tapis sableux l.m.
sandy patches
Se dit d'un aspect cystoscopique particulier, semblable à un fond sableux, correspondant à un tapis d'œufs calcifiés de Schistosoma haematobium dans la sous-muqueuse, lésions tertiaires d'une bilharziose chronique.
télangiectasies essentielles généralisées l.f.p.
generalized essential telangiectases
Dilatations capillaires représentant le principal symptôme d'une affection survenant principalement chez la femme adulte, qui consiste en l'apparition de télangiectasies et parfois de petits angiomes sur le tronc ou les membres et qui peuvent s'accompagner d'hémorragies récidivantes.
L'évolution est chronique, mais sans gravité, la dermatose n'occasionnant le plus souvent qu'un préjudice esthétique.
thalassémie (manifestations neurologiques de la) l.f.p.
thalassaemia, thalassanemia (neurologic disorders in)
Hémoglobinopathie génétique se manifestant par des anémies chroniques de gravité variable en fonction de l'état homozygote (thalassémie majeure) ou hétérozygote (thalassémie mineure), et selon le site de l'attaque (chaîne α, ß et δ), susceptible de comporter des atteintes neurologiques.
Outre les conséquences propres de l'anémie chronique parfois profonde, on a pu décrire, notamment dans la ß-thalassémie homozygote (maladie de Cooley), des compressions des structures nerveuses, notamment médullaires, par des foyers d'hématopoïèse ectopique extramédullaire, situés dans l'espace épidural.
La thalassémie peut aussi être responsable de rares infarctus cérébraux, essentiellement rapportés au décours des transfusions sanguines. La thrombocytose secondaire à la splénectomie (fréquemment réalisée chez ces patients) joue probablement un rôle dans la survenue des manifestations thrombotiques. Des crises convulsives, un syndrome myopathique et des céphalées sont aussi relevés.
T.P. Cooley, pédiatre américain (1925)
Étym. gr. thalassa : mer (Méditerranée)
thérapie ciblée l.f.
targeted therapy
Traitement, utilisé particulièrement comme anticancéreux, agissant en fonction non pas d‘une maladie, mais de la modalité d’expression de certains gènes.
Le premier exemple en a été l’hormonothérapie des cancers du sein exprimant des récepteurs hormonaux (œstrogènes, progestérone). Depuis, en fonction de l’expression de certains gènes d’autres cancers peuvent bénéficier de ce type de traitement en utilisant des anticorps monoclonaux (immunothérapie spécifique, tel le trastuzumab dans les cancers du sein exprimant très positivement HER2/neu) ou des inhibiteurs de la tyrosine kinases, par exemple dans la leucémie myéloïde chronique ou les tumeurs stromales gastrointestinales
Syn. thérapie moléculaire ciblée
→ anticorps monoclonaux, tyrosine kinases (inhibiteurs de la)
thoracoplastie de Sauerbruch-Maurer l.f.
thoracoplasty
Résection d'une série de côtes contigües en conservant leur périoste, rendant la paroi thoracique souple.
L'affaissement diminue le volume de l'hémithorax et collabe la zone pulmonaire en regard.
Elle entraîne une respiration paradoxale, dans ses indications pulmonaires, qui s'atténue dans les semaines et mois suivants, à mesure que s'ossifient les lits périostés. La thoracoplastie permet d'obtenir le collapsus du poumon ou d'une poche pleurale sous-jacente.
L'étendue de la résection des côtes va du bord supérieur de la zone pathologique jusqu'à la côte sous-jacente à la zone que l'on désire affaisser. L'exérèse costale doit emporter le tubercule, le col et la tête de la côte qui est désarticulée. Elle s'étend en avant jusqu'au cartilage costal pour les 3 premières côtes puis s'en éloigne progressivement de la 4e à la dernière côte à réséquer.
Si la thoracoplastie devait dépasser 5 côtes, elle était réalisée en 2 temps, à 2 ou 3 semaines d'intervalle.
La thoracoplastie a longtemps été le seul traitement de la tuberculose pulmonaire avec le pneumothorax thérapeutique jusqu'à l'apparition de la streptomycine.
Les indications actuelles sont rares et son étendue limitée à 5 côtes habituellement. On la pratique parfois pour affaisser une cavité pulmonaire quand une résection pulmonaire est impossible fonctionnellement ; elle garde surtout une indication pleurale : persistance d'une réexpansion insuffisante d’un poumon après résection pulmonaire partielle, ou après décortication pour empyème chronique.
F. Sauerbruch, chirurgien allemand (1904), A. Maurer, chirurgien français (1929)
thrombocythémie essentielle n.f.
essential thrombocyth(a)emia
Syndrome myéloprolifératif marqué par une augmentation du nombre des plaquettes sanguines liée à une prolifération clonale des précurseurs mégacaryocytaires.
L’hyperplaquettose est souvent de découverte fortuite à l’occasion d’un hémogramme. Cependant des complications thrombotiques artérielles ou veineuses peuvent être révélatrices de l’affection.
Le diagnostic de thrombocythémie essentielle repose sur quatre critères :
1 nombre permanent de plaquettes ≥ 450 × 109/L durant la période d’investigation ;
2 histologie médullaire marquée par une prolifération spécifique et nette de la lignée mégacaryocytaire constituée de mégacaryocytes matures et de grande taille et par l’absence d’hyperplasie ou de prolifération des cellules jeunes de la granulopoïèse et de l’érythropoïèse ;
3 absence de critère pour le diagnostic de polycythémie vraie, de splénomégalie myéloïde, de leucémie myéloïde chronique, de syndrome myélodysplasique ou d’autres néoplasies myéloïdes (critère proposé par l’OMS) ;
4 mise en évidence de JAK2 (V617F), de MPL (W515K ou W515L) ou CALR et en l’absence de marqueurs clonales, pas d’évidence de thrombocytose réactionnelle.
Les difficultés d’application de ces critères justifient les précisions suivantes:
- l’exclusion d’une polycythémie vraie repose sur les valeurs de l’hémoglobine et de l’hématocrite et ne demande pas la détermination de la masse globulaire ; en cas de ferritinémie basse l’administration de fer ne peut pas accroître l’hémoglobine et l’hématocrite à des valeurs compatibles avec le diagnostic de polycythémie vraie.
- l’exclusion d’une splénomégalie myéloïde nécessite l’absence de fibrose réticulinique ou collagène, d’une érythromyélémie, d’une hypercellularité médullaire marquée accompagnée par une morphologie mégacaryocytaire caractéristique de cette affection, à savoir un mélange de petits et grands mégacaryocytes regroupés en clusters denses, et montrant des rapports nucléoprotoplasmatiques anormaux et des noyaux hyperchromatiques d’aspect nuageux ou avec contour irrégulièrement folié,
- l’exclusion d’une leucémie myéloïde est affirmée par l’absence de BCR-ABL ;
- l’absence de dysérythropoïèse ou dysgranulopoïèse permet d’exclure les autres néoplasies myéloïdes ;
- les causes de thrombocytose réactionnelle incluent le manque de fer, la splénectomie, la chirurgie, les infections chroniques, les maladies auto-immunes, les cancers métastasés et les désordres lymphoprolifératifs. Cependant la présence d’une de ces situations n’exclue pas le diagnostic de thrombocythémie essentielle si les trois premiers critères sont rencontrés.
J. W. Vardiman, hématologue américain (2009) ; J. Nangalia, biologiste britannique (2013) ; T. Klampfl, biologiste autrichien (2013) ; A Tefferi, hématologue américain (2014 et 2019)
→ thrombocytose, syndrome myéloprolifératif, JAK2, MPL, CALR
[F1 Q3]
Édit. 2020
thrombophlébite migrante l.f.
parfois aussi le thorax, l'abdomen, le cou et le scrotum, se manifestant sur un segment de veine
qui devient sensible, parfois rouge-violacé, douloureuse et indurée en fil de fer.
Les recherches étiologiques sont dominées par celles d'un cancer viscéral, pancréatique
notamment, ou d'une hémopathie maligne telle que maladie de Vaquez, leucémie myéloïde
chronique; parmi les autres causes, on retiendra les hernies diaphragmatiques, la goutte,
la maladie de Buerger. Le traitement est celui de la cause qui n'est cependant pas toujours
retrouvée.
A. Erlenmeyer, psychiatre autrichien (1890), H. Vaquez, médecin interniste français, membre de l’Académie nationale de médecine (1921) ; L. Buerger, chirurgien urologue américain (1908) ;
Étym. gr. thrombos : caillot ; phlebs : veine ; ite : inflammation ; lat. migrare :
Syn. thrombophlébite migratrice
thrombose de la veine porte l. f.
portal vein thrombosis
La thrombose de la veine porte avec ou sans extension aux branches portales droite et gauche est caractérisée par l’existence d’un thrombus d’apparition récente ou ancienne.
La thrombose peut s’étendre aux veines splénique, mésentérique et aux segments intrahépatiques.
La thrombose récente ou aigüe peut être asymptomatique ou se manifester par des douleurs abdominales aspécifiques, de la fièvre. Lorsque le foie est normal, non cirrhotique, la fonction hépatique est préservée, par l’augmentation compensatrice du flux sanguin artériel. Lorsque la thrombose concerne aussi la veine mésentérique, une ischémie intestinale peut survenir.
La thrombose ancienne est découverte devant une hypertension portale et un hypersplénisme.
Le thrombus peut être cruorique, néoplasique ou infecté.
Les causes les plus fréquentes, chez l’adulte, sont le carcinome hépatocellulaire dans le territoire porte concerné, la cirrhose à un stade le plus souvent avancée et chez l’enfant une omphalite néonatale ou une canulation de la veine ombilicale néonatale. Les autres causes sont un foyer inflammatoire intra-abdominal dans les thromboses récentes ou aigues. Dans tous les cas, il faut rechercher une thrombophilie : syndrome myéloprolifératif, une mutation du facteur V Leiden, un déficit en protéine C ou S, en antithrombine III, un syndrome des antiphospholipides, la présence d’un anticoagulant circulant, une mutation du gène JAK2. Les causes pouvant être associées, le bilan de thrombophilie doit être fait dans tous les cas.
Le diagnostic repose sur l’imagerie qui permet de dater la survenue de la thrombose, de rechercher une cause locale et de faire le bilan d’extension. L’échographie, examen de première intention, montre dans la veine porte un matériel échogène hyperdense. Le scanner est l’examen de référence qui met en évidence la thrombose veineuse et un signe très évocateur l’hyper-artérialisation à la phase artérielle avec une augmentation du calibre de l’artère hépatique. Lorsque la thrombose est récente, il n’y a pas de cavernome portal. Celui-ci se développe très rapidement, pouvant apparaître une semaine après la thrombose. Le traitement anticoagulant, une urgence thérapeutique, est poursuivi pendant 6 mois en cas de thrombose aigüe ou chronique, prolongé toute la vie en cas d’état prothrombotique ou d’extension à la veine mésentérique supérieure. Il faut y associer le traitement de la cause. Pour l’hypertension portale le traitement est celui des cirrhotiques.
Thygeson (kératite ponctuée superficielle de) l.f.
Thygeson's superficial punctate keratitis
Kératite épithéliale ponctuée bilatérale d'évolution chronique avec rémissions sans conjonctivite.
Il peut y avoir des épisodes de kératite filamenteuse. Elle peut durer de six mois à quatre ans et finir par guérir sans séquelles. Les signes fonctionnels sont légers. La plupart du temps sans origine précise, elle peut être associée à un état allergique.T
P. Thygeson, ophtalmologue américain (1950)
thyroïdite de Hashimoto l.f.
Hashimoto's thyroiditis, Hashimoto’s disease, Hashimoto’s struma
Maladie auto-immune chronique, caractérisée par un goitre thyroïdien secondaire à une infiltration lymphoplasmocytaire diffuse.
Le diagnostic est évoqué devant une hypothyroïdie progressive avec goître modéré, très ferme et indolore. Une élévation des anticorps antithyroïdiens (antithyroglobuline et thyroperoxydase I) est constatée. Elle est parfois associée à d’autres affections auto-immunes.
Le seul traitement est celui de l’hypothyroïdie
H. Hashimoto, chirurgien japonais (1912)
[O4]
tic n.m.
tic disorder
Trouble moteur ou vocal involontaire, intempestif, brusque, rapide, répété, stéréotypé, stérile, localisé à un groupe de muscles en liaison fonctionnelle et ayant un rôle dans les relations sociales, suspendu ou très atténué lors du sommeil et de certaines activités absorbantes. Surtout masculin, il apparaît généralement avant 14 ans.
On distingue : les tics moteurs simples (clignement des yeux, grimaces, haussements d'épaules, etc.) ou complexes, pouvant caricaturer un geste (se taper, se mordre, toucher un objet, etc.); les tics des paupières ou blépharotics sont parmi les plus fréquents.; les tics vocaux simples (grognement, "aboiement", etc.) ou complexes (phrases ou mots itératifs hors de propos, écholalie, coprolalie ou répétition d'interjections ordurières) ; les tics respiratoires (reniflement, toussotement) ou de la déglutition.
L'étiologie des tics reste obscure. L'association à une névrose obsessionnelle-compulsive est discutée. Un fond anxieux s'observe souvent. Des antécédents familiaux similaires sont habituels.
Parfois transitoires, ils peuvent disparaitre spontanément, mais une évolution vers la chronicité est possible..
Rare, chronique, invalidante, "la maladie des tics convulsifs" de G. Gilles de la Tourette comporte notamment des tics multiples mais pas toujours simultanés, variables, survenant par accès, ainsi qu'une écholalie et une coprolalie.
G. Gilles de la Tourette, neurologue français (1884)
tocophobie n.f.
La phobie de l’accouchement est définie comme une peur phobique de la grossesse et de l’accouchement.
Cet état pathologique est caractérisé par 3 groupes de symptômes :
- une peur d'une telle intensité qu’elle perturbe diverses fonctions psychiques et physiques, cognitives et émotionnelles sous forme de pensées irrépressibles de catastrophe à venir lors de l'accouchement avec interprétation péjorative de tout indice ou information altérations du sommeil ou de l'élan vital ;
- une conduite incontournable d'évitement au point de refuser une éventuelle grossesse malgré le souhait exprimé d'un tel événement;
- la nécessité absolue de la présence, au moment de l'accouchement, d'un "objet contraphobique" tel que la présence d'une personne proche , permettant hors de toute rationalité de pouvoir contourner l'évitement.
Divers facteurs individuels de vulnérabilité émotionnelle ou contextuels peuvent faciliter la survenue d'une tocophobie : hyperémotivité ,anxiété chronique, antécédent traumatique sexuel ou génital, récit d'une expérience traumatique survenue dans l'entourage...
La tocophobie accroît le risque de dépression du post-partum.
Cette pathologie féminine ne doit pas être confondue avec la simple appréhension craintive de l'accouchement à venir. Cette crainte fréquente peut être primaire (chez la primipare) ou secondaire (chez la multipare) souvent alors en fonction d'une expérience traumatisante lors d'un accouchement antérieur.
Étym. gr. phobos :peur pathologique ; tokos : accouchement
[H3]
Édit. 2017
tolérance en alcoologie l.f.
tolerance and alcoology
Capacité constitutionnelle de l'organisme à supporter une certaine dose d'éthanol sans que n'apparaissent des troubles.
Variable selon les sujets, elle est aussi évolutive : chez l'alcoolique chronique, des doses de plus en plus élevées sont nécessaires à l'obtention du même effet.
→ accoutumance, dose-effet (relation), vulnérabilité à l'alcool
toux n.f.
cough
Expiration brusque et sonore de l’air compris dans les poumons, précédée d'une fermeture de la glotte avec contraction des muscles expiratoires, suivie de l'ouverture brutale de la glotte avec expulsion rapide de l'air, la vitesse du courant aérien passant alors de 25 à 1000 km/heure.
Il s’agit le plus souvent d’une réponse réflexe à une irritation inflammatoire, mécanique ou tumorale de la muqueuse des voies respiratoires, O.R.L. ou trachéo-bronchiques, par activation de récepteurs sensitifs.
On distingue la toux sèche, irritative, ne ramenant pas de sécrétions, et les toux productives.
L'expectoration peut être :
- séreuse évoquant une origine cardiaque en particulier si la toux survient la nuit,
- perlée à la fin d'une crise de dyspnée, elle évoque un asthme,
- mucopurulente en particulier le matin au lever dans les dilatations des bronches, dans les bronchopathies chroniques obstructives,
- faite de pus, telle la vomique d'un abcès.
La toux peut être chronique ou prendre un caractère aigu, fébrile comme dans les bronchites.
trabéculation vésicale l.f.
bladder wall trabeculation
Modification structurelle de la paroi vésicale, consistant en un épaississement irrégulier du détrusor et plus particulièrement de sa couche interne, en amont d'un obstacle chronique, d'une instabilité vésicale ou d'un dysfonctionnement vésicosphinctérien d'origine neurologique, donnant un aspect particulier en cystoscopie.
Entre ces épaississements dénommés "colonnes", la paroi plus fine forme des dépressions appelées "cellules", qui parfois aboutissent à des diverticules. L'ensemble réalisera alors l'aspect dit de "vessie de lutte".
Étym. lat. trabs : poutre
trachéite n.f.
tracheitis
Inflammation aigüe ou chronique de la trachée.
→ trachée
trachome n.m.
trachoma
Kératoconjonctivite, première cause de cécité dans le monde, endémique dans certaines régions d’Afrique et d’Asie à bas niveau d’hygiène, comportant 4 signes : pannus cornéen, follicules conjonctivaux, cicatrices conjonctivales caractéristiques, follicules d’Herbert (deux d’entre eux doivent être présents pour que le diagnostic de trachome soit porté).
Le trachome est provoqué par Chlamydia trachomatis, bactérie transmise par les mains sales, les mouches, la poussière. L’homme est le seul réservoir du germe. L’évolution du trachome est progressive en 4 stades, le stade IV étant celui des complications. Celles ci sont palpébrales (entropion trichiasis), cornéennes (vaisseaux, kératite, ulcères), conjonctivales (xerosis), lacrymales (atrésie des points lacrymaux, dacryocystite), infectieuses, ciliaires (hyper ou atrophie des cils). Il débute par une conjonctivite folliculaire, à laquelle succède une kératite chronique (hyperplasie papillaire, pannus cornéen) qui se développe de manière torpide sur des années et conduit à la cécité en l’absence de traitement (tétracycline, chirurgie).
Le traitement du trachome est médical : préventif (hygiène, pommade à base de tétracycline), et curatif (pommade à la tétracycline associée à un traitement général par érythromycine)
Le traitement chirurgical est celui des complications (entropion- trichiasis)
Seules des campagnes d’éducation sanitaire dans les régions d’endémie permettent d’en limiter la survenue.
transplantation pulmonaire l.f.
pulmonary transplantation
Remplacement chez un insuffisant respiratoire majeur et presque terminal d'un ou des deux poumons par un ou deux poumons prélevés sur un homme en état de mort apparente.
La technique actuellement utilisée reste celle décrite par Henri Métras pour la transplantation pulmonaire expérimentale chez l'animal. Au début des années 80, la transplantation pulmonaire a pu être utilisée chez l'homme.
Le bilan avant la transplantation doit être complet : respiratoire, cardiaque et circulatoire, infectieux, immunohématologique et digestif mais aussi neurologique et psychiatrique. Le greffon doit être compatible immuno
La bronchiolite oblitérante est la principale complication secondaire et surtout tardive de la greffe pulmonaire entraînant une défaillance progressive du poumon greffé. Elle relève surtout d'un mécanisme immunopathologique, le rejet chronique. Elle atteint 30 à 40% des transplantés pulmonaires et cardiopulmonaires. La survie tourne autour de 45% à 5 ans. La transplantation pulmonaire a un pronostic moins favorable que les autres transplantations d'organes.
H. Métras, chirurgien thoracique français (1950)
Syn. greffe pulmonaire
→ bronchiolite oblitérante du poumon trans planté
transplantation rénale l.f.
renal transplantation
Implantation chirurgicale d'un rein sain chez un patient atteint d'insuffisance rénale chronique terminale irréversible, dans le but de restaurer sa fonction rénale.
C'est la plus fréquente des transplantations d'organes. En France, près de 1800 trans
Les étapes successives de la transplantation sont le prélèvement de rein et sa conservation à + 4°C pendant une période ne dépassant pas habituellement 48h, la recherche d'un receveur partageant avec le donneur une histocompatibilité jugée suffisante, la transplantation du rein habituellement dans la fosse iliaque, ce qui exige l'anastomose des vaisseaux du pédicule du greffon rénal avec ceux du donneur et le rétablissement de la continuité de la voie excrétrice urinaire, généralement par réimplantation urétérovésicale, la mise en route chez le receveur d'un traitement immunosuppresseur qui sera poursuivi à vie.
Actuellement, le pourcentage de survie avec un rein fonctionnel est de l'ordre de 60% à dix ans.
→ histocompatibilité, transplantation d'organe, rejet de greffe
trichinellose n.f.
trichinellosis
Helminthose zoonotique cosmopolite, sporadique ou survenant par petites épidémies, causées principalement par le Nématode Trichinella spiralis dont l'adulte vit dans l'intestin grêle et les larves s'enkystent dans les muscles.
La contamination a généralement lieu à la suite d’une ingestion de viande de porc, de sanglier ou de phacochère contenant des larves enkystées et consommée insuffisamment cuite ou simplement fumée ou salée (charcuterie). Certaines contaminations peuvent avoir lieu par ingestion de viande de chien, de phoque ou d'ours. Chez l'Homme, les larves en impasse évoluent le plus souvent vers la calcification.
Après une courte incubation (24 à 48 heures), l’infection peut débuter par des symptômes gastro-intestinaux précoces (diarrhée et vomissements, vives douleurs abdominales) et par une fièvre élevée avec soif intense. Un syndrome inflammatoire avec une urticaire et un œdème de la face et des paupières sont souvent associés ("maladie des grosses têtes"). Vers le 15eme jour, apparaissent des myalgies intenses. L'évolution se fait vers une phase purement musculaire chronique. Les principales complications sont cardiaques (myocardite, œdème aigu du poumon) ou cérébrales (encéphalite). La trichinose s’accompagne d’une hyperéosinophilie très importante et persistante ainsi que d'une élévation des enzymes d'origine musculaire. Les cas d'infestation massives sont particulièrement sévères, parfois rapidement mortels. Le diagnostic est porté par sérologie (immunofluorescence) ou par biopsie musculaire montrant la présence de larves enkystées. A posteriori, les kystes larvaires calcifiés donnent à la radiographie une image caractéristique en "grains de semoule".
Le traitement fait appel à la diéthylcarbamazine et au thiabendazole et, si nécessaire, à des corticoïdes. La prophylaxie repose sur le contrôle vétérinaire des viandes ou produits de charcuterie qui doivent être consommées après cuisson suffisante.
L'espèce parasitaire la plus fréquemment en cause est Trichinella spiralis. Toutefois, d'autres espèces sont parfois responsables, comme T. pseudospiralis ou T. papuae en Asie du sud-est (Thaïlande, Cambodge) et en Nouvelle Guinée. Ces deux dernières espèces ne forment pas de kystes.
Syn. trichinose
→ Trichinella spiralis, Trichinella
[D1]
Édit. 2020
tumeur blanche l.f.
white swelling
Arthrite tuberculeuse chronique d’une articulation superficielle.
Elle désigne le plus souvent l’arthrite tuberculeuse du genou.
Étym. lat. tumor : gonflement
tumeur carcinoïde l.f.
carcinoid tumor
Initialement individualisées au niveau digestif pour les distinguer des autres tumeurs intestinales en raison de leur meilleur pronostic et de leurs spécificités anatomopathologiques, les tumeurs carcinoïdes désignent en réalité des tumeurs constituées au dépens des cellules neuroendocrines productrices de sérotonine.
Les tumeurs carcinoïdes constituent 1% des cancers. Leur localisation est traditionnellement liée à leur origine à partir de l’intestin primitif : foregut ou intestin antérieur (pharynx, trachée, bronche, œsophage, estomac, duodéno-pancréas, jéjunum), midgut ou intestin moyen (iléon, appendice, caecum), hindgut ou intestin postérieur (colon, rectum). Les tumeurs carcinoïdes se révèlent au niveau de la bronche (30% des cas) ou de l’ensemble du tractus digestif (50% des cas) notamment de l’intestin grêle, du côlon, de l’appendice (1% des pièces d’appendicectomie). Elles se développent aussi à partir du pancréas, de l’ovaire.
Leur révélation précoce est rare (image ronde du poumon, subocclusion intestinale liée à un syndrome de Koenig). Au stade des métastases hépatiques, l’absence de dégradation de la sérotonine par le foie explique la survenue de flushs liés au syndrome carcinoïde, de diarrhée chronique, d’atteintes valvulaires de la tricuspide.
Leur mise en évidence est permise par les tomodensitométries, la TEP-FDG, les scintigraphies à l’octréoscan. Les signes cliniques (flushs diarrhée) sont réduits par les analogues retard de la somatotatine.
Étym. gr. karkinôma : tumeur cancéreuse (de karkinos : crabe, cancer), et suffixe -eide du grec eidos : sorte.
→ carcinoïde, syndrome carcinoïde, tumeurs broncho-pumonaires neuro-endocriniennes.
[F2, K1, L1, O4]
Édit. 2020
tumeur xanthomateuse plexiforme l.f.
plexiform xanthomatous tumor
Tumeur mésenchymateuse rare, survenant chez l'adulte, siégeant sur les membres et le tronc et se manifestant comme une tuméfaction intradermique bien délimitée, dure, ayant la teinte de la peau normale environnante.
Histologiquement, la lésion se situe dans le derme profond et l'hypoderme et se compose d'amas bien délimités comprenant des faisceaux entrelacés de cellules fibroblastiques, des plages de cellules xanthomateuses et des dépôts de cholestérol. La tumeur doit être différenciée du xanthome, de la tumeur fibrocytique plexiforme et de l'histiocytome fibreux cholestérolique. L'évolution est chronique. Des métastases n'ont pas été observées. Le traitement consiste en l'excision chirurgicale.
Étym. lat. tumor : gonflement
TWIST2 gene sigle angl. pour Twist family BHLH transcription factor 2
Gène localisé en 2q37.3 codant pour un facteur de transcription capable d'inhiber la maturation des ostéoblastes.
Ce gène peut stimuler l’évolution de cancers : bronchique, colorectal, ovarien, épidermoïde de la tête et du cou, ainsi que sarcome, mélanome, hépatocarcinome et leucémie lymphoïde chronique,
Ses mutations sont à même de provoquer la dysplasie faciale ectodermique, le syndrome ablépharie-macrostomie.
Syn. AMS, FFDD3, BBRSAY, DERMO1, SETLSS, bHLHa39
→ Barber-Say syndrome, syndrome ablépharie-macrostomie, dysplasie faciale ectodermique
ulcère n.m.
ulcer
Perte de substance spontanée ne tendant pas à la cicatrisation normale.
Localisé à la surface d'un organe ou d'un tissu revêtu d'un épithélium, l’ulcère est créé par l'élimination du tissu nécrotique d'un foyer inflammatoire superficiel. Trois localisations sont habituelles : muqueuse buccale, gastrique ou intestinale ; extrémités distales des sujets âgés ayant des troubles circulatoires ; col utérin, vagin. Deux stades sont décrits : aigu avec signes d'inflammation aigüe dans les parois et sur le fond ou socle de l’ulcère ; chronique, avec, sur les bords, présence d'une régénération épithéliale, et sur le fond un aspect cicatriciel conjonctif.
Étym. lat. ulcus : ulcère