Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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myocardiopathie secondaire l.f.

secondary cardiomyopathy

Maladie du myocarde avec dysfonction cardiaque satellite d'une affection antérieure touchant un autre organe ou tissu.
Elles sont très diverses et on peut citer parmi elles : l’amylose cardiaque, les myocardiopathies des affections musculaires (maladie de Duchenne de Boulogne, maladie de Landouzy-Dejerine, myopathies diffuses, maladie de Steinert) ; les myocardiopathies des affections nerveuses (maladies de Friedreich, de Strümpell-Lorrain et d’autres plus rares), les myocardiopathies des maladies de système (sarcoïdose, sclérodermie, lupus érythémateux, dermatomyosite, périartérite noueuse, etc.), les myocardiopathies du postpartum (syndrome de Meadows).

G. B. Duchenne de Boulogne, neurologue français (1858) ;  N. Friedreich, anatomopathologiste allemand (1863) ; E. von Strümpell, médecin interniste allemand (1880) ; L. Landouzy et J. Dejerine, médecins français, membres de l'Académie de médecine (1885) ; M. Lorrain, médecin français (1898) ; H. Steinert, médecin interniste allemand (1909) ; W. R. Meadows, médecin cardiologue américain (1957)

Étym. gr. mus, muos : muscle, souris ; kardia : cœur; pathos : souffance, maladie

Syn. myocardiopathie secondaire

myocardiopathie, Duchenne (dystrophie musculaire progressive de), Landouzy-Déjerine (myopathie facioscapulohumérale de), amylose cardiaque, Steinert (maladie de), Friedreich (ataxie de), Strümpell-Lorrain (maladie de), arcoïdose, sclérodermie, lupus érythémateux, dermatomyosite, périartérite noueuse, myocardiopathie du postpartum

[H1,I4,K2]

Édit. 2018

Chikungunya (virus)

Chikungunya (virus)

Virus à ARN du genre Alphavirus (famille des Togaviridae) entraînant, chez l'Homme, une maladie aiguë fébrile avec de violentes polyarthralgies, tableau évoquant la dengue.
L'infection par ce virus est caractérisée par un début brutal avec fièvre, frissons, céphalées, photophobie, adénopathies, rash, nausées, vomissements, asthénie et surtout intenses arthralgies inflammatoires. La maladie dure, le plus souvent, de 5 à 7 jours dans les cas bénins mais des douleurs articulaires invalidantes peuvent persister plusieurs semaines ou mois (voire années). Au cours d'épidémies récentes survenues hors du continent africain, des complications plus ou moins sévères ont été observées, susceptibles de conduire au décès : manifestations hémorragiques (épistaxis, gingivorragies), insuffisance respiratoire, méningo-encéphalite, hépatite aiguë, décompensation cardio-vasculaire. Une infection survenant lors d'une grossesse peut entraîner une transmission materno-fœtale du virus (risque de méningo-encéphalite chez le nouveau-né).
Le virus a été isolé du sang d’une malade en Tanzanie en 1953. Très répandu dans toute l'Afrique sub-saharienne et en Asie (sous-continent indien et Asie du Sud-est), le virus Chikungunya sévit par épidémies pouvant toucher des milliers ou dizaines de milliers de personnes, en milieu rural comme en milieu urbain. Il a donné lieu à une vague épidémique dans les îles de l'Océan Indien en 2005-2006. En Europe, à la suite de l'implantation d'Aedes albopictus, une émergence du virus Chikungunya fut observée en Italie (Emilie-Romagne) en 2007 et des cas isolés ont été contractés en France ; le risque d'une endémisation en Europe méditerranéenne ne peut être écarté. Le virus a également étendu son aire de répartition à l'Océanie en s'implantant en Nouvelle Calédonie. En Afrique, le virus Chikungunya infecte surtout des singes, réservoirs naturels. Il est transmis par des moustiques du genre Aedes. Les vecteurs responsables de la transmission à l'Homme sont Ae. aegypti et Ae. albopictus.
Que ce soit pour désigner le virus ou la maladie, on ne doit pas dire « le Chikungunya » ou encore moins « la Chikungunya ». Pour désigner ce virus, on doit dire "virus Chikungunya" et pour l'infection ou la maladie, on doit parler d’ « infection à virus Chikungunya".
étym. : origine swahili : "qui entraîne une posture courbée", (secondaire à l'intensité des arthralgies)

Abrév. internationale : chik

[D1]

dégénérescences lobaires fronto-temporale s (DLFT) l.f.p.

Groupe hétérogène de maladies neurodégénératives dont le point commun est l’atteinte prépondérante du lobe frontal ou temporal.
Les premières manifestations, souvent précoce (avant 45 ans), concernent une modification progressive du caractère et du comportement (négligence physique, désinhibition comportementale, impulsivité…), des symptômes affectifs (dépression, anxiété, apathie, indifférence affective), des troubles du langage. Peu à peu, le malade devient étranger à tout ce qui se passe autour de lui. Il a de plus en plus de mal à s’exprimer. Les troubles de la mémoire sont beaucoup moins importants que dans la maladie d’Alzheimer et certaines capacités intellectuelles sont maintenues proches de la normale pendant de nombreuses années. La durée de survie après l'apparition des premiers symptômes est comprise entre 6 et 11 ans,
Les tests neuropsychologiques attestent de l’altération des fonctions exécutives (signe d'atteinte frontale), l'absence d'amnésie importante et de désorientation spatio-temporelle. Ils permettent également d'évaluer le langage.
L'imagerie par résonance magnétique met en évidence une atrophie focale et d'allure lobaire.
Les examens biologiques sanguins éliminent une cause inflammatoire ou métabolique.
Le dosage de la protéine tau (phosphorylée) et de la substance bêta amyloïde dans le liquide cérébrospinal pourraient permettre de différencier les DLFT de la maladie d'Alzheimer. Les deux types anatomopathologiques les plus répandus (environ 90 % des cas) correspondent à un dysfonctionnement de certaines protéines neuronales comme la  protéine Tau et la protéine TDP-43 (TAR DNA binding Protein 43). Les 10 % restants représentent un groupe hétérogène dans lequel ont été identifiés des cas caractérisés par une accumulation anormale de la protéine FUS (FUsed in Sarcoma). Le nombre de cas associés au dysfonctionnement d’une protéine encore inconnue, signalée par des agrégations anormales d’ubiquitine tend à se réduire du fait de l’avancée des recherches en génétique et en neuropathologie.
Les trois gènes les plus représentés sont le gène C9orf72 (retrouvé dans la majorité des DFLT associées à la sclérose latérale amyotrophique) avec un dysfonctionnement de la protéine TDP-43, le gène de la progranuline, GRN (en rapport également avec TDP-43), le gène MAPT (pathologie Tau). À eux trois ils expliquent plus de la moitié des DFLT familiales. Les gène CHMP2B, VCP, TARDBP,sont beaucoup moins représentés. Néanmoins 60% des cas semblent sporadiques.
Le premier cas a été décrit en 1892 par Arnold Pick. Cette entité a été nommée par Alois Alzheimer « maladie de Pick » en 1911.

Alzheimer (maladie d'), amnésie, protéine tau, peptide bêta-amyloïde, TDP43, protéine FUS, ubiquitine, progranuline

[H1]

Édit. 2018

Dejerine-Sottas (syndrome de) l.m.

Dejerine-Sottas’s disease

Neuropathie sensitivomotrice héréditaire de type III, rare, de transmission variable, autosomique récessive ou dominante, qui pourrait parfois être l’expression des gènes de la maladie de Charcot-Marie-Tooth.
Le début se situe dans l’enfance par une amyotrophie à majoration distale, lentement progressive. Plus marquée que dans la maladie de Charcot-Marie-Tooth, la symptomatologie sensitive peut être précocement ataxique, avec parfois des douleurs fulgurantes. De fréquents troubles pupillaires peuvent aboutir à un signe d’Argyll-Robertson. Une hypertrophie nerveuse est visible (plexus cervical notamment) et palpable (nerfs ulnaire et fibulaire commun). Les vitesses de conduction nerveuse sont très ralenties. La biopsie nerveuse permet d’observer de nombreux aspects en bulbe d’oignon et une hypomyélinisation avec des gaines de myéline anormalement fines.
L’évolution est lentement progressive, conduisant à l’invalidité.
La maladie de Dejerine-Sottas est proche de l'acropathie amyotrophiante, de la maladie de Refsum, des hérédodégénérations spinocérébelleuses (amyotrophie péronière de Charcot-Marie-Tooth liée au sexe et dystasie aréflexique héréditaire).

J. Dejerine, membre de l'Académie de médecine et J. Sottas, neurologues français (1893)

Syn. névrite hypertrophique progressive familiale, neuropathie hypertrophique de Dejerine-Sottas, neuropathie sensitivomotrice héréditaire de type III

Roussy-Lévy (maladie de), Refsum (maladie de), hérédodégénérations spinocérébelleuses, amyotrophie péronière de Charcot-Marie-Tooth liée au sexe, dystasie aréflexique héréditaire

Fukuyama (dystrophie musculaire de) l.f.

Fukuyama disease

Dystrophie musculaire congénitale caractérisée par une malformation cérébrale (lissencéphalie pavimenteuse), des dystrophies des muscles squelettiques, un déficit intellectuel sévère, une épilepsie et un déficit moteur.
La prévalence de la maladie est élevée dans la population japonaise (2-4/ 100 000) et très faible ailleurs. Une consanguinité des parents a été décrite.
La maladie débute classiquement dans la petite enfance. Les symptômes sont une succion et un cri faibles, un retard de développement, une hypotonie, des contractures des hanches, des genoux et des articulations interphalangiennes. Les signes plus tardifs sont un visage évoquant une myopathie, une pseudohypertrophie des mollets et des avant-bras, des anomalies ophtalmologiques (déficits visuels et dysplasie rétinienne). L'atteinte cardiaque progressive ainsi que les troubles de la déglutition et de l'alimentation (conduisant à une pneumopathie d'aspiration souvent fatale) s'observent dans les formes graves de la maladie ou chez des patients âgés de plus de dix ans. Les crises convulsives (convulsions généralisées toniques-cloniques, crises partielles complexes et crises partielles avec généralisation secondaire, spasmes infantiles, crises toniques ou myocloniques) apparaissent chez la moitié des individus (âge moyen à l'apparition des crises: 1-3 ans). Tous les patients ont un déficit intellectuel sévère (QI de 30 à 60).
Le gène en cause, FKTN, code pour la fukutine et est localisé en 9q31. La transmission est autosomique récessive.
Le diagnostic est basé sur des signes cliniques, sur des éléments caractéristiques de neuro-imagerie et d'électromyographie, sur des biopsies musculaires et sur la génétique moléculaire.
Les diagnostics différentiels comprennent les dystrophies musculaires de Duchenne et Becker ainsi que d'autres types de dystrophies musculaires comme le syndrome de Walker-Warburg et le syndrome muscle-oeil-cerveau.
Le diagnostic prénatal est possible sur de l'ADN extrait de cellules foetales prélevées par amniocentèse (à 15-18 semaines de gestation) ou par prélèvement de villosités choriales (à 10-12 semaines de gestation).
Le pronostic dépend de la sévérité des complications de la maladie, surtout neurologiques, cardiaques, ou respiratoires.

Y. Fukuyama, neuropédiatre japonais (1960) ; B. Eymard, myologue français (2008)

Réf. Orphanet, B. Eymard (2008)

lissencéphalie, FKTN gene, fukutine, dystrophie musculaire progressive pseudo-hypertrophique de Duchenne et de Becker, Walker-Warburg (syndrome de)

[H1, H3, I4, K1, K2, O1, P2]

Édit. 2019

échinococcose alvéolaire l.f.

alveolar echinococcosis

Parasitose presque toujours hépatique provoquée par la larve d’un petit ténia, Echinococcus multilocularis, parasite de l’intestin de carnivores sauvages (renards …) à l’état adulte et dont les larves se développent normalement chez différents rongeurs sauvages.
Jadis surtout observée en Bavière et au Tyrol, l’échinococcose alvéolaire est assez peu fréquente en France, où elle existait surtout en Franche-Comté et en Savoie. En fait, la carte de répartition actuelle montre que sa présence est beaucoup plus étendue, intéressant aussi bien l’ouest que le sud de la zone d’endémie connue. Certaines régions de la Chine occidentale et d’Asie centrale sont particulièrement touchées. La contamination humaine résulte de l’ingestion de fruits ou de baies sauvages (myrtilles) souillées par les déjections de renards parasités ou de la manipulation de dépouilles de ceux-ci (chasseurs, trappeurs). Les populations à risque, outre les personnes en contact avec les renards, sont les propriétaires de chiens et les fermiers.
Après une période asymptomatique de plus de 10 ans, le parasite colonise principalement le foie et forme de minuscules vésicules à croissance lente comparables à une éponge. A mesure que la lésion s'étend, la partie centrale peut se nécroser et prendre l'apparence d'un pseudo-kyste. Des calcifications sont fréquemment observées.
Les signes cliniques incluent une douleur épigastrique et un ictère pouvant être suivies d'une fièvre, d'une anémie et d'une perte de poids. Le tableau clinique peut évoquer un cancer du foie. La colonisation des voies biliaires entraîne une angiocholite, une hypertension portale et une cirrhose biliaire. La maladie peut progresser vers la cirrhose après une longue période de latence.

Les greffes parasitaires à distance concernent le poumon, le cerveau, les os, la rate. La première manifestation de la maladie est très rarement extra-hépatique.
Le diagnostic repose sur l’imagerie et   la détection d’anticorps spécifiques. L’association de lésions solides et kystiques avec un amas de petites vésicules au stade précoce de la  maladie sont évocatrices. Les aspects fibrosant et infiltrant sont également caractéristiques de l’affection. La cholangio-IRM est l’examen de choix pour apprécier l’infiltration hilaire. Les calcifications très fréquentes sont bien mises en évidence par le scanner. Les anticorps  spécifiques sont détectés par ELISA ou par immunochromatographie.
La chirurgie radicale avec résection complète des lésions est le traitement de choix lorsqu’elle est possible. Elle doit être suivie par un traitement antiparasitaire de longue durée par albendazole. Mais seulement un petit nombre de patients peuvent bénéficier de cette chirurgie en raison de l’infiltration extensive des lésions. D’autres traitements sont à discuter un traitement interventionnel non chirurgical, une allo-transplantation mais avec le risque de récidive de la maladie favorisée par le traitement immunosuppresseur. Récemment a été proposée une résection in vivo des lésions hépatiques suivie par une auto-transplantation du foie résiduel sain mais avec une mortalité élevée, qui a néanmoins l’avantage de ne pas nécessiter de traitement immunosuppresseur. A côté de l’Albendazole, utilisé depuis 40 ans, mais dont l’efficacité est seulement parasitostatique et non parasitocide, de nombreuses molécules sont à l’étude.

Syn. ancienne : échinococcose bavaro-tyrolienne

Echinococcus multilocularis, angiocholite, hypertension portale, cirrhose hépatique, albendazole

[D1, D2, L1]

Édit. 2019

encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles l.f.p.

transmissible subacute spongiform encéphalopathies (TSSE)

Affections nerveuses rencontrées chez l’Homme, les ruminants, le Chat et le Vison avec la possibilité d’une transmission inter-espèces, caractérisées par une dégénérescence du système nerveux central associée à une astrocytose, une perte neuronale et une spongiose diffuse et/ou intraneurale, avec une évolution toujours fatale.
C’est une zoonose, depuis la confirmation de la transmission de l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) à l’Homme à l’origine d’une crise sanitaire mondiale sans précédent en 1985.
L’agent étiologique, tout d’abord dénommé « agent transmissible non conventionnel », serait la conséquence de la transformation d’une protéine du soi (Protéine Prion cellulaire ou PrPc) en protéine résistante aux protéases et à la chaleur (PrPres ou prion), généralement identifiée dans les cerveaux des sujets atteints et admise comme marqueur spécifique de ces maladies. Elle a été découverte et identifiée par Stanley Prusiner en 1981.
Chez l’Homme il s’agit principalement de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), qu’il s’agisse des formes sporadiques, familiales ou transmises (transmission iatrogène ou alimentaire), du syndrome de Gertsmann-Sträussler-Scheinker  décrit en 1936, du Kuru (transmis par cannibalisme), de la maladie d'Alpers (développée dans l'enfance) ou de l’insomnie fatale familiale (IFF).
Chez l'animal, on connait depuis longtemps la tremblante ou « scrapie » du Mouton et de la Chèvre, l’encéphalopathie transmissible du Vison d’élevage, la maladie du dépérissement chronique des cervidés (en Amérique du Nord) et, depuis 1985, l’ESB ou "maladie de la Vache folle". Dans ce dernier cas il s’agissait d’une contamination intra-espèce par le recyclage de bovins morts de l’ESB dans la fabrication de farines animales, avec franchissement de la barrière d’espèce observée naturellement chez le Chat (encéphalopathie spongiforme féline) en 1990 puis chez l’Homme en 1996. 

S. B. Prusiner, neurobiologiste américain (1981), prix Nobel de médecine en 1997 ; H. G. Creutzfeldt, neuropathologiste allemand (1920) ; A. Jakob, neurologue allemand (1921) ; J. Gerstmann, neurologue américain ; E. Sträussler, neuropsychiatre autrichien et I.M. Scheinker, neuropatholologiste (1924) ; B. J. Alpers, neurochirurgien américain (1931)

Étym. angl. spongiform : en forme d'éponge (du gr. spoggia : éponge)

Sigle ESST

prion, encéphalopathies spongiformes subaigües transmissibles, tremblante du Mouton, encéphalopathie spongiforme bovine, Kuru, Creutzfeldt-Jakob (maladie de), Gerstmann-Straüssler-Scheinker (syndrome de), Alpers (maladie de), insomnie fatale familiale

[ D1, H1]

Édit. 2019

glycogénose n.f.

glycogenosis

Affection caractérisée par une surcharge en glycogène soit de muscles squelettiques soit de plusieurs viscères, liée au déficit congénital d’un des enzymes intervenant dans le métabolisme du glycogène.
À part dans sa variété la plus fréquente de déficit en phosphorylase-kinase qui se transmet sur le mode récessif lié au sexe, elle se transmet sur le mode autosomique récessif.  Les manifestations cliniques et le mode évolutif varient selon l’atteinte enzymatique et son degré.
Selon le déficit enzymatique responsable, avec Cori, on distingue plusieurs types : le type I ou glycogénose hépatorénale, le type II (maladie de Pompe), le type III ou glycogénose hépatomusculaire, le type IV (maladie d'Andersen), le type V (maladie de McArdle), le type VI (maladie de Hers). Le diagnostic enzymatique des glycogénoses nécessite des examens spécialisés qui, suivant les types, se font à partir du foie (type I), du muscle (types II, III, V), du sang (types III, IV, VI, IX) ou des fibroblastes. Des études en biologie moléculaire permettent maintenant de reconnaître les mutations géniques responsables, facilitant dans les formes graves un diagnostic anténatal.
Certaines glycogénoses ont été appelées polycories glycogéniques ; d‘autres sont des myopathies.

Dorothy Andersen, pédiatre américaine (1938) ; G. B. Forbes, pédiatre américain (1953) ; H-G. Hers biochimiste belge (1959) ; B. McArdle, neuropédiatre britannique (1951) ; J. Pompe, médecin néerlandais (1933) ; S. Tarui, médecin interniste japonais (1965)

Andersen (maladie d', type IV), Forbes (maladie de, type III), Hers (maladie de) ,McArdle (maladie de, type V), Pompe (maladie de, type II), Tarui (maladie de, type VII)

greffe de neurones fœtaux dans les maladies neurodégénératives l.f.

fœtal neuron grafts in neurodegenerative diseases

Techniques de thérapie cellulaire par implantation de cellules prélevées sur le cerveau fœtal.
Ces greffes visent à traiter un problème majeur de santé publique, représentant plus de 1% de la population, appelé à s'aggraver avec le vieillissement progressif de la société, et dont les thérapeutiques restent soit non validées (maladie d'Alzheimer, sclérose latérale amyotrophique, maladie de Huntington, etc.), soit suivies d'effets partiels ou transitoires (maladie de Parkinson, p. ex.).
Il peut s'agir de remplacer anatomiquement et fonctionnellement des neurones déficients par des greffes striées de neurones fœtaux dopaminergiques ou de renforcer les défenses naturelles des cellules nerveuses, avec notamment l'apport (par thérapie génique) de facteurs protéiques neuroprotecteurs.
Le potentiel thérapeutique de l'approche substitutive dans la maladie de Parkinson est réel, mais semble inégal et concerne jusqu'à présent un petit nombre de patients traités dans des centres hyperspécialisés. L'approche neuroprotectrice est en cours d'évaluation.

Haff (maladie du) l.f.

Haff disease

Maladie d'étiologie inconnue, caractérisée par une rhabdomyolyse avec myalgies aiguës parfois très douloureuses, sans arthralgies ni fièvre.
Les examens biologiques mettent en évidence une myoglobinurie, des taux de créatine kinase, d'aspartate aminotransférase, d'alanine aminotransférase et de lactate déhydrogénase très élevés.
La maladie survient par petites épidémies souvent familiales. Les premiers cas ont été observés en 1924, chez l’Homme et chez les animaux séjournant à proximité du lac du Haff (lagune de la mer Baltique), après ingestion de poissons de ce lac. D'autres épidémies sont survenues en Amérique du Nord (Etats-Unis) et du Sud (Brésil). Cette maladie est clairement liée à l'ingestion de certains poissons d'eau douce mais aussi à des poissons marins appartenant aux familles des Serranidés et des Gadidés. Les troubles apparaissent environ douze heures après l'ingestion de poisson, même consommé cuit.
On peut en rapprocher des lésions nécrotiques de rhabdomyolyse chronique (myofibrogranulomes avec phénomènes inflammatoires) observées au Canada et aux Etats-Unis chez certains poissons comme les sandres qui, de ce fait, pourraient constituer une modèle d'étude de la maladie humaine.

Étym. du lac du Haff

rhabdomyolyse

[G4]

Édit. 2015

hémochromatose génétique de type HFE 1. l.f.

Maladie d'origine génétique transmise sur le mode autosomique récessif, caractérisée par une absorption duodénale excessive du fer responsable d’une surcharge en fer et d’une sclérose réactionnelle de différents organes notamment du foie.
C’est la plus fréquente des hémochromatoses génétiques, c’est aussi la plus fréquente des maladies héréditaires qui touche préférentiellement les sujets d'origine nord-européenne avec un taux de prévalence dans la population générale estimé entre 1 et 4 pour mille. L’affection apparaît plus tardivement chez la femme en raison des pertes en fer dues aux menstruations.
Après une phase de latence clinique, l'hémochromatose génétique se caractérise par un grand polymorphisme associant, à des degrés variables, une une hépatomégalie, un diabète sucré, une pigmentation cutanée (« diabète bronzé ») une cardiomyopathie, un hypogonadisme hypogonadotrope et des arthropathies.
Le diagnostic est très fortement suggéré par l'élévation de la saturation de la transferrine (supérieure à 45%) à laquelle s'associe une augmentation, à des degrés variables, de la ferritinémie.
Ces anomalies biologiques commandent la recherche de la signature génétique de la maladie. La mise en évidence de mutations homozygotes du gène HFE 1 localisé sur le bras court du chromosome 6 conduit au diagnostic. Trois mutations ont été décrites C282Y (plus de85 % des cas), H63D et S65C beaucoup plus rares.Seule la mutation homozygote C282 Y peut entraîner une surcharge en fer importante. L’homozygotie H63 D n’est pas responsable d’un excès de fer cliniquement significatif (la majorité des cas publiés se sont avérés être en rapport avec d’autres mutations non HFE 1). Il existe des formes hétérozygotes composites. Ces mutations empêchent l'élaboration par le foie de l'hepcidine, hormone dont l'action limite l'absorption du fer contenu dans l'alimentation par la muqueuse intestinale.
Le diagnostic d'hémochromatose génétique justifie une recherche systématique chez les parents au premier degré du sujet atteint. En revanche, malgré la fréquence élevée de la maladie et le bénéfice apporté par un diagnostic précoce, le dépistage de la maladie dans la population générale n'est pas préconisé actuellement. La question reste en débat.
Le traitement consiste, dans la plupart des cas en des saignées initialement hebdomadaires de 400 à 500 ml de façon à réduire le fer en excès. Son efficacité est évaluée par la ferritinémie qui doit tendre progressivement vers une valeur de 50 ng/ml, l'hémoglobine restant supérieure à 11 g/l. L'asthénie, la mélanodermie, les troubles cardiaques…s’atténuent et peuvent disparaître. En revanche, les douleurs articulaires et le diabète disparaissent plus difficilement lorsqu’ils sont installés. Les chélateurs du fer d’emploi astreignant, lourd et coûteux, d’effets secondaires non négligeables, ne sont utilisés que dans les rares cas de contre-indications aux saignées.
Les saignées (ou les dons-saignées) doivent être prescrits dès que la ferritine est supérieure à 300 µg/l s’il s’agit d’un homme et de 200 µg/l s’il s’agit d’une femme.
En l’absence de traitement la mort est la conséquence soit du diabète, soit de l'insuffisance cardiaque congestive (risque 300 fois supérieur à celui d'une population normale), soit du fait de la cirrhose et/ou d’un carcinome hépatiques.

A. Trousseau, médecin français, membre de l’Académie de médecine (1865)

Étym. gr. haima : sang ; chrôma : couleur

Syn. cirrhose bronzée, diabète bronzé

Sigle HFE 1

arthropathie de l'hémochromatose, diabète bronzé, hémosidérose, hémochromatose juvénile, hepcidine, hémochromatose génétique (mutations responsables de l')

[L1,O4]

Édit. 2018

Hirschsprung (maladie de) l.f.

Hirschsprung’s disease

Affection congénitale due à une dyskinésie segmentaire rectale ou sigmoïdienne par agénésie localisée des plexus de Meissner et d'Auerbach, déterminant une dilatation parfois monstrueuse du côlon susjacent.
Le tableau clinique est très variable depuis l’occlusion néonatale jusqu'à la difficulté d’évacuation. La distension abdominale est toujours importante. Le segment aganglionnaire est de longueur variable : tantôt court, rectosigmoïdien, le plus fréquent, tantôt long rectocolique, pouvant même déborder sur le grèle. Entre la partie dilatée, histologiquement normale, et la partie distale se trouve un segment intermédiaire en forme d’entonnoir où les plexus sont rares. Il n’y a pas de forme suspendue segmentaire. Sur le plan diagnostic chez le nouveau-né et l'enfant, l'absence du réflexe rectoanal inhibiteur est, sauf difficulté technique, pathognomonique de la maladie. À l'exception des formes ultracourtes de la maladie, la compliance rectale chez ces enfants est significativement plus basse que dans la population normale. Chez la personne âgée, constipée chronique, un réflexe inhibiteur faible ou absent peut être mis en évidence et ceci en l'absence d'aganglionose.
La fréquence est de 1 sur 5000 naissances. Les formes sporadiques sont les plus fréquentes (85%) avec une majorité de garçons ; les formes familiales, plus rares et parfois étendues, se voient surtout chez les filles et seraient de transmission autosomique dominante, multigénique (loci sur le bras long du chromosome 10 et sur le chromosome 13). Il existe de nombreux gènes de susceptibilité. La maladie est due à un défaut de migration ou de maturation des neuroblastes provenant de la crête neurale et devant former les plexus intrinsèques intestinaux ; elle entre dans le cadre des neurocristopathies.
A côté des formes isolées, il existe de nombreux syndromes comportant une maladie de Hirschprung tels que les syndromes de Dandy-Walker, Riley-Day, Waardenburg-Shah ou la trisomie 21 entre autres.

H. Hirschsprung, pédiatre danois (1888) ; W. D. Dandy, neurochirurgien américain (1914) ; A. E. Walker, neurochirurgien américain (1942) ; C. M. Riley, R. L. Day, pédiatres américains (1949) ; P. Waardenburg, ophtalmologiste et généticien néerlandais ; K. N. Shah, pédiatre indien (1981)

Meissner (plexus de), mégacôlon congénital, neurocristopathie, Dandy-Walker (syndrome de), Riley-Day (syndrome de), Waardenburg-Shah (syndrome de), trisomie 21

[Q2,L1]

Édit. 2015

Hodgkin (maladie de) l.f.

Hodgkin’s disease

Lymphome malin dû à la prolifération de lymphocytes B associés dans environ 30 à 45% des cas avec une infection latente par le virus d’Epstein-Barr.
Apparaissant avec deux pics de fréquence d’âge, chez l’adolescent ou l’adulte jeune et après 60 ans, il se traduit par des adénopathies périphériques ou médiastinales. L’atteinte splénique, hépatique et médullaire est exceptionnelle au début de la maladie (sauf chez les sujets infectés par le VIH), mais apparaît en cours d’évolution par extension hématogène. Le diagnostic repose sur la biopsie d’un nœud lymphatique qui permet d’observer la présence d’un petit nombre de cellules tumorales particulières (cellules de Reed-Sternberg, cellules lacunaires) entourées d’une réaction tissulaire faite de lymphocytes surtout T, d’histiocytes, de plasmocytes et de granulocytes surtout éosinophiles.
La maladie de Hodgkin classique se présente sous deux aspects anatomocliniques différents : la forme sclérosante nodulaire et la forme diffuse à cellularité mixte.
Le pronostic et le traitement dépendent en grande partie de l'extension de la maladie que l'on classe en quatre stades selon l'étendue du processus aux nœuds lymphatiques, à la rate, au foie, à la moelle osseuse, aux poumons ou plus rarement à d'autres organes.
Une compression médullaire par localisation épidurale avec ou sans envahissement vertébral associé, est possible. Il s'agit de coulées lymphomateuses, à partir d'adénopathies de voisinage, qui gagnent l'espace épidural par les trous de conjugaison. Devant un syndrome médullaire, une myélopathie postradiothérapique sera également évoquée.
Peuvent être aussi observées des neuropathies périphériques par compression ou envahissement, ainsi que des atteintes des nerfs crâniens liées à une extension lésionnelle vers la base du crâne.
Une prolifération méningée ou même intracérébrale peut se constituer, justifiant l’élimination des autres leucoencéphalopathies multifocales progressives dont la maladie de Hodgkin constitue une des étiologies.
On constate un déficit de l'immunité à médiation cellulaire : les intradermoréactions à la tuberculine sont habituellement négatives et les patients risquent des infections sévères parfois à un germe inhabituel (infections opportunistes).
Le traitement repose sur les associations de chimiothérapies, sur la radiothérapie ou sur une combinaison des deux. La guérison est habituelle dans les formes limitées aux atteintes des nœuds lymphatiques.

T. Hodgkin, anatomopathologiste britannique (1832) ; C. Sternberg, anatomopathologiste autrichien (1898) Dorothy M. Reed, pédiatre américaine (1902)

Syn. lymphogranulomatose maligne

Hodgkin (localisations cutanées de la maladie de), Hodgkin à prédominance lymphocytaire nodulaire (maladie de), paragranulome nodulaire, Sternberg (cellule de), lymphome hodgkinien médiastinal

[F1]

Édit. 2015

Hurler-Scheie (maladie de) l.f.

Hurler-Scheie’s disease, Hurler-Scheie’s syndrome

Mucopolysaccharidose de type I (classée MPS I H-S), autosomique récessive, liée à un déficit en alpha-L-idurodinase dont les manifestations sont intermédiaires entre celles de la maladie de Hurler et celles de la maladie de Scheie ; le pronostic est moins sévère que celui de la maladie de Hurler.
Les troubles intellectuels sont moins marqués mais les troubles neurologiques tels qu’un syndrome du canal carpien ou une compression médullaire par infiltration méningée sont fréquents. La puberté peut être normale. Comme pour la maladie de Hurler, le traitement est possible par transplantation de cellules souches ou enzymothérapie de substitution.

Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919) ; H. Scheie, ophtalmologiste américain (1962)

Syn. mucopolysaccharidose de type I H-S, MPS I H-S

Hurler (maladie de), Scheie (maladie de), mucopolysaccharidose, gargoylisme

[J1,F2,Q2]

Édit. 2015

hyperoxalurie primitive n.f

primary hyperoxaluria

Maladie héréditaire du métabolisme à transmission autosomique récessive, à faible prévalence, caractérisée par l’association de lithiase oxalique, néphrocalcinose, altération de la fonction rénale et de pronostic de sévérité variable selon le gène muté.
Il existe 3 variétés d’hyperoxalurie primitive dont la plus fréquente et la plus grave est celle de type I (HP1). Elle est due à diverses mutations affectant le gène AGXT localisé dans le chromosome 2. La protéine codée est l’alanine glyoxylate aminotransférase (AGT). Elle comporte 392 acides aminés et a une masse moléculaire de 43 kDa. Localisée dans le peroxysome des hépatocytes, elle catalyse la transformation du glyoxylate en glycine, étape finale de la dégradation de l’hydroxyproline provenant du collagène. La maladie est due à l’accumulation d’oxalate donnant lieu à une hyperoxalurie. Les premiers symptômes apparaissent durant l’enfance. Il s’agit d’épisodes de lithiase urinaire avec accumulation d’oxalate dans les reins conduisant à l’insuffisance rénale. Le diagnostic repose sur l’hyperoxalurie, l’étude de la cristallurie démontrant la présence d’oxalate de calcium monohydraté (whewellite), l’hyperglycolaturie et le génotypage. Lorsque la filtration glomérulaire diminue, l’oxalate s’accumule dans les tissus (cœur, rétine, peau, système nerveux). Le traitement médical repose sur l’hydratation, la réduction de la calciurie par l’hydrochlorothiazide et l’administration de pyridoxine, coenzyme de l’AGT. Le traitement le plus efficace est la transplantation combinée de foie et de rein, le foie pour supprimer la source de la production d’oxalate et le rein pour permettre une excrétion efficace de l’oxalate.
L’hyperoxalurie primitive de type II est due à des mutations sur le gène GRHPR codant pour la glyoxylate-réductase/hydroxypyruvate-réductase, localisé sur le chromosome 9. Il existe associée à l’hyperoxalurie une excrétion accrue de L-glycérate sans hyperglycolaturie. La maladie est moins sévère que l’HP1.
L’hyperoxalurie primitive de type III est due à des mutations sur le gène HOGA1 qui code pour la 4-hydroxy-2-oxoglutarate aldolase. Le diagnostic repose sur un rapport 4-hydroxyglutarate/créatinine urinaire élevé. La maladie est la moins sévère des 3 hyperoxaluries primitives. Son traitement se limite à l’hyperhydratation.

hyperoxalurie, néphrocalcinose, lithiase rénale, lithias oxalique, insuffisance rénale chronique

[M1,Q2,R1,L1]

Édit. 2017/2

hypogammaglobulinémie d'expression variable l.f.

common variable immunodeficiency

Groupe hétérogène d’affections appelé plus communément « déficit immunitaire commun variable ».
Ce déficit immunitaire, apparaissant chez l’enfant, l'adolescent ou l'adulte, est caractérisé par une diminution de la production de trois classes d'immunoglobulines et éventuellement à des anomalies des fonctions lymphocytaires T, à l’origine d’un défaut de production d’anticorps après immunisation.
La maladie peut être due à un déficit cellulaire B intrinsèque (déficit en CD19 par mutations du gène CD19, 16p11.2), à un déficit cellulaire T intrinsèque (déficit en ICOS par mutations du gène ICOS; 2q33), à des mutations des gènes des récepteurs du TNF (déficits en TACI (transmembrane activator and calcium modulator and cyclophilin ligand interactor) et en BAFFR (B-cell activating factor receptor) par mutations des gènes TNFRSF13B, 17p11.2 et TNFRSF13C, 22q13.1-q13.31) ou être sans anomalie génétique connue.
Cette maladie peut rester longtemps asymptomatique ou bien s’accompagner d’infections à répétition, particulièrement d’infections bactériennes souvent à bactéries encapsulées. Elle est responsable d’infections des voies respiratoires, de sinusites, d’otites. La maladie se manifeste par une diarrhée dont le parasite Giardia lamblia est la principale cause, une atrophie villositaire, une gastrite chronique atrophique ressemblant à la maladie de Biermer, des lésions inflammatoires chroniques des intestins « MICI-like », une hyperplasie nodulaire lymphoïde de l’intestin, qui lorsqu’elle est diffuse est un facteur de risque de lymphomes.
Ce déficit immunitaire peut se compliquer de maladies auto-immunes purpura thrombopénique auto-immun, anémie hémolytique auto-immune, de syndrome lymphoprolifératif, de tumeurs gastro-intestinales et de lymphomes digestifs. Un traitement substitutif par les gammaglobulines humaines doit être institué si les concentrations d’IgG sériques sont inférieures à 6 g/L.

Syn. déficit immunitaire commun variable

CD19 gene, ICOS gene, TNFRSF13B gene, BAFFR, TACI

Kallmann (syndrome de) l.m.

Maladie génétique du développement embryonnaire apparaissant dans l’enfance, caractérisée par l'association d'un hypogonadisme hypogonadotrophique par déficit en gonadolibérine (GnRH) et d'une anosmie ou hyposmie (avec hypoplasie ou aplasie des bulbes olfactifs).
Sa prévalence serait d'environ 1/8 000 garçons et 1/40 000 filles.
Les principales manifestations cliniques sont : l'association d'un micropénis et d'une cryptorchidie chez le jeune garçon (inconstant), une absence de puberté spontanée (circonstance la plus fréquente de découverte de la maladie) et un déficit partiel ou complet de perception des odeurs chez les deux sexes.
D'autres anomalies peuvent être associées, notamment des mouvements en miroir des membres supérieurs (syncinésies controlatérales d'imitation), une aplasie rénale unilatérale (ou parfois bilatérale, non viable), une fente labiale ou palatine, une agénésie dentaire, une surdité.
Le syndrome de Kallmann est dû à un défaut du développement du système olfactif et de la migration embryonnaire des neurones synthétisant la GnRH.
Une prédominance des cas sporadiques est notée. Dans les formes familiales, trois modes de transmission ont été décrits : récessif lié au chromosome X (MIM 308700 forme 3), autosomique dominant (MIM 147950), ou autosomique récessif (MIM 244200 forme1). On sait aujourd'hui qu'une transmission oligogénique de la maladie est également possible, dans une proportion qui reste à déterminer.
A ce jour, cinq gènes responsables de la maladie ont été identifiés : KAL1, responsable de la forme liée au chromosome X, et FGFR1, FGF8, PROKR2, PROK2, impliqués dans les formes de transmission autosomique. Une mutation dans l'un de ces gènes n'est cependant retrouvée que dans moins de 30% des cas. Plusieurs autres gènes restent à découvrir.
Les méthodes de diagnostic biologique utilisent les explorations hormonales (dosage des hormones sexuelles, test de stimulation par la GnRH) et l'exploration qualitative et quantitative de l'odorat (olfactométrie). Une analyse morphologique des bulbes olfactifs en imagerie par résonance magnétique (IRM) peut être utile (notamment chez le jeune enfant, chez qui il est difficile d'évaluer cliniquement l'odorat). Le diagnostic différentiel inclut le déficit isolé en GnRH (hypogonadisme hypogonadotrophique sans anosmie) et le syndrome CHARGE, qui comporte diverses autres anomalies du développement embryonnaire en plus d'un syndrome de Kallmann.

F. Kallmann, psychiatre et généticien américain (1944), G. de Morsier, neurologue suisse (1954), J-P. Hardelin, neurologiste français (2009) ; Catherine Dodé, généticienne français (2009)

Syn. dysplasie olfacto-génitale de Kallmann-De Morsier, dysplasie olfacto-génitale de Morsier, hypogonadisme hypogonadotrope congénital avec anosmie, hypogonadisme hypogonadotrope familial avec anosmie, hypogonadisme gonadotrophique, hypogonadisme hypothalamiq

Réf. J-P. Hardelin, Orphanet février 2009

syndrome CHARGE, GnRH (test de stimulation par la), ichtyose liée à l'X, dysplasie septo-optique , Kaplan-Grumbach-Hoyt (syndrome de)

[A4,O6,Q2,Q3]

Kaposi (maladie de) l.f.

Kaposi's haemorragic sarcoma

Processus néoplasique multifocal émanant de l'endothélium vasculaire ou lymphatique.
On distingue actuellement quatre formes de la maladie : a) une forme sporadique, de cause inconnue, décrite par Kaposi en 1872, chez des Israélites d'Europe centrale, touchant des sujets âgés, surtout masculins, et localisée principalement aux membres inférieurs : on y observe de l'œdème, ainsi que des tumeurs angiomateuses rouge brun, qui augmentent progressivement en volume et en nombre ; b) une forme endémique africaine (République démocratique du Congo, Ouganda, Rwanda), qui revêt différents aspects cliniques (nodules infiltrés, tumeurs plus ou moins volumineuses, adénopathies) ; c) une forme survenant chez des sujets immunodéprimés (corticothérapie générale, transplantation rénale, lymphomes) ; d) une forme associée au sida.
L'examen histologique montre une prolifération de cellules fusiformes et de vaisseaux, associée à une extravasation d'érythrocytes. L'évolution est lentement progressive dans la forme sporadique, plus rapide dans la forme endémique. Chez le sujet immunodéprimé, la maladie peut régresser spontanément après l'arrêt du traitement immunosuppresseur. Son apparition au cours du sida est d'un pronostic fâcheux.
Il est aujourd’hui admis que toutes les formes de maladie de Kaposi sont liées à une infection par un virus, l’Herpes Virus Humain de type 8 (HHV8), aussi appelé Herpes Virus associé à la maladie de Kaposi (KSHV).

M. K. Kaposi, dermatologue austro-hongrois, membre de l’Académie de médecine (1872)

Syn. acroangiomatose de Kaposi, acrosarcomatose de Kaposi, sarcome de Kaposi (terme impropre), sarcomatose multiple hémorragique de Kaposi

Kaposi (maladie de) du sida

Kashin-Bek (maladie de) l.f.

Kashin-Bek’s disease, big bone disease

Arthropathie résultant d'une altération du cartilage articulaire aboutissant, après plusieurs années d'évolution, à une atteinteostéo-articulaire sévère et permanente.
Les premières manifestations cliniques apparaissent vers l'âge de 5 ans. Il s'agit de déformations douloureuses des articulations des membres (coudes et poignets, genoux et chevilles) qui augmentent de volume et sont accompagnées d'une limitation des mouvements. Le nombre des articulations touchées augmente progressivement. Cette maladie très handicapante est endémique en Sibérie et en Corée du Nord mais elle est surtout répandue dans certaines régions rurales de Chine où elle affecterait 2 à 3 millions de personnes ; au Tibet notamment, la prévalence dépasse souvent 10 % dans certains villages.
La cause de la maladie n'est pas clairement déterminée et donne lieu à discussion ; elle est vraisemblablement multifactorielle, associant certaines carences nutritionnelles (en iode ou en sélénium par exemple) et les effets de mycotoxines liées au développement de champignons (Alternaria, Fusarium) dans les stocks de denrées alimentaires. Des corrections orthopédiques sont parfois entreprises. La prévention consisterait en une suppression des carences nutritionnelles (supplémentation en iode ou en sélénium) et en l'adoption de meilleures conditions de conservation des grains ; là où ces mesures de prévention furent entreprises, les résultats obtenus ont été inconstants.
Les relations éventuelles entre la maladie de Kashin-Bek et la maladie de Keshan demeurent confuses.

N. I. Kashin (1861), E. V. Bek (1906), médecins russes

PPSB

Lobstein-van der Hoeve (syndrome de) l.m.

osteogenesis imperfecta

Maladie des hommes de verre ou ostéopsathyrose secondaire à une mutation du collagène.
Il existe, en plus de la fragilité osseuse, un nanisme, une hyperlaxité ligamentaire et une surdité. La forme congénitale récessive est létale (Ekman, 1788), mais dans les formes plus tardives il peut y avoir des porteurs a minima. Au niveau oculaire, on peut trouver des sclères bleues, un kératocône, des mégalocornées et une cataracte. Il existe diverses descriptions selon l’âge d'apparition avec la maladie de Porak-Durante-Vrolik néonatale et rapidement mortelle, et la forme tardive ou maladie de Spurway. De nombreuses formes ont été décrites. La maladie est secondaire à une mutation sur le gène du collagène (COL1A1) qui est localisé en 17q21.33. L’affection est autosomique dominante (MIM 120150).

J. G. Lobstein, chirurgien et anatomopathologiste français (1833) et J. van der Hoeve, ophtalmologiste néerlandais (1934)

Syn. ostéopsathyrose, ostéogénèse imparfaite

osteogenesis imperfecta, COL1A1

[L1, O1, P2, Q3]

Édit. 2018

maladie n.f. 

disease, illness, sickness

Altération des fonctions physiques ou mentales d’une personne à l’origine de souffrances.
La notion de maladie varie selon les cultures, les religions, les morales et, dans une population, selon les époques. L’identification des maladies par les professionnels de la santé varie également selon l’évolution des connaissances scientifiques, des moyens d’observation, des critères retenus pour distinguer une maladie d’une autre, etc.
Le terme de maladie, dans le langage médical courant, correspond à un ensemble de symptômes anormaux résultant d’une même cause connue. Son identification aboutit à l’établissement d’un diagnostic et d’un traitement approprié, adapté de façon globale aux attentes du patient, tenant compte de ses attentes, dans le respect de ses croyances et valeurs.
Le terme de syndrome est souvent utilisé en lieu et place de maladie. Il s’agit d’un ensemble de symptômes qui ne constituent pas une entité ou un concept dont l’identification correspond à une cause parfaitement connue.

Étym. lat. male habitus : en mauvais état

maladie, classification des maladies, malade, nosologie, syndrome

maladie systémique l.f.

Maladie inflammatoire diffuse d’origine inconnue.
Les maladies systémiques étant par définition des maladies diffuses, le qualificatif de polysystémique leur conviendrait encore mieux que celui de systémique. On regroupe sous ce terme les connectivites (lupus érythémateux disséminé, sclérodermie systémique, dermatopolymyosites, polyarthrite rhumatoïde, connectivite mixte et syndrome de Gougerot-Sjögren), les vascularites nécrosantes et granulomateuses (périartérite noueuse et ses variantes, artérites gigantocellulaires, maladie de Takayashu, etc.), les manifestations systémiques de certaines maladies (entérocolopathies inflammatoires chroniques, pelvispondylites, cancers, etc.) et des affections variées partageant les trois qualificatifs retenus dans la définition (purpuras vasculaires, urticaires systémiques, certaines maladies granulomateuses, les amyloses, la maladie de Behçet, la maladie périodique, etc.).

H. Gougerot, dermatologue français, membre de l’Académie de médecine (1925), H.  S. C. Sjögren, ophtalmologiste suédois (1930) ; M. Takayashu, ophtalmologiste japonais (1908) ; H. Behçet, dermatologiste turc (1937)

mucolipidose II l.f.

Affection récessive autosomique de la petite enfance, caractérisée surtout par un retard psychomoteur, une dysmorphie faciale pseudohurlérienne et des déformations osseuses, notamment thoraciques

Maladie métabolique par défaut enzymatique caractérisée par l'accumulation dans certains organes et tissus de mucopolysaccharides acides et de lipoglucides.
La maladie débute vers l'âge de 1 an : il existe un retard mental sévère, une chevelure abondante et un hirsutisme, une brachydactylie, une déformation thoracique, une luxation des hanches et parfois une hernie inguinale. Une exophtalmie, des opacités cornéennes peuvent être notées. Les lésions radiologiques sont proches de celles de la maladie de Hurler. Le décès survient entre trois et six ans, en état de décérébration ; la survie dépasse rarement 10 ans.
Un diagnostic prénatal est possible sur les dosages enzymatiques effectués à partir du liquide amniotique ou des villosités choriales. Mais il reste délicat par suite, principalement, de la persistance d’une faible activité symptomatique dans certains cas.
L'affection est lysosomique. Le gène touché (GNPTA), locus en 4q21-q23, est identique pour la ML2 et la ML3, il code pour la N-acétyl-glucosamine-1-phospho-transférase. L'affection est autosomique récessive.
Leroy a décrit l’affection sous le nom de « I-cell disease » en 1960 (I pour inclusion : maladie des cellules à inclusion)

J. G. Leroy, pédiatre et généticien belge et R. I. DeMars, médecin généticien américain (1967)

Étym. lat. mucus : gr. lipos : graisse

Syn. déficience en N-acétylglucosamine-1-phospho-transférase, Leroy-Demars (maladie de)

mucopolysaccharidose de type Hurler-Scheie I l.f.

Hurler-Scheie syndrome

Mucopolysaccharidose au phénotype intermédiaire entre la maladie de Hurler et la maladie de Scheie.
Le nanisme et le retard mental sont moins sévères et la survie plus prolongée que dans la maladie de Hurler. On peut constater : hypertélorisme, strabisme, ptosis, nystagmus, mégalocornée, buphtalmie, kératite bulleuse, opacités cornéennes rondes et ovales plus denses en périphérie et en inférieur, cataracte, et atrophie optique. L'affection est secondaire à une déficience en α-L-irudonidase. Le locus du gène (IUDA) est en 4p16.3, tout comme pour la maladie de Hurler. Il existe de nombreuses mutations. L’affection est autosomique récessive (MIM 252800)

Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919) ; H. G. Scheie, ophtalmologiste américain (1962)

Étym. lat : mucus ; gr. polus : nombreux ; sakkharos : sucre

Syn. Hurler -Scheie (syndrome de)

Sigle MPS 1 H/S pour MucoPolySaccharidose 1 Hurler/Sheie

myopathe (anesthésie d'un) l.f.

anaesthesia in patient with muscle disease

Particularités de l’anesthésie de patients myopathes susceptibles de complications particulièrement en période périopératoire.
Les principaux risques sont liés à l'altération de la mécanique ventilatoire, à l'atteinte cardiaque associée dans certaines myopathies et, parfois, à l'hyperthermie maligne.
Le risque d'hyperthermie maligne lors de l'utilisation de la succinylcholine et des anesthésiques volatils est surtout important dans certaines myopathies (en cas de déficit en Ca-ATPase, myopathies mitochondriales, syndrome central core disease, maladie de Duchenne de Boulogne et maladie de Becker).
Les patients atteints de myasthénie sont très sensibles à l'action des curares non dépolarisants. Si l'utilisation de tels curares est nécessaire, il faut diviser par dix les doses usuelles et monitorer la curarisation. L'exacerbation postopératoire de la myasthénie justifie la surveillence en unité de soins intensifs au sortir de la salle de réveil.
Pour certaines myopathies comme la maladie de Duchenne de Boulogne, le risque essentiel est une insuffisance respiratoire par réduction de la force de l'inspiration (incapacité restrictive). Dans la maladie de Steinert (myopathie myotonique) la succinylcholine est contrindiquée car elle peut déclencher une crise myotonique.

Étym. gr. mus : souris, muscle ;  pathos : maladie

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