colony forming unit cell (CFUC) l.f.
Cellule progénitrice hématopoïétique définie par des méthodologies de laboratoire, mettant en évidence in vitro en milieu semi-solide sa descen
Une colonie cellulaire correspond à une cellule progénitrice mise en culture. On distingue essentiellement : les progéniteurs érythro
[F1,A2]
BFU-E sigle angl. pour Burst-Forming Unit-Erythroid
Progéniteur immature de la lignée érythroïde déjà engagée dans la différenciation érythroïde.
Morphologiquement, la BFU-E ressemble à un blaste immature, avec un cytoplasme modérément basophile, émettant quelques pseudopodes, un noyau à chromatine fine et de gros nucléoles. En microscopie électronique, le cytoplasme est abondant et rempli de ribosomes.
Sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs de croissance (érythropoïétine, IL3, GM-CSF et SCF, (stem-cell factor), la BFU-E donne en culture in vitro en milieu semi-solide en 14 à 16 jours chez l'homme des amas de colonies érythroïdes plus ou moins confluentes contenant de 500 à 5 000 érythroblastes hémoglobinisés. Ces cultures permettent de compter le nombre de BFU-E, sachant que les colonies sont clonales et que chacune représente la progéniture d'une seule BFU-E. Les BFU-E existent dans la moelle osseuse, mais circulent aussi dans le sang. Leur concentration médullaire est de 1 à 50 pour 1.105 cellules nucléées, leur concentration sanguine est de 0,02 à 0,05% des cellules mononucléées de faible densité. Les BFU-E sont les progéniteurs des CFU-E. En fait, les BFU-E constituent un compartiment de progéniteurs dont les plus immatures ont un potentiel très élevé de prolifération, une situation dormante peu cyclante et une dépendance absolue à l'IL3 et non à l'érythropoïétine, alors que les BFU-E les plus matures ont une faible capacité proliférative, mais un fort pouvoir cyclant indépendant de l'IL3, mais très dépendant de l'érythropoïétine. Les BFU-E expriment les marqueurs CD34, HLA-DR, CD33 et C-kit, mais pas les marqueurs érythroïdes des précurseurs érythroïdes plus matures.
Édit. 2017
Vaquez (maladie de) l.f.
polycythemia vera
Syndrome myéloprolifératif primitif caractérisé par une augmentation de la masse érythrocytaire liée à une production médullaire non contrôlée et associée habituellement à une augmentation des leucocytes et des plaquettes.
Survenant généralement après 50 ans, cette affection est plus fréquente chez l’homme. La symptomatologie, souvent insidieuse, est la traduction des manifestations liées à l’hyperviscosité sanguine qui perturbe la microcirculation par l’augmentation des éléments cellulaires : céphalées, vertiges, troubles visuels, prurit à l’eau et érythrose cutanée et des muqueuses.
Les circonstances de découverte sont multiples : un hémogramme pratiqué lors d’un examen systématique, des signes cliniques liés à l’hyperviscosité, des complications thrombotiques veineuses ou artérielles, des manifestations cliniques de l’hyperuricémie…
Le diagnostic repose sur les critères suivants :
- augmentation de l’hématocrite (Hct) et de l’hémoglobine (Hb): chez l’homme Hct ˃ 52%, Hb ˃ 185g/L ; chez la femme Hct ˃ 48%, Hb ˃165g/L ;
- augmentation de la masse globulaire (de plus de 125% de la normale) ;.
- présence d’une mutation somatique JAK2V617F ou d’une mutation de l’exon 12 du gène JAK2 ;.
- concentration d’érythropoïétine abaissée ;
- formation spontanée de colonies par les progéniteurs érythrocytaires ;
- présence d’une myéloprolifération à la biopsie ostéomédullaire.
Les critères majeurs de la maladie de Vaquez sont l’augmentation de l’Hb et la présence de mutation de Jak2 (retrouvée dans plus de 90% des cas). Les critères mineurs sont la baisse de l’érythropoïétine sanguine, la poussée spontanée des progéniteurs érythrocytaires et l’hyperplasie des lignées myéloïdes à la biopsie ostéomédullaire.Le diagnostic formel de la maladie de Vaquez nécessite soit la présence de deux critères majeurs et un critère mineur soit d’un critère majeur et deux critères mineurs.
Le traitement est basé sur les saignées (mieux sur les érythrophérèses) et la myélosuppression par l’hydroxyurée ou le pipobroman. Cette thérapeutique conduit à une normalisation des paramètres sanguins durant de nombreuses années. L’évolution peut se faire vers la myélofibrose ou une leucémie aigüe.
J. H. Vaquez, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1892) ; J. W. Vardiman, anatomopathologiste américain (2008)
Syn. polyglobulie vraie, polyglobulie essentielle, polycythémie vraie
→ érythroblaste, érythropoïétine, polyglobulie, leucémie aigüe, hydroxyurée, pipobroman, myélofibrose, érythrophérèse
[F1]
Édit. 2020
CD 34 sigle angl. pour cluster of differentiation 34
Antigène membranaire exprimé sur les cellules souches hématopoïétiques multipotentes etégalement sur des progéniteurs déjà engagés dans une voie de différentiation.
CD 34 est une glycoprotéine considérée comme le marqueur de choix utilisé dans la purification des cellules souches de la moelle osseuse et du cordon ombilical. L’expression de CD34 n’est pas restreinte au tissu hématopoïétique. Quelques populations de cellules non hématopoïétiques expriment l’antigène CD34. C’est le cas en particulier des cellules endothéliales dont l’origine, à partir d’un progéniteur commun avec les lignées hématopoïétiques, est aujourd’hui avérée. La numération des cellules CD 34+ est très utile dans l’appréciation de la qualité des préparations administrées en thérapie cellulaire qui doivent être suffisamment riches en cellules souches.
CFU-E sigle angl. pour Colony Forming-Unit-Erythroid
Progéniteur tardif de la lignée érythroïde dont la différentiation se situe entre la BFU-E « mature » et le proérythroblaste.
Elle donne naissance en culture in vitro chez l'homme en 5 à 8 jours à des petites colonies clonales de 8 à 100 érythroblastes regroupés en un seul amas serré, rarement deux. Les CFU-E sont très sensibles à l'érythropoïétine, dont dépend leur survie. Morphologiquement, on ne les distingue pas des progéniteurs plus immatures. Leur concentration dans la moelle est de 50 à 400 pour 1.105 cellules nucléées non adhérentes de faible densité. La plupart des CFU-E ne circulent pas dans le sang et ne sont retrouvées que dans la moelle osseuse. Les CFU-E n'expriment que faiblement les marqueurs CD34, HLA-DR et c-kit, mais fortement le récepteur pour l'érythropoïétine, le CD71 (récepteur pour la transferrine), le CD36, l'acétylcholinestérase et les groupes sanguins ABH.
[A2,F1]
érythropoïèse n.f.
erythropoiesis
Formation de l’hématie, qui s'effectue dans les tissus où sont biosynthétisées toutes les protéines qu'il contient pendant la période de maturation.
Les os sont le siège de l'érythropoïèse normale chez l'adulte.
Le tissu hématopoïétique impliqué dans l'érythropoïèse se divise en trois compartiments définis par leur sensibilité à différents facteurs hormonaux : les cellules souches totipotentes, les cellules souches prédifférenciées ou progéniteurs qui se composent de cellules primitives proches de la cellule souche et de cellules plus matures sensibles à l'érythropoïétine, les cellules différenciées ou compartiment érythroblastique, dont la maturation est également stimulée par l'érythropoïétine
[F1,C2,C3]
Édit. 2018
granulopoïèse n.f.
granulopoiesis
Processus de multiplication et de maturation cellulaire conduisant à la production de granulo
Chez l'adulte sain, elle se déroule dans la moelle osseuse et seuls les granulocytes matures sont mis en circulation dans le sang. En cas de myélofibrose, elle peut être déplacée dans la rate (splénomégalie myéloïde).
→ granulocytopoïèse, CFU-E, progéniteur
hématopoïèse inefficace l.f.
ineffective hematopoiesis
Fonctionnement anormal de l'hématopoïèse qui se caractérise par une prolifération normale ou accrue des progéniteurs, mais avec une maturation défectueuse, conduisant à un accroissement des cellules en apoptose détruites in situ avant leur maturation terminale.
La richesse de la moelle contraste avec la ou les cytopénies périphériques. Les causes sont bénignes comme dans les carences vitaminiques ou dans les thalassémies, ou malignes comme dans les syndromes myélodysplasiques.
Étym. gr. haïma : sang, poïein : faire
→ thalassémies, myélodysplasie
[F1]
insuffisance médullaire l.f.
bone marrow failure
Hématopoïèse déficiente se traduisant généralement par une pancytopénie plus rarement par une bicytopénie, voire une monocytopénie touchant l'une ou l'autre des lignées myéloïdes.
On reconnaît plusieurs grands mécanismes d'insuffisance médullaire : 1) l'insuffisance quantitative où la richesse cellulaire de la moelle est diminuée comme dans les aplasies ou hypoplasies médullaires ; 2) l'insuffisance qualitative où la richesse cellulaire de la moelle est conservée voire augmentée comme les syndromes myélodysplasiques ; 3) on y rattache les insuffisances médullaires liées à une infiltration médullaire par des cellules malignes ou par une myélofibrose.
Le degré d'insuffisance médullaire peut être déterminé par 1) la richesse du myélogramme et surtout de la biopsie médullaire, 2) par les caractères quantitatifs et qualitatifs des cultures de progéniteurs hématopoïétiques in vitro en présence de facteurs de croissance, 3) par des méthodes isotopiques telles que l'étude d'incorporation globulaire du fer radioactif et la scintigraphie médullaire à l' 111In.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ aplasie médullaire, myélodysplasie, myélofibrose, myélogramme, biopsie médullaire, progéniteurs, immunoscintigraphie
leucémie myélomonocytaire chronique de l'enfant l.f.
juvenile myelomonocytic leukemia
Hémopathie maligne associant une prolifération granuleuse et monocytaire à une dysérythropoïèse avec augmentation considérable du taux de l'hémoglobine F.
Cette maladie qui survient avant quatre ans, surtout chez le garçon, est biologiquement caractérisée par une pousse spontanée des progéniteurs granulomonocytaires in vitro.
B. M. Cummings, pédiatre américain (2019)
Syn. leucémie myéloïde chronique juvénile; leucémie granulocytaire chronique; Leucémie myélomocytaire chronique infantile;
leucémie myélomonocytaire chronique et subaiguë; syndrome de monosomie 7 infantile.
[F1, O1]
Édit. 2020
mégacaryocytopoïèse n.f.
megakaryocytopoiesis
Ensemble des événements cellulaires qui à partir de la cellule souche hématopoïétique pluripotente conduit à la formation des mégacaryocytes normaux.
Etudiée par les techniques de culture des progéniteurs mégacaryocytaires, elle comporte tout d'abord une phase de prolifération ; puis, après une étape de transition, la phase de maturation, marquée par le phénomène d'endomitose, se caractérise par l'acquisition de marqueurs de différenciation, dont certains sont spécifiques. La mégacaryocytopoïèse est soumise à des facteurs de régulation positifs, essentiellement la thrombopoïétine, mais aussi l'érythropoïétine ou certaines interleukines. Le facteur 4 plaquettaire, de façon prédominante sur cette lignée, le TGFbêta (Transforming Growth Factor bêta), la thrombine ou les interférons exercent un rétrocontrôle négatif.
Étym. gr. mégas :grand ; caryon : noyau ; cutos : cellule ; poiêsis : acte de faire
microglie n.f.
microglia
Ensemble de macrophages intraparenchymateux d'origine mésodermique du système nerveux central, qui représente environ 10% de la population cellulaire gliale du cerveau.
Ses progéniteurs peuvent être très tôt mis en évidence dans les bourrelets neuraux, à partir du huitième jour de l'embryogénèse. Il s'agit de cellules à phénotype macrophagique, qui proviennent très probablement du sac vitellin, pénétrant l'ébauche neurale et s'y multipliant activement. La très grande majorité des cellules microgliales apparaît dans les deux semaines qui suivent la naissance.
Une mise en évidence de ces données chez l'Homme reste à démontrer. Dans ce cas, en résulteraient d'importantes conséquences sur la physiopathologie d'affections cérébrales (telles que le neurosida) et sur les modalités d'éventuelles thérapies géniques.
Étym. gr. mikros : petit ; gloios : colle
myélodysplasie n.f.
myelodysplastic syndromes
Ensemble de maladies de la moelle osseuse dont la production est insuffisante et anormale.
Elles sont en général révélées par une diminution d'une ou plusieurs des lignées sanguines (anémie, granulopénie, thrombopénie) et reconnues devant des anomalies de forme et de répartition des cellules de la moelle osseuse étudiées par le myélogramme ; elles sont plus nombreuses qu'à l'état normal mais n'aboutissent pas au stade de maturation.
Elles résultent des troubles de maturation des lignées myéloïdes que l'on peut apprécier par la détection d'anomalies de croissance in vitro, (cultures de progéniteurs), de cinétique de production (avortement médullaire), d'anomalies cytogénétiques, enzymatiques et fonctionnelles exprimées par toutes les lignées sanguines. Certaines entités sont mieux définies comme l'anémie réfractaire avec ou sans excès de myéloblastes, l'anémie sidéroblastique ou constituent des états de transition avec les syndromes myéloprolifératifs comme la leucémie myélomonocytaire chronique. L’anémie réfractaire avec délétion du bras long du chromosome 5 (délétion 5Q) comporte une image clinique et hématologique caractéristique qui lui confère une identité propre., Dans l'ensemble, l'évolution est lente, marquée par l'accentuation de l'anémie et la nécessité de transfusions, la granulopénie et le risque d'infections, la thrombopénie et son risque de saignement, surtout la possibilité d'une transformation en leucémie aigüe.
2) En neurologie,
myelodysplasia
Malformation congénitale de la moelle épinière par trouble du développement.
Souvent discrète, cette anomalie peut être associée à des malformations périphériques des membres ou des organes et à des troubles fonctionnels variés, en particulier urinaires.
Étym. gr. muelos : moelle ; dus : difficulté ; plassein : former
→ syringomyélie (aspects anatomiques), myéloméningocèle
progéniteur n.m.
progenitor cell, colony forming unit cell
Stade ultime de différenciation des cellules-souches hématopoïétiques engagées de façon irréversible dans une lignée.
Les progéniteurs existent chez l'Homme dans la moelle et dans le sang. Leur prolifération et leur maturation sont régies par des interactions cellulaires et des facteurs de croissance.
[F1]
Édit. 2018
promégacaryoblaste n.m.
promegakaryoblast.
Cellule progénitrice de la lignée mégacaryocytaire, non identifiable par des critères cytologiques ou immunologiques au niveau du myélogramme.
Son existence repose sur les données des cultures des cellules mononucléées de la moelle osseuse. Ainsi, sous l'action de certains facteurs de croissance spécifiques dont la thrombopoïétine, est-il possible d'obtenir des colonies mégacaryocytaires dont la taille dépend de la capacité de prolifération de ces progéniteurs.