Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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encéphalopathies par carence vitaminique l.f.p.

encephalopathies due to a vitamin deficiency

Manifestations cérébrales relevant de quatre ordres principaux de carences vitaminiques.
La carence en vitamine B1 se traduit tout particulièrement per l'encéphalopathie de Gayet-Wernicke-Korsakoff.
Le syndrome neuroanémique observé lors de l'anémie de Biermer est attribué  à une carence en vitamine B12. En seront rapprochées les carences en folates, avec notamment des lésions de la substance blanche (leucoencéphalopathie) pouvant comporter une évolution démentielle parfois réversible, souvent associée à une polyneuropathie sensitivomotrice, à une sclérose combinée de la moelle, à des "jambes sans repos" ou à un syndrome cérébelleux, même sans la présence d'une anémie macrocytaire. L'atteinte de la substance blanche est visualisée par l'IRM tant au niveau encéphalique que médullaire. Dans les carences en cobalamine, souvent en l'absence de tout signe d'anémie de Biermer, des modifications de la personnalité et des états délirants sont observés. Si bien qu'un lien avec une carence en vitamine B12 peut alors être discuté.
Plutôt que d'un apport insuffisant, la carence en vitamine B6 résulte surtout de l'action antagoniste de certains médicaments (isoniazide en particulier). Elle peut se traduire par un état confusionnel et/ou une crise convulsive.
Observé notamment chez l'alcoolique chronique dénutri, un manque en vitamine PP peut se traduire par une confusion, voire un coma, associés à une importante hypertonie, en faveur d'une origine ou plutôt d'une participation pellagreuse à l'encéphalopathie. Certains alcooliques en état confusodémentiel ne régressent pas avec la seule vitamine B1. Ainsi se justifie l'adjonction de vitamine PP dans de tels troubles.

C. J. Gayet ophtalmologiste français, membre de l'Académie de médecine (1875) ; C. Wernicke, neuropsychiatre allemand (1881) ; S. S. Korsakoff, neuropsychiatre russe (1887) ; M. A. Biermer, médecin interniste allemand (1868)

vitamine B1, Biermer (maladie de), folates (carence en), Gayet-Wernicke-Korsakoff (syndrome de), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), leucoencéphalite, pyridoxine, nicotinamide

[C2, H1, R1]

Édit. 2019

Carhart (encoche de) l.f.

Carhart’s notch

Chute de la courbe audiométrique tonale aérienne de 15 décibels sur la fréquence 2000 hertz qui signe l’existence d’une otosclérose.

R. Carhart, audiologiste américain (1950)

audiométrie, otosclérose

[P1]

Édit. 2019

encoche spasmodique de la grande courbure l.f.

spasmodic notch of the big curvature

Sur une radiographie gastrique après opacification, présence d'une incisure de la grande courbure de l'estomac, d'aspect souple mais constante, en regard d'une lésion ulcéreuse bénigne de la petite courbure.
Elle est à distinguer du signe du drapé qui accompagne certains cancers.
Signes sémiologiques obsolètes.

[B2, L1]

Édit. 2019

enfant secoué (syndrome de l') l.m.

shaken baby syndrome

Entité spécifique au sein des maltraitances, le syndrome de l’enfant ou plus souvent du bébé secoué, représente la cause la plus fréquente des traumatismes crâniens graves de l’enfant de moins de deux ans.
Il est caractérisé par l’association d’hématomes intracrâniens, d’hémorragies rétiniennes et parfois de fractures des membres sans signe extérieur de violence.
Les hémorragies sont la conséquence de phénomènes d’accélération et décélération déterminant des chocs itératifs du cerveau contre la boite crânienne lorsque l’enfant est secoué, fragilisé à cet âge  par le poids élevé relatif de la tête, l’hypotonie des muscles de la nuque, l’immaturité du cerveau en cours de myélinisation. L’IRM encéphalique est susceptible de détecter des hématomes sous-duraux et des lésions cérébrales (anoxiques, œdémateuses, hémorragiques).
Le pronostic est sévère : décès (8%), séquelles oculaires (baisse de l’acuité visuelle, cécité) ou psychomotrices.

sévices physiques à enfant, enfant maltraité, hématome sous-dural? , rétinoschisis

[ E3, H1, O1, P2]

Édit. 2020

engagement temporal l.m.

temporal cerebral herniation

Hernie de la cinquième circonvolution temporale, dite circonvolution de l'hippocampe, dans la fosse postérieure à travers la partie latérale de l'incisure temporale (foramen ovale de Pacchioni).
Le tissu cérébral hernié, laminé contre l’incisure tentorielle rigide, vient comprimer le bord du pédoncule cérébral et le nerf oculomoteur (IIIème paire crânienne) ipsilatéraux :  mydriase homolatérale aréactive, signe le plus précoce.  Il peut également comprimer l'artère cérébrale postérieure ipsilatérale (infarctus occipital et cécité du côté de la lésion) ainsi que le pédoncule cérébral controlatéral contre le bord libre de l’incisure : troubles de la vigilance allant jusqu'au coma et hémiparésie ou une hémidécérébration controlatérale. Une hémiparésie homolatérale est possible.
En l’absence de traitement rapide, l'évolution vers des lésions irréversibles du tronc cérébral peut être très rapide.

engagement cérébral, engagement cingulaire, engagement cérébelleux

[H1,H2]

Édit. 2020

entéropathie vasculaire du nouveau-né l.f.

necrotizing enterocolitis

Entérocolite ulcéronécrosante qui frappe principalement le prématuré et plus encore le grand prématuré.
Toute agression ante- ou postnatale retentissant sur la vascularisation mésentérique peut induire cette affection, surtout quand s'y ajoutent les effets nociceptifs sur l'intestin d'une alimentation irritante par sa composition ou son abondance et quand intervient un agent bactérien ou viral.
Cliniquement on note une anorexie, un ballonnement abdominal, un arrêt du transit, des rectorragies et des signes évocateurs d'infection. Radiologiquement, la persistance dans le temps des images d'aération intestinale et de pneumatose surlignant les parois intestinales, voire imprégnant la veine porte sont très suggestives. La présence éventuelle d'un pneumopéritoine signe une perforation intestinale.

péritonite, prématurité

[L1,O1]

Édit. 2020

épidermolyse staphylococcique aigüe l.f.

Ritter disease, dermatitis exfoliativa neonatorum, staphylococcal scalded skin syndrome (SSSS)

Atteinte cutanée grave due à une toxine, l'exfoliatine staphylococcique, qui est produite par un staphylocoque doré du groupe phagique II (lysotypes 71 et 55) à partir d'un foyer staphylococcique tel que impétigo ou ORL, et produisant un clivage intra-épidermique dans la couche granuleuse.
Dans un contexte fébrile, elle réalise un décollement cutané plus ou moins étendu qui, bien que superficiel, pourrait avoir des conséquences gravissimes réalisant l'aspect de sujet ébouillanté. Les hémocultures sont négatives. Le signe de Nikolsky est positif. Elle atteint le plus souvent les enfants, correspondant alors à la maladie de Ritter-Lyell et, plus rarement, les adultes. C'est une urgence médicale qui nécessite antibiothérapie staphylococcique et réanimation.

G. Ritter von Rittershain, médecin austrohongrois (1878)  ; A. Lyell, dermatologue britannique (1956) ; P. Nikolsky, dermatologue russe (1896)

Syn. SSSS (staphylococcal scalded skin syndrome), Ritter-Lyell (maladie de), Ritter von Rittershain (maladie de), Lyell staphylococcique (syndrome de), staphylococcie exfoliante, dermatite exfoliatrice des enfants à la mamelle, syndrome des enfants ébouillanté

[D1, J1, O1]

Édit. 2020

érosion traumatique du tronc artériel brachiocéphalique l.f.

brachiocephalic trunk fistula

Fistulisation entre le tronc artériel brachiocéphalique et la trachée, d'origine ischémique et infectieuse.
Il existe deux causes : une incision trachéale trop basse sous le 4ème anneau, lors d'une trachéomie, mettant en contact le tube trachéal et l'artère, ou une érosion ischémique par ballonnet trop gonflé au contact d'un tronc artériel brachiocéphalique en position médiane sur la face antérieure de la trachée, que l'intubation soit orale, nasale ou faite par trachéotomie.
Ce sont de petits saignements de sang rouge rutilant qui viennent révéler cette complication rare et très grave, entre le 10 ème et le 20 ème jour après une trachéotomie ou une intubation naso- ou orotrachéale. La présence du sang rouge, alors que l'aspiration distale ne ramène rien, est le signe qui impose la mise en place d'une sonde à double ballonnet, supérieur et inférieur, pour éviter le risque d'hémorragie cataclysmique avant qu’il soit possible de parvenir aux lésions pour faire la résection-suture du tronc artériel. Si le médiastin n'est pas infecté, une prothèse peut être mise en place. Du côté trachéal, on fait une résection de la collerette trachéale fistulisée que l'on suture, puis recouvre par un lambeau thymique bien vascularisé.

Étym. lat. erodere : ronger

Syn. ulcération traumatique du tronc artériel brachiocéphalique

[K1,K4]

Édit. 2018 

érythème nécrolytique migrateur l.m.

necrolytic migratory erythema

Érythème migrateur rouge sombre et volontiers érosif, à évolution centrifuge et touchant de façon privilégiée les extrémités des membres, les régions périorale et périgénitale, représentant le signe clinique capital du glucagonome.
Le diagnostic différentiel se fait avec l'acrodermatite entéropathique. Le mécanisme physiopathologique en est discuté, mais il est probablement en rapport avec un déficit en acides aminés, zinc ou acides gras essentiels.

D. Wilkinson, dermatologue britannique (1971)

Étym. gr. eruthêma : rougeur de la peau

acrodermatite entéropathique

[J1,L1,F2]

Édit. 2018 

Evans (syndrome d') l.m.

Evans syndrome

Maladie hématologique rare associant une anémie hémolytique auto-immune à une thrombopénie immune ; une neutropénie s’inscrit quelquefois dans l’affection.
Cette anémie s’accompagne de la présence d’auto-anticorps anti-érythrocytaires objectivée par un test de Coombs direct positif et la thrombopénie d’anticorps anti-plaquettes. Ces cytopénies auto-immunes peuvent être le signe d’une maladie auto-immune systématisée ou d’une connectivite.

R. S. Evans, hématologue américain (1951)

[F1,F3,N3]

Édit. 2018  

examen préopératoire l.m.

pre-operative assessment

Ensemble d'examens cliniques et complémentaires réalisés avant une intervention chirurgicale et, par extension, examen préanesthésique avant un acte diagnostique ou thérapeutique non chirurgical (endoscopie, radiologie interventionnelle, sismothérapie).
Sauf en urgence, la consultation préanesthésique obligatoire doit avoir lieu plusieurs jours avant l'intervention. Lors de l'examen clinique, un interrogatoire soigné doit être fait, des examens complémentaires seront demandés selon l'intervention envisagée (chirurgie majeure, risque hémorragique élevé, interférence avec la fonction cardiocirculatoire ou respiratoire) et l'état du patient (âge, antécédents cardiovasculaires, traitement médicamenteux au long cours, etc.). Pour les patients ASA 1 ou 2, âgés de moins de 40 ans devant subir un acte mineur, aucun examen complémentaire n'est en principe nécessaire. Avant 40 ans l'électrocardiogramme n'est pas exigé. En l'absence d'antécédents ou de signe clinique, on ne demandera la radiographie du thorax que si le patient est âgé de plus de 60 ans. Un test d'hémostase n'est nécessaire que si l'interrogatoire a fait apparaître une tendance anormale au saignement ou si l'acte prévu peut être hémorragique. La détermination du groupe sanguin et la recherche des agglutinines irrégulières n'est nécessaire que pour des interventions pour lesquelles on prévoit la nécessité d'une transfusion.

ASA (classification), exigences essentielles de sécurité et de performance en anesthésie

[E1,N2]

Édit. 2018  

expansion systolique l.f.

systolic expansion

Dilatation anormale au moment de la systole cardiaque d’une cavité auriculaire ou ventriculaire.
Mise en évidence par radioscopie après opacification de la cavité cardiaque intéressée, l’expansion systolique de l’oreillette gauche est un bon signe d’insuffisance mitrale. L’expansion systolique d’une zone de la paroi ventriculaire est observée dans certaines altérations myocardiques (nécrose localisée, anévrisme).

insuffisance mitrale

[K2,B2]

Édit. 2018  

expectoration n.f.

expectoration

Rejet par la bouche de sécrétions provenant des voies respiratoires.
Son étude nécessite qu'on la recueille dans une éprouvette graduée, pour apprécier sa quantité, son odeur, son aspect. L'expectoration est :
- séreuse : fluide, homogène, parfois mousseuse, rosée, qui évoque un œdème pulmonaire,
- muqueuse : crachats transparents visqueux et filants, signe d'une hypersécrétion du mucus bronchique, mucohémorragique, c'est le crachat rouillé de la pneumonie,
- purulente souvent épaisse, dite nummulaire ou purée de pois plus ou moins fluide dans les grandes suppurations parenchymateuses abcédées,
- mucopurulente, c'est l'aspect de l'expectoration dans les infections bronchiques et les bronchopneumonies.

crachats (examen des)

[K1]

Édit. 2018  

Fabre (signe de) l.m.

Fabre’s sign

Signe d’engagement d’une présentation céphalique fondé sur le palper abdominal.
La tête est engagée si la distance qui sépare l’épaule du fœtus de la symphyse pubienne est inférieure à quatre travers de doigt.

J. Fabre, gynécologue obstétricien français, membre de l’Académie de médecine (1864-1921)

[O3]

Édit. 2018

faciès aortique l.m.

aortic facies

Pâleur du visage, légèrement jaunâtre avec parfois accès d’érythrose, observée dans les insuffisances aortiques sévères.
Au niveau céphalique s’exprime aussi l’hyperpulsatilité artérielle sous forme d’un hochement de la tête, synchrone du pouls, traditionnellement constaté lors des aortites syphilitiques (signe de Musset).

insuffisance aortique, signe de Musset, aortite syphilitiqu

[K2]

Édit. 2018

FIC index l.m.angl. pour Fractional Inhibitory Concentration index

Index exprimant, par la comparaison des concentrations inhibitrices de 2 antibiotiques seuls et associés, l’activité bactériostatique d’une association.
Pour rechercher une action synergique d’une association de 2 antibiotiques sur une souche bactérienne, il est possible, par la technique de l’échiquier, d’étudier l’activité bactériostatique de différentes concentrations des 2 antibiotiques seuls et associés. Les résultats des CMI de chaque antibiotique seul et en présence du second antibiotique sont exprimés sous la forme du FIC index qui, inférieur ou égal à 0,5, est interprété comme le signe d’un synergisme de l’association.

[G5,D1]

Édit. 2018

Flatau (signe de) l.m.

Signe rencontré dans les méningites caractérisé par une dilatation pupillaire lors de la flexion de la nuque.

E. Flatau, neurologue polonais (1922)

[D1,H1,P2]

Édit. 2018

signe du flot l.m.

cork sign

Signe clinique pour la recherche de l’existence d’une quantité abondante de liquide abdominal : la main posée à plat contre un flanc, perçoit l’onde de choc provoquée par la percussion de l'autre flanc, prouvant la présence d’une ascite ou chez la femme enceinte d’un hydramnios.

ascite, hydramnios

[L1,O3]

Édit. 2018

flot transthoracique l.m.

Signe clinique de recherche de l’existence d’un kyste hydatique situé sur la convexité du foie :
la main gauche placée en-dessous de l’omoplate, perçoit des ondulations provoquées par la percussion de la paroi thoracique antérieure par la main droite.

A. Chauffard, médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1909)

kyste hydatique

[[K1,L1]]

Édit. 2018

fluxion supérolatérale de l'utérus l.f.

supero-lateral fluxion of the uterus

Signe clinique de la grossesse angulaire qui provoque un bombement de la corne utérine fluctuant à la palpation.

grossesse angulaire

[O3]

Édit. 2018

foie systolique l.m.

systolic pulsing liver ou hepatic pulse

Variété de foie cardiaque caractérisée par une expansion systolique de l’hépatomégalie palpable, signe clinique d’insuffisance tricuspidienne.

insuffisance tricuspidienne

[K2,L1]

Édit. 2018

syndrome du follicule lutéinisé non rompu l.m.

LUF syndrome, Luteinized Unruptured Follicle syndrome

Syndrome observé, au cours du suivi des stimulations ovariennes pour fécondation in vitro ou insémination artificielle.
Aussi bien lors des cycles menstruels spontanés que stimulés, le diagnostic se fait sur des arguments échographiques, (croissance normale du follicule puis des signes de lutéinisation avec augmentation de la température, en l'absence de signe d'ovulation), sur des arguments cœlioscopiques (corps jaune sans les signes d'ovulation à la surface de l'ovaire), et sur des arguments biologiques (taux faibles de 17-bêta-œstradiol et de progestérone dans le liquide péritonéal durant la phase lutéale précoce).

Étym. lat. folliculus : petit sac, de follis : poche, sac

fécondation in vitro, insémination artificielle, lutéinisation, corps jaune , œstradiol

[O3]

Édit. 2018

trouble fonctionnel l.m.

functional disorder

Plaintes portant sur le fonctionnement d'un ou de plusieurs organes (sphère digestive, cardiovasculaire, ORL, etc.) sans lésions anatomiques reconnues pouvant en rendre compte.
Les troubles fonctionnels, sans lésions anatomiques, sont le fait de personnalités anxieuses, histrioniques. Ils peuvent constituer le signe initial d'une autre affection psychique, notamment dépressive.

personnalité histrionique

[H3, N1]

Édit. 2018

fonctionnel adj.

functional

1) Caractère d’une fonction déterminée.
2) S’emploie aussi pour caractériser une symptomatologie ne répondant à aucune maladie définie.
Ce sont des plaintes portant sur le fonctionnement d'un ou de plusieurs organes (système digestif, cardiovasculaire, ORL, etc.) sans lésions anatomiques pouvant en rendre compte.
Les troubles fonctionnels sont le fait de personnalités anxieuses, histrioniques. Ils peuvent constituer le signe initial d'une autre affection psychique, notamment dépressive.

personnalité histrionique, trouble fonctionnel

[H3, N1]

Édit. 2018

Fraenkel (bande opaque de) l.f.

Signe de scorbut chez l’enfant constitué par une ombre transversale bordant l’extrémité de la diaphyse des os longs, la séparant de l’épiphyse.

scorbut infantile

[I2, R1]

Édit. 2018

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