Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hypertension portale l.f.

portal hypertension

Ensemble des manifestations pathologiques liées à une augmentation permanente de la pression sanguine dans la veine porte au-dessus de 12 mm Hg, ou plus précisément, à une élévation du gradient porto-cave supérieure à 5 mm Hg.
Cette définition écarte les élévations de pression portale dues à la simple transmission de l’augmentation de la pression veineuse centrale.
Le syndrome œdémato-ascitique en est la manifestation clinique essentielle.
Seules les formes accompagnées d’une augmentation du gradient porto-cave sont à l’origine d’une splénomégalie, d’anastomoses entre les systèmes veineux porte et cave, entraînant un effet shunt (faisant gagner la circulation générale à des substances normalement confinées au territoire splanchnique) et la formation de varices avec pour celles situées dans la couche sous muqueuse de l'œsophage, un risque de rupture responsable d'une hémorragie digestive grave.
Les causes d'hypertension portale avec augmentation du gradient, sont les blocs infrahépatiques (obstruction de la veine porte d’origines thrombotique, tumorale ou malformative), les blocs intrahépatiques (cirrhose et fibrose hépatiques, hémochromatose, bilharziose, atteinte primitive des petites veines portes ou hépatiques) et les blocs suprahépatiques (obstruction des veines hépatiques par une thrombose, une tumeur ou d’origine congénitale : syndrome de Budd- Chiari)
Le traitement de l'hypertension portale vise à prévenir ou à arrêter les hémorragies dues aux ruptures des varices digestives. Peuvent être mis en œuvre des agents pharmacologiques (béta-bloquants adrénergiques, analogues de la vasopressine et de la somatostatine), des techniques endoscopiques de suppression des varices, des anastomoses portocaves chirurgicales ou l’installation endoscopique d’un shunt porto-systémique intra-hépatique.

G. Budd, médecin interniste britannique (1845) ; H. Chiari, anatomopathologiste autrichien (1898)

Étym. lat. porta : aux portes (d’entrée du foie)

varices œsophagiennes, hypersplénisme, hypertension portale de l'enfant, syndrome oedémato-ascitique

[L1]

hypertension portale de l'enfant l.f.

children's portal hypertension

Augmentation de la pression dans le système veineux porte, pouvant se développer précocement dès les premières semaines de la vie de l'enfant.
L’hypertension portale peut être pré-hépatique, intrahépatique ou beaucoup plus rarement post-hépatique.
L’hypertension portale pré-hépatique se manifeste par une splénomégalie isolée en l’absence d’hépatomégalie, une biologie hépatique souvent normale et une circulation veineuse collatérale éventuellement associées à une ascite. Elle survient au cours d'une phlébite de la veine porte consécutive à une omphalite ou à un cathétérisme veineux ombilical infecté ou prolongé au-delà de 48 heures. Cette cause représente 40 % des obstructions porte laquelle est idiopathique dans 60 % des cas. La sclérose hépato-portale ou l’hyperplasie nodulaire régénérative sont les conséquences d’une veinopathie oblitérante responsable d’un bloc présinusoidal.
La fibrose hépatique congénitale et les cirrhoses sont les principales causes de bloc intra-hépatique. Dans ces cas il existe souvent une hépatomégalie ferme. Les cirrhoses sont des cirrhoses biliaires (atrésie des voies biliaires) ou syndrome de déficit en alpha -antitrypsine, (maladie de Byler).
Les principales causes de bloc sus-hépatique sont :
- la thrombose des veines sus-hépatiques (syndrome de Budd-Chiari) exceptionnelle chez l’enfant de diagnostic échographique simple ;
- une maladie veino-occlusive, définie par une oblitération des veinules centrales dont le diagnostic est histologique ; les causes sont en majorité toxiques et
- les causes cardiaques (péricardite constrictive).
Des accidents hémorragiques peuvent émailler l'évolution : les hémorragies digestives viennent de varices du bas œsophage ou de la grosse tubérosité gastrique.
La mise en place d'une sonde de Blakemore de taille adaptée et l'administration de lysine-vasopressine sont à faire en urgence. La ligature élastique des varices œsophagiennes est à réaliser sous endoscopie. Le traitement chirurgical (anastomose portocave pour éviter les hémorragies) ou la pose d’un TIPS (trans intrahepatic porto-systemic shunt) sont à discuter au cas par cas.
Les accidents d'encéphalopathie portocave sont rares si les précautions habituelles sont prises. Les hémorroïdes sont rares à cet âge.
Dans tous les cas il faut rechercher un syndrome hépatopulmonaire ou une hypertension artérielle pulmonaire associés.

Étym.  : Byler : maladie décrite chez des descendants Amish de Jacob Byler

cathéter veineux ombilical, hémorragie digestive grave, omphalite, cirrhose biliaire secondaire, atrésie des voies biliaires, maladie de Byler, Budd-Chiari (syndrome de), péricardite constrictive, sonde de Blackmore, lysine-vasopressine, encéphalite portocave, syndrome hépatopulmonaire, hypertension artérielle pulmonaire

[O1,L1]

varices de l'hypertension portale l.f.p.

portal hypertension varices

Dilatation des veines servant de dérivation entre le système porte et le système cave.
Les varices digestives les plus fréquentes se développent dans l'œsophage, l'estomac, le rectum et au voisinage des stomies. Les causes de varices digestives sont l'hypertension portale, la thrombose de la veine splénique, le cavernome de la veine porte et certaines lésions médiastinales obstruant la veine cave supérieure.
La rupture des varices œsophagiennes est une cause grave d’hémorragie.

hypertension portale, varices œsophagiennes, cavernome portal

[K4, L1, L2]

Édit. 2020

fissure portale droite l.f.

fissura portalis dextra (TA)

right portal fissure

Plan fissural coupant sagittalement le foie droit et séparant les éléments vasculo-biliaires du secteur latéral droit de ceux du secteur paramédian droit.
C’est une fissure purement fonctionnelle que ne marque aucun plan conjonctif et dans laquelle se trouve la veine hépatique droite.

Étym. lat. fissura : fente, crevasse 

Syn. anc. scissure portale droite

[A1]

Édit. 2018

fissure portale gauche l.f.

fissura portalis sinistra (TA)

left portal fissure

Plan fissural coupant transversalement le lobe gauche du foie et séparant les éléments vasculo-biliaires du secteur latéral gauche (segment II) de ceux du secteur paramédian gauche (segment III).
C’est une fissure purement fonctionnelle que ne marque aucun plan conjonctif et dans laquelle se trouve la veine hépatique gauche.

Étym. lat. fissura : fente, crevasse 

Syn. anc. scissure portale gauche

[A1]

Édit. 2018

fissure portale principale l.f.

fissura portalis principalis (TA)

main portal fissure

Plan fissural séparant les éléments vasculo-biliaires du foie droit de ceux du foie gauche.
Il est repéré par le fond de la fosse de la vésicule biliaire, la bifurcation de la veine porte et le flanc gauche de la veine cave inférieure. Ce plan est incliné sur la face inférieure du foie selon un angle d’environ 70° ouvert à gauche. C’est une fissure purement fonctionnelle qu’aucun plan conjonctif et dans laquelle se trouve la veine hépatique moyenne.

Étym. lat. fissura : fente, crevasse 

Syn. anc. scissure portale principale, scissure portale sagittale

[A1]

Édit. 2018

scissure portale droite l.f.

fissure portale droite

scissure portale gauche l.f.

fissure portale gauche

scissure portale principale l.f.

fissure portale principale

scissure portale sagittale l.f.

fissure portale principale

sclérose hépato-portale l. f.

hepatoportal sclerosis

Appelée aussi veinopathie portale oblitérante, responsable d’une hypertension portale non cirrhotique et caractérisée histologiquement par un épaississement fibreux de l’intima de la veine porte et de ses branches intrahépatiques.
Les lésions des veinules portes aboutissent à la réduction de leur lumière et leur obstruction. Elles peuvent s’associer à des septa fibreux appelé aussi fibrose portale non cirrhotique ou cirrhose septale incomplète.
D’autres lésions histologiques vasculaires peuvent être associées : dilatation sinusoïdale, hyperplasie nodulaire régénérative.
Elle atteint souvent les sujets jeunes, sans retentissement sur les fonctions hépatiques.
Les causes sont les états pré-thrombotiques : les syndromes myéloprolifératifs occultes ou frustes sans anomalies de la formule sanguine, le syndrome des anticorps anti-phospholipides associé au lupus érythémateux disséminé, à la polyarthrite rhumatoïde, à la maladie de Horton, l'exposition à certains toxiques (arsenic, monomère de chlorure de vinyle, sulfate de cuivre, thorium).

hypertension n.f.

hypertension

Augmentation de pression d'un fluide dans l'organisme.

hypertension abdominale l.f.

abdominal compartment syndrome

L’hypertension abdominale ou hyperpression abdominale (HPA) appelée aussi syndrome du compartiment abdominal (SCA) est une entité clinique peu connue, dont les causes sont multiples.
La pression abdominale normale est de 0 à 5 mm Hg. On distingue 4 degrés d’HPA de 7 à 30 mm Hg. Le syndrome du compartiment abdominal (SCA) se définit par une pression intra-abdominale dépassant un seuil critique, accompagnée de conséquences locales (hépatiques, intestinales et rénales) et générales (circulatoires, respiratoires et neurologiques).
Le SCA peut être aigu secondaire à une pancréatite aigüe, des brulures graves, un sepsis, un traumatisme important de l’abdomen, après une intervention chirurgicale majeure nécessitant des transfusions et/ou une réanimation liquidienne intensive, par exemple une chirurgie d’anévrysme aortique. Il peut potentiellement conduire à un syndrome de détresse respiratoire de l'adulte, à une défaillance multiviscérale et au décès dans environ 50% des cas, malgré un traitement adapté.
Le SCA peut aussi être chronique. Il peut aussi être récurrent c’est-à-dire récidiver après traitement.
Le tableau clinique peut être trompeur; manifestations respiratoires, anurie ou conséquences circulatoires pouvant être au premier plan. L'évaluation clinique de l'hypertension abdominale par la palpation est souvent trompeuse ; la mesure de la pression intravésicale reflet de la pression intra-abdominale permet de préciser le stade du SCA. Outre une réanimation adaptée, le traitement du SCA est la décompression chirurgicale lorsque la pression abdominale est supérieure à 25 mm Hg et s’accompagne de perturbations fonctionnelles de différents organes.  

J. M. Burch, chirurgien américain (1996)

Syn. syndrome du compartiment abdominal

cœlioscopie (anesthésie pour)

[L1, L2]

Édit. 2020

hypertension artérielle l.f.

arterial hypertension, hypertension, high blood pressure

Élévation pathologique de la pression artérielle au-dessus des limites normales, concernant en général, ses deux composantes systolique et diastolique, décelée et suivie par la mesure sphygmomanométrique.
Elle peut être transitoire, évoluer par poussées, prendre une allure paroxystique (au cours du phéochromocytome p. ex.). Sa gravité croit avec l'élévation des chiffres tensionnels. On considère classiquement comme pathologique, toute tension artérielle supérieure à 140/90 mmHg mais ce critère doit être reconsidéré en fonction du contexte clinique.
L’hypertension artérielle permanente constitue une des maladies les plus fréquentes de l’Homme.
Elle peut être longtemps latente ou entraîner des céphalées, des troubles sensoriels variés. Elle expose au risque de complications vasculaires, oculaires, cardiaques, cérébrales, rénales, etc. Seules les hypertensions artérielles sévères se compliquent de rétinopathie hypertensive qui comprend à des degrés divers des hémorragies, des modifications de calibre des vaisseaux, des exsudats et un œdème papillaire, traduisant une décompensation sévère.
L’hypertension artérielle peut être secondaire à une anomalie des surrénales (phéochromocytome, adénome, hyperplasie), à une néphropathie, à une maladie vasculaire (coarctation aortique, sténose d’une artère rénale) etc. Elle peut n’avoir aucune cause décelable.
A côté du traitement des causes, la thérapeutique pharmacologique a bénéficié dans les dernières années de progrès considérables.
Hypertension est une expression incorrecte, consacrée par l'usage, car il ne s'agit pas de tension mais de pression. Le mot a été créé par Papillon à une époque où les médecins distinguaient mal les concepts de pression et de tension.

P. H. Papillon, médecin français (1895)

Sigle HTA

hypertension gravidique, hypertension maligne, urgence hypertensive, hypertensive (crise), hypertension artérielle (traitement de), hypertension rénovasculaire, coarctation aortique, phéochromocytome, hyperaldostéronisme,tensiomètre, pression, tension, médicaments antihypertenseurs

hypertension artérielle essentielle l.f.

idiopathic arterial hypertension

Hypertension artérielle permanente, ne relevant d’aucune étiologie évidente.
Elle constitue une maladie souvent familiale, probablement suscitée et contrôlée par des facteurs génétiques.

hypertension artérielle essentielle et psychisme l.f.

idiopathic high blood pressure and psychism

Une composante psychosomatique est fréquemment reconnue à cette affection, les modifications tensionnelles constituant une réponse au stress et aux émotions.
Il n'existe sans doute pas de profil psychologique spécifique de l'hypertension. On constate toutefois que les hypertendus répriment davantage que les normotendus leurs sentiments hostiles, et qu'en situation de compétition, les sujets à risque hypertensif témoignent d'une plus forte inhibition de l'action.

hypertension artérielle gravidique l.f.

pregnancy-induced hypertension

Hypertension artérielle définie par une pression systolique supérieure à 140 mm Hg et/ou une pression diastolique supérieure à 90 mm Hg, survenant durant la grossesse et responsable de désordres maternels et fœtaux.
Schématiquement on distingue l'hypertension gravidique pure liée à la grossesse qui atteint la primipare mais qui peut récidiver à chaque grossesse et l'hypertension présente avant la grossesse ou révélée par elle mais imputable à des antécédents, notamment rénaux, indépendants de l'état gravidique.
Le tableau clinique est très variable. L'hypertension peut être isolée, modérée, ou s'inscrire dans le contexte de la toxémie gravidique.
L'hypertension gravidique pure survient surtout chez la primipare, au cours du troisième trimestre de la grossesse. Elle est consécutive à une ischémie placentaire.
Dans tous les cas, un traitement s'impose pour éviter des complications graves pour la mère et le fœtus. Les complications maternelles sont l'hématome rétroplacentaire, la crise d'éclampsie. Les complications fœtales sont le retard de croissance intra-utérin, la souffrance chronique, la mort in utero.

toxémie gravidique, néphropathie gravidique, prééclampsie, grossesse et retentissement rénal

hypertension artérielle gravidique récidivante l.f.

recurrent pregnancy-induced hypertension

Hypertension artérielle gravidique disparaissant entre les grossesses mais récidivant lors des grossesses ultérieures.

hypertension artérielle maligne l.f.

malignant arterial hypertension

Hypertension sévère d'évolution rapidement progressive, dont les chiffres peuvent atteindre et dépasser 250/150 mm Hg et qui frappe le plus souvent l'adulte jeune.
La cause déclenchante est souvent mal identifiée. Elle implique une forte stimulation du système rénine-angiotensine-aldostérone. Il existe des lésions vasculaires sévères notamment rénales à type d'artériolite fibrinoïde et nécrosante diffuse. L'atteinte oculaire est constante avec œdème papillaire, hémorragies et exsudats. Le pronostic vital est en jeu en raison de complications viscérales multiples, cérébrales, cardiaques rénales. Un traitement anti-hypertenseur plurimédicamenteux s'impose d'urgence ; il est généralement efficace.

urgence hypertensive, rénine-angiotensine (système)

hypertension artérielle paroxystique l.f.

paroxystic arterial hypertension

Variété particulière d’hypertension artérielle, caractérisée par des poussées transitoires, sévères, symptomatiques, responsables de malaises avec céphalées, palpitations, suivies et parfois d’une phase hypotensive.
Cette situation incite à la recherche d’une tumeur hypersécrétante de la médullosurrénale, le phéochromocytome, dont l’identification permet l’exérèse chirurgicale et la disparition de l’hypertension artérielle, au moins dans sa composante paroxystique. Cependant toutes les hypertensions artérielles, et notamment en apparence essentielles, peuvent déterminer des poussées paroxystiques.

phéochromocytome

[K2]

hypertension artérielle pulmonaire l.f.

pulmonary arterial hypertension

Augmentation de la pression dans les artères pulmonaires, l’hypertension artérielle pulmonaire est définie par la mesure, lors d’un cathétérisme cardiaque, d’une pression artérielle moyenne supérieure ou égale à 25 mm Hg.
Elle peut être précapillaire ou postcapillaire.
L’hypertension artérielle pulmonaire précapillaire est associée à une pression capillaire pulmonaire normale. Elle a de nombreuses étiologies : cardiopathies congénitales avec shunt gauche-droit, insuffisances respiratoires chroniques obstructives (bronchite chronique, emphysème, bronchectasies), insuffisances respiratoires chroniques restrictives (fibrose pulmonaire, cyphoscoliose, séquelles de tuberculose), embolie pulmonaire récidivante ou massive, syndrome d’apnée du sommeil, vascularites pulmonaires, prise d’anorexigènes, etc.
L’hypertension artérielle pulmonaire primitive est très rare
L’hypertension artérielle pulmonaire postcapillaire est associée à une pression capillaire pulmonaire élevée, elle est la conséquence passive d’une insuffisance ventriculaire gauche ou d’une pathologie mitrale.
L’hypertension artérielle pulmonaire peut être responsable d’une insuffisance ventriculaire droite.
Les formes sévères d’hypertension artérielle pulmonaire ou associées à une connectivite peuvent être traitées par les antagonistes des récepteurs de l’endothéline, les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5 et les prostacyclines. A un stade évolué et après échec des traitements médicaux, l’indication d’une transplantation pulmonaire peut être posée.

prostacycline

[K1,K2]

hypertension artérielle (traitement de l') l.m.

antihypertenseur (médicament)

hypertension et anesthésie l.f.

chronic hypertension and anaesthesia, anaesthesia for hypertensive patients

Avant une intervention chirurgicale, une hypertension artérielle essentielle est fréquente.
Elle demande une prise en charge spécifique en anesthésiologie car elle augmente le risque de complications cardiovasculaires péri-opératoires (hémorragie cérébrale ou, à la suite d'une thrombose artérielle, infarctus cérébral, angor ou infarctus du myocarde, insuffisance ventriculaire gauche avec œdème du poumon).
Un contrôle de la pression artérielle par un traitement antihypertenseur, diminue la fréquence des complications.
L'hypertension artérielle modifie la réactivité du système cardiovasculaire aux stimulations nociceptives (intubation, stimulations chirurgicales) et aux variations de la masse sanguine en réponse à une hémorragie, à la ventilation artificielle et aux changements de position. L'hyperréactivité du système résistif artériolaire favorise les poussées hypertensives. Mais la sensibilité aux médicaments inotropes négatifs et aux vasodilatateurs est souvent accrue : lors de l'induction l'hypotension est fréquente. Il en est de même lors des anesthésies rachidiennes (rachianesthésie et péridurale) : le risque d'hypotension est aussi grand que celui d'hypertension. Ce qu'on vérifie surtout lors des accidents vasculaires cérébraux (il y a une diminution de l'autorégulation de la circulation cérébrale chez l'hypertendu) et la thrombose des artères extra- ou intracrâniennes est plus fréquente en cas d'hypotension artérielle prolongée.
Le traitement antihypertenseur doit être maintenu jusqu'au jour de l'intervention pour éviter les accidents par rebond. En ce qui concerne les inhibiteurs de l'enzyme de conversion, il est recommandé de suspendre leur administration la veille d'une l'opération majeure pour éviter l'hypotension. Pour prévenir ce risque, il faut :
- utiliser les médicaments les moins dépresseurs cardiovasculaires et les administrer de façon continue pour éviter les pics de concentration qui augmentent les effets pharmacodynamiques ;
- ne pas hyperventiler,
- veiller au remplissage vasculaire, le plus tôt possible ou administrer précocément des vasopresseurs.
L'hypertension artérielle justifie dans certains cas un monitorage perfectionné (surveillance du débit cardiaque et de la pression de remplissage par un cathéter de Swan-Ganz ou surveillance de la fonction myocardique par échographie transœsophagienne).
Au réveil, l'hypothermie et la douleur postopératoire entraînent des réactions cardiovasculaires.

Swan-Ganz (sonde de), inhibiteurs de l'enzyme de conversion de l'angiotensine

hypertension hyperkaliémique familiale l.f.

Syn. pseudo hypoaldostéronisme de type II, syndrome de Gordon

pseudo hypoaldostéronisme de type I

[K2,Q2,M1,04]

Édit. 2017/2

hypertension intracrânienne l.f.

intracranial hypertension

Elévation de la pression intracrânienne au-dessus de 20 mm Hg, secondaire à une augmentation de volume du contenu de l’enceinte durale craniorachidienne.
L'hypertension intracrânienne chronique est annoncée par de violentes céphalées rebelles à prédominance occipitale, par des vomissements en jet lors des changements de position et lors du réveil, par divers signes nerveux, par une hypertension artérielle avec bradycardie, par une diplopie et parfois même par des douleurs abdominales d'allure chirurgicale. L’examen du fond d'œil découvre souvent une stase, un œdème papillaires et la radiographie du crâne met en évidence des impressions digitiformes accompagnées d'une érosion de la selle turcique ou, chez l'enfant, d'une disjonction des sutures.
L'hypertension aigüe débute plus brutalement mais les signes sont moins évocateurs (troubles de la conscience, accès de bradycardie avec hypertension artérielle, mydriase). Chez un nourrisson le bombement de la fontanelle est caractéristique. Elle peut laisser des séquelles graves ou entraîner la mort par ischémie ou engagement du cerveau.
Les formes décompensées, sont liées à des phénomènes ischémiques, (causes d’un coma aréactif, d’une aréflexie du tronc cérébral), ou à des engagements (central, temporal ou des amygdales cérébelleuses) entraînant des troubles de la vigilance, des réactions motrices et des perturbations neurovégétatives.
Les principales causes d'augmentation de la pression intracrânienne sont :
- une lésion expansive intracérébrale : tumeurs gliales malignes et métastases, abcès, hématome, œdème cérébral ;
- des traumatismes cranio-encéphaliques graves (très fréquemment en cause), à l’origine d’un hématome extra-dural, sous-dural, intra-cérébral, d’un œdème vasogénique, etc.. ;
- un trouble vasculaire extracérébral : forte hypertension artérielle générale, hématome sous-dural ou extradural, gène du retour veineux par augmentation de la pression veineuse centrale ou par strangulation (entraînant une congestion cérébrale) ;
- une anomalie de la circulation du liquide céphalorachidien : hypersécrétion, trouble de la résorption, obstacle sur cette circulation (cause d'hydroencéphalie aigüe ou chronique) ;
- une hypoxie (lors de séjours en altitude par ex.) ou une intoxication (cyanure par ex.) entraînant un œdème cérébral.
- une infection bactérienne ou virale (méningite, encéphalite)
En cas de lésion localisée il peut exister des écarts de pression entre les différentes parties de l'encéphale. On peut observer des variations cycliques de la pression intracrânienne, notamment chez des traumatisés crâniens (ondes en plateau de Lundberg). Ces fluctuations seraient liées à des variations de vasomotricité des artères intracérébrales.
La forte augmentation de la pression intracrânienne compromet l'irrigation du cerveau. L'ischémie cérébrale qui en résulte bloque le métabolisme cellulaire entraînant une nécrose progressive des neurones et un arrêt de la pompe à Na à l’origine d’un œdème cellulaire qui aggrave la situation. L'organisme réagit par une hypertension artérielle, mais quand la pression intracrânienne devient supérieure à la pression artérielle systolique, la circulation s'arrête complètement. Lorsque la nécrose devient trop étendue, la mort cérébrale est définitive : aucun médicament ne peut pénétrer dans la boite crânienne.
La surveillance permanente de l'hypertension intracrânienne est possible par mise en place de capteurs extraduraux ou ventriculaires, avec une surveillance de la pression artérielle.
Le traitement vise à diminuer la pression soit directement (soustraction de liquide céphalorachidien par drain intraventriculaire), soit en luttant contre l'œdème cérébral par des diurétiques osmotiques (mannitol, acétazolamide) ou par l'oxygénation et l’hyperventilation (cette dernière amène une hypocapnie qui favorise la diminution du débit sanguin cérébral par vasoconstriction artériolaire). La protection cérébrale est assurée par l'hypothermie et mise en position proclive pour améliorer le retour veineux.
Le traitement chirurgical est indiqué devant toute lésion intracrânienne expansive (hématome, abcès, tumeur).

N. Lundberg, neurochirurgien suédois (1960)

Sigle HTIC

œdème cérébral, ponction lombaire, pression intracrânienne, pression intracrânienne (monitorage)

[H2]

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