CRISPR-Cas 9 sigle pour Clustered regularly interspaced palindromic repeats (ou séquences regroupées palindromiques et espacées régulièrement) suivi de Cas-9, nom d’une endonucléase
Cas 9 est une endonucléase qui coupe les deux brins de l’ADN et qui est guidée par de petits ARN non codant lui permettant de se fixer sur l’endroit de l’ADN à cliver.
Il s’agit là d’un système de défense des bactéries contre les bactériophages. Lorsqu’un bactériophage infecte une bactérie, celle-ci exprime des ARN de type CRISPR complémentaires de fragments du génome du phage. Cas 9 s’associe à ces ARN qui s’apparient à l’ADN du phage et l’élimine. Ce système de défense des bactéries peut être utilisé pour modifier un gène quelconque dans un organisme vivant. En utilisant la spécificité de l’ARN guide, Cas 9 est programmée pour sectionner l’ADN à des endroits déterminés. On a ainsi un nouvel outil universel de thérapie génique somatique modulable grâce à la séquence de l’ARN. Il a l’avantage de réparer le gène altéré alors que la méthode classique est de le remplacer en introduisant dans la cellule le gène intact. Cet outil peut être également utilisé pour modifier le génome des gamètes. Les modifications apportées seront ainsi transmises à la descendance. Cette méthode est beaucoup plus rapide que la technique utilisée habituellement de transfection de cellules embryonnaires réimplantées dans un blastocyste.
Jennifer A. Doudna, biologiste américaine et Emmanuelle Charpentier, biologiste française (2014)
[Q1]
Édit. 2015
CRX gene l.angl. pour cone-rod homeobox-containing gene
Gène, situé sur le locus chromosomique 19q13.3, codant pour la protéine cone-rod homeobox, formée dans la rétine.
Cette protéine, se liant à des régions spécifiques du DNA pour contrôler l’activité de certains gènes, est appelée facteur de transcription.
CRX gene aide les cellules photoréceptrices à évoluer en deux types de cellules : les bâtonnets nécessaires pour la vision de la lumière de faible intensité, les cônes pour la lumière de forte intensité et les couleurs.
Des mutations de ce gène entraînent la dystrophie des cônes et des bâtonnets, les formes dominantes d’amaurose congénitale de Leber et de rétinite pigmentaire tardive.
Syn. cone-rod homeobox protein, CORD2, CRD, LCA7, orthodenticle homeobox 3, OTX3
→ dystrophie des cônes et des bâtonnets, Leber (amaurose congénitale de), protéine cone-rod homeobox
CYBA gene acr. angl. pour cytochrome b-245 alpha chain
Localisé en 16q24.2, ce gène code pour la chaîne alpha du cytochrome b-245, dénommée aussi p22-phox, qui est une sous-unité du groupe enzymatique NADPH-oxydase dont le rôle est essentiel dans le système immunitaire.
Au sein de ce groupe enzymatique, la chaîne alpha du cytochrome b-245 est la partenaire d’une chaîne bêta produite par le gène CYBB. Ces deux chaînes alpha et bêta sont nécessaires à l’action de la NADPH-oxydase.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la granulomatose septique.
Syn. CY24A_HUMAN, cytochrome b-245 light chain, cytochrome b-245, alpha polypeptide, cytochrome b(558) alpha chain, cytochrome b558 subunit alpha, cytochrome b light chain, flavocytochrome b-558 alpha polypeptide, neutrophil cytochrome b 22 kDa polypeptide, p2
→ granulomatose septique, CYBB, cytochrome b
CYBB gene sigle angl. pour cytochrome b-245 beta chain
Localisé en Xp21.1-p11.4 ce gène code pour la chaîne bêta du cytochrome b-245, dénommée aussi p91-phox, qui est une sous-unité du groupe enzymatique NADPH-oxydase dont le rôle est essentiel dans le système immunitaire.
Au sein de ce groupe enzymatique, la chaîne bêta du cytochrome b-245 est la partenaire d’une chaîne alpha produite par le gène CYBA. Ces deux chaînes alpha et bêta sont nécessaires à l’action de la NADPH-oxydase.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de la granulomatose septique.
Syn. CGD91-phox, CY24B_HUMAN, cytochrome b-245 heavy chain, cytochrome b-245, beta polypeptide, cytochrome b(558) subunit beta, GP91PHOX, cytochrome b558 subunit beta, neutrophil cytochrome b 91 kDa polypeptide, p91-PHOX, superoxide-generating NADPH oxidase he
→ granulomatose septique, CYBA, cytochrome b
Darier (maladie de) l.f.
Darier's disease, keratosis follicularis, Darier-White's disease
Génodermatose autosomique dominante apparaissant après l'adolescence, d'évolution chronique presque indéfinie, faite de papules sèches cornées confluant en nappes verruqueuses d'aspect "crasseux" siégeant surtout dans les sillons rétroauriculaires, la gouttière vertébrale et la région présternale et parfois les grands plis où la macération entraine des suintements fétides ; il existe de plus des lésions verruciformes sur le dos des mains et une certaine diminution de la résistance aux infections bactériennes, mycosiques et surtout virales, particulièrement l'herpès, avec risque de pustulose de Kaposi-Juliusberg.
L'aspect histologique, caractéristique, montre des fentes intraépidermiques surtout suprabasales résultant d'une viciation de la maturation des kératinocytes, cette kératinisation anormale, car précoce et individuelle, correspondant à la dyskératose et aboutissant à la formation de "corps ronds" qui se transforment ensuite en "grains cornés". La localisation folliculaire n'est qu'occasionnelle. Une extension des lésions aux muqueuses, notamment buccale, oesophagienne et bronchique, est possible. Les formes bulleuses posent des problèmes de diagnostic et d'interprétation nosologique avec le pemphigus chronique bénin familial de Hailey-Hailey et avec la dermatose acantholytique de Grover.
Le gène de la maladie a été localisé sur le chromosome 12q23-24,1 ; à ce jour 140 mutations sur ce gène ont été identifiées : il s’agit du gène ATP2A2 codant pour la protéine SERCA 2, pompe à calcium ATP-ase dépendante, qui régule les taux intracellulaires aux mécanismes d’adhésion kératinocytaire ; cependant, le mécanisme exact des troubles de l’adhésion et de la différenciation kératinocytaires qu’induit cette mutation reste inconnu.
J. Darier, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine (1889); J. C. White, dermatologue américain (1889, trois mois plus tard)
Syn. psorospermose folliculaire végétante (obs.), dyskératose folliculaire (obs.), keratosis follicularis (obs.)
DMRT1 gene , sigle angl. pour doublesex and mab-3 related transcription factor 1
Gène situé sur le locus chromosomique 9p24.3, faisant partie d’un cluster ayant en commun un domaine DM (zinc finger-like DNA-binding motif) qui est un régulateur clé du développement mâle dans certaines espèces animales.
Ce gène présente un motif d’expression spécifique des gonades et du dimorphisme sexuel.
Des mutations de ce gène interviennent dans le syndrome de Swyer.
Syn. CT154, DMT1
dosage génique l.m.
gene dosage
Variation de l'expression d'un gène en fonction du nombre de copies de ce gène dans le génome.
L'expression d'un gène porté par un plasmide multicopie, le développement de l'œuf fécondé (2n) et de l'albumen des graines (3n) dépendent d'effets de dosage.
Duchenne (dystrophie musculaire progressive de)
Duchenne’s muscular dystrophy, muscular dystrophy Duchenne type
Myopathie congénitale liée à l’X, transmise par les filles et touchant les garçons, due à la mutation ou à la délétion des gènes d’une protéine musculaire, la dystrophine, caractérisée par une dystrophie musculaire progressive généralisée, mortelle avant 20 ans par défaillance cardiorespiratoire.
Cette dystrophinopathie, la plus fréquente des myopathies de l’enfant débute avant l’âge de cinq ans par une faiblesse musculaire progressive, symétrique, touchant surtout les muscles proximaux des membres, d’abord inférieurs : d’où des troubles de la marche, des chutes avec impossibilité de se relever, des rétractions musculaires et une fréquente pseudohypertrophie essentiellement des mollets. La perte de la marche se produit avant l’âge de 13 ans. Le ptosis est fréquent. L’atteinte cardiaque se rencontre dans 94 % des cas.
La teneur en créatine-kinase sérique (CPK) est élevée, surtout au début. L’augmentation de la myoglobine plasmatique témoigne de la myolyse. La biopsie musculaire confirme le diagnostic en mettant en évidence une absence quasi totale de dystrophine.
L’atteinte génétique correspond à une mutation de type Duchenne du gène codant pour la dystrophine situé en Xp21.2 ; ce gène est proche de celui de la rétinite pigmentaire liée au sexe (RP3) qui peut être associée à cette myopathie. Le conseil génétique se fonde sur l’identification des femmes conductrices : pseudohypertrophie des mollets ou déficit moteur, élévation des CPK dans environ les deux tiers des cas. Par suite du grand nombre de mutations, la mère d’un garçon atteint n’est pas toujours conductrice ; en revanche, elle l’est si, en plus de son fils, un autre parent mâle est touché. Le diagnostic prénatal est possible en biologie moléculaire sur les villosités trophoblastiques ou les amniocytes, voire sur une cellule prélevée sur l’embryon obtenu par fécondation in vitro. Un protocole de thérapie génique visant à introduire le gène normal de la dystrophine est à l’essai.
Une variété nosologique de début plus tardif et d’évolution plus lente est dite myopathie de Becker.
G. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1868)
dyschondrostéose n.f
dyschondrosteosis
Forme particulière d’ostéochondrodysplasie épiphyso-métaphysaire décelée chez l’enfant ou l’adolescent caractérisée par une atteinte mésomélique avec des déformations osseuses et articulaires, un raccourcissement des membres et un nanisme modéré.
A l’avant-bras le radius est court et incurvé transversalement, son épiphyse inférieure est fortement oblique en bas et en dehors, la tête radiale est abaissée ; l’ulna est incurvé dans le plan sagittal, sa partie distale est luxée en arrière ; le carpe est ogival et le poignet présente une déformation comparable à la déformation de Madelung (ce qui laisse supposer une relation entre ces deux affections). La dysplasie du radius et du carpe peut donner une compression du nerf médian au canal carpien. Les mains sont normales. L’atteinte des membres inférieurs prédomine également sur le segment moyen et provoque une diminution modérée de la taille qui atteint à l’âge adulte environ 1,45 m chez la femme et 1,55m chez l’homme. Le tronc, le crâne et la face sont normaux. La gêne fonctionnelle du poignet, ordinairement modéré, peut parfois nécessiter une correction chirurgicale. Des anomalies oculaires peuvent être trouvées : microphtalmie, anophtalmie, cataracte, opacités nuageuses diffuses de la cornée et paralysies oculomotrices.
L’affection prédomine dans le sexe féminin ; l’hérédité est dominante à manifestations variables. Le gène impliqué est SHOX, porté sur la région pseudo-autosomique du chromosome X, par mutation partielle ou délétion en Xp22.32.
Le même gène est responsable du nanisme mésomélique (angl. mesomelic dwarfism) de Langer où les déformations et le raccourcissement sont importants, associés à une hypoplasie de la fibula et des altérations, inconstantes, de la mandibule ; les mains et les pieds sont épargnés. Elle serait la forme homozygote à hérédité autosomique récessive de la dyschondrostéose ; la maladie de Léri-Weill en serait la forme hétérozygote.
A. Léri, ohtalmologiste et J. A. Weill, pédiatre français (1929) ; L. O. Langer Jr, médecin radiologue américain (1967) ; Valérie Belin, pédiatre généticienne française (1998)
Étym. gr. dus : difficulté ; khondros : cartilage ; osteon : os
Syn. maladie de Léri-Weill
→ Madelung (déformation de), SHOX gene, nanisme mésomélique type Langer, dyschondrostéose, Léri-Weill ( syndrome de)
échelle de la douleur de l'enfant Gustave Roussy l.f.
Evaluation de la douleur, après une observation de 4 heures, selon 10 items cotés de 0 à 4 qui se regroupent en 3 parties.
| ITEM | Cotation 0 | Cotation 1 | Cotation 2 | Cotation 3 | Cotation 4 | ||||
| 1. Position antalgique au repos |
absence de position antalgique : l'enfant peut se mettre n'importe comment. |
l'enfant semble éviter certaines positions. | l'enfant évite certaines positions mais n'en paraît pas gêné. |
l'enfant choisit une position antalgique évidente, qui lui apporte un certain soulagement. | l'enfant recherche sans succès une position antalgique et n'arrive pas à être bien installé. |
||||
| 2. Manque d'expressivité | l'enfant est vif, dynamique, avec un visage animé. |
l'enfant paraît un peu terne, éteint. |
au moins un des signes suivants : traits du visage peu expressifs, regard morne, voix marmonnée et monotone, débit verbal lent. |
plusieurs des signes ci-dessus sont nets. | visage figé, comme agrandi. Regard vide. Parle avec effort. |
||||
| 3. Protection spontanée des zones douloureuses | l'enfant ne montre aucun souci de se protéger. | l'enfant évite les heurts violents. |
l'enfant protège son corps, en évitant et en écartant ce qui pourrait le toucher. |
l'enfant se préoccupe visiblement de limiter tout attouchement d'une région de son corps. |
toute l'attention de l'enfant est requise pour protéger la zone atteinte. |
||||
| 4. Plaintes somatiques | pas de plainte : l'enfant n'a pas dit qu'il a mal. | Plaintes "neutres" : - sans expression affective (dit en passant "j'ai mal") ; - et sans effort pour le dire (ne se dérange pas exprès). |
au moins un des signes suivants : - a suscité la question "Qu'est-ce que tu as, tu as mal ?"; - voix geignarde pour dire qu'il a mal; - mimique expressive accompagnant la plainte . |
en plus de la cotation 2, l'enfant : - a attiré l'attention pour dire qu'il a mal; - a demandé un médicament. |
c'est au milieu de gémissements, sanglots ou supplications que l'enfant dit qu'il a mal. |
||||
| 5. Attitude antalgique dans le mouvement | l'enfant ne présente aucune gêne à bouger tout son corps. Ses mouvements sont souples et aisés. |
l'enfant montre une gêne, un manque de naturel dans certains de ses mouvements. |
l'enfant prend des précautions pour certains gestes. |
l'enfant évite nettement de faire certains gestes, il se mobilise avec prudence et attention. |
l'enfant doit être aidé, pour lui éviter des mouvements trop pénibles. |
||||
| 6. Désintérêt pour le monde extérieur | l'enfant est plein d'énergie, s'intéresse à son environnement, peut fixer son attention et est capable de se distraire. |
l'enfant s'intéresse à son environnement mais sans enthousiasme. |
l'enfant s'ennuie facilement mais peut être stimulé. |
l'enfant se traîne, incapable de jouer, il regarde passivement. |
l'enfant est apathique et indifférent à tout. | ||||
| 7.Contrôle exercé par l'enfant quand on le mobilise (mobilisation passive) | l'enfant se laisse mobiliser sans y accorder d'attention particulière. |
l'enfant a un regard attentif quand on le mobilise. | en plus de la cotation 1, l'enfant montre qu'il faut faire attention en le remuant. |
en plus de la cotation 2, l'enfant retient de la main ou guide les gestes du soignant. |
l'enfant s'oppose à toute initiative du soignant ou obtient qu'aucun geste ne soit fait sans son accord. |
||||
| 8. Localisation de zones douloureuses par l'enfant | Pas de localisation : à aucun moment, l'enfant ne désigne une partie de son corps comme gênante. |
l'enfant signale, uniquement verbalement, une sensation pénible dans une région vague sans autre précision. | en plus de la cotation 1, l'enfant montre avec un geste vague cette région. | l'enfant désigne avec la main une région douloureuse précise. |
en plus de la cotation 3, l'enfant décrit, d'une manière assurée et précise, le siège de sa douleur. | ||||
| 9. Réactions à l'examen des zones douloureuses | aucune réaction déclenchée par l'examen. |
l'enfant manifeste, juste au moment où on l'examine, une certaine réticence. |
lors de l'examen, on note au moins un de ces signes : raideur de la zone examinée, crispation du visage, pleurs brusques, blocage respiratoire. |
en plus de la cotation 2, l'enfant change de couleur, transpire, geint ou cherche à arrêter l'examen. |
l'examen, de la région douloureuse est quasiment impossible, en raison des réactions de l'enfant. |
||||
| 10. Lenteur et rareté des mouvements | les mouvements de l'enfant sont larges, vifs, rapides, variés, et lui apportent un certain plaisir. |
l'enfant est un peu lent, et bouge sans entrain. |
un des signes suivants : - latence du geste, - mouvements restreints, - gestes lents; - initiatives motrices rares. | plusieurs des signes ci-dessus sont nets. |
l'enfant est comme figé, alors que rien ne l'empêche de bouger. |
||||
Annie Gauvain-Piquard, pédiatre française (1991)
Réf. Gauvain-Piquard A., Rodary C., Lemerle J. :Une échelle d’évaluation de la douleur du jeune enfant. Journées parisiennes de pédiatrie 1991:95‐100
[F2, O1]
Édit. 2019
émérine n.f.
emerin
Protéine de l’enveloppe du noyau cellulaire, dont un défaut est impliqué dans certaines myopathies, en particulier une forme récessive de la dystrophie musculaire d’Emery-Dreifuss.
Constituant avec la lamine A, la partie interne réticulée de la membrane nucléaire, elle se lie avec les fibres de la lamine au niveau de sa région C-terminale.
Son gène est porté par le chromosome X, (locus en Xq28). Une mutation de ce gène, responsable de la désorganisation de la membrane nucléaire interne est la cause de la forme récessive (liée à l’X) de la maladie d’Emery-Dreifuss. Les lamines ont un rôle dans l’ancrage de l’émérine dans la membrane nucléaire, et les mutations dans la région C-terminale de la lamine A (gène LMNA en 1q22.23) ou les modifications enzymatiques de cette région sont responsables de la forme autosomique dominante de la maladie d’Emery-Dreifuss.
A. H. Emery, médecin généticien britannique (1966) : R. E. Dreifuss, neurologue britannique (1961)
Étym. Emery : nom de l’auteur du syndrome
→ Emery-Dreifuss (dystrophie musculaire d'), lamine, laminopathie
[C1, I4, Q2]
Édit. 2019
empreinte parentale n.f.
genomic imprinting
Modification de l’expression des gènes qui entraîne la répression d'un seul des deux allèles, maternel ou paternel, par altération de la structure de la chromatine dans la région où se trouvent ces gènes.
Un gène est régulé par les facteurs agissant sur sa transcription, mais aussi par des modifications dites « épigénétiques », survenant durant la formation des gamètes, qui peuvent être transmissibles et consistent en la méthylation ou l’acétylation des histones de la chromatine. Lorsqu’un gène est soumis à l’empreinte, un seul allèle s’exprime et, ainsi, le sujet peut souffrir d’une mutation récessive qui serait sans effets s’il n’existait pas d’empreinte. Chez l’homme, par exemple, le syndrome de Prader-Willi caractérisé par une hypotonie, une obésité, une petite taille et des retards mentaux, est dû à une mutation sur le chromosome 15 paternel non suppléée par la copie maternelle, demeurée silencieuse. De même, le gène de l’IGF2 (Insulin-like Growth Factor) est soumis à une empreinte parentale avec une expression sélective des allèles paternels Une levée d’empreinte est observée dans le syndrome de Wiedermann-Beckwith associé à une macrosomie fœtale, une prédisposition tumorale et une hypoglycémie néonatale.
→ Prader-Willi (syndrome de), IGF, Wiedermann-Beckwith (syndrome de), épigénétique, insulin-like growth factor (IGF)
[Q1]
Édit. 2019
F2 gene sigle angl. pour coagulation factor II, thrombin
Gène, localisé en 11p11, qui dirige la production de prothrombine (facteur II).
Plus de 50 mutations de ce gène sont à l’origine d’une déficience en prothrombine, à l’origine de syndromes hémorragipares. A contrario, une mutation de ce gène qui entraîne le remplacement de la guanine par de l’adénine en position 20210, est à l’origine d’une thrombophilie par accroissement de la concentration plasmatique de prothrombine.
Syn. Blood Coagulation Factor II, coagulation factor II, coagulation factor II (thrombin), prothrombin B-chain, PT, Q7Z7P3 HUMAN, serine protease
→ déficience en prothrombine, thrombophilie, Budd-Chiari (syndrome de)
[Q1,F4]
Édit. 2018
facteur 8 de croissance des fibroblastes l.m.
fibroblast growth factor 8
Gène localisé en 10q24.32 codant pour une protéine de la famille du facteur de croissance fibroblastique (fibroblast growth factor (FGF), qui posséde une activité étendue dans les phénomènes de mitogénie, d’angiogénèse, de croissance et de survie cellulaires, dans le développement embryologique de l’encéphale, des yeux et des oreilles, dans la morphogénèse, la réparation tissulaire ainsi que dans la croissance et l’invasion tumorales.
Chez l’adulte l’expression de ce gène est limitée aux testicules et aux ovaires.
Les mutations de ce gene sont à l’origine de l’holoproencéphalie et du syndrome de Kalmann.
Syn. AIGF, FGF-8, HBGF-8, HH6, KAL6
Sigle FGF 8
→ holoproencéphalie, Kalmann (syndrome de)
[C2,A2,Q1]
Édit. 2018
FIP1L1-PDGFRA gene sigle angl.
Gène de fusion entre le gène FIP1L1 et une partie du gène PDGFRA, situé sur le chromosome 4.
Cette mutation somatique, acquise durant la vie et présente dans les cellules hématopoïétiques, est responsable de la leucémie chronique à éosinophiles associée à FIP1L1-PDGFRA
J. Gotlib, hématologiste américain et J. Cools, médecin généticien belge (2008) ; Carmen P. Montaño-Almendras, biologiste bolivienne (2012)
→ leucémie chronique à éosinophile associée à FIP1L1-PDGFRA
[F1,Q2]
Édit. 2018
fusion d'opérons l.f.
operon fusion
Cas particulier de la fusion de gènes où le gène d'expression a conservé ses propres séquences de contrôle, le gène fusionné étant placé en aval du gène d'expression.
galactosémie n.f.
galactosemia
1) Concentration de galactose dans le sang.
2) Maladie métabolique héréditaire affectant le métabolisme du galactose, caractérisée par une augmentation de la concentration du galactose et de ses métabolites toxiques dans le sang et les organes.
Quatre types de galactosémies, en fonction du déficit enzymatique en cause, ont été décrites :
- la galactosémie de type 1 ou galactosémie classique (OMIM 230400) due à des mutations du gène GALT, situé sur le chromosome 9p13, entraînant un déficit en galactose-1-phosphate uridyltransférase. Elle cause une atteinte hépatique sévère chez le nourisson. Sa transmission est autosomique récessive;
- la galactosémie de type 2 ou galactosémie par déficit en galactokinase (OMIM 230200) est due à des mutations du gène GALK1 situé sur le chromosome 17q24. Elle se caractérise par une cataracte à début précoce. Sa transmission est autosomique récessive.
-la galactosémie de type 3 ou galactosémie par déficit en galactose épimérase (OMIM 230250) est due à des mutations du gène GALE, situé sur le chromosome 1p36. C'est une forme très rare qui entraîne, chez le nourisson, une hypotonie, une mauvaise prise alimentaire, des vomissements, un ictère, une hépato-splénomégalie, un retard de croissance et un déficit cognitif. Des formes bénignes ont également été décrites.
- la galactosémie de type 4 est mal caractérisée. Elle serait due à un déficit de l'enzyme galactose mutarotase.
→ galactose, galactose-1-phosphate uridyltransférase, galactokinase, galactose épimérase, galactose mutarotase, galactose (intolérance au)
[C1, Q2]
Édit. 2020
GANAB gene, acr. angl. pour glucosidase, alpha, neutral ab
Gène situé sur le locus 11q12.3, qui code la sous-unité alpha catalytique de la glucosidase II.
La sous-unité bêta étant codée par le gène PRKCSH.
L’enzyme glucosidase II permet l’hydrolyse des liaisons (glyc)osidiques. Elle se localise dans le réticulum endoplasmique et est requise pour la maturation et l’adressage à la membrane et aux cils cellulaires des Polycystines-1 et 2.
Les mutations de ce gène sont à l’origine de polykystoses hépatiques et rénales. Muté dans certaines tumeurs du poumon.
Syn. alpha-glucosidase; neutral, ab form glucosidase ii, alpha subunit
→ glucosidase alpha-bêta, polykystose rénale, polykystose hépatique, PKD3 gene
[M1,K1,L1,Q2]
Édit. 2017
gène orthologue l.m.
orthologous gene
Gène présent chez différentes espèces, provenant d’un gène ancestral.
Les gène orthologues ont souvent conservé des structures et des fonctions semblables au cours de l’évolution.
Ant. gène paralogue
[Q1]
Édit. 2018
gène silencieux l.m.
pseudogene
Gène, ne s’exprimant plus, dont la séquence est voisine de celle d’un gène fonctionnel auquel il est apparenté.
P.ex. l’abolition de l’activité du promoteur d’un gène paralogue conduit à sa pseudogénisation.
Syn. pseudogène
[Q1]
Édit. 2018
glycogénose de type I l.f.
glycogen storage disease I
Affection lysosomique avec surcharge hépatorénale en glycogène et hypoglycémie.
Il s’agit de la forme la plus fréquente de glycogénose, avec surcharge glycogénique du foie, des reins, du cœur et du cerveau. Le début de l’affection est néonatal : on trouve hypoglycémie, convulsions, polypnée, diarrhée, vomissements, retard de croissance, nanisme dès les premières années de la vie, obésité de la face et du tronc, xanthomes, hépatonéphromégalie, épistaxis et hémorragies. L’examen oculaire doit rechercher une infiltration brunâtre marginale de la cornée, un glaucome congénital (rare) et de petites lésions paramaculaires jaunâtres. Il existe un dysfonctionnement du système enzymatique de la glucose-6-phosphatase.
On différencie trois formes : la forme Ia (OMIM 232200), touchant 80 % des patients, est due à des mutations du gène G6PC, localisé en 7q21, qui code la sous-unité catalytique alpha de la glucose-6-phosphatase. La forme Ib (OMIM 232220) est due à des mutations du gène SLC37A4, localisé en 11q23, qui affecte le transport du glucose-6-phosphate. Elle diffère de la forme Ia par une tendance aux infections (due à une neutropénie), aux gingivostomatites et aux inflammations intestinales. La forme Ic (OMIM 232240), très rare, est également due à des mutations du gène SLC37A4 mais affectant le transport du phosphate et du pyrophosphate. Elle est cliniquement proche de la forme Ib.
L’hérédité est autosomique récessive. Le dépistage prénatal est possible.
E. von Gierke, anatomopathologiste allemand (1928) ; R. Ellis, pédiatre britannique, S. van Crefeld, pédiatre néerlandais (1940)
Syn. von Gierke (maladie de), glycogénose hépatorénale, glycogénose par déficit en glucose-6-phosphatase, Ellis-van Creveld (maladie de), van Creveld-von Gierke (maladie de)
[C1, L1, M1, P2, Q2]
Édit. 2020
HBA1 gene sigle angl. pour hemoglobin subunit alpha 1
Gène localisé en 16p13.3 qui code pour l’une des deux alpha-globines, sous-unités de l’hemoglobine.
L’autre alpha-globine est produite par le gène HBA2 de localisation très proche dans le chromosome 16 (locus alpha-globine).
Les mutations de ce gène sont à l’origine de l’alpha-thalassémie et du syndrome d'alpha-thalassémie-déficience intellectuelle associée au chromosome 16 (ATR16) qui résulte d’une grande délétion du matériel génétique du bras court du chromosome 16 concernant à la fois HBA1 et HBA2.
Syn. alpha-1-globin, CD31, HBA-T3, hemoglobin alpha 1 globin chain, hemoglobin, alpha 1, MGC126895, MGC126897
→ alpha-thalassémie, syndrome d'alpha-thalassémie-déficience intellectuelle associée au chromosome 16
HBA2 gene sigle angl. pour hemoglobin subunit alpha 2
Gène localisé en 16p13.3 qui code pour l’une des deux alpha-globines, sous-unités de l’hemoglobine.
L’autre alpha-globine est produite par le gène HBA1 de localisation très proche dans le chromosome 16 (locus alpha-globine).
Les mutations de ce gène sont à l’origine de l’alpha-thalassémie et du syndrome d'alpha-thalassémie-déficience intellectuelle associée au chromosome 16 (ATR16) qui résulte d’une grande délétion du matériel génétique du bras court du chromosome 16 concernant à la fois HBA1 et HBA2.
Syn. alpha-2 globin, alpha-globin locus, second, HBA-T2, hemoglobin-alpha locus 2, major alpha-globin locus
→ alpha-thalassémie, syndrome d'alpha-thalassémie-déficience intellectuelle associée au chromosome 16
héméralopie congénitale stationnaire de type III apparentée à la rhodopsine l.f.
night blindness, congenital stationary rhodopsin-related
Héméralopie congénitale stationnaire avec mutation sur le gène RHO.
Un patient a été signalé avec héméralopie apparentée à la rhodopsine (mutation sur le gène RHO en ala292-glu) et localisée sur le chromosome 3 en 3q21-24. L'ERG est altéré en scotopique et sans modifications en photopique, le fond d'œil est normal, et l'on a un recul de 16 ans sans évolution. L’affection est autosomique dominante (MIM 180380.0031).
Il a également été signalé une héméralopie apparentée à la rhodopsine et localisée en 3q21-24 sur un patient avec mutation sur le gène RHO en gly90-asp. L'ERG est aussi altéré en scotopique et sans modifications en photopique, le fond d'œil est normal, mais les membres les plus âgés de la famille ont des pigmentations ostéoblastiques, une légère atrophie de l'épithélium pigmenté rétinien et des vaisseaux un peu étroits. L’affection est autosomique dominante (MIM 180380.0032).
T. P. Dryja, ophtamologue américain (1993), P. A. Sieving, ophtamologue américain (1995)
Étym. gr. hêmera : jour ; optomaï : je vois
[P2]
hémojuvéline n. f.
hemojuvéline
Protéine, exprimée sur la membrane de l’hépatocyte, qui joue un rôle majeur dans le contrôle de l’expression de l’hepcidine et par conséquent dans le maintien de l’homéostasie du fer.
Des mutations homozygotes du gène HJV (HémoJuVelin), locus en 1q21, codant l’hémojuvéline, sont à l’origine de surcharges en fer hémochromatosiques sévères dites juvéniles, car survenant le plus souvent avant 30 ans, liées à une expression anormalement basse de l’hepcidine. Des cas de digénisme, associant une mutation hétérozygote du gène de l’hémojuvéline à une mutation dans un autre gène impliqué dans le développement de surcharges en fer, peuvent être retrouvés.
→ hepcidine, hémochromatose juvénile, hémochromatose génétique (mutations responsables de l'), déficit en hémojuvéline