Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

99 résultats 

rupture du sinus marginal l.f.

rupture of the marginal sinus

Rupture d'une veine utéroplacentaire au pôle inférieur de l'œuf.

Syn. hématome décidual marginal

hématome décidual marginal

rupture du tendon calcanéen l.f.

Achilles tendon rupture

Solution de continuité du tendon calcanéen (tendon d'Achille).
Elle est général complète, parfois partielle.  Dans un tiers des cas. la rupture totale n'est pas reconnue. Le diagnostic de rupture complète repose cliniquement sur le signe de Thompson (la compression tranversale du mollet n'entraine plus de flexion plantaire chez un patient en procubitus) et sur le signe de Brunet-Guedj (le pied qui pend hors du lit, patient en procubitus, a perdu son équin physiologique) (cf. illustration).

La confirmation de la rupture repose sur l'échographie dynamique ou sur l'IRM. La rupture est en général  d'origine traumatique, souvent sur une tendinopathie pré-existante. Elle peut sièger à la jonction myo-tendineuse, au niveau du corps du tendon ou de son enthèse. Beaucoup plus rarement elle peut être d'origine métabolique (dépôts goutteux ou xanthomateux). Il peut aussi s’agir d’effets indésirables de certains médicaments (fluoroquinolones, glucocorticoïdes).
En fonction des cas, le traitement est orthopédique (immobilisation) ou chirurgical (percutané ou à ciel ouvert, avec de nombreuses techniques décrites).

Syn. rupture du tendon d’Achille

tendon calcanéen, xanthomatose, goutte, fluoroquinolones, corticoïde, Brunet-Guedj (signe de), Thompson (signe de)

[I1,I2,I3]

Édit. 2019

rupture intempestive de la poche des eaux l.f.

untimely rupture of the amniotic sac

Rupture de la poche des eaux avant la dilatation complète du col de l'utérus.

rupture interstitielle du périnée l.f.

interstitial rupture of the perineum

Déchirure périnéale incomplète lors de l'accouchement, n'intéressant pas le sphincter anal.

rupture centrale du périnée

rupture musculaire l.f.

tear of muscle

Déchirure d’un muscle.
La rupture peut être totale ou partielle, souvent au niveau de la jonction musculotendineuse. Elle se traduit par une douleur brutale en « coup de fouet » et s’accompagne d’une rétraction des deux parties du muscle rompu. Elle est le plus souvent traumatique à l’occasion d’un effort sportif. Elle peut aussi se voir sur un muscle fragilisé ou à proximité d’une saillie osseuse : exostose, cal hypertrophique, ostéophyte.

rupture périnéale complète l.f.

rupture centrale du périnée

rupture périnéale compliquée l.f.

rupture centrale du périnée

rupture précoce de la poche des eaux l.f.

early rupture of the bag of water

Rupture de la poche des eaux avant dilatation complète du col.

rupture prématurée des membranes l.f.

premature rupture of the membranes

Rupture des membranes de l'œuf avant le début du travail.

rupture provoquée de la poche des eaux l.f.

artificial rupture of the bag of water

rupture artificielle de la poche des eaux

rupture provoquée des membranes 1.f.

induced rupture of the membranes

rupture artificielle des membranes

rupture sous-cutanée du tendon extenseur   l.f.

maillet (doigt en)

rupture tardive de la poche des eaux l.f.

late rupture of the bag of water

rupture tempestive de la poche des eaux

rupture tempestive de la poche des eaux l.f.

timely rupture of the bag of water

Rupture de la poche des eaux à dilatation complète.

rupture trachéobronchique l.f.

traumatic rupture of the tracheobronchial tree

Solution de continuité de l'arbre trachéobronchique siégeant des bronches lobaires jusqu'au 1er anneau trachéal, habituellement transversale ; on y adjoint les fissurations longitudinales de la membraneuse.
La rupture peut être complète ou incomplète selon que toute l'épaisseur de la paroi est rompue ou non, totale ou partielle. Si la péribronche a résisté, le syndrome gazeux intramédiastinal ou intrapleural est modeste. Plus souvent, la péribronche est largement déchirée entraînant une rétraction des 2 fragments : le syndrome gazeux médiastinal ou intrapleural compressif est dramatique. Le mécanisme de la rupture transversale associe un phénomène de cisaillement et un écrasement thoracique des grosses voies aériennes en hyperpression par fermeture glottique. Les ruptures trachéobronchiques de la région carénaire sont dues à un écrasement entre le sternum enfoncé et le plan rigide de la 5e vertèbre thoracique.
Les ruptures trachéobronchiques représentent 1 à 2% des traumatismes graves du thorax. Elles s'observent surtout chez les sujets jeunes de moins de 35 ans. La détresse respiratoire avec anoxie, parfois asphyxie, est observée 8 fois sur 10. Asphyxie, hémoptysie, encombrement chez un sujet jeune, à la suite d'un traumatisme appuyé, évoquent la rupture trachéobronchique. Sur le cliché radiographique, on découvre un emphysème médiastinal monstrueux associé ou non à un épanchement pleural aérique compressif qui est à drainer d'urgence. Le diagnostic est fait par endoscopie pratiquée avec un bronchoscope rigide de préférence, en salle d'opération. Il permet le diagnostic, le désencombrement, la mise en place d'une sonde trachéale en aval de la rupture et le début de l'anesthésie et de l'intervention dans les situations dramatiques. Les lésions associées sont fréquentes, craniofaciales, rachidiennes et des membres, parfois abdominales.
La mortalité reste autour de 10% pour les blessés traités dans un service spécialisé.
Au décours de tout traumatisme thoracique grave accompagné d'un pneumothorax ou d'un pneumomédiastin même sans détresse respiratoire, le blessé doit avoir une bronchoscopie avant sa sortie de l'hôpital
Bien à part sont les accidents d'intubation représentant près de 15% des lésions traumatiques de la trachée. Ces lésions sont reconnues normalement de façon précoce et facilement réparées.
Les ruptures des voies aériennes au-delà des bronches lobaires sont considérées et traitées comme des ruptures parenchymateuses.

rupture traumatique de l'aorte et des gros vaisseaux l.f.

traumatic ruptured aorta and large vessels

Lésion partielle ou complète de la paroi de l'aorte et des gros vaisseaux lors d'un traumatisme.
Les ruptures brutales de toutes les couches de la paroi artérielle se produisant lors du choc offrent peu de possibilités de traitement, l'hémorragie est foudroyante et la mort s'en suit dans la minute. Le médecin appelé en urgence peut se trouver devant un mort : il doit éviter qu'on lui reproche de ne pas avoir sauvé la victime alors que souvent aucune lésion thoracique apparente n'est visible en cas de tachytraumatisme. Il faut qu'il puisse témoigner en cas d'enquête, et dire ce qu'il sait de l'accident.
Mais la section d'une grosse artère n'est pas toujours aussi brutale, seuls l'endothélium et la tunique musculeuse peuvent être rompus. Il se constitue alors un anévrisme, plus ou moins localisé au niveau de l'isthme aortique. Cet anévrisme peut rester muet pendant assez longtemps avant de se rompre, quelquefois plusieurs années après l'accident.
Un examen soigneux est donc nécessaire pour toute victime d'accident au cours duquel des accélérations importantes (> 5 G) ou une compression de la poitrine ont eu lieu, surtout si la victime se plaint d'une douleur pectorale dont il faut trouver la cause.

accélération, anévrisme, dissection aortique, tachytraumatisme

rupture traumatique de l'aorte thoracique et de ses branches l.f.

traumatic rupture of the thoracic aorta and its branches

Solution de continuité de la paroi de l'aorte thoracique et des gros troncs qui en sont issus, lors d’un traumatisme.
Elle survient au cours d'accidents comportant presque toujours une décélération brutale horizontale dans les accidents de la circulation et verticale dans les chutes de grande hauteur. Elle s'observe surtout chez le sujet jeune, lors des accidents de la circulation près de 8 fois sur 10 et d'accidents du travail près d'une fois sur cinq. La rupture siège 7 fois sur 10 au niveau de l'isthme aortique, zone fragile embryologiquement et en porte à faux entre zone mobile et zone fixe.
Les atteintes du tronc artériel brachiocéphalique, de l’aorte ascendante, des artères sous-clavières et de l'aorte descendante se partagent les autres cas. Dans les ruptures traumatiques de l'aorte thoracique, seules les formes incomplètes avec adventice intact parviennent au chirurgien (20%). Si la section est circulaire, intima et média ont tendance à se rétracter. Ces ruptures sont associées très souvent à des lésions craniocérébrales, à des fractures des membres, à une atteinte abdominale.
Les signes cliniques comportent 9 fois sur 10 des douleurs thoraciques, 7 fois sur 10 un état de choc. L'élargissement du médiastin, des anomalies du contour aortique, la présence d'un hémothorax, imposent la TDM avec injection ou l'aortographie, qui confirment le diagnostic.
Le traitement chirurgical repose soit sur une suture directe protégée, si elle est possible, soit en interposant une prothèse entre les berges de la déchirure ou peut-être mieux, la mise en place d'un stent par voie endovasculaire plus simple, plus rapide et avec une mortalité moindre.
La mortalité dans les formes qui peuvent être opérées par un chirurgien cardiaque est de l'ordre de 10% à 20%.

rupture traumatique de l'urèthre l.f.

traumatic rupture of the urethra

Rupture complète ou incomplète, fermée, des parois du conduit uréthral, survenant au niveau de l'urèthre antérieur par choc direct périnéal, au niveau de l'urèthre postérieur lors des fractures de l'arc antérieur du bassin.
C'est une complication grave qui nécessite une réparation souvent chirurgicale en urgence différée. Le risque de rétrécissement uréthral post-traumatique est important. Les ruptures de l'urèthre postérieur menacent également la continence et la fonction érectile.

rupture traumatique des corps caverneux l.f.

traumatic rupture of corpora cavernosa

Rupture de l'albuginée des corps caverneux due à un traumatisme direct sur une verge en érection.
C'est habituellement un "accident du coït". Elle se traduit par un hématome extensif, est parfois associée à une rupture uréthrale, et requiert une réparation chirurgicale d'urgence.

rupture utérine l.f.

ruptured uterus

Solution de continuité dans la paroi utérine, lors de l'accouchement, le plus souvent.
La rupture complète, exceptionnelle dans les pays développés, entraîne un choc hémorragique avec une douleur abdominale brutale, la mort du fœtus est fréquente. La rupture partielle, moins grave, est souvent découverte lors d'une césarienne.
La rupture de la paroi utérine se fait au niveau du corps (60 à 80% des cas au segment antérieur) ou du segment inférieur, elle survient soit pendant la grossesse, soit, le plus souvent, pendant le travail. Elle peut se manifester par l'apparition d'une souffrance fœtale aigüe accompagnée d'une hémorragie minime ou être découverte lors d'une césarienne. Elle peut aussi être signalée par une hémorragie de la délivrance ou par un trouble de coagulation de la mère après l'accouchement. Dans tous les cas une révision utérine doit être pratiquée, elle permet de poser le diagnostic.
Les causes favorisant la rupture utérine sont :
- la grande multiparité (plus de 5 enfants),
- les cicatrices antérieures (après césarienne, myomectomie, la cure de malformation utérine, perforation au cours d'un curetage antérieur),
- l'excès de volume utérin causé par un hydramnios,
- les manœuvres de version, au début de l'accouchement surtout, avec une grande rotation aux forceps sur tête non engagée ou au détroit supérieur,
- l'utilisation mal contrôlée des ocytociques, surtout associés à des prostaglandines.
Des antécédents de césarienne ne contrindiquent pas l'analgésie péridurale pour un accouchement par voie vaginale. Dans la plupart des cas, l'analgésie péridurale laisse persister une sensation douloureuse en cas de déhiscence utérine.
La rupture utérine impose une laparotomie exploratrice et, selon l'importance des lésions, une suture utérine ou l'hystérectomie.

Étym. lat. uterus : utérus, ventre de la mère, d'un bateau etc.

rupture utérine provoquée l.f.

induced uterine rupture

Rupture utérine entraînée par des manœuvres obstétricales, version par manœuvre interne, grande extraction, ou application de forceps.

temps de rupture lacrymal l.m.

break up time (BUT)

Temps que met le film lacrymal pour se rompre quand on empêche le clignement : il est normalement de 15 à 40 secondes et s'observe à la lampe à fente.
Il teste la stabilité du film lacrymal.Il est notamment modifié dans la kératite sèche.

tendon extenseur du doigt (rupture sous-cutanée du) l.f.

mallet finger

maillet (doigt en)

tympan (traumatisme, rupture du) l.m. ou l. f.

perforation tympanique

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