Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Unna (pâte de) l.f.

Unna’s paste

Préparation pâteuse contenant de la résorcine et permettant une exfoliation cutanée destinée à corriger les petites imperfections de la peau.

P.G. Unna, dermatologue allemand, membre de l'Académie de médecine (1850-1929)

→ peeling

Urbach et Wiethe (lipoïdoprotéinose d') l.f.

hyalinosis cutis et mucosae, Urbach-Wiethe’s disease

Maladie héréditaire rare, à transmission autosomique récessive (MIM 247100), due au dépôt dans la peau, les muqueuses et certains organes, d'une substance hyaline et caractérisée par une atteinte cutanée faite de papules ou de petits nodules du visage, du cuir chevelu avec alopécie, des faces d'extension des membres, par une atteinte du larynx avec enrouement très précoce, et par une atteinte neurologique consistant en crises convulsives et calcifications intracrâniennes.
Il s’agit d’une lipidoprotéinose avec surcharge lysosomique, et lésions infiltrantes du palais et des muqueuses. On peut observer un chapelet de nodules hyalins sur le bord des cils puis une perte des cils (blépharose monoliforme), une conjonctivite et des dépôts sur la cornée et l'angle iridocornéen (glaucome chronique), des pseudodruses au fond d'œil (d'histologie identique aux papules). On trouve également des calcifications intracrâniennes dans 70% des cas avec parfois des troubles neuropsychiques et des épilepsies.

E. Urbach, dermatologue et allergologue autrichien et C. Wiethe (1924), otorhinolaryngologiste autrichien (1929)

Syn. hyalinose cutanéomuqueuse, lipoïdoprotéinose, lipoglycoprotéinose, maladie d'Urbach-Wiethe

→ lipoïdoprotéinose palpébrale

uréthroplastie cutanée l.f.

cutaneous urethroplasty

Technique d'uréthroplastie utilisant la peau pour réparer l'urèthre.
Les procédés d'uréthroplastie cutanée sont adaptés à la cure des rétrécissements uréthraux, à la restauration des pertes de substance uréthrale et à la reconstitution du segment uréthral manquant d'un hypospadias. Ils peuvent réclamer un ou plusieurs temps opératoires.

→ uréthroplastie cutanée en un temps, uréthroplastie cutanée en deux temps, uréthroplastie pour hypospadias, rétrécissement uréthral

uréthroplastie cutanée en deux temps l.f.

two-step cutaneous urethroplasty

Technique d'uréthroplastie cutanée effectuée en deux temps opératoires successifs, séparés de quelques semaines à quelques mois.
Destinées à la cure des rétrécissements uréthraux, ces techniques sont nombreuses mais s'inspirent en majorité de celle de Bengt-Johansson.
Le premier temps est la "mise à plat" de l'urèthre dans son segment rétréci. L'uréthrotomie longitudinale ouvre le plancher uréthral, et les berges du tissu uréthral réduit à une bandelette sont suturées à la peau du périnée, du scrotum ou du pénis, selon le niveau du rétrécissement. Ainsi sont créés deux orifices d'uréthrostomie, d'amont (par lequel se font les mictions) et d'aval.
Le second temps intervient quelques semaines ou mois plus tard, lorsque la cicatrisation est parfaite et souple, les orifices uréthraux vérifiés bien perméables. C'est le temps de réparation proprement dit.
L’uréthroplastie peut être effectuée :
- soit en confectionnant un tube cutané avec le plan des berges de la suture antérieure, tube recouvert par un deuxième plan cutané (procédé de Duplay) ;
- soit en constituant directement un plan cutané recouvrant la bandelette, comptant sur la régénération progressive de l'urèthre (procédé de Denis Browne); ce procédé, produisant un urèthre de moins bonne qualité, est quasi abandonné à l'heure actuelle ;
- soit, en arrière, par un lambeau scrotal (Gil-Vernet, Turner-Warwick).
Ces uréthroplasties cutanées en deux temps comportent moins de risques de désunion que les techniques en un temps et s'adaptent aux cas les plus graves, infectés ou étendus.

S. Duplay, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1880); B. Johanssen, chirurgien urologue suédois (1952) ; D. Browne, Sir, chirurgien britannique (1949) ; A. Gil-Vernet, chirurgien urologue espagnol (1995) ; R. Turner-Warwick, chirurgien urologue britannique (1988)

→ uréthroplastie pour hypospadias, Duplay (opération de), rétrécissement uréthral

uréthrostomie périnéale n.f.

perineal urethrostomy

Abouchement de l'urèthre bulbopérinéal à la peau du périnée.
Cette méthode de dérivation externe des urines était utilisée autrefois soit en prévision d'une chirurgie uréthrale réparatrice d'aval, soit comme solution transitoire ou définitive de restauration des mictions en amont de lésions uréthrales jugées incurables, soit comme voie d'abord plus directe de l'urèthre postérieur (surtout chez l'enfant).
Elle n'est plus guère utilisée aujourd'hui en tant qu'intervention isolée, mais elle est réalisée de fait lors de la mise à plat de l'urèthre en un premier temps d'uréthroplastie cutanée.

→ uréthroplastie cutanée

uroporphyrinurie n.f.

uroporphyrinuria

Présence pathologique d'uroporphyrines dans les urines, leur conférant une coloration rouge et une fluorescence en lumière ultraviolette.
Dans la porphyrie congénitale, l'uroporphyrine I domine (jusqu'à 100 mg par 24 heures). Dans la porphyrie aigüe, on trouve surtout de l'uroporphyrine III. Mais dans les deux cas cette excrétion s'accompagne d'élimination d'autres porphyrines, notamment de coproporphyrines. Il en est de même dans la porphyrie cutanée tardive.

→ uroporphyrine, porphyrie, porphyrie aigüe intermittente, coproporphyrine, porphyrie cutanée tardive

urticaire n.f.

urticaria

Réaction cutanée consistant en une éruption brutale de papules prurigineuses, œdémateuses, à limites nettes, de taille, de forme, de siège très variables, dont chacune ne persiste que quelques heures, et liée à la libération dans le derme de médiateurs chimiques, dont le principal est l'histamine sécrété par les mastocytes.
De nombreux mécanismes, immunologiques ou non, peuvent entraîner une urticaire. Qu'elles soient aigües ou chroniques (c’est-à-dire durant plus de trois mois), les variétés d'urticaires sont nombreuses :
- physiques : dermographisme réalisant une strie urticarienne à la friction, urticaires retardées à la pression, à l’exposition solaire, au froid, à la chaleur ou cholinergique;
- de contact : avec des plantes, orties notamment, des produits chimiques, voire exceptionnellement de l'eau réalisant l'urticaire aquagénique;
- de cause générale : intolérance à des médicaments, ce qui est fréquent, des aliments ou des additifs alimentaires.
C'est une affection "impliquant fortement des facteurs psychogènes", notamment dans ses formes chroniques.
Rarement, d'autres causes peuvent être trouvées : ainsi une urticaire peut révéler une maladie générale et correspondre alors à une forme systémique. Une urticaire aigüe peut faire partie d'un choc anaphylactique. L'angio-œdème, ou œdème de Quincke, est une variété souscutanée d'urticaire, qui se manifeste par des œdèmes aigus de la peau et des muqueuses; certaines formes peuvent être mortelles.
Le traitement de l'urticaire repose sur l'éviction des facteurs étiologiques et l'administration d’antihistaminiques H1.
L'urticaire pigmentaire est entièrement différente de la très rare forme pigmentée d'urticaire.

H. Quincke, médecin allemand (1882)

Étym. urtica : ortie

→ Quincke (œdème de), choc anaphylactique, urticaire pigmentaire, urticaire à la chaleur, urticaire aquagénique, urticaire au froid, urticaire cholinergique, urticaire chronique, urticaire de contact, urticaire profonde, urticaire retardée à la pression, urticaire solaire, urticaire systémique, urticaire-surdité-amylose rénale

urticaire familiale au froid l.f.

familial cold urticaria (FCU), familial cold autoinflammatory syndrome (FCAS)

Affection rare, familiale, autosomique dominante, caractérisée par des poussées d’urticaire avec éruption cutanée survenant lors de l’exposition au froid et accompagnée de signes systémiques d’inflammation.
Le début peut être très précoce dans la première enfance ; les signes inflammatoires sont variables, souvent peu marqués : fièvre, douleurs articulaires, signes oculaires, troubles neurologiques. L’affection est liée à des mutations du gène CIAS1 (Cold Induced Autoinflampatory Syndrome 1), locus en 1q44, codant pour la  cryopyrine, protéine intervenant dans la régulation du récepteur de l’interleukine-1β. Elle partage ce même mécanisme avec le syndrome de Muckle et Wells et le syndrome CINCA, réunis sous l’acronyme CAPS (Cryopyrine-Associated Periodic Syndromes).

T. J. Muckle, médecin canadien et M. V. Wells, médecin britannique (1962)

→ urticaire, CAPS ,Muckle et Wells (syndrome de) ,syndrome CINCA

urticaire pigmentaire l.f.

urticaria pigmentosa

Forme la plus fréquente de mastocytose cutanée de l'enfant et de l'adulte, caractérisée par la survenue de maculopapules, lisses, non squameuses, de taille variable, rouge-violacé ou brunes, localisées préférentiellement sur le tronc, les membres et à un moindre degré sur la face, et dont la turgescence urticarienne provoquée par un frottement, a une valeur pathognomonique, ce qui réalise le signe de Darier, si elle ne déborde pas en peau saine avoisinante.
L’examen histologique montre un infiltrat dermique constitué de mastocytes reconnaissables à leurs granulations métachromatiques colorées en rouge par le bleu de toluidine.

E. Nettelship, dermatologiste et ophtalmologiste britannique (1869) ; F. J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1856-1928)

Syn. maladie de Nettleship (obs.)

→ urticaire, mastocytose, Darier (signe de).

[F3, J1]

Édit. 2019

UVA sigle m.p. pour UltraViolets A

UVA, ultraviolets A

Partie du rayonnement ultraviolet qui traverse le verre et dont les longueurs d'onde sont comprises entre 320 et 400 nm.
On distingue deux sous-groupes : les UVA longs ou UVA 1, compris entre 340 et 400 nm et les UVA courts ou UVA 2, compris entre 320 et 340 nm, qui ont une action proche des UVB notamment sur la photocarcinogénèse cutanée. Les UVA sont les principaux responsables du déclenchement des réactions de photosensibilisation, des photodermatoses idiopathiques telles que lucite estivale bénigne, hydroa vacciniforme de Bazin et de l'aggravation de certaines dermatoses photosensibles, p. ex. lupus érythémateux, porphyrie, mélasma, et du vieillissement cutané photo-induit ou dermatohéliose. Ils sont utilisés en thérapeutique pour le traitement de certaines dermatoses comme le psoriasis, le vitiligo, la pelade, le parapsoriasis en plaques, soit seuls, soit en association avec le méthoxypsoralène (PUVAthérapie, balnéoPUVAthérapie).
Bien que cela  ne soit pas classique, les UVA traversent les crèmes solaires arrêtant les UVB, ainsi que les
Nuages et certains tissus clairs faits de substances synthétiques. Toutes notions qui  ont leur importance dans
la recherche de la prévention des effets nocifs des UVA dont on doitégalement souligner la fausse innocuité.

E. Bazin, dermatologiste français (1862)

→ photocarcinogénèse, photosensibilité, photodermatose, lucite estivale bénigne, hydroa vacciniforme de Bazin, lupus érythémateux, porphyrie, mélasma, psoriasis, vitiligo, pelade, parapsoriasis en plaques, méthoxypsoralène

UVB sigle m.p. pour ultraviolets B

UVB, ultraviolets B

Partie du rayonnement ultraviolet qui traverse le quartz et qui est arrêtée par le verre, dont les longueurs d'onde sont comprises entre 290 et 320 nm.
Les UVB permettent la synthèse de la vitamine D3  Ils sont les principaux responsables de la photocarcinogénèse
cutanée et après exposition solaire du « coup de soleil », du bronzage cutané, de l'épaississement épidermique. Ils sont plus rarement impliqués
dans la survenue des photodermatoses.
Ils sont utilisés, soit en spectre total, soit en sélectionnant certaines longueurs d'onde (311 nm en particulier),
pour le traitement du psoriasis, du prurit des patients hémodialysés, du prurigo des sujets porteurs du virus
d'immunodéficience acquise, etc.

→ vitamine D3, photocarcinogénèse, photodermatose photothérapie UVB, psoriasis, prurit des hémodialysés, prurigo

vaccin de Salk l.m.

Salk’s vaccine

Vaccin à virus tués utilisé par voie injectable sous-cutanée dans la prévention de la poliomyélite antérieure aigüe.
Parfaitement toléré, il permet d’obtenir une excellente immunité.

J. E. Salk, biologiste américain (1954)

→ vaccin poliomyélite, poliomyélite antérieure aigüe

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin fièvre jaune l.m.

yellow fever vaccine

Vaccin préparé à partir du virus atténué de la fièvre jaune de la souche Rockefeller 17-D, cultivé sur œuf de poule embryonné, destiné aux personnes vivant en zone d'endémie et aux voyageurs devant y séjourner, assurant par une seule injection une protection dès le 10ème jour et durant au moins dix ans.
La vaccination consiste en une injection sous-cutanée ou intramusculaire, administrable à partir de l’âge de 9 mois. Elle s’effectue dans un Centre agréé qui délivre un certificat international valable pendant dix ans. Inutile en Asie où la fièvre jaune est inconnue, elle est obligatoire ou recommandée avant un voyage ou un séjour en Afrique intertropicale, ainsi qu'en Amérique intertropicale (par ex. Guyane française et dans le bassin de l’Amazone). Les contre-indications sont celles des vaccins vivants.

Syn. vaccin amaril

→ fièvre jaune

[D1 E1]

Édit. 2019

vaccin grippe l.m.

influenza vaccine

Vaccin inactivé contenant deux virus de type A et un virus de type B, préparé, pour chaque année, par culture sur œufs de poule embryonnés et inactivé par le formol ou la β-propiolactone.
La composition du vaccin est révisée chaque année en février pour l’Europe et selon les recommandations de l’OMS (grippe saisonnière).Ces vaccins sont en général sans adjuvants, sauf un vaccin comportant du squalène et indiqué pour les personnes de plus de 65 ans. Ils sont injectables par voie intramusculaire ou sous-cutanée profonde. L’immunité conférée est de courte durée, environ six à neuf mois. Cette vaccination est à répéter chaque année chez toutes les personnes de plus de soixante-cinq ans, mais aussi chez les enfants à partir de six mois et chez les femmes enceintes ayant un facteur de risque, par exemple maladies respiratoires chroniques, drépanocytose, diabète, etc...
Il existe également un vaccin nasal vivant atténué trivalent, d’indication limitée à l’enfant de plus de deux ans.
La composition des vaccins en cas de pandémie grippale est décidée par l’OMS en se basant sur la surveillance internationale des souches émergentes.

→ grippe, formol, squalène, β-propiolactone

[D1, E1]

Édit. 2019

vaccin rubéole l.m.

rubella vaccine

Vaccin vivant atténué dont le plus utilisé dans le monde est le vaccin formé par la souche Wistar RA 27/3, cultivée sur des cellules diploïdes humaines ou sur des cellules de rein de Lapin.
La vaccination se fait par deux doses à au moins un mois d’intervalle, par voie sous-cutanée ou intramusculaire, seule ou associée aux vaccins contre la rougeole et contre les oreillons. L’immunité prolongée et solide. L’efficacité est supérieure à 95%. Le virus vaccinal ne se transmet pas. Il est utilisé spécialement pour vacciner les filles âgées de dix à treize ans. Des arthrites post-vaccinales transitoires ont été signalées chez des adolescentes et des femmes adultes. Il est contrindiqué au cours de la grossesse en raison des risques de malformations fœtales. Le vaccin est aussi recommandé en post-partum chez les femmes séronégatives.

Syn. vaccin rubéolique

→ rubéole

[D1, E1]

Édit. 2019

van Bogaert et Divry (syndrome de) l.m.

van Bogaert-Divry’s syndrome

Syndrome neurocutané héréditaire caractérisé par une angiomatose diffuse du cortex cérébral et des méninges associée à une démyélinisation du centre ovale.
Ces anomalies sont responsables de troubles moteurs pyramidaux et extrapyramidaux, des crises d’épilepsie, une démence, une pigmentation cutanée avec télangiectasies.
La transmission est récessive, liée au sexe.

L. van Bogaert,  baron, membre de l’Académie de médecine et P. Divry, neuropathologues belges (1945)

→ angiomatose, pyramidal (syndrome), extrapyramidal (syndrome), épilepsie, télangiectasie

Vaquez (maladie de) l.f.

polycythemia vera

Syndrome myéloprolifératif primitif caractérisé par une augmentation de la masse érythrocytaire liée  à une production médullaire non contrôlée et associée habituellement à une augmentation des leucocytes et des plaquettes.
Survenant généralement après 50 ans, cette affection est plus fréquente chez l’homme. La symptomatologie, souvent insidieuse, est la traduction des manifestations liées à l’hyperviscosité sanguine qui perturbe la microcirculation par l’augmentation des éléments cellulaires : céphalées, vertiges, troubles visuels, prurit à l’eau et érythrose cutanée et des muqueuses.
Les circonstances de découverte sont multiples : un hémogramme pratiqué lors d’un examen systématique, des signes cliniques liés à l’hyperviscosité,  des complications thrombotiques veineuses ou artérielles, des manifestations cliniques de l’hyperuricémie…

Le diagnostic repose sur les critères suivants :
- augmentation de l’hématocrite (Hct) et de l’hémoglobine (Hb): chez l’homme Hct ˃ 52%, Hb ˃ 185g/L ; chez la femme Hct ˃ 48%, Hb ˃165g/L ;
- augmentation de la masse globulaire (de plus de 125% de la normale) ;.
- présence d’une mutation somatique JAK2V617F ou d’une mutation de l’exon 12 du gène JAK2 ;.
- concentration d’érythropoïétine abaissée ;
- formation spontanée de colonies par les progéniteurs érythrocytaires ;
- présence d’une myéloprolifération à la biopsie ostéomédullaire.
Les critères majeurs de la maladie de Vaquez sont l’augmentation de l’Hb et la présence de mutation de Jak2 (retrouvée dans plus de 90% des cas). Les critères mineurs sont la baisse de l’érythropoïétine sanguine, la poussée spontanée des progéniteurs érythrocytaires et l’hyperplasie des lignées myéloïdes à la biopsie ostéomédullaire.Le diagnostic formel de la maladie de Vaquez nécessite soit la présence de deux critères majeurs et un critère mineur soit d’un critère majeur et deux critères mineurs.
Le traitement est basé sur les saignées (mieux sur les érythrophérèses) et la myélosuppression par l’hydroxyurée ou le pipobroman. Cette thérapeutique conduit à une normalisation des paramètres sanguins durant de nombreuses années. L’évolution peut se faire vers la myélofibrose ou une leucémie aigüe.

J. H. Vaquez, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1892) ; J. W. Vardiman, anatomopathologiste américain (2008)

Syn. polyglobulie vraie, polyglobulie essentielle, polycythémie vraie

→ érythroblaste, érythropoïétine, polyglobulie, leucémie aigüe, hydroxyurée, pipobroman, myélofibrose, érythrophérèse

[F1]

Édit. 2020

varicelle (complications neurologiques de la) l.f.p.

neurological complications of varicella

Complications diverses à type de méningoencéphalite, cérébellite, myélite ascendante ou transverse, polyneuropathie ou encéphalopathie du syndrome de Reye.
Le virus de la varicelle et du zona a un tropisme neurologique. A partir d’une vésicule cutanée, le virus, par un nerf sensitif, peut rejoindre un ganglion spinal dorsal et y demeurer latent, ou se réactiver des décennies plus tard pour donner un zona, notamment à l’occasion d’un fléchissement de l’immunité.
Il peut aussi, très rarement (un cas sur 2000 environ,  être à l’origine de complications neurologiques par le biais d’une vascularite du système nerveux central. Il s’agit en général d’une méningo-encéphalite, exceptionnellement d’une cérébellite aiguë, d’une hémiparésie, ou hémiplégie, d’une myélite ascendante et transverse, d’une névrite périphérique, d’une paralysie faciale, d’atteintes oculaires…
La forme encéphalitique est souvent brutale, avec convulsions, troubles de la vigilance, inconstamment fièvre. Une pléiocytose du LCR est possible. La cérébellite est moins aigüe, comportant surtout ataxie, céphalées, vomissements et rarement troubles de la vigilance, signes méningés et élévation thermique.
Le pronostic est fonction, notamment, des autres localisations infectieuses, pneumoniques en particulier, mais il reste réservé dans la forme encéphalitique. Les médicaments  antiviraux sont efficaces.

R. D. K. Reye, anatomopathologiste australien (1963)

Étym. diminutif de variole

→ varicelle, méningoencéphalite, myélite, polyneuropathie, Reye (syndrome de), vaccin varicelle, cérébellite

[D1, H1]

Édit. 2020

végétant adj.

vegetating

Lésion qui produit, présente des végétations particulièrement en surface.
En dermatologie, qualificatif à la fois clinique et histologique qui indique le caractère proliférant sur un mode exophytique d'une lésion cutanée ou muqueuse.

[A3, J1]

Édit. 2020

veine petite saphène l.f.

vena saphena parva (TA)

small saphenous vein, short saphenous vein

Veine superficielle du membre inférieur, branche collatérale de la veine poplitée, siituée sur la partie latérale du pied et la face postérieure de la jambe.
Elle fait suite, en arrière de la malléole latérale, à l’extrémité latérale de l’arcade dorsale du pied. Son segment initial pédieux est parfois décrit sous le nom de veine dorsale externe de Cruveilhier. Ascendante dans son segment jambier elle longe le bord latéral du tendon calcanéen puis devient médiane et verticale entre les corps charnus du muscle gastrocnémien jusqu’au creux poplité. Susfaciale jusqu’à la partie moyenne de la jambe, elle chemine ensuite dans un dédoublement du fascia crural. En regard de l’interligne du genou, elle décrit une crosse à concavité antérieure, perfore le feuillet profond du fascia superficiel et s’abouche à la face postérieure de la veine poplitée en passant en dedans de la partie du nerf tibial située au-dessus de l’arcade tendineuse du muscle soléaire. De haut en bas, elle est accompagnée, sur sa face profonde puis sur son bord latéral, par le nerf sural et quelques troncs lymphatiques. Elle reçoit des veines plantaires, la veine calcanéenne externe, les veines superficielles de la face postérieure de la jambe et du creux poplité, et la veine sous-cutanée postérieure de la cuisse. Elle est anastomosée avec la veine grande saphène en particulier par une veine ascendante de la face postéro-médiale de la cuisse, véritable canal collatéral de la veine grande saphène, et avec les veines profondes par des veines perforantes qui l’unissent aux veines pédieuses, plantaires, fibulaires et aux veines musculaires du muscle gastrocnémien et du soléaire. La veine petite saphène présente neuf à douze valvules dont une ostiale constante.

J. Cruveilhier. chirurgien et anatomiste français, membre de l’Académie de médecine (1829)

Syn. anc. veine saphène externe

[A1, K4]

Édit. 2020

veines digitales palmaires l.f.p.

venae digitales palmares (TA)

palmar digital veins

Veines collatérales palmaires superficielles des doigts, au nombre de deux par doigt, chacune cheminant de bas en haut au bord latéral de la face palmaire du doigt.
Elles naissent du réseau pulpaire, reçoivent des branches latérales et se terminent dans une arcade veineuse palmaire sous-cutanée située au niveau du sillon qui sépare les doigts de la paume de la main proprement dite.

[A1]

Édit. 2019

veines digitales plantaires l.f.p.

venae digitales plantares (TA)

plantar digital veins

Veines collatérales plantaires superficielles des doigts de pied, au nombre de deux par doigt, chacune cheminant d’avant en arrière au bord latéral de la face plantaire du doigt.
Elles naissent du réseau pulpaire, reçoivent des branches latérales et se terminent dans une arcade veineuse plantaire sous-cutanée située au niveau du sillon qui sépare les doigts de la plante du pied proprement dite.

[A1]

Édit. 2019

verrue n.f.

verruca, wart

Tumeur papillomateuse bénigne, cutanée ou muqueuse, fréquente, contagieuse et auto-inoculable, due à un papillomavirus humain (surtout HPV 2) responsable d'une prolifération épidermique bénigne.
La transmission est interhumaine : en particulier microtraumatismes pour les verrues des mains, fréquentation des piscines pour les verrues plantaires.
L'image histologique, assez caractéristique, consiste en une "dégénérescence cavitaire" des kératinocytes dont le noyau devient foncé et le cytoplasme, vacuolisé, contient des corpuscules de Lipschütz.

B. von Lipschütz, dermatologiste autrichien (1909)

Étym. lat. verruca : verrue

Syn. verrue vulgaire, papillome viral

→ papillomavirus, kératinocyte, corpuscule de Lipschütz, verrue vulgaire, verrue plantaire

[J1]

Édit. 2019

verrue séborrhéique l.f.

seborrhoeic keratosis, seborrhoeic wart, senile wart, basal-cell papilloma

Tumeur cutanée bénigne très fréquente, surtout observée dans la seconde moitié de la vie et siégeant principalement sur le tronc, le visage et le cuir chevelu, se présentant soit comme des taches ovalaires brunes plus ou moins nombreuses, soit comme des élevures plus ou moins kératosiques bien circonscrites, de forme ovale ou irrégulière, à surface mamelonnée et recouvertes d'un enduit grisâtre, brunâtre ou noirâtre.
Si cette lésion est très noire, elle peut prêter à confusion avec un mélanome.
L'examen histologique montre une tumeur superficielle en relief sur l'épiderme voisin, à limites nettes, présentant à des degrés variables une hyperkératose orthokératosique, une acanthose constituée de petites cellules basaloïdes et des inclusions de kératine ayant l'aspect de kystes cornés à kératinisation abrupte. Son inflammation ou irritation peut en rendre le diagnostic beaucoup plus difficile. La lésion est chronique. Des mutations du gène FGFR3 gene en sont responsables. Elle peut être aisément traitée par cryothérapie, curetage, dermabrasion ou électrocoagulation superficielle.

E. Leser, chirurgien allemand (1901) ; U. Trélat, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1828-1890)

Étym. lat. verruca : verrue

Syn. kératose séborrhéique, papillome basocellulaire (obs.), verrue sénile

→ mélanome, hyperkératose, acanthose, cryothérapie, dermabrasion, Leser-Trélat (signe de), dermatose papuleuse noire de Castellani, keratosis follicularis inversa, épithélioma intraépidermique, FGFR3 gene

[J1]

Édit. 2019

verruqueux adj.

verrucous

Qualificatif d'une lésion cutanée saillante d'aspect corné, hyperkératosique, sèche, jaune grisâtre et qui ne correspond pas forcément à une lésion virale telle qu'une verrue.

Étym. lat. verruca : verrue

→ verrue

[J1]

Édit. 2019

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