Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

105 résultats 

accommodation aux conditions de vie l.f.

coping

En psychiatrie et en médecine plus généralement, façon dont un sujet fait face à une situation donnée et s'en accommode.
Ex. la perte d'un conjoint demande que le survivant s'accommode à une vie solitaire. Un insuffisant respiratoire ou cardiaque doit accommoder son mode de vie à ses possibilités physiques en tenant compte des limites que lui impose son incapacité. Les asthmatiques doivent savoir mesurer leur débit de pointe afin de régler leur activité physique et leur traitement chaque jour, voire plus souvent.

Étym. lat. accommodatio : accommodement (accommodo : adapter ; accommodari : s'adapter).

[C2,H4,N1]

Édit. 2016

adhésion aux traitements psychotropes l.f.

compliance with psychotropic drugs

observance, psychotropes (adhésion aux)

[G5,H3]

Édit. 2017

alcooliques (obligation de soins aux) l.f.

compulsory care of alcoholic persons

loi du 15 avril 1954

[E3,G3,G4]

Édit. 2017 

allocation aux adultes handicapés l.f.

grant for disabled adults

Prestation sociale allouée aux personnes reconnues handicapées par Maison départementale des personnes handicapées (M.D.P.H.).
La commission technique d'orientation et de reclassement professionnel (COTOREP) a été remplacée par la MDPH.
Instaurée par la loi du 30 juin 1975, financée par l'État et gérée par les caisse d'allocations familiales, elle est subordonnée à des critères médicaux (incapacité permanente, physique, sensorielle ou mentale d'au moins 80% ou mettant le sujet dans l'incapacité de se procurer un emploi), administratifs (sujet âgé de 20 ans ou plus, français ou appartenant à un pays de la CEE ou conventionné à cet égard, résidant en France), et financiers (en deçà d'un certain plafond de ressources, variable selon les situations familiales).
La perception de l'AAH est temporaire (un à cinq ans) mais renouvelable et cumulable, notamment, avec le bénéfice de la tierce personne ou, à partir de 60 ans, avec une allocation supplémentaire du fonds national de solidarité. L'affiliation au régime général de sécurité sociale est obligatoire.

Sigle AAH

handicapé, travail des handicapés

[E1,E3]

Édit. 2017 

antibiotiques (résistance aux) l.f.

resistance in antibiotics

Inefficacité de l’action des antibiotiques, naturelle (intrinsèque) ou acquise par le patient, sur les bactéries d’une espèce donnée.
Il existe, pour chaque antibiotique, une liste des espèces de bactéries habituellement sensibles, appelée spectre de l’antibiotique. Certaines associations médicamenteuses peuvent élargir le spectre par ex. l'association amoxilline + acide clavulanique ou ticarcilline + acide clavulanique.
L’utilisation des antibiotiques a fait apparaître de nombreuses résistances acquises qui sont la conséquence de modifications de la bactérie portant sur les chromosomes ou sur l’ADN plasmidique. La résistance chromosomique se transmet par filiation aux descendants de la bactérie modifiée. La résistance plasmidique peut, en outre, être transmise par contact à une bactérie d’une espèce différente.
Les modifications acquises portent sur divers processus métaboliques de la bactérie :
- par modification de la structure de la paroi fermant les sites de fixation ou de passage des antibiotiques dans le protoplasme de la bactérie ;
- par modification de la structure des protéines ne permettant plus la fixation sur le ribosome 30 S ou sur certaine enzymes de la synthèse de l'ADN ;
- par synthèse d’enzymes dégradant les molécules antibiotiques qui ont pu pénétrer dans le cytoplasme de la bactérie en formant, par exemple, des bêta-lactamases pour dégrader les bêta- lactamines ou des acétyltransférases, adényltransférases et phosphotransférases pour dégrader les aminosides.

Étym. angl. antibiotic, du gr. anti : contre ; biotikos : qui sert à l’entretien de la vie

Arénavirus (encéphalites dues aux) l.f.p.

Arenavirus encephalitis

Affections virales dont les réservoirs naturels sont les rongeurs et qui peuvent se manifester par des tableaux d'encéphalite ou de méningo-encéphalite.
Sont incluses principalement dans ce groupe : la chorioméningite lymphocytaire, les fièvres hémorragiques d'Argentine et de Bolivie, ainsi que la fièvre de Lassa.
Évoqué sur des caractéristiques cliniques, le diagnostic n'est affirmé que sur la séroconversion et l'identification du virus.

brûlés (premiers soins aux) l.m.p.

burn patients first cares

Soins primordiaux et essentiels de prise en charge des brûlés qui doivent tenir compte de la spécificité des lésions pour assurer la qualité des résultats ultérieurs.
Une brûlure est provoquée par l'action d'un agent nocif (chaleur, radiations, courant électrique ou produit chimique) qui ne cesse pas immédiatement après suppression de la cause : pendant un temps encore assez long la brûlure se propage aux tissus voisins de sorte que le volume lésé est plus grand que celui sur lequel a porté l'action initiale.
Pour limiter l'extension d'une brûlure superficielle, on doit laver immédiatement à l'eau froide la brûlure (peau, muqueuse, œil) pendant une quinzaine de minutes, au moins, pour éliminer la chaleur restante ou le caustique. L'entourage doit agir avant l'arrivée des secours (les conseils téléphoniques sont très utiles ainsi que l'éducation de la population pour éviter des erreurs traditionnelles).
Indépendamment d'une carbonisation éventuelle des tissus, la brûlure produit immédiatement un œdème par gonflement des cellules lésées. Elles éclatent ensuite en libérant des enzymes lysosomiques toxiques. Le gonflement des cellules se fait à partir du liquide extracellulaire, ce qui entraîne rapidement une fuite considérable de plasma hors des capillaires. Pour compenser cette fuite, il faut perfuser le plus vite possible des solutions alcalines (si possible des solutions de substituts du plasma et de bicarbonate). Cela permet d'éviter le collapsus vasculaire et protège les reins en maintenant une bonne diurèse (mettre une sonde vésicale pour mesurer la diurèse horaire).

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

brûlure électrique, brûlure

Édit. 2017

cavité commune aux ventricules de Vésale l.f.

A.Vésale (Vesalius), anatomiste et médecin italien (1514-1564)

ventricule (troisième -)

[A1]

Édit. 2015

cavités pneumatiques annexées aux fosses nasales l.f.p.

sinus paranasaux

[A1]

Édit. 2015

cécité aux couleurs l.f.

colour blindness

achromatopsie

[P2]

cécité totale aux couleurs l.f.

colour blindness total

achromatopsie

[P2,Q2]

colosse aux pieds d'argile l.m.

infant of diabetic mother

Nouveau-né hypertrophique, né de mère diabétique, dont l'aspect extérieur peut être contredit par les risques de complications métaboliques et infectieuses.

nouveau-né de mère diabétique

[O1,O4]

consentement aux soins en psychiatrie l.m.

consent to care in psychiatry

Le consentement de tout malade (ou de son représentant) devant être libre, éclairé et exprès, le refus ou la crainte de soins psychiatriques est souvent le fait de personnes qui en ont le plus grand besoin par suite du déni qui caractérise les troubles mentaux majeurs.
La loi du 27 juin 1990 a adopté les principes de l'"hospitalisation libre" et de l'hospitalisation "sans consentement". Effectuée sur demande d'un tiers ou d'office, dérogatoire au droit commun, cette dernière a pour but essentiel de pouvoir imposer au patient les soins nécessités par son état, en recherchant toutefois aussitôt que possible le maximum de participation de sa part, en particulier chez les psychotiques, grâce à une information appropriée.
Le psychiatre doit tenir compte de l'avis de l'incapable majeur et, dans certains cas précisés par le juge, recueillir le consentement de ses représentants légaux. S'il y a litige, il peut saisir le procureur de la République.
Lors d'une urgence, surtout de crise suicidaire, et quels que soient le niveau de conscience et l'attitude du sujet, il doit porter assistance à la personne en péril et, au besoin, tenir une position ferme vis-à-vis des proches, souvent enclins à banaliser le geste.

[H3,E3]

contrôle sanitaire aux frontières l.m.

Surveillance de l’état sanitaire des personnes et des biens pénétrant sur le territoire national en vue de prévenir l’introduction de maladies transmissibles et de leurs vecteurs.
1) Ces mesures sont mises en œuvre en application du règlement sanitaire international (RSI) et du code de la santé publique, elles sont exercées aux postes frontières terrestres, maritimes ou aériens où elles concernent les véhicules, navires, aéronefs en provenance de zones infestées par les maladies soumises au RSI peste, choléra et fièvre jaune.
2) Ce contrôle est assuré par les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales mais peut être confié à d’autres services de police, les douanes, etc.
3) L’action de ces services recouvre l’alerte épidémiologique en cas d’apparition d’une maladie en cours de transport, le contrôle administratif des documents de bord et individuels, la surveillance des denrées et objets transportés par les voyageurs.

maladie contagieuse, maladie quarantenaire

[E3]

dermatite auto-immune aux œstrogènes l.f.

autoimmune estrogene dermatitis

Éruption cutanée prurigineuse, généralisée ou localisée, éventuellement à la région anogénitale, soit à type d'urticaire soit faite de papules ou de vésicules inflammatoires, évoluant par poussées prémenstruelles.
Le diagnostic est précisé par la positivité de l'intradermo-réaction aux œstrogènes et par l'amélioration par l'administration d'antiœstrogènes.

W. B. Shelley, dermatologue américain (1995)

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

échelle d'intelligence de Wechsler-Bellevue adaptée aux enfants l.f.

D. Wechsler, psychologue américain (1896-1981)

Wechsler's intelligence scale for children

[H3,H4,O1]

Édit. 2018

embryofœtopathie aux rétinoïdes l.f.

Syn. syndrome isotrétinoïne

syndrome isotrétinoïne

[A4, H1, J1, K2 ]

Édit. 2019

encéphalopathies liées aux métaux l.f.p.

encephalopathies associated with metal ions

Affections dans lesquelles une intoxication directe  par un métal peut être retenue.
Symptomatologie le plus souvent subaigüe, parfois explosive qui révèle une souffrance cérébrale diffuse : troubles de la vigilance, troubles cognitifs et du comportement, perturbations de l'équilibre (notamment rétropulsion), mouvements anormaux (tremblement d'action, d'attitude, myoclonies), crises comitiales éventuelles, aspects parfois pseudoépidémiques. Une régression totale est possible après suspension du toxique détecté dans les liquides biologiques
On distingue notamment les encéphalopathies :
- à l'aluminium (à forme myoclonique progressive chez des insuffisants rénaux en hémodialyse),
- au bismuth (disparues depuis l'interdiction d’emplois thérapeutiques de cet élément),
- au lithium (très rares si les contre-indications sont respectées),
- au mercure (les plus fréquentes et les plus graves, en particulier après ingestion de poissons imprégnés de déchets industriels),
- saturnines (surtout par le plomb inorganique, graves chez l'enfant avec syndrome cérébelleux, puis comitialité, enfin coma, principalement associées à une hypertension artérielle, au liseré gingival de Burton et à une anémie microcytaire avec hématies ponctuées basophiles).

encéphalopathie des dialysés, bismuth (intoxication au), lithium (neuropathie périphérique au), mercurielle (neuropathie), saturnisme, Burton (liseré de)

[G4, H1 ]

Édit. 2019

entraînement aux compétences sociales l.m.

social skills training

Stratégies comportementales et cognitives ayant pour objet d'améliorer le fonctionnement social d'un individu.
Les diverses techniques utilisées comprennent le jeu de rôle et l'entraînement à l'affirmation de soi, le travail sur les cognitions et les émotions induites par les situations sociales. Cette forme de prise en charge thérapeutique trouve de nombreuses indications : phobies sociales, pathologie dépressive et troubles psychotiques chroniques.

[H3]

Édit. 2020

établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires l.m.

establisment of preparation and response to health emergencies

Remplacé depuis le 1er mai 2016 par l’Agence nationale de santé publique, ses missions antérieures sont décrites ci-dessous.
Chargé de la gestion des moyens de lutte, cet établissement se tient en réserve, contre les menaces sanitaires graves ou majeures, telle une pandémie grippale, tant du point de vue humain - réserve sanitaire - que du point de vue matériel - produits et services.
La réserve sanitaire met en œuvre, suivant l’importance des évènements, une réserve d’intervention et une réserve de confort. La réserve d’intervention est composée de professionnels de santé. La réserve de confort fait appel à des professionnels de santé retraités, des étudiants en médecine ou paramédicaux et à d’autres professionnels répondant à des critères définis par arrêté ministériel. Tous les membres de ces réserves doivent souscrire un engagement d’une durée de trois ans.
Cet établissement doit également constituer et gérer une réserve de produits et de services comprenant tous les articles, appareils, médicaments, vaccins, biens et objets destinés à lutter contre les risques sanitaires encourus. Il doit tenir prêts tous les plans opérationnels nécessaires pour que l’État puisse se servir de l’ensemble de ces produits.
Institué par la loi du 5 mars 2007 relative à la préparation du système de santé à des menaces sanitaires de grande ampleur, l’établissement est placé sous la tutelle des ministères de la Santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative. Son budget est financé, par moitié, par l’État et les caisses d’assurance maladie. Son conseil d’administration a, de même, une composition paritaire : sur ses 24 membres, 12 représentent l’État et les 12 autres, les régimes d’assurance maladie.

Sigle EPRUS

Agence nationale de santé publique

[E1]

Édit. 2018  

expert aux assises l.m.

expert to the assizes

La procédure des assises étant orale, (les jurés se font une opinion sur ce qu'ils entendent lors de l'audience et non sur ce qui est inscrit au dossier), l'expert expose les conclusions de son rapport à la barre et s'exprime de façon à être compris du jury.
Il doit répondre aux questions du président, des jurés, de l'avocat général, de la partie civile et de la défense.

expert

[E3]

Édit. 2018  

glucides (intolérance aux) l.f.

État pathologique lié à une déficience de systèmes d’utilisation des glucides.
On connaît plusieurs types d’intolérance aux glucides : intolérance au glucose, qui peut se manifester après absortion de glucose ou de polyglucosides, tels que l’amidon ; intolérance à d’autres oses comme le fructose ou le galactose ; intolérance aux disaccharides (diholosides), p. ex. au lactose, au saccharose, au maltose.
Le diagnostic d’intolérance au glucose doit être fait sur au moins deux hyperglycémies orales après absorption de 75 grammes de glucose qui devrait entraîner une glycémie à jeun inférieure à 7,7 mmoles/L, une glycémie à la 120ème minute égale ou supérieure à 11 mmoles/L avec au moins une glycémie intermédiaire égale ou supérieure à 11 mmoles/L. Environ 1 sujet sur 4 ayant une intolérance aux glucides va développer un diabète dans les années qui suivent.

fructose, galactose, lactose, saccharose

HMG (test aux) l.m.

HMG challenge test

Epreuve dynamique d'exploration des aménorrhées qui apprécie la réponse ovarienne après injection intra musculaire de cinq ampoules d'HMG (gonadotrophines humaines de femmes ménopausées), trois jours consécutifs.
Une réponse positive, cherchée par l'examen des frottis vaginaux, par l'état de la glaire cervicale, par les dosages d'œstradiol dans le sang permet d'évoquer l’origine hypothalamo-hypophysaire de l'aménorrhée.

[O4]

immunité due aux traumatismes (baisse d') l.f.

decrease of immunity following trauma

Les mécanismes de défense contre l'infection sont globalement déprimés après un traumatisme.
L'inhibition de l'immunité non spécifique se traduit par l'altération du chimiotactisme, de l'opsonisation et de la phagocytose des lymphocytes. Elle correspond à un déséquilibre entre les monocytes facilitateurs (T-helpers) et inhibiteurs (T-suppressors) ce qui entraîne une limitation de la paralysie immunitaire consécutive à la perte de la fonction facilitatrice des monocytes, d'où suractivation des T-uppressors et réduction du système de défense contre l'inflammation.

Étym. lat. immunis : exempt de

chimiotactisme, opsonisation, phagocytose, T facilitant, T-suppressor

infectiosité des tissus aux prions l.f.

catégorieinfectiosité
1importantesystème nerveux central, cerveau, moelle épinière,liquide cérébro-spinal, hypophyse, œil
2moyenneorganes lymphopoïétiques : rate, ganglions lymphatiques, amygdales, iléon, côlon proximal, dure-mère
3 (a)faiblenerf sciatique, surrénales, côlon distal, muqueuse nasale, placenta
3 (b)très faiblepoumon, foie, pancréas, thymus, moelle osseuse
4non détectéemuscles squelettiques, cœur, mamelles et lait, caillots sanguins et sérum, bile, rein et urine, os, tissus cartilagineux et fibreux, peau, salive et féces.

Prévention : il est très difficile de désinfecter un objet souillé par des prions et la solution qui consiste à n'employer que des instruments jetables est difficile à envisager pour des appareils onéreux comme les endoscopes. Aussi, lors de la consultation préanesthésique, le médecin doit interroger soigneusement le patient afin de rechercher une présomption de maladie de Creutzfeld-Jacob (MCJ).
C'est pourquoi le ministère de la Santé a défini les «sujets considérés comme particulièrement à risque (risque = 1%)» - (Circulaire 11-12-1995) afin que des précautions spéciales soient prises au cours de l'intervention :
Sujets considérés comme particulièrement à risque de transmission de la MCJ :
- a : ceux ayant des signes évocateurs de la MCJ après élimination des autres causes ;
- b : ceux ayant reçu de l'hormone de croissance extractive, des gonadotrophines extractives ou de la glucérébrosidase ;
- c : ceux dont un membre de la famille, surtout apparenté au premier degré (père, mère, fratrie), est mort de MCJ confirmée ou suspectée ;
- d : ceux qui ont subi une intervention neurochirurgicale, en particulier la pose d'une greffe de dure-mère intracrânienne.

Creutzfeldt-Jakob (maladie de), encéphalopathie spongiforme, prion

[C1,D1,D5,E1,H1]

Édit. 20171

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