podocyte n.m.
podocyte
Cellule épithéliale glomérulaire bordant la membrane basale glomérulaire du côté de l’urine, appelée ainsi parce qu’elle possède des prolongements ou pédicelles par lesquels elle s’appuie sur la membrane basale glomérulaire.
Les podocytes sont encore appelés cellules épithéliales viscérales glomérulaires pour les distinguer des cellules épithéliales pariétales de la capsule de Bowman. Les pieds par lesquels ils s’appuient sur la membrane basale sont reliés par les diaphragmes de fente (« slit diaphragms »). Avec la membrane basale glomérulaire, les podocytes représentent la principale barrière au passage des protéines dans l’urine. Ils expriment des protéines intervenant dans ce processus comme la néphrine et la podocine dont les mutations sont à l’origine de syndromes néphrotiques héréditaires. Ils expriment également des antigènes "néphritigènes" dont la liaison à leurs anticorps spécifiques est capable d’induire des glomérulonéphrites extramembraneuses (« membranous glomerulonephritis »).Le plus fréquemment observé de ces antigènes est le récepteur de la phospholipase A2 (PLA2R), ce qui amène à mesurer systématiquement le taux d’anticorps contre cette protéine dans les syndromes néphrotiques de l’adulte. Un autre antigène plus rarement en cause est la neutroendopeptidase chez les femmes enceintes porteuses d’une mutation invalidant le gène de cette enzyme. Chez le rat, existe un modèle expérimental classique de la maladie, le modèle de Heymann, dans lequel l’antigène cible est la mégaline, protéine absente du glomérule humain. Les podocytes interviennent également dans la synthèse des protéines de la membrane basale glomérulaire.
→ néphrine, podocine, glomérule, néphrotique (syndrome), glomérulonéphrite extra-membraneuse, Heymann (néphrite de), phospholipase A2
pôle apical l.m.
apical pole
Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant la lumière et ainsi en contact avec l'urine.
Le pôle apical ou luminal des cellules épithéliales tubulaires contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de l'urine vers la cellule. Il exprime également des enzymes spécifiques.
pôle basolatéral l.m.
basolateral pole
Partie de la membrane des cellules épithéliales tubulaires bordant les espaces interstitiels du rein.
Le pôle basolatéral ou plasmatique des cellules épithéliales contient des canaux et des transporteurs assurant le passage de nombreuses substances de la cellule vers les liquides interstitiels. Il exprime en particulier la Na+-K+-ATPase.
polycystine 1 n.f.
polycystin 1
Protéine glycosylée de 4302 acides aminés ancrée à la membrane cellulaire des cellules épithéliales tubulaires du néphron et présente, en particulier, dans les cils primaires du pôle apical.
La polycystine 1 est codée par le gène PKD1 situé dans le chromosome 16 dont les mutations sont à l’origine de la grande majorité des cas de polykystose à transmission autosomique dominante. C’est la plus fréquente des maladies génétiques des reins. Elle est caractérisée par la formation de kystes rénaux dans tous les segments du néphron à l’âge adulte. La polycystine 1 forme un complexe avec la polycystine 2 dans les cils primaires des cellules tubulaires qui réagit au flux urinaire en augmentant l’influx calcique et en contrôlant ainsi le diamètre et la différentiation tubulaire, ce qui expliquerait la formation de kystes lorsque le gène PKD1 ou le gène PKD2 est muté. Le lien entre cil primaire et kystes rénaux a conduit à inclure la polykystose rénale dans la nouvelle famille des ciliopathies.
→ polykystose à transmission autosomique dominante, polycystine 2, ciliopathie, PKD1 gene
porome eccrine intraépidermique de Holubar l.m.
intraepidermal eccrine poroma
Tumeur cutanée bénigne, dont l'aspect histologique rappelle celui de l'épithélioma intra-épidermique de Jadassohn, mais dont les cellules présentent les caractères histochimiques et enzymatiques des cellules excrétosudorales.
Tout comme l'hidroacanthoma simplex, le porome eccrine intraépidermique est une variété purement intra-épidermique du porome eccrine.
K. Holubar et K. Wolff, dermatologues autrichiens (1969)
[J1,F5]
procalcitonine n.f.
procalcitonin.
Protéine précurseur de la calcitonine, synthétisée dans les conditions physiologiques par les cellules parafolliculaires de la glande thyroïde. En cas d’infection bactérienne systémique, elle peut toutefois être secrétée par presque toutes les cellules de l’organisme
Elle contient du côté NH2-terminal deux séquences peptidiques, dites C1 et C2, et du côté C-terminal une autre séquence dite PDN 21. Ces peptides sont détachés lors de la maturation de l'hormone et sécrétés avec elle. Le peptide PDN 21 a d'ailleurs une activité analogue à celle de la calcitonine.
Le dosage de la procalcitonine (PCT) dans le sérum, effectué par électro-chimioluminescence, est utilisé comme marqueur de sepsis. L’augmentation de PCT sérique est, en effet, pratiquement spécifique des infections bactériennes sévères. Chez le sujet normal, la concentration sérique de PCT est inférieure à 0,5 µg/L Dans les infections bactériennes systémiques, la concentration de PCT sérique augmente rapidement (2-3h) et atteint un niveau d’autant plus élevé que l’agression bactérienne est intense. Après instauration d’une antibiothérapie adaptée, une baisse rapide de la PCT témoigne de l’efficacité du traitement.
Sigle : PCT
progérine n.f.
progerin
Protéine anormale provenant d’une mutation du gène LMNA (chromosome 1) codant pour la lamine, protéine tapissant normalement la face interne de la membrane nucleaire (la lamina nucléaire) et constituant de la structure du noyau, responsable de la progeria d’Hutchinson-Gilford.
Normalement la prélamine A, codée par le gène LMNA, se fixe sur la membrane nucléaire. La mutation entraîne la substitution d’un nucléotide de cytosine par une thymine (en position 1824). Il s’ensuit au cours de l’épissage des exons (avec suppression des introns) la perte pour la protéine pré-lamine d’une cinquantaine d’acides aminés ; la prélamine ainsi amputée prend le nom de progérine. Celle-ci ne peut subir les modifications post traductionnelles induites normalement par une métalloprotéase à zinc dont la séquence cible se trouve dans la partie éliminée. La progérine reste fixée à la membrane, remplace la lamine et ne peut participer à la structure et au métabolisme intranucléaire normalement exercés par la lamine.
Une progérine intervient également dans la réduction des télomères des chromosomes, témoin du vieillissement des cellules. Sa présence a été constatée dans les cellules sénescentes à télomères courts.
J. Hutchinson, Sir, chirurgien et anatomopathologiste britannique (1886) ; H. Gilford, chirurgien britannique (1897)
Étym. d’après progeria : gr. pro : avant ; gerôn : vieillard
→ progeria d'Hutchinson-Gilford, laminopathie, lamine
proglucagon n.m.
proglucagon
Protéine de 160 acides aminés précurseur du glucagon, qu'on trouve dans les granules de sécrétion des cellules A des ilots de Langerhans du pancréas, ainsi que dans les muqueuses gastriques et intestinales.
Un clivage protéolytique permet de transformer en glucagon lorsque la cellule pancréatique est stimulée, ou en glicentine et oxyntomoduline dans les cellules des muqueuses digestives.
protéine de fusion l.f.
fusion protein
Fusion résultant du transcrit chimérique de deux gènes ayant fusionné lors d'une translocation chromosomique et dont la présence peut générer des processus tumoraux souvent par activation inappropriée d'oncogènes.
Elle peut être décelée par immunohistochimie sur coupes histologiques.
Ex. détection du transcrit bcr-abl dans la leucémie myéloïde chronique, tant pour le diagnostic de la maladie que pour le dépistage de ses rechutes ; détection du transcrit chimérique entre le gène du sarcome d'Ewing et le gène de la tumeur de Wilms (WT1) dans les tumeurs desmoplastiques à petites cellules rondes. Des translocations réciproques sont également décelées dans les lymphomes anaplasiques à grandes cellules et dans les sarcomes d'Ewing. Des implications thérapeutiques peuvent découler de ces détections par l'utilisation d'anticorps bloquants spécifiques de la partie du gène transcrite après fusion.
protéine neu l.f.
neu protein
Protéine codée par le proto-oncogène c-erb B2 ou neu.
La protéine neu, transmembranaire, de 1234 aminoacides peut être trouvée activée chez le Rat en protéine oncogène par mutation portant sur un acide aminé en position 664 (Val → Glu) dans son domaine transmembranaire : c'est ainsi qu'elle a été découverte dans des neuroblastomes induits chimiquement chez le Rat.Cette protéine est l'un des récepteurs de certains facteurs de croissance, les neurégulines, qui se fixent indirectement ou directement sur leurs domaines extracellulaires et permettent de déclencher par leur domaine intracellulaire une activité tyrosine-kinase impliquée dans leur effet mitogène. Chez l'Homme, les récepteurs neu sont présents sur les cellules musculaires au niveau des synapses neuromusculaires et sur les cellules de Schwann et leurs précurseurs de la crête neurale ; on n'en a pas trouvé de forme mutante oncogène ; leur surexpression a été constatée dans certains cancers de mauvais pronostic, surtout des cancers du sein.
Étym. neu de neuroblastome
pseudolysogénie n.f.
pseudolysogeny
Association entre un phage et une bactérie aboutissant à une lysogénisation incomplète des cellules de la population : absence de réplication du génome phagique, absence de lyse, etc.
Certaines cultures demeurent constamment infectées par le phage, on parle de culture transporteuse. Cette notion s'applique aussi aux cellules de mammifères infectées par un virus.
pulpe de la dent l.f.
pulpa dentis (TA)
dental pulp
Tissu conjonctif mou, rougeâtre, bien vascularisé, contenu dans la cavité d’une dent (cavité pulpaire).
Sa partie centrale est formée de cellules conjonctives anastomosées, de fibres conjonctives, de vaisseaux et de nerfs. Sa partie superficielle comprend une rangée de cellules allongées perpendiculairement à la surface de la pulpe (odontoblastes). La pulpe dentaire donne la sensibilité à la dent et assure les échanges nutritifs.
radio-immunothérapie l.f
radioimmunotherapy
Application thérapeutique d’anticorps vecteurs de radioactivité.
Le vecteur, un anticorps monoclonal, reconnaît les antigènes exprimés par les cellules-cibles que le radio-isotope lié peut dès lors détruire par émission de rayonnement α ou β.
La principale indication actuelle de cette méthode est la destruction de cellules tumorales
(lymphome malin, leucémie lymphocytique…), mais les indications potentielles paraissent larges.
rate n.f.
splen ; lien (TA)
spleen
Organe lymphoïde volumineux (poids moyen 200g), situé dans l’hypochondre gauche, en arrière de l’estomac, au-dessous et en dedans du diaphragme, en avant du rein gauche et au-dessus de la courbure colique gauche et du ligament phrénico-colique gauche.
Maintenue en place par les organes voisins, les vaisseaux spléniques, le péritoine et les replis péritonéaux (notamment le ligament gastro-liénal et le ligament pancréatico-liénal), la rate a une forme polyédrique à quatre faces, avec un grand axe à peu près parallèle à la dixième côte, fortement oblique en avant, en dehors et en bas. Elle est plus large et plus épaisse en bas et en avant qu’en haut et en arrière. La face diaphragmatique, postéro-latérale, régulièrement convexe et entièrement tapissée par le péritoine, est en contact avec le diaphragme. La face rénale, inféro-médiale, concave, se moule sur la convexité de l’extrémité supérieure de la glande suprarénale et de la partie supéro-latérale du rein gauche. La face gastrique, antéro-médiale, concave, répond à la face postérieure de l’estomac ; elle est occupée par le hile splénique, rangée de fossettes par lesquelles les vaisseaux spléniques pénètrent dans l’organe ; cette face est reliée à l’estomac par le ligament gastro-liénal et à la queue du pancréas par le ligament pancréatico-liénal ; la queue du pancréas peut y marquer une empreinte. La face colique, basale, presque plane, est dirigée en dedans, en bas et un peu en avant; elle s’appuie sur l’angle colique gauche. La rate est recouverte d’une capsule fibreuse qui envoie des tractus fibreux dans la pulpe splénique, les trabécules spléniques. La pulpe splénique, rouge, est parsemée de nodules blancs qui forment la pulpe blanche. La pulpe rouge est constituée de sinus remplis de sang, bordés de cellules réticulo-endothéliales et séparés les uns des autres par des travées lymphoïdes (les cordons de Billroth). La pulpe blanche est représentée par les nodules lymphoïdes spléniques à centre germinatif bien développé (les corpuscules de Malpighi). Organe hémopoïétique myéloïde chez le fœtus, lymphoïde monocytaire dans la vie post-fœtale, la rate constitue un réservoir important de sang qui peut, en cas de besoin, libérer dans la circulation générale, très rapidement, environ 150 à 200ml de sang. En tant qu’organe important du système réticulo-endothélial, elle intervient dans le processus d’hémolyse, dans l’élaboration de l’hémoglobine et des pigments biliaires, et dans la production d’anticorps. Elle est capable de fixer des cellules, des protozoaires, des bactéries et des substances chimiques diverses. La mise en réserve anormale de certaines substances au niveau de la rate est à l’origine d’un grand nombre d’affections.
rayon cosmique l.m.
cosmic ray, cosmic radiation
Rayonnement venant de toutes les directions de l'Univers, constitués de nucléons de nature variée qui sont animés d'une grande énergie (jusqu'à des millions de giga-électron-volts).
Leur effet sur les noyaux des cellules vivantes peut amener soit la mort de la cellule, soit, pour les particules de moindre énergie, des lésions chromosomiques qui peuvent parfois causer des mutations cancérigènes ou des malformations congénitales.
L'activité biologique des rayons cosmiques est environ deux fois plus forte à 5 000 m qu'au niveau de la mer. A 10 000 m elle est 6 fois plus forte, au-dessus de 20 000 m elle est à peu près stable puis elle décroit avec l'altitude.
Dans l'espace extraterrestre il y a surtout des nucléons à haute énergie qui peuvent tuer des cellules mais ne produisent pas de lésions cancérigènes. Plus on s'approche du sol plus les chocs des rayons avec les molécules de l'atmosphère produisent des particules et des photons à faible énergie. Enfin, l'activité des rayons cosmiques varie avec la latitude parce que les particules chargées sont déviées des zones tropicales par le champ magnétique terrestre, tandis qu'elles passent plus facilement dans les régions polaires (jusqu'au 50e parallèle environ).
Étym. gr. kosmikos : qui concerne l'Univers (Cosmos)
→ dose, exposition, radioactivité, sievert
[B1]
réabsorption tubulaire l.f.
tubular reabsorption
Processus par lequel des substances présentes dans l'urine tubulaire sont transportées hors de cette urine à travers la paroi du tubule.
La réabsorption tubulaire a pour fonction de maintenir l'équilibre du bilan des substances réabsorbées en récupérant tout ou partie des substances filtrées : elle se fait soit entre les cellules épithéliales, soit à travers les cellules épithéliales avec deux étapes apicale et latérobasale, soit uniquement à travers la membrane apicale. Elle peut être soit passive soit active. Dans ce dernier cas, elle a lieu contre un gradient de concentrations ou de potentiels électriques, et nécessite la présence d'oxygène et l'hydrolyse de l'ATP. Elle est limitée à un maximum appelé masse tubulaire maximum ou Tm.
réactivation selon Weigle l.f.
Weigle’s reactivation, W-reactivation
Phénomène dans lequel la survie de certains phages irradiés par les ultraviolets est augmentée lorsque les cellules qu'ils infectent ont été elles aussi préalablement irradiées.
Cette réactivation de phages irradiés serait due à une meilleure réparation de l'ADN chez les cellules irradiées à la suite de la réponse SOS.
J. J. Weigle, physicien et biologiste moléculaire américain (1953)
recombinaison homologue l.f.
homologous recombination
Modalités de recombinaison de l'ADN par homologie de séquences utilisées en génie génétique pour le ciblage génique (gene targeting), le plus souvent pour inactiver un gène endogène.
Appliquée aux cellules-souches embryonnaires (cellules ES), cette méthode permet d’induire l’invalidation du gène d’intérêt et de sélectionner ensuite les animaux homozygotes porteurs d’un déficit génétique.
Syn. recombinaison générale
Ant. recombinaison non homologue
repositionnement de médicaments l.m
drug repositioning, repurposing or reprofiling
Nouvelles indications d’utilisation d’un médicament pour le traitement de maladies différentes de celles initialement ciblées.
Le repositionnement a été souvent le fruit du hasard. Un médicament a été prescrit pour traiter une maladie pour laquelle l’autorisation de mise sur le marché a été donnée. Une amélioration imprévue d’une maladie associée a été constatée. Le cas général d’une découverte scientifique faite de façon inattendue s’appelle aussi sérendipité. Un exemple célèbre est celui du sildénafil considéré initialement comme un traitement de l’insuffisance coronarienne qui s’est révélé un facilitateur de l’érection. De même, la colchicine, traitement de la goutte connu depuis longtemps, s’est avérée être le meilleur traitement d’une maladie génétique, la fièvre méditerranéenne familiale. Plus fréquemment maintenant, la découverte est la conséquence d’une étude systématique d’une molécule déjà connue sur des modèles de maladies, comme par exemple dans les maladies génétiques, les cellules pluripotentes induites et différentiées en cellules de l’organe exprimant le phénotype. Le repositionnement a l’avantage pour les firmes pharmaceutiques d’éviter le coût élevé des études toxicologiques déjà effectuées.
reprogrammation cellulaire l.f.
Déclenchement artificiel d’un nouveau programme de différenciation cellulaire ou de développement
Déclenchement artificiel d’un nouveau programme de différenciation cellulaire ou de développement.
Ce processus fait appel à l’expression forcée d’un certain nombre de facteurs de transcription transforment les cellules somatiques en cellules souches. Il peut être suivi par un processus de différenciation induit par des facteurs de croissance.
→ cellule souche pluripotente induite, reprogrammation
[Q1]
Édit. 2019
restriction par le CMH l.f.
MHC restriction
Une des caractéristiques de nombreuses réactions immunitaires impliquant les lymphocytes T dans lesquelles les cellules coopèrent le plus efficacement avec d'autres cellules qui ont en commun un haplotype du CMH.
Les réactions impliquant les lymphocytes CD8+ sont restreintes par les molécules de classe I du CMH, celles impliquant les lymphocytes CD4+ sont restreintes par les molécules de classe II du CMH.
→ CMH, complexe majeur d'histocompatibilité
réticulose de Crosti l.f.
primary cutaneous follicular centre-cell lymphoma, Crosti's lymphoma
Variété de lymphome cutané B se manifestant habituellement par un ou plusieurs nodules rouge-violacé situés dans le dos et pouvant évoluer lentement durant plusieurs années, actuellement intégré sous l'intitulé de lymphome cutané à cellules centrogerminales (ou centrofolliculaires) dans la classification des lymphomes cutanés.
L'examen histologique montre un infiltrat de cellules centrofolliculaires localisé dans le derme superficiel, dans les lésions récentes, puis diffusant jusqu'au tissu sous-cutané dans les lésions tardives. Le traitement de choix est la radiothérapie.
A. Crosti, dermatologue italien (1951)
Syn. réticulohistiocytome du dos de l'adulte
[F1,J1]
rétinal n.m.
retinal
Dérivé aldéhydique du rétinol qui joue un rôle dans la vision, en association avec une protéine, l'opsine pour constituer la rhodopsine du pourpre rétinien des cellules en bâtonnets, et l'iodopsine pour le pigment des cellules en cône de la rétine.
Sous l'action de la lumière, le rétinal se détache et subit une réduction en rétinol par une rétinal-réductase, puis une isomérisation en configuration néo-b seule capable à l'obscurité, et après réoxydation, de se réassocier à l'opsine pour régénérer le pourpre rétinien.
rétinoblastome n.m.
retinoblastoma
Tumeur embryonnaire de la rétine hautement maligne qui atteint de façon préférentielle le nourrisson et le très jeune enfant (1/18 000 naissances) avec comme signes d'appel une leucocorie, un strabisme, une buphtalmie ou parfois une hétérochromie irienne ; la forme endophytique envahit progressivement le vitré et la forme exophytique gagne l'espace sous-rétinien avec décollement de la rétine.
Quand il est bilatéral (dans 30 à 40% des cas), le rétinoblastome est de survenue précoce, tandis que les formes unilatérales sont de survenue plus tardive, 24 mois et plus. De développement intra-oculaire puis intra-orbitaire, la tumeur gagne l’encéphale et le tissu osseux en suivant le nerf optique. Du point de vue anatomopathologique, on distingue le rétinoblastome indifférencié (mitoses nombreuses) du rétinoblastome différencié. Suivant le degré de différenciation on distingue le rétinoblastome du rétinocytome marqué par des rosettes de Homer-Wright ou des agencements en bouquet des cellules tumorales. Une forme particulière est le rétinoblastome trilatéral ou pinéaloblastome. Le traitement le plus actuel fait appel à la chimiothérapie, la thermocoagulation et la radiothérapie.
Le rétinoblastome est lié à la délétion sur les deux allèles, d’un gène suppresseur, un des premiers individualisés, le gène RB (13q14). L’étude de ce gène a fourni un modèle d’oncosuppresseurs et a permis à Knudson, de formuler une « two-hit hypothesis » (double étape ou double détente) associant une mutation germinale, héritée, et une mutation somatique, acquise et accidentelle. Lors de la première modification de l'un des deux allèles l'affection n'apparaît pas ; il faut une deuxième mutation accidentelle somatique sur l'autre allèle homologue (autre chromosome) pour qu'il y ait transformation cellulaire maligne. La maladie est transmissible lorsque l'un des deux allèles des cellules germinales est anormal. Le gène muté se comporte donc comme un gène dominant avec pénétrance incomplète. Le gène non muté (RB1) est un anti-oncogène ; il est situé en 13q14.12-14.2, a une longueur de 180kb et comporte 27 exons. On connaît plus de vingt mutations différentes intragéniques. L’affection est autosomique dominante (MIM 180200 et MIM 180200.0001ff).
P. Pawius (Pieter Pauw), anatomiste hollandais (1597) ; A. N. Pandey, ophtalmologiste indien (2014)
→ buphtalmie, Homer-Wright (rosettes de), leucocorie, rosette HW, rosette FW
rhabdomyome n.m.
Tumeur bénigne dérivée des cellules musculaires striées, dont le siège préférentiel est le myocarde et la localisation cutanée
ou muqueuse exceptionnelle.
Les lésions des téguments apparaissent généralement au cours de la sixième décennie, forment de petites tumeurs dures
situées principalement sur le plancher de la bouche, la langue ou le palais mou, sont constituées de faisceaux de
cellules musculaires striées matures et ont une évolution bénigne. Le traitement est chirurgical.
L'ancienne appellation rhabdomyome granulocellulaire a été remplacée par : tumeur à cellules granuleuses.
Étym. gr. rhabdos : baguette ; mys : muscle ; ôma : tumeur