Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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bronchiolite oblitérante du poumon transplanté l.f.

bronchiolitis obliterans after lung transplant

Affection pulmonaire panobstructive avec lésions des artères comme des veines pulmonaires, atteignant 30 à 40% des malades ayant subi une transplantation pulmonaire.
Elle est la conséquence au moins en partie d'un rejet chronique. On l'observe aussi après transplantation cardiopulmonaire et de cellules souches hématopoïétiques.
Elle se traduit par de la toux, une dyspnée d'effort évolutive par palier et un certain degré de bronchospasme. Traitement antibiotique et renforcement de l'immunodépression peuvent entraîner temporairement une stabilisation. On discute une éventuelle retransplantation lorsque son retentissement est sévère.

→ bronchiolite oblitérante

Édit. 2017

bronchite n.f.

bronchitis

Inflammation aigüe ou chronique de la muqueuse bronchique, pouvant être provoquée ou aggravée par une infection bactérienne ou virale.
La bronchite catarrhale se caractérise par une expectoration mucopurulente abondante.

→ bronchite aigüe, bronchite chronique

Édit. 2017

bronchite aigüe l.f.

acute bronchitis

Inflammation aigüe des bronches, d'origine le plus souvent infectieuse (virale ou bactérienne), localisée aux gros troncs bronchiques, parfois étendue aux bronchioles (bronchiolite).
Elle est caractérisée par des lésions de congestion vasculaire, d'exsudation et par des infiltrats riches en polynucléaires.
Elle se traduit par une évolution en deux phases d'abord sèche avec une toux quinteuse douloureuse, souvent précédée d'une rhinopharyngite, puis humide avec une toux productive et une expectoration colorée. L'évolution est spontanément favorable en deux semaines, mais une toux sèche résiduelle peut persister plusieurs semaines. Les complications sont rares chez l'adulte sain. Chez l'enfant les affections virales du tractus respiratoire entraînent une exacerbation d'un asthme préexistant. Chez l'emphysémateux et le bronchitique chronique obstructif, le risque est celui d'une décompensation respiratoire aigüe.

→ bronchiolite, emphysème, détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de)

Édit. 2017

bronchopneumopathie chronique obstructive l.f.

chronic obstruent bronchopneumopathy, chronic obstructive pulmonary disease

Affection de longue durée caractérisée par des accès de toux productive survenant presque tous les jours au moins trois mois par an pendant au moins deux années consécutives.
Familièrement désigné comme "bronchite chronique", cet état s'accompagne d'inflammation diffuse au niveau du parenchyme pulmonaire. Selon le stade évolutif on constate des anomalies de la ventilation, des volumes pulmonaires, de la distribution et du transfert des gaz, de l'équilibre acidobasique et de la fonction cardiaque.
La distinction doit être faite avec la dilatation des bronches, l'insuffisance cardiaque, la tuberculose pulmonaire, qui peuvent s'exprimer selon une symptomatologie analogue.
Le tabagisme constitue un des principaux facteurs à l'origine de la maladie, à côté des facteurs environnementaux et professionnels. L'arrêt prolongé du tabagisme est capable de s'opposer à la progression de l'obstruction bronchique et de l'insuffisance respiratoire, ou à tout le moins de les ralentir fortement.

Sigle BPCO

Édit. 2017

bronchopneumopathie du rétrécissement mitral l.f.

bronchopulmonary effect secondary mitral stenosis

Affection bronchopulmonaire chronique survenant chez des patients atteints de rétrécissement mitral habituellement sévère.
Une sténose mitrale assez serrée entraîne une stase pulmonaire, une élévation des pressions de la petite circulation et ces modifications hémodynamiques sont responsables d'altérations anatomiques des poumons, favorisant ainsi les bronchites à répétition. À la longue, s'installe une insuffisance respiratoire et parfois un emphysème pulmonaire. Ces bronchopneumopathies ne contrindiquent pas une chirurgie de la valve mitrale mais elles en augmentent le risque et en compromettent le résultat.

→ rétrécissement mitral

Édit. 2017

bronchorrhée n.f.

bronchorrhea

Hypersécrétion bronchique pathologique.
Elle peut être muqueuse, séromuqueuse, ou mucopurulente et s'observe surtout dans la bronchite chronique et la dilatation des bronches.

→ bronchite chronique, dilatation des bronches

Édit. 2017

bulbes d'oignon l.m.p.

onion bulbs

Prolifération concentrique de fragments cytoplasmiques de cellules de Schwann ou de simples fragments de membrane basale (surtout chez l'enfant) autour des fibres nerveuses.
Au niveau du nerf périphérique, lorsque les phénomènes de démyélinisation-remyélinisation se succèdent de façon chronique ou même rechutent après des phases d'interruption de durée variable, apparaît un phénomène classiquement décrit sous le nom de prolifération en bulbes d'oignon. Ce mécanisme est susceptible d'expliquer une hypertrophie nerveuse palpable cliniquement. Pendant longtemps, on a pensé que cette hypertrophie, le plus souvent constatée au cours des neuropathies héréditaires, résultait d'une accumulation anormale du tissu conjonctif. Grâce au microscope électronique, Grüner a établi qu'il s'agissait en réalité d'une prolifération anormale des cellules de Schwann.

B. V. Taylor, neurologue australien, G. Gruener, neurologue américain (2004)

Étym. lat. bulbus : bulbe

Édit. 2017

Burnett (syndrome de) l.m.

milk alkali syndrome

Forme chronique de l’état d’intoxication par le lait et les alcalins.
Cette situtation avait été anciennement décrite chez les patients souffrant d’ulcères gastroduodénaux. Son risque reste présent lors de la prise importante et prolongée d’un sel de calcium (plus de 4g/j) dans la prévention de l’ostéoporose, notamment en association aux glucocorticoïdes à visée immmunosuppressive après transplantation et chez les patients soumis aux diurétiques. L’hypercalcémie détermine un état de faiblesse musculaire, avec prostration, stupeur, qui peut aller jusuqu’au coma. Les signes sont réversibles avec l’arrêt de l’intoxication. Cependant se constituent aussi des dépôts calciques tissulaires en sous-cutané, au niveau de l’œil et surtout du rein avec néphrocalcinose, lithiases rénales, insuffisance rénale parfois terminale. Biologiquement l’hypercalcémie s’accompagne d’hyperphosphorémie (par inhibition de la parathormone, éventuellement réduction néphronique) et d’alcalose (à laquelle contribuent la prise orale d’alcalins, les éventuelles thérapeutiques glucocorticoïdes et thiazidiques). L’hypercalcémie résulte de l’hyperabsorption intestinale de calcium, mais aussi d’un défaut d’élimination rénale en liaison avec la déplétion hydrique, la réduction de la filtration glomérulaire et l’accroissement de la réabsorption tubulaire du calcium que favorise l’alcalose.
A côté du syndrome de Burnett ont été décrits une forme subaigüe (syndrome de Cope) et une forme aigüe d’intoxication par le lait et les alcalins.

C. H. Burnett, médecin interniste américain (1949)

Syn. buveurs de lait et alcalins (syndrome des)

→ syndrome des buveurs de lait et alcalins, alcalose métabolique, hypercalcémie, syndrome de Cope

Édit. 2017

busulfan n.m.

busulfan, busulphan.
Butanedioldiméthanesulfonate, tétraméthylène bis (méthanesulfonate).
Agent alkylant utilisé en thérapeutique pour son effet antinéoplasique, en particulier dans le traitement de la leucémie myéloïde chronique. Ses indications thérapeutiques dans cette affection sont dépassées par l’instauration de thérapeutique ciblée avec l'arrivée des inhibiteurs de la tyrosine kinase.
Il est connu pour être tératogène chez l'homme.

Édit. 2017

byssinose n.f.

byssinosis

Bronchopneumopathie induite par l'inhalation de poussières textiles végétales, décrite chez les travailleurs des usines de traitement du coton.
Cette maladie caractérisée par une dyspnée surtout marquée le lundi après l'arrêt de travail de fin de semaine, régresse les jours suivants. La symptomatologie est maximale en début de réexposition chaque semaine. Elle peut évoluer progressivement vers une bronchopneumopathie chronique obstructive.
Surtout observée chez les ouvriers exposés à l'inhalation de poussières de coton, elle peut être également en rapport avec l'inhalation de poussières de lin, de chanvre, de sisal et de jute.
La byssinose est une maladie professionnelle indemnisable.

Édit. 2017

CA 15-3 sigle angl. pour Cancer Antigen 15-3

Glycoprotéine de haut poids moléculaire localisée dans les alvéoles des glandes mammaires et présente sous forme d'antigène circulant, dosable dans le sérum par technique immuno-enzymatique ou par électro-chimio-luminescence.
Le CA 15-3 est très utilisé pour le suivi des cancers du sein. Il est, par contre, très peu sensible et n’est donc pas utilisé pour le diagnostic. Il est, de plus, peu spécifique et son augmentation a pu être observée dans d’autres types de cancers (ovaire, pancréas, estomac et poumon) et dans des pathologies non tumorales (par exemple cirrhose hépatique, hépatite chronique active, hypothyroïdie, sarcoïdose, anémie mégaloblastique). La limite supérieure de la concentration chez le sujet normal se situe à 30 U/ml.

→ cancer du sein

[C1,F2]

CA 19-9 sigle angl. pour Cancer Antigen 19-9

Agrégat de glycoprotéines de type mucine présent sous forme d'antigène circulant, dosable dans le sérum par techniques radio-immunologique ou immuno-enzymatique.
L’épitope du CA 19-9 est fixé sur un antigène du groupe Lewis a puis exprimé à la surface des cellules. Chez les sujets négatifs pour le groupe Lewis (Lewis a-, b-), le taux du Ca 19-9 sérique est nul. Cette situation concerne environ 7-10% de la population. La limite supérieure de sa concentration sérique chez le sujet normal se situe à 37 U/ml.Le CA 19-9 est essentiellement un marqueur des adénocarcinomes pancréatiques, mais son manque de sensibilité et de spécificité, particulièrement en cas de cholestase ou de diabète, ne permet pas de l’utiliser comme un marqueur diagnostique performant. Il ne doit pas être utilisé pour le dépistage des patients à risque de cancer du pancréas et pas non plus pour différencier les malades atteints de cancer du pancréas de ceux ayant une pancréatite chronique car les taux du CA 19-9 ne sont pas significativement différents.Dans le bilan préopératoire d’un cancer du pancréas, le CA 19-9 peut être informatif, car au-dessus d’un seuil de 100 ou 157 U/ml, en l’absence d’ictère, il est prédictif d’une maladie métastatique non vue à l’imagerie ou d’une non résécabilité. Pour les tumeurs localement avancées et borderline, si, en cas de traitement néo-adjuvant, l’évaluation repose avant tout sur l’imagerie, la diminution du CA 19-9 pourrait être un élément supplémentaire suggérant une réponse tumorale pouvant conduire à une décision d’exérèse. Après chirurgie curative, le CA 19-9 est un élément prédictif de la survie globale. La diminution de l’Ag CA 19-9 pourrait aussi avoir un intérêt pronostique en cas de chimiothérapie palliative.  Le CA 19-9  peut également être augmenté dans d’autres tumeurs du tube digestif, de l’ovaire ou du poumon, et dans les pancréatites ou les maladies biliaires, mais ne constitue pas un marqueur étant donné son manque de spécificité.  

→ cancer du pancréas

[C1, F2, L1]

Édit. 2020

calcifications pancréatiques l.f.p.

pancreatic calcification

Dépôts de calcium dans le pancréas.
Les calcifications pancréatiques se visualisent sous la forme d'opacités de tonalité calcique sur un cliché d'abdomen sans préparation ou comme des hyperdensités en tomodensitométrie. En échographie, elles sont hyperéchogènes et entraînent un cône d'ombre postérieur.
Elles résultent de la concrétion des sécrétions pancréatiques qui se calcifient secondairement. Elles sont généralement multiples et situées dans le canal principal ou dans les canaux secondaires du pancréas. Elles s'observent dans la pancréatite chronique calcifiante. Exceptionnellement, on détecte des calcifications dans les pseudokystes pancréatiques et dans des tumeurs, p. ex. le cystadénome séreux.

→ pancréatite calcifiante, pseudokyste du pancréas

[L1]

calcimimétique n.m.

Médicament activant le récepteur sensible au calcium (CaSR) qui inhibe la libération de l’hormone parathyroïdienne en réponse à une élévation du calcium ionisé circulant.
Le cinacalcet est indiqué dans l’hyperparathyroïdie et l’insuffisance rénale chronique.

→ hormone parathyroïdienne, récepteur sensible au calcium, hyperparathyroïdie, insuffisance rénale chronique, cinacalcet

[O4]

Édit. 2018

calcinose n.f.

calcinosis

Présence de dépôts calciques dans les tissus mous qui survient à la suite de processus morbides, traumatiques, inflammatoire, dégénératifs ou néoplasiques.
Il s’agit de dépôts de cristaux d’hydroxyapatite entourés d’une réaction inflammatoire chronique avec fibrose. Les sites exposés aux microtraumatismes sont souvent touchés : doigts, avant- bras, coude et genoux, souvent de façon symétrique. L’importance de la calcification est variable, allant d’un dépôt punctiforme à une volumineuse masse pouvant ulcérer la peau sus-jacente. Selon l’aspect radiologique on distingue la calcinose circonscrite : opacités arrondies, isolées ou groupées, situées sous la peau ou en profondeur et la calcinose diffuse : traînées opaques d’aspect irrégulier.
Ce syndrome peut être idiopathique ou secondaire à une hypercalcémie ou à une maladie systémique : sclérodermie, dermatopolymyosite en particulier chez l’enfant.
La calcinose du rein ou néphrocalcinose, doit faire rechercher une hyperparathyroïdie. La calcinose artérielle ou médiacalcose, touche plutôt la couche médiale ; juvénile et idiopathique c’est la maladie de Mönckeberg ; plus tardive elle constitue un processus fréquent de vieillissement ; elle est fréquente dans la maladie diabétique et chez le dialysé rénal.

J. Mönckeberg, anatomopathologiste allemand (1903) ; A. Inclán, chirurgien orthopédiste cubain (1943)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

→ calcinose circonscrite, calcinose cutanée, calcinose cutanée circonscrite, calcinose cutanée universelle, calcinose idiopathique du scrotum, calcinose métastatique, calcinose nodulaire, calcinose pseudotumorale d’Inclán, calcinose salivaire, calcinose sous-cutanée, calcinose strio-pallido-dentelée, médiacalcose, Mönckeberg (maladie de), néphrocalcinose, hydroxyapatite, hypercalcémie,sclérodermie, dermatomyosite de l’enfant

[N1]

calcinose métastatique l.f.

metastatic calcification

Forme de calcinose observée essentiellement dans l'insuffisance rénale chronique où elle est due à l'hyperparathyroïdie secondaire, mais aussi, plus rarement, en cas de pathologie osseuse avec résorption osseuse importante, d'hyperparathyroïdie primitive, ou intoxication par la vitamine D.
Les dépôts calciques peuvent s'observer dans la peau comme dans tous les tissus : muqueuse gastrique, poumon, rein, muscles. L’évolution peut être régressive après traitement de la cause.

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

→ calcinose, insuffisance rénale chronique, hyperparathyroïdie, vitamine D

[F2]

calcinose sous-cutanée l.f.

subcutaneous calcinosis

Forme de calcinose où les dépôts calciques se localisent dans les tissus sous-cutanés.
Observée dans la sclérodermie systémique, la dermatomyosite, la lèpre, l'insuffisance rénale chronique.

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

→ calcinose, insuffisance rénale chronique, sclérodermie, dermatomyosite, lèpre

[N1,N3,M1]

calcinose tumorale

tumoral calcinosis

Affection rare, de pronostic bénin, plus fréquente dans la race noire, caractérisée par l’apparition dans les tissus péri-articulaires (surtout au niveau des genoux, des hanches et des coudes), de concrétions calcaires enfouies dans des formations lipomateuses.
Celles-ci, symétriques, évoluent d’une manière chronique, avec des poussées inflammatoires récidivantes et douloureuses.

H. Duret, neurochirurgien français, membre de l'Académie de médecine (1899) ; A. Inclán, chirurgien orthopédiste cubain (1943) ; O. Teutschländer, anatomopathologiste allemand (1935)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci-, calcium, gr. ôsis : action de pousser (suffixe utilisé pour les maladies chroniques)

Syn. lipocalcinogranulomatose symétrique progressive de Teutschländer

→ calcinose, calcinose pseudotumorale d'Inclán

[F2]

calcitonine n.f.

calcitonin

Hormone polypeptidique sécrétée par des cellules épithéliales, dites para-folliculaires ou cellules C, de la glande thyroïde, qui a un effet hypocalcémiant.
Son action s’exerce :
1) sur le rein où elle augmente discrètement l’excrétion du calcium, des phosphates et du sodium par un mécanisme faisant intervenir l’AMP cyclique et une protéine –kinase ;
2) sur l’intestin où elle accroît l’absorption du calcium et diminue son excrétion ;
3) sur les cellules osseuses en s’opposant à l’ostéolyse.
Calcitonine et parathormones sont antagonistes pour le métabolisme du calcium mais synergique pour celui des phosphates. La sécrétion de la calcitonine est indépendante de celle des hormones iodées et de l’action de l’hypophyse. Ses propriétés ostéoclastiques la font utiliser dans le traitement de la maladie de Paget, l’ostéoporose et les hypercalcémies par ostéolyse maligne.
Le dosage de la calcitonine peut être effectué sur le sérum ou le plasma par technique immunométrique. Une élévation de la concentration de calcitonine est observée dans les cancers médullaires de la thyroïde, avec une bonne spécificité et une sensibilité satisfaisante. Sa concentration peut, toutefois, également augmenter chez les patientes prenant des contraceptifs oraux, dans les intoxications éthyliques, au cours de la grossesse, dans les thyroïdites, dans l’insuffisance rénale chronique et dans certaines autres pathologies tumorales.

D. H. Copp, physiologiste canadien (1962) ; P. Hirsch, biologiste américain (1963) ; J. Paget, Sir, chirurgien britannique, membre de l'Académie de médecine (1874)

Étym. lat. calx : chaux, d’où calci- calcium, tonus : tension (d’une corde)

Syn. thyrocalcitonine

Sigle TCT

→ thyroïde, AMP cyclique, parathormone, Paget (maladie de), cancer médullaire de la thyroïde, thyroïdite, insuffisance rénale chronique

[O4,C2]

Édit. 2018

cancer bilharzien de la vessie l.m.

bilharzial bladder carcinoma

Tumeur maligne survenant sur une vessie porteuse de lésions bilharziennes chroniques.
Elle correspond histologiquement soit à un carcinome urothélial habituel soit assez souvent à carcinome épidermoïde. Le mécanisme de l'oncogénèse pourrait faire intervenir l'irritation chronique entraînée par la présence des œufs du parasite dans la paroi vésicale (avec constitution de granulomes).
Les arguments de filiation sont nombreux, mais le mécanisme intime de la dégénérescence est incomplètement élucidé. Ce sont des tumeurs de haute malignité, de structures histologiques diverses, apparaissant chez des sujets jeunes.

T. Bilharz, médecin allemand (1851)

Syn. carcinome bilharzien de la vessie

→ cancer de la vessie, bilharziose, carcinome urothélial 

[D2, F2, M3]

Édit. 2020

cancer de l'estomac l.m.

stomach cancer, gastric cancer

Cancer se développant aux dépens du tissu de l’estomac, adénocarcinome dans 85 % des cas
Les autres formes histologiques sont des lymphomes malins non hodgkiniens (de type MALT par exemple), et, dans 1 à 3 % des cas, des sarcomes (avec en particulier les GIST) et des métastases d'autres tumeurs.

En France, sa fréquence diminue nettement (8500 cas annuels en 1980), 6400 en 2011, il est responsable de 3400 décès en 2011 (données InVS).
Il touche plus particulièrement l’homme de plus de 65 ans. Les facteurs de risque sont l’anémie de Biermer, la gastrite chronique, les infections à Helicobacter pylori, le tabagisme, l’alimentation fumée, des antécédents familiaux de cancers gastriques dont les porteurs de la mutation du gène de la cadhérine E (CDH1) le syndrome de Lynch et le cancer gastrique diffus héréditaire.
La région antro-pylorique est la plus souvent atteinte (50 à 60% des cas). A côté des formes ulcérées ou bourgeonnantes, il en est d’infiltrantes ou planes de diagnostic parfois difficile. Parfois l’aspect est celui d’une linite plastique témoin d’une infiltration diffuse de la paroi gastrique liée à une stroma réaction fibreuse exhubérante.
Histologiquement on distingue les formes différenciées, papillaires ou mucineuse, tubulaires et les formes à cellule isolées dites en « bague à chaton » (classification de Laurén).
Le cancer peut être limité à la muqueuse ou à la sous-muqueuse. Ces cancers dits « superficiels « ne sont pas exempts du risque d’un envahissement ganglionnaire.
Le traitement est essentiellement chirurgical, associé ou non en fonction de l’extension à une radiothérapie et/ou une chimiothérapie.

H. T. Lynch, oncologue et généticien américain (1966) ; P. A. Laurén, anatomopathologiste finlandais (1965)

Syn. cancer gastrique, carcinome gastrique.

→ adénocarcinome, lymphome malin digestif, MALT, TNM (classification), GIST

[F2,L1]

cancer du pancréas l.m.

pancreatic cancer

L’adénocarcinome est le type histologique le plus fréquent. Les symptômes dépendent de la localisation de la tumeur. Pour les cancers siégeant dans la tête du pancréas, les signes les plus fréquents sont des douleurs, un amaigrissement et un ictère. Les adénocarcinomes de la partie gauche du pancréas sont plus rares et révélés à un stade plus tardif par des douleurs traduisant un envahissement de la région cœliaque ou rétro péritonéale.
Son incidence était d’environ 9000 nouveaux cas par an (INVS 2011) en France et de 14.000 nouveaux cas en 2017. Son incidence augmente, surtout chez la femme, avec une atteinte un peu supérieure chez l’homme (8 pour 100 000) que chez la femme (5,8 pour 100 000). Malgré les progrès récents, son pronostique reste mauvais avec une survie de 10 % à 5 ans. Il est responsable de presque autant de décès par an. Sa fréquence augmente après cinquante ans et culmine dans la septième décade. Les principaux facteurs de risque sont la pancréatite chronique et le tabagisme. Les tumeurs de la tête du pancréas s'accompagnent fréquemment d'un ictère précédé ou accompagné d'un prurit, avec une dilatation importante de la vésicule et des voies biliaires intra et extra-hépatiques. Les métastases sont surtout ganglionnaires et hépatiques. Le diagnostic repose sur la tomodensitométrie examen de première intention avec des séquences spécifiques qui permettent de préciser le stade de la tumeur et son extension vasculaire. L’aspect typique est celui d’une double dilatation biliaire et wirsungienne dans les cancers de la tête. La description précise des signes d’envahissement vasculaire ou veineux est essentielle pour le bilan de résécabilité de la tumeur. L'écho-endoscopie est utile pour caractériser la tumeur et surtout la biopsier pour affirmer le diagnostic en cas de chimiothérapie néo adjuvante et avant chimiothérapie en cas de tumeur non résécable d’emblée. Dans les cancers non métastatiques, le bilan permet de classer les tumeurs en résécable, de résécabilité limite et localement avancé en fonction de l’atteinte des vaisseaux péri tumoraux. Si la tumeur est opérable, il est primordial de réaliser une IRM hépatique pour s’assurer de l’absence de métastases hépatiques. Même après chirurgie à visée curatrice, une chimiothérapie adjuvante de 6 mois par FOLFIRINOX est le standard pour les malades en bon état général. Elle améliore significativement la survie globale qui, à 5 ans, a doublé (20 % versus 10 %). La chimiothérapie néoadjuvante a permis aux tumeurs non récécables d’emblée de devenir résécables.  La chimiothérapie dans les indications palliatives  a également amélioré significativement  le pronostic.

→ adénocarcinome, pancréatite chronique

[F2, L1]

Édit. 2020

cancer du pénis l.m.

penis cancer

Tumeur maligne d'origine épithéliale se développant sur les enveloppes du pénis.
C'est un carcinome (épithélioma) épidermoïde dont les sièges le plus fréquents sont le gland et la face interne du prépuce.
Il est relativement peu répandu, représentant 0,4% des cancers de l'Homme aux États-Unis, mais son incidence fluctue beaucoup en fonction des localisations géographiques. Les rôles respectifs que jouent le phimosis, l'inflammation chronique, le smegma, les traumatismes et les virus dans l'induction, la promotion et l'expression du cancer de la verge sont encore débattus. Une infiltration inflammatoire accompagne rapidement la lésion et l'extension se fait habituellement par voie lymphatique vers les ganglions inguinaux superficiels et rétrocruraux. Les métastases sont tardives vers les poumons, le foie et l'os. Le diagnostic est toujours biopsique. Le traitement aura recours selon les stades à la chimiothérapie locale, au laser, à la radiothérapie interstitielle, à la chirurgie (amputation partielle ou étendue de la verge), au curage lymphatique, à la radiothérapie et la chimiothérapie. Le pronostic, médiocre, est fonction de l'extension ganglionnaire.

→ phimosis, smegma

[F2,M2]

cancer épidermoïde cutané l.m.

squamous cell carcinoma, epidermoid carcinoma

Variété de cancer de la peau subissant une différenciation malpighienne.
Les carcinomes épidermoïdes peuvent être différenciés reproduisant de façon anormale les différentes couches de l'épithélium normal, ils peuvent aussi être peu différenciés. Lorsqu’ils sont kératinisants, on distingue la kératinisation orthokératosique (cellules kératinisées avec perte du noyau), la kératinisation parakératosique (cellules kératinisées conservant un noyau en pycnose), et la dyskératose (cellules se kératinisant de façon isolée).
Ils se caractérisent par une évolution plus agressive que celle des carcinomes basocellulaires, en particulier sur les muqueuses où ils ont un pouvoir métastatique important. Il s'agit d'une tumeur invasive développée aux dépens des kératinocytes épidermiques. L'immense majorité des carcinomes cutanés apparaît sur des kératoses actiniques, et sont donc principalement liés à la dose cumulative d'expositions solaires et au phototype. Pour les localisations génitales, périanales et périunguéales, on évoque le rôle étiopathogénique des papillomavirus. Les carcinomes buccaux sont surtout associés à une intoxication alcoolo-tabagique. Plus rarement, un carcinome épidermoïde peut être favorisé par l'existence de lésions anciennes d'évolution chronique : cicatrices, en particulier brûlure, irradiations, arsenicisme, ulcère, lichen scléreux vulvaire, lichen plan buccal, etc. Le terme de carcinome spinocellulaire, comme celui d'épithéliome spinocellulaire, n'est plus guère employé par certaines écoles.
Si on inclut les épithéliomas basocellulaires, les carcinomes épidermoïdes représentent le deuxième type de cancer cutané en France (30% environ, alors que les mélanomes cutanés en représentent 10 % environ)

Syn. carcinome épidermoïde cutané, carcinome malphighien cutané, carcinome pavimenteux stratifié, carcinome squameux, carcinome spinocellulaire

→ carcinome basocellulaire, kératose actinique, papillomavirus, phototype, arsenicisme, lichen vulvaire, lichen plan buccal

[F2,J1]

cancer superficiel l.m.

early carcinomal, superficial spreading, muco-invasive cancer

Dénomination employée principalement pour les cancers de l'estomac et de la vessie qui au début de leur évolution sont limités à la muqueuse, avec extension possible dans la sous-muqueuse mais pas au-delà de la musculeuse, avec ou sans métastases ganglionnaires.
Au niveau de l’estomac, ce terme correspond notamment au cancer muco-érosif et à l'ulcérocancer ou ulcère chronique cancérisé.

→ cancer de l'estomac, cancer de la vessie

[F2]

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