Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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entéro-IRM
l.f.

MRI enterography , MRI enteroclysis

IRM de l’intestin grêle après ingestion de produit de contraste (eau ou solution de polyéthylène glycol), ou injection de celui-ci par une sonde jéjunale (entéroclyse).
Les principales indications sont le bilan et le suivi d'une maladie de Crohn ou d'une maladie coeliaque, l'identification du niveau de l'obstruction de l'intestin grêle et de sa cause (tumeur par exemple), en évitant l’irradiation d’un entéroscanner.

entéroscanner

[B2, B3, L1 ]

Édit. 2020

gastroentérite à éosinophiles l.f.

eosinophilic gastroenteritis

Maladie bénigne rare caractérisée par la présence de manifestations gastro-intestinales (GI) anormales et non-spécifiques, associées à une infiltration éosinophilique du tractus GI pouvant affecter plusieurs segments et impliquer plusieurs couches dans la paroi GI.
Contrairement à l’œsophagite à éosinophiles, qui présente une incidence en nette augmentation, la gastrite, l’entérite et la colite à éosinophiles, rassemblées sous le nom de gastroentérite à éosinophiles (GEE), sont des entités rares. La GEE peut survenir à tout âge, le plus souvent observée entre l'âge de 30 et 50 ans. Hormis l’atteinte œsophagienne, l'estomac et le duodénum sont les sites les plus touchés. La présentation clinique est variable et dépend de la zone du tube digestif impliquée et de la profondeur de l'atteinte éosinophilique. Trois sous-types ont été définis en fonction de la couche digestive impliquée. La GEE muqueuse (sous-type le plus commun) est caractérisée par des douleurs abdominales, une diarrhée (avec ou sans hémorragie), une dyspepsie, des nausées, des vomissements, une perte de poids et des signes d'entéropathie exsudative (p.ex. gonflements et oedèmes). Les enfants et les adolescents peuvent aussi présenter un retard de croissance staturo-pondérale et une anémie. La GEE musculaire conduit à des symptômes d'obstruction/sténose intestinale. La GEE séreuse est caractérisée par des ballonnements, des ascites exsudatives et une éosinophilie périphérique. Les examens biologiques révèlent la présence d'éosinophiles dans le sang périphérique et des concentrations sériques élevées d'IgE (dans 20 à 80% des cas). Les autres résultats comprennent une stéatorrhée, une hypoalbuminémie, une anémie par carence en fer et un temps de prothrombine prolongé. L'endoscopie montre des anomalies muqueuses non spécifiques. L'examen histopathologique des biopsies gastriques et duodénales confirme le diagnostic et révèle habituellement des infiltrats éosinophiliques (> 20 à 30 éosinophiles par champ de forte puissance) en l'absence d'autres causes connues d'éosinophilie. La dégranulation ou la cryptite à éosinophiles sont également diagnostiques.La pathogénie de la GEE pourrait être médiée par une réaction d'hypersensibilité. Différents stimuli incluant des allergènes alimentaires, des médicaments (azathioprine, sels d'or, triméthoprime- sulfaméthoxazole) et des pathologies immunologiques, peuvent induire l'infiltration éosinophilique du tractus GI, suivie de leur dégranulation, de la libération de cytokines et des dommages cellulaires. Dans certains cas pédiatriques précoces, la GEE se résout en supprimant le lait du régime alimentaire. Le traitement repose sur la corticothérapie orale dans les cas modérés à sévères. Une corticothérapie de maintien à faible dosage est nécessaire en cas de rechute. Des stabilisateurs de mastocytes et des antihistaminiques ont été utilisés avec succès dans certains cas. Malgré le risque de rechute, le pronostic de la maladie est bon sous traitement, avec une disparition complète des symptômes. Les complications concernent le plus souvent l'atteinte séreuse.  

Réf. Orphanet, A. LUCENDO (2014)

oesophagite à éosinophiles

[L1]

Édit. 2020

Ruxolitinib n.m.

Ruxolitinib

inhibiteur des Janus kinase 1 et Janus kinase 2 (Jak1 et Jak2).
Il est indiqué dans le traitement de la splénomégalie myéloïde et de la maladie de Vaquez.  Le ruxolitinib est une alternative intéressante de la maladie du greffon contre l'hôte résistante à l'administration à haute dose de glucocorticoïdes ; il provoque fréquelmment une thrombopénie

R. Zeiser, hématologue allemand (2020)

Janus kinase, réaction du greffon contre l'hôte, splénomégalie myéloïde, maladie de Vaquez

[F1, G5]

Édit. 2020

Stormoken (syndrome de) l.m.

Stormoken syndrome

Maladie héréditaire à transmission autosomique dominante voisine de la myopathie à agrégats tubulaires, mais présentant des signes additionnels : myosis, thrombocytopénie, hyposplénisme, ichthyose, dyslexie, et petite taille.
La maladie est due à des mutations  de gènes codant des régulateurs clés de l’homéostasie calcique (STIM1 ou ORAI1), ce qui explique le large spectre phénotypique observé chez les patients. STIM1 est un senseur réticulaire de calcium, et peut activer le canal calcique ORAI1, situé dans la membrane plasmique, afin d’induire l’entrée de calcium extracellulaire par un mécanisme appelé SOCE (« store-operated calcium entry »), mécanisme existant dans tout type de cellules. Il s’agit de mutations gain-de-fonction provoquant une sur-activation du SOCE et une entrée excessive de calcium.

H. Stormoken, médecin interniste norvégien  (1985)

Syn. syndrome de Stormoken-Sjaatadt-Langslet

Réf. Stormorken H, Sjaastad O, Langslet A, Sulg I, Egge K, Diderichsen J. : A new syndrome: thrombocytopathia, muscle fatigue, asplenia, miosis, migraine, dyslexia and ichthyosis. Clinical Genetics 1985 Nov; 28(5): 367-374

myopathie

[F1, H1, J1, P2, ]

Édit. 2020

acéruloplasminémie n.f.

aceruloplasminemia

Maladie héréditaire autosomique récessive liée à des mutations dans le gène de la céruloplasmine, caractérisée par une surcharge hépatique et cérébrale en fer, l’absence de céruloplasmine dans le sérum, la diminution de la cuprémie et de la sidérémie alors qque la ferritinémie est élevée.
L’affection débute à l’âge adulte et se manifeste par une dégénérescence rétinienne, un diabète, une anémie qui précède divers troubles neurologiques dont une ataxie.
Sa prévalence est estimée à 1/1.00.000 à 1/1.200.000. Le mécanisme de la maladie ressort à une perte de l’activité « ferroxidase » de la céruloplasmine empêchant l’oxydation du fer et son transport par la transferrine avec rétention du fer dans les tissus et baisse de la sidérémie. La surcharge tissulaire en fer est confirmée par l’imagerie par résonnance magnétique. Elle se situe au niveau du foie, des noyaux gris centraux, du thalamus et des noyaux dentelés du cerveau. Le traitement implique l’utilisation de chélateurs du fer par voie intraveineuse ou orale (défériprone ou déférasirox) La mutation du gène de la céruloplasmine, située sur le chromosome 3, est homozygote (CP ; 3q23-q24). Un diagnostic prénatal est possible.

D. N. Caplan, neurologue américain (2020)

céruloplasmine, cuprémie, sidérémie, ferritine, ferroxidase, chélateurs du fer.

[C1,C3,F1,H1,L1,Q2]

Édit. 2020

drépanocytose n.f.

drepanocytosis, sicklaemia, sickle cell disease, sickle cell anaemia, drepanocytic anaemia

Hémoglobinopathie congénitale à transmission dominante, due à la présence d’une hémoglobine anormale, HbS principalement, qui déforme les hématies et leur donne une forme de faucille (hématies falciformes, sicklaemia), les rendant fragiles.
L’HbS moins efficace que l’hémoglobine normale HbA pour le transport de l’oxygène, diffère de cette dernière par substitution de la valine à l’acide glutamique, sixième acide aminé dans la chaîne de la β-globine. Cette substitution résulte d’un échange de thymine en adénine dans l’ADN. La drépanocytose est observée surtout chez les noirs ou les populations du pourtour méditerranéen. Les homozygotes qui ont 80% d’hématies HbS-HbS, sont sujets à de nombreux accidents, avec une certaine mortalité surtout chez l’enfant. Les adultes hétérozygotes HbA-HbS, tolèrent bien la maladie et peuvent en général, mener une vie normale. Ils ont une résistance accrue au paludisme (ce qui permet à l’allèle muté de se maintenir à une fréquence élevée dans les zones d’endémie palustre).
Fragiles, ces hématies sont précocement détruites ce qui entraîne une anémie congénitale nécessitant des transfusions. Peu déformables, ces hématies obstruent les petits vaisseaux entraînant en aval, une hypoxie tissulaire. Les accidents ischémiques peuvent frapper tous les tissus et être cause d’infarctus splénique, de détresse respiratoire ou d’insuffisance rénale. Les enfants sont particulièrement menacés par la maladie avec des risques d’infections bactériennes consécutives (ostéomyélite) qui peuvent être foudroyantes en raison d’une asplénie fonctionnelle, habituelle, secondaire.
Des accidents vasculaires cérébraux sont rapportés chez 3 à 17% des drépanocytaires homozygotes. Il s’agit trois fois sur quatre d’accidents ischémiques survenant avant l’âge de 15 ans (en moyenne 6 ans). L’angiographie visualise des sténoses ou des occlusions des artères intracrâniennes (en rapport avec une hyperplasie intimale), réalisant un aspect de moya moya. Les thromboses veineuses cérébrales sont rares et s’observent en cas d’anomalies associées de l’hémostase. Les hémorragies intracrâniennes (sous-arachnoïdiennes et cérébrales) sont fréquentes, survenant avant l’âge de 25 ans. Elles résultent de lésions pariétales artérielles induites par l’occlusion des vasa vasorum, pouvant susciter la formation d’anévrismes. Le traitement préventif des accidents vasculaires cérébraux repose sur les transfusions répétées.
Des accidents vasculaires médullaires, des atteintes optico-rétiniennes, des céphalées, des crises convulsives sont également possibles
Chez les doubles hétérozygotes HbS-HbC, les accidents vasculaires cérébraux sont rencontrés dans 2 à 5% des cas avec un âge moyen de 30 ans ; les manifestations cliniques sont moins sévères.
En ophtalmologie, on observe outre un subictère, des boucles et des télangiectasies capillaires des conjonctives, une tortuosité vasculaire, une hypovascularisation de la rétine avec occlusions artériolaires ou capillaires, des anastomoses artérioveineuses, des néovaisseaux rétiniens avec aspect en «éventail de mer», des nodules dysoriques et ses anomalies pigmentées. L’association sicklémie-stries angioïdes a été signalée à plusieurs reprises. Une classification des lésions oculaires en cinq stades a été proposée par F.M. Goldberg.
Le locus du gène est en 11p15, 5. Il existe de multiples mutations. Le diagnostic prénatal est possible. L’affection est autosomique récessive (MIM 141900).
Trois types de traitement apportent une réduction sensible des crises vaso-occlusives ce qui entraîne une amélioration du bien être des patients et réduit les besoins transfusionnles :
l'hydroxyurée à la prise journalière de 20 à  30 mg par kg de poids corporel : cette molécule favorise une augmentation de l'hémoglobin foetale, 
le voxelotor à la prise journalière de 1500 mg : cette molécule inhibe la polymérisation de l'hémoglobine S,
L-glutamine à la dose de 300 mg par kg, deux fois par jour réduit le stress oxydatif des globules rouges en augmentant la proportion de forme réduite des dinucléotides nicotinamide adénine.
De nouvelles voies thérapeutiques se sont précisées avec des inhibiteurs géniques de BCL11A qui favorisent une augmentation importante de l'hémoglobine foetale. 

M. Dresbach, médecin américain (1904) ; J. B. Herrick, médecin interniste américain (1910) ;  M. F. Goldberg, ophtalmologiste américain (1971) ; Y. Niihara, médecin américain (2018) ; E. Vichinsky, pédiatre américain (2019) ; J. C. John, pédiatre américain (2020) : E. D. Esrick, hématologiste américain (2021)

Étym. gr. drepanon : faucille; kutos: alvéole, cellule

Syn. anémie à hématies falciformes, anémie à cellules falciformes, anémie falciforme, anémie drépanocytaire, sicklanémie, sicklémie, hémoglobinose S Dresbach (syndrome de), Herrick (syndrome de)

anémie aigüe, hémoglobine, hémoglobine S

[F1, G5]

Édit. 2021

thrombopénie immune l.f.

immune thrombocytopenia

maladie auto-immune caractérisée par une thrombopénie isolée avec un nombre de plaquettes inférieur à 104 par microlitre.
La thrombopénie immunitaire peut toucher toutes les tranches d’âge avec une prédominance féminine lorsque la maladie atteint un jeune adulte (3 pour 1). Après 50 ans, il existe au contraire une légère prédominance masculine.
Les manifestations de saignement commencent  à se manifester lors d'une diminution des plaquettes inférieure à 5x103 par microlitre ; elles sont toujours présentes avec une hypoplaquettose de 103 par microlitre sous forme de saignement cutanéo-muqueux et ou d'hémorragies.
L'origine est souvent incertaine; elle est parfois virale chez l'enfant et son évolution spontanément résolutive. Chez l'adulte elle a tendance à la chronicité. Le traitement fait appel aux glucocorticoïdes à fortes doses, aux perfusions d'immunoglobulines par voie intraveineuse, au Rituximat. La splénectomie est limitée aux formes réfractaires. L'association glucocorticoïdes au mycophénolate mofetil s'impose comme traitement de première intention.

Nichola Cooper, hématologiste britannique (2019) ; Charlotte A. Bradbury, médecin britannique (2021)

Syn. thrombocytopénie immune, purpura thrombopénique immun

mycophénolate mofetil,

[F1, G5]

Édit. 2021

Aase (syndrome d') l.m.

Affection congénitale associant une maladie de Blackfan-Diamond à des anomalies des pouces munis de trois phalanges.

J. Aase, pédiatre américain (1969)

Blackfan-Diamond (maladie de)

[F1, I1, Q2]

Édit. 2020

abdomen sans préparation (cliché d') l.m.

abdominal  plain film

Radiographie de l'abdomen sans produit de contraste couvrant du diaphragme au petit bassin inclus.
Ce grand cliché, irradiant et peu sensible, était autrefois très utilisé.
Ses indications ont fortement diminué depuis la TDM et l’échographie.

Il reste utile en médecine d'urgence : suspicion de perforation digestive (mise en évidence d’un pneumopéritoine), syndromes occlusifs (voir illustration): hernie étranglée, occlusion du grêle, volvulus du sigmoïde…, suspicion de corps étranger ingéré, suspicion de complication majeure d’une maladie chronique inflammatoire des intestins (perforation, colectasie…).
Il n’a plus d’indications dans les douleurs abdominales, les masses abdominales, les pathologies vésiculaires, la pancréatite aigüe, la pancréatite chronique, les traumatismes de l’abdomen… La TDM lui est nettement supérieure en cas de suspicion de calcul urinaire.

ASP : occlusion de l'intestin grêle: niveaux hydroaériques

Sigle ASP

[B2, L1, L2]

Édit. 2020

absence d'apolipoprotéine A-I due à la délétion du complexe génique ApoA1, ApoC3, ApoA4 l.f.

apolipoprotein A-I, absence of, due to deletion of ApoA1, ApoC3, ApoA4 gene complex

Absence d'apolipoprotéine A-I due à la délétion du complexe génique ApoA1, ApoC3, ApoA4 ; avec artériosclérose, infarctus, et opacification cornéenne.
Diminution importante des HDL, apolipoprotéines A-I non détectables et apolipoprotéines A-II normales. Une seule famille décrite. L'opacification cornéenne est due à des dépôts diffus de lipides dans les cellules épithéliales. Différente de la maladie de Tangier, autosomique récessive, où les homozygotes ont une absence d'apolipoprotéine A-I et des apolipoprotéines A-II normales et où les hétérozygotes ont des apolipoprotéines A-I et A-II diminuées. D'autres déficiences en apolipoprotéine A-1 donnent la même symptomatologie clinique. L’affection est autosomique dominante (MIM 107680.0012).

E.J. Schaefer, biochimiste américain (1982)

opacification cornéenne due au déficit en apolipoprotéine A-I, Tangier (maladie de)

[Q2]

Édit. 2016

absentéisme n.m.

absenteeism

Mesure des absences au travail d’un individu ou d’un groupe en dehors des congés légaux.
Le taux d’absentéisme se définit par le rapport des journées d’absence au nombre des journées ouvrables dans une période donnée.
L’absentéisme pour cause de maladie, lorsqu’il est financièrement couvert par les organismes de protection sociale, peut faire l’objet d’un contrôle de leur part.

[E2,E3]

Édit. 2016

absentéisme scolaire l.m.

truancy

Manque à l'obligation légale d'inscription dans un établissement scolaire du premier degré et d'assiduité dans sa fréquentation.
Perturbatrice de la situation scolaire de l'enfant, cette conduite reflète le style des rapports établis entre les parents et l'école, leur perception de sa fonction et leur attitude à l'égard de l'enfant. Très généralement, la fréquentation scolaire est un excellent indice de l'intégration sociale des parents.
Trois grandes formes seront distinguées : par maladie ou déficiences physiques de l'enfant ; du fait de la situation familiale (carence éducative, mobilité géographique, tâches imposées à l'enfant) ; enfin l'école buissonnière qui, si elle est fréquemment répétée, prend une signification proche de la fugue (protestation inconsciente, retrait pur et simple, négation temporaire du milieu). Cette dernière se différencie de la phobie scolaire, qui n'est envisagée que devant une sémiologie franche, où domine l'anxiété au moment de partir pour l'école.

phobie scolaire

[E3]

Édit. 2016

absorption de l'acide folique l.f.

absorption of folates

Passage de l’acide folique et des folates de l’intestin dans la circulation sanguine.
La majorité des folates alimentaires sont des polyglutamates, partiellement déconjugués en monoglutamates par des glutamylcarboxypeptidases de la flore bactérienne.
Le lieu d’absorption privilégié est le jéjunum, par un transport actif ; l’absorption des folates est possible tout au long de l’intestin grêle au niveau de l’iléon par un mécanisme passif. Le système d’absorption est saturable, stéréospécifique, énergie dépendant et pH dépendant.Les déficits en acide folique sont dus majoritairement à des défauts d'apports, notamment dans un contexte d'augmentation des besoins (grossesse).Il existe une maladie orpheline très rare, nommée malabsorption héréditaire de l’acide folique d’origine génétique due à des mutations du gène SLC46A1 (17q11.2) qui code pour un transporteur essentiel pour l'absorption intestinale de l'acide folique et son transport à travers la barrière hémato-encéphalique. Les folates plasmatiques sont libres pour 1/3 et liés à l’albumine et l’alpha 2 macroglobuline pour les 2/3. Les réserves, surtout hépatiques, représentent 10 à 15 mg, suffisantes pour environ 3 mois.

Étym. lat. absorbere : absorber

malabsorption héréditaire de l'acide folique, acide folique

[C2, L1]

Édit. 2020

absorption intestinale (étude de l') l.f.

study of intestinal absorption

Techniques visant à démontrer une malabsorption par dysfonctionnement de l'intestin grêle.
L’intestin grêle est le site principal de l’absorption des nutriments, à laquelle participe à un moindre degré le colon.
L’étude de l’absorption intestinale fait appel à de multiples techniques. Le choix des examens s’appuie sur les données cliniques et les orientations diagnostiques.
- Le dosage des constituants plasmatiques ( hémoglobine,  calcium, fer, folates, vitamine B12, carotène, pré-albumine, albumine, magnésium, cholestérol, taux de prothrombine etc…) permet d’apprécier le retentissement sanguin de la malabsorption. La citrullinémie est un marqueur de la fonctionnalité intestinale. L'alpha1 antitrypsine témoin d'inflammation.
- Les examens endoscopiques  du tube digestif haut permettent de réaliser des biopsies en particulier de l’intestin grêle proximal.
- Un fécalogramme complet, le dosage de l’élastase fécale, la clairance de l’alpha1 antitrypsine sont utiles au diagnostic.
- Le breath test ou test respiratoire à l’hydrogène,non invasif,  permet de diagnostiquer une colonisation bactérienne chronique de l’intestin grêle ; des tests respiratoires spécifiques de la malabsorption des glucides, telle que l’intolérance au lactose, au fructose ou au sorbitol peuvent être prescrits.
- Des tests dynamiques précisent l'importance de la malabsorption et orientent le diagnostic étiologique :
       test au D-xylose qui explore l'absorption au niveau du jéjunum proximal (Il est peu utilisé et remplacé par des biopsies du grêle proximal);
       test de Schilling qui mesure la capacité d'absorption de la vitamine B12 par l'iléon terminal (mais il n’est plus disponible actuellement);
       test de déconjugaison des sels biliaires qui explore l'absorption iléale des sels biliaires, mais également l'existence d'une pullulation
       microbienne intestinale.

       test au lactulose/mannitol  utilisé pour mettre en évidence une augmentation de la perméabilité intestinale (atrophie villositaire, maladie         inflammatoire).                 

-

Étym. lat. absorbere : absorber

D-xylose, Schilling (test de), élastase fécale, clairance de l'alpha1 antitrypsine, test respiratoire à l'hydrogène

[L1]

Édit. 2020

Abt-Letterer-Siwe (maladie d') l.f.

Abt Letterer Siwe’s disease

Forme aigüe disséminée d'histiocytose langerhansienne atteignant l'enfant, surtout jeune, plutôt que l'adulte, caractérisée par la survenue de lésions cutanées très polymorphes à type de maculopapules purpuriques du tronc, des fesses, du cuir chevelu et, à un moindre degré, du visage, auxquelles peuvent s'associer des adénopathies superficielles, une hépatosplénomégalie, des lacunes osseuses et une atteinte hypophysaire ou pulmonaire.
L'examen histologique d'une biopsie cutanée met en évidence un infiltrat dermique fait de cellules histiocytaires à noyau encoché, réniforme, et dont l'examen immunocytochimique montre qu'elles sont marquées par l'anticorps anti-CD1a; l'étude ultra-structurale met en évidence la présence de corps de Birbeck. Le pronostic de cette maladie dépend de son degré d'extension cutanée, ganglionnaire, viscérale et médullaire et de son âge de survenue. Plusieurs cas familiaux ont été décrits, sans contact infectieux entre les cas. C’est une affection sporadique (MIM 246400).
E. Letterer, anatomopathologiste allemand (1924), S. Siwe, pédiatre suédois (1933), A. F. Abt, pédiatre américain (1936)

Syn. Abt-Letterer-Siwe L-S (maladie), LESD, histiocytose X aigüe disséminée, histiocytose non lipidique, réticuloendothéliose aigüe hémorragique du nourrisson, histiocytose langerhansienne, histiocytose X

Birbeck (corps de)

[N3]

Édit. 2017

acanthosis nigricans l.m.

acanthosis nigricans

Affection dermatologique caractérisée par un état rugueux de la peau,  mal limité et de couleur noirâtre, par exagération du relief cutané avec hyperkératose et hyperpigmentation, qui siège le plus souvent  sur le cou et dans les grands plis.
On en décrit cinq types étiologiques : 1) une forme familiale avec transmission autosomique dominante, 2) une forme liée à une insulinorésistance et retrouvée dans plusieurs syndromes endocriniens, 3) une forme également appelée pseudo-acanthosis nigricans, 4) une forme induite par certains médicaments, 5) l'acanthosis nigricans malin, authentique syndrome paranéoplasique est le plus souvent associé à un adénocarcinome gastrique.
La maladie touche le visage, les paupières et leur conjonctive, la nuque, le cou, les aisselles et la région anogénitale. Parmi les manifestations oculaires, on trouve la papillomatose pigmentée des paupières, l'alopécie sourciliociliaire, les excroissances des bords libres parfois en dents de peigne, l'hyperplasie des conjonctives tarsiennes et le trichiasis.
Il existe plusieurs formes cliniques, juvénile bénigne (autosomique dominante), plus tardive (autosomique récessive), ou acquise (paranéoplasique) en relation avec un cancer viscéral (gastrique, œsophagien, pancréatique). (MIM 100600).

P. G. Unna, dermatologue allemand, membre de l’Académie de médecine; S. Pollitzer, dermatologue américain (1890); F.J. Darier, dermatologue français (1856-1938)

Étym. gr. akantha : épine ; lat. nigricare : être noirâtre

Syn. dystrophie papillaire et pigmentaire

hyperkératose, insulinorésistance, syndrome paranéoplasique, papillomatose,  trichiasis

[F2, J1, O4, P2, R1]

Édit. 2019

acarien n.m.

mite, Acarus

Arthropode de la classe des Arachnides dont certains sont responsables d’allergies respiratoires (acariens détriticoles), de la gale (Sarcoptes scabiei), ou d’ectoparasitoses variées (Trombicula autumnalis, Demodex folliculorum, Ixodes ricinus) et d’autres sont des vecteurs de diverses infections bactériennes (rickettsioses, maladie de Lyme), parasitaires (babésioses) ou virales.
Les pattes possèdent sur leur dernier article des organes de fixation sous forme de poils, griffes ou ventouses pédiculées.

Étym. gr. akari : mite

tique

[D1]

Édit. 2020

accident n.m.

accident, injury

1) En général, évènement inopiné cause de dommages matériels ou corporels d'une certaine gravité et qui fait peur.
On distingue trois phases dans la survenue d'un accident :
I - avant l'accident : accumulation des risques (probabilité des causes), dont le dernier est dit «déclenchant», sans correspondre à une cause unique ;
II - pendant l'accident : action nocive pouvant provoquer des dommages corporels ;
III - après l'accident : phase de secours et de soins des dommages corporels.
À ces trois phases correspondent trois préventions :
- primaire, pour éviter l’accident en supprimant un ou des facteurs de risque, ce qui réduit l’accumulation des risques et retarde ou évite l’accident ;
- secondaire, pour éviter les dommages lorsque l'accident se produit ;
- tertiaire, destinée à éviter les complications, avant et pendant les soins (s'il n'y a pas eu de dommages corporels cela se résume aux précautions pour éviter le sur-accident).
Les accidents peuvent être prévisibles ou imprévisibles, évitables (par la prévention primaire) ou inévitables (acceptation d'un risque normal).
 
Schéma montrant l'accumulation des facteurs de risque au cours de la première phase d'un accident, la constitution des dommages au cours de la deuxième phase et l'évolution ensuite.
Ce schéma, qui concerne un accident de la route, reste valable pour les accidents de toute nature (accident thérapeutique ou infectieux, notamment).
Si l'on connaît la probabilité des risques avant l'accident, par une démarche bayésienne on peut estimer la probabilité des causes qui y ont concouru, notamment celles de nature humaine (perte de vigilance due à une incapacité subite ou subtile, etc.).
Quand les dommages sont minimes ou inexistants, l'évènement n'est pas un accident, mais un incident. Si l'on a frôlé de près l'accident, c'est un incident critique.
2) En médecine, épisode morbide inattendu, survenant ou non au cours d'une maladie.
Ex. accident vasculaire cérébral.
L'évolution se fait toujours selon les 3 phases décrites, appelées classiquement incubation, crise et résolution (par convalescence ou par décès). S'il reste des dommages permanents on parle de séquelles qui peuvent entraîner une incapacité physique et un handicap social.
3) En génétique, aberration chromosomique due à une anomalie méiotique ou mitotique.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accident corporel, crise, démarche bayésienne, risque (facteur de), gravité, incapacité subtile, incident, incident critique, peur, prévention, risque

[E1,G2,N1,Q1]

Édit. 2016

accidents du travail et maladies professionnelles (indemnisation) l.m.p.

work injury and professional diseases (indemnity)

Régime de couverture assurantielle destiné aux travailleurs salariés, prenant en charge les accidents survenus au cours ou à cause du travail et indemnisant les éventuelles séquelles de ces accidents et les maladies professionnelles.
Les cotisations sont à la fois salariales et patronales. L’indemnisation selon le régime accidents du travail et maladies professionnelles est plus avantageuse que selon le régime maladie.
Les travailleurs indépendants ne sont pas concernés mais ont la liberté de s’assurer auprès d’un organisme de leur choix.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

[E2]

Édit. 2016

accouchement prématuré l.m.

premature delivery

Accouchement survenant entre 22 et 37 semaines d'aménorrhée.
Il comporte un risque de mortalité et de morbidité néonatales, maladie des membranes hyalines et hémorragie cérébrale notamment, inversement proportionnel à l'âge gestationnel. Ses causes sont multiples : une infection génitale, un hydramnios, une grossesse gémellaire, une malformation utérine, un placenta praevia. Il est parfois décidé délibérément, par ex. en cas d'hypertension artérielle ou de diabète.

Étym. lat. accubare : se mettre au lit ; praematurus : prématuré

[O3]

Édit. 2016

Achard (syndrome d') l.m.

Achard's syndrome

Syndrome associant les signes de la maladie de Marfan et une dysostose mandibulofaciale.
Les anomalies osseuses, consistent en une arachnodactylie, un palais ogival et une atteinte cardiaque. Il existe une hyperlaxité ligamentaire uniquement aux mains et aux pieds. Au niveau des yeux, on peut trouver une sphérophaquie et une ectopie cristallinienne. L’affection est autosomique dominante (MIM 100700).

E. C. Achard, médecin interniste français, membre de l'Académie de médecine (1902)

Marfan (maladie de), dysostose mandibulofaciale de Franceschetti

[Q2]

Édit. 2016

acide isovalérique l.m.

isovaleric acid

Acide organique présent dans diverses plantes en particulier les Valerianaceae, mais aussi dans le fromage en décomposition.
Chez l'Homme, l'acide valérique est un produit du métabolisme de la leucine, présent dans les produits de transpiration des pieds et dans l'urine. Sa concentration sérique et urinaire augmente au cours de la maladie métabolique héréditaire appelée acidémie isovalérique ou acidurie isovalérique. Elle augmente également au cours de certaines maladies comme la variole ou le typhus.

Syn. acide isovalérianique , acide 3-méthylbutanoïque

leucine, acidémie isovalérique

[C1, Q2, R1]

Édit. 2020

acide palmitique-acide oléique (rapport) l.m.

palmitic acid-oleic acid ratio

Concentrations relatives, dans le liquide amniotique prélevé par amniocentèse, de deux des constituants de la lécithine, qui participent à la structure du surfactant et donc, par ses propriétés tensio-actives, à la maturation du poumon fœtal.
La prépondérance de l'acide palmitique sur l'acide oléique à partir de 35 semaines d'aménorrhée atteste d'une concentration de surfactant suffisante pour maintenir à la naissance l'ampliation des alvéoles pulmonaires et éviter par conséquent la maladie des membranes hyalines.

[C2,K1,O6]

Édit. 2017

acide rétinoïque l.m.

retinoic acid

Acide dérivant du rétinol par oxydation de la fonction alcool en fonction acide.
C'est le métabolite principal du rétinol et il fut l'un des premiers rétinoïdes synthétisés.
L'acide rétinoïque joue un rôle semblable à un facteur de croissance et de différenciation cellulaire en se fixant sur des récepteurs intracellulaires et contrôlant la transcription de certains gènes, par ex. celui de la collagénase dans les fibroblastes. Il assurerait la régulation de l’expression des gènes HOX (HOXA, HOXB, HOXC, HOXD), gènes homéotiques qui commandent les facteurs positionnels dans l’axe craniocaudal du cerveau postérieur. Il existe sous deux formes isomères : l'acide rétinoïque tout-trans (tout entgegen) et la forme 9-cis. Les récepteurs de l'acide rétinoïque tout-trans (RAR) et du 9-cis-rétinoïque (9-zusammen, RXR) sont normalement localisés dans le noyau. Les leucémies aigües à promyélocytes sont caractérisées par une translocation chromosomique touchant le gène RAR sur le chromosome 17, et l'acide rétinoïque tout-trans peut induire une rémission de la maladie. L'acide rétinoïque tout-trans est aussi appelé trétinoïne. On a également préparé un isomère 13-cis appelé isotrétinoïne. Il est utilisé dans le traitement de certaines leucémies, en particulier la leucémie à promyélocytes M3.
Utilisé en applications locales, il a un effet kératolytique, antinéoplasique et immunitaire. Ses principales indications sont l'acné juvénile surtout rétentionnelle, le vieillissement cutané photo-induit, les troubles de la pigmentation et les troubles de la kératinisation. Ses effets secondaires sont dominés par les phénomènes irritatifs locaux. Il se présente sous forme de gel, de crème, de tampons et de solution.

Syn. trétinoïne, “vitamine A acide”

isotrétinoïne, leucémie aigüe promyélocytaire , rétinoïde, trétinoïne, vitamine A

[A4,C1,C3,O6]

Édit. 2017

acidose tubulaire rénale de type II l.f.

renal tubular acidosis II

Acidose rénale tubulaire hyperchlorémique qui ne touche que les garçons, avec retard de croissance, retard mental, nystagmus, cataracte, opacification cornéenne, glaucome et défaut de l'émail dentaire.
Forme liée au sexe, assez proche du type I dominant, mais ne touche que les hommes. L'impossibilité de réabsorption du bicarbonate dans les tubules proximaux du parenchyme rénal entraîne une acidose avec hyperchlorémie. Cette pathologie fait partie d'un des aspects de la maladie de Fanconi et est assez proche du syndrome de Lowe. L’affection récessive est liée au sexe (MIM 312400).

Syn. RTA II, RTA de type proximal, acidose tubulaire avec fuite en bicarbonates

maladie de Fanconi,  syndrome de Lowe

[M1, O1, Q2]

Édit. 2020

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