Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hydrolysat n.m.

hydrolysate

Produit résultant d'une hydrolyse, soit chimique, soit enzymatique.

[C1,C3]

hydroxyméthylase n.f.

Enzyme catalysant la réaction de transfert du radical hydroxyméthyle d'un composé donneur à un accepteur

Le transfert de ce radical du méthylène-tétrahydrofolate sur la glycine, conduisant à la sérine, est catalysé par une sérine-hydroxyméthylase.

Syn. hydroxyméthyltransférase

→ lycine, sérine

[C3]

Édit. 2015

hydroxyméthylation n.f.

hydroxymethylation

Fixation chimique d'un radical hydroxyméthyle.
P. ex. formation de la sérine à partir de la glycine, formation des hydroxyméthyl-5-pyrimidines dans les acides uridylique, cytidylique et désoxycytidylique.

→ hydroxyméthylase

[C3]

Édit. 2015

hydroxyméthylbilane-isomérase n.f.

hydroxymethylbilane isomerase

Protéine enzymatique, qui s'associe au porphobilinogène et à la porphobilinogène-désaminase et oriente la condensation des précurseurs pyrroliques vers la formation de l'uroporphyrinogène III, à l'origine de la protoporphyrine et de l'hème.
Un défaut congénital en cette isomérase entraîne une synthèse d'uroporphyrines de type I, caractéristique d'une porphyrie érythropoïétique (la maladie de Günther).

Syn. uroporphyrinogène III-cosynthétase

→ porphobilinogène, delta-ALA-déshydratase, porphyrie érythropoïétique, porphobilinogène-désaminase, protoporphyrine, porphyrie érythro poïétique maladie de Günther

[C3,R1]

Édit. 2015

hydroxyméthyltransférase n.f.

hydroxymethyltransferase

Syn. hydroxyméthylase

→ hydroxyméthylase, glycine, sérine

[C3]

Édit. 2015

hydroxyproline n.f.

hydroxyproline

Acide hydroxypyrrolidine-2-carboxylique.
Il existe deux isomères de l’ hydroxyprolins :
- la L-4-hydroxyproline est un acide aminé cyclique, qui a été isolé des hydrolysats de gélatine et qui ne se trouve pratiquement que dans le collagène, dont il constitue environ 10% des acides aminés. Sa biosynthèse s'effectue par hydroxylation de la proline au sein de la molécule de collagène ;
- la L-3-hydroxyproline, rencontrée en moindre quantité.
L'excrétion urinaire d'hydroxyproline reflète le métabolisme osseux. Elle est en moyenne de 240 µmol/24h chez l’enfant et l’adulte, 520 µmol/L chez l’adolescent en phase de croissance, 160µmol/L chez la personne âgée. Elle augmente dans diverses affections osseuses (métastases de cancer, maladie de Paget), les hyperparathyroïdies et les hyperthyroïdies. L’excrétion urinaire d’hydroxyproline dépend toutefois fortement du régime alimentaire.

→ collagène, proline

[C3,L1]

Édit. 2015

hydroxystéroïde-déshydrogénase n.f.

hydroxysteroid dehydrogenase

Enzyme catalysant l'oxydation de la fonction alcool d'un hydroxystéroïde en fonction cétone en transférant l'hydrogène sur le NAD (Nicotinamide-Adénine-Dinucléotide) ou parfois sur le NADP (Nicotinamide-Adénine-Dinucléotide-Phosphate).
On connaît des 3 alpha-, 3bêta-, 11bêta-, 17- et 20-hydroxystéroïde-déshydrogénases. La 11bêta-hydroxystéroïde-déshydrogénase régule l’équilibre cortisone-cortisol, qui influence fortement l’état tensionnel, et que modifient différents facteurs génétiques, hormonaux, alimentaires (réglisse) et médicamenteux.

[C3,O4]

hydroxytryptophane-décarboxylase n.f.

5-hydroxytryptophan decarboxylase

Enzyme à pyridoxal-phosphate catalysant la décarboxylation du 5-hydroxytryptophane en sérotonine.

[C3]

hyperalaninémie n.f.

hyperalaninemia

1) Teneur élevée du plasma sanguin en alanine.
2) Syndrome correspondant à une enzymopathie secondaire à une déficience en pyruvate décarboxylase.
Il se traduit par des troubles neurologiques : ataxie cérébelleuse intermittente, choréo-athétose et retard mental. La biologie est caractérisée par une hyperuricémie, une hyperalaninémie, une hyperalaninurie et une acidose lactique.

→ alanine, pyruvate décarboxylase, ataxie cérébelleuse, choréo-athétose, hyperuricémie, acidose lactique

[C3,C1,H1]

importine n.f.

importin

Caryophérine, protéine cytosolique ayant un rôle dans le transport de certaines protéines exogènes vers l'intérieur du noyau.
Une importine comporte deux sous-unités : une importine α qui s'unit à la protéine porteuse d'une séquence signal dite
« NLS » (nuclear localization sequence) et une importine β qui peut se fixer sur une protéine de la membrane nucléaire, dite nucléoporine.

→ caryophérine, nucléoporine, exportine

[C1, C3]

Édit. 2019

ionotrope adj.

ionotropic

Qui engendre un flux ionique transmembranaire.
L’adjectif ionotrope qualifie une classe de récepteurs membranaires contenant un canal ionique qui s’ouvre lorsque le récepteur a fixé son ligand, permettant l’entrée massive d’ions dans la cellule.

Syn. ionotropique

→ canal ionique

[C3]

Édit. 2017

KFACS sigle angl. m. pour Fluorescence Activated Cell Sorter

Analyseur-trieur de cellules en phase liquide utilisant la propriété de fixation de ligands fluorescents sur les cellules analysées

Syn. cytomètre de flux, cytofluorimètre

→ cytométrie en flux

[C1,C3]

Édit. 2018

Krebs (cycle de) l.m.

Krebs cycle

1) Voie métabolique comportant une chaine cyclique de réactions permettant la dégradation complète d'un radical acétyle en CO2 et H2O, l'énergie chimique d'oxydation étant transformée en énergie de liaison dans des molécules d'ATP (12 ATP par acétyle).
Les enzymes de cette voie sont localisés dans les mitochondries ; le cycle de Krebs constitue le système par lequel la respiration cellulaire fournit l'énergie nécessaire aux êtres vivants en aérobiose à partir des aliments lipidiques, glucidiques et protidiques.
L'acide oxaloacétique, qui joue un rôle de catalyseur, se combine à l'acétyle de l'acétylcoenzyme A formant une molécule d'acide citrique, qui après isomérisation en acide isocitrique s'oxyde en acide alpha-cétoglutarique, puis en acide succinique, en acide fumarique, en acide malique et enfin en acide oxaloacétique.
2) On a aussi donné le nom de cycle de Krebs, ou de Krebs et Henseleit, au cycle de l'uréogénèse.

H. Krebs, Sir, biochimiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937), prix Nobel de médecine en 1953 (1900-1981)

Syn. cycle citrique, cycle tricarboxylique

→ acide adénosine triphosphorique, mitochondrie, acide oxaloacétique, acétylcoenzyme A, cycle de Krebs et Henseleit

[C1, C3]

Édit. 2019

glissière à leucine l.f.

leucine-zipper, leu-zipper

Domaine hydrophobe d'une protéine formé par l'accolement de deux séquences peptidiques constituées de leucines, dont les alignements sont comparables aux deux bords d'une fermeture à glissière, dite aussi fermeture éclair, et qui stabilisent un repliement de la protéine.
Ces  domaines fonctionnels en trois dimensions sont observés dans les protéines ayant une forme d’hélice, contenant des répétitions régulières de résidus leucine, facilitant la dimérisation.
Les protéines pourvues de glissière à leucine sont fréquemment observées dans les facteurs de transcription. Dans des protéines dimériques contenant deux hélices alpha, ces motifs permettent la formation d'un pont entre les leucines évoquant une sorte de fermeture éclair.
Cette structure se trouve dans des protéines qui se lient aux ADN des noyaux cellulaires, comme p. ex. les proto-oncogènes c-jun ou c-fos.

Syn. fermeture éclair à leucine

→ dimérisation, leucine, transcription, proto-oncogène

[C3]

Édit. 2018

MAG acr. angl. pour Myelin Associated Glycoprotein

Premier déterminant antigénique des IgM monoclonales, caractérisé lors des neuropathies démyélinisantes.
Cette protéine est un constituant spécifique de la myéline périphérique et centrale, qui prédomine néanmoins dans le système nerveux central. Elle est localisée dans la région périaxonale et dans les zones de myéline non compacte, jouant un rôle fondamental dans les interactions survenant entre le neurone et la cellule gliale. Des anticorps antiMAG peuvent être détectés dans le sérum de patients présentant une neuropathie périphérique et une dysglobulinémie IgM monoclonale. Il s'agit d'un des mécanismes possibles d'atteinte du nerf périphérique au cours des dysglobulinémies IgM monoclonales.

→ glycoprotéine associée à la myéline

[C1,C3,H1]

Édit. 2018

matricryptine n.f.

matricryptine

Les matricryptines sont une forme de précurseurs de matrikines, inactives car enfouies au sein de protéines de la matrice extracellulaire et activées seulement lorsque celles-ci sont dégradées.

FX Maquart, biochimiste français, membre de l'Académie de médecine (1999)

→ matrikine

[C1, C3]

Édit. 2019

matrikine n.f.

matrikine

Famille de peptides provenant de la dégradation partielle des macromolécules de la matrice extracellulaire et  possédant des fonctions régulatrices sur l'activité des cellules avoisinantes (effets paracrines).
 Les matrikines peuvent être issues de la dégradation des collagènes, de l'élastine, des protéoglycannes ou des glycoprotéines de la matrice extracellulaire (en particulier de la fibronectine). Selon les matrikines considérées, elles peuvent avoir des effets stimulants ou inhibiteurs de la migration, de la prolifération, de la différenciation cellulaire, ou de l'apoptose. Certaines matrikines possèdent un potentiel thérapeutique, en particulier stimulation de la cicatrisation ou activité anti-tumorale.
Les matricryptines sont une forme de précurseurs de matrikines, inactives car enfouies au sein de protéines de la matrice extracellulaire et activées seulement lorsque celles-ci sont dégradées.
Réf. Maquart FX, Siméon A, Pasco S, Monboisse JC. Regulation of cell activity by the extracellular matrix: the concept of matrikines. J. Soc. Biol., 1999, 193:423-8.→ matrice extracellulaire, collagène, élastine, protéoglycane, glycoprotéine, fibronectine, cytokine[C1, C3]Édit. 2019 

FX Maquart, biochimiste français, membre de l'Académie de médecine (1999)

Étym. Le terme “matrikine” a été créé par analogie avec celui de cytokine pour rappeler leur rôle de messager intercellulaire et leur origine dans la matrice extracellulaire.

Réf. Maquart FX, Siméon A, Pasco S, Monboisse JC. Regulation of cell activity by the extracellular matrix: the concept of matrikines. J. Soc. Biol., 1999, 193:423-8.

→ matrice extracellulaire, collagène, élastine, protéoglycane, glycoprotéine, fibronectine, cytokine, apoptose

[C1, C3]

Édit. 2020

métabolite n.m.

Composé organique intermédiaire ou issu du métabolisme.
On réserve ce terme en général aux petites molécules et aux monomères, par opposition aux macromolécules. Ainsi, le glucose est un métabolite, contrairement au glycogène, qui est un polysaccharide de poids moléculaire très élevé. On distingue les métabolites dits primaires des métabolites dits secondaires.

→ métabolite primaire, métabolite secondaire

[C1,C2,C3,R1,R2]

métabolite primaire l.m.

primary metabolite

Molécule présente dans toutes les cellules d'une espèce vététale ou fongique, qui est indispensable à la croissance, au développement et à la reproduction de l'espèce.
Les métabolites primaires sont directement impliqués dans les processus indispensables au développement normal et à la reproduction de la cellule. Ils sont synthétisé pendant la phase exponentielle de croissance du micro-organisme.Ce sont par exemple des acides aminés, des acides carboxyliques, des alcools, des antioxydants, des nucléotides, des polyols ou encore des vitamines.

Étym. gr. metabolê : changement, de metaballein : transformer

→ métabolite, métabolite secondaire

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

métabolite secondaire l.m.

secondary metabolite

Métabolite non directement associé aux synthèses cellulaires.
Molécule, souvent spécifique d'une espèce végétale ou fongique, synthétisée en dehors des voies métaboliques essentielles par des cellules spécialisées, à certaine moments du développement ou en réponse à une agression.
Les
métabolites secondaires ne participent pas directement aux processus vitaux de la cellule, mais assurent néanmoins des fonctions écologiques importantes. Ce sont par exemple les antibiotiques et les pigments.
Les métabolites secondaires jouent un rôle primordial dans les relations entre le végétal et son milieu. Ils assurent par exemple, une défense contre des compétiteurs, des herbivores ou des agents pathogènes . Ils permettent d'attirer les polliniseurs en déterminant la coloration des pétales des fleurs.

Étym. gr. metabolê : changement, de metaballein : transformer

→ métabolite, métabolite primaire

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

métabolome n.m.

metabolome

Ensemble des voies métaboliques d’une cellule ou d’un tissu.
« Le métabolome représente l’ultime réponse d’un organisme à une altération génétique, une pathologie, une exposition à un toxique ou toute cause environnementale » (E. Ezan)

É. Ezan, biologiste français (2014) , D. Lairon, biologiste français

Étym. gr. metabolê, de metaballein : transformer

Réf. D. Lairon - « Nutrition Lipidique et Prévention des Maladies Métaboliques » - INRA1260‐INSERM 1025 - Faculté de médecine, Université de la Méditerranée, Marseille

→ métabolomique

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

métabolomique n.f.

metabolomics

Étude de l’ensemble des voies métaboliques d’une cellule ou d’un tissu et des métabolites (sucres, acides aminés, acides gras, etc.) présents dans un organite, une cellule, un tissu, un organe ou un organisme à un temps donné et dans des conditions données.
L’analyse métabolomique est une étude dynamique : l’identité et la quantité des différents métabolites dépendent de plusieurs facteurs tels que les nutriments disponibles, les stimuli environnementaux, ou l’état physiologique. L’ensemble de ces métabolites est nommé métabolome. L’analyse métabolomique utilise la spectrométrie de masse et la résonance magnétique nucléaire. Compte tenu du volume du champ de recherche, le développement de la métabolomique n’aurait pu se faire sans l’apport des sciences omiques.

→ métabolite, organite, métabolome, spectrométrie de masse, résonance magnétique nucléaire, omiques (sciences)

[C1, C2, C3]

Édit. 2019

métagénome n.m.

Ensemble des ADN des microorganismes présents dans un échantillon d’un environnement donné

Un exemple de métagénome est celui des ADN des bactéries constituant le microbiote du côlon. Lorsqu’on extrait l’ADN d’un échantillon de fèces, on obtient son métagénome puisqu’il contient l’ADN de l’ensemble des bactéries présentes.
On parle ainsi du métagénome de la flore intestinale de l’Homme ou d’un animal, du métagénome d’un milieu marin ou lacustre ou encore du métagénome d’un sol.

→ métagénomique, microbiote, flore intestinale, microbiote intestinal

[C3,Q1,Q3]

Édit. 2017

métagénomique   n.f.

Analyse globale par séquençage de l'ensemble des ADN des micro-organismes présents dans un échantillon d'un environnement donné.
Elle étudie le contenu génétique d'échantillons issus d'environnements complexes (ex : intestin, océan, sols, air, etc.) prélevés dans la nature sans passer par une étape de culture en laboratoire (par opposition à des échantillons cultivés en laboratoire) *. Cette approche, via le séquençage direct de l’ADN présent dans l’échantillon, permet une description génomique de son contenu, mais aussi un aperçu du potentiel fonctionnel d’un environnement.
Francis Quetier et Patrick Wincker, « L’avènement de la métagénomique », Dossier Pour la Science, no 81, Octobre-Décembre 2013, p. 24-28.

Étym. gr. meta : avec ;  genos : génération

→ métagénome, microbiote, flore intestinale, microbiote intestinal

[C3,Q1,Q3]

microbiome  n.m.

microbiome

Ensemble des génomes des microbes constituant le microbiote présent dans ou sur un organisme vivant.
Suivant le sens que l'on retient pour le mot microbiote, le microbiome représente l'ensemble des génomes des micro-organismes constituant la seule flore bactérienne ou, dans une acception plus large et d'ailleurs la plus usitée, les génomes de tous les micro-organismes symbiotiques abrités par l'hôte (virus, bactéries, protozoaires, champignons, etc.).

Étym. gr. micros : petit ; bios : vie 

→ micro-organisme, génome, flore cutanée, flore intestinale, microbiote, symbiose, microbiote intestinal

[C3,D1,Q1]

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