Parkinson (maladie de) l.f.
Parkinson disease, paralysis agitans
Affection neurodégénérative liée à une perte neuronale affectant principalement les neurones dopaminergiques du mésencéphale, et essentiellement mais non exclusivement la pars compacta de la substantia nigra.
Bien que non pathognomoniques, des inclusions appelées corps de Lewy sont observées dans les neurones dopaminergiques restants et constituent un stigmate histopathologique de la maladie.
Plus fréquente chez l'homme que chez la femme, débutant en moyenne vers l'âge de 55 ans, son incidence initiale, de l'ordre de 1p.1000, atteint 1% après 60 ans. L'étiologie est inconnue. Les cas familiaux sont peu fréquents (environ 10%). Dans certaines populations, en particulier juifs et arabes – la mutation du gène LRRK2 (leucine rich repeat kinase 2), responsable d'une mutatation de la parko,est présente chez quasiment 40 % des maladies de Parkinson. Une seule mutation explique l'importance de la transmission. Il s'agit de la mutation G2019S localisée dans l’exon 41 du gène LRRK2, dont la taille est de 144 kb avec 51 exons codants. Cette mutation initialement associée à 6-7 % des formes familiales de la maladie de Parkinson d’origine européenne et à 2 % des cas apparemment isolés. Depuis, de nombreuses études montrent que la fréquence de la mutation G2019S varie considérablement selon l’origine géographique et ethnique des populations
Dans les formes complètes, établies au fil des années, elle comporte classiquement une triade majeure : akinésie avec amimie et perte du balancement automatique des bras ; hypertonie à type de rigidité plastique ; tremblement de repos sous forme d'émiettement. En résultent principalement, et de façon variable : des modifications posturales avec attitude générale en flexion ; une démarche caractéristique, à petits pas, les bras semblant collés au corps, parfois hâtive (dite festinante), le patient paraissant courir après son centre de gravité ; des kinésies paradoxales. Sont associés des troubles végétatifs (problèmes génito-vésico-sphinctériens, constipation, sécheresse buccale fréquente), des douleurs et paresthésies diverses dans un contexte de contrariété, d'hyperémotivité, de fatigue, par raideur musculaire, déformations vertébrales et/ou attitudes vicieuses, ainsi que des difficultés croissantes à communiquer (troubles de la voix, gêne pour l'écriture avec micrographie).
Le rythme du malade se ralentit avec les années. Ses difficultés de relation s'accroissent. Contrôle émotionnel instable, insomnie, fatigabilité et amaigrissement sont habituels. Des troubles psychiques, notamment dépressifs, se développeraient dans près de la moitié des cas.
La physiopathologie de la maladie est encore incomplètement connue. Néanmoins deux orientations sont étudiées.
La maladie de parkinson se caractérise par la dégénérescence des neurones dopaminergiques de la susbtance noire, provoquée par l'agrégation d'une protéine l'alpha-synucléine signe cardinal de la maladie. Cette protéine a des propriétés d'aggrégation mais aussi de propagation proche des maladies à prions. On connait depuis longtemps la connexion bidirectionnelle entre l'intestin et le cerveau. Or, l'alpha-synucléine est présente dans le système nerveux entérique, avant son apparition dans le cerveau suggérant une propagation intestin cerveau et confortant l'hypothèse d'une maladie à prions.
Un autre axe est la constatation d'une accumulation anormale de fer labile au niveau de la sustance noire, qui entraine une production importante de radicaux libres et, à terme, la mort des neurones dopaminergiques. La mort cellulaire non apoptotique , dépendante du fer appelé ferroptose, prédominante dans la maladie de Parkinson ouvre des perspectives thérapeutiques par les chélateurs du fer.
Le traitement de base, qui doit être retardé jusqu'à l'apparition d'une gène motrice significative est constitué par la L-Dopa, précurseur de la dopamine qui passe la barrière hémato encéphalique. L'apparition progressive de signes secondaires tels que les dyskinésies indiquent des traitements adjuvants tels des agonistes dopaminergiques ou des inhibiteurs de COMT.
La stimulation électrique cérébrale profonde, mise au point en France par L.A. Benabid à Grenoble, est une alternative séduisante, dont la complexité fait qu'ele ne peut s'appliquer qu' à un très petit nombre de patient.
En une dizaine d'années environ, malgré l'amélioration apportée notamment par les substances dopaminergiques, à une période de "lune de miel" relative succèdent inexorablement la maladie installée avec sa gène et sa restriction d'activité, puis la période de déclin d'efficacité du traitement avec des mouvements anormaux induits par celui-ci, des troubles majeurs de la marche, des chutes, une existence grabataire et des complications de décubitus.
J. Parkinson, médecin britannique (1817)
→ dopamine, Lewy (corps de), akinésie, amimie, rigidité, alpha-synucléine, prions (maladies à), apoptose, ferroptose, parkine, LRRK2 gene, L dopa, dyskinésie,
agoniste dopaminergique, inhibiteurs de la COMT
[H1, Q2]
Édit. 2019
locus niger l.m.
substantia nigra
locus niger
Noyau gris central qui se situe à l'étage mésencéphalique.
Du striatum, une voie principale (GABAergique) se rend au pallidum, se projette sur la région ventrale antérieure et ventrolatérale du thalamus et aboutit au locus niger dans sa pars reticulata, formant une partie du circuit striato-pallido-nigrique. Celui-ci est connecté au cortex moteur et prémoteur, donc à la voie pyramidale, modulant ainsi son activité.
La boucle dopaminergique nigrostriée se branche sur le système précédent, à côté d'un contingent afférent provenant de l'aire 4, des lobes pariétaux et temporaux. Ses axones sont issus de la pars compacta. Les deux tiers postérieurs du locus niger se projettent sur le putamen et la partie supra-thalamique du noyau caudé, l'autre tiers sur sa tête. Peu nombreuses au départ du locus niger, les fibres dopaminergiques se ramifient dans le striatum, donnant de nombreuses synapses, notamment avec des neurones dopaminergiques. Dans le striatum, ces synapses sont inhibitrices, si bien qu'une lésion de la voie nigrostriée diminue la concentration de dopamine dans le striatum correspondant.
Du noyau caudé et du putamen, le locus niger reçoit des fibres GABAergiques qui contrôlent l'activité de la voie nigrostriée dopaminergique. Cette régulation de la boucle nigrostriée permet au striatum de faire varier ses besoins en dopamine.
méthylphényltétrahydropyridine (MPTP) n.f.
methylphenyltetrahydropyridine
Substance qui provoque une destruction élective des neurones dopaminergiques et une sémiologie typique de maladie de Parkinson.
On sait que cette affection est principalement due à la dégénérescence des neurones de la pars compacta du locus niger, dont les projections qui se font sur le striatum, sont dopaminergiques.
Chez le primate, le MPTP constitue un modèle pathogénique expérimental de la maladie.
acromégalie n.f.
acromegaly, acromegalia
Identifiée par Pierre Marie comme « une hypertrophie singulière des extrémités céphalique et des membres », l’acromégalie est la conséquence chez l’adulte d’une production excessive d’hormone de croissance par un adénome hypophysaire somatotrope.
La dysmorphie acromégalique est d’installation lente, caricaturale après un dizaine d’années d’évolution, et l’observation de photographies anciennes témoigne de son caractère acquis. Elles s’exprime au niveau de la face : épaississement des traits et des lèvres, rides profondes, élargissement de la pyramide nasale, hypertrophie de la houppe du menon, macroglossie, écartement des dents, prognathisme avec perte de l’articulé dentaire. Les mains et les pieds sont larges et épais ; le sujet a dû élargir les bagues ou renoncer à les porter, a des difficultés à se chausser. Partout la peau est épaisse, les veines sont larges et saillantes ; l’hypertrophie des troncs nerveux contribue à la fréquence du syndrome du canal carpien, parfois à l’hypoacousie. La mégasplanchnie s’exprime sous forme d’un goitre, de cardiomégalie, d'hépatomégalie, de néphromégalie…..
Le retentissement général et métabolique de l’hypersomatotropisme est responsable d’hypersudation avec séborrhée, de fatigue, d'arthralgies, d'hypertension artérielle, de dysfonction ventriculaire avec troubles du rythme, d' apnée du sommeil, de diabète sucré avec insulinorésistance, d'hypercalciurie avec lithiase rénale, hyperphosphorémie….
La tumeur hypophysaire est précocement repérée par l’IRM hypophysaire. Elle peut déterminer céphalées, altération du champ visuel par la survenue d'un syndrome chiasmatique, troubles oculomoteurs dus à l'envahissement des sinus caverneux.
L’accroissement de l’IGF-1 constitue le meilleur argument en faveur du diagnostic et de l’évolutivité de la maladie. La taux d’hormone de croissance (GH) est accru, non freinable lors de l’épreuve d’hyperglycémie provoquée. La mesure des autres hormones antéhypophysaires évalue un éventuel déficit ou une hyperproduction hormonale associée (PRL, TSH…).
Le traitement radical consiste en l’exérèse sélective par voie transsphénoïdale de la tumeur et de son éventuel prolongement suprasellaire. En cas de contre-indication ou d’exérèse incomplète s’envisagent des thérapeutiques médicales : dopaminergiques (cabergoline) et surtout analogues retards de la somatostatine (octréotide, lanréotide) et en cas d’inefficacité antagoniste de la GH (pegvisomant). Le recours à la radiothérapie externe fractionnée ou une irradiation ciblée par le gamma knife est à envisager dans de rares situations.
Dans d’exceptionnelles situations l’acromégalie est en relation avec la production paranéoplasique de GH-RH ou somatolibérine (par une tumeur bronchique, pancréatique….). [O4]Édit. 2020
P. Marie, neurologue français, professeur d’anatomopathologique, membre de l’Académie de médecin ((1853-1940)
→ hormone de croissance, GH, somatolibérine, IGFP.
[O4]
Édit. 2020
adénome hypophysaire l.m.
pituitary adenoma
Tumeur développée au dépens de la glande antéhypophysaire (ou adénohypophyse).
Les adénomes hypophysaires sont présents chez environ 20 % de la population et constituent plus du quart des tumeurs intracrâniennes. La majorité sont de très petites tailles et latentes, repérées par l’exploration en IRM qui les détecte chez environ 10% des adultes.
Mais d’autres adénomes sont fonctionnels, responsables d’un syndrome d’hyperproduction hormonale : hyperprolactinisme (avec pour conséquence typiquement aménorrhée et galactorrhée chez la femme jeune, et des troubles de la libido dans les 2 sexes), sécrétion excessive de corticotrophine ou ACTH (déterminant la maladie de Cushing), de thyrostimuline ou TSH (responsable d’hyperthyroïdie avec goitre), d’hormone de croissance ou GH (à l’origine d’acromégalie chez l’adulte, rarement de gigantisme chez l’enfant), de gonadostimuline LH ou FSH. Certains adénomes produisent simplement la sous-unité alpha des hormones glycoprotéiques hypophysaires, ou des fragments d’hormones corticolipotropes (comme le 17-39 ACTH ou CLIP), ou sont responsables de sécrétions mixtes (par exemple PRL + GH, ou GH +TSH…).
L’autre expression des adénomes est tumorale : céphalées (rétro-orbitaires ou frontales ou bitemporales par hypertension intrasellaire), amputation du champ visuel (quadranopsie bitemporale supérieure puis hémianopsie bitemporale par compression du chiasma optique du fait de l’expansion suprasellaire), troubles de l’oculomotricité (par envahissement du sinus sphénoïdal).
L’inhibition des productions hormonales hypophysaires liée au développement de la tumeur, explique le développement possible d’un hypopituitarisme antérieur complet ou dissocié.
L’évaluation de la tumeur hypophysaire est permis par l’exploration métabolique et hormonale, l’IRM de la région hypothalamo-hypophysaire, s’il est besoin l’exploration fonctionnelle visuelle.
Des thérapeutiques médicales sont nécessaires pour corriger l’éventuelle insuffisance antéhypophysaire. Mais d’autres médications sont susceptibles de réduire ou de normaliser l’excès de production de prolactine (dopaminergiques), d’ACTH (pasiréotide), d’hormone de croissance (somatostatine, lanréotide) ou de bloquer son action (pegvisomant), et parfois diminuent le volume de la tumeur. Le recours à l’adénomectomie sélective par voie transsphénoïdale est encore souvent privilégiée notamment pour les adénomes corticotropes et somatotropes, ou apparaît indispensable dans les adénomes non fonctionnels. La radiothérapie garde des indications sous forme de télécobaltothérapie ou du gamma-knife.
L’identification de l’adénome s’effectue principalement par les caractérisation en immunohistochimie du tissu tumoral. Des enquêtes génétiques permettent de mieux identifier les formes familiales d’adénomes hypophysaires liées à des mutations des gènes de la ménine (responsables des néoplasies endocriniennes multiples de type 1), du gène AIP…
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
→ hypophyse, prolactine, hormone de croissance, ACTH, TSH, dopaminergiques, somatostatine, lanréotide, pasiréotide, pegvisomant, télécobaltothépie, gamma-knife, ménine, AIP
[F5, O4]
Édit. 2020
adénome hypophysaire à prolactine l.m.
prolactine pituitary adenoma
Bien que la prolactine (PRL) ait été l’hormone antéhypophysaire la plus tardivement identifiée, les adénomes à prolactine constituent la variété la plus fréquente et médicalement la mieux maîtrisée des tumeurs hypophysaires, réduisant spectaculairement leurs conséquences sur les troubles menstruels et l’infertilité.
Les prolactinomes constituent environ 40% des tumeurs des tumeurs hypophysaires, sont présents chez un individu sur 1000. Leur expression prédomine dans le sexe féminin où ils sont déterminent typiquement un syndrome aménorrhée-galactorrhée, parfois simplement une anovulation responsable d’infertilité, ou une aménorrhée primaire lorsque l’affection survient à l’adolescence ; la recherche de céphalées typiquement rétro-orbitaires, d’altérations visuelles et de signes d’hypopituitarisme est indispensable. Chez l’homme l’expression est pauvre, se marquant simplement par l’absence de libido, si bien que l’affection se révèle souvent tardivement au stade tumoral de macroprolactinome.
L’affirmation de la maladie est permise par la mesure de la PRL dont la valeur est constamment accrue (> 20 ng/mL) : modérément dans les microprolactinomes, mais avec des concentrations qui peuvent excéder plusieurs milliers lors des macroprolactinomes. En l’absence d’adénome prolactinique, un accroissement de la PRL s’observe aussi du fait d’artéfacts méthodologiques (macroprolactinémies correspondant à l’agrégat de molécules de PRL par des immunoglobulines), ou en raison d’hyperprolactinémies « fonctionnelles » qu’explique la levée du frein de l’hypothalamus sur la sécrétion hypophysaire de PRL (lors de craniopharyngiomes et d’autres atteintes hypothalamiques, de pathologies de la tige pituitaire, de divers processus expansifs hypophysaires…), de l’hypothyroïdie, de situations d’hyperoestrogénie, de prises médicamenteuses (neuroleptiques, antiémétiques…..).
L’IRM identifie la tumeur hypophysaire : microprolactinome de moins de 1 cm de diamètre hypo-intense en T1, hypersignal en T2 se rehaussant après injection de gadolinium ; image de macroprolactinome refoulant l’hypophyse saine, déviant la tige pituitaire, avec parfois expansion suprasellaire s’appuyant sur la chiasma optique, ou envahissement du sinus sphénoïdal ou des sinus caverneux ; voire adénome géant de plus de 3 cm de diamètre, se comportant comme une véritable tumeur cérébrale.
L’enquête ophtalmologique (champ visuel au Goldman, test de Lancaster…) ne se justifie qu’en cas d’appui ou de menace du chiasma ou des sinus caverneux.
L’évaluation des autres axes antéhypophysaires à la recherche d’un déficit, ou d’une hyperproduction hormonale associée (GH, TSH…) est indispensable, de même qu’une réflexion sur le caractère familial de la tumeur hypophysaire ou l’éventualité d’endocrinopathies associées.
L’affection relève essentiellement de thérapeutiques médicales par les agonistes dopaminergiques : surtout sous forme de cabergoline en prise hebdomadaire qui permet la réduction et souvent la normalisation du taux de PRL, la régression des signes cliniques, la réduction voire la disparition de la tumeur. La chirurgie se discute surtout en cas de tumeur mixte, de résistance ou d’intolérance au traitement médical.
Seulement en cas de bon contrôle morphologique et fonctionnel, la grossesse est autorisée traditionnellement avec la prescription de bromocriptine, ou aussi d’un autre dopaminergique (notamment de cabergoline), en interrompant la médication dès le début de la conception, et en assurant une surveillance essentiellement clinique. La médication est parfois maintenue tout au long de la grossesse dans les macroprolactinomes.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
Syn. prolactinome
→ adénome hypophysaire, prolactine, dopaminergiques, cabergoline, bromocriptine
[F5, O4]
Édit. 2020
antiémétique adj.et n.m.
anti-emetics drug
Qualifie un médicament préventif ou curatif des nausées ou vomissements.
Les nausées et les vomissements sont un inconvénient fréquent de l’anesthésie et de la chimiothérapie anticancéreuse. Les antiémétiques agissent sur les structures du tronc cérébral impliquées dans le déclenchement des vomissements (centre du vomissement et zone de déclenchement des chémorécepteurs (chemoreceptor trigger zone). La dopamine et la sérotonine sont les deux neuromédiateurs qui jouent un rôle prépondérant dans le déclenchement des vomissements. Les antiémétiques ont un effet anti-dopaminergique (neuroleptiques) ou antisérotoninergique (anti-H3, ondansétron et dérivés).
On distingue plusieurs classes : anti-cholinergiques (scopolamine), antihistaminiques (H1 de première génération (phéniramine), anti-dopaminergiques (métoclopramide), anti- sérotoninergiques 5HT3 (ondansetron).
Étym. gr. emetikos : vomitif, déverbal d'emeô : vomir
bromocriptine (test de freinage à la) l.f.
bromocriptine suppression test
Epreuve fonctionnelle renseignant sur la nature de la sécrétion de prolactine en cas d'hyperprolactinémie sans lésion hypophysaire radiologique.
La bromocriptine est un dérivé de l'ergot de seigle qui est un agoniste des récepteurs dopaminergiques D2. Ces récepteurs existent au niveau des cellules lactotropes de l'antéhypophyse qui sécrètent la prolactine. Le principal facteur contrôlant la sécrétion antéhypophysaire de prolactine est un freinage par la dopamine. Le test à la bromocriptine consiste à voir si les taux excessifs de la prolactine circulante sont freinés à plus de 50% du taux de base par la prise de 2,5 mg de bromocriptine. Etant donné la puissance de cet agoniste dopaminergique, ce freinage est obtenu dans la plupart des cas, quelle que soit l'étiologie de l'hyperprolactinémie, ce qui rend ce test peu utilisé.
Édit. 2017
butyrophénone n.f.
butyrophenone
Dérivé fluoré des phénothiazines ayant des propriétés neuroleptiques.
Les butyrophénones induisent une dépression du système nerveux central caractérisée par un état d’indifférence et une catalepsie, elles ont en outre un effet antiémétique. Elles agissent surtout comme antagonistes des récepteurs dopaminergiques centraux.
Elles ont été utilisées pour la neuroleptanesthésie (Mundeleer et De Castro), technique, actuellement abandonnée, d’anesthésie générale ou de sédation, réalisée par association d’un morphinique et d’un neuroleptique. Le dropéridol, dérivé de l’halopéridol, est la seule butyrophénone actuellement utilisée en anesthésie. On l'emploie comme anti-émétique et comme sédatif dans les états aigus d’agitation.
G. De Castro et P. Mundeleer, anesthésiologistes belges (1959)
→ neuroleptanalgésie, halopéridol
Édit. 2017
chlorpromazine (équivalent) l.m. (CPZ)
chlorpromazine equivalent
La chlorpromazine a inauguré la classe des médicaments neuroleptiques ( ou antipsychotiques ) capables de réduire les symptomes psychotiques tels que hallucinations, délire ,autisme.
A partir de la découverte de l’action thérapeutique de cette molécule ( Delay et Deniker )plusieurs molécules neuroleptiques ont été synthétisées ayant toutes comme effet indésirable l’induction d’effets extrapyramidaux ( rigidité musculaire, tremblements ). Sur le plan pharmacologique ces molécules se sont en effet avérées être antagonistes dopaminergiques .
A partir des années 1970 certains auteurs notamment anglo saxons ont proposé de choisir comme étalon l’affinité de la CPZ pour le récepteur dopaminergique D2 : ainsi était il proposé une équivalence entre une dose de CPZ et une dose des autres molécules produisant le même antagonisme dopaminergique.
Cette notion d’équivalent CPZ a été utilisée dans des programmes de recherche faisant fi des spécificités de chaque molécule tant sur le plan pharmacologique ( ces produits n’agissent pas exclusivement sur le récepteur D2 )que thérapeutique, identifiées par les classifications distinguant notamment molécules sédatives versus désinhibitrices, hallucinolytiques versus anxiolytiques.
Delay, neuropsychiatre français , membre de l’Académie nationale de médecine ( 1952 ); P.Deniker , neuropsychiatre français, membre de l’Académie nationale de médecine ( 1952 ).
Syn. Largactil©
→ chlorpromazine, neuroleptiques
[G3, G5, H3]
Édit. 2020
cinétose n.f.
Crise neurovégétative apparaissant chez l'Homme ou l'animal confronté à un déplacement périodique de fréquence voisine de l'hertz chez l'Homme adulte, cette fréquence étant plus élevée chez l'enfant parce que sa taille est plus petite (isométrie)
Cette crise peut survenir au cours des voyages en voiture, bateau, avion. Elle débute par un état de malaise avec vertige, baisse de vigilance, état nauséeux conduisant à des vomissements.
Les variations périodiques d'accélération agissent sur les canaux semi-circulaires, les otolithes, les récepteurs cinesthésiques des muscles et des viscères qui envoient leurs informations aux centres corticaux où elles sont comparées aux informations visuelles et aux données de la mémoire (au-dessous de l'âge de trois mois les enfants ne présentent pas de cinétose). La discordance entre ces différentes informations est la principale cause de cinétose. Tous les influx atteignent le plancher du 4e ventricule, près du noyau solitaire où se situe le centre des vomissements. Par les synapses dopaminergiques les neurones des voies autonomes excitent une grande production de sérotonine. Véhiculée par les plaquettes, la sérotonine est l'une des causes des effets digestifs et cardiovasculaires observés. La chaleur, la fatigue, le manque de sommeil, les excès alimentaires et la perception d'odeurs nauséabondes favorisent la cinétose en fragilisant les cibles d'action de la sérotonine. Le sexe féminin et surtout les enfants (maximum vers 12 ans) sont les plus sensibles. En microgravité, les accélérations produites par les mouvements du corps agissent seules sur les otolithes et le moindre mouvement peut entraîner une cinétose (mal de l'espace) très incapacitante pour les cosmonautes.
Lors du transport en ambulance, le patient doit être couché dans l'axe du véhicule, la tête en avant dans le sens de la marche, surtout s'il est en collapsus. Le traitement (efficace à 50%) vise à neutraliser les effets de la sérotonine : on emploie des timbres cutanés associant des neuroleptiques parasympathi
Étym. gr. kinêsis : mouvement ; ôsis : impulsion, trouble
Syn. mal de l'air, mal de mer, mal des transports
→ accélération, sérotonine,mal des transports
[N1]
désespoir comportemental (test de) l.m.
behavior despair test
Test qui fait partie des modèles comportementaux tentant de reproduire chez l'animal des conditions proches de la dépression humaine, fréquemment utilisé pour sélectionner des molécules potentiellement antidépressives.
Un rat ou une souris est immergé dans une enceinte remplie d'eau d'où il ne peut s'échapper. Il nage pendant un certain temps, puis cesse toute tentative de fuite, s'immobilise et se laisse flotter. Ce renoncement à la nage est interprété comme un comportement de désespoir. Après administration d'antidépresseurs, l'animal nage plus longtemps. L'effet de ceux-ci est assimilé au prolongement de l'espoir d'une issue favorable.
Les antidépresseurs sérotoninergiques sont sans effet au contraire des anticholinergiques et des dopaminergiques.
R. D. Porsolt, pharmacologue français (1977)
dopamine n.f.
dopamine
Dihydroxy-phényléthylamine, neuromédiateur biosynthétisé par différentes cellules nerveuses dites dopaminergiques, de la médullosurrénale ou des cellules chromaffines de l'intestin.
Elle est classée parmi les hormones dites catécholamines.
Dans la maladie de Parkinson, son déficit est constant au sein du locus niger et du striatum. Administrée par voie générale, elle ne franchit pas la barrière hémato-méningée. En revanche son précurseur, la L-dihydroxy-phénylalanine (L-dopa) pénètre dans le système nerveux où la dopadécarboxylase la transforme en dopamine. Mais une décarboxylation en dopamine se produit dans la plupart des tissus, si bien que seule, une fraction de la dose ingérée est disponible pour le système nerveux et que des doses élevées de l’ordre de 3 à 4 grammes par jour sont nécessaires. Ces doses ont des effets seconds sur l'ensemble de l'organisme, en raison des productions digestives et cardiovasculaires de dopamine. L'association à la L-dopa d'un inhibiteur de la décarboxylase qui ne peut pas franchir la barrière hémato-méningée, prévient ces effets indésirables et réserve au système nerveux central l'action du médicament.
Son rôle dans la régulation de la LH-RH est discuté. Ses propriétés pharmacologiques en font un médicament adrénergique utilisé dans le choc cardiogénique et les anuries du choc.
A. Carrlsson, neuropharmacologiste suédois, prix Nobel de médecine en 2000 (1957)
[G3]
Édit. 2020
gamma-encéphalographie n.f.
gammagraphy of the brain
Procédé consistant à injecter dans l'organisme un isotope radioactif par voie intraveineuse et à enregistrer la distribution dans l'encéphale de ses radiations gamma, à l'aide d'un détecteur à scintillation (compteur ou caméra).
Les caméras actuelles permettent une étude dynamique de la fixation à des temps plus ou moins précoces par rapport au moment de l'injection.
L'emploi de molécules franchissant la barrière hématoencéphalique (amphétamines marquées à l'iode 123, complexes lipophiles marqués au technétium 99m) autorise une étude approchée de la perfusion cérébrale locale.
L'emploi de traceurs spécifiques a permis les progrès de la tomographie d'émission (TEP ou SPET). Certains traceurs à tropisme tumoral (en particulier le FDG marqué au fluor 18) sont particulièrement utiles pour le diagnostic des tumeurs cérébrales.
L'emploi de ligands marqués semble très prometteur pour l'étude des récepteurs de neurotransmetteurs, (en particulier dopaminergiques, sérotoninergiques, opiacés).
Syn. gammagraphie cérébrale, scintigraphie cérébrale
greffe de neurones fœtaux dans les maladies neurodégénératives l.f.
fœtal neuron grafts in neurodegenerative diseases
Techniques de thérapie cellulaire par implantation de cellules prélevées sur le cerveau fœtal.
Ces greffes visent à traiter un problème majeur de santé publique, représentant plus de 1% de la population, appelé à s'aggraver avec le vieillissement progressif de la société, et dont les thérapeutiques restent soit non validées (maladie d'Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Huntington, etc.), soit suivies d'effets partiels ou transitoires (maladie de Parkinson, p. ex.).
Il peut s'agir de remplacer anatomiquement et fonctionnellement des neurones déficients par des greffes striées de neurones fœtaux dopaminergiques ou de renforcer les défenses naturelles des cellules nerveuses, avec notamment l'apport (par thérapie génique) de facteurs protéiques neuroprotecteurs.
Le potentiel thérapeutique de l'approche substitutive dans la maladie de Parkinson est réel, mais semble inégal et concerne jusqu'à présent un petit nombre de patients traités dans des centres hyperspécialisés. L'approche neuroprotectrice est en cours d'évaluation.
hémiballisme n.m.
hemiballism
Mouvement involontaire rare, spectaculaire, caractérisé par la projection imprévisible, extrêmement brusque, arythmique, d'un membre, surtout supérieur, plus ample que le geste choréique, prédominant au niveau des racines, avec tendance à la flexion et à l'enroulement du membre sur son axe.
Sa nature ballique est discutée. Le plus souvent, il s'agit d'un hémiballisme, intéressant l'hémicorps. Dans ses formes mineures, il est provoqué par la station debout et la station assise sur un plan instable. Dans les formes graves, la mort est possible par épuisement. Sinon, l’hémiballisme s'atténue au cours des semaines, évoluant habituellement vers un syndrome choréique (plutôt hémichoréique), auquel il se rattache nettement. Une situation grabataire est fréquente.
Parmi ses nombreuses causes domine la destruction par une hémorragie du corps sousthalamique de Luys controlatéral.
Les bloqueurs des récepteurs dopaminergiques D2, les médicaments qui provoquent une déplétion de la dopa et de la sérotonine, ceux qui facilitent la transmission GABAergique, semblent efficaces sur les symptômes. À défaut, la chirurgie stéréotaxique a été utilisée.
J. B. Luys, neuroanatomiste et neuropsychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1865)
Étym. gr. hemi : demi ; ballô : jeter, lancer
[H1]
inotrope cardiaque l.m.
cardiac inotropic drug
Médicament possédant une action qui augmente la puissance de la contraction du cœur, utilisé pour traiter l'insuffisance cardiaque et certains troubles du rythme, représenté par les digitaliques, les agonistes β-adrénergiques (agonistes β1 préférentiels, agonistes β2 adrénergiques, agonistes dopaminergiques), certains inhibiteurs des phosphodiestérases.
Étym. gr. is, inos : muscle, tropein : aller vers
syndrome des jambes sans repos l.m.
restless legs syndrome
Syndrome fréquent, caractérisé par une sensation d'inconfort créant un besoin irrépressible de remuer les membres inférieurs, qui apparaît comme une parasomnie périodique.
Ce trouble comporte de brefs mouvements stéréotypés de dorsiflexion du pied et de flexion de la jambe et de la cuisse, se répétant toutes les 30 secondes environ. Il est le plus souvent associé à des paresthésies ou à des dysesthésies et à des mouvements périodiques nocturnes, aggravé par le repos ou soulagé par un déplacement de membre.
Il est décrit dans les polyneuropathies sensitives, le syndrome parkinsonien et certains états névrotiques. Idiopathique, il peut être familial.
Le traitement repose sur les benzodiazépines, voire la dopamine ou les dopaminergiques, ou encore des antiépileptiques. La correction d'une carence ferrique peut aussi s'avérer efficace, le fer paraissant nécessaire au métabolisme de la dopamine et à d’autres transmetteurs.
K. A. Ekbom, neurologue suédois (1938)
Syn. syndrome d'Ekbom
→ parasomnie, paresthésie, dysesthésie, neuropathie sensitive, syndrome parkinsonien, névrose, benzodiazépines, dopamine, antiépileptique
[H1]
Édit. 2019
neuroleptiques (effets indésirables des) l.m.p.
side effects of neuroleptics
Complications relativement fréquentes de l’emploi des neuroleptiques dont la correction et la prévention sont essentielles pour éviter l'arrêt du traitement.
On en décrit quatre groupes principaux :
- neurologiques, à type de dyskinésies aigües, de syndrome parkinsonien, de dyskinésies tardives et de crises comitiales ;
- végétatifs, essentiellement anticholinergiques, habituellement cardiovasculaires dont le plus grave est le syndrome malin, comportant une dysrégulation thermique ;
- endocriniens, reflétant l’action des neuroleptiques sur le système tubéro-infundibulaire qui est impliqué dans les régulations hormonales (prolactine, GH-LHRH) ; le syndrome aménorrhée-galactorrhée et la prise de poids sont fréquents ;
- psychiques, avec asthénie, passivité, indifférence, parfois état confusionnel surtout lors des fortes doses, ou état dépressif fréquemment lié au deuil forcé du délire.
L’ensemble de ces complications cède à l’arrêt du traitement, sauf les dyskinésies tardives.
Le blocage des récepteurs dopaminergiques D2 est probablement à l’origine des effets latéraux neurologiques et endocriniens. Plusieurs effets pharmacologiques correspondent à d’autres récepteurs: effet anticholinergique (bouche sèche, constipation, voire tableau occlusif, troubles urinaires), effet histaminique sur la vigilance, effet alpha-adrénolytique périphérique (somnolence, hypotension orthostatique, trouble de l'éjaculation). Le blocage simultané des récepteurs sérotoninergiques 5-HT2 (action de la clozapine) expliquerait la rareté des manifestations extrapyramidales.
Parkinson (maladie de) et troubles mentaux l.f.
Parkinson disease and mental disorders
Manifestations fréquentes caractérisées par la prévalence importante des troubles de l’humeur (3 à 8% de syndromes dépressifs survenant dans 15 à 25% des cas avant les troubles moteurs) et du risque suicidaire qui doit être prévenu mais aussi de syndromes anxieux en particulier dans les formes précoces et plus rarement de manifestations psychotiques de type confuso-délirantes ou oniro-hallucinatoires en particulier lors des adaptations thérapeutiques, d’un épisode infectieux fébrile intercurrent ou d’une intervention chirurgicale.
Les modifications neurochimiques spécifiques de la maladie sont à l’origine des troubles cognitifs spécifiques mais aussi d’un ralentissement psychomoteur qui doit faire rechercher un syndrome dépressif infraclinique et plus rarement une évolution démentielle.
Les antidépresseurs corrigent les manifestations thymiques grâce à leurs effets sérotoninergiques et noradrénergiques mais aussi partiellement les manifestations motrices grâce à leurs effets dopaminergiques. Les électro-convulsivothérapies peuvent, dans les cas sévères, avoir des effets thérapeutiques remarquables à la fois sur la dimension thymique et sur le syndrome extra pyramidal.
J. Parkinson, médecin britannique (1817)
Syn. Parkinson (maladie de) et troubles psychiques
parkinsonien (prise en soins d'un) l.f.
caregiving to a parkinsonian patient
Nécessité, dès la révélation du diagnostic, d'une attitude holistique dépassant, malgré son intérêt, la seule chimiothérapie, attachée à l'accompagnement du patient ainsi que des siens durant des années, dans une évolution inexorable et de plus en plus éprouvante.
Destinée à pallier le déficit nigrostrié en dopamine, la L-dopa à doses élevées est associée surtout à un inhibiteur de la décarboxylase, afin de prévenir ses effets seconds (principalement digestifs et cardiova
Ces molécules sont efficaces à la période initiale de "lune de miel", généralement peu invalidante et compatible avec une vie normale.
Une dégradation progressive aboutit à la période de maladie installée, avec son handicap permanent qui fluctue à des degrés divers selon les moments de la journée, les horaires des prises de médicaments et des évènements externes comme les repas ou les émotions. L'exercice physique est une nécessité tout au long de l'évolution.
À la période de déclin de l'efficacité thérapeutique, voire de mouvements anormaux iatrogènes, les patients présentent plutôt des troubles de la marche, des chutes répétées, des difficultés majeures d'élocution, parfois des déformations articulaires, avec perte de leur statut dans la cellule familiale et dévalorisation de l'image de soi. Le rôle du médecin, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des associations est alors essentiel.
Des traitements neurochirurgicaux (notamment stimulation des noyaux sous-thalamiques) sont très efficaces sur les symptômes, mais ne sont indiqués que chez les sujets jeunes (moins de 60 ans) et ayant épuisé les effets bénéfiques de la L-dopa.
Le soutien psychique à l'égard d'un entourage souvent du même âge, lassé, voire épuisé par des charges de travail croissantes, dépassé par des variations symptomatiques souvent déconcertantes, inquiet sur le plan social et financier, parfois surprotecteur ou impatient, se montre indispensable.
Pour l'avenir, les résultats d'une greffe striée de neurones fœtaux à dopamine restent inégaux.
phénothiazine n.f.
phenothiazine
Famille de médicaments de structure tricyclique (deux noyaux benzéniques reliés par un atome de soufre et un d'azote) ayant des propriétés neuroleptiques par inhibition des récepteurs dopaminergiques D2 du système nerveux central.
Elles ont aussi des effets antihistaminiques (anti- H1), anticholinergiques, antisérotoninergiques (anti- 5HT2) et adrénolytiques qui expliquent leurs actions antihistaminiques, antiémétiques et celles secondaires (hypotension artérielle, dyskinésie, syndrome extrapyramidal). Elles sont actuellement utilisées surtout en psychiatrie comme sédatifs. Leur chef de file est la chlorpromazine (Delay et Deniker, 1952-Largactil®) premier médicament efficace dans les syndromes psychotiques aigus et chroniques, elle a été utilisée en anesthésie (Laborit et Huguenard : hibernation artificielle, cocktail lytique, 1953). Les phénothiazines ne sont plus employées en anesthésiologie que dans le traitement des nausées et des vomissement postopératoires.
J. Delay et P. Deniker, neuropsychiatres français, membres de l’ Académie de médecine (1952) ; H Laborit, chirurgien, neurobiologiste français et P Huguenard, anesthésiste-réanimateur français (1952)
rispéridone n.f.
Antipsychotique atypique, de la classe des benzisoxalones, antagoniste des récepteurs alpha-adrénergiques, sérotoninergiques 5-HT3 et dopaminergiques D2.
Elle est douée de propriétés thymorégulatrices
[H3,G5 ]
Édit. 2017/2
sitiophobie n.f.
sitiophobia
Au sens large, refus pathologique de nourriture, total ou concernant certains aliments.
Il s'agit principalement de : mécanismes phobo-obsessionnels (à propos p. ex. d'aliments isolés avec parfois lutte anxieuse lors des tentatives d'ingestion) ; conduites hystériques ; ritualisations hypocondriaques ; monde délirant chronique mystique ou persécutif d'empoisonnement ; certaines mélancolies délirantes avec culpabilité et recherche de mortification ; idées de négation. En sera rapproché le "délire localisé" des anorexies mentales, surtout extrêmes.
Grâce aux moyens actuels de traitement, les délires aigus, avec leur agitation, leur sitiophobie et leurs troubles hydroélectrolytiques, ont pratiquement disparu.
Une aversion organique pour la nourriture, véritable aphagie, s'en rapproche, p. ex. après traumatisme crânien grave. Une dysconnexion entre l'amygdale et le cortex gustatif insulaire, de même que des altérations des systèmes neurotransmetteurs dopaminergiques, ont été mises en cause.
Étym. gr. sition : aliment ; phobos : crainte
substance P l.f.
P substance
Peptide de la famille des tachykinines ayant un rôle de neurotransmetteur notamment dans la substance noire (locus niger) et les voies dopaminergiques nigrostriales du système nerveux central, ainsi que dans les neurones périphériques des fibres sensorielles conduisant les messages nociceptifs.
La substance P est aussi biosynthétisée dans les cellules APUD (amine precursor uptake and decarboxylation) de l'intestin et dans le pancréas. Les récepteurs de la substance P sont constitués par les sites NK1 des cellules cibles. C'est un undécapeptide.
Par son action sur des récepteurs spécifiques NK1, l 'activation de ces récepteurs a un effet pro-inflammatoire et hyperalgésiant.
La substance P a un rôle régulateur sur de nombreux systèmes aminergiques : augmentation du péristaltisme du tube digestif, vasodilatateur puissant, bronchoconstricteur. Elle intervient aussi dans l’inflammation et dans les mécanismes du sommeil. Les médicamengts morphiniques sont des inhibiteurs de la substance P.
Sigle SP