Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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cellule suppressive l.f.

suppressor cell

Cellule exerçant une fonction de régulation négative sur l'induction ou l'expression de certaines formes de réponses immunitaires.
Les cellules suppressives sont particulièrement hétérogènes. Elles sont mises en évidence au cours d’expériences de transfert adoptif de lymphocytes T chez l’animal. Il peut s’agir de cellules sécrétrices d’IL-10 et de TFGß induites par l’administration orale de l’antigène. Dans d’autres modèles des cellules T de type Th2 ont un effet antagoniste vis-à-vis des cellules de type Th1 productrices d’interféron gamma.

cellules T auxiliaires, cellule T suppressive

chondrosarcome n.m.

chondrosarcoma

Tumeur maligne primitive de l'os produisant du cartilage tumoral exclusif ou associé à un contingent fibroblastique d'importance variable mais sans jamais production de tissu osseux tumoral.
Elle représente environ 20% des tumeurs malignes osseuses primitives qui atteignent surtout les adultes (prédominance masculine 2/3) de plus de 30 ans (âge moyen : 45 ans). Les cartilages les plus souvent atteints correspondent aux os les plus volumineux comme le fémur, le tibia, l'humérus, mais aussi le pelvis.
Un grade histopronostique permet d’en apprécier l’agressivité.
La tumeur est le plus souvent primitive mais elle est parfois secondaire à un ostéochondrome ou à un chondrome. Il existe des chondrosarcomes postradiothérapiques.
Plusieurs sous-types anatamopathologiques sont distingués : le chondrosarcome à cellule claire le chondrosarcome myxoïde et le chondrosarcome mésenchymateux.
Le chondrosarcome myxoïde est une tumeur maligne exceptionnelle, siégeant principalement aux extrémités, aux épaules sur la paroi thoracique et aux fesses et se manifestant sous la forme d'une tumeur sous-cutanée, de taille variable, dure, à croissance lente ; son image histologique consiste en une prolifération bien délimitée, contenant des cellules allongées ou ovalaires, parfois vacuolisées, à cytoplasme éosinophile et à noyau hyperchromatique, entourée d'un stroma myxoïde abondant. Le pronostic est réservé, quoique meilleur que celui du chondrosarcome osseux ; les métastases surviennent tardivement et la survie peut être longue.
Le chondrosarcome à cellules claires, lui aussi exceptionnel, atteint l'épiphyse.
Le chondrosarcome mésenchymateux s'observe chez l'adulte jeune et siège électivement sur le visage et sur le cou. Histologiquement, il se compose de cellules indifférenciées ovalaires ou fusiformes et de petits amas de cellules cartilagineuses normales. Les métastases sont nettement plus fréquentes que dans la forme myxoïde.
Le chondrosarcome se traduit à l'imagerie par une lyse osseuse avec calcifications intratumorales et expansion fréquente dans les tissus mous. Son traitement est essentiellement chirurgical car ces tumeurs sont le plus souvent insensibles à la radiothérapie et à la chimiothérapie.

Étym. gr. khondros : cartilage ; sarkôma : excroissance de chair

[F2 ]

choriocarcinome n.m.

choriocarcinoma

Tumeur hautement maligne, constituée de cellules cyto- et syncitiotrophoblastiques, pouvant s’observer au niveau du placenta, au cours ou dans les suites d’une grossesse, ou se révéler par des métastases.
Cette tumeur reproduit la morphologie (notamment les cellules géantes) et les capacités fonctionnelles du trophoblaste, notamment l’élaboration de gonadotrophines. On distingue les chorio-carcinomes gonadiques, les chorio-carcinomes extra gonadiques, nés de la transformation maligne d’un tératome préexistant et les chorio-carcinomes nés d’un placenta gravidique, souvent d’une dégénérescence molaire partielle ou totale, envahissant rapidement le myomètre. Dans ce dernier cas, la tumeur est microscopiquement constituée par la prolifération maligne de deux variétés cellulaires de l’épithélium villositaire : cellules de Langhans er cellules multinuclées syncitiales qui envahissent les vaisseaux et infiltrent le muscle utérin.
L’évolution spontanée très maligne est compensée par une grande sensibilité à la chimiothérapie. Le taux sanguin ou urinaire des gonadotrophines est un marqueur fidèle de leur évolution. 

Étym. gr. chorion :placenta ; carcinome :cancer

Syn. épithélioma trophoblastique, chorio-épithéliome

trophoblaste, gonadotrophine, môle hydatiforme

[F2,O3]

chromosome n.m.

chromosome

Dans les cellules des Bactéries et ou dans les Virus, molécule d'acide désoxyribonucléique qui contient la grande majorité ou même la totalité de l'information génétique et, chez les Eucaryotes, structure composée d'ADN et de protéines qui porte l'information génétique d'une cellule.
Le nombre et la forme des chromosomes sont spécifiques de l'espèce (23 paires chez l’Homme). Dans les cellules haploïdes (gamètes), le nombre est presque toujours impair (n); dans les cellules diploïdes, il est pair (2n). Les chromosomes sont individualisés au moment de la mitose et de la méiose, à partir du réseau de chromatine contenu dans le noyau à l'état quiescent. La forme des chromosomes varie selon le stade de la mitose. à la prométaphase (l'un des premiers stades de la mitose), après fixation de la préparation microscopique, les chromosomes apparaissent sous forme d'X. C'est le stade retenu en cytologie pour leur numération et leur étude minutieuse; on décrit alors deux bras courts (désignés par la lettre p) et deux bras longs (désignés par la lettre q), réunis par le centromère. Chaque bras est divisé en régions, observables après coloration convenable.
Chromosome minuscule double : chez les Eucaryotes, fragment d'ADN extrachromosomique dépourvu de centromère et instable.
Chromosomes X et Y : dans l'espèce humaine, la 23e paire de chromosomes est la seule responsable de la détermination génétique du sexe, les 22 autres paires étant des autosomes. La formule normale de ces chromosomes sexuels étant XX chez la femme et XY chez l'homme.
Les anomalies chromosomiques portent sur le nombre des chromosomes et leur structure chimique. - Parmi les anomalies de nombre, existent :
1° la trisomie, c’est-à-dire la présence d'un chromosome en supplément, la trisomie 21 étant la plus fréquente (chez un garçon, elle s'écrit 47, XY, +21);
2° la monosomie, c’est-à-dire un chromosome en moins (ex.: monosomie X ou syndrome de Turner, qui s'écrit 45, X).
- Les anomalies de structure sont de cinq types :
1° inversion (cassure en deux endroits sur un chromosome, retournement du segment cassé et recollement);
2° délétion (perte d'un segment chromosomique);
3° translocation réciproque (échanges de segments entre deux chromosomes);
4° remaniement de structure (chromosomes dérivés);
5° fragilisation de sites (régions chromosomiques sujettes à des cassures fréquentes). Les autres anomalies sont beaucoup plus rares. L'établissement du caryotype - en règle générale identique chez toutes les cellules d'un même individu - se fait surtout sur les lymphocytes cultivés in vitro à partir d'un prélèvement de sang périphérique. Il s'agit d'un ensemble d'examens délicats réservés à quelques spécialistes.

Étym. gr. chrôma : couleur ; sôma : corps

Syn. gonosome, allosome

trisomie, monosomie, inversion, délétion, translocation réciproque

[Q1,A2]

Édit. 2016

cytométrie de flux l.f.

flow cytometry

Technique de biologie cellulaire in vitro mesurant les caractéristiques individuelles de cellules mises en suspension et s'écoulant une par une par un orifice étroit où sont appliqués un ou plusieurs rayons laser de longueur d'ondes différentes.
La mesure des rayonnements transmis, diffractés et/ou diffusés par les cellules elles-mêmes ou la fluorescence de colorants utilisés ou de molécules fluorescentes associées à des anticorps reconnaissant des épitopes spécifiques sur les cellules permettent d'évaluer le nombre, la taille des cellules, leur contenu en acide nucléique, la position dans les cycles cellulaires, l'expression membranaire ou intracellulaire de très nombreux épitopes contre lesquels des anticorps ont été obtenus.

[B3,A2]

cytotoxicité n.f.

cytotoxicity

Phénomène caractérisé par la mort d’une cellule appelée cellule-cible sous l’effet d’une agression extérieure.
La cytotoxicité peut être déclenchée par l’action du complément ou de substances formant des pores dans les membranes (saponine, détergents). Il s’agit alors d’une mort par nécrose. La cytotoxicité peut être mise en jeu par l’action de cellules cytotoxiques. Dans le cas des lymphocytes T et des cellules NK, la cytotoxicité nécessite la formation d’un conjugué par accolement des membranes entre la cellule tueuse et la cellule-cible. La mort est déclenchée par agrégation des récepteurs membranaires CD95 (Fas ou Apo-1) ou bien par la formation de pores par polymérisation de la perforine dans la membrane de la cellule-cible, suivie de l’introduction de protéinases, les granzymes, qui activent les caspases. Dans les deux cas, ceci conduit à une mort par apoptose. Enfin la cytotoxicité peut être déclenchée par différentes cellules cytotoxiques (polynucléaires neutrophiles, éosinophiles, macrophages, cellules K) possédant des récepteurs de Fc et interagissant avec la cellule-cible par l’intermédiaire d’anticorps dirigés contre des épitopes membranaires de celle-ci. Ce dernier mécanisme correspond à la cytotoxicité cellulaire dépendant d’anticorps ou ADCC.

[A2,G4]

déficits immunitaires combinés sévères liés à l'X (syndrome de) l.m.

X-linked severe combined immunodeficiencies

La forme la plus courante de ces déficits qui représentent 50 à 60% des DICS correspond à des mutations du gène codant la chaîne commune gc (CD132) des récepteurs d’IL-2, IL-4, IL-7, IL-9 et IL-15.
Ces malades ont une absence de lymphocytes T et NK matures et une lymphocytose B. Le déficit T est en grande partie consécutif à l’absence de récepteurs fonctionnels de l’IL-7, tandis que le déficit en cellules NK est dû à l’absence de signal induit par l’IL-15. Différents variants phénotypiques de ce syndrome ont été décrits : absence de cellules B, déficit partiel avec présence de lymphocytes T oligoclonaux, ou mutations de gc exprimées sur les cellules B mais non sur les cellules T.
Le déficit en Janus kinases (Jak-3) est un DICS transmis sur le mode autosomique récessif, induisant un phénotype très proche du déficit en chaines gc puisque cette chaine transmet un signal cellulaire en activant Jak-3.

cytokines, JAK

dendrocyte dermique l.m.

dendritic cell

1) Cellule rattachée aux cellules de Langerhans, en transit vers les lymphatiques, quelques- unes gardant des granules de Birbeck dans leur cytoplasme.
2) Cellule qui exprime le facteur de coagulation XIIIa, (dendrocyte dermique de type I, DDI) que l'on trouve dans les dermes papillaire, réticulaire, autour des glandes sudorales, et dans les septums interlobulaires de l’hypoderme.
Elles ont des connections avec les mastocytes, les terminaisons nerveuses non myélinisées et la membrane basale ; le rôle de ces cellules est probablement multiple : présentation antigénique et phagocytose, réservoir de facteur XIII intervenant dans la stabilisation de la fibrine et l’homéostasie des macromolécules du derme ; pourrait être un réservoir pour le VIH.
3) Dendrocyte dermique de type II, DDII, exprimant l’antigène CD34, dans le derme profond, autour des glandes sudorales et des follicules pileux, et dans les septums interlobulaires de l’hypoderme.
Le CD34 est une glycoprotéine transmembranaire qui s’exprime au niveau des cellules hématopoïétiques et des cellules endothéliales des capillaires, leurs prolongements entrant en contact avec les fibres de collagène.

M. S. Birbeck, anatomopathologiste britannique (1961)

différenciation cellulaire l.f.

cell differentiation.
Processus de transformation cellulaire qui, à partir de la cellule zygotique totipotente, et au travers de ses divisions successives, produit des cellules aux structures et fonctions spécialisées agencées en tissus et organes au sein d'un organisme.
En pathologie, ce terme s'applique aux caractères d'une cellule ou d'un tissu dont la morphologie et la fonction sont comparables à celles d'un tissu normal à des degrés variables. C'est ainsi que, lors d'une métaplasie, le tissu de remplacement peut être faiblement ou hautement différencié ; et que, dans le cas d'une prolifération tumorale, une tumeur peut être bien différenciée, constituée de cellules ressemblant à celles d’un tissu homologue normal ou métaplasique, ou peu ou faiblement différenciée, les cellules ressemblant peu ou pas aux cellules normales dans leur étape de différenciation. Un haut degré de différenciation peut aller jusqu'à la maturation qui correspond à un stade de spécialisation ultime, morphologique et fonctionnelle : production de kératine d'un carcinome spinocellulaire, de mucine d'un adénocarcinome colique. A l'opposé, une absence totale de différenciation répond à l'anaplasie.

Ant. dédifférenciation cellulaire

totipotence

différenciation lymphocytaire l.f.

lymphocytic differentiation

Processus de maturation d'un lymphocyte T ou B qui, à partir de la cellule vierge entrant en contact pour la première fois avec un antigène et après divisions successives, aboutit à la constitution d'un clone de cellules effectrices.
Parallèlement d'autres cellules vierges vont se multiplier et se différencier en cellules mémoires préinduites pour devenir ultérieurement des cellules effectrices lors d'un contact ultérieur avec le même antigène.

site de combinaison antigénique

emperipolèse n.f.

emperipolese

Mécanisme de passage intracytoplasmique de cellules lymphocytaires ou érythrocytaires qui permet d’échapper à la destruction phagocytaire ou cannibalique et autorise des échanges très intimes entre deux cellules.
Ainsi, les thymocytes traversent le cytoplasme des cellules épithéliales thymiques. De même, ce mécanisme rend compte de la présence de lymphocytes CD 8, dans les cellules de l’épithélium intestinal.

[A2]

Édit. 2019

encéphalopathie anoxique l.f.

anoxic encephalopathy

Atteintes cérébrales transitoires ou définitives causées par un défaut d'apport d'oxygène au cerveau.
Au repos, la consommation d'oxygène du cerveau est la plus importante de tous les autres organes (12 fois plus grande que celle du cœur) avec de faibles réserves énergétiques. Si l'alimentation en oxygène est interrompue ou réduite, le métabolisme cellulaire se fait pendant quelque temps en anaérobiose. La dégradation du glucose entraîne alors une production d'acide lactique assez rapidement toxique pour les neurones. Ainsi l'anoxie cérébrale entraîne d'abord l'épuisement des réserves en glucose des cellules (déplétion énergétique), puis leur destruction progressive (mort des cellules) qui libère des subtances toxiques pour les cellules voisines. Il en résulte des lésions irréversibles dont le volume croit avec la durée de la phase d'hypoxie. Les neurones sont les premiers atteints, puis apparaissent des lésions gliales et enfin l'endothélium capillaire est touché, ce qui peut alors produire des micro-infarctus. Les localisations sont variées (nécroses corticales et laminaire diffuse touchant surtout la corne d'Ammon, les noyaux gris centraux surtout le putamen peuvent être atteints dans plus de 80 % des cas). Cette évolution de l'atteinte cérébrale guide le traitement : il faut évidemment faire cesser au plus vite l'hypoxie en levant si possible la cause et éviter les perfusions glucosées pour ne pas favoriser le métabolisme anaérobie lors de la reprise d'une circulation encore insuffisante (en cas d'arrêt du cœur, le massage cardiaque, bien que ne restaurant pas un débit cérébral normal, permet une oxygénation capable d'éviter la mort des cellules nerveuses encore vivantes).
L'anoxie cérébrale est de cause exogène (inhalation de mélanges pauvres en oxygène ou contenant du monoxyde de carbone) ou endogène (pulmonaire hypoxiante par oligopnée, cytotoxique, circulatoire ischémiante par arrêt circulatoire général ou du fait de l'œdème cérébral). Le tableau clinique dépend des circonstances d'apparition. Comme il provoque une anoxie rapide de l'encéphale, l'arrêt cardiaque est la principale cause endogène de l'encéphalopathie : il entraîne une perte de conscience rapide précédée de gasps caractéristiques mais il n'entraîne pas d'hypertension intracrânienne ni d'œdème cérébral. Les causes exogènes produisent en général un effet moins brutal. L'anoxie consécutive à un arrêt respiratoire (de plus de cinq minutes environ) ou un arrêt circulatoire (de plus de trois minutes environ) amène une perte de conscience rapide qui peut régresser si des secours efficaces ont pu être apportés en quelques minutes. En cas d’hypoxie respiratoire progressive (inhalation de monoxyde de carbone à faible concentration, par exemple.) les signes évocateurs sont : asthénie, céphalées, perte de la vigilance et du jugement, somnolence, astérixis, ralentissement du tracé électroencéphalographique.
Le tableau ci-dessous montre les relations entre l’oxygénation, la circulation, l’électrogénèse du cerveau et les perturbations cellulaires.

anaérobiose, acidose lactique, hypoxie, anoxie cérébrale, monoxyde de carbone

[H1, K2]

Édit. 2019

équivalent dermique l.m.

dermal equivalent

Structure tridimensionnelle formée par une culture de fibroblastes dans une matrice de collagène.
Cette méthode de culture permet d'étudier les relations fibroblaste/matrice et fibroblaste/épiderme lorsque l'équivalent dermique est couvert d'une couche de kératinocytes. Elle rend possible, grâce à la reconstitution in vitro des interactions cellules/cellules et cellules/ matrice rencontrées in vivo, de travailler avec des cultures de cellules différenciées et d'obtenir des modèles pharmacologiques prédictifs permettant de diminuer les besoins en expérimentation animale.

fibroblaste, substitut cutané, peau artificielle

[J1, J2]

Édit. 2020

érythroleucémie aigüe f.m.

acute erythroleukemia

Leucémie myéloblastique aigüe avec une composante érythroïde prédominante classée historiquement M6 par le groupe FAB.
 Le diagnostic d’érythroleucémie repose sur un pourcentage de blastes sanguins ou médullaires supérieur à 20 et un pourcentage de précurseurs de la lignée érythroïde supérieur à 50. Une dysplasie d’une ou de plusieurs lignées hématopoïétiques est habituelle mais pas obligatoire au diagnostic ; par contre la dysplasie érythroïde est très habituelle. La cytochimie cellulaire objective les marqueurs érythroïdes de la prolifération néoplasique: myéloperoxydase et  noir soudan.
Les variations des données cytologiques des érythroleucémies ont conduit à répartir cette pathologie en deux catégories :
1. l’érythroleucémie typique ou leucémie érythroïde/myéloïde aigüe. Cette variété correspond à la sous-classe M6A de la classification FAB (French, American, British) ; elle représente à peine 5% des leucémies myéloïdes aigües; elle survient plus fréquemment chez des gens âgés et est précédée dans la moitié des cas par une myélodysplasie marquée de fréquentes anomalies cytogénétiques multiples ; leur pronostic est très réservé.
 2. la leucémie érythroïde pure ou érythrémie aigüe. La leucémie érythroïde pure, terminologie proposée par l’OMS, correspond à la M6B de la classification FAB et, en partie, à la pathologie décrite en 1923 par Di Guglielmo. Dans cette variété la prolifération néoplasique des cellules jeunes est entièrement constituée de la lignée érythroïde ( > 80% des cellules médullaires)  sans évidence de cellules myéloïdes. Ces cellules érythroïdes sont porteuses de marqueurs cytologiques de malignité et de fréquentes vacuoles. Cette pathologie est exceptionnelle, se rencontre à toute âge et est réputée de mauvais pronostic.
Les manifestations cliniques des érythroleucémies sont, au même titre que pour les autres leucémies aigües myéloblastiques, sous la dépendance du syndrome d’insuffisance médullaire ; cependant les symptômes d’anémie dominent le tableau clinique.

leucémie aigüe myéloblastique, Di Guglielmo (maladie de)

[F1,F2]

Édit. 2018 

esthésioneuroblastome n.m.

aesthesioneuroblastoma, olfactory neuroblastoma

Tumeur neuronale primitive maligne souvent incluse dans le groupe des neuroblastomes, qui se développe à partir de l'épithélium olfactif.
Cette néoformation apparaît comme volumineuse, formant des bourgeons hémorragiques qui infiltrent le sphénoïde, l'orbite et surtout l'ethmoïde, le passage au travers de la lame criblée, favorisant l'extension vers la dure-mère et les lobes frontaux.
Les cellules tumorales sont petites, à noyau arrondi, disposées en nappes, en lobules séparés par des cloisons fibreuses, en pseudorosettes ou en vraies rosettes centrées par une petite cavité. Des aspects de type glandulaire sont parfois associés. L'étude ultrastructurale permet la mise en évidence d'éléments de différenciation neuronale et de grains neurosécrétoires. Des travaux récents ont montré l'existence dans ces tumeurs de la même translocation t(11;22) (q24;q12) que dans le sarcome d'Ewing.
L'esthésio-neuro-épithéliome représente une forme plus indifférentiée contenant des cellules neuronales immatures et des cellules sus-tentaculaires qui prendraient leur origine dans les cellules basales bipotentielles de l'épithélium olfactif.
Ces tumeurs se révèlent souvent tardivement par une anosmie ou des troubles visuels. Leur traitement associe chirurgie et radiothérapie ou chimiothérapie. Elles ont tendance à récidiver en devenant de plus en plus infiltrantes.

L. Berger, anatomopathologiste français (1924) ; J. S. Ewing, anatomopathologiste américain (1921)

Syn. neuroblastome olfactif

neuroblastome, Ewing (sarcome d')

[F2,H2]

Édit. 2021  

fer n.m.

iron

Élément métallique de numéro atomique 26, de masse atomique 55,85, qui fait partie des oligoéléments présents dans le corps humain à la concentration d’environ 5 p. 100 000, surtout sous forme de chromoprotéines.
Le fer est indispensable à la vie. Son métabolisme est finement régulé ; une carence ou un excès de fer peuvent avoir des effets délétères sur les cellules.
Les deux sources plasmatiques du fer sont exogènes, l’alimentation qui couvre largement les besoins, et endogène d’origine macrophagique.
L’absorption digestive du fer au niveau duodénal est de 1 à 2 mg par jour, soit le dixième du fer contenu dans les aliments. Au niveau intestinal, le fer est présent sous deux formes moléculaires le fer héminique lié à l’hème, présents dans les aliments d’origine animale, représentant 1/10 du fer alimentaire et le fer non héminique, présents dans les aliments d’origine végétale, représentant 9/10 du fer alimentaire. L’absorption du fer héminique est plus efficace que celle du fer non héminique. L’absorption est augmentée par la vitamine C et diminuée par le thé. Le fer ferrique (Fe 3+) doit être réduit en fer ferreux (Fe2+) pour pouvoir être absorbé par l’entérocyte. Cette réduction est effectuée par une enzyme de la bordure en brosse : la ferriréductase duodénale (DCYTB Duodenal Cytochrome B). Le fer ferreux est ensuite transporté à travers la bordure en brosse via le transporteur des métaux divalents DMT1 (Divalent Metal Transporter) codé par le gène SLC11A2 (solute carrier family 11, member 2), dont les mutations sont associées à des carences martiales. Le fer gagne ensuite la membrane latéro-basale de l’entérocyte où se situe la ferroportine (FPN1), seule protéine exportatrice du fer ferreux. La ferroportine est codée par le gène SLC40A1(solute carrier family 40, member 1). La mutation de ce gène est responsable d’une surcharge en fer, la maladie de la ferroportine. Le fer ferreux est ensuite exporté dans le plasma lié à la transferrine ; mais la liaison nécessite que le fer soit sous forme ferrique. Cette oxydation est médiée par l’héphaestine (HEPH), ferroxydase membranaire co-localisée au pôle baso-latéral de l’entérocyte avec la ferroportine.
La régulation de l’absorption intestinale est liée à l’hepcidine. Cette hormone régule l’absorbtion intestinale du fer et contrôle la libération du fer depuis les stocks hépatiques et les macrophages. L’expression de l’hepcidine est augmentée par des stocks élevés en fer, une infection ou un syndrome inflammatoire ; son expression est réduite en cas de carence en fer. L’hepcidine est codée par le gène HAMP (hepcidin antimicrobial peptide). Les mutations du gène HAMP sont responsables d’une surcharge en fer d’expession rapide à l’origine de l’hémochromatose juvénile.
Dans l’organisme, le fer se répartit entre les sites d’utilisation et de stockage. 70 % du fer sont utilisés dans la moelle osseuse, lié à l’hème dans l’hémoglobine des érythrocytes et aussi dans la myoglobine des cellules musculaires. Les cellules érythroïdes de la moelle osseuse sont les plus grandes consommatrices de fer. Les macrophages éliminent les érythrocytes sénescents et assurent le recyclage du fer héminique, source importante de fer pour l’érythropoïèse. Le site de stockage est le foie, notamment lorsque le fer est en excès dans le plasma.
Le fer circule dans le plasma, lié à sa protéine de transport la transferrine ou sidérophiline. A l’état normal, il existe un excès de transferrine circulante par rapport à la quantité de fer à transporter, de sorte que le coefficient de saturation de la transferrine (CST) est inférieur à 45 %. Une élévation du CST correspond à une surcharge en fer acquise ou génétique. Lorsque le CST augmente, il peut apparaître du fer non lié à la transferrine. Cette forme est captée par les cellules parenchymateuses du foie, du pancréas, du coeur et de l’hypophyse. Une part du fer non lié à la transferrine correspond à une forme circulante de fer potentiellement toxique, le fer plasmatique réactif.

Symb. Fe

sidérémie, ferriréductase duodénale, transporteur des métaux divalents, ferroportine, héminique, ferroportine, maladie de la ferroportine, transferrine, héphaestine, hepcidine, hémochromatose juvénile, hémoglobine, myoglobine, érythrocyte

[C2]

Édit. 2018 

fibroblastome agressif à cellules géantes l.m.

giant cell fibroblastoma

Tumeur mésenchymateuse rare, décrite par Shmookler et Enzinger, survenant généralement chez l'enfant ou l'adulte jeune avec une prédilection pour le sexe masculin, siégeant le plus souvent sur les membres inférieurs ou dans la région inguinale et se manifestant par un nodule brunâtre intra- ou souscutané indolore, qui mesure environ 3,5 cm de diamètre.
La lésion, localisée dans le derme profond et l'hypoderme, se compose de plages et de faisceaux de cellules fusiformes à noyau clair situées dans un stroma lâche, ainsi que de cellules pléiomorphes et de lacunes pseudovasculaires bordées par des cellules tumorales et des cellules géantes multinucléées; les atypies cellulaires sont modérément prononcées. La tumeur présente une malignité atténuée; les récidives après ablation chirurgicale sont fréquentes. Des métastases n'ont pas été observées jusqu'à présent. Le traitement consiste en l'excision chirurgicale large de la tumeur.

B. M. Shmookler, F. M. Enzinger, anatomopathologistes américains (1989)

Syn. angiofibrome myxoide, angiofibroma  à cellules géantes

[F2]

Édit. 2018 

follicule lymphoïde l.m.

lymphoid follicle

Amas de cellules lymphoïdes au sein des organes lymphoïdes périphériques.
Les follicules primaires sont formés de cellules quiescentes, les follicules secondaires ou centres germinatifs sont constitués de cellules B, centroblastes et centrocytes, associés à des lymphocytes T CD4+ et des cellules dendritiques folliculaires.

Étym. lat. folliculus : petit sac, de follis : poche, sac

centre germinatif, centroblaste, centrocyte

[A1]

Édit. 2018

GALT

1) acr. angl. pour Gut Associated Lymphoid Tissue
Tissu lymphoïde associé à l'intestin.
Ce tissu lymphoïde est constitué de cellules dispersées dans la lamina propria ou tissu conjonctif sous-épithélial (plasmocytes, lymphocytes T CD4+, macrophages, mastocytes, éosinophiles) et de lymphocytes intra-épithéliaux parmi lesquels des lymphocytes T CD8+  exprimant un homodimère aa de la molécule CD8. Ces lymphocytes se différencient hors du thymus. Outre ces cellules dispersées, le GALT est formé par les plaques de Peyer, structures lymphoïdes organisées en centres germinatifs séparés par des zones riches en cellules T et recouvertes par un épithélium monostratifié appelé dôme de la plaque de Peyer. Des formations analogues se trouvent dans le gros intestin et l’appendice. Ces formations permettent le développement d’une réponse immunitaire vis-à-vis d’antigènes pénétrant par les cellules M du dôme avec production d’anticorps anti IgA.
2) acr. pour GALactose-l-phosphatase-uridyl-transferase deficiency

galactosémie

glande parathyroïde l.f.

glandula parathyroidea (TA)

parathyroid gland

Chacune des quatre glandes endocrines (deux supérieures et deux inférieures) situées sur la face postérieure des lobes latéraux de la glande thyroïde.
Leur poids total est de 0,8 à 0,12g. Elles sont constituées essentiellement par des cordons épithéliaux séparés par de fins tractus conjonctifs et par des capillaires sanguins. Selon leurs affinités tinctoriales, on distingue trois variétés principales de cellules épithéliales : les cellules claires principales ou fondamentales, arrondies ou polyédriques, à noyau chromophile, colorées par l’hématéine ; les cellules de transition à protoplasma homogène, très légèrement colorées en rose par l’éosine ; les cellules éosinophiles (chromophiles ou acidophiles), moins nombreuses que les précédentes.
Les parathyroïdes jouent un rôle important de glandes endocrines dans le métabolisme du calcium, par l’hormone parathyroïdienne qu’elles sécrètent. Le rôle essentiel de cette hormone (parathormone) est le maintien de l’équilibre phospho-calcique dans l’organisme. On admet généralement que la parathormone agit d’une part en mobilisant le calcium osseux par stimulation des ostéoclastes, augmentant ainsi la calcémie, d’autre part en augmentant l’élimination urinaire du phosphore, ce qui entraîne une élimination urinaire accrue du calcium par mobilisation phospho-calcique à partir du squelette.

I. Sandström, médecin histologiste suédois (1852-1889) ; M. Nicolas, physiologiste français (1861-1918) ; E. Gley, physiologiste et endocrinologue français (1857-1930)

Syn. anc. corps de Sandström, corps épithélial de Kulm, glandule thyroïde de Nicolas, glandule thyroïdienne de Gley

glandes gastriques l.f.p.

glandulae gastricae (TA)

gastric glands

Glandes en tube composées, disséminées dans toute la muqueuse gastrique à l’exception du cardia et du pylore, et particulièrement nombreuses dans la moitié gauche de l’estomac.
Elles s’ouvrent au fond de cryptes. Elles sont constituées essentiellement de deux types de cellules : les cellules principales (adélomorphes), les plus nombreuses, polyédriques, claires, et les cellules bordantes (délomorphes), très colorables, pyramidales ou pyriformes, qui occupent surtout le fond de la glande. Les glandes gastriques sécrètent la pepsine et l’acide chlorhydrique. Leur collet est bordé de cellules muqueuses.

Syn. anc. glandes fundiques

glandes intestinales de l'intestin grêle l.f.p.

glandulae intestinales intestini tenuis (TA)

intestinal glands of small intestine

Glandes tubuleuses, le plus souvent simples, disséminées dans toute la muqueuse de l’intestin grêle à l’exception des follicules clos, et constituées par des cellules implantées sur un seul rang à la surface d’une membrane vitrée.
Les éléments cellulaires sont de trois types : cellules épithéliales cylindriques, parfois revêtues de cils vibratiles ; cellules caliciformes, volumineuses, moins nombreuses ; cellules de Paneth, polyédriques, occupant l’extrémité des culs de sac glandulaires.

D. Galeati, médecin italien (1686-1775) ; J. Lieberkühn, anatomiste et médecin allemand (1745)

Syn. anc. cryptes de Galeati, cryptes intestinales, cryptes de Lieberkühn, glandes de Galeati, glandes de Lieberkühn

cellules de Paneth

glioblastomes (thérapie génique des) l.f.

gene therapy for glioblastomas

Perspective nouvelle de traitement pour une forme de tumeur qui reste jusqu'à présent incurable malgré l'exérèse chirurgicale, la radiothérapie, la chimiothérapie, et qui a représenté une pathologie pionnière pour ce type de thérapie.
Un telle utilisation des éléments moléculaires qui constituent le gène a pour but d'agir à ce niveau, afin de modifier les anomalies moléculaires et cellulaires intervenant dans l'oncogénèse gliale, aux différents stades précédant la traduction du matériel génétique en protéine.
Pour introduire un gène dans les cellules tumorales (transfection), plusieurs procédés sont possibles, notamment physiques, chimiques et viraux. L'abord moléculaire peut concerner des cellules prélevées chez le patient et réimplantées par la suite, ou s'effectuer directement au sein du tissu pathologique. Il s'agit par là-même de corriger l'excès de prolifération et de vascularisation tumorale et, au contraire, de neutraliser les mécanismes de mort cellulaire (dits aussi d'apoptose), de différenciation et d'immunogénicité tumorale.
Un des protocoles en cours comporte essentiellement la transfection intratumorale du gène suicide de la thymidine kinase herpétique. Un gène suicide provoque la destruction des cellules transfectées après administration d'une prodrogue inoffensive, celle-ci étant devenue hautement toxique sur ces cellules. La méthode apparaît sans risques, mais l'absence actuelle de résultats majeurs, qui contraste avec ceux, précliniques, obtenus chez l'animal, semble liée aux difficultés de délivrance thérapeutique. Le rôle des cliniciens est donc fondamental.
Les recherches doivent être poursuivies et approfondies, contrastant avec la publicité excessive donnée d'ores et déjà à ces traitements.

glioblastome

gonadoblastome n.m.

Tumeur survenant presque toujours sur une gonade dysgénétique, et le plus souvent chez des enfants porteurs d’une ambigüité sexuelle, et possédant un chromosome Y. 
C’est une tumeur de petite taille, constituée de nodules séparés, formés à leur tour de grandes cellules ressemblant à des gonies , formant des groupements circulaires autour de nodules hyalins ou calcifiés sur un fond de petites cellules foncées ayant la « valeur de cellules de Sertoli ou de cellules folliculaires », le tout créant une image remarquable.
Les gonadoblastomes sont à priori des tumeurs bénignes, ne donnant pas naissance à des métastases. Il arrive qu’à l’étude d’un séminome testiculaire on trouve des ilots cellulaires dont le groupement évoque le gonadoblastome.  

Syn. pflügérome

greffe (rejet de) l.m.

graft rejection

Phénomène par lequel l'organisme tente d'éliminer le système immunitaire étranger ou toute structure étrangère.
Toute disparité antigénique entre donneur et receveur déclenche un cortège de manifestations immunitaires qui ne peuvent être maîtrisées que par la mise du receveur en immunosuppression. Parallèlement à cette mise en route des phénomènes de rejet par le receveur, un autre phénomène peut également être déclenché : c'est la réaction du greffon contre l'hôte (GVH) qui est possible si la greffe contient des cellules lymphoïdes immunocompétentes.
Les antigènes qui conditionnent l'histocompatibilité ou l'histo-incompatibilité sont avant tout ceux codés par le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH) qui sont répartis en deux catégories : les antigènes de classe 1 qui sont présents sur l'ensemble des cellules de l'organisme et les antigènes de classe 2 qui se libèrent préférentiellement sur les cellules d'origine hématopoïétique : lymphocytes, macrophages, cellules de Langerhans et sur les tissus vasculaires. Les lymphocytes T interviennent dans le rejet de la greffe aussi bien que dans la réaction de GVH.

greffon contre l'hôte (réaction du), GVH

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