diaphragmatique (hernie) l.f.
diaphragmatic hernia
Passage des viscères abdominaux dans le thorax à travers un orifice anormal, congénital ou traumatique du diaphragme.
Un défaut de continuité du diaphragme permet la migration des organes abdominaux dans le thorax, ce qui entraîne des troubles ventilatoires importants.
Chez le nouveau-né la présence de ces organes abdominaux dans le thorax gène le développement des poumons, surtout du côté de la brèche (80% à gauche). La cyanose est intense, elle est associée à un abdomen plat, un thorax distendu, un silence respiratoire d'un hémithorax (en général le gauche) et des bruits du cœur déplacés vers le côté opposé. Les hernies diaphragmatiques droites se manifestent souvent avec un certain retard et moins bruyamment parce que le foie limite le passage des organes abdominaux dans le thorax.
Étym. gr. diaphragma : séparation, cloison
disruption génique l.f.
gene disruption
Interruption de la séquence codante d'un gène par introduction d'une autre séquence d'ADN.
DKC1 gene , sigle angl. pour dyskerin pseudouridine synthase 1
Gène situé sur le locus chromosomique Xq28, codant la dyskérine, protéine impliquée dans le maintien de la structure des télomères ; ceux-ci protègent les chromosomes contre un accolement anormal ou une dégradation précoce.
Plus de quarante variétés de mutations sont identifiées dans la dyskératose congénitale
Syn. CBF5, CBF5 homolog, cbf5p homolog, DKC, DKC1_HUMAN, dyskeratosis congenita 1, dyskerin, dyskerin, FLJ97620, H/ACA ribonucleoprotein complex subunit 4, H/ACA ribonucleoprotein complex subunit 4 isoform 1, H/ACA ribonucleoprotein complex subunit 4 isoform 2
→ téloméropathies, dyskératose congénitale, Hoyeraal-Hreidarsson (syndrome de), dyskérine
[Q1,Q2,H1,J1)]
Édit. 2018
domaine n.m.
domain
1) En biochimie des protéines, partie de la macromolécule dont la structure est associée à une fonction déterminée.
Une protéine peut comporter plusieurs domaines plus ou moins autonomisés, p. ex. un domaine lipophile permettant sa liaison à des lipides ou à des membranes, un domaine récepteur de ligands, un domaine d'activité enzymatique.
Des protéines différentes peuvent avoir des domaines ayant un degré élevé d'homologie, leur conférant une propriété commune : c'est le cas du domaine SH2 (qui contient environ 100 acides aminés), défini comme un domaine d'homologie avec la région 2 de la protéine Src, qui a la propriété de se lier à des phosphotyrosines et d'avoir une activité de tyrosine-kinase, modulant par phosphorylation et déphosphorylation les récepteurs aux facteurs de croissance et servant à la transmission du signal ; de nombreuses protéines qui contiennent un domaine SH2 contiennent aussi un domaine SH3 responsable de la liaison avec le cytosquelette. Par extension, on définit aussi des domaines dans la séquence des acides nucléiques. P. ex., un gène peut comporter un domaine variant ou un domaine invariant selon le degré de conservation de la séquence nucléotidique.
2) En immunologie, région d'homologie des molécules d'immunoglobulines et d'autres molécules de la superfamille des immunoglobulines, stabilisée par un pont disulfure intrachaîne.
Chaque domaine de forme ovoïde est constitué d’environ une centaine d’acides aminés.
doigt à zinc l.m. (ZF)
zinc finger (ZF)
Domaine protéique formé d’une trentaine d’acides aminés stabilisés par un complexe de coordination avec un atome de zinc, qui permet des interactions spécifiques avec certaines séquences d’acides nucléiques.
Les ZF sont en effet des modules reconnaissant des séquences ADN spécifiques et peuvent être assemblables à façon, permettant l’édition génomique. Les domaines ZF peuvent ensuite être associés à des domaines répresseurs ou activateurs de transcription permettant ainsi de moduler spécifiquement l’expression de gènes. De plus, dans le contexte de la thérapie génique, l’association de ZF à un domaine catalytique de type nucléase a également permis de remplacer dans des cellules humaines une copie mutée du gène IL-2Rg (impliqué dans un syndrome d’immunodéficience lié à l’X) par une copie normale. Cette stratégie d’édition du génome permet d’envisager, à relativement court terme, une thérapie efficace d’un grand nombre de maladies génétiques humaines.
L’avènement de la technologie CRISPR-Cas9 a rendu les nucléases bases sur ZF obsolètes.
Le doigt à zinc est souvent présent dans les facteurs généraux de transcription.
Sigle ZF
→ CRISPR-Cas9, thérapie génique, nucléase, facteur général de transcription, édition, thérapie génique
[C1, Q1]
Édit. 2019
dominance alternative l.f.
alternate dominance
Propriété d'un caractère dont la dominance peut être inversée par l'intervention d'un gène modificateur.
→ codominance, dominance intermédiaire, dominance variable, superdominance
dominant adj.
dominant
1) En génétique, se dit d'un gène dont l'expressivité, s'imposant à celle de son homologue récessif, dans un ensemble allélique hétérozygote, se retrouve dans le phénotype.
Par extension, se dit de la mutation à l’origine d’un allèle dominant.
2) En gynécologie, désigne, parmi les follicules qui se développent à chaque cycle menstruel, celui qui survivra à l'atrésie et permettra l'ovulation.
Doyne (dégénérescence en rayon de miel de) l.f
Doyne’s honeycomb degeneration of retina
Affection de la membrane de Bruch avec plages de drusen arrondies ou losangiques au pôle postérieur situées autour de la macula et jusqu'à la papille.
Elle débute à 40 ans et correspond à des druses confluentes. L’affection est autosomique dominante (MIM 126600). Locus du gène en 2p16.
R. W. Doyne, ophtalmologiste britannique (1889) ; K. Bruch, anatomiste allemand (1819-1884)
→ drusen de la membrane de Bruch
drusen familiaux l.m.p.
Drusen pouvant se présenter comme des lésions assez irrégulières de l’épithélium pigmentaire ou comme de nombreuses tâches fines appelées drusen cuticulaires.
L’affection se manifeste à un âge plus précoce que celui de la dégénérescence maculaire liée à l’âge et il n'est pas rare de les découvrir chez des patients d'une vingtaine d'années s'étendant alors typiquement au-delà des arcades vasculaires.
L'angiographie à la fluorescéine montre souvent des lésions de l'épithélium pigmenté plus étendues que celles visibles en ophtalmoscopie. L'électro-rétinogramme et l'électro-oculogramme sont typiquement normaux.
La vision centrale est en général longtemps conservée. Il semble que ces patients aient un risque accru de développer ultérieurement une dégénérescence maculaire.
Les drusen familiaux sont considérés liés à une transmission génétique, mais il n'est pas fréquent de prouver réellement l’hérédité qui est le plus souvent autosomique dominante.
Des entités cliniques ont été décrites sous le nom de dystrophie en rayon de miel de Doyne et malattia leventinese.
Les deux formes sont liées à des mutations du gène EFEMP1 localisé sur le chromosome 2.
Étym. terme de géologie d’origine allemande, pluriel de druse : cavité minérale tapissée de cristaux
→ drusen, malattia leventinese, Doyne (dégénérescence en rayon de miel de)
Duane (syndrome de) l.m.
Duane’s syndrome
Innervation anormale des muscles extra-oculaires liée à l'absence des motoneurones du VI, avec strabisme congénital à angle variable, déficience ou absence de l'abduction et, lors de l'adduction, rétraction du globe et rétrécissement de la fente palpébrale.
10% des cas sont dominants et 20% des cas sont bilatéraux, le syndrome est parfois associé à un colobome da la papille ou du nerf optique, à une microphtalmie, à une aplasie du stroma irien, à un syndrome main-cœur de Holt-Oram avec malformation de la cloison interauriculaire et absence de pouce ou pouce triphalangé ou phocomélie (gène (HOS) en 12q21.3-q22, MIM 142900), à une surdité, à une hypoplasie de l'éminence thénar, à un syndrome d'Okihiro comprenant anomalies du rayon radial et surdité, à un syndrome de Goldenhar, et à un syndrome de Klippel-Feil. L’affection est autosomique dominante (MIM 126800).
J. Stilling, ophtalmologiste allemand (1887), S. Türk, ophtalmologiste allemand (1896) ; A. Duane, ophtalmologiste américain (1905) ; M. C. Holt et S. Oram, médecins cardiologues britanniques (1960) ; M. M. Okihiro, neurologue américain (1977) ; M. Goldenhar, ophtalmologiste américain (1952) ; M. Klippel et A. Feil, neurologues français (1912)
Syn. Stilling-Duane-Türk (syndrome de), rétraction du globe oculaire (syndrome de), Okihiro (syndrome de)
dumping syndrome l. angl.
Ensemble des troubles dus à la vidange trop rapide de l'estomac survenant après gastrectomie.
Il associe des signes locaux abdominaux : gêne, impression de distension épigastrique, nausées, et des signes généraux : malaise avec sueur, palpitations, lipothymie, tachycardie, baisse de la tension artérielle.
L'étiopathogénie fait intervenir l'irruption trop rapide dans l'intestin grêle d'un liquide digestif de concentration osmotique élevée entraînant un appel d'eau. Des phénomènes hormonaux sont aussi mis en cause : sécrétion de sérotonine notamment.
Le traitement repose sur des mesures hygiénodiététiques : prise lente des repas en évitant les glucides à absorption rapide.
Étym. angl. to dump, déverser, larguer
Syn. syndrome de chasse
Dunnigan (syndrome de) l.m.
Dunnigan’s syndrome
Lipoatrophie de la partie inférieure du corps associée à une hyperandrogénie donnant un aspect androïde chez la femme, une hypertrophie musculaire, une insulinoréristance.
L’atrophie du tissu graisseux du thorax, de l’abdomen, du bassin et des membres inférieurs contraste avec la surcharge graisseuse de la région dorsale supérieure, du cou et de la face et une apparence d’hypertrophie musculaire des mollets qui peut s’accompagner d’une faiblesse pseudomyopathique responsable de troubles statiques du rachis. Chez la femme l’hyperandrogénie provoque une dysmorphie avec un aspect androïde ; le diamètre biacromial est supérieur au diamètre pelvien. Les ovaires sont polykystiques.
L’affection est autosomique dominante ; la mutation porte sur le gène LMNA codant pour la lamine A/C, locus en 1q21-22. Il existe une forme atténuée, syndrome de Köbberling, lié à une mutation différente sur ce locus et associant une lipoatrophie des membres inférieurs, un diabète insulinorésistant, une hypertension artérielle et une hypertriglycéridémie.
M. G. Dunnigan, endocrinologue britannique (1974) ; J. Köbberling, médecin endocrinologue allemand (1971)
duplication génique l.f.
genic duplication
Phénomène au cours duquel tout ou partie du matériel héréditaire est doublé.
1) Lorsqu'un segment d'ADN, p. ex. un gène, est répété deux fois sur une même structure chromosomique, on parle de gènes dupliqués.
2) Lorsqu'un segment de chromosome est répété deux fois dans le stock haploïde d'un individu, ce type de remaniement est appelé duplication chromosomique.
3) Le doublement de la quantité d'ADN au cours de la phase S du cycle cellulaire entraîne la duplication des chromosomes.
En génétique humaine et animale, si l'un des hétérosomes du sexe hétérogamétique est présent deux fois, on doit parler de doublement chromosomique et non de duplication.
dysautonomie familiale l.f.
familial dysautonomia, familial autonomic dysfunction, hereditary sensory and autonomic neuropathy (HSAN) type III, Riley-Day syndrome
Maladie héréditaire autosomique récessive rare (prévalence ‹1/1 000 000 - incidence annuelle de 1 sur 3 600 naissances) caractérisée par une perte des sensations et par une altération sévère de l'activité du système nerveux autonome entraînant des dysfonctionnements multisystémiques.
Elle affecte presque exclusivement la population juive d'Europe de l'Est. Elle touche aussi bien les hommes que les femmes. Elle est présente dès la naissance et est progressive. Elle est caractérisé par une petite taille et un faciès particulier. Les manifestations neurologiques concernent le système autonome et le système de la vie de relation :
C. M. Riley, R. L. Day, pédiatres américains ( 1949)
Syn. neuropathie héréditaire sensitive et autonomique type 3, syndrome de Riley-Day, alacrymie congénitale, NHSA III
Édit. Orphanet, F. Axelrod, G. Gold von Simson (2007)
dyschondroplasie n.f.
dyschondroplasia
Affection osseuse responsable du développement anormal de tissu cartilagineux à l'intérieur de l'os.
Elle se traduit le plus souvent par la brièveté des os longs dont l'atteinte est généralement asymétrique. Radiologiquement, elle est caractérisée par la présence de clartés qui siègent dans la métaphyse des os longs.
Ce terme est très souvent associé au nom d'Ollier qui en fit la description (dyschondroplasie d'Ollier). Il est volontiers réservé aux formes unilatérales de la chondromatose multiple du squelette dont il ne constitue pas une variété vraiment autonome. Cette affection n'a pas de déterminisme génétique (une mutation du gène PTHR1 en 3p22-p21.1 a été signalée dans certains cas).
L. Ollier, chirurgien français, membre de l’Académie de médecine (1898)
Étym. gr. dus : désordre; khondros : cartilage; plassein : façonner
Syn. Ollier (maladie d’), chondromatose multiple du squelette, enchondromatose de type I
dysferline n.f.
dysferlin
Protéine sarcomérique dont le gène est porté par le chromosome 2 et dont une mutation est associée à une dystrophie musculaire distale type Miyoshi et à une dystrophie des ceintures (LGMD2B).
K. Miyoshi, médecin interniste japonais (1986)
Étym. DYSF symbole du gène mutant pour un défaut de fertilité de Caernorhabditis elegans, gène fer-1
[I2,Q2]
Édit. 2018
dysgénésie gonadique l.f.
gonadal dysgenesis
Malformation gonadique secondaire à une anomalie des chromosomes sexuels.
Elle s’accompagne de troubles du développement génital et de perturbation phénotypique. Elle peut intéresser l’ovaire dans le syndrome de Turner, affecter le testicule dans le syndrome de Klinefelter et entraîner une ménopause précoce. La mutation du gène CBX2 situé sur le locus chromosomique 17q25.3 est responsable de l’affection.
H. H. Turner, médecin endocrinologue américain (1938) ; H. F. Klinefelter, Jr, médecin endocrinologue américain (1932)
Étym. gr. dus : difficulté ; genesis : génèse
Syn. dysgonosomie
→ CBX2, Turner (syndrome de), Turner (syndrome de)
dysgénésie réticulaire l.f.
reticular dysgenesia
Forme grave de déficit immunitaire combiné sévère marquée par une agranulocytose et une lymphopénie avec une hypoplasie du thymus et des organes lymphoïdes et associée à une surdité neurosensorielle.
Cette maladie génétique très rare à transmission autosomique récessive est causée par des mutations dans le gène codant l’adénylate kinase 2 (AK2). Cette protéine, impliquée dans le métabolisme énergétique de la mitochondrie, est nécessaire à la différenciation leucocytaire. Les hématies et les plaquettes sont, par contre, normales. Les conséquences de cette dysgénésie réticulaire sont immédiatement dramatiques car le nouveau-né n'a aucune défense contre les attaques microbiennes, bactériennes et virales. Seule une greffe de cellules souches hématopoïétiques permet de le sauver d’un décès précoce.
O. M. de Vaal pédiatre néerlandais et V. Seynhaeve, pédiatre belge (1959)
→ déficit immunitaire, alymphocytose, thymus, agranulocytose, mitochondropahie
dyskératose congénitale de Zinsser-Cole-Engman l.f.
dyskeratosis congenita, Zinsser-Cole-Engman’s syndrome
Syndrome associant une leucomélanodermie réticulée, une kératodermie palmoplantaire, une dystrophie unguéale, une leucokératose buccale précancéreuse, des anomalies hématologiques à type d'anémie ou de pancytopénie et des malformations osseuses.
Lié au sexe, à prédominance masculine il est transmis sur le mode autosomique récessif. Le diagnostic repose sur la clinique et la mise en évidence des mutations du gène DKC1.
F. Zinsser, pédiatre allemand (1906) ; H. Cole, dermatologiste américain (1926) et M. Engman, dermatologiste américain (1930)
Syn. dyskératose congénitale
[Q2,J1,F1,L1]
Édit. 2018
dysostose acrofaciale de Weyers l.f.
Weyers’ acrofacial dysostosis
Syndrome congénital malformatif familial avec nanisme, dystrophie myotonique, anomalies de la mâchoire inférieure, de la dentition, de la partie antérieure de la bouche, associées à une polydactylie post-axiale, une dystrophie unguéale, une relative petite taille mais une intelligence normale.
Quelques familles ont été décrites, avec des incisives manquantes, microdontie, oligodontie, hypoplasie de l'émail dentaire. Il existe également des anomalies de l'oreille (anthélix hypoplasique) et des ongles dysplasiques. Pour les yeux on peut trouver un hypotélorisme, des opacités cornéennes, de petites ponctuations iriennes, des synéchies pupillaires, une microphtalmie, un glaucome et une cataracte congénitale. L’affection est autosomique dominante (MIM 193530).
Elle est à rapprocher du syndrome d’Ellis-van Creveld (MIM 225500), forme allélique du gène EVC, les deux syndromes pouvant coexister au sein d’une même famille.
H. Weyers, pédiatre allemand (1952) ; R. Ellis, pédiatre britannique et S. van Creveld, pédiatre néerlandais (1940) ; Juliette Albuisson, généticienne française (2004)
Syn. dysostose acrodentale de Weyers, dysplasie dentofaciale, dysplasie iridodentaire, dysplasie dento-iridienne, dysgénésie iridodentaire, dysgénésie mésodermique cornée iris et oligodontie, syndrome de Weyers, syndrome du rayon ulnaire-oligodactylie de Weyer
Réf. modifié d’après J. Albuisson – Orphanet, janvier 2004
→ Ellis-van Creveld (syndrome d')
[A4,O6,Q2]
dysostose crânienne l.f.
cranial dysostosis
Malformation du crâne par trouble de son développement lié le plus souvent à une soudure précoce des synfibroses membranaires (sutures crâniennes) situées entre les os du crâne.
Deux groupes sont habituellement distingués : les formes non syndromiques, en apparence primitives, où les déformations et ses conséquences sont fonction de la ou des sutures intéressées et de la précocité de leur fermeture et les formes syndromiques, associées à d’autres malformations telles que la dysostose craniofaciale ou maladie de Crouzon, la dysostose cleidocrânienne de Pierre Marie et Sainton, les diverses formes d’acrocéphalosyndactylies et les dysplasies craniométaphysaire et craniodiaphysaire. Dans ces formes syndromiques les malformations sont liées à des anomalies chromosomiques le plus souvent à caractère dominant. Il s’agit de mutations dans les gènes codant pour les récepteurs du facteur de croissance des fibroblastes (FGFr) et dans le gène TWIST.
Sont exclues du cadre des dysostoses crâniennes les déformations secondaires telles que la microcéphalie liée à une atrophie cérébrale et les macrocéphalies par hypertension intracrânienne.
P. Marie, membre de l’Académie de médecine et P. Sainton, neurologues français (1897) ; L. Crouzon, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1912)
Étym. gr. dus , indique la difficulté, l’anomalie ; osteon : os
Syn. craniodysostose
→ craniosynostose, craniosténose, dysostose craniofaciale, dysostose cleidocrânienne
dysostose craniofaciale l.f.
craniofacial dysostosis, Crouzon’s disease
Affection malformative résultant d’un trouble du développement des os du crâne et de la face aboutissant à la fermeture prématurée des sutures crâniennes, et à une hypoplasie du massif facial.
La crâniosténose se complète progressivement de la naissance à trois ans avec une hypoplasie du massif facial médian (rétrusion nasomaxillaire) et un pseudoprognathisme comportant une lippe de la lèvre inférieure. On trouve également une surdité et un nez en bec de perroquet. Peuvent aussi se voir un hypertélorisme avec divergence des axes orbitaires, une exophtalmie (petites orbites), un ptosis ; il existe parfois un nystagmus, une cataracte, un œdème papillaire, et une atrophie optique. Le locus du gène (CFD1) est en 10q26.13 (mutation d’un récepteur du facteur de croissance des fibroblastes). L’affection est autosomique dominante (MIM 123500) ou autosomique récessive (MIM 218500).
L. Crouzon, neurologue français, membre de l’Académie de médecine (1912)
Étym. gr. dus , indique la difficulté, l’anomalie ; osteon : os
Syn. maladie de Crouzon
→ craniosténose, Apert (syndrome d')
dyspepsie n.f.
dyspepsia
Inconfort ou douleur récidivante ou persistante centrée après la prise alimentaire sur la partie haute de l'abdomen.
D'un point de vue étiologique on classe les dyspepsies en trois catégories : les dyspepsies organiques, les dyspepsies fonctionnelles avec anomalie associée et les dyspepsies fonctionnelles sans anomalie objectivable par des examens de pratique courante. Drossman et coll. ont subdivisé cliniquement la dyspepsie en 4 sous-types :
1) dyspepsie de type ulcéreux qui associe deux ou plus des signes suivants, douleurs soulagées par les aliments ou les antiacides, douleurs périodiques, douleurs postprandiales, douleurs réveillant le malade la nuit,
2) dyspepsie de type moteur qui associe outre une douleur ou une gène épigastrique, deux ou plus des signes suivants : nausées et/ou vomissements, anorexie, ballonnement postprandial, et/ou impression de plénitude gastrique, éructation excessive,
3) dyspepsie de type reflux gastro-œsophagien qui associe gênes ou douleurs épigastriques et un pyrosis ou des régurgitations,
4) dyspepsie inclassée ou non spécifique.
D. A. Drossman, gastro-entérologue américain (1994)
dysphonie spasmodique l.f.
spastic dysphonia
Rare trouble de la fonction vocale lié à un spasme des muscles laryngés, qui se traduit surtout par une voix éraillée, forcée, voire hachée, ponctuée de pauses vocales (dysphonie en adduction), ou bien par une phonation soufflée, chuchotée, difficilement audible (dysphonie en abduction).
Le plus souvent isolée, elle peut s'associer à d'autres dystonies focales : blépharospasme, dystonie oromandibulaire, torticolis spasmodique, crampe de l'écrivain, de l'instrumentiste, etc. Son diagnostic se fonde sur l'examen acoustique de la voix, la vidéofibroscopie du larynx et l'électromyographie des muscles du larynx.
Considérée initialement comme d'origine psychiatrique, elle est désormais reconnue, de même que toute dystonie focale, comme provenant d'un dysfonctionnement des noyaux gris centraux qui contrôlent l'exécution des mouvements volontaires. Cependant des formes psychogènes sont toujours décrites.
Actuellement, un petit nombre de malades ont été reconnus porteurs du gène prédisposant DYT1 (9q34). Des antécédents familiaux sont retenus dans environ 20% des cas.
En l'absence de traitement étiologique, la toxine botulinique a transformé l'existence des patients malgré ses effets seulement symptomatiques et limités dans le temps (autour de deux à cinq injections dans l'année).
Étym. gr. dus : difficulté, phônê : voix
dysplasie acromésomélique de Maroteaux l.f.
acromesomelis dysplasia Maroteaux type
Malformations congénitales avec nanisme par diminution de longueur des segments osseux des membres, en particulier les segments intermédiaires et les extrémités dont les os sont courts et épais.
Les avant-bras sont principalement atteints, le coude est enraidi; les clavicules sont incurvées, l’atteinte vertébrale habituelle. L’affection est de transmission récessive autosomique liée à une mutation du gène NPR2 en 9p13.3.
P. Maroteaux, pédiatre français, B. Martinelli et E. Campailla, chirurgiens italiens (1971)
Étym. gr. dus : difficulté; plasein : façonner
Syn. nanisme acromésomélique