Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

27 résultats 

Fick (principe de) l.m.

Fick's law diffusion

Principe expliquant les rapports entre la consommation d'oxygène et le débit cardiaque.
Dans un échangeur, le passage d'un gaz entre la phase gazeuse et le sang est régi par le principe de conservation de la masse : la quantité de gaz échangée en régime stable est égale à la différence de quantité entre l'entrée et la sortie du gaz fixé sur le sang.
Appliqué à la consommation d'oxygène, V'O2, dans les poumons et au débit de sang qui emporte cet O2 dans les veines pulmonaires, ce principe permet la mesure du débit cardiaque, Q', grandeur cardinale, selon la formule :
où la parenthèse au dénominateur exprime la différence de concentration en O2 entre le sang veineux mêlé et le sang artériel général.
Avec un autre gaz on aurait la même équation (acétylène, N2O et xénon, ont été employés).
L'application de ce principe peut permettre de mesurer le débit cardiaque. La surveillance du débit cardiaque est utilisée dans les états graves (insuffisances cardiaques, pneumopathies aigües, états de choc).

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

cardinale (grandeur), débit cardiaque, physiologie respiratoire (symboles),Fick (loi de)

[B1,K1,K2]

Édit. 2018

axes de Fick l.m.p.

Axes imaginés par A. Fick pour décrire les mouvements de l’œil.
Les deux axes de torsion, formant un plan frontal (plan de Listing), sont appelés respectivement axe X (horizontal) et axe Z (vertical), et l’axe antéro-postérieur est appelé axe Y. en calculant les angles que forment les axes de rotation des divers muscles avec les axes du système de Fick, on peut établir avec précision l’action de chacun de ces muscles.

A. Fick, physiologiste allemand (1829-1901)

Fick (loi de) l.f.

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

diffusion, Fick (principe de)

[B1]

Édit. 2018

ligament sacro-iliaque postérieur vertical long de Fick l.m.

A. Fick, physiologiste allemand (1829-1901)

ligament sacro-iliaque postérieur

Fick (loi de) l.f.

A. Fick, physicien et physiologiste allemand (1829-1901)

diffusion, Fick (principe de)

[B1]

Édit. 2018

équation colorée métamérique l.f.

color equation

Formulation colorimétrique exprimant une égalisation d'aspect coloré entre deux stimulus de couleur juxtaposés, dont l'un est une radiation monochromatique et l'autre un mélange convenable de deux couleurs.
Ces deux stimulus d'aspect identique et de compositions différentes sont dits métamères. Les principales équations colorées utilisées en clinique sont celles de Rayleigh, Trendelenburg et Moreland ; elles sont présentées au sujet au moyen d'anomaloscopes.
Il est nécessaire d'utiliser deux équations colorées métamériques pour tester l'ensemble de la vision colorée. L'une doit tester le couple antagoniste rouge-vert, le plus souvent il s'agit de l'équation de Rayleigh (rouge + vert = jaune), l'autre testera le couple antagoniste bleu-jaune, p. ex. l'équation de Moreland (bleu + vert = cyan).

J. W. Strutt, baron Rayleigh, physicien britannique, prix Nobel de physique en 1904 (1889) ; J. D. Moreland, physiologiste de la vision britannique (1978 et 1979)

anomaloscope, colorimètre

[B3, P2]

Édit. 2020

Gompertz (équation de) l.f.

B. Gompertz, mathématicien britannique (1779-1865)

croissance contrainte

Henderson-Hasselbalch (équation d') l.f.

Henderson-Hasselbalch’s equation

Elle montre comment la ventilation et l'excrétion rénale assurent l'équilibre acide-base de l'organisme. Cette équation traduit l'équation chimique
H+ + HCO3- = H2CO3
Pour l'usage clinique cette équation est traduite sur le diagramme de Davenport.
Le maintien de l'équilibre acide-base, c'est-à-dire d'un pH du sang normal et de la stabilité du milieu intérieur dépend de l'équilibre entre les bicarbonates (excrétés ou retenus par les reins) et le CO2 (excrété par les poumons) qui règle le pH du sang.
Ce que l'on peut écrire symboliquement : équilibre acido-basique
[H+] = excrétion rénale / ventilation alvéolaire = reins / poumons et centres respiratoires

L. Henderson, biochimiste américain, membre de l'Académie de médecine (1908) ; K. Hasselbalch, clinicien et biochimiste danois (1916)

Davenport (diagramme de), équilibre acide-base, pH, pK, pK'

[C2,M1,K1]

Édit. 2015

Larmor (équation de) l.f.

Larmor’s equation

J. Larmor, Sir, mathématicien et physicien irlandais (1857-1942)

Syn. relation de Larmor

Larmor (fréquence de), précession

Loeb (équation de) l.f

Loeb’s equation

Rapport de la somme des concentrations de potassium et de sodium sur celle des concentrations de calcium et magnésium (1ère équation) corrigée ultérieurement en ajoutant au dénominateur la concentration de protons (équation finale).
Jacques Loeb essaya de définir les conditions idéales de l’équilibre électrolytique dans le sang et dans l’eau de mer pour assurer des fonctions physiologiques optimales. Il aboutit à la conclusion de la nécessité d’un équilibre entre la concentration des cations monovalents (Na+ et K+) et divalents (Ca2+ et Mg2+) qu’il modifia ultérieurement en ajoutant la concentration de proton (H+) à celle des cations divalents. Il constata que les concentrations relatives de ces cations étaient identiques dans le sang et l’eau de mer.

J. Loeb, biologiste allemand (1910)

Moreland (équation de) l.f.

Moreland equation

Équation colorée consistant à égaliser l'aspect d'une radiation monochromatique cyan (480 nm) par un mélange de violet (436 nm) et de vert (490 nm).
En pratique, il est nécessaire de désaturer légèrement la radiation de 480 nm par un jaune (58 nm). L'intérêt pratique de cette équation est de minimiser ou d'annuler l'influence du pigment maculaire sur le résultat de l'équation.

J. D. Moreland, physiologiste britannique de la vision (1978)

Rayleigh (équation de) l.f.

Rayleigh’s equation

Équation colorée consistant à égaliser l'aspect d'une radiation monochromatique jaune (sodium 589 nm) par un mélange de vert (thallium 535 nm) et de rouge (lithium 670 nm).

J. W. S. Rayleigh, Sir, physicien britannique, prix Nobel de physique en 1904 (1842-1919)

Trendelenburg (équation de) l.f.

Trendelenburg’s equation

Équation colorée (1941) dérivant de l'équation d'Engelking (1925), consistant à égaliser l'aspect d'une radiation monochromatique bleu-vert (490 nm) par un mélange de bleu (470 nm) et de vert (519 nm).
Cette équation classique a été remplacée par l'équation de Moreland, qui présente l'avantage d'être peu ou pas influencée par l'absorption sélective des radiation par le pigment maculaire.

W. Trendelenburg, physiologiste allemand (1941) ; E. Engelking, ophtalmologiste allemand (1924) ; J. D.  Moreland, physiologiste britannique (1974)

Gyorgy (équation de) l.m.

Gyorgy's equation

Quantification de l’excitabilité neuromusculaire par l’équation : K++HPO43-+HCO3-/Ca2++Mg2+ + H+

excitabilité neuromusculaire

[C2,H1,I4]

Édit. 2018

abstinence analytique (principe d') l.m.

abstinence (rule of)

Règle qui impose à l'analyste de ne pas répondre aux demandes de son patient, plus particulièrement à sa demande d'amour.
Il importait pour S. Freud que les exigences libidinales de l'analysant, ne trouvant pas de satisfaction dans la cure, restassent mobilisées au service du changement.
L'autre aspect de cette règle, qui pour les mêmes raisons consistait à interdire au patient la poursuite d'activités répétitives ou la prise de décisions vitales importantes, est aujourd'hui contesté ou nuancé par beaucoup d'analystes.

[H3]

Édit. 2016

Carnot (principe de) l.m.

Carnot’s principle

N. Sadi Carnot, physicien français (1824) 

thermodynamique (lois de la)

[B1]

légalité (principe de) l.m.

principle of legality

1) En droit administratif, principe fondamental de l’action administrative selon lequel l’administration ne peut agir qu’en conformité avec le droit.
Cette conception née des travaux de Léon Duguit a généré une théorie juridique de l’Etat de droit soutenue par l’ « Ecole du service public » dite « Ecole de Bordeaux », en opposition avec l’ « Ecole de la puissance publique » soutenue par Maurice Hauriou. Il est actuellement admis qu’à titre de garantie élémentaire des administrés la notion de service public fonde l’Etat et sa limite contrairement aux thèses qui mettent en avant une vision de l’Etat comme puissance publique dont la nature même justifierait un droit d’exception.
2) En droit pénal, principe selon lequel tout acte constituant un crime doit être défini par la loi ainsi que les peines qui lui sont appliquées.
Le principe est exprimé par l’adage latin : « Nullum crimen, nulla poena sine lege »

L. Duguit, juriste français (1859-1928) ; M. Hauriou, juriste et sociologue français (1856-1929)

précaution (principe de) l.m.

principle of precaution

«L'absence de certitude, compte tenu des connaissances scientifiques et techniques du moment, ne doit pas retarder l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à l'environnement à un coût économiquement acceptable» (Loi du 2 février 1995 relative au renforcement et à la protection de l'environnement dite loi Barnier).
Ce principe, proposé à la Conférence de Rio de Janeiro (1992) et repris pour l'environnement par l'Union Européenne (conférence de Schengen), a été étendu au domaine médical bien que sa valeur juridique soit très contestée, car, en droit, un «principe» n'implique pas une application obligatoire tant qu'elle n'a pas été spécifiée par un règlement dans chaque cas particulier.
En fait il semble que ce principe ne devrait s'appliquer qu'aux décisions administratives concernant des enjeux importants (prévention d'épidémies, prévention de la transmission à l'homme de l'encéphalite spongiforme, etc.) et non aux décisions médicales individuelles.
Respecter le vieux principe médical primum non nocere, «d'abord ne pas nuire», paraît suffisant comme règle thérapeutique. Cependant le «principe de précaution» a été, abusivement, semble-t-il, poussé à l'extrême avec la notion de «risque zéro», notamment dans le domaine de protection contre les radiations ionisantes ou dans celui des très faibles doses de polluants toxiques.

risque «zéro»

principe actif l.m.

active agent

Constituant naturel provenant d’un végétal, d’un organe animal ou d’un microorganisme ou d’une substance chimique, doué d’activités pharmacologiques.
Le principe actif peut être utilisé en thérapeutique, soit directement après extraction comme la quinine de l’écorce du quinquina, soit introduit dans un médicament, comme l’aspirine dans un comprimé. Cette substance représentant la partie pharmacologiquement active du médicament  est incluse dans un ensemble de composés inertes constituant l'excipient.

Étym. lat. activus : actif (dérivé d'agere : agir)

présentation d'un médicament.

principe de Carnot l.m.

Carnot’s principle

N. Sadi Carnot, physicien français (1824)

thermodynamique (lois de la)

[B1]

principe de constance l.m.

principle of constancy

Principe freudien selon lequel la quantité d'excitation de l'appareil psychique doit se maintenir à un niveau constant et aussi bas que possible.
L'appareil psychique est ainsi confronté à la tâche permanente d'avoir à permettre la décharge de la charge énergétique en excès fournie par la pulsion, et à se défendre des excitations venues de l'extérieur.
Le principe de constance est couplé avec le principe plaisir-déplaisir, le déplaisir correspondant à l'accroissement de la tension énergétique et le plaisir au retour à son minimum de l'excitation.

principe de justification l.m.

justification principe

Principe qui rappelle que toute irradiation médicale doit être justifiée, c'est-à-dire que le bénéfice attendu de l'examen ou du traitement doit être largement supérieur aux inconvénients encourus, notamment par l'irradiation qu'il va impliquer.
Ce principe figure dans les Directives européennes sur la radioprotection des travailleurs et des patients de 1997.

principe de la contradiction l.m.

principle of opposition

Principe directeur sur lequel repose le principe de l’égalité des armes fondement d’un procès équitable.
Le principe de la contradiction est édicté dans les articles 14 à 16 du code de procédure civile :
«- art. 14-nulle partie ne peut être jugée sans avoir été entendue ou appelée ;
- art. 15-les parties doivent se faire connaître mutuellement en temps utile les moyens de fait sur lesquels elles fondent leurs prétentions, les éléments de preuve qu’elles produisent et les moyens de droit qu’elles invoquent, afin que chacune soit à même d’organiser sa défense ;
- art. 16-(Décr. N° 81-500 du 12 mai 1981). Le juge doit, en toute circonstance, faire observer et observer lui-même le principe de la contradiction. Il ne peut retenir, dans sa décision, les moyens, les explications et les documents invoqués ou produits par les parties que si celles-ci ont été à même d’en débattre contradictoirement. Il ne peut fonder sa décision sur les moyens de droit qu’il a relevés d’office sans avoir au préalable invité les parties à présenter leurs observations. »
Ce principe est intangible. Il est inscrit dans l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme que la Cour de Strasbourg se charge régulièrement de rappeler aux Etats européens.

Syn. principe du contradictoire (incorrect)

conciliation, médiation

principe de plaisir l.m.

pleasure principle

Principe général qui guide, selon S. Freud, le fonctionnement de l'appareil psychique. Celui-ci cherche à éviter le déplaisir, qui correspond à un accroissement de la quantité d'excitation interne, et à produire du plaisir par décharge de cette énergie en excès.
Sous l'influence du principe de plaisir, le nourrisson peut halluciner l'objet de satisfaction, rendant nécessaire l'intervention régulatrice d'un principe de réalité.
Peu avant de construire sa deuxième topique, Freud découvre que le sujet peut aussi tirer une satisfaction de l'accroissement de la tension, dans la névrose traumatique par ex., une satisfaction au-delà du principe de plaisir. Cette constatation l'amène à formuler son hypothèse de la pulsion de mort.

hédonisme

principe de réalité l.m.

principle of realty

Principe régulateur du principe de plaisir qui tend à la décharge immédiate de l'excitation. Le principe de réalité impose un écoulement différé de l'énergie, en la liant, qui tienne compte des exigences et des possibilités du monde extérieur.
Alors que le principe de plaisir caractérise le régime énergétique de l'inconscient, où l'énergie s'écoule librement, le principe de réalité caractérise, lui, le fonctionnement du préconscient et du subconscient (énergie liée). Mais tous les deux concourent au même but : la décharge des quantités d'excitation venues de la pulsion et la défense contre les excitations provenant de l'extérieur.

réalité

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