Albee (greffe d')
Albee’s procedure
Technique d’arthrodèse vertébrale postérieure par encastrement d’un greffon dans les apophyses épineuses dédoublées.
La technique originale, facteur d’un nombre important de défauts de consolidation n’est plus employée.
F.H. Albee chirurgien orthopédiste américain (1911)
→ arthrodèse vertébrale postérieure
[I2]
Édit. 2017
allongement osseux l.m.
Technique opératoire permettant, après ostéotomie, d’allonger un os trop court
L’allongement extemporané permet, d’obtenir, si possible, en cours d’intervention la longueur prévue. Il n’est jamais très important en raison des risques vasculo-nerveux et musculaires. L’allongement-raccourcissement associe dans le même temps opératoire le raccourcissement d’un côté et un allongement de l’autre ; le segment osseux retiré d’un côté est encastré dans l’espace d’allongement de l’autre côté. Il est réservé au fémur avec un montage par clou centromédullaire. L’allongement progressif est la technique la plus utilisée. Ses principes et son matériel ont été régulièrement modifiés pour améliorer les résultats et diminuer le nombre des complications. L’allongement sur cadre d’Anderson n’est plus utilisé. La technique de Wagner utilise un tendeur latéral monté sur fiches de part et d’autre d’une ostéotomie transversale ; l’allongement est fixé par plaque, une greffe osseuse complémentaire peut être nécessaire. La méthode d’Ilizarov utilise un cadre circulaire monté sur broches et la section osseuse par corticotomie préserve le périoste et la vascularisation médullaire ; elle est peu utilisée sur le fémur. Le principe de la callotasi (De Bastiani) est d’allonger après un délai suffisant pour qu’un début de cal soit formé. L’allongement sur clou centromédullaire type Albizzia® (Guichet, Caton) permet une corticotomie par voie endomédullaire et, après le délai d’attente de 10 jours, un allongement mécanique ( par cliquet) par simple rotation de quelques degrés dans le foyer ; le clou est bloqué quand le résultat est obtenu ; la fixation externe est évitée. L’allongement est d’environ 1mm par jour (en une ou plusieurs fois). Des temps complémentaires sont souvent nécessaires : mise sous compression ou appui (dynamisation) pour renforcer le cal, greffe osseuse, allongements tendineux. Un allongement itératif est possible ultérieurement. L’index de consolidation est le nombre de jours nécessaires pour gagner un cm.
W. Anderson, chirurgien américain (1952) ; G. A. Ilizarov, chirurgien russe (1954) ; H. Wagner, chirurgien allemand (1971 et 1978); G. De Bastiani (1986,1987) et R. Aldegheri (1989), chirurgiens italiens ; R. Merle d’Aubigné, membre de l'Académie de médecine (1965), J. Caton (1988) et J. Guichet (1999, 2003) chirurgiens français
[I2]
Édit. 2017
analgésie dirigée par le patient l.f.
patient controlled analgesia (PCA), patient controlled epidural analgesia (PCEA), patient controlled sedation (PCS)
Technique permettant au patient de régler lui-même les injections du produit analgésique pour obtenir une suppression optimale de sa douleur ou de son anxiété.
Trois modalités sont employées : injection intraveineuse d'analgésique (PCA) pour soulager une douleur postopératoire aigüe ; injection d'un anesthésique local dans l'espace péridural (PCEA) pour soulager une douleur en obstétrique ou en chirurgie ; injection intraveineuse d'un anesthésique général à faible concentration (PCS) pour obtenir la sédation lors d'une anesthésie locorégionale ou d'un acte de radiologie interventionnelle. L'expérience montre que l'effet obtenu ainsi est bien meilleur que par la technique classique d'injections espacées. La concentration en produit actif est plus stable et finalement la dose globale administrée est plus faible. Le dispositif utilisé comporte une seringue automatique actionnée par un bouton poussoir que le patient tient dans sa main : chaque pression délivre un bol de solution analgésique, 0,5 à 2 mg de morphine, en général, d'autres morphiniques peuvent être utilisés. L'analgésie contrôlée par voie péridurale emploie des anesthésiques locaux, associés ou non à des morphiniques, et la sédation contrôlée, des anesthésiques généraux tels que les benzodiazépines (midazolam) ou le propofol. Une pause réfractaire réglable de 5 à 10 min empêche une répétition trop fréquente des injections et évite les surdosages. Une valve antiretour sur la perfusion complète le dispositif.
Étym. gr. analgesia : insensibilité à la douleur (an : privatif, algesis : douleur)
→ bol, contrôle, pousse-seringue
[B3,G1,G3,G5]
Édit. 2017
analgésie péridurale l.f.
epidural analgesia
Analgésie locorégionale, par infiltration de l'espace rachidien épidural avec un anesthésique local.
Elle consiste en la mise en place par voie lombaire inter-épineuse d'un cathéter souple dans l'espace épidural, situé entre le ligament jaune et la dure-mère. Cet espace est repéré, après ponction transcutanée sous anesthésie locale, par la technique du mandrin liquide qui recherche la perte de résistance à la pression dans l'espace péridural après franchissement du ligament jaune. Des anesthésiques locaux ou des morphiniques sont injectés dans cet espace visant à la suppression des afférences nociceptives en limitant le bloc moteur. Le cathéter permet des réinjections itératives. Technique d'analgésie obstétricale la plus employée concernant plus de 80% des accouchements dans certaines maternités, elle a aussi ses indications en chirurgie gynécologique ou en cancérologie et, en fonction du niveau métamérique d'analgésie recherché, la ponction peut se faire en région lombaire, dorsale, voire cervicale. Enfin, dans certaines indications particulières d'analgésie prolongée, le cathéter peut être implanté en sous-cutané (en langage courant « péridurale tunnelisée »).
Étym. gr. an, privatif; algos: douleur
Syn. analgésie épidurale
[B3,G1,G3 ,G5]
Édit. 2017
analyse par activation neutronique l.f.
neutron activation analysis
Technique de comptage du rayonnement émis par les radio-isotopes obtenus à partir des éléments stables soumis à un flux de neutrons.
Dans des conditions déterminées (volume délimité, énergie des neutrons, dimensions du faisceau et temps définis), la quantité d'isotopes produits est proportionnelle à celle des éléments stables. Cette technique permet de mesurer la concentration de certains atomes à l'état de traces très faibles ou situés dans un endroit peu accessible ; elle s'emploie in vitro ou in vivo car non invasive.
Par ex. par activation neutronique, qui transforme une partie du 48Ca stable en 49Ca radioactif, d'une faible portion des os de la main, on peut mesurer la masse calcique totale de l'organisme
[B2,B3]
Édit. 2020
angioscanner hélicoïdal l.m.
helical computed tomography (helical CT)
Technique d'imagerie utilisée pour l'étude des vaisseaux, reposant sur un principe de rotation continue du tube d'un appareil scannographique.
L'ensemble tube-détecteur tourne à vitesse constante autour du patient et dans un même sens, avec déplacement simultané de la table d'examen. Cela permet l'acquisition d'une image dite hélicoïdale, très rapide, en utilisant peu de produit de contraste iodé.
Le traitement de l'image en deux ou trois dimensions donne d'excellentes appréciations de la paroi et de la lumière des vaisseaux cervicaux. Cette technique est concurrencée par l'angiographie par résonance magnétique, mais elle peut en être complémentaire.
Syn. spiral CT
Sigle ASH
[B2,B3,K4]
Édit. 2017
aphérèse n.f.
apheresis
Technique consistant à effectuer dans le sang d'un donneur ou d'un malade un prélèvement du plasma, des érythrocytes, des leucocytes ou des thrombocytes grâce à un séparateur de cellules.
Elle permet l'épuration d'un composant sanguin en excès, immunoglobulines dans le myélome, plaquettes dans la thrombocytose. L'aphérèse est la technique qui, à partir d'un donneur unique, permet d'obtenir un concentré plaquettaire contenant un nombre de plaquettes suffisant pour compenser une thrombopénie majeure en réduisant le risque d'immunisation.
Étym. gr. aphairesis : suppression
apnée (oxygénation sous) l.f.
apneic oxygenation, diffusion respiration
Technique d'oxygénation utilisée en anesthésie générale pour certaines interventions chirurgicales, notamment en ORL, consistant en l'insufflation d'un petit débit d'oxygène dans la trachée du patient maintenu en apnée, ce qui laisse le thorax immobile tout en assurant une oxygénation convenable pendant une vingtaine de minutes.
On peut ainsi maintenir une PaO2 satisfaisante, mais l'élimination du CO2 est insuffisante en l’absence de mouvement ventilatoire, aussi la PaCO2 s'élève progressivement. On préfère la «jet ventilation» à cette technique car elle assure une meilleure épuration du CO2.
L'expression anglaise «respiration par diffusion» est incorrecte car, en apnée, les échanges broncho-alvéolaires se font par l'action des pulsations cardiaques qui brassent activement l'air bronchique et bronchiolaire («petite respiration cardiaque») et non par diffusion (elle n’agit que dans les alvéoles).
Étym. gr. apnoia : absence de vent (à distinguer d'apneustia : arrêt volontaire de la respiration).
→ petite respiration cardiaque
artériographie super-sélective de l'artère ophtalmique l.f.
ophthalmic arteriography
Technique d’imagerie orbitaire qui consiste à opacifier l’artère ophtalmique.
En pratique, cette technique nécessite l’injection d’un produit de contraste radio-opaque dans l’artère ophtalmique grâce à un cathétérisme super-sélectif afin de visualiser son trajet. Elle sert avant tout comme repérage de l’artère ophtalmique afin que l’on puisse injecter un produit thérapeutique tel un fibrinolytique en cas d’oblitération de l’artère centrale de la rétine.
bandage n.m.
bandage, spica
1) En pratique courante : pansement, fait avec une bande, ou moyen d’immobilisation d’une articulation ou d’un segment de membre avec une ou plusieurs bandes d’après une technique définie.
De très nombreux types de bandage sont utilisés en chirurgie et en traumatologie ; l’immobilisation n’est souvent que relative et permet de conserver une certaine fonction musculaire et articulaire.
2) En chirurgie cardiaque, (a. pulmonary artery banding) technique de chirurgie cardiovasculaire destinée à réduire la pression artérielle pulmonaire en passant un lien progressivement serré à la base de l’artère pulmonaire.
→ constriction de l'artère pulmonaire
Édit. 2017
Belsey (opération de) l.f.
Belsey’s opération
Après œsophagectomie, technique de reconstruction de l'œsophage avec le côlon gauche par œsocoloplastie intrathoracique.
Le côlon gauche ascensionné dans le médiastin réalise un montage isopéristaltique. Le côlon restant est vascularisé par l'artère colique supérieure gauche, branche de l'artère mésentérique inférieure.
Cette technique est peu utilisée, le remplacement de l'œsophage se faisant le plus souvent à l'aide de l'estomac, réalisant une œsogastroplastie.
R. H. Belsey, chirurgien britannique (1965)
Édit. 2017
biométrie en mode B l.f.
B-mode guided biometry
En ophtalmologie, biométrie réalisée avec un échographe utilisant la technique du mode B (mode de brillance).
En mode B, les interfaces rencontrées par le faisceau ultrasonore sont représentées par des points dont la brillance (du noir au blanc en passant par toutes les nuances de gris) est proportionnelle à la réflectivité de cette interface. Le mode B permet d'obtenir des coupes en deux dimensions et de sélectionner une coupe axiale de l'œil en passant par la région maculaire. Sur cette coupe axiale, un vecteur de contrôle, coïncidant avec l'axe visuel, permet de reconstruire un mode A servant à mesurer les différentes distances utiles. Avec la technique en immersion, les différentes interfaces successivement rencontrées sont les faces antérieure et postérieure de la cornée, la cristalloïde antérieure (faisant une petite saillie convexe (pupille), à travers le plan irien), la cristalloïde postérieure et l'interface vitréorétinienne (au niveau de la macula, facilement localisée à 3 mm en temporal de la papille).
Étym. gr. bios : vie ; metron : mesure
Syn. biométrie guidée en mode B, biométrie en mode B en immersion simplifiée
Édit. 2017
bloc paracervical l.m.
paracervical block
Analgésie locorégionale qui a pour but d'interrompre l'influx nerveux du plexus et du ganglion hypogastrique inférieur formés de fibres sensitives issues de D11-D12 et L1.
Il est pratiqué au niveau des culs-de-sac utérovaginaux latéraux : l'aiguille est guidée par les doigts vaginaux et pénètre les culs-de-sac entre 3 et 4 heures et entre 8 et 9 heures. La durée de l'analgésie n'excède pas 90 minutes. Il expose à des complications maternofœtales non négligeables : hématome paracervical pouvant être à l'origine d'une neuropathie du plexus sacré, risque d'injection intravasculaire, de souffrance fœtale ; des cas de morts fœtales ont été rapportés. En raison de ces complications possibles, si cette technique est utilisée, la lidocaïne à 1% doit être préférée. Cette technique a désormais une place réduite dans l'analgésie obstétricale moderne.
Syn. bloc utérosacré
Édit. 2017
Bristow (opération de) l.f.
Bristow’s procedure
Technique chirurgicale de traitement de la luxation récidivante de l’épaule, comportant une butée coracoïdienne faite avec la partie horizontale de l’apophyse coracoïde et les tendons qui s’y attachent.
Cette technique est voisine de l’opération de Latarjet.
W. R. Bristow, chirurgien britannique (cité par A Helfet 1958) (1882-1947); M. Latarjet, chirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1958)
Édit. 2017
brossage bronchique l.m.
bronchial brushing
Technique de prélèvement endoscopique bronchique en vue d'un examen cytologique, par l'intermédiaire d'une brosse.
Cette technique utilise une sonde munie d'une petite brosse à son extrémité distale. Elle est conduite sur la zone muqueuse pathologique sous contrôle endoscopique. Le frottement appuyé de la brosse sur la lésion ramène des amas cellulaires qui sont ensuite examinés au microscope pour le diagnostic d'affections habituellement tumorales ou infectieuses.
Édit. 2017
bruit n.m.
noise
1) En biophysique, son produit par la superposition de plusieurs vibrations acoustiques non harmoniques.
Le bruit est un son indésirable.
Par comparaison avec la composition de la lumière blanche,on appelle bruit blanc un bruit comprenant toutes les fréquences audibles. L’absence de tout bruit est le silence mais il n’y a jamais un silence absolu sans transmission d’aucune fréquence audible : il subsiste toujours un bruit de fond constitué d’ un ensemble de vibrations distribuées au hasard sur toutes les fréquences. Ce bruit de fond peut être d’origine extérieure (notamment dans une transmission téléphonique du fait de l’agitation des électrons) ou endogène au niveau de l’oreille interne. Quand le bruit endogène se fait par bouffées suffisamment intenses on parle d’acouphènes.
Il faut distinguer les bruits des sons purs (une seule fréquence vibratoire) et les sons musicaux plus ou moins riches en harmoniques.
Comme toutes les vibrations sonores, les bruits transportent une certaine énergie qui, si elle est trop forte (>150 décibels), provoque des lésions de l’oreille interne. Les sons , notamment les bruits, sont douloureux lorsque leur intensité atteint 120 décibels.
Les vibrations sonores se propagent facilement dans les milieux liquides et les tissus mous de l’organisme mais si elles abordent un milieu solide elles libèrent une partie de leur énergie. Ce phénomène est utilisé en lithotripsie extracorporelle : rafales sonores très brèves et très intenses appliquées pendant moins d’une minute sur la peau de la région lombaire et focalisées sur des calculs rénaux ou urétéraux ; arrivant au contact des calculs elles produisent des chocs sonores intenses qui provoquent l’implosion in situ des calculs sans intervention chirurgicale.
2) Dans la transmission des messages en général : élément perturbateur, transmis par le même canal et selon les mêmes modalités qu'un message mais ne lui appartenant pas.
On peut définir le bruit comme un signal formé de la somme d'un ensemble de fréquences aléatoires. Ce bruit ou "bruit de fond" est un phénomène général dans toute transmission de message et entraîne une certaine dégradation de l'information, soit en masquant le signal utile sous des variations dénuées de signification, soit en se substituant au message et en remplaçant l'information vraie par une information déformée, encore intelligible mais dans un sens parfois différent du message initial. Son élimination ou sa neutralisation aussi poussée que possible constitueront le but principal des techniques dites de "traitement du signal". On peut enfin déterminer la qualité de l'information véhiculée grâce à la mesure du rapport signal/bruit. Cette dernière notion est p. ex. essentielle dans l'obtention des potentiels évoqués visuels.
3) Concernant la transmission d’une image (swarming) anomalie d’une image dynamique qui, en chaque point, présente une variation aléatoire rapide de sa luminance.
Il peut être causé par un défaut électronique de l’imageur. Il peut aussi apparaître dans l’utilisation d’amplificateur de luminance à très faible débit d’exposition, dû à la fluctuation quantique de la densité des photons X.
Faible en radiologie traditionnelle, en raison de l’importance des flux de photons X utilisés, il est plus important en tomodensitométrie et surtout en scintigraphie où les flux de photons sont limités par des considérations radiobiologiques ; en IRM il est moyen, indépendant du signal en cause, et d’origine technique.
4) En psychiatrie : au sens figuré, tout ce qui altère ou perturbe la transmission d'un message.
Plus particulièrement dans la perspective de la pathologie de la communication, plusieurs catégories de bruits sont distinguées :
- technique, par intrusion d'un élément exogène qui brouille un énoncé ;
- sémantique, par recouvrement seulement partiel des codes ou grilles de référence du soignant et du patient (surtout si ce dernier est délirant). De toute façon, un principe d'économie des informations anxiogènes, comportant donc des aménagements défensifs, intervient de part et d'autre ;
- pragmatique, du fait des inéluctables transactions entre vouloir dire, seul généralement explicite, et vouloir faire. Si l'écart est excessif entre implicite et explicite, il s'agira de l'aspect pathogène majeur de la communication. Avec sa double contrainte, l'injonction paradoxale chez le schizophrène a été décrite comme une de ses formes ;
- contextuel, lié aux contraintes imposées à la dyade communicante par un contexte systémique homéostatique, en particulier familial et groupal. Ainsi, le "patient désigné" est-il le symptôme révélateur identifié du malaise du système familial, incitant à traiter ce dernier plutôt que le seul sujet.
Étym. déverbal de bruire, verbe formé au Moyen Age, du latin rugio, rugir, braire (bas latin) et du gaulois branno, bramer, braire,meugler (limousin), chanter (provençal).
→ acouphènes, bel, lithotripsie extracorporelle, harmonique
Édit. 2017
butée de l'épaule l.f.
glenoïd bone block, shift procedure, Bristow’s procedure
Agrandissement opératoire de la cavité glénoïde de la scapula, le plus souvent au moyen d’un greffon osseux pour traiter une instabilité de l’épaule.
Dans les instabilités et luxations récidivantes antérieures le greffon est placé à la partie antéro-inférieure du rebord glénoïdien. La partie antérieure de l’apophyse coracoïde, prélevée avec les tendons qui s’y attachent et vissée devant la cavité glénoïde peut servir de greffon (technique de Latarjet , de Bristow). Une capsulorraphie antérieure et une mise en tension du muscle sous-scapulaire (m. subscapularis) peut y être associée. La technique consistant à placer le greffon dans le décollement capsulopériosté préglénoïdien est peu utilisé (Eden, Hybbinette). Dans les instabilités et luxations récidivantes postérieures le greffon est placé ou encastré au rebord postérieur de la glène en y associant une capsuloplastie et éventuellement une myoplastie des muscles sous-épineux (m. infraspinatus) et petit rond (m teres minor).
→ Latarjet (opération de), Bristow (opération de), Putti-Platt (opération de), butée
Édit. 2017
cancer du sein l.m.
breast cancer
Tumeur maligne de la glande mammaire naissant dans la grande majorité des cas à partir des revêtements épithéliaux des lobules ou des canaux galactophores.
Il s’agit dans plus de 90% des cas d’adénocarcinomes. Les sarcomes et les lymphomes malins mammaires sont beaucoup plus rares (environ 1% des cas). La grande majorité des adénocarcinomes du sein sont des cancers "invasifs", c'est à dire envahissant les structures sous-jacentes à la glande mammaire elle-même (canaux ou lobules). Mais, il existe des cancers(ou carcinomes) in situ canalaires ou lobulaires qui avec les cancers dits micro-invasifs, (c’est-à-dire avec un envahissement minime du tissu sous-jacent) représentent environ 15% des cas diagnostiqués lors du dépistage par mammographies et dont les taux de guérison avoisinent 100%.
Parmi les formes invasives, on distingue les adénocarcinomes canalaires infiltrants (70 à 80% des cas), les adénocarcinomes lobulaires infiltrants (10% des cas), les adénocarcinomes tubuleux (environ 5% des cas), les adénocarcinomes colloïdes ou mucineux (2% des cas) et les adénocarcinomes médullaires (environ 1% des cas)
On distingue des cancers de type "luminal" qui se développent à partir des cellules épithéliales des canaux ou des lobules . Les cancers de type "luminal A" ont plus de récepteurs d'oestrogènes que ceux de type "luminal B". A côté il existe des cancers de type "basal like" plus agressifs, dont les cellules ressemblent aux cellules basales des canaux galactophores amènant le lait dans les canaux, par opposition aux cellules luminales.
A la surface des cellules cancéreuses des adénocarcinomes mammaires se trouvent dans 75 % des cas environ des récepteurs hormonaux (aux oestrogènes et ou aux progestatifs). Ces cancers sont alors souvent sensibles à une action hormonale. A la surface de ces cellules on retrouve dans un quart des cas une surexpression d’un récepteur appelé HER2/neu qui, activé, entraîne une activation de la prolifération tumorale; ce type de cancer sera sensible à une immunothérapie spécifique. On dit qu'un cancer du sein est "triple négatif" quand à la surface des cellules, il n'y a ni récepteurs hormonaux, ni surexpression d'HER2/neu.
C’est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux à haut niveau socio-économique. Il peut atteindre l’homme dans 1% des cas. En France, selon les estimations de Santé publique France, son incidence annuelle est de 58 546 cas en 2018 et la mortalité qui lui est liée de 12 146 cas annuels. Rare avant 30 ans, son pic d’incidence se situe entre 60 et 65 ans. Il est favorisé par le jeune âge à la puberté, la nulliparité ou une première grossesse après 35 ans, l’absence d’allaitement, des cycles anovulatoires, un traitement œstrogénique prolongé, une ménopause tardive. Dans 5 à 8 % des cas, il s’agit de formes familiales parmi lesquelles on met en évidence une mutation des gènes BRCA1, BRCA2.
Il peut être diagnostiqué soit à l’occasion d’un dépistage par mammographie recommandé tous les deux ans de 50 à 74 ans, soit lors de la découverte d’une anomalie mammaire, le plus souvent une tuméfaction. Il existe dans 2 à 3% des cas des formes qui s’accompagnent de signes inflammatoires. Le diagnostic s’ aide de l’imagerie, mammographie, échographie,image de résonnance magnétique.
Il existe deux principaux marqueurs tumoraux sériques relativement peu sensibles mais intéressants pour suivre et apprécier tout au moins partiellement l’efficacité thérapeutique, lorsqu’ils sont élevés, l’antigène carcino-embryonnaire, peu sensible et peu spécifique, le CA 15-3 plus sensible et plus spécifique, en aucun cas, il ne peut s’agir d’outils de dépistage.Le diagnostic est histologique porté soit par une biopsie guidée soit lors de l’intervention par une biopsie extemporanée confirmée et affinée lors de l’inclusion en paraffine.
Son pronostic dépend des caractéristiques cliniques et histologiques dont le grade histopronostique (grade de Scarff Bloom et Richardson adapté par Elston et Ellis), la présence ou non de récepteurs hormonaux, de la surexpression ou non d’HER2/neu et par l’envahissement ganglionnaire axillaire (les formes invasives sont lymphophiles) qui est évalué soit par curage axillaire, limité quand cela est possible grâce à la technique dite du ganglion sentinelle. Les métastases sont principalement osseuses, hépatiques et pulmonaires.La taille de la tumeur, l’envahissement clinique ganglionnaire et les métastases sont à la base de la classification internationale T N M.
En l’absence de métastases, le traitement est local intéressant la tumeur et les aires ganglionnaires satellites, basé sur la chirurgie et la radiothérapie dont l’étendue dépend du stade initial. Au niveau mammaire la chirurgie complétée alors, au besoin par la radiothérapie, s’efforce d’être la moins mutilante possible. De même avec la technique dite du ganglion sentinelle, lorsqu’on peut l’utiliser sans risque, l’évaluation de l’envahissement des ganglions axillaires devient de moins en moins agressive.
Ce traitement est souvent complété par un traitement médical dit « adjuvant » dépendant des caractéristiques anatomiques et biologiques de la tumeur. Ce peut être une chimiothérapie cytotoxique, une hormonothérapie à visée anti-œstrogène (en présence de récepteurs hormonaux), une immunothérapie spécifique en cas de surexpression du gène HER2/neu).
La chirurgie est contre-indiquée, tout au moins de première intention dans les rares formes inflammatoire, le traitement reposant sur les traitements médicaux et la radiothérapie. Le traitement des formes métastatiques est essentiellement médical dépendant des caractères de la tumeur : présence ou non des récepteurs hormonaux, du statut HER2/neu et bien sûr de l’état général de la patiente.
W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)
Syn. carcinome mammaire
→ adénocarcinome, antigène carcinoembryonnaire, BRCA, cancer inflammatoire du sein, cancer médullaire du sein, cancer in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, classification TNM, dépistage, échographie, Scarff Bloom et Richardson
[F2, O5]
Édit. 2020
cervicocystopexie antérieure l.f.
Intervention visant la cure de l'incontinence d'effort de la femme par fixation de la face antérieure du col et de la vessie à la paroi hypogastrique, soit directement (technique de E. Perrin), soit par l'intermédiaire de bandelettes aponévrotiques (technique de L. Léger).
Ces interventions, d'efficacité incertaine et trop peu fiables à long terme, sont abandonnées aujourd'hui.
É. Perrin, chirurgien urologue français (1944) ; L. Léger, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1946)
[M2]
césarienne extrapéritonéale l.f.
extraperitoneal cesarean section
Technique d’intervention césarienne qui était réservée aux cas d'infection intra-utérine, pour éviter la contamination de la grande cavité péritonéale.
La technique consistait à éviter de pénétrer dans la cavité péritonéale, en disséquant l'espace de Retzius pour décoller le péritoine vésico-utérin et inciser l’utérus en dehors de la cavité péritonéale. Elle est aujourd’hui rendue inutile par l’usage des antibiotiques.
[O3]
children apperception test l. angl.
Technique projective pour enfants qui s'inspire largement du "thematic apperception test" (TAT) (L. et S.S. Bellak).
Les enfants s'identifiant beaucoup plus aisément aux animaux qu'à des personnages, le matériel consiste en 10 planches mettant en scène des animaux à évoquer et des situations particulièrement significatives en psychologie de l'enfant.
La technique d'administration et l'interprétation suivent les mêmes principes que le TAT. Des normes ont été établies pour les différents thèmes présentés dans les histoires, afin de repérer plus facilement les réponses déviant de la norme.
Ce test est validé en France pour des enfants âgés de 3 à 10 ans.
[H4,O1]
ciné IRM l.m.
cine MRI
Technique d'imagerie par résonance magnétique permettant d'obtenir, après chaque impulsion de radiofréquence, plusieurs images successives du même plan de coupe d'un organe en mouvement, à l’origine de la représentation dynamique de cet organe.
Cette technique est surtout utilisée dans l'exploration du cœur.
[B2,B3]
Édit. 2018
Coffey (technique de) l.f.
Coffey's procedure
Technique d'implantation de l'uretère dans le côlon sigmoïde après passage du conduit dans un tunnel sous-muqueux antireflux confectionné de l'extérieur du côlon à travers la musculeuse, sans suture bord à bord de l'anastomose.
La technique de Coffey a été l'une des premières utilisées et de ce fait l'usage a fait de "l'opération de Coffey" un synonyme d'urétérosigmoïdostomie. Elle crée une "trompe" urétérale intracôlique qui peut être siège d'un granulome inflammatoire.
R. C. Coffey, chirurgien américain (1911 et 1919)
[M2]
Colonna (opérations de) l.f.p.
Colonna’s procedures
1° Technique de coaptation trochantéro-iliaque, pour pseudarthrose du col du fémur.
2° Technique de traitement de la luxation congénitale invétérée de la hanche par creusement du cotyle et interposition capsulaire.
P. C. Colonna, chirurgien américain (1932)
[I2]
coronarographie n.f.
coronarography, coronary angiography
Étude radiologique des artères coronaires après leur opacification par un produit de contraste iodé hydrosoluble.
Selon l'équipement de la salle d'angiographie, l'enregistrement des images recourt au radiocinéma (35 mm, 50 images par seconde) ou à la radiographie numérique (normes minimales : cadence d'acquisition de 25 images par seconde, résolution spatiale 512 X 512)
L'examen comporte trois temps distincts : opacification des artères coronaires gauche, droite et du ventricule gauche. L'opacification du ventricule gauche (ventriculographie gauche) est constamment faite, ce que le nom de l'examen ne donne pas à entendre.
Aujourd'hui, les cathéters sont généralement introduits par ponction percutanée de l'artère fémorale au pli de l'aine. Chacun des trois cathétérismes nécessite l'utilisation d'une sonde ayant une configuration particulière et le même point d'entrée à la peau est utilisé pour le passage des différents cathéters. Les injections de produit de contraste dans les coronaires ont lieu dans l'ostium de ces artères; celle du ventricule gauche par une sonde introduite in situ.
Les premières coronarographies furent principalement réalisées selon la technique de Sones (1962), le point d'entrée des cathéters étant l'artère brachiale dénudée chirurgicalement. Cette technique avec ses variantes est encore utilisée.
Étym. lat. corona : couronne ; gr. graphein : écrire
[B2,K2]