Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hormonothérapie anticancéreuse n.f.

hormonal treatment, hormonotherapy.
Utilisation thérapeutique pour le traitement des cancers d'une hormone ou d’une substance s’opposant à une activité hormonale.
L'hormonothérapie supprime en principe l'activité hormonale qui entretient la prolifération cellulaire. , p. ex. le cancer du sein chez la femme, le cancer de la prostate chez l'homme. Elle agit par effet cytostatique. Les antihormones, l'acétate de cyprotérone anti-androgène ou le tamoxifène, anti-œstrogène, se substituent à l'hormone dans le complexe hormono-récepteur de la cellule cible.
La sensibilité est évaluée par la mesure de leur contenu en récepteurs hormonaux. : cancer de la prostate, cancers du sein exprimant des récepteurs d’œstrogènes et/ ou de progestérone.
Pour le cancer de la prostate sont utilisés les agonistes de la LHRH et les anti-androgènes.
Pour le cancer du sein, sont utilisés les anti-œstrogènes, les antiaromatases, les agonistes de la LHRH, les progestatifs.

LHRH (agonistes de la), antiandrogènes, anti-œstrogènes, antiaromatases, progestatifs

[O4,G5,F2]

Édit. 2015

douleur (médicaments de la) l.m.p.

drugs of pain, (pain killer)

Agents pharmacologiques utilisés pour soulager la douleur, qui ne permettent pas toujours un apaisement complet de celle-ci mais procurent au moins, à la plupart des patients, une amélioration satisfaisante.
L’éventail analgésique est vaste mais limité dans ses actions et non exempt d’effets indésirables. Contre les douleurs des cancéreux, les substances disponibles sont efficaces dans environ 60 à 80% des cas.
Dans les douleurs par excès de nociception, l’action des antalgiques s’exerce :
- en périphérie, grâce à l’inhibition de la biosynthèse de substances algogènes, par l’aspirine, les anti-inflammatoire non stéroïdiens, le paracétamol, les glucocorticoïdes…
- aux niveaux médullaire et supramédullaire, grâce à l’inhibition de la transmission synaptique des influx douloureux, par la morphine.
La morphine et ses succédanés suspendent la plupart des douleurs intenses par excès de nociception, observées au cours de l’évolution des cancers et après les interventions chirurgicales. Ses effets indésirables ont été surestimés et en particulier, le risque d’induction d’une toxicomanie est réduit.
Dans les douleurs par désafférentation, les antidépresseurs non psychostimulants et certains antiépileptiques diminuent l’hyperexcitabilité neuronale. En cas d’effets indésirables trop importants, les stimulations électriques (surtout transcutanées) sont utiles.
Le schéma de l'OMS, concernant le traitement des douleurs chroniques, distingue depuis 1997, trois paliers :
- I, les médicaments non morphiniques (essentiellement paracétamol, aspirine et anti-inflammatoires non stéroïdiens) qui sont indiqués contre les douleurs légères à modérées ;
- II, les opioïdes dits "faibles" (codéine, dextropropoxyphène) associés ou non aux produits précédents, qui sont utilisables contre les douleurs modérées à sévères ou après l’échec des antalgiques du palier I ;
- III, les opioïdes "forts", avec pour référence la morphine, ils sont efficaces contre les douleurs d'emblée intenses ou après l’échec des produits du palier II.
À chaque palier, des adjuvants peuvent être associés : antidépresseurs, antiépileptiques et myorelaxants. De plus la composante antalgique de certains traitements étiologiques – chimiothérapie, radiothérapie (par réduction tumorale), corticoïdes – est souvent manifeste.
Les principales règles et principes à respecter lors de la prescription d’antalgiques sont :
- un traitement individualisé,
- le respect des contre-indications,
- la prudence chez les personnes âgées et les enfants,
- l’administration à intervalles réguliers, à horaires fixes, en fonction de la durée d'action de la substance choisie,
- l’absence de dose standard pour la morphine avec la recherche de la plus faible dose,
- la préférence pour la voie orale, sans méconnaître l’utilité des voies intraveineuse ou sous-cutanée, contrôlées par le patient lui-même, avec cependant un dispositif de sécurité intégré au pousse-seringue pour éviter les surdoses.
En fait, le nombre des médicaments de la douleur demeure limité. L’intérêt actuel se porte sur des agonistes des récepteurs opioïdes (présumés exempts des effets indésirables de la morphine) et sur les agonistes des systèmes mono-aminergiques descendants du tronc cérébral. Ce sont principalement les systèmes sérotoninergiques et noradrénergiques, dont le rôle dans la modulation de la transmission nociceptive est essentiel. Les inhibiteurs de la cyclo-oxygénase 2, les antagonistes des récepteurs des acides aminés excitateurs ou des récepteurs aux neurokinines, les agonistes des récepteurs nicotiniques, les agonistes des récepteurs NT2 de la neurotensine sont aussi des voies de recherche.

Étym. lat. dolor : douleur

antalgique, analgésique, morphine, opioïde

inotrope cardiaque l.m.

cardiac inotropic drug

Médicament possédant une action qui augmente la puissance de la contraction du cœur, utilisé pour traiter l'insuffisance cardiaque et certains troubles du rythme, représenté par les digitaliques, les agonistes β-adrénergiques (agonistes β1 préférentiels, agonistes β2 adrénergiques, agonistes dopaminergiques), certains inhibiteurs des phosphodiestérases.

Étym. gr.  is, inos : muscle, tropein : aller vers

agoniste adj.

agonist

Se dit d’une action qui concourt au même effet qu’une autre ou d’un organe qui agit en synergie avec un autre.
1) En physiologie musculaire, un muscle qui provoque un mouvement est agoniste de celui qui, susceptible de s’opposer à ce mouvement est dit antagoniste : ex. dans la flexion de l’avant-bras sur le bras les muscles brachial et biceps brachial sont synergiques et agonistes du muscle triceps brachial qui, extenseur de l’avant-bras sur le bras, est leur antagoniste.
2) En pharmacologie, se dit d'une substance, endogène ou exogène qui active le même récepteur cellulaire entraînant les mêmes effets que ceux observés lors de l'activation du récepteur par le médiateur endogène normal. La fixation sur le récepteur est le plus souvent réversible et plus ou moins spécifique. Cette spécificité est plus ou moins grande selon le sous-type de récepteur, par ex. les différents bêta-mimétiques agissent plus ou moins spécifiquement sur les récepteurs cardiaques bêta1 ou bronchiques bêta 2.
De très nombreux agonistes sont utilisés en thérapeutique : par ex. les agonistes des récepteurs muscariniques, nicotiniques, sérotoninergiques, opiacés et adrénergiques alpha ou bêta. L'utilisation prolongée d'un agoniste amène la désensibilisation progressive des récepteurs selon un mécanisme (internalisation des récepteurs) qui n'est pas bien élucidé. Cela se traduit par l'affaiblissement progressif de l'effet du médicament amenant à augmenter progressivement les doses, phénomène proche de la tachyphylaxie, qui a été surtout décrit en réanimation lors de l'utilisation prolongée des sympathomimétiques en administration intraveineuse continue.
Le terme « agoniste » est également utilisé comme adjectif.

Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement

Ant. antagoniste

antagoniste, tachyphylaxie

[C2,G3,G5]

Édit. 2019

alpha-stimulant n.m.

alpha-adrenoceptor agonist

Substance qui stimule l'action des récepteurs alpha du système sympathique : on distingue des agonistes alpha 1 et alpha 2.
L'adrénaline et la noradrénaline, catécholamines naturelles, stimulent les deux types de récepteurs. La phényléphrine est agoniste alpha1 presque pur. La clonidine est agoniste alpha2.
Les agonistes alpha1 ont un puissant effet vasoconstricteur artériel et veineux. Les agonistes alpha2 ont des effets complexes du fait de la présence de récepteurs alpha2 tant au niveau du système nerveux central, qu'au niveau des organes périphériques. De plus ces récepteurs sont aussi bien pré- que postsynaptiques. La clonidine, principal agoniste alpha2, utilisée comme anti-hypertenseur, potentialise les analgésiques et les anesthésiques généraux.

alphabloquant, système nerveux autonome

[C1,C2,C3]

Édit. 2017

bêta-mimétique n.m.

β-adrenergic agonist

Médicament stimulant les récepteurs β du système nerveux sympathique, mimant ainsi les effets des agonistes endogènes (noradrénaline, adrénaline) sur ces récepteurs.
L'adrénaline a des effets alpha et bêta. La noradrénaline a des effets alpha prénominants et des effets bêta faibles La dopamine a des effets bêta à des débits de dose inférieurs à 10µg/kg/min. Les médicaments ayant une action bêta -mimétique cardiaque la plus forte sont l'isoprotérénol et la dobutamine. L'isoprotérénol (bêta -agoniste non sélectif) est peu utilisé actuellement sauf pour augmenter la conduction intracardiaque (bloc auriculoventriculaire, torsades de pointes). La dobutamine (sélectivité bêta 2) a un effet inotrope positif prédominant.
Les bêta 1-agonistes sélectifs sont utilisés dans le traitement de l'état de choc et dans l'insuffisance cardiaque pour leur action inotrope positive.
Les bêta 2-agonistes sélectifs sont utilisés dans le traitement de l'asthme (métaprotérénol, terbutaline, albutérol, salbutamol, fénotérol, pirbutérol) et pour l'inhibition des contractions utérines (prévention de l'accouchement prématuré).

adrénaline, noradrénaline, dopamine, isoprotérénol, terbutaline, salbutamol, fénotérol,

Édit. 2017

flare up l. angl.

Stimulation importante de l’axe hypothalamo-hypophysaire lors de la mise en route d’un traitement par agoniste de la LHRH.
En cas de cancer de la prostate ce phénomène se traduit par une augmentation des androgènes circulants dans le sang due lors de la mise en route d’un traitement par agoniste de la LHRH pouvant être responsable d’une exacerbation des signes cliniques (dysurie, douleurs osseuses…compression de la moelle osseuse,…). Ce phénomène peut être prévenu par l’adjonction d’un traitement anti-androgène non stéroïdien pendant le premier mois. Cet effet peut aussi d’observer avec les œstrogènes lors de la mise en route de certaines hormonothérapies pour cancer du sein.

[M2,O4]

Édit. 2018

agresseur sexuel (chimiothérapie d'un) l.f.

chemotherapy of a sexual aggressor

Traitement éventuel d'un agresseur sexuel par chimiothérapie.
Dans certains cas, il peut être spécifique : on cherche à agir sur une tendance pathologique du sujet, le plus souvent son agressivité ; peuvent alors être prescrits des tranquillisants, voire des neuroleptiques.
Plus spécialement, il existe des molécules qui diminueraient la libido. On parle encore d'anti-androgènes : ce sont surtout l'acétate de cyprotérone et les agonistes de la luteinizing hormone-releasing hormone (LHRH). Leur usage doit être réservé à des équipes entraînées et répondre aux préceptes formulés par le Comité national d'éthique dans son avis du 7 décembre 1993.
Les traitements neurochirurgicaux, qui ont cours dans certains pays étrangers, ne sont pas reconnus en France.

agression sexuelle

[G3,H3]

Édit. 2017

endométriose vésicale l.f.

vesical endometriosis

Localisation intravésicale d'îlots ectopiques tissulaires d'endomètre, se traduisant cliniquement par des hématuries rythmées par les cycles menstruels.
Ce symptôme n'est pas constant, et les douleurs pelviennes et vésicales peuvent prédominer. Le diagnostic est fait par cystoscopie et biopsies endoscopiques. Le traitement hormonal (progestatifs ou agonistes de la LHRH) est efficace ; une résection endoscopique complémentaire des lésions vésicales est parfois nécessaire.

endométriose,

[O3,M3,M2]

Édit. 2018

hormonothérapie

hormonal treatment

Traitement impliquant l’utilisation des hormones.
L’hormonothérapie peut être substitutive en cas d’une insuffisance de sécrétion hormonale. Elle peut être aussi utilisée dans le traitement de cancers dont l’évolution dépend en partie de l’environnement hormonal essentiellement cancers de la prostate et du sein. Elle peut être alors soit soustractive (castration ou équivalent) ou s’opposer à l’action des hormones naturelles (anti œstrogènes anti-aromatases, agonistes de la LHRH).

G. T. Beatson, Sir, chirurgien britannique (1896) ; Ch. B. Huggins chirugien américain, prix Nobel en 1966 (1941)

agonistes de la LHRH, anti-aromatases, anti-oestrogènes, cancer de la prostate, cancer du sein castration, hormones, hormonothérapie du cancer de la prostate, hormonothérapie du cancer du sein

Édit. 2015

hormonothérapie du cancer du sein l.f.

breast cancer hormonal treatment

L'hormonothérapie du cancer du sein consiste à empêcher l'action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses.
Elle n’est active que si les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux ce qui est rencontré dans près de 70% des cas. Ces récepteurs sont des protéines, situées à la surface de la cellule cancéreuse,, qui détectent et captent les œstrogènes ou la progestérone du sang circulant. Plus le taux des récepteurs est élevé , plus la tumeur réagit à une hormonothérapie.  
Les traitements médicamenteux agissent par voie générale, c'est-à-dire dans l'ensemble du corps, sur toutes les cellules sensibles aux hormones. Les principaux produits utilisés sont des anti-ostrogènes, des agonistes de la LHRH, des inhibiteurs des aromatases. C'est un traitement au long cours administré soit sur plusieurs années à titre adjuvant d’une forme localisée pour prévenir le développement des métastases, soit dans les formes évoluées jusqu’à son échec. Un échec d’une première hormonothérapie ne préjuge pas de l’inefficacité d’une autre. Plus rarement on fait appel à la castration chirurgicale, en irradiant les ovaires.

G. T. Beatson, Sir, chirurgien britannique (1896)

agonistes de la LHRH, anti-aromatases, anti-oestrogènes, cancer du sein, castration, hormones, récepteur hormonal

[F2, G3, G5]

Édit. 2020

agoniste adrénergique l.m.

adrenoreceptor agonist

Stimulant des récepteurs alpha et bêta de la noradrénaline.
Les récepteurs alpha sont divisés en sous-types alpha 1 et alpha 2. Ex. d'agonistes des alpha 1 : adrénaline, noradrénaline, phényléphrine ; des alpha 2 : noradrénaline, clonidine, guanfacine.
Les récepteurs béta sont répartis en trois sous-types, béta 1 au niveau du cœur, béta 2 en particulier au niveau des fibres musculaires lisses, des bronches, de l'utérus, béta 3 au niveau du tissu adipeux. Ex. d'agonistes des béta 1 : dobutamine, des béta 2: salbutamol, des béta 3 : de nombreux antagonistes béta 1 et béta 2 stimulent les récepteurs béta 3.

Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement

[C2,C3,G3]

Édit. 2017

agoniste cholinergique l.m.

cholinergic agonist

Substance ayant les mêmes actions que celles de l'acétylcholine (stimulation des récepteurs muscariniques ou nicotiniques).
Les agonistes cholinergiques de synthèse utilisés en clinique sont le carbachol, la métacholine et le béthanéchol. Leur emploi en thérapeutique est réduit. La pilocarpine est utilisé en collyre comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérases sont des agonistes cholinergiques indirects par blocage de la dégradation de l'acétylcholine qui s'accumule au niveau de la fente synaptique. Ils sont utilisés pour faciliter la motilité gastro-intestinale et vésicale, pour améliorer la transmission neuromusculaire et, en ophtalmologie, comme antiglaucomateux.
Les anticholinestérasiques utilisés en thérapeutique ont une action réversible. Les principaux sont la tacrine (Cognex®) qui traverse la barrière hématoencéphalique, elle est utilisée dans le traitement de la maladie d'Alzheimer, l'ésérine (physostigmine), la néostigmine, la pyridostigmine et l'édrophonium.
Les anticholinestérasiques irréversibles (organophosphates) utilisés dans l'agriculture comme pesticides (parathion, malathion) sont la cause d'intoxications humaines, ils ont été utilisés comme gaz de combat. La pralidoxime, qui est capable de réactiver l'acétylcholinestérase est utilisée pour traiter ces intoxications.
Les champignons toxiques de l'espèce inocibe et clitocibe produisent des syndromes muscariniques d'apparition précoce.

acétylcholine, accident précoce par ingestion de champignons

[C1 C2,G3,G4,G5]

Édit. 2017

agoniste dopaminergique l.m.

dopaminergic agent

Stimulant des récepteurs présynaptiques et postsynaptiques de la dopamine.
Généralement, ils sont localisés dans l'encéphale (système nigro-striatal, système mésolimbique, système tubéro-infundibulaire) et au niveau périphérique (rein, vaisseaux). Ces agonistes sont divisés en deux principaux sous-groupes D1 et D2. Parmi les agonistes des récepteurs D2, on range l'apomorphine et la bromocriptine d’autres médications apparentées comme le quinagolide et la cabergoline.

Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement

apomorphine, bromocriptine, quinagolide, cabergoline

[C2, C3, O4]

Édit. 2020

analgésique central l.m.

opioid analgesic, narcotic analgesic

Médicament opioïde dont le chef de file est la morphine et qui atténue ou supprime la douleur par une action sur des récepteurs spécifiques du système nerveux central, de la moelle épinière et des nerfs périphériques.
Les récepteurs aux opiacés sont de trois types principaux : mu, delta et kappa. Les opiacés règlent la transmission des stimulus nociceptifs par l'intermédiaire de ces récepteurs. Ils sont liés aux protéines G et leur activation présynaptique inhibe la libération de neuromédiateurs algogènes comme la substance P. Les ligands endogènes de ces récepteurs sont les enképhalines, les bêta-endorphines et les dynorphines.
Les opiacés utilisés en anesthésie sont des 4 phénylpipéridines, dérivées du fentanyl. Ce sont des agonistes sélectifs. Certains opiacés sont des agonistes partiels et sont utilisés pour l'analgésie postopératoire (buprénorphine, nalbuphine). Les opiacés sont administrés par voie entérale ou parentérale. La dépression respiratoire, effet indésirable le plus important, peut être à l'origine de complications hypoxiques graves. Dans sa forme caractéristique, cette dépression se traduit par l'«oubli de respirer» (analogue à la malédiction d'Ondine) facilement contrecarré par une simple stimulation verbale.

Étym. gr. an, privatif; algos: douleur

Ondine (malédiction de), P (substance)

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

neuroleptiques (effets indésirables des) l.m.p.

side effects of neuroleptics

Complications relativement fréquentes de l’emploi des neuroleptiques dont la correction et la prévention sont essentielles pour éviter l'arrêt du traitement.
On en décrit quatre groupes principaux :
- neurologiques, à type de dyskinésies aigües, de syndrome parkinsonien, de dyskinésies tardives et de crises comitiales ;
- végétatifs, essentiellement anticholinergiques, habituellement cardiovasculaires dont le plus grave est le syndrome malin, comportant une dysrégulation thermique ;
- endocriniens, reflétant l’action des neuroleptiques sur le système tubéro-infundibulaire qui est impliqué dans les régulations hormonales (prolactine, GH-LHRH) ; le syndrome aménorrhée-galactorrhée et la prise de poids sont fréquents ;
- psychiques, avec asthénie, passivité, indifférence, parfois état confusionnel surtout lors des fortes doses, ou état dépressif fréquemment lié au deuil forcé du délire.
L’ensemble de ces complications cède à l’arrêt du traitement, sauf les dyskinésies tardives.
Le blocage des récepteurs dopaminergiques D2 est probablement à l’origine des effets latéraux neurologiques et endocriniens. Plusieurs effets pharmacologiques correspondent à d’autres récepteurs: effet anticholinergique (bouche sèche, constipation, voire tableau occlusif, troubles urinaires), effet histaminique sur la vigilance, effet alpha-adrénolytique périphérique (somnolence, hypotension orthostatique, trouble de l'éjaculation). Le blocage simultané des récepteurs sérotoninergiques 5-HT2 (action de la clozapine) expliquerait la rareté des manifestations extrapyramidales.

activité intrinsèque l.f.

intrinsic activity

Pour un médicament, facteur de proportionnalité entre l'amplitude de l'effet pharmacologique et la concentration des récepteurs activés.
Par définition, alpha = 1 pour les agonistes capables de fournir la réponse maximale.

Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)

[G3,G5]

Édit. 2017

adénome hypophysaire à prolactine l.m.

prolactine pituitary adenoma

Bien que la prolactine (PRL) ait été l’hormone antéhypophysaire la plus tardivement identifiée, les adénomes à prolactine constituent la variété la plus fréquente et médicalement la mieux maîtrisée des tumeurs hypophysaires, réduisant spectaculairement leurs conséquences sur les troubles menstruels et l’infertilité.
Les prolactinomes constituent environ 40% des tumeurs des tumeurs hypophysaires,  sont présents chez un individu sur 1000. Leur expression prédomine dans le sexe féminin où ils sont déterminent typiquement un syndrome aménorrhée-galactorrhée, parfois simplement une anovulation responsable d’infertilité, ou une aménorrhée primaire lorsque l’affection survient à l’adolescence ; la recherche de céphalées typiquement rétro-orbitaires, d’altérations visuelles et de signes d’hypopituitarisme est indispensable.  Chez l’homme l’expression est pauvre, se marquant simplement par l’absence de libido, si bien que l’affection se révèle souvent tardivement au stade tumoral de macroprolactinome.
L’affirmation de la maladie est permise par la mesure de la PRL dont la valeur est constamment accrue (> 20 ng/mL) : modérément dans les microprolactinomes, mais avec des concentrations qui peuvent excéder plusieurs milliers lors des macroprolactinomes. En l’absence d’adénome prolactinique, un accroissement de la PRL s’observe aussi du fait d’artéfacts méthodologiques  (macroprolactinémies correspondant à l’agrégat de molécules de PRL par des immunoglobulines), ou en raison d’hyperprolactinémies « fonctionnelles » qu’explique la levée du frein de l’hypothalamus sur la sécrétion hypophysaire de PRL (lors de craniopharyngiomes et d’autres atteintes hypothalamiques, de pathologies de la tige pituitaire, de divers  processus expansifs hypophysaires…), de l’hypothyroïdie, de situations d’hyperoestrogénie, de prises médicamenteuses (neuroleptiques, antiémétiques…..).
L’IRM identifie la tumeur hypophysaire : microprolactinome de moins de 1 cm de diamètre hypo-intense en T1, hypersignal en T2 se rehaussant après injection de gadolinium ;  image de macroprolactinome refoulant l’hypophyse saine, déviant la tige pituitaire, avec parfois expansion suprasellaire s’appuyant sur la chiasma optique, ou envahissement du sinus sphénoïdal ou des sinus caverneux ; voire adénome géant de plus de 3 cm de diamètre, se comportant comme une véritable tumeur cérébrale.
L’enquête ophtalmologique (champ visuel au Goldman, test de Lancaster…) ne se justifie qu’en cas d’appui ou de menace du chiasma ou des sinus caverneux.
L’évaluation des autres axes antéhypophysaires à la recherche d’un déficit, ou d’une hyperproduction hormonale associée (GH, TSH…) est indispensable, de même qu’une  réflexion sur le caractère familial de la tumeur hypophysaire ou l’éventualité d’endocrinopathies associées.
L’affection relève essentiellement de thérapeutiques médicales par les agonistes dopaminergiques : surtout sous forme de cabergoline en prise hebdomadaire qui permet la réduction et souvent la normalisation du taux de PRL, la régression des signes cliniques, la réduction voire la disparition de la tumeur. La chirurgie se discute surtout en cas de tumeur mixte, de résistance ou d’intolérance au traitement médical.
Seulement en cas de bon contrôle morphologique et fonctionnel, la grossesse est autorisée traditionnellement avec la prescription de bromocriptine, ou aussi d’un autre dopaminergique (notamment de cabergoline), en interrompant la médication dès le début de la conception, et en assurant une surveillance essentiellement clinique. La médication est parfois maintenue tout au long de la grossesse dans les macroprolactinomes.

Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur

Syn. prolactinome

adénome hypophysaire, prolactine, dopaminergiques, cabergoline, bromocriptine

[F5, O4]

Édit. 2020

agoniste et antagoniste adj.

agonist and antagonist

Sens général : se dit d'une action opérant dans le même sens qu'une autre ou qui est en opposition avec elle.
En physiologie, muscle qui concourt ou s'oppose à un mouvement (par ex. dans le bras, le muscle triceps brachial est l'antagoniste du muscle biceps brachial).
En pharmacologie, substance ou système qui renforce ou neutralise l'action d'une autre substance ou système (par ex. les systèmes sympathique et parasympathique sont antagonistes).
L'affinité d'une substance active sur le plan pharmacologique est la tendance ou degré de stéréospécificité d'un ligand agoniste ou antagoniste à se combiner à un récepteur. Cette affinité est mesurée par l'étude de la liaison d'agonistes ou d'antagonistes radio-actifs sur le site du récepteur.

Étym. gr. agos : combattant ; lat. ago, agere : mettre en mouvement ; antagônistês : adversaire

[C2,G3,I3]

Édit. 2017

antagoniste des opiacés l.m.

opiate antagonist

Médicament s’opposant à l’action pharmacologique des opiacés.
Ces produits, utilisés en anesthésie (pour combattre la dépression respiratoire des opiacés) ou en toxicologie (traitement des surdoses), ont une structure chimique proche de celle des opiacés (substitution d’un radical diméthyl par un radical allyl ou méthyl-cyclo-propyl). Ils agissent par compétition au niveau des récepteurs mu : ce sont des antagonistes purs (naloxone, naltrexone) ou des antagonistes mu et agonistes kappa (nallorphine).
Ils doivent être utilisés avec prudence car, en anesthésie, ils peuvent entraîner des accidents (stimulation sympathique excessive par réapparition de la douleur) ou en toxicologie (syndrome de sevrage chez le toxicomane).

Étym. gr. ant : qui combat ; agonistes combattant

opiacé, surdose

[G1,G3,G5]

Édit. 2017

anxiolytiques adj. et n.m.

tranquilizer

Médicaments psychotropes ayant un effet d'apaisement de l'anxiété dont les principaux représentants sont les benzodiazépines (autrefois désignées tranquillisants mineurs).
Les anti-histaminiques réduisent l'anxiété : l'hydroxyzine est indiquée comme sédatif anxiolytique.
Les substances agissant sur le système sérotoninergique (agonistes 5-HT1A ) telle la buspirone sont une thérapeutique de l'anxiété chronique.
D'autres substances sont anxiolytiques à de faibles posologies:
-les antipsychotiques les plus sédatifs (autrefois désignés tranquillisants majeurs) : cyamémazine, lévomépromazine..
-les antidépresseurs les plus sédatifs : miansérine, trimipramine, amitryptilline....

Syn. tranquilisant

benzodiazépines, psychotropes

[H3,G5 ]

Édit. 2017

calpaïnes n.f.p.

Famille de cystéine protéases neutres activées par le calcium, inhibées par un inhibiteur endogène, la calpastatine et responsables de la lyse de protéines cytosoliques dont l’inhibiteur du facteur de transcription NF-kB (IkB)

Il existe 2 isoformes essentielles de l’enzyme, la calpaïne µ ou 1 activée par des concentrations micromolaires de calcium et la calpaïne m ou 2 activée par des concentrations millimolaires. Ces 2 isoformes forment des hétérodimères avec une sous-unité régulatrice commune (calpaïne4/CAPNS1). Ces hétérodimères sont activés par le calcium ou, aussi, par des kinases contrôlées par des agonistes extracellulaires (« extracellular signal-regulated kinases » ou ERK). Le rôle physiologique des calpaïnes a été étudié chez la souris par invalidation de leurs gènes (Capn1 et Capn2). Elles sont indispensables au développement embryonnaire, en particulier celui du cœur et des vaisseaux. Chez l’adulte, elles sont impliquées dans l’hypertrophie et la fibrose interstitielle pathologiques du myocarde. D’autres isoformes ont été découvertes ultérieurement. On en compte actuellement 15. Une mutation de la calpaïne 3 exprimée dans le muscle squelettique est responsable d’une dystrophie musculaire appelée dystrophie des membres et de la taille (« limb girdle dystrophy ») ou dystrophie de Erb.

W. H. Erb, neuropathologiste allemand, membre de l'Académie de médecine (1891)

calpastatine, Erb (myopathie d')

[C1,I4]

cancer de la prostate l.m.

prostate cancer

Terme général désignant l'ensemble des tumeurs malignes de la glande prostatique dont l'adénocarcinome, développé aux dépens des acinus, est de loin la plus fréquente, à côté de rares cas de carcinomes neuroendocrines (purs ou associés à des lésions d'adénocarcinome) et de très rares sarcomes prostatiques (principalement rhabdomyosarcome chez l’enfant, leïomyosarcome chez l’adulte).
L’adénocarcinome prostatique est en fréquence le deuxième cancer de l’homme, après celui du poumon. En France son incidence annuelle a considérablement augmenté ces dernières années, augmentation due en grande partie à la pratique du dépistage par le dosage du PSA (Prostatic Specific Antigen, Antigène spécifique prostatique) avec 71 000 nouveaux cas annuels, (projection InVS 2011). En revanche, la mortalité qui lui est due a tendance à diminuer responsables de 8700 décès (projection InVS 2011=. Variable selon les pays, l’incidence la plus élevée se trouve chez les noirs des États-Unis. Aucun facteur étiologique ou environnemental n’a été formellement mis en évidence. Par contre des facteurs familiaux et génétiques sont prouvés, et certains gènes identifiés. Son développement est androgénodépendant, du moins au début de l’évolution.
L’intérêt du dépistage organisé (diminution de la mortalité), basé sur le dosage du PSA n’a pas été prouvé. Le diagnostic, souvent suspecté sur une élévation du taux de PSA, ne peut reposer que sur l’histologie. Il est parfois fait sur les copeaux d’une résection endoscopique pour adénome. La coexistence des deux affections est fréquente. Le pronostic dépend en partie du grade histologique de Gleason établi sur des critères architecturaux et de l’importance de l’extension. Celle-ci peut être locale, franchissement capsulaire, envahissement du plan séminal, des espaces cellulaires périprostatiques, du plancher vésical (avec retentissement sur le haut appareil), du rétro-péritoine, régionale (extension aux chaînes lymphatiques ilio-obturatrices), ou métastatique (squelette principalement, poumon, névraxe). Elle est codifiée par la classification TNM. Le taux de PSA est un témoin de l’importance de la masse tumorale. Le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie et l’hormonothérapie anti-androgénique. Cette hormonothérapie repose sur divers moyens : pulpectomie testiculaire, agonistes de la LH-RH, anti-androgènes. Le traitement des cancers localisés est curatif et repose soit sur la chirurgie (prostatectomie totale associée à la lymphadénectomie pelvienne, associée éventuellement à une radiothérapie externe, soit sur la radiothérapie (brachythérapie ou radiothérapie externe); selon les données du bilan initial une hormonothérapie adjuvante peut être entreprise. Le traitement des formes évoluées localement et/ou métastatiques devient palliatif, associant de façon diverse chirurgie, radiothérapie et l’hormonothérapie, En cas d’échappement à celle-ci, une chimiothérapie peut être proposée. Le pronostic dépend du stade initial de la tumeur et de sa forme histologique.

D. F. Gleason, anatomopathologiste américain (1966)

Syn. carcinome de la prostate

adénocarcinome, rhabdomyosarcome, leïomyosarcome, antigène spécifique de la prostate, PSA, Gleason (score de), TNM (classification), hormonothérapie, agoniste de la LHRH, antiandrogène, pulpectomie testiculaire, brachythérapie

[F2,M2]

choc septique l.m.

septic shock

Syndrome caractérisé par une hyperthermie, une tachycardie, une leucopénie inférieure à 4000/mL ou une leucocytose supérieure à 12 000/mL et une baisse de la pression artérielle systolique au-dessous de 90 mm de mercure non corrigée par une perfusion de soluté.
Ce choc peut évoluer vers une défaillance multiviscérale avec augmentation de l’acide lactique dans le sérum, insuffisance rénale aiguë, insuffisance cardiaque à débit élevé avec augmentation du résidu post-systolique parfois insuffisance surrénalienne. Dans le modèle le mieux étudié, ce syndrome est déclenché par l’action des endotoxines des bactéries gram négatif. Des syndromes analogues peuvent être observés lors des infections à bactéries gram-positif (par ex. par les peptidoglycanes des staphylocoques dorés). Des syndromes de même mécanisme peuvent être provoqués par des infections fongiques, virales ou parasitaires ou bien en l’absence d’infection dans le cadre du choc traumatique ou des syndromes de choc consécutif aux brulures ou aux pancréatites aiguës hémorragiques. Le syndrome de défaillance respiratoire aiguë (ARDS : acute respiratory distress syndrome) met en jeu les mêmes mécanismes mais il est caractérisé par une symptomatologie à prédominance pulmonaire avec passage de plasma dans les alvéoles. L’ensemble de ces syndromes est désigné actuellement sous le nom de syndromes inflammatoires aigus systémiques (systemic acute inflammatory syndroms).
Les mécanismes sont multiples. Ils font intervenir plus particulièrement la libération massive de cytokines de l’inflammation TNFα et IL-1, puis de chimiokines provoquant l’adhérence des leucocytes et des plaquettes à l’endothélium, l’activation des cellules endothéliales avec expression de facteur tissulaire et coagulation locale. Les autres systèmes mis en jeu sont le système des kinines et l’activation du complément. Les traitements symptomatiques comprennent l’administration de corticostéroïdes à fortes doses, d’agonistes ß adrénergiques et de dopamine. Les anticorps anti-TNF et les récepteurs solubles de TNF sont en cours d’évaluation. Les anticorps monoclonaux dirigés contre les lipopolysaccharides ont donné des résultats décevants, de même que l’antagoniste du récepteur de l’IL-1, IL-1RA. La mortalité des syndromes inflammatoires aigus systémiques demeure particulièrement élevée.

syndrome inflammatoire aigu systémique

[D1,G1]

hyperkinésie volitionnelle l.f.

volitional hyperkinesia, hypercinesia

Mouvements brusques, démesurés, survenant au cours des mouvements volontaires et cessant au repos.
Leur persistance ou aggravation lors du maintien d'une attitude est la règle.
Selon que l'activité est rythmique ou arythmique, sont distingués schématiquement deux groupes par la clinique, parfois peu discriminante du fait de la vitesse du mouvement, et surtout par les enregistrements électrologiques :
- les formes rythmiques, d'une fréquence de 3-7 Hz, dont l'amplitude s'accroit lors du mouvement sans aboutir à l'état d'équilibre des tremblements posturaux. Il s'agit de lésions des pédoncules cérébraux dès lors qu'elles s'associent à une atteinte des voies de la sensibilité profonde, cette dernière ne pouvant plus assurer le contrôle du mouvement en substitution du déficit cérébelleux. Elles se produisent dans la sclérose en plaques (parfois précoces et pouvant être régressives, sinon plus tardives, en majorité chroniques, très invalidantes, indiquant un traitement chirurgical) et dans les traumatismes craniocérébraux (où les meilleurs résultats sont obtenus par les interventions thalamaiques de destruction ou de stimulation) ;
- les formes arythmiques, qui sont myocloniques. Ces décharges très brèves surviennent de façon synchrone sur agonistes et antagonistes, avec des accélérations instantanées très élevées. Elles sont surtout observées au cours d'encéphalopathies métaboliques, hépatiques ou toxiques, ces dernières liées au bromure de méthyle, au lithium ou au bismuth. Certaines sont sensibles au 5 HTP et d'autres aux composés gabaergiques, en particulier le piracétam à doses élevées.

Syn. dyskinésie d'intention et d'action, dyskinésie volitionnelle

dyskinésie, dyscinésie

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