ostéo-arthropathie hypertrophique primitive l.f.
Groupe de maladies héréditaires rares de prévalence inconnue, cliniquement et génétiquement hétérogènes, autosomiques récessives, caractérisées par un hippocratisme digital, une ostéoarthropathie, des signes variables de pachydermie, un retard de fermeture des fontanelles et une cardiopathie congénitale.
La maladie se manifeste dans l'enfance par un hippocratisme digital, une hyperhidrose, des douleurs osseuses et articulaires et un épaississement de la peau. Parmi la constellation de signes cliniques, il existe un épaississement cutané et une hypersudation (dans la pachydermopériostose), un retard de fermeture des fontanelles (dans la cranio-ostéo-arthropathie) et une cardiopathie congénitale, en particulier une persistance du canal artériel.
L’ostéoarthropathie hypertrophique primitive peut évoluer pour son propre compte, en laissant des séquelles avec des complications chroniques gênantes, comme l'hippocratisme digital et l'arthrose
Le diagnostic repose sur les signes cliniques, l'examen radiologique, l'imagerie par résonance magnétique et/ou la scintigraphie osseuse montrant les anomalies osseuses typiques, comme la périostose diaphysaire et l'acro-ostéolyse.
Le diagnostic différentiel se pose avec l'ostéoarthropathie hypertrophique secondaire, l'ostéomyélite non bactérienne récidivante chronique, le syndrome SAPHO, le syndrome de Camuratti-Engelman et l'ostéomyélite bactérienne chronique.
Des mutations du gène HPGD (4q33-q34) ont été identifiées. Le gène code la 15-hydroxyprostaglandine deshydrogénase (15-PGDH), enzyme clé du catabolisme des prostaglandines. Les porteurs hétérozygotes peuvent avoir une forme clinique discrète.
H. Girschick, pédiatre allemand (2011)
Syn. ostéoarthropathie hypertrophique idiopathique
Réf. Orphanet, H. Girschick, pédiatre allemand (2011)
→ cranio-ostéo-arthropathie, pachydermopériostose, SAPHO syndrome
[A4,O6,Q2]
Édit. 2017
syndrome inflammatoire de reconstitution immune l.m.
immune restoration inflammatory (IRIS)
Syndrome de restauration immunitaire défini comme une réaction inflammatoire paradoxale caractérisée par une reprise de la fièvre et une augmentation du volume des nœuds (ganglions) lymphatiques chez un patient infecté par le VIH et traité pour une infection opportuniste.
Survenant pendant la phase de reprise de fonction du système immunitaire sous l’influence du traitement antirétroviral, en moyenne 60 jours après l’introduction de celui-ci, la réaction inflammatoire peut toucher différents organes et systèmes : le foie, le pancréas, les poumons, les ganglions lymphatiques, les yeux, le tube digestif, la peau, les os et le rein. L’atteinte rénale rare se manifeste par une insuffisance rénale aiguë avec conservation de la diurèse.
La prévalence de ce syndrome chez les patients VIH + présentant des infections opportunistes varie entre 15 et 45 %.
syndrome d'Ehlers-Danlos type 11 l.m.
Le syndrome d'Ehlers-Danlos de type 11 qui apparait dans l’enfance ou l’adolescence se caractérise par une hyperlaxité généralisée des articulations, souvent compliquée par des luxations au niveau des grosses articulations, notamment l'épaule et parfois la rotule.
Une luxation congénitale de la hanche est fréquemment observée. Ce syndrome a été décrit dans plusieurs familles ; sa transmission est autosomale dominante, avec une forte pénétrance.
Syn. EDS XI, SED XI, hyperlaxité articulaire familiale, syndrome d'instabilité articulaire, syndrome d'instabilité articulaire familiale
Réf. Orphanet (2006)
[A4,O6,Q2]
del Castillo-Trabucco-de la Balze (syndrome de) l.m.
germinal aplasia
Syndrome d'azoospermie sécrétoire primitive voisin du syndrome de Klinefelter, dont il se distingue par l'absence de gynécomastie et d'aspect eunuchoïde et par le taux urinaire normal de l'hormone folliculostimulante.
Il est lié à l'atteinte élective des cellules germinales, sans sclérose ni hyalinose des tubes séminifères, qui ne contiennent que des cellules de Sertoli. Les cellules de Leydig ne sont pas modifiées. Le sexe nucléaire est masculin.
E. B. del Castillo, A. Trabucco, F. A. de la Balze, médecins argentins (1947) ; H. F. Klinefelter, médecin endocrinologue américain (1942)
Syn. aplasie germinale
→ azoospermie sécrétoire, Klinefelter (syndrome de), gynécomastie, eunuchoïde, hormone folliculostimulante
[O4]
Édit. 2018
syndrome PROS l.m.
PROS syndrome
Ensemble de syndromes hypertrophiques atteignant différents tissus liés à des mutations non héréditaires du gène PIK3CA apparaissant à un stade post-zygotique au cours du développement de l’embryon, dont le phénotype est extrêmement varié, dépendant de la localisation et du moment de leur apparition.
Le syndrome PROS comprend le FAO (« fibroadipose overgrowth »), le HHML (« hemihyperplasia-multiple lipomatosis), le DMEG (« dysplastic megalencephaly »), le MCAP (« megalencephaly-capillary malformation ») et le CLOVES (« congenital lipomatous asymetric overgrowth of the trunk with lymphatic, capillary, venous and combined type vascular malformations, epidermal naevi, scoliosis/skeletal and spinal anomalies »). Mais, l’entité PROS est évolutive au grès des découvertes de nouvelles mutations. C’est ainsi que le syndrome de Klippel-Trenaunay vient d’être d’être intégré aux PROS. La majorité des mutations sont retrouvées dans le gène PIK3CA qui code la sous-unité catalytique de l’enzyme phosphatidyl-3-kinase AKT/mTOR. Celle-ci catalyse la conversion du phosphatidylinositol (3, 4) bisphosphate en phosphatidylinositol (3, 4, 5) trisphosphate (PIP3), lequel active la sérine-thréonine kinase AKT. L’activation de AKT met en route la voie mTOR aboutissant à la prolifération cellulaire. Toutes ces mutations sont somatiques et activatrices (gain de fonction). Il n’existe pas de traitement spécifique pour les patients qui le plus souvent sont traités par chirurgie avec amputation/résection ou radiologie interventionnelle. Des progrès récents ont été constatés avec l’usage d’inhibiteurs de PIK3CA.
Étym. acr.pour Phosphatidyl-3-kinase AKT/mTOR overgrowth syndrome
Syn. syndrome d’hypercroissance relatif à PIK3CA
→ phosphatidylinositol (3, 4) bisphosphate, phosphatidylinositol (3, 4, 5) trisphosphate, AKT, mTOR Klippel-Trenaunay (syndrome de)
[A4,O6]
Édit. 2018
CAR-T cells acr angl.
Chimeric -Antigen-Receptor T cells
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (le CAR), qui reconnait les cellules de la tumeur à combattre. Après un délai, ils sont reintroduits au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes et traitement du lymphome B réfractaire. Bien que les cellules proviennent de son organisme, le traitement est très lourd nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les résultats thérapeutiques sont prometteurs en raison de la longue vie de ces cellules persistantes des mois, voir des années.
Les effets secondaires du traitement sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1]
Édit. 2018
syndrome de la jonction pyélo-urétérale l.m.
uretero pelvic junction obstruction UPJO, ureteropelvic junction syndrome, congenital hydronephrosis
Anomalie de la jonction pyélo-urétérale provoquant une obstruction pouvant entraîner une dilatation des cavités intrarénales.
Cette anomalie congénitale peut être du à un défaut de transmission des contractions de la voie excrétrice pyélocalicielle vers l'uretère qui se comporte comme un obstacle. Elle peut rester purement fonctionnelle et demeurer longtemps sans retentissement pour le rein sus-jacent. Lorsque le syndrome de jonction se décompense, il provoque une dilatation du bassinet puis des calices.
Des anomalies anatomiques locales (atrésie segmentaire, anomalies de structure pariétale, anomalies d'implantation), peuvent donner le même tableau. Le croisement d'un pédicule vasculaire rénal polaire inférieur peut être responsable de ce syndrome.
Syn. hydronéphrose congénitale, syndrome du collet (obs.)
[M2]
Édit. 2018
syndrome branchio-otorénal l.m.
BOR syndrome, Melnick-Fraser’s syndrome
Syndrome héréditaire autosomique dominant, pouvant apparaître à tout âge, associant des anomalies des arcs branchiaux, de l’appareil auditif et du rein.
Les anomalies branchiales se manifestent sous forme de fistules ou de kystes se situant à hauteur du cou. Les altérations de l’oreille incluent des atrésies ou des sténoses du conduit auditif externe, et des ouvertures préauriculaires ; elles comportent aussi des malformations de l’oreille moyenne et de la cochlée, responsables de surdité de transmission ou de perception, légère ou sévère ; des agénésies ou des sténoses des canaux lacrymaux sont possibles. Enfin les anomalies rénales consistent en la présence de kystes, de dysplasies, d’hypoplasies ou d’agénésies uni ou bilatérales, et sont responsables d’altérations de la fonction rénale, parfois sévères.
D'une prévalence de 1/40 000, la maladie a une expression variable d'une famille à l'autre et au sein d'une même famille, certaines ne présentant pas d'anomalies rénales ou d'anomalies de l'arbre urinaire.
Le gène EYA1 impliqué dans le syndrome branchio-otorénal , est situé sur le bras long du chromosome 8. Des mutations ponctuelles et des délétions ont été identifiées au niveau de ce gène chez environ 40% des patients atteints. Des mutations ont également été identifiées dans les gènes SIX1 et SIX5, dont les produits interagissent avec EYA1, les complexes formés étant des facteurs de transcription.
M. Melnick, généticien américain (1976) ; F.C. Fraser, généticien canadien (1978)
Syn. syndrome de Melnick-Fraser
Sigle BOR
Réf. Orphanet, P. Niaudet (2007)
[A4,O6,Q2]
Édit. 2018
MacLeod (syndrome de) l.m.
MacLeod syndrome
Syndrome d’individualisation essentiellement radiologique, caractérisé par un poumon clair unilatéral à la radiographie.
Il est dû à une oblitération bronchiolaire, en règle postinfectieuse, souvent une pneumopathie de l’enfance à adénovirus ou à mycoplasme. Il existe parallèlement une raréfaction du lit vasculaire pulmonaire, responsable de l’hyperclarté de tout l’hémithorax.
Le syndrome de MacLeod doit être distingué des autres affections donnant un poumon clair unilatéral : l’embolie pulmonaire, la tétralogie de Fallot avec atrésie pulmonaire unilatérale et dans le truncus arteriosus (avec une seule artère pulmonaire), le poumon évanescent.
W. M. MacLeod, pneumologue britannique (1954), P. R. Swyer, pédiatre britannique et G. C. James, médecin canadien (1953)
Syn. syndrome de Swyer-James
→ adénovirus, mycoplasma, embolie pulmonaire, tétralogie de Fallot, truncus arteriosus, poumon évanescent
[B2, K1]
Édit. 2019
CAR-T cells acr. angl. pour Chimeric-Antigen-Receptor T cellsp
Les cellules CAR-T sont des cellules génétiquement modifiées, qui font appel à l'immunothérapie antitumorale.
Les lymphocytes T du patient sont prélevés, cultivés in vitro puis modifiés génétiquement de manière à faire exprimer un récepteur artificiel (CAR), qui reconnaît les cellules de la tumeur à combattre. Ils sont restitués au patient pour tuer les cellules tumorales. La cible doit être aussi spécifique que possible. La cible antigénique idéale doit être surexprimée à la surface des cellules tumorales et non exprimée par les tissus normaux. Ainsi, dans le cas de la leucémie aigue B lymphoblastique, l'ag CD 19, antigène leucocytaire humain retrouvé à la surface des lymphocytes B, est un modèle très performant. D'autres marqueurs hématologiques que le CD 19 peuvent être ciblés. La partie intracellulaire de la cellule CAR va se charger de l'activation des lymphocytes après fixation sur les cellules leucémiques.
Actuellement cette thérapeutique est réservée aux patients en échec des traitements usuels, présentant encore des cellules leucémiques persistantes après traitements standard et parfois après allogreffes.
En plus de leur très grande efficacité, ces cellules ont une longue durée de vie puisqu'elles ont la capacité d’éradiquer des cellules cancéreuses qui réapparaitraient après plusieurs mois, voire plusieurs années.
De nombreuses cellules CAR T ciblant d’autres antigènes tumoraux sont en développement dans d’autres types de cancers (myélome, lymphome) et même dans les tumeurs solides.
Bien que les cellules proviennent de l' organisme du malade, le traitement est très lourd, nécessitant un conditionnement par chimiothérapie. Les effets secondaires sont importants: syndrome de libération des cytokines appelé aussi orage cytokinique, syndrome d'activation des macrophages, troubles neurologiques.
Le traitement est très onéreux. Une autre méthode est à l'étude. Au lieu de faire appel aux lymphocytes du patient, il est fait appel aux lymphocytes de donneurs sains allogéniques, manipulés pour cibler tel ou tel antigène tumoral. Ce protocole est moins coûteux, la congélation des cellules permet une utilisation rapide, mais la durée de vie des cellules injectées est plus courte.
J. N. Kochenderfer, chercheur américain (2010) ; E. Tran, chercheur américain (2017)
→ leucémie aigue lymphoblastique, lymphome diffus à cellules B, antigène CD 19
[F1, F3, G5, ]
Édit. 2018
neonatal-onset multisystem inflammatory disease
l.m.
Chronique, Infantile, Neurologique, Cutané, Articulaire syndrome (CINCA) autre désignation anglophone du neonatal-onset multisystem inflammatory disease (NOMID), correspondant en français au syndrome méningo-cutanéo-articulaire chronique de l'enfant.
Syn. Chronique, Infantile, Neurologique, Cutané, Articulaire syndrome (CINCA)
Sigle NOMID
→ méningo-cutanéo-articulaire chronique de l'enfant (syndrome).
[N3, O1, Q1, Q3]
Édit. 2018
syndrome du grêle court l.m.
short bowel syndrome
Le syndrome dit du « grêle court » est secondaire à une résection chirurgicale (par exemple après infarctus mésentérique) laissant en place moins de 150 à 200 cm d'intestin grêle chez l’adulte.
Il s'agit d'une maladie rare (environ 1 cas pour 1 000 000 de personnes en France). Elle est caractérisée par une diarrhée, une malabsorption des nutriments, des troubles hydroélectrolytiques. Le grêle court peut aussi être d’origine congénitale. L’évaluation de l’insuffisance intestinale tient compte du grêle restant, du type d’anastomose, de la longueur du colon restant et de la préservation de la valvule iléo-caecale. La longueur de l’intestin réséqué n’a que peu de valeur, variant si elle est mesurée fraiche ou fixée, mais surtout en raison de la variabilité anatomique l’intestin grêle allant de 3 à 7 mètres. La longueur de l’intestin restant est mesurée au bloc opératoire ou évaluée à partir des données de l’imagerie (scanner). Le côlon restant est estimé en pourcentages, en divisant le côlon en 7 parties, supposées de longueur égales, et correspondant chacune à 14 % de la totalité.
Le type de SGC est distingué par une classification anatomique : l’entérostomie terminale (type I anatomique), l’anastomose jéjuno-colique (type II anatomique) et l’anastomose jéjuno-iléocolique (type III anatomique). Les types II et III sont de meilleur pronostic car la malabsorption est moins sévère. Le côlon peut en partie pallier l’insuffisance intestinale, en particulier pour les glucides.
Les principales causes du SGC sont, chez l’adulte, l’ischémie intestinale, la maladie de Crohn, les cancers et les traumatismes. Chez les nourrissons et les jeunes enfants, ce sont les conséquences de l’entérocolite nécrosante néonatale et le syndrome du grêle court congénital, trouble intestinal rare des nouveau-nés d'étiologie inconnue. Les patients naissent avec un intestin grêle court (moins de 75 cm de long) compromettant l'absorption intestinale se manifestant par une diarrhée chronique, des vomissements et un retard de croissance staturo-pondérale.
Le taux de citrulline plasmatique (acide aminé produit par les entérocytes) est un marqueur d’insuffisance intestinale. Il est corrélé à la longueur de grêle restant et donc abaissé chez les patients atteints du SGC. La citrulline plasmatique permet de discriminer les patients pouvant être sevrés de nutrition parentérale (> 20 μmol/L) de ceux qui restent dépendants de la nutrition parentérale deux ans après la résection intestinale, témoignant d’une insuffisance intestinale permanente.
Les troubles sont définitifs dans 50 % des cas. Ils peuvent régresser, au moins en partie, après une période d'adaptation intestinale de 6 à 12 mois. La prise en charge en centre spécialisé est très complexe et difficile pour les patients. Après une phase de réanimation hydro-éléctrolytique et une phase d’alimentation orale hypercalorique et hyperprotéique, en favorisant les solides par rapport aux liquides, une autonomie nutritionnelle est possible. Dans 50 % des cas, la nutrition parentérale à domicile de longue durée reste le traitement de référence. Les alternatives à la nutrition parentérale peuvent être l’utilisation des facteurs de croissance de la muqueuse intestinale, tel le téduglutide, polypeptide recombinant, analogue du GLP2 (Glucagon Like Peptide 2), qui diminue le débit des selles et augmente la citrullinémie, mais dont l'efficacité n'a été établie que sur la réduction des besoins en nutrition parentérale. Les données à long terme sont limitées. La surveillance d'éventuelles proliférations de cellules muqueuses digestives (polypes colorectaux, néoplasie gastro-intestinale ou biliaire, etc.) est recommandée. La transplantation intestinale est une alternative à la nutrition parentérale, isolée ou associée à la transplantation hépatique en cas d’insuffisance hépatique.
Les principales causes d’échec de la nutrition parentérale sont l’hépatopathie, les infections et les thromboses veineuses liées au cathéter, le refus de la nutrition parentérale. Ces situations sont des indications potentielles à une transplantation intestinale.
Syn. syndrome de l'intestin court
Réf. Nuzzo A, Corcos O, Joly F . Syndrome du grêle court: de la nutrition à la greffe intestinale. Post'U 2014.
→ citrullinémie, analogue du GLP2, transplantation intestinale, infarctus mésentérique, entérostomie, maladie de Crohn, entérocolite nécrosante, alimentation parentérale
[L1, L2]
Édit. 2018
syndrome nicotinique l.m.
nicotinic syndrom
Syndrome provoqué par l'excitation des récepteurs nicotiniques agissant sur la jonction neuromusculaire et les relais ganglionnaires provoquant tachycardie, hypertension, polypnée, mydriase et accélération du péristaltisme.
Il peut faire suite à un syndrome muscarinique, au cours de certaines intoxications en particulier par des pesticides.
→ syndrome muscarinique, pesticides, phosphoramides anticholinestérasiques en médecine du travail
[H1]
Édit. 2018
de Sanctis-Cacchione (syndrome de)
de Sanctis-Cacchione syndrome
Syndrome associant un xeroderma pigmentosum, une microcéphalie, un retard mental progressif et une immaturité du développement sexuel avec un nanisme bien proportionné.
Il existe dans ce syndrome, une ataxie spastique avec aréflexie, une atrophie et des télangiectasies du derme ainsi que des tumeurs qui se développent à la lumière, tout comme dans le xéroderma pigmentosum de Hebra-Kaposi. Les signes ophtalmologiques comportent photophobie, larmoiement, télangiectasies et pigmentation bulbaires, ulcérations cornéennes.
L’affection est autosomique récessive (MIM 278800, due à un déficit enzymatique en rapport avec une mutation génétique différente de celle du xeroderma pigmentosum classique.
C. de Sanctis et A. Cacchione, psychiatres italiens (1932)
Syn. idiotie xérodermique (obs.), xeroderma pigmentosum et déficience mentale
→ xeroderma pigmentosum, microcéphalie, télangiectasie
[H3, I2, J1, P2, Q3]
Édit. 2019
Barber-Say (syndrome de) l.m.
Barber Say syndrome
Syndrome caractérisé par une hypertrichose congénitale généralisée, une ensellure nasale marquée, des narines antéversées, des lèvres fines, des sourcils et des cils absents ou très clairsemés, un hypertélorisme avec télécanthus, un ectropion bilatéral, une macrostomie, des oreilles de forme anormale, un nez bulbeux, une hyperlaxité cutanée avec excès de peau, une hypoplasie des mamelons avec absence de glandes mammaires.
L'éruption dentaire est tardive.
Entité rare, décrite chez moins de 10 patients qui semble représenter une entité différente du syndrome ablépharie-macrostomie, mais pourrait être le résultat d'une mutation différente du gène TWIST2.
Nancy Barber, pédiatre américaine et B. Say, généticien turc (1982)
Syn. hypertrichose-atrophie cutanée-ectropion et macrostomie
Réf. Orphanet (2004)
→ syndrome ablépharie-macrostomie, hypertrichose, hypertélorisme, télécanthus, ectropion, macrostomie
[J1, P1, P2, P3, Q3]
Édit. 2019
syndrome lacrymo-auriculo-radio-dental l.m.
Le syndrome lacrymo-auriculodentodigital (LADD) associe des anomalies congénitales multiples caractérisée par une hypoplasie, une aplasie ou une atrésie du système lacrymal ; des anomalies des oreilles et une surdité ; une hypoplasie, une aplasie ou une atrésie des glandes salivaires ; des anomalies dentaires et des malformations digitales.
L'existence d'une aplasie unilatérale radiale et d'une synostose radio-cubitale au cours du LADD caractérise le syndrome
lacrymo-auriculo-radio-dental.
D. W. Hollister, pédiatre et généticien américain (1973) ; W. J. Levy, ophthalmologiste américain (1967)
Syn. syndrome lacrymo-auriculodentodigital, syndrome de Levy-Hollister
Sigle LARD
→ syndrome lacrymo-auriculodentodigital
[L1, M1, M2, O1, P1, P2, P3, Q2]
Édit. 2019
Potocki-Lupski (syndrome de) l.m.
Potocki-Lupski syndrom
Syndrome de gènes contigus impliquant la duplication de la bande 11.2 sur le bras court du chromosome 17 (17p11.2) qui cliniquement présente des caractéristiques similaires au syndrome de Smith-Magenis.
Les deux syndromes se caractérisent par des anomalies congénitales multiples et un retard mental. Cependant dans 80 % des cas il s’y ajoute un trouble du spectre autistique. D'autres aspects distinctifs incluent une hypotonie musculaire infantile, de l'apnée du sommeil, des anomalies cardiovasculaires, des troubles de l'apprentissage, un déficit d'attention, des troubles obsessionnels compulsifs, une malocclusion dentaire et un retard de croissance staturo-pondérale.
Lorraine Potocki, J. R. Lupski, généticiens américains (2007)
Syn. syndrome du p(17)p11.2p11.2, trisomie 17p11.2, syndrome de duplication 17p11.2
Réf. Potocki L, Bi W, Treadwell-Deering D, Carvalho CMB, Eifert A, Friedman EM, Glaze D, Krull K, Lee JA, Lewis RA, Mendoza-Londono R, Robbins-Furman P, Shaw C, Xin Shi, Weissenberger G, Withers M, Yatsenko SA, Zackai EH, Stankiewicz P, Lupski JR. :Characterization of Potocki-Lupski Syndrome (dup(17)(p11.2p11.2)) and Delineation of a Dosage-Sensitive Critical Interval That Can Convey an Autism Phenotype. American Journal of Human Genetics 2007 Apr; 80(4): 633–649
[H3, I2, K1, K2, Q2]
Édit. 2019
vascularite à IgA l.f.
Syndrome bien individualisé chez l’enfant, mais pouvant survenir chez l’adulte, lié à une vascularite leucocytoclasique à IgA, atteignant les vaisseaux de petit calibre, se révélant par un purpura associé à des arthralgies, des signes digestifs et des manifestations rénales.
Vascularite non nécrosante, définie par la présence en immunofluorescence de dépôts d’IgA dans la paroi des vaisseaux de petit calibre (artérioles, capillaires et veines) et dans les viscères (paroi du tube digestif, mésangium glomérulaire).
Le purpura infiltré ne s’accompagne pas de thrombopénie. La prédominance du purpura aux membres inférieurs est lié à l’orthostatisme. Il est associé à des signes digestifs (vomissements, douleurs abdominales, melæna, invagination intestinale aigüe), à des arthralgies et surtout, à une atteinte rénale (hématurie, protéinurie, parfois syndrome néphrotique) traduisant une glomérulonéphrite segmentaire et focale. La maladie évolue souvent par poussées successives et peut conduire à l’insuffisance rénale. La cause est inconnue ; une infection ORL est parfois évoquée. Le traitement est symptomatique et peut parfois faire appel aux corticoïdes et aux immunosuppresseurs.
Chez l'adulte, l'unanimité n'est pas faite ; il est néanmoins possible de garder la même définition (dépôts d'IgA dans la paroi des petits vaisseaux), mais il faut éliminer d’autres causes connues telles que les collagénoses, la cryoglobulinémie, etc.
E. H. Henoch, pédiatre allemand (1868) ; J. L. Schönlein, médecin interniste allemand (1832)
Syn. Schönlein–Henoch (purpura de), péliose rhumatismale, purpura rhumatoïde
→ purpura, syndrome néphrotique, glomérulonéphrite segmentaire et focale, connectivite, cryoglobulinémie
[I1, J1, K4, L1, M1, P1]
Édit. 2019
Emery-Dreifuss (dystrophies musculaires d') l.f.p.
Emery-Dreifuss dystrophies
Affections musculaires, distinguées seulement depuis 1966 de la dystrophie de Duchenne, dont on connaÏt actuellement deux origines génétiques : une forme récessive par mutation du gène EMD sur le chromosome X, codant pour l’émérine et une forme autosomique dominante par mutation du gène LMNA, sur le chromosome 1, codant pour la lamine.
Atteignant le sexe masculin, précoce (parfois dès la petite enfance), l’affection est caractérisée par une atrophie huméro-péronière, des rétractions, des faiblesses musculaires, associées à une cardiomyopathie avec des troubles de la conduction cardiaque mettant en jeu le pronostic vital ; le déficit reste longtemps modéré.
L'affection évolue en trois phases : rétractions musculaires précoces (triceps suraux, biceps brachiaux, syndrome de la colonne vertébrale rigide) ; faiblesse et atrophie musculaire de topographie scapulo-huméro-péronière et pelvienne ; l’atteinte cardiaque survient entre 15 et 20 ans avec des troubles de la conduction évoluant vers une paralysie atriale permanente et l’insuffisance cardiaque. Une fibrose endo- et périmysiale importante est relevée.
L'électromyogramme est myogène en détection, parfois neurogène. De même, bien que montrant des aspects dystrophiques, la biopsie musculaire, par d'autres éléments, peut suggérer à tort une hypothèse neurogène.
Une hérédité récessive liée à l'X est bien connue. La localisation du gène en Xq28 est confirmée par analyse de liaison avec le gène du facteur VIII. L'identification de ce gène a permis la description d'une protéine, l'émérine, dont le rôle est de lier les lamines.
La forme avec hérédité autosomique dominante liée à la mutation du gène LMNA (1q22) est de sémiologie proche mais de début plus tardif et d'évolution plus rapide. Une autre forme, très rare, autosomique récessive, liée à une mutation du même gène LMNA, a été rattachée au syndrome d'Emery-Dreifuss en raison de l’ hétérogéneité de ce groupe.
A. E. Emery, généticien britannique et F. E. Dreifuss, neurologue britannique d’origine allemande (1966)
Étym. gr. dus : difficulté ; trophein : nourrir
→ émérine, laminopathie, dystrophie de Duchenne
[I4, Q2]
Édit. 2019
empreinte parentale l.f.
genomic imprinting
Expression par certains gènes d’un seul allèle transmis par le père ou par la mère.
Ces gènes ont donc une empreinte qui a été mise par l’un des deux parents et qui fait que l’allèle transmis s’exprime ou pas. Ces marques sont de nature épigénétique, c’est à dire qu’elles sont transmises à la génération suivante sans que la séquence de l’ADN ne soit modifiée. Pour ce que l’on en sait aujourd’hui, sur le plan moléculaire, ces marques résultent de méthylations des cytosines de l’ADN, et/ou de modifications post-traductionnelles des histones (acétylation, méthylation etc.) ou encore de modifications de la structure de la chromatine. Ces marques peuvent avoir un effet activateur de l’expression du gène ou au contraire inhibiteur, mais elles ne sont présentes que sur l’un des deux allèles du gène. Une mutation récessive d’un de ces gènes se traduira par une maladie qui n’apparaîtra que si l’allèle muté a été transmis par le parent qui l’exprime. Chez l’homme, par exemple, le syndrome de Prader-Willi, caractérisé par une hypotonie, une obésité, une petite taille et un retard mental, est dû à une mutation sur le chromosome 15 paternel, non suppléée par la copie maternelle demeurée silencieuse. De même le gène de l’IGF2 (Insulin like Growth Factor) est soumis à une empreinte parentale avec une expression sélective des allèles paternels. Une levée de l’empreinte est observée dans le syndrome de Beckwith-Wiedemman qui est associé à une macrosomie fœtale, une prédisposition tumorale et une hypoglycémie néonatale.
→ syndrome de Prader-Willi, IGF2, syndrome de Beckwith-Widemman, allèle, épigénétique
[Q1]
Édit. 2020
SARS-CoV-2 (virus)
SARS-CoV-2 (virus)
Virus à ARN du genre Betacoronavirus (famille des Coronaviridae) responsable d’un syndrome respiratoire aigu ayant émergé en Chine en 2019.
Proche de l’agent du SRAS, ce virus (auparavant désigné sous la dénomination nCoV-2019) est l’agent d’un syndrome respiratoire aigu, désigné sous la dénomination Covid-19, qui émergea en novembre 2019 dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine) avant de se propager aux autres province chinoises et à d’autres pays.
L’origine animale du virus ne fait guère de doute mais les hôtes et les réservoirs sont encore inconnus ; peut-être s’agit-il des pangolins. Au vu des données concernant les autres Betacoronavirus émergents, on soupçonne une implication de chauves-souris comme réservoirs. Un possible lien entre le début de l’épidémie et la fréquentation d’un marché de Wuhan où sont vendus des animaux sauvages vivants a été évoqué, sans toutefois être démontré.
→ Coronaviridae, syndrome respiratoire aigu sévère dû au Coronavirus 2, SRAS
[D1]
Édit. 2020
syndrome émail-rein l.m.
Enamel renal syndrom
Syndrome associant des défauts héréditaires de l’émail dentaire atteignant les dentitions primaire et définitive à une néphropathie avec néphrocalcinose et lithiase rénale pouvant conduire à une insuffisance rénale.
Ce syndrome héréditaire, à transmission autosomique récessive, est dû à une mutation du gène FAM20A codant pour la protéine de même nom. Cette protéine présente dans de nombreux tissus est sécrétée. Ses fonctions sont mal connues. Elle interviendrait dans l’hématopoïèse.
Syn. amelogenesis imperfecta
→ néphrocalcinose, lithiase rénale, insuffisance rénale
[M1, P3, Q2 ]
Édit. 2020
2019-nCoV (virus)
2019-nCoV (virus)
Virus à ARN du genre Betacoronavirus (famille des Coronaviridae) responsable d’un syndrome respiratoire aigu ayant émergé en Chine en 2019.
Ce virus est l’agent d’un syndrome respiratoire aigu qui émergea en novembre 2019 dans la ville de Wuhan (province de Hubei, Chine) avant de se propager aux autres province chinoises et à d’autres pays. Des cas importés sont signalés de divers pays, notamment de France, avec parfois quelques cas secondaires.
La durée d’incubation est évaluée entre 7 et 14 jours (probablement entre 5 et 10 jours). La maladie associe de la fièvre, une toux persistante, une gêne respiratoire, rarement une détresse respiratoire (surtout chez des personnes âgées) conduisant à l’admission en service de réanimation ; ces pneumopathies virales graves sont souvent accompagnées de surinfections microbiennes ou mycosiques. Des insuffisances rénales sévères ont encore été signalées. La mortalité serait de l’ordre de 2%. Toutefois, les cas bénins ou asymptomatiques semblent très nombreux. La maladie semble rare chez les enfants. Des tests de diagnostic rapide ont été rapidement élaborés et des recherches sont entreprises pour la mise au point de traitements spécifiques et de vaccins.
[D1]
Édit. 2020
Chlamydia
Chlamydia
Genre de bactéries appartenant à l'ordre des Chlamydiales, à la famille des Chlamydiaceae dont on distingue plusieurs espèces, notamment Chlamydia trachomatis, Chlamydia pneumoniae qui sont pathogènes pour l'Homme, Chlamydia pecorum, pathogène pour l'animal et accidentellement pour l'Homme.
Les Chlamydia sont des petites bactéries à parasitisme intracellulaire obligatoire. Leur enveloppe est dépourvue de peptidoglycane et leur structure est comparable à celle des bacilles à Gram négatif. Elles se multiplient dans le cytoplasme de la cellule-hôte (dont elles dépendent pour la production d'énergie) et forment des inclusions intracellulaires caractéristiques.
- Chlamydia trachomatis est responsable de lésions oculaires (trachome et conjonctivites à inclusions), d'infections sexuellement transmissibles (lymphogranulomatose vénérienne ou maladie de Nicolas Favre, uréthrites, prostatites, épididymites, cervicites, endométrites et salpingites), de périhépatite ou syndrome de Fitz-Hugh-Curtis et du syndrome de Fiessinger-Leroy-Reiter.
- Chlamydia pneumoniae provoque des infections respiratoires hautes (sinusites et pharyngites) et basses (bronchites et pneumopathies).
- Autrefois dénommé Chlamydia psittaci, l’agent de la psittacose appartient aujourd’hui au genre Chlamydophila.
Le diagnostic direct des infections à Chlamydia est porté après isolement du germe sur culture cellulaire ou après recherche de cellules à inclusions. Le diagnostic indirect utilise essentiellement l'immunofluorescence indirecte pour mettre en évidence des anticorps dans le sang des sujets infectés et permet ainsi de porter un diagnostic d'espèce.
Le traitement s'appuie sur des antibiotiques actifs sur les germes intracellulaires : tétracyclines, macrolides et fluoroquinolones.
T. Fitz-Hugh, médecin américain (1934) ; A. H. Curtis, gynécologue américain (1930) ; N. Fiessinger et E. Leroy, médecins français (1916), H. Reiter, médecin allemand (1916) ; N. J. Durand, médecin, J. Nicolas, dermatologiste et M. Favre, anatomopathologiste français (1913)
→ Chlamydiaceae, trachome, psittacose, Chlamydophila psittaci
[D1]
Édit. 2020
dépistage du cancer du pancréas lm
Pancreatic cancer screening
Le cancer du pancréas qui ne fait pas partie du cadre du dépistage organisé des cancers, doit dans certains cas bien sélectionnés, être proposé au cours d’une consultation d’oncogénétique.
Il existe des facteurs de risque d’adénocarcinome pancréatique : la pancréatite chronique, le tabac, le diabète, l’obésité et des altérations génétiques.
Au cours de la pancréatite chronique, qui est le plus souvent d'origine alccolique, le surrisque de cancer du pancréas est trouvé avec un ratio d’incidence standardisé allant de 16,5 à 27. Dans le cas de la pancréatite chronique héréditaire, le risque de cancer du pancréas est encore nettement supérieur à celui de la pancréatite chronique non héréditaire; le surrisque est de 69 chez les hommes et de 142 chez les femmes.
La proportion de cancers du pancréas attribuable au tabagisme est estimée à 20 %.
Il existe aussi un lien entre l’obésité de type androïde, le diabète et le cancer du pancréas. Mais il faut aussi noter que l’insulinorésistance et le diabète sont d’apparition fréquente dans les années précédant la survenue d’un cancer du pancréas.
La plupart des patients ayant ces facteurs de risque ne justifient pas le dépistage du cancer du pancréas ; c’est le cas en particulier des patients ayant une pancréatite chronique de cause alcoolique.
Par contre, les patients ayant une pancréatite chronique héréditaire liée à des mutations de PRSS1 idiopathiques ou génétiques en rapport avec des mutations de SPINK1, CTRC ou CFTR, avec imagerie pancréatique anormale (TDM et IRM avec CPIRM) justifient un dépistage.
Il est également recommandé de mettre en œuvre des mesures de dépistage chez les sujets ayant un contexte de cancers pancréatiques familiaux (avec ou sans anomalie génétique identifiée) . Les cas familiaux sont définis par l’existence d’un cancer chez au moins 2 apparentés au premier degré ou de 3 apparentés quel qu' en soit le degré . Ils représentent 5 à 10 % des cancers du pancréas. Tous les apparentés au premier degré des cas index doivent être dépistés.
Une consultation d’oncogénétique doit être proposée aux patients avec un syndrome de Peutz – Jeghers, c’est-à-dire porteurs d’une mutation constitutionnelle de LKB1/STK11 ; Formes héréditaires des cancers du sein et de l’ovaire, en rapport avec une mutation constitutionnelle des gènes BRCA1/2 porteurs d’une mutation constitutionnelle des gènes BRCA2 ou de PALB2 ayant un apparenté au premier degré ayant eu un cancer du pancréas ou au minimum 2 apparentés de tout degré ; mélanome familial multiple porteurs de mutation du gène p16/CDKN2A, ou ayant un syndrome de Lynch avec au minimum un cas de cancer du pancréas chez un apparenté au premier degré. Polypose adénomateuse familiale, mutation constitutionnelle du gène APC identifiée dans la famille. L’objectif est de poser le diagnostic de cancer de forme héréditaire et/ou de faire une étude moléculaire afin d’identifier la mutation causale, de proposer un protocole de dépistage adapté et si l’anomalie moléculaire est identifiée de proposer la réalisation d’un test moléculaire ciblé aux apparentés à risque. À noter que l’absence d’identification d’une anomalie constitutionnelle ne permet pas d’éliminer le diagnostic de forme héréditaire. Ce diagnostic est alors basé sur des critères généalogiques, les antécédents personnels et familiaux du patient. Le déterminisme n’est alors pas connu (altération d’un ou de plusieurs gènes non encore identifiés).
Le dépistage caractérisé actuellement par un faible taux de détection, est néanmoins optimisé dans les populations bien sélectionnées, avec des risques de surtraitement et d’anxiété.
→ pancréatite chronique héréditaire, STK11 gene, BRCA gene, syndrome de prédisposition héréditaire aux adénocarcinomes pancréatiques
[F2, L1, Q1]
Édit. 2020