Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

1914 résultats 

Bloom (syndrome de) l.m.

Bloom’s syndrome, congenital telangiectatic erythema and stunted growth

Génodermatose rare de transmission autosomique récessive en rapport avec des anomalies chromosomiques, associant un nanisme harmonieux, des malformations cardiaques et crâniennes (microcéphalie avec dolichocéphalie et hypertélorisme, hypotrophie malaire et rétrognasie), une syndactylie, une dystrophie coxofémorale, une hyperlaxité articulaire et une ostéoporose.
Elle se singularise par un érythème télangiectasique se localisant préférentiellement à la face, en vespertilio, mais pouvant s’étendre aux mains avec hyperlaxité de la peau du dos des mains, et parfois un état poïkilodermique comportant une intolérance à la lumière dès le jeune âge. L’ensemble peut réaliser une gérodermie ostéodysplasique.
Une tendance aux leucémies et aux cancers cutanés et lymphoïdes peut être observée. Les patients ont un déficit immunitaire avec diminution sérique des IgG, IgM, IgA et font des infections respiratoires et gastro-intestinales fréquentes. L’examen oculaire met en évidence des télangiectasies conjonctivales et druses (ou drusen) au pôle postérieur rétinien sont habituellement décrites.
L’affection est liée à une mutation du gène BLM (ou BS) en 15q26.1.

D. Bloom, dermatologue américain (1954)

Syn. nanisme intra-utérin, syndrome de Bloom – Torre – Machacek

syndrome de Cockayne, poïkilodermie de Rothmund-Thomson, drusen

Édit. 2017

Börjeson-Forssman-Lehmann (syndrome de) l.m.

Forme rare d’obésité liée à l’X s’accompagant de déficit intellectuel, hypogonadisme et dysmorphie

L’affection prédomine largement dans le sexe masculin. Elle peut se révéler à la naissance par de grandes oreilles et la petitesse des organes génitaux, une hypotonie gênant l’alimentation. Plus tard se révèlent une obésité tronculaire, un retard aux acquisitions, souvent une petite taille, un hypoandrisme avec hypotrophie de la verge et des testicules et une gynécomastie. La dsymorphie se marque par des traits grossiers, un front étroit, une sailllie des arcades sourcilières et l’enfoncement des yeux, de grandes oreilles. Le déficit inytellectuel est léger ou plus sévère, s’accompagne parfois d’anxiété et de troubles caractériels.
Certaines variétés incluent: fente vélopalatine, épilepsie, polyneuropathie, ostéochondrite déformante de la hanche (maladie de Legg-Calvé-Perthes), leucémie aiguë lymphoblastique à précurseurs B.
La maladie est possible mais rare chez la fille, souvent peu symptomatique.
Cette affection rare (<1/1 000 000) est à transmission récessive liée à l’X. Elle est en relation avec des mutations du gène PHF6, situé en Xq26, codant pour une protéine impliquée dans la croissance et la prolifération cellulaire. Les femmes porteuses transmettent la maladie mais sont en règle asymptomatiques, sauf en cas de mutation perte de fonction ou de biais d’inactivation de l’X.

M. Börjeson, H. Forssman, Orla Lehmann, médecins suédois (1962)

obésité syndromique, obésité liée à l'X

Édit. 2017

bronchospasme n.m.

bronchospasm

Contraction brusque, intense, généralisée et durable des muscles lisses des bronches entraînant une asphyxie par réduction du calibre bronchique.
Le bronchospasme se voit surtout au cours de l'anesthésie : les symptômes ressemblent à ceux de la crise d'asthme aigüe grave. L'expiration passive et active est gênée, d'où augmentation progresive de la pression intrathoracique, ce qui réduit les échanges gazeux alvéolocapillaires et gêne le retour veineux aux cavités du cœur droit. Il en résulte une hypoxie-hypercapnie avec réduction du débit cardiaque.
Le bronchospasme peut être déclenché par tous les facteurs qui interfèrent avec les mécanismes de régulation de la bronchomotricité, essentiellement le système nerveux végétatif et des médiateurs chimiques comme l'histamine, la bradykinine et les prostaglandines. Les crises de bronchospasme peuvent être entraînées par l'aspirine, les anti- inflammatoires non stéroïdiens, les bêtabloquants, les curares, les anesthésiques généraux, les produits de contraste iodés et de nombreux autres médicaments. 8 à 15% des états de mal asthmatique sont déclenchés par une prise médicamenteuse. Ces crises graves surviennent chez des asthmatiques connus ou inconnus, l'accident médicamenteux révélant l'asthme dès la première prise du produit. On peut observer le bronchospasme au cours d'un choc anaphylactique, après inhalation de médicaments, en particulier d'antibiotiques comme la colistine ou la prise de N-acétyl-cystéine.
Le bronchospasme nécessite parfois une ventilation artificielle transitoire. Il est souvent associé à une hypersécrétion muqueuse.
En anesthésie, les facteurs déclenchants les plus fréquents sont physiques (inhalation de mélange gazeux froid, stimulation mécanique par la sonde trachéale) ou biologiques (réactions anaphylactiques ou anaphylactoïdes). Le bronchospasme ne doit pas être confondu avec les signes plus brutaux d'obstruction mécanique de la sonde d'intubation, dont le seul traitement est la désobstruction immédiate (penser à la hernie du ballonnet).
Ces accidents peuvent constituer la première manifestation de l'asthme chez des sujets dépourvus d'antécédents asthmatiques.

anaphylactique (choc), anaphylactoïde (choc), ballonnet de sonde d'anesthésie

Édit. 2017

Brooke-Spiegler (syndrome de) l.m.

Brooke-Spiegler’s syndrome

Rare ensemble lésionnel réalisé par la coexistence chez un même sujet de tumeurs cutanées à type de cylindromes multiples, ou tumeurs de Poncet-Spiegler ou de Spiegler, et de tricho-épithéliomes ou épithéliomas adénoïdes cystiques de Brooke.
Pour cette association, connue depuis longtemps, l’appellation syndrome de Brooke-Spiegler a été proposée par Korting et Konz en 1982. D’autres lésions dermatologiques peuvent également s’y surajouter, telles que grains de milium, ou spiradénome eccrine.
Affection génétique due à une mutation du gène CYLD.

H. Brooke, dermatologiste britannique (1892) ; E. Spiegler, chimiste et dermatologiste autrichien (1899) ; J. E. Rasmussen, dermatologiste américain (1975) ; H. C. Korting et B. Konz, dermatologistes allemands (1982)

cylindrome, trichoépithélium, CYLD gene

Édit. 2017

Brugada (syndrome de) l.m.

Brugada’syndrome

Syndrome responsable d’arythmies ventriculaires sévères et de risque de mort subite détecté par un aspect de bloc de branche droit, marqué par une ascension du point J et la présence d’un sus-décalage du segment ST supérieur à deux millimètres, suivi d’une onde T négative dans les dérivations péricordiales droites V1, V2, V3.
La prévalence  d'environ 1/700-1/800 dans les pays orientaux est moindre en Europe et aux Etats-Unis  : 1/3 300 à 1/10 000.
Dans la majorité des cas, les patients sont asymptomatiques et ce sont les anomalies électrocardiographiques qui révèlent la maladie.  20 à 30% des patients ont une syncope et 8 à 12% connaissent un arrêt cardiaque qui peut entraîner une mort subite. L’âge moyen de survenue du premier événement clinique est de 40 ans.  
En général, le syndrome de Brugada survient sur un coeur normal bien que des cas d'anomalies structurelles légères du ventricule droit aient été décrits par résonance magnétique nucléaire. L'affection est due à une anomalie des canaux sodiques.
Elle est familiale dans plus de 50 % des cas avec une nette prédominance masculine (sex-ratio 8 /1). La transmission est autosomique dominante. Les gènes impliqués sont: SCN5A, SCN10A, GPD1-L, CACNA1c, CACNB2, SCN1B, KCNE3, SCN3B. La mutation du gène SCN5A situé sur le chromosome 3 et codant pour la sous-unité alpha du canal sodique rend compte de 20 à 25 % des cas. Le test génétique peut utilement être proposé aux apparentés d’un cas index avec mutation de SCN5A. La recherche systématique de l’anomalie s’impose chez les apparentés. L’anomalie électrocardiographique est souvent intermittente. Quand le tracé ECG ne permet pas le diagnostic, un test pharmacologique aux antiarythmiques de classe 1C est nécessaire. La prévention des troubles du rythme exige d’éviter la prise de certains médicaments (antiarythmiques, antidépresseurs, certains anesthésiques....), de traiter les états fébriles par un antipyrétique et de restreindre l’activité sportive. La seule thérapeutique efficace est la mise en place d’un défibrillateur automatique implantable quand le risque rythmique est élevé.

P. et J. Brugada, physiologistes cardiologiques belges d'origine espagnole (1992) ; C. Napolitano et S. Priori, médecins italiens (2009)

Syn. fibrillation ventriculaire idiopathique type Brugada, syndrome de mort subite nocturne inattendue

Réf. Orphanet, C. Napolitano, S. Priori (2009)

SCN5A gene, SCN10A gene, GPD1-L gene, CACNA1c gene, CACNB2 gene, SCN1B gene, KCNE3 gene, SCN3B gene

[C3,K2,Q2]

Édit. 2018

Bruton (maladie de) l.f.

Bruton's disease, Bruton’s type hypogammaglobulinaemia

Agammaglobulinémie ou hypogammaglobulinémie génopathique, congénitale, liée au sexe, à transmission récessive.
Elle affecte les hommes et est liée au chromosome X. Sur le plan immunologique, la maladie de Bruton se caractérise par une absence complète dans l’organisme d’immunoglobulines sériques et de lymphocytes B diminuant ainsi la résistance des individus à toute infection. L'anomalie due à un déficit du gène de la tyrosine kinase, se situe aux phases précoces de la différenciation des lymphocytes B. Les lymphocytes T sont normaux. Elle se complique fréquemment d’un rhumatisme polyarticulaire inflammatoire non érosif pouvant ressembler à la polyarthrite rhumatoïde mais séronégatif, c’est-à-dire latex et Waaler-Rose négatifs.
Le diagnostic prénatal est possible sur le sang fœtal.

O. C. Bruton, pédiatre américain (1952)

Syn. agammaglobulinémie liée au sexe

  agammaglobulinémie, agammaglobulinémie liée au sexe, agammaglobulinémie (arthrite de l')

[F3,Q2,F1,I1]

Édit. 2017

calpaïnopathie n.f.

capainopathy

Maladie congénitale due à une anomalie du gène codant pour la calpaïne 3, observée dans un certain nombre de familles de différents pays (La Réunion, Brésil, Pays basque, Japon, etc.).

calpaïne 3

[Q2]

calpastatine n.f

calpastatin

Protéine inhibitrice endogène des calpaïnes.
La calpastatine est codée par le gène CAST. Elle possède quatre domaines répétitifs d’inhibition des calpaïnes. Le système calapaïne-calpastatine est impliqué dans de nombreux processus affectant l’expression de protéines régulatrices ou structurales.

calpaïnes

[C1]

CALR gene sigle angl pour calreticuline

Gène localisé en 19p13.13 qui code pour la réticuline et dont la mutation est à l’origine de thrombocytémies essentielles et de myélofibrose.

Camurati-Engelmann (maladie de) l.m.

Camurati-Engelmann’s disease

Ostéopathie héréditaire du développement symétrique progressive des diaphyses des os long et condensation des os de la base du crâne avec épaississement anormal du périoste.
L’affection est décelée dans la deuxième enfance ; l’attention est attirée par les douleurs des membres, une difficulté de la marche, une faiblesse musculaire. La puberté est retardée. A l’examen radiologique les os longs sont condensés, épais, les corticales sont irrégulières, la cavité médullaire rétrécie ; le rachis et la base du crâne peuvent être densifiés. Les métaphyses, les épiphyses et les extrémités des membres sont épargnées. Le pronostic est ordinairement favorable sous réserve de l’apparition d’une anémie, d’une déviation vertébrale, de la compression d’un nerf crânien.
La transmission est autosomique dominante, liée à une mutation du gène TGF-β1 en 19q13.1-q13.3. Certaines formes n’ont pas cette mutation.

M. Camurati, chirurgien orthopédiste italien (1922) ; G. Engelmann, chirurgien orthopédiste autrichien (1929) ; première description par E. A. Cockayne, médecin britannique (1920)

Syn. maladie d’Engelmann, dysplasie diaphysaire progressive

dysplasie diaphysaire progressive, Engelmann (maladie de)

[Q2,I2]

canal sodique épithélial n.m.

epithelial sodium channel (ENaC)

Canal permettant la réabsorption du sodium dans les cellules épithéliales du tube collecteur du néphron sous le contrôle de l’aldostérone, mais également présent dans le colon, les glandes sudoripares et l’arbre respiratoire dont la fonction essentielle est de maintenir l’équilibre du sodium entre les apports alimentaires et l’excrétion urinaire.
Le canal sodique épithélial est un canal hétéromultimérique fait de trois sous-unités, α, β et γ codées par trois gènes différents. Il est situé au pôle apical de la membrane des cellules épithéliales. Il joue un rôle majeur dans le transport transcellulaire du sodium en réabsorbant le sodium dans la cellule dont il est expulsé vers les liquides interstitiels par la sodium/potassium ATPase. Son activité est modulée par l’aldostérone. Elle peut être bloquée par deux diurétiques, le triamtérène et l’amiloride. Il agit de même dans le colon et extrait des fèces la quasi-totalité du sodium qu’elles contiennent. Il est également présent dans les cellules perceptrices du goût pour le sel.
Des mutations avec gain de fonction dans le gène codant pour la sous-unité γ sont à l’origine du syndrome de Liddle à transmission autosomique dominante qui est une variété d’hypertension artérielle héréditaire. Ces mutations diminuent la dégradation du canal en perturbant la liaison de la sous-unité γ avec une protéine appelée Nedd4, augmentant ainsi le nombre de canaux exprimés à la surface cellulaire. D’autres mutations dans les gènes des trois sous-unités sont à l’origine de la forme généralisée du pseudohypoaldostéronisme de type 1 à transmission autosomique récessive caractérisé par une résistance à l’effet de l’aldostérone entraînant un défaut de réabsorption du sodium et une hyperkalièmie.
Dans l’arbre respiratoire, l’activité du canal sodique épithélial est diminuée par la protéine CFTR (cystic fibrosis transmembrane conductance regulator) et donc augmentée dans la mucoviscidose contribuant ainsi à la déshydratation du mucus.

G.W. Liddle, médecin endocrinologue américain (1963)

aldostérone, triamtérène, amiloride, Liddle (syndrome de) pseudohypoaldostéronisme

[C3,M1]

cancer de l'hypopharynx l.m.

hypopharyngeal carcinoma

Cancer essentiellement épidermoïde, développée au niveau de l’hypopharynx, intéressant le plus souvent les sinus piriformes, souvent lié à une intoxication alcoolo-tabagique.
Les signes révélateurs en sont la gêne pharyngée, l’odynophagie, l’otalgie, la dysphagie, une adénopathie parfois révélatrice. Le diagnostic repose sur l’examen clinique, la laryngoscopie indirecte, l’endoscopie, la tomodensitométrie, l’IRM et les biopsies. Le traitement repose sur la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, ces thérapeutiques étant le plus souvent associées.

Syn. carcinome de l’hypopharynx

cancers de la tête et du cou, odynophagie

[F2,P1]

cancer du sein l.m.

breast cancer

Tumeur maligne de la glande mammaire naissant dans la grande majorité des cas à partir des revêtements épithéliaux des lobules ou des canaux galactophores.
Il s’agit dans plus de 90% des cas d’adénocarcinomes. Les sarcomes et les lymphomes malins mammaires sont beaucoup plus rares (environ 1% des cas). La grande majorité des adénocarcinomes du sein sont des cancers "invasifs", c'est à dire envahissant les structures sous-jacentes à la glande mammaire elle-même (canaux ou lobules). Mais, il existe des cancers(ou carcinomes) in situ canalaires ou lobulaires qui avec les cancers dits micro-invasifs, (c’est-à-dire avec un envahissement minime du tissu sous-jacent) représentent environ 15% des cas diagnostiqués lors du dépistage par mammographies et dont les taux de guérison avoisinent 100%.
Parmi les formes invasives, on distingue les adénocarcinomes canalaires infiltrants (70 à 80% des cas), les adénocarcinomes lobulaires infiltrants (10% des cas), les adénocarcinomes tubuleux (environ 5% des cas), les adénocarcinomes colloïdes ou mucineux (2% des cas) et les adénocarcinomes médullaires (environ 1% des cas)
On distingue des cancers de type "luminal" qui se développent à partir des cellules épithéliales des canaux ou des lobules . Les cancers de type "luminal A" ont plus de récepteurs d'oestrogènes que ceux de type "luminal B". A côté il existe des cancers de type "basal like" plus agressifs, dont les cellules ressemblent aux cellules basales des canaux galactophores amènant le lait dans les canaux, par opposition aux cellules luminales.
A la surface des cellules cancéreuses des adénocarcinomes mammaires se trouvent dans 75 % des cas environ des récepteurs hormonaux (aux oestrogènes et ou aux progestatifs). Ces cancers sont alors souvent sensibles à une action hormonale. A la  surface de ces cellules on retrouve dans un quart des cas une surexpression d’un récepteur appelé HER2/neu qui,  activé, entraîne une activation de la prolifération tumorale; ce type de cancer sera sensible à une immunothérapie spécifique. On dit qu'un cancer du sein est "triple négatif" quand à la surface des cellules, il n'y a ni récepteurs hormonaux, ni surexpression d'HER2/neu.
C’est le plus fréquent des cancers féminins dans les pays occidentaux à haut niveau socio-économique. Il peut atteindre l’homme dans 1% des cas. En France, selon les estimations de Santé publique France, son incidence annuelle est de 58 546  cas en 2018 et la mortalité qui lui est liée de 12 146 cas annuels. Rare avant 30 ans, son pic d’incidence se situe entre 60 et 65 ans. Il est favorisé par le jeune âge à la puberté, la nulliparité ou une première grossesse après 35 ans, l’absence d’allaitement, des cycles anovulatoires, un traitement œstrogénique prolongé, une ménopause tardive. Dans 5 à 8 % des cas, il s’agit de formes familiales parmi lesquelles on met en évidence une mutation des gènes BRCA1, BRCA2.
Il peut être diagnostiqué soit à l’occasion d’un dépistage par mammographie recommandé tous les deux ans de 50 à 74 ans, soit lors de la découverte d’une anomalie mammaire, le plus souvent une tuméfaction. Il existe dans 2 à 3% des cas des formes qui s’accompagnent de signes inflammatoires. Le diagnostic s’ aide de  l’imagerie, mammographie, échographie,image de résonnance magnétique.
Il existe deux principaux marqueurs tumoraux sériques relativement peu sensibles mais intéressants pour suivre et apprécier tout au moins partiellement l’efficacité thérapeutique, lorsqu’ils sont élevés, l’antigène carcino-embryonnaire, peu sensible et peu spécifique, le CA 15-3 plus sensible et plus spécifique,  en aucun cas, il ne peut s’agir d’outils de dépistage.Le diagnostic est histologique porté soit par une biopsie guidée soit lors de l’intervention par une biopsie extemporanée confirmée et affinée lors de l’inclusion en paraffine.
Son pronostic dépend des caractéristiques cliniques et histologiques dont le grade histopronostique (grade de Scarff Bloom et Richardson adapté par Elston et Ellis), la présence ou non de récepteurs hormonaux, de la surexpression ou non d’HER2/neu et par l’envahissement ganglionnaire axillaire (les formes invasives sont lymphophiles) qui est évalué soit par curage axillaire, limité quand cela est possible grâce à la technique dite du ganglion sentinelle. Les  métastases sont  principalement osseuses, hépatiques et pulmonaires.La taille de la tumeur, l’envahissement clinique ganglionnaire et les métastases sont à la base de la classification internationale T N M.
En l’absence de métastases, le traitement est local intéressant la tumeur et les aires ganglionnaires satellites, basé sur la chirurgie et la radiothérapie dont l’étendue dépend du stade initial. Au niveau mammaire la chirurgie complétée alors, au besoin par la radiothérapie, s’efforce d’être la moins mutilante possible. De même avec la technique dite du ganglion sentinelle, lorsqu’on peut l’utiliser sans risque, l’évaluation de l’envahissement des ganglions axillaires devient de moins en moins agressive.
Ce traitement est souvent complété par un traitement médical dit « adjuvant » dépendant des caractéristiques anatomiques et biologiques de la tumeur. Ce peut être une chimiothérapie cytotoxique, une hormonothérapie à visée anti-œstrogène (en présence de récepteurs hormonaux), une immunothérapie spécifique en cas de surexpression du gène HER2/neu).
La chirurgie est contre-indiquée, tout au moins de première intention dans les rares formes inflammatoire, le traitement reposant sur les traitements médicaux et la radiothérapie. Le traitement des formes métastatiques est essentiellement médical dépendant des caractères de la tumeur : présence ou non des récepteurs hormonaux, du statut HER2/neu et bien sûr de l’état général de la patiente.

W. S. Halsted, chirurgien américain (1894)

Syn. carcinome mammaire

adénocarcinome, antigène carcinoembryonnaire, BRCA,  cancer inflammatoire du sein, cancer médullaire du sein, cancer in situ, carcinome canalaire in situ du sein, carcinome lobulaire in situ du sein, classification TNM, dépistage, échographie, Scarff Bloom et Richardson

[F2, O5]

Édit. 2020

CAP sigle angl. m. pour Catabolic gene Activator Protein

Protéine qui, chez Escherichia coli, fixe une molécule d'AMP cyclique et qui lui permet d'agir au niveau d'un promoteur pour induire la synthèse d'un ARN messager correspondant à ce gène catabolique ; ce système a été décrit pour la régulation de l'opéron lactose.

Syn. protéine CRP

[C1,Q1]

caractère génique l.m.

Caractère héritable dont on a établi le lien avec un ou plusieurs gènes par l’étude de sa

transmissibilité au travers de croisements et d’analyses de descendance.
On parle de caractère monogénique lorsqu’il résulte de l’expression d’un seul gène,
de caractère di- ou oligogénique quand deux ou un petit nombre de gènes sont impliqués;
les caractères polygéniques, ou multigéniques dépendent de l’expression de plusieurs gènes
dont les effets cumulatifs ne peuvent être identifiés individuellement.

caractère qualitatif, caractère quantitatif, locus quantitatif

[Q1]

caractéristique génétique l.f.

genetic characteristic

Caractère héréditaire, spécifique d'un individu, porté par un élément de la molécule d'ADN, cet élément pouvant être un segment codant pour un gène ou un segment non codant.
La recherche des caractéristiques génétiques peut répondre à une finalité médicale, la reconnaissance d'une maladie génétique, ou d'une prédisposition pathologique. Elle peut répondre à une finalité judiciaire, visant à l'identification biologique d'un individu ou à l'établissement d'une filiation.

empreintes génétiques

[Q1]

myocardiopathie histiocytoïde infantile l.f.

infantile histiocytoid cardiomyopathy

Affection mitochondriale affectant le jeune enfant, âgé de moins de deux ans, plus fréquemment de sexe masculin, à début brusque, sous forme d’arythmie à évolution foudroyante, prenant le change pour la mort subite du nourrisson.
Des mutations du gène MT-CYB sont à l'origine de la maladie.

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur ; pathos : souffance, maladie

Syn. myocardiopathie xanthomateuse infantile

MT-CYB gene, mort subite du nourrisson

[K2,O1,Q2]

Édit. 2018

myocardiopathie hypertrophique l.f.

hypertrophic cardiomyopathy.

Maladie de la structure de la cellule myocardique à l’origine d’une hypertrophie ventriculaire, totale ou partielle, pouvant faire obstacle au libre passage du sang dans la cavité ventriculaire durant la systole.
Elle peut être gauche et/ou droite, généralement asymétrique, touchant le plus souvent le septum inter-ventriculaire. Elle est obstructive dans 25% des cas. Le diagnostic n'est retenu qu'après l’exclusion des autres causes d’hypertrophie.
L’affection peut se développer à tout âge, particulièrement à l'adolescence et au début de l'âge adulte. Parfois asymptomatique, elle est découverte lors de l’audition d’un souffle systolique mais elle peut s’exprimer par une dyspnée d’effort, des palpitations, des précordialgies, un angor, une insuffisance ventriculaire gauche, une fibrillation atriale une syncope ou encore une mort subite au décours d’un effort physique (c’est la cause première de mort subite chez les jeunes de moins de 40 ans).
Le diagnostic est affirmé par l'échocardiographie.
D’une prévalence estimée à 0.2% de la population générale, la cardiomyopathie hypertrophique peut être sporadique ou familiale. Elle est transmise sur le mode autosomique dominant (avec une pénétrance incomplète dans 60 %des cas) et liée à des mutations d'un certain nombre de gènes codant des protéines contractiles sarcomériques, qui entraîneraient des modifications de la vitesse de contraction cardiaque due à l'altération de la cinétique de l'interaction des différents filaments fins et épais sarcomériques. Ces modifications morphologiques induisent une hypertrophie compensatrice des myofilaments, avec secondairement modifications de la vitesse de contraction cardiaque, voire désorganisation de certaines zones.Chez les sujets sans antécédent familial la cause la plus courante de cette maladie est la survenue d'une mutation
de novo du gène codant la chaîne lourde de la bêta-myosine. Près de 500 types de mutations ont été identifiées, sans qu'il existe de corrélation forte entre le type d'anomalie génétique et le pronostic de la maladie.

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur ; pathos : souffance, maladie

myosine

[Q2,K2]

Édit. 2018

cardiopathie congénitale l.f.

congenital cardiopathy, congenital heart disease

Malformation cardiaque constituée lors de l’embryogenèse.
Elle représente 20% de l’ensemble des malformations congénitales, soit de 5 à 8 pour mille naissances.
Elle est reconnue par l’échographie, parfois dès le premier trimestre en cas de ventricule unique ou de dextrocardie, plus souvent au milieu du deuxième trimestre lors de l’échographie morphologique qui doit comporter une coupe passant par les quatre cavités du cœur. Un tiers des malformations graves, la coarctation de l’aorte notamment, échappent à l’échographie fœtale même à l’examen le plus spécialisé. Quelquefois c’est une arythmie cardiaque in utero qui suggère le diagnostic. Il faut à chaque cas chercher une cause : un diabète mal équilibré au moment de la conception, une embryopathie rubéolique, l’action tératogène d'un médicament, dans 5% des cas (les antivitamines K, l’alcool ou le lithium par exemple), une anomalie chromosomique (6% des cas, comme une trisomie 13, 18 ou 21), ou une anomalie monogénique (4% des cas). Les malformations tronculaires de la base du cœur, en effet, tétralogie de Fallot, tronc artériel commun, transposition des gros vaisseaux, coarctation de l’aorte, peuvent s’inscrire dans le cadre d’un syndrome de DiGeorge et s’accompagner d’une délétion du segment q du chromosome 22. Des mutations du gène GJA1 entraînent des cardiopathies congénitales sévères.
La plupart de ces malformations peuvent être corrigées par la chirurgie, à condition que le caryotype soit normal.

A. M. DiGeorge, pédiatre américain (1968)

Syn. malformation congénitale du cœur

ventricule unique, dextrocardie, coarctation de l'aorte, embryopathie rubéolique, trisomie 13, trisomie 18, trisomie 21, tétralogie de Fallot, tronc artériel commun, Di George (syndrome de) , GJA1

[K2,Q2]

Carney (complexe de) l.m.

Carney complex

Syndrome associant une pigmentation cutanéo-muqueuse atteignant surtout le visage, de multiples myxomes cutanés et cardiaques, ces derniers conditionnant la gravité de cet état pathologique, ainsi que des tumeurs nerveuses, surrénaliennes (hyperplasie micronodulaire pigmentée), testiculaires et hypophysaires.
La transmission autosomique dominante de ce complexe est due à une mutation du gène PRKAR1A.

J. A. Carney, anatomopathologiste américain (1985)

hyperplasie micronodulaire pigmentée de la surrénale, PRKAR1A gene

[Q2]

Carpenter-Waziri (syndrome de) l.m.

Carpenter-Waziri syndrome

Forme phénotypique du retard mental lié à l’X caractérisé par un déficit intellectuel plus ou moins important,une dysmorphie craniofaciale, des anomalies des extrémités des membres et des organes génitaux externes.
Ces garçons sont de petite taille, avec une tête petite, étroite et allongée ; la face est hypotonique, la bouche entre-ouverte, la lèvre inférieure épaisse, la supérieure surélevée laisse entrevoir des dents déplacées en avant et écartées. La racine du nez est aplatie, sa pointe élargie. Les mains sont déformées avec brachydactylie, implantation proximale des pouces, élargissement des phalanges distales, clinodactylie ducinquième doigt. L’obésité est modérée. Les anomalies des organes génitaux sont plus ou moins importants : cryptorchidie, hypospadias et s’accompagne d’hypogonadisme.
L’affection, récessive, est liée à une mutation du gène ATRX en Xq13.3 codant pour une protéine intervenant dans la différenciation neuronale et allélique des autres syndromes de retard mental lié à l’X.

Nancy J. Carpenter et Mary Waziri, pédiatres généticiennes américaines (1988)

retard mental lié à l'X

[Q2]

cartographie S1 l.f.

S1 mapping

Cartographie de restriction permettant de préciser les limites d'un gène de structure par hydrolyse avec l'endonucléase S1 des séquences d'ADN non hybridées avec l'ARN messager correspondant.
La nucléase S 1 ne coupe que les régions d’acide nucléique monocaténaire.

cartographie de restriction, gène de structure, hydrolyse, endonucléase, 
ARN messager,monocaténaire .

[Q1]

Édit. 2019

CASP 1 gene sigle angl. pour caspase 1

Gène, situé sur le locus chromosomique 11q23, codant pour une protéine de la famille des cysteine-aspartic acide protease (caspase) dont l’activation séquentielle joue un rôle déterminant dans l’apoptose.

Syn. ICE; P45; IL1BC

apoptose

cataracte congénitale de type Volkmann l.f.

Volkmann’s type congenital cataract

Cataracte d'expression variable nécessitant une intervention chirurgicale dans la première ou deuxième décennie de la vie.
Cataracte congénitale observée dans une famille danoise. Le gène est localisé en 1p36. L’affection est autosomique dominante (MIM 115665).

A. M. Lund, ophtalmologiste pédiatre  danois (1992) ; A. W. Volkmann, physiologiste et anatomiste allemand (1801-1877)

Syn. cataracte de Volkmann

[P2,Q2]

cataracte-dents (syndrome) l.m.

cataract-dental syndrome

Syndrome associant une incisive centrale surnuméraire, des dents en forme de tournevis, une cataracte congénitale (sutures en Y postérieures avec opacités ponctuées autour des sutures) et une microcornée.
D'autres anomalies accompagnent ce syndrome: quatrième métacarpien trop court et oreille antéversée avec lobe aplati. Un retard mental modéré est présent dans 30% des cas. Le locus du gène est en Xp22.2-22.3. L'affection est récessive, liée au sexe (MIM 302350).

W. E. Nance, médecin intreniste et généticien américain (1974)

[P2,Q2,P3]

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