maniaques et/ou dépressives du trouble bipolaire. La quétiapine appartient à cette catégorie de médicaments : elle a la spécificité d'être indiquée pour le traitement de l'épisode dépressif survenant dans le cadre d'une maladie bipolaire.
Certains médicaments antidépresseurs (fluoxétine, venlafaxine) prescrits au long cours (au-delà du moment de l'épisode dépressif aigu) ont montré une action thymorégulatrice dans les cas de dépressions unipolaires récidivantes.
Dans des cas extrêmes le recours à des séances mensuelles d'électro-convulsivothérapie peut être un régulateur de l'humeur prévenant la survenue d'un nouvel accès maniaque ou dépressif.
→ maladie bipolaire, psychotropes, lithium, carbamazépine, acide valproïque, lamotrigine, olanzapine, aripiprazole, rispéridone, quétiapine, fluoxétine, venlafaxine
[H3,G5 ]
Édit. 2017
Unverricht-Lundborg (maladie de) l.f.
Unverricht-Lundborg’s myoclonic epilepsy
Maladie neurodégénérative progressive avec épilepsie et myoclonies, évoluant vers une ataxie cérébelleuse et une tétraplégie avec démence.
Groupe hétérogène comprenant la maladie de Lafora. L’encéphalopathie débute après 7 ans avec épilepsie, mouvements myocloniques continus (qui peuvent être déclenchés par la lumière), paralysie pseudobulbaire, tétraplégie et démence. En ophtalmologie, on rencontre des myoclonies palpébrales, une amaurose avec altération des cellules ganglionnaires de la rétine (corps de Lafora) et parfois une atrophie optique. L’intelligence est conservée ou peu modifiée dans cette forme contrairement à la maladie de Lafora, mais il existe une labilité émotionnelle caractéristique. La survie est courte, l’âge moyen de décès est de 24 ans (dans la maladie de Lafora moins de dix ans), Les pneumopathies et les suicides en sont les principales causes. L’affection est due à une mutation dans le gène CSTB localisé en 21q22.3 qui code pour la cytatine B ; elle est autosomique récessive (MIM 254800).
Syndrome actuellement en voie de démembrement, compte tenu des formes d'expression phénotypiques différentes et de sa distribution géographique particulière.
H. Unverricht, médecin interniste allemand (1891), H. Lundborg, médecin suédois (1903) ; G. R. Lafora, neuropathologiste espagnol (1911)
Syn. épilepsie progressive myoclonique, épilepsie myoclonique-astatique
[H1,O1,O6,Q2]
Édit. 2017
vomissement psychogène l.m.
psychogenic vomiting
Vomissement spontané ou provoqué ne relevant pas d'une cause organique et lié à une trouble psychologique, ou entrant dans le cortège symptomatique d'une maladie mentale en évolution.
L'origine psychogène des vomissements est un dignostic d'élimination. En dehors d'une maladie psychiatrique caractérisée, le diagnostic peut être difficile et l'origine psychogène des vomissements est remise en cause en l'absence de maladie psychiatrique manifeste. La dénomination de vomissements fonctionnels est plus adaptée.
Les critères ont été défini selon Rome III, les malades devant répondre à tous les critères suivants dans les 3 mois précédents la consultation: au moins un épisode de vomissement hebdomadaire, absence d'argument pour un trouble du comportement alimentaire, absence de maladie psychiatrique caractérisée, absence d'arguments pour des vomissements provoqués, pas de consommation chronique de cannabis, bilan étiologique négatif éliminant en particulier une atteinte du système nerveux central ou un trouble métabolique, durée d'évolution de la symptomatologie supérieure à 6 mois.
Parmi les vomissements psychogènes figurent classiquement les vomissements incoercibles de la grossesse. La physiopathologie de ces vomissements n'est pas connue, il n'y a aucun argument scientifique permettant de les qualifier de psychogène. Les vomissements provoqués de l'anorexie mentale en vue d'éliminer les appports caloriques, ou de la boulimie dans sa forme la plus sévère font partie des maladies du comportement alimentaire. le diagnostic de vomissements provoqués dans le cadre d'un trouble du comportement alimentaire atypique peut être particulièrement difficile en l'absence de troubles psychologiques patents.
Un grand nombre de causes bien identifiées actuellement doivent être éliminées avant de retenir le diagnostic de vomissements fonctionnels ou psychogènes, ainsi doivent être éliminés en particulier les causes plus rares ou moins évidentes de vomissements que sont la gastroparésie, la pseudo-obstruction chronique intestinale, les vomissements secondaires à la prise chronique chronique de cannabis, le syndrome des vomissements cycliques idiopathiques de l'enfant pouvant être également observé chez l'adulte.
→ vomissements de la grossesse, anorexie mentale, boulimie, syndrome des vomissements cycliques idiopathiques, cannabis, gastroparésie
[H3, L1, N1, O3 ]
Édit. 2019
peste porcine africaine l.f.
african swine fever
Maladie animale des Suidés sauvages (sangliers, phacochères, …) ou domestiques (porcs), sévissant en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe de l'Est.
La peste porcine africaine réalise chez le porc une septicémie avec hyperthermie, vomissements, diarrhée, hémorragies, détresse respiratoire, avortements. Dans les formes aiguës, la létalité est de 100 % ; il existe néanmoins des formes atténuées. La peste porcine africaine est une maladie redoutable pour l'élevage porcin.
Cette virose est épizootique chez les Suidés. Répandues dans le continent africain, elle touche également les pays d'Europe orientale (Russie, Pologne, pays baltes, Roumanie, Bulgarie, Ukraine, Hongrie, République Tchèque,…), dans les pays du Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan) et est susceptible de se répandre vers l'Ouest de l'Europe (quelques foyers ont été observés par le passé et des cas ont été détectés chez des sangliers en Belgique en 2018). Elle a été introduite en Chine en 2018. Globalement, l'incidence de la maladie est en augmentation.
L'agent en cause est un virus du genre Asfivirus (famille des Asfarviridae) dont la transmission a lieu par contact avec un animal, par un aliment ou un environnement contaminé, ou encore par des tiques Argasidae du genre Ornithodoros. La maladie n'est pas transmissible à l'Homme. Il n'existe pas de vaccin.Des mesures strictes de biosécurité (restriction de circulation, dératisation et nettoyage soigneux dans les élevages, surveillance de l'alimentation, évitement des contacts avec la faune sauvage, etc.) sont nécessaires.
A ne pas confondre avec la peste porcine classique due à un Pestivirus.
Sigle PPA (français), ASF (anglais)
→ asfivirus, Ornithodoros moubata
[D1,D2,D5]
Édit. 2018
Norrie (maladie de) l.f.
Norrie's disease
Maladie rare, vitréo-rétinienne, liée à l'X, caractérisée par un développement rétinien anormal avec cécité congénitale associés à une perte auditive de perception, à un retard de développement et à un déficit intellectuel.
La prévalence et l'incidence annuelle sont inconnues et aucune prédilection ethnique n'a été trouvée. Les patients sont presque toujours des hommes, bien qu'il existe des femmes vectrices.
Les signes oculaires sont généralement bilatéraux et symétriques. L'iris, la chambre antérieure et la cornée peuvent être normales à la naissance mais d'importantes masses de couleur gris-jaunâtre ou «pseudogliomes» sont souvent observées derrière le cristallin, avec dysgénésie rétinienne vasculaire et leucocorie. Le décollement partiel ou complet de la rétine a lieu durant les premiers mois ou semaines de la vie. Dans la petite enfance et à l'âge adulte, les patients peuvent développer des cataractes, un nystagmus, des synéchies antérieures/postérieures, une kératopathie en bande et une chambre antérieure étroite avec pression intraoculaire élevée. Le phthisis bulbi (atrophie du globe) est détecté plus tard, avec des opacifications cornéennes et des orbites déprimées. Le déficit visuel va d'une perception de la lumière à une cécité congénitale complète.
Certains patients présentent des troubles cognitifs ou une psychose. D’autres manifestations associées sont très variables et incluent retard de croissance, microphtalmie, épilepsie chronique (10%), maladie vasculaire périphérique (ulcères périphériques) et dysfonction érectile.
De très rares cas de femmes vectrices présentent un décollement de la rétine, une vascularisation rétinienne anormale avec perte de la vision associée à une surdité de perception légère.
La maladie de Norrie est due à des mutations du gène NDP (gène de la maladie de Norrie, pseudogliome) (Xp11.4-p11.3) qui code la protéine de Norrie impliquée dans le développement vasculaire oculaire et auditif. Un grand nombre de mutations causales a été trouvé. Un mode de transmission lié à l'X et quelques rares mutations de novo ont été rapportées.
G. Norrie, ophtalmologiste danois (1927) ; S. R. Andersen et Mette Warburg, ophtalmologistes danois ; S. E. Whitnall, anatomiste et R. M. Norman, neuropathologiste britanniques (1940) ; K. Sims, neuroscientifique américaine (2014)
Syn. Andersen-Warburg (syndrome d'), Whitnall-Norman (syndrome de), cécité d'Episkopi, pseudogliome lié au sexe, dégénérescence acousticocérébrale progressive
Réf. Orphanet, Katherine Sims (2014)
[H1,H3,P1,P2,Q3]
Édit. 2018