Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

352 résultats 

déficience motrice l.f.

motricity deficiency

Déficience portant sur l'une ou plusieurs des actions dépendant de l'appareil moteur.
Dans la classification internationale des "handicaps" déficiences, incapacités et désavantages", la déficience motrice se distingue des déficiences des organes internes, sensitives, sensorielles, esthétiques, etc.

Étym. lat. deficiens de deficere : manquer

capacité

dégénérescence axonale l.f.

axon degeneration

Phénomène observé au cours des neuropathies périphériques, lié à la très étroite interdépendance structurale et fonctionnelle entre l'axone, dont la vie dépend de l'apport de substances synthétisées dans le corps neuronal (transport axonal), et les cellules de Schwann.
Due à une interruption de l'axone, la dégénérescence se développe en quelques jours sur la partie distale d'une fibre qui a été séparée du corps cellulaire. Elle progresse sur un mode centrifuge. À cette dégénérescence, qui entraîne une disparition des fonctions de conduction en quelques jours, s'associe une dédifférenciation de la gaine de Schwann.
Dans la dégénérescence distale rétrograde, la vie cellulaire du neurone est dégradée, diminuant l'amplitude du potentiel du nerf.
Primitivement démyélinisante, la névrite segmentaire périaxile résulte d'une atteinte primitive des cellules de Schwann. Elle provoque une réduction d'amplitude du potentiel du nerf par bloc de conduction de certaines fibres et un ralentissement de la vitesse de conduction sur d'autres, entraînant un retard et une dispersion du potentiel d'action.
En fait, l'union entre neurone et gaine de Schwann atténue les distinctions entre ces diverses formes de dégradation de la fibre nerveuse. Si bien qu'une classification des neuropathies périphériques fondée sur leur topographie et leur étiologie, et non sur la physiologie, reste utilisée.

Étym. lat. degenerare : dégénérer

dégénérescence wallérienne

Dehaene (classification de) l.f.

Dehaene’s classification

Classification des manifestations du syndrome d'alcoolisme fœtal.
On distingue :
- type 0 : hypotrophie fœtale sans dysmorphie,
- type I : forme d'atteinte légère comprenant un ou deux éléments dysmorphiques sans malformation majeure,
- type II : forme moyenne avec dysmorphie complète associée à une ou deux malformations,
- type III : forme sévère comprenant une dysmorphie importante avec nanisme et une ou plusieurs malformations,

Ph. Dehaene, pédiatre français (1995)

embryofœtopathie

délire chronique (structure d'un) l.m.

structure notion of a chronic delusion

Classification des délires chroniques fondée, non plus sur la notion d'hallucinations ou d'interprétations, mais sur celle de structure, considérée comme une forme d'organisation globale fonctionnelle de l'activité psychique, inspirée des concepts "dynamiques" de H. Jackson (H. Claude et H. Ey).
À partir d'un essai de démembrement du groupe des psychoses hallucinatoires chroniques, ont été décrits trois types de structures délirantes : paranoïaque, bien construite, systématisée ; paraphrénique, fantastique, dont la construction part dans tous les sens ; paranoïde, incohérente et dissociée, comme dans les schizophrénies.
Mais pour la plupart des auteurs français, l'extension aux délires chroniques du cadre des états schizophréniques est critiquable. De plus, le démembrement de la psychose hallucinatoire chronique ainsi entrepris n'a pu être que partiel.

J. H. Jackson, neurologue britannique (1835-1911) ; H. Ey et H. Claude, membre de l'Académie de médecine, neuropsychiatres français (1932)

Étym. lat. delirium : délire

jacksonisme, organodynamisme

déontologie médicale l.f.

medical ethics

La déontologie, science qui traite des devoirs à remplir, est pour les médecins l’ensemble des règles qui régissent les rapports des confrères entre eux et avec leurs patients ainsi qu’avec les autres professions médicales.
L’éthique et la déontologie sont souvent considérées comme deux notions équivalentes.
Leurs domaines sont, cependant, distincts bien qu’inséparables : la déontologie ne saurait édicter des règles qui ne seraient pas basées sur la morale.
Seule, la déontologie médicale remonte à l’Antiquité sous la forme du serment d’Hippocrate que le médecin jurait de respecter : « par Apollon médecin, par Esculape, par Hygie et Panacée, par tous les dieux et toutes les déesses, les prenant à témoin ».
Le terme déontologie est utilisé pour la première fois en France en 1825 à la suite de la publication du livre du philosophe anglais Jeremy Bentham « Essai sur la nomenclature
et la classification des principales branches d’Art et de Science » dans lequel il écrit « L’éthique a reçu le nom plus expressif de déontologie ».
Le premier Code de déontologie médicale date du 27 juin 1947. Sa refonte complète est intervenue le 6 septembre 1995. Celle-ci s’avérait indispensable en raison d’une part, des changements qui se sont produits dans les mentalités individuelles ainsi que dans le fonctionnement de la société civile et d’autre part, des progrès considérables réalisés par la science médicale grâce aux multiples découvertes de la technologie.
Quelques articles de ce nouveau texte ont subi depuis des modifications, les deux dernières en date étant du 29 janvier 2010 et du 7 mai 2012.
Divers organismes participent à l’élaboration du Code de déontologie médicale :
- le Conseil national de l’Ordre des médecins, conformément à l’article L 4127-1 du Code de la Santé publique (CSP) ;
- les ministères intéressés : Santé et Justice ;
- le Conseil d’Etat ;
- en dernier ressort, le Conseil des ministres.
Le Code de déontologie médical, décret publié au Journal Officiel, signé par le Premier ministre, le ministre de la Santé et le Garde des Sceaux, correspond aux articles R 4127-1 à R 4127-112 du CSP.
Il est divisé en cinq parties :
- devoirs généraux des médecins,
- devoirs envers les patients,
- rapports des médecins entre eux et avec les membres des autres professions de santé,
- exercice de la profession,
- dispositions diverses.
L’article 1er du Code de déontologie médicale est ainsi rédigé :
« Les dispositions du présent Code de déontologie s’imposent aux médecins inscrits au tableau de l’Ordre, à tout médecin exécutant un acte professionnel dans les conditions prévues à l’article R 4127-7 ou par une convention internationale ainsi qu’aux étudiants en médecine effectuant un remplacement ou assistant un médecin dans le cas prévu à l’article R 4127-87. Conformément à l’article L 4122-1 du CSP, l’Ordre des Médecins est chargé de veiller au respect de ces dispositions. Les infractions à ces dispositions relèvent de la juridiction disciplinaire de l’ordre ».

Étym. grec. deon – ontos : ce qu’il faut faire ; logos : discours

ordre des médecins

dépendance n.f.

dependency

La dépendance se définit par le besoin d’aide dans les actes essentiels de la vie quotidienne.
Elle exprime l’idée de ne pas pouvoir effectuer physiquement les prestations de base de la vie quotidienne sans l’action ou une intervention externe (personne ou domotique). La notion de dépendance inclut la participation sociale, l’appartenance à un groupe ou collectivité et la solidarité intergénérationnelle. La dépendance résulte de l’interaction entre une déficience ou trouble de la santé cause d’incapacités et de limitations d’activité avec un environnement au sens large, composé de facteurs personnels (habitudes de vie, genre, éducation, culture, profession, etc.) et de facteurs contextuels (normes, institutions, géographie, climat, habitat, environnement humain, etc.). Cette définition est celle donnée par la Classification Internationale du Fonctionnement humain, du handicap et de la santé (CIF 2001).

dépression et démence l.f.

depression and dementia

Des symptômes thymiques, dépressifs ou expansifs, peuvent annoncer ou marquer l'évolution de tableaux démentiels, notamment vasculaires et psycho-organiques frontaux.
Tout premier épisode dépressif après 50 ans doit faire rechercher l'existence d'un processus organique sous-jacent.3 La dépression peut aussi réaliser des tableaux cliniques pseudodémentiels réversibles sous l'effet du traitement antidépresseur.
La classification de T. Feinberg et B. Goodman (1984) distinguait quatre types d'intrication dépression-démence.

T. E. Feinberg et B. Goodman, neuropsychiatres américains (1984)

Étym. lat. de : en dehors de ; mens : esprit

pseudodémence

Darier-Ferrand (dermatofibrosarcome de) l.m.

dermatofibrosarcoma protuberans

S’étendant le long des travées conjonctives du tissu adipeux sous-cutané, il est omposé de cellules fusiformes et uniformes, formant des faisceaux courts à disposition tourbillonnante ou storiforme, mal limité.
Tumeur superficielle de faible grade (tumeur « intermédiaire » dans la classification OMS de référence), à potentiel agressif local, elle survient le plus souvent chez l’adulte d’âge moyen, au niveau du dos et de la racine des membres, sous la forme d’une plaque ou d’une masse uni- ou pluri-nodulaire.
Le dermatofibrosarcome est associé (90% des cas) à une translocation équilibrée t(17 ;22)(q22 ;q13) (fusion des gènes COL1A1 et PDGFB1), en majorité sous la forme de chromosomes surnuméraires en anneaux ou de dérivés linéaires, plus rarement à des translocations t (2 ;17) ou t (9 ;22). L’activation autocrine résultant de la transformation de la protéine de fusion est responsable du développement tumoral.
L’agressivité  se manifeste par des récidives locales qui peuvent être itératives d’où la nécessité d’une exérèse large (latéralement et en profondeur). Les métastases sont très rares, survenant après des récidives multiples ou d’une transformation fibrosarcomateuse.
Les formes localement évoluées non résecables ou métastatiques peuvent bénéficier d’un traitement ciblé par inhibiteurs des thyrosine-kinases.

J. Darier, membre de l'Académie de médecine et M. Ferrand, dermatologistes français (1924)

Syn. dermatofibrome progressif et récidivant, tumeur de Darier et Ferrand, dermatofibrosarcoma protuberans, fibrome envahissant, fibrosarcome cutané

Sigle angl. DTSP

fibrosarcome, inhibiteur de la thyrosine-kinase, COL1A1 gene

[F2]

Édit. 2019

déterministe adj.

determinist

Qualifie un phénomène tel que les lois physiques qui le déterminent sont des lois simples et parfaitement connues, autorisant une totale prévisibilité.
Par opposition aux phénomènes aléatoires, un phénomène déterministe répond à une évolution qu'on peut considérer comme parfaitement connue et prévisible. On peut donc indiquer, si on a connaissance de l'état du système à l'instant t, quel sera son comportement à l'instant t+dt. Beaucoup de lois physiques répondent à une telle définition, du moins en première approximation. Citons p. ex. la loi d'Ohm, qui donne la différence de potentiel régnant dans un circuit électrique de résistance connue parcouru par un courant d'intensité déterminée.
Toutefois, une telle classification peut s'estomper si on resserre les critères d'interprétation. P. ex., qu'en est-il de la loi d'Ohm si on considère le comportement individuel des électrons ? Ceci nous conduit donc à la conception actuelle résumée comme suit:
"Est dit déterministe tout phénomène aléatoire dont la prévisibilité peut être assurée par la connaissance de son premier moment statistique, à savoir sa moyenne d'ensemble ou sa moyenne temporelle."

Étym. lat. determinatio : fixation d’une limite

Di Guglielmo (maladie de) l.m.

Di Guglielmo disease, acute Di Guglielmo syndrome, pure erythroid leukaemia

Hémopathie aigüe marquée par la prolifération maligne des précurseurs érythroblastiques.
Cette entité a été identifiée par Di Guglielmo en 1917 qui en a précisé les caractéristiques et en a proposé la dénomination d’érythrémie aigüe. Celle-ci traduit une lésion primitive du système érythropoïétique marquée par une hyperplasie et un arrêt de maturation des éléments érythrocytaires : une érythrémie aigüe. Leur mécanisme pathogénique est analogue à celui des leucémies aigües myéloblastiques.
« Maladie aigüe, fébrile, profondément anémiante avec hépatosplénomégalie, à terminaison mortelle, avec normo-érythroblastose prépondérante avec de rares mégaloblastes basophiles, aussi bien dans le sang périphérique que dans les organes hémopoïétiques avec une prolifération active des éléments du système réticulo-endothélial. L’infiltration érythroblastique de la moelle est prépondérante (90 à 95% des cellules) et les mitoses sont fréquentes. »
Cette maladie est identifiée comme le type 6B de la classification FAB.

G. Di Guglielmo, hématologue italien (1917, 1928)

Syn. érythrémie aigüe, érythroleucémie

érythroleucémie, érythrémie aigüe, méthylation

disopyramide n. m.

disopyramide

Antiarythmique du groupe I de la classification de Vaughan Williams, avec une action vagolytique marquée, prescrit dans la prévention des récidives d’arythmies supraventriculaires.
Présenté sous forme de capsules actives par voie orale (100mg) et sous forme d’ampoules .à 100mg, injectables en perfusion lente
E. M. Vaughan Williams, pharmacologue britannique (1970).

dispositif médical l.m. (DM)

device, handling

Désigne à l’exception des produits d’origine humaine, « tout instrument, appareil, équipement (y compris les accessoires et logiciels intervenant dans leur fonctionnement), matière, ou autre article employé seul ou en association, destiné par le fabricant à être utilisé chez l’Homme à des fins médicales et dont l’action principale recherchée n’est obtenue ni par des moyens pharmacologiques ou immunologiques, ni par métabolisme », mais dont la fonction peut être assistée par de tels moyens.
Les DM qui sont conçus pour être implantés en totalité ou en partie dans le corps humain ou placés dans un orifice naturel, et qui dépendent pour leur bon fonctionnement d’une source d’énergie électrique ou de toute source d’énergie autre que celle générée directement par le corps humain ou la pesanteur, sont dénommés « DM implantables actifs ».
Ces DM sont destinés à être utilisés à des fins :
- de diagnostic, de prévention, de contrôle de traitement ou d’atténuation d’une maladie ;
- de diagnostic, de prévention, de traitement, d’atténuation ou de compensation d’une blessure ou d’un handicap ;
- d’étude, de remplacement ou modification de l’anatomie ou d’un processus physiologique ;
- de maîtrise de la conception.
Pour pouvoir être utilisé dans l’Union européenne, un D.M. doit obtenir une autorisation qui se traduit par l’apposition du  «marquage CE » garantissant le respect des performances et de sécurité demandé par les autorités directives européennes (Article L5211-1 du code de santé publique - Ordonnance n° 2001-198 du 1 mars 2001 art. 1 Journal officiel du 3 mars 2001).
L’éventail des DM, stériles ou non, implantables ou non, est extrêmement étendu. Il s’agit en particulier des matériels dits consommables ou d’usage unique (seringues, préservatifs, dispositifs intra-utérins, de matériels dits d’équipement (lit médical, stérilisateur, scanner…), de prothèses oculaires, mammaires, articulaires.
La différence administrative entre un dispositif médical et un médicament est très faible et parfois subtile : ainsi est un DM une compresse imprégnée d’une substance pharmacologiquement active, une endoprothèse (stent) coronaire également imprégnée, d’un ciment osseux comportant des antibiotiques, une solution pour hémodialyse tandis que sont des médicaments un stylo injecteur d’insuline ou d’héparine, prérempli, ou un dispositif transdermique imprégné…
Certains gaz sont des médicaments (protoxyde d’azote et oxygène) et d’autres sont classés parmi les DM (argon pour laser, hélium pour IRM), tandis que le « vide »est présent au lit de réanimation sans classification…
Les frontières sont également incertaines avec des produits cosmétiques (pour le blanchiment dentaire), les équipements de protection individuelle (masques, gants de laboratoire, doigtiers), les biocides à action désinfectante, et les dispositifs pour diagnostic in vitro (lecteur de glycémie).
Tous ces matériels sont placés sous la responsabilité de la Commission nationale de matériovigilance.
Les récipients collecteurs d’objets piquants (aiguilles) ou tranchants (lames de scalpels) utilisés, donc éventuellement souillés et contaminants ne sont pas considérés comme DM et leur surveillance est assurée par la Direction générale de la santé…

dissection aortique l.f.

aortic dissection

Anévrisme disséquant de l'aorte, affection rare mais gravissime résultant d'une hémorragie intramurale en rapport avec le clivage longitudinal de la paroi aortique au sein de la média (tunique moyenne) du vaisseau.
Provoquée par l'hématome au sein d'une paroi artérielle fragilisée par une altération congénitale ou acquise de la média, la dissection se développe à partir d'une brèche de l'intima (porte d'entrée) et s'étend vers l'aval et, éventuellement, vers l'amont par progression hélicoïdale, sans jamais devenir totalement circonférentielle. Deux cylindres s'individualisent, d'où un aspect angiographique à double chenal. L'hypertension artérielle et le syndrome de Marfan (par dégénérescence kystique de la paroi) sont d'importants facteurs prédisposants. La rupture aortique au cours des premiers jours de l'évolution fait courir un risque mortel qui justifie l'intervention chirurgicale. La symptomatologie est dominée par la douleur intense, dorsale ou simulant l'infarctus du myocarde, mais migrant au cours de l'évolution. L'hypertension artérielle est habituelle, par contre un collapsus annonce le plus souvent la rupture de l'anévrisme entraînant un hémothorax, un hémopéricarde, un hémomédiastin ou un hémopéritoine. L'abolition d'un ou plusieurs pouls est un signe essentiel, de même que l'apparition soudaine d'un souffle diastolique.
La classification de De Bakey, entre autres, en trois types permet d'estimer les possibilités de traitement: type I, dissection étendue à l'aorte ascendante et au-delà ; type II, dissection limitée à l'aorte ascendante ; type III, dissection limitée à l'aorte descendante.

M. E. DeBakey, chirurgien américain (1965)

Étym. lat. dissectio : séparation comme après une coupure

anévrisme

dissection de la carotide interne l.f.

dissecting internal carotid aneurysm

Clivage de la paroi de l’artère par un hématome au niveau de la média.
La classification en dissections traumatique ou spontanée est difficile car les antécédents traumatiques sont inconstants ou douteux et les deux dissections ont une présentation identique. L’hématome survient habituellement en zone de transition histologique (terminaison du bulbe) et peut ou non communiquer avec la lumière artérielle. L’étendue de la dissection est variable en longueur et en diamètre. Affection survenant en moyenne vers 40-50 ans, la dissection peut être observée aussi dans l’adolescence. Elle associe des signes ischémiques, cécité monoculaire transitoire ou durable et des signes locaux : céphalées typiquement orbito-frontales ipsilatérales, cervicalgies latéro-cervicales irradiant à l’angle de la mâchoire, dysphagie douloureuse, acouphènes pulsatiles, signe de Claude Bernard-Horner, larmoiement, souffle cervical. L’artériographie permet le diagnostic.

dissociation des fibres nerveuses l.f.

teasing of nerve fibers

Technique consistant à isoler par microdissection, grâce à une loupe binoculaire et à de fines aiguilles, un certain nombre de fibres myélinisées sur une longueur d'environ 1 cm.
La fixation s'effectue comme pour l'étude en microscopie électronique, alors que la post-fixation dans la solution osmique dure 24 heures et le rinçage dans le tampon Palade au moins 24 heures. En microscopie optique, on peut alors étudier la position des nœuds de Ranvier les uns par rapport aux autres et repérer les lésions par démyélinisation segmentaire et par atteinte axonale ou dégénérescence wallérienne. Dyck propose une classification stricte de ces anomalies morphologiques. La quantification, en pourcentage, des lésions, est souvent utile. De même, la mesure des distances internodales permet d'apprécier l'intensité des phénomènes de démyélinisation et de remyélinisation.

A. Gombault, neurologue français (1880)

Étym. lat. dissociatio : séparation

DNCB sigle m. pour DiNnitroChloroBenzène

Allergène très puissant utilisé pour tester la réactivité cellulaire à lymphocyte T (allergie de type IV de la classification de Gell et Coombs) et les moyens de défense de l’organisme, notamment en cas de cancer (mélanome malin en particulier) et en cas de maladie susceptible de donner un déficit immunitaire.
Les tests au DNCB sont souvent utilisés en cancérologie notamment cutanée.

P. Gell et R. Coombs, immunologistes britanniques (1963)

dinitrochlorobenzène (test au)

dos du nez

dorsum nasi (TA)

dorsum of nose

Bord antérieur libre de la pyramide nasale.
Il s’étend de l’échancrure nasale au bout du nez. Sa forme et son profil variables permettent la classification morphologique des nez.
Syn. arête du nez

dyschromatopsie d'axe l.f.

axis dyschromatopsia

Toute dyschromatopsie acquise à l'exclusion des chromatopsies et des troubles corticaux colorés.
On distingue suivant la classification de Verriest les dyschromatopsies d'axe bleu-jaune (tritan, tétartan et mixte), rouge-vert (protan et deutan) et sans axe. On parle également d'axe scotopique lorsque la vision des couleurs tend vers l'achromatopsie.

G. Verriest, ophtalmologiste belge (1963)

Étym. gr. dus : difficulté ; khroma : couleur ; opsis : vue

daltonisme

dysplasie du col utérin l.f.

cervical dysplasia

Ensemble des lésions du col utérin caractérisées par une modification d'architecture de l'épithélium malpighien par troubles de la différenciation cellulaire dont témoignent des anomalies nucléaires.
Etape intermédiaire entre l'épithélium normal et le cancer intraépithélial, elle présente plusieurs degrés de gravité. Elle est légère quand elle intéresse le tiers inférieur de l'épithélium, moyenne quand elle atteint ses deux tiers, sévère quand elle dépasse ses deux tiers, et c’est un cancer in situ quand tout l'épithélium est modifié. Elle succède à une anomalie du processus de réépithélialisation par métaplasie atypique. Récemment élaborée sur le concept de néoplasie intraépithéliale et de ses différents degrés, la classification de Bethesda distingue les lésions de l'épithélium malpighien de bas grade, comprenant les dysplasies légères et les infections à papilloma virus, et celles de haut grade, incluant les dysplasies moyennes, et sévères et les carcinomes in situ.

Étym. gr. dus : difficulté ; plasein : façonner

dysplasie spondylo-épimétaphysaire l.f.

spondylo-epimetaphyseal dysplasia

Groupe de nombreuses affections congénitales comportant une petite taille (par défaut de croissance des vertèbres), une brièveté des membres (du fait de l’altération des métaphyses des os longs) et des anomalies articulaires (par atteinte des épiphyses).
Les très nombreuses variantes cliniques sont associées à des altérations de gènes différents, la plupart codant pour les collagènes. Certaines formes ont une transmission autosomique dominante mais la plupart sont récessive. Elles sont classées dans le groupe 11 de la classification internationale des maladies osseuses constitutionnelles (2007).

Étym. gr. sphondulos : vertèbre

dyspnée cardiaque l.f.

cardiac dyspnea

Oligopnée avec tachypnée (dite improprement «polypnée superficielle») dont l'importance et les circonstances de survenue fournissent un moyen simple et efficace d'apprécier le retentissement fonctionnel d'une insuffisance cardiaque connue.
La classification de la NYHA (New York Heart Association) distingue quatre stades selon le degré de dyspnée du
patient :
stade I - Insuffisance cardiaque minime, dyspnée pour des efforts inhabituels seulement,
stade II - Insuffisance cardiaque modérée, dyspnée pour des efforts moyens,
stade III - Insuffisance cardiaque moyenne, dyspnée pour des efforts minimes,
stade IV - Insuffisance cardiaque sévère, dyspnée permanente.
La dyspnée d'effort est le maître symptôme de l'insuffisance cardiaque gauche : elle correspond à une élévation de la pression capillaire pulmonaire. Son aspect le plus grave est l'œdème aigu du poumon avec son accès de dyspnée paroxystique.
La dyspnée de décubitus avec orthopnée, ne permettant au malade de dormir qu'en position semi-assise, annonce habituellement le passage au stade IV.
La blocpnée d'effort est l'équivalent de l'angine de poitrine.
L'asthme cardiaque est une forme d'insuffisance cardiaque gauche entraînant un bronchospasme d'effort.
La dyspnée permanente des épanchements péricardiques abondants est soulagée par la classique position génupectorale.

Étym. gr. dyspnoia : dyspnée

blocpnée, polypnée, ventilation-fréquence (diagramme)

dystrophie musculaire des ceintures l.f.

limb girdl muscular dystrophy (LGMD)

Maladie héréditaire caractérisée par une atrophie congénitale de certains muscles des ceintures scapulaire ou pelvienne, à transmission dominante ou récessive.
Une classification de ces dystrophies dominantes (LGMD 1A, B, C) et récessives (LGMD 2A, B, C, D, E, F, G, H, I) peut être faite en fonction de la localisation du gène muté et de la protéine déficiente. Par exemple, la dystrophie 1A touche la myotiline dont le gène est en 5q31 ; la dystrophie 1C touche la cavéoline 3 en 3p25 ; la dystrophie sévère de l’enfant 2D (“ SCARMD ”) touche l’adhaline ou α-sarcoglycane ; la dystrophie 2A touche la calpaïne 3 en 15q15.

J. N. Walton, Sir, et F. J. Nattrass, neurologues britanniques (1954)

Étym. gr. dus : difficulté : trophein : nourrir

Syn. myopathies des ceintures, Walton et Nattrass (myopathie de)

échelle du coma de Glasgow n.f.

Glasgow's coma scale

Échelle d'évaluation clinique de l'état de conscience utilisée après un traumatisme cranio-encéphalique et au cours d’un coma, permettant d’apprécier rapidement l’état initial et d’en suivre l’évolution.
Une cotation est attribuée à la meilleure réponse obtenue dans l'étude de trois paramètres :
- "E", ouverture des yeux (4 : spontanée ; 3 : au bruit ; 2 : à la douleur ; 1, absente) ;
- "V", réponse verbale (5, orientée ; 4, confuse ; 3, inappropriée ; 2, incompréhensible ; 1, absente) ;
- "M", réponse motrice (6, obéit ; 5, flexion adapté ; 4, flexion orientée ; 3, flexion réflexe ; 2, extension réflexe ; 1, absente).

La somme de ces constations définit un score qui varie de 3 à 15 (E+V+M). Le pronostic est d’autant plus grave que le score est bas. 15 correspond à un état lucide, de 14 à 10 à une somnolence ou à un coma léger, de 9 à 7 à un coma de plus en plus profond, 3 à un coma probablement irréversible. Cette classification est simple dans son application. Les corrélations sont bonnes entre observateurs différents. Ce test rapide, utile pour une orientation en urgence, ne dispense pas d’un examen neurologique complet. Il comporte une variante adaptée à l’enfant de moins de 5 ans ; une autre a été complétée par l’étude des réflexes du tronc cérébral.

G. Teasdale et B. Jennett, neurochirurgiens britanniques (1974 et 1979)

Étym. Glasgow : ville d’Ecosse

Syn. Glasgow (score de)

échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral, échelle de Glasgow-Liège , échelle de Glasgow pédiatrique

[G1, H1]

Édit. 2019

ectomorphie n.f.

Type d’individu qui, dans la classification de Sheldon.

Sheldon (classification de)

[N1]

Édit. 2019

embryogenèse n.f.

embryogenesis (TE)

embryogenesis

Phase de développement de l’embryon, qui va, en principe, de la fécondation au 48ème jour qui suit la conception (horizons I à XIX de Streeter – stades Carnegie 1 à 23).
Ce processus peut s'accomplir selon des schémas très divers. L'embryogenèse peut être naturelle et dans ce cas elle s'effectue dans le gamétophyte femelle porteur du zygote et l'embryon est donc parasite ; elle sera suivie par l’organogenèse (au sens restreint) de la période fœtale. Elle peut être réalisée artificiellement en culture in vitro à partir d'un zygote ou encore d'une cellule somatique, on parle alors d'embryogenèse somatique ; elle est à l’origine de l’embryon préimplantatoire qui correspond aux horizons I à IV de Streeter et aux stades Carnegie1 à 4.
La classification de Streeter distingue deux périodes dans l’embryogenèse : la période pré-embryonnaire (horizons I à XII – stades Carnegie 1 à 12) et la période embryonnaire proprement dite (horizons XIII à XIX – stades Carnegie 13 à 21).

Étym. gr. embruon : qui naît à l’intérieur de

Syn. embryogénie

embryon, gamétogenèse, sporogenèse, stades Carnegie, horizons de Streeter, développement de l'embryon et du fœtus humain (par séquence de semaines), période pré-embryonnaire, période embryonnaire, fœtus, fœtogenèse, organogenèse, période fœtale

[A4]

Édit. 2019

| page précédente | /15 | page suivante