Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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douleur (prise en charge globale de la) l.f.

multidiciplinary care of pain

Approche multimodale du traitement de la douleur chronique dans laquelle le médicament ne doit représenter qu’une partie de la thérapeutique.
J. Bonica créa la première « pain clinic » à Washington après la première guerre mondiale. En France, depuis la loi Neuwirth (1995), la prise en compte de la douleur est devenue un problème de société.
Appréhender la douleur chronique nécessite une prise en compte individualisée de ses composantes affectives, cognitives et comportementales, voire spirituelles, au-delà de la seule démarche étiologique somatique.
Dans ce but, trois types de structures pluridisciplinaires ont été définis par l'Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM) : consultations spécifiques, comportant au moins deux somaticiens de disciplines différentes et un médecin formé à la psychologie ; unités, disposant de lits d'hospitalisation et d'un plateau technique ; centres, avec une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Ces missions ont été reprises successivement par l’ANAS et l’HAS.
Le traitement initial vise à diminuer le symptôme douleur, à interrompre les cercles vicieux d'auto-entretien aux divers niveaux anatomiques (périphérique, médullaire, supramédullaire). Conjointement, le patient accède à une prise de conscience de ses réactions et comportements, de même qu'à leur meilleure maîtrise.
En dehors des mesures médicamenteuses, l'équipe peut faire appel à des blocs par les anesthésiques locaux (diagnostiques ou thérapeutiques), à diverses techniques physiques telles que la neurostimulation transcutanée, à la relaxation, aux thérapeutiques cognitivocomportementales et à diverses formes de psychothérapie.
Un placebo peut être efficace dans 30% des cas environ, probablement par la mise en œuvre d’endorphines.
Une suppression totale et constante de la douleur reste jusqu'à présent une utopie, mais son atténuation et un projet réadaptatif, si possible contractuel avec le patient et son entourage, peuvent être au moins mis en œuvre. Ainsi est évité également le "vagabondage médical", souvent préjudiciable au patient et source de "bilans" étiologiques redondants et coûteux.

J. Bonica, médecin anesthésiologiste américain (1917-1994)

Étym. lat. dolor : douleur

entraînement aux compétences sociales l.m.

social skills training

Stratégies comportementales et cognitives ayant pour objet d'améliorer le fonctionnement social d'un individu.
Les diverses techniques utilisées comprennent le jeu de rôle et l'entraînement à l'affirmation de soi, le travail sur les cognitions et les émotions induites par les situations sociales. Cette forme de prise en charge thérapeutique trouve de nombreuses indications : phobies sociales, pathologie dépressive et troubles psychotiques chroniques.

[H3]

Édit. 2020

faire-face l.m.

coping

Ensemble des stratégies comportementales et des ressources émotionnelles auxquelles recourt un individu lorsqu’il est confronté à une situation éprouvante.

[H4]

Édit. 2018

inhibition réciproque l.f.

reciprocal inhibition

Incompatibilité entre certaines réponses comportementales qui s'inhibent mutuellement.
Ainsi, un sujet en détente musculaire supporte mieux la présentation d'un stimulus agressif et se dégage progressivement de l'émotion ainsi provoquée.
La méthode appelée aussi désensibilisation progressive consiste à placer au premier rang la relaxation différentielle de Jacobson parmi les réponses antagonistes de l'anxiété. Il s'agit d'une technique de choix dans la prise en soins des phobiques.

J. Wolpe, psychiatre américain (1952 et 1958)

motivation n.f.

motivation

Vaste ensemble de processus dynamiques, conscients ou inconscients, comportant en particulier les émotions, qui orientent l'action d'un individu vers un but donné.
Un circuit cortico-sous-cortical comportant les aires corticales paralimbiques du lobe frontal, le striatum dit limbique ou ventral (essentiellement la partie interne de la tête du noyau caudé), le pallidum interne, le noyau médiodorsal du thalamus, lui-même se projetant à nouveau sur les aires frontolimbiques, pourrait constituer le substratum cérébral de la motivation chez l'Homme. Situé dans la profondeur du lobe temporal, juste en avant de l'hippocampe, le complexe nucléaire amygdalien est la clef de voûte du système.
Des lésions du système limbique, notamment amygdaliennes, peuvent effectivement être responsables de modifications comportementales (syndrome de Klüver et Bucy), notamment d'apragmatisme, perte de l'autoactivation, apathie, aboulie et manque de motivations. Certains auteurs assimilent ces troubles à l'athymhormie.
Ainsi, les formes déficitaires des schizophrénies seraient liées à un dysfonctionnement dopaminergique par destruction des cellules du striatum limbique.
Malgré de nombreuses inconnues persistantes, de telles données jettent de nouveaux ponts entre neurosciences, neurologie et psychiatrie.

H. Klüver, neuropsychologue et P. C. Bucy, neurochirurgien américains (1937)

Étym. lat. motivus : qui meut (de movere : bouger, mouvoir)

autoactivation psychique (perte d'), Klüver et Bucy (syndrome de), athymhormique (syndrome)

narco-analyse n.f.

narcoanalysis

Méthode thérapeutique caractérisée par une sédation transitoire induite par l'administration intraveineuse d'un produit psychotrope et destinée à favoriser l'extériorisation verbale d'un conflit latent, de préférence récent et traumatique.
Proposée comme un moyen de faciliter l'expression des émotions refoulées et de permettre la disparition des symptômes par la "détente cathartique", la narcoanalyse a fréquemment été utilisée pour le traitement des états émotionnels aigus et des névroses traumatiques durant et après le deuxième conflit mondial. Elle est actuellement supplantée par d'autres méthodes de traitement, chimiothérapiques, comportementales et psychothérapiques.

pervers (enfant) l.m.

perverse child

Enfant chez qui sont rencontrés les principaux signes suivants : dissimulation et mensonge, malignité foncière, indifférence affective, opposition, irritabilité persistante et provocation de bagarres, école buissonnière, fugues, vols, vandalisme et actes de cruauté physique contre d'autres enfants et des animaux.
La notion d'une révélation habituelle très précoce d'anomalies comportementales particulières est bien connue depuis la description par E. Dupré du "pervers constitutionnel" à partir de 1912. Mais le concept d'innéité exclusive n'est plus guère admis après, en particulier, les apports de la psychanalyse.
Sous les termes de personnalité antisociale (DSM-IV) ou dyssociale (CIM-10), qui se rapprochent assez bien des conduites perverses en clinique, le DSM-IV requiert la notion de tels troubles avant l'âge de 15 ans. La CIM-10, qui inclut la personnalité amorale dans sa rubrique, estime que cette notion, pas toujours retrouvée, renforce le diagnostic de personnalité dyssociale.

E. Dupré, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1862-1921)

personnalité antisociale, ou dyssociale, perversion

phéromone n.f.

pheromon

Substance chimique présente en particulier dans des liquides biologiques des animaux (urine, sécrétions vaginales, cutanées, etc.) et constituant un signal biologique capable de déclencher des réactions physiologiques ou comportementales (reproduction, reconnaissance animale, sécrétion hormonale, cycle menstruel, etc.).
Ce rôle est démontré chez l’animal  et existe très vraisemblablement chez l’Homme.

Étym. gr. pherein : porter ; suffixe mone par analogie avec "hormone", de hormein : exciter

écomone

phobique (névrose) l.f.

phobic neurosis

État névrotique caractérisé par la triade : phobie(s), conduites phobiques, personnalité anxieuse ou évitante, dite classiquement phobique.
S. Freud, en 1895, attribua l'anxiété phobique au déplacement et à la fixation de l'angoisse d'origine conflictuelle sur un "alibi" symbolique constitué par un objet ou une situation phobique. Les comportementalistes retiennent une réaction de peur conditionnée.
Courante dans l'enfance, disparaissant souvent spontanément, la névrose phobique peut aussi débuter vers l'âge de 20 ans. Sa clinique est dominée par l'association d'angoisse élective incoercible, évitement, essai de réassurance par un objet contraphobique et conscience du caractère irrationnel des troubles.
Souvent relativement bénigne, elle est parfois invalidante.
Selon les cas, seront envisagés : psychothérapies de soutien, comportementales (immersion) dans les phobies isolées, ou psychanalytiques dans les formes majeures et fixées ; chimiothérapies surtout anxiolytiques ou par des antidépresseurs, ceux-ci notamment dans les agoraphobies avec attaques de panique, les crises d'angoisse et les dépressions secondaires.

Étym. gr. phobos : crainte

Syn. états névrotiques anxieux et phobiques, troubles anxieux phobiques

hystérie d'angoisse

psychose et névrose expérimentales l.f.

experimental psychosis and neurosis

Provocation artificielle, surtout chez l'animal, de manifestations psychiques anormales qui, en l'état actuel, ne constituent le plus souvent que des constructions incomplètes et approximatives par rapport à la réalité clinique humaine et à sa complexité.
Effectué principalement chez le chat, l'attouchement de certaines zones du tronc cérébral peut provoquer la "sham rage". Des électrodes implantées à demeure dans les structures thalamo-sous-thalamiques produisent des réactions semblables à celles de la peur, de la colère ou de la fatigue, selon la région intéressée.
I.P. Pavlov a nommé "névrose expérimentale" des perturbations comportementales survenant chez l'animal conditionné, notamment, à discriminer un cercle d'une ellipse, dès lors que ces deux figures viennent à se différencier trop peu.
Certaines substances toxiques comme la bulbocapnine (H. De Jong et H. Baruk), la toxine colibacillaire ou la bile (H. Baruk), ont entraîné chez l'animal un état de type catatonique.
Chez l'homme, l'étude quasi expérimentale de troubles le plus souvent transitoires - psychotiques avec les psychodysleptiques, plus variés après privation sensorielle, de sommeil, ou dans des milieux d'exception - s'est montrée utile.

I. P. Pavlov, physiologiste russe, membre de l'Académie de médecine, prix Nobel de médecine en 1904 (1849-1936) ; H. Baruk, psychiatre français, membre de l'Académie de médecine (1897-1999)

modèles expérimentaux en psychiatrie, psychotomimétique

psychothérapies (classification des) l.f.

psychotherapies (classification of)

Il est possible d'en distinguer actuellement six types.
Ceux-ci sont les suivants :
1) Psychothérapies magicoreligieuses (sorcellerie, chamanisme, etc.).
2) Psychothérapies intersubjectives, fondées soit sur la catharsis (hypnose, psychodrame morénien, sophrologie, expression scénique, etc.), soit sur le transfert (psychanalyse, psychothérapies d'inspiration psychanalytique, psychodrame et relaxations psychanalytiques, etc.).
3) Psychothérapies rationnelles, nées de la psychologie expérimentale ou d'autres domaines scientifiques (psychothérapies comportementales, cognitives, systémiques, etc.).
4) Psychothérapies morales, relevant d'une morale transcendante (exorcisme) ou sociale (S. Morita).
5) Psychothérapies avec médiations corporelles ou artistiques : relaxation, art-thérapie (arts plastiques, arts de la scène, musicothérapie).
6) Psychothérapies du mouvement du potentiel humain, dites aussi à visée humaniste, schématiquement réparties selon trois axes : émotionnel (gestalt thérapie, analyse transactionnelle, thérapie primale, etc.), corporel (bioénergie, danses, Taï chi chuan, etc.), mystique (méditation transcendantale, yoga, zen).

S. Morita, psychiatre et psychothérapeute japonais (1874-1938)

psychotropes (adhésion aux traitements) l.f.

compliance with psychotropes drugs

Observance d'un patient au traitement.
Comme dans d'autres disciplines médicales, un patient psychiatrique sur deux environ ne suit pas ou mal la prescription médicamenteuse. Des effets indésirables sont souvent incriminés, légitimement ou comme prétexte. Une dimension transférentielle et symbolique est fréquente.
Les anxieux et dépressifs semblent mieux coopérer que les psychotiques chroniques. Vivant volontiers la chimiothérapie comme un objet maléfique ou d'influence (surtout s'il y a des effets extrapyramidaux), déniant leur monde pathologique, ces derniers cherchent à éviter une atteinte à leurs modes de défense et le retour à une banale réalité. La nostalgie de l'accès maniaque et la prise "à vie" de thymorégulateurs sont une source possible de refus.
Les stocks constitués par le patient favorisent l'automédication et sont souvent utilisés dans les conduites suicidaires.
En milieu hospitalier, si la non-adhésion se confirme, la prise de psychotropes sous forme liquide et en présence d'un soignant offre par ex.une certaine efficacité. En fait, sauf peut-être par des techniques comportementales, une telle attitude négative est difficile à modifier.

alliance thérapeutique

sommeil normal de l'adulte l.m.

adult’s normal sleep

Processus circadien actif de restauration ("circa diem" : proche de 25 heures), obéissant à des fluctuations périodiques du rythme veille-sommeil et ajusté à 24 heures sous l'influence, habituellement, de facteurs endogènes et de stimulations extérieures (synchroniseurs externes) : alternance lumière-obscurité, activité-repos du monde qui nous entoure, repas.
Son étude a largement bénéficié des travaux d'électrophysiologie moderne (A. L. Loomis, 1937, E. Aserinsky, 1953, N. Kleitman, 1963, ...).
L'éveil est caractérisé par des réactions comportementales et une activité électroencéphalographique (EEG) désynchronisée de type alpha (8 à 13 cycles/seconde).
Le sommeil lent (SOL) est marqué essentiellement par une activité EEG synchronisée avec prépondérance d'ondes thêta (3,5 à 7,5 cycles/ seconde). Il comporte quatre stades de profondeur croissante.
Le sommeil paradoxal (SP) se définit surtout par la présence conjointe d'une hypotonie musculaire généralisée, à l'exception de mouvements oculaires rapides, verticaux mais surtout horizontaux ("rapid eye movement sleep", ou "REM sleep"), d'un tracé EEG proche de l'éveil et, chez l'animal en milieu expérimental, par l'enregistrement d'une activité pontogéniculo-occipitale (GPO). L'hypotonie musculaire semble due à une inhibition des motoneurones spinaux, liée à une interruption du contrôle activateur par les noyaux réticulaires, mais également par les voies corticospinales.
Activité hallucinatoire survenant quatre à cinq fois par nuit, le rêve est plus fréquent lors du SP, mais non exclusif à cet état.
Le passage de l'éveil au stade 4 pendant les premières heures du sommeil est progressif et plus ou moins régulier. La première phase du SP apparaît entre 80 et 120 minutes environ après l'endormissement. Survient alors un second cycle de l'ordre de 90 minutes, terminé par une autre phase de SP. Quatre à cinq cycles différents se succèdent pendant la nuit. Le SP représente 20% du temps de sommeil total (TST).
Parmi les nombreuses modifications neurophysiologiques du sommeil, seront seulement citées les sécrétions hormonales, qui obéissent assez bien au rythme veille/sommeil.

A. L. Loomis, physicien (1937), E. Aserinsky (1953), N. Kleitman (1953 et 1963) neurophysiologistes américains

réticulée (formation) et fonction d'éveil, rêve

syndrome de Stockholm l.m.

Stockholm's syndrome

Type de manifestations affectives et comportementales rencontrées chez certaines victimes de prises d'otages caractérisées par des sentiments paradoxaux de sympathie et de compréhension à l'égard des ravisseurs, d'hostilité et de crainte vis-à-vis de l'autorité et des forces de l'ordre, persistant parfois au-delà de la libération (F. Ochberg).
Elles procèdent de mécanismes de défense complexes à l'égard du traumatisme psychique que représente l'agression dans laquelle une menace vitale est en jeu.

N. Bejerot, psychiatre et criminologiste suédois (1973) ; F. K. Ochberg, psychiatre américain (1978)

identification à l'agresseur, otage

thérapie cognitive l.f. 

cognitive therapy

Forme de psychothérapie centrée principalement sur les variables cognitives du sujet, reposant sur le modèle cognitif des troubles mentaux (cognitivisme).
La plus utilisée, la thérapie cognitive d'A. Beck, peut se dérouler ainsi : le sujet apprend à mettre en évidence les cognitions qui surgissent à son esprit dans diverses situations et sont à l'origine de ses troubles ; avec le thérapeute, il repère les mécanismes cognitifs perturbés et les schémas cognitifs profonds qui sous-tendent sa vision de lui-même et de son environnement ; il s'engage dans leur analyse rationnelle et critique, et dans leur remplacement par des cognitions plus adaptées, sous la conduite du thérapeute qui adopte une attitude "socratique" de questionnement ; celui-ci aide le patient à assouplir et à modifier peu à peu ses schémas cognitifs profonds. Le style direct,  pédagogique et actif, de cette thérapie permet au sujet de "travailler" sur ses variables cognitives.
Cette thérapie est structurée et limitée dans le temps. Axée sur le fonctionnement psychologique présent du patient, elle utilise diverses stratégies codifiées, dont beaucoup sont comportementales. C’est donc souvent une thérapie cognitivo-comportementale.
Diverses études contrôlées ont montré son efficacité dans le traitement des troubles dépressifs et de certains états anxieux.

A.T. Beck, psychiatre américain (né en1921)

toxicomane (prise en soins au long cours d'un) l.m.

long-term therapy of a drug addict

Traitement qui vise à arrêter la consommation de toxique et aide le sujet à conquérir les moyens de vivre dans un climat psychologique satisfaisant pour lui. Le sevrage n'est pas un préalable. La stratégie doit être individuelle, adaptée à la clinique.
En fonction de la situation et de la demande du sujet, peut être examinée l'opportunité d'un traitement dit de substitution.
Que l'objectif premier soit l'abstinence ou la maintenance, une relation de confiance est indispensable, ainsi que l'appel éventuel à d'autres intervenants. Une pathologie concomitante, dépressive, p. ex., sera traitée.
Le sevrage doit être préparé. Une postcure résidentielle est souvent nécessaire pour engager une relation au long cours. Le vécu du sujet désintoxiqué est surtout celui d'une souffrance avec culpabilité et sentiment d'infériorité, de hantise de la drogue, d'un désir de normalité et de la tentation d'abandonner l'effort. Il convient également d'aider le sujet à aménager son temps.
Sous réserve d'une période d'arrêt suffisante des opiacés (sept à 10 jours), la naltrexone, antimorphinique, peut constituer une aide contre l'impulsion à la reprise.
Chez le cocaïnomane, le syndrome de manque persiste plusieurs mois et un désir impérieux de retour au toxique peut brutalement relancer le processus. Ici, il s'agit moins de traiter le sevrage immédiat que de prévenir les rechutes. Les psychothérapies, en particulier cognitivocomportementales, sont largement utilisées.
La prise en soins des toxicomanes est souvent aléatoire du fait de fluctuations de la demande et de rechutes. Elle implique une grande disponibilité.

éthique en expérimentation animale l.f.

ethics in animal experiment

Cette attitude officiellement définie concerne les recherches expérimentales nécessitées d’une part en chirurgie pour la mise au point de protocoles opératoires, d’autre part en pharmacologie, en nutrition et en cosmétologie, pour évaluer l’activité de substances et leur éventuelle toxicité ainsi que les recherches toxicologiques qui font évidemment appel à une large participation d’animaux, en particulier de rongeurs (Rat, Souris).
Au fur et à mesure que se sont constitués des comités d’éthique, les principes de l’éthique en expérimentation animale ont été diffusés à partir de publications telles que la “Charte du Grice” ou la “Charte pour une éthique de l’expérimentation animale”, puis la “Charte nationale sur l’éthique de l’expérimentation animale” (2008) issue des comités régionaux, en s’ajoutant à d’autres dispositions plus anciennes.
Le rôle fondamental d’un tel comité d’éthique est de délivrer un avis à tout chercheur, préalablement à l’expérimentation projetée. Tout établissement d’expérimentation doit relever d’un comité et seulement d’un seul afin d’éviter les possibilités de choix et de tout “nomadisme”. Les membres participants, volontaires et non rétribués, au nombre de cinq par comité, doivent respecter une stricte confidentialité tant que les décisions des délibérations ne sont pas encore publiés.
L’évaluation éthique doit porter une attention particulière aux éventuelles agressions physiques ou comportementales auxquelles seraient soumis les animaux et éventuellement préconise les mesures à prendre en vue de supprimer ou d’alléger les effets de ces agressions
Etym.êthikon : la morale

éthique, comité d'éthique

[E3,D5]

Édit. 2018  

trouble de l’usage d’une substance psychotrope l.m.

Les classifications nosographiques regroupent sous cette appellation, l’ensemble des manifestations psychiques, physiques et comportementales, révélatrices d’une perte de contrôle de la consommation qui se répète malgré les conséquences individuelles (menaces sur la santé) et sociales  (menaces sur la situation familiale, professionnelle en particulier) négatives.
Le sujet a tendance à consommer davantage que souhaité ou prévu, à minimiser les conséquences de la consommation, échoue à interrompre sa consommation malgré des tentatives répétées du fait d’épisodes de craving, de l’apparition d’une tolérance ou de symptômes de sevrage.
Le trouble de l’usage peut être qualifié de léger,moyen ou grave.
Les substances susceptibles d’induire un trouble de l’usage sont nombreuses : alcool, tabac, caféine , médicaments benzodiazépiniques parmi les substances licites, cannabinoides, héroine, cocaine, amphétamines, hallucinogènes parmi les substances illicites.
Un arrêt de la consommation depuis plus de 3 mois et moins de 12 mois est qualifié de rémission précoce.
Un arrêt depuis plus de 12 mois est qualifié de rémission prolongée.
La notion de guérison ne peut être avancée qu’après 2 ans d’arrêt de toute consommation de la substance.
 

addiction, dépendance, craving, sevrage

[G4, H3]

Édit. 2020

asilisme n.m.

asylum dementia

Altération psychique pseudodémentielle chronique d'origine iatrogène, induite chez les malades mentaux par l'hospitalisation prolongée dans le milieu asilaire.
Liée à l'isolement des malades, à la perte de leurs repères familiaux et sociaux antérieurs, ainsi que de l'usage de leurs biens personnels, à leur dépendance économique et thérapeutique, elle était faite d'une régression globale des fonctions psychiques, avec apathie, perte d'intérêts, soumission passive à l'institution, inaptitude à élaborer l'avenir, manque d'individualisation. Tous signes qui aggravaient largement le déficit des patients.
Au XXèmesiècle, la dénonciation de cette situation devait déclencher une réaction des milieux médicaux, à la base de divers mouvements de désinstitutionnalisation. En France, ce fut la pratique des thérapies institutionnelles après la seconde guerre mondiale, puis l'instauration d'une politique de soins dite de secteur à partir de la circulaire du 15 mars 1960, entrée en vigueur 10 ans plus tard.

névrose institutionnelle

breakdown l. angl.

État dépressif réactionnel à une série de facteurs éprouvants le plus souvent inhérents à une activité socioprofessionnelle intense.
Le "breakdown des managers" en est l'exemple type.
Proche de la notion de dépression d'épuisement car secondaire à un excès de stimulations auquel le sujet ne se trouve plus en mesure de faire face, est réalisé un tableau de dépression classique : insomnie, inhibition, sensation d'épuisement, nervosisme, tristesse, pessimisme, incapacité à assumer la vie professionnelle. Il est généralement admis que la physiopathologie est celle d'un trouble de l'adaptation.
Le traitement consiste en : repos avec prise de distance par rapport à la situation déclenchante, traitement médicamenteux (antidépresseur, hypnotique, anxiolytique), thérapies à médiation corporelle (relaxation), psychothérapie cognitivo- comportementale (apprentissage à la gestion du stress), éventuel aménagement des conditions de vie socioprofessionnelle.

Étym. angl. breakdown : dépression

"burn-out" (syndrome du)

Édit. 2017

cancer du rein de l'adulte l.m.

adult renal carcinoma

Tumeur maligne née aux dépends du parenchyme rénal qui est dans la très grande majorité des cas une forme d’adénocarcinomes, parmi lesquels on distingue, les adénocarcinomes à cellules claires (tumeur de Grawitz) (70% des cas), les adénocarcinomes papillaires (10% des cas), les adénocarcinomes à cellules chromophobes (5% des cas) et les exceptionnels adénocarcinomes du tube collecteur.
Ces adénocarcinomes doivent être distingués des cancers urothéliaux dérvivés à partir du bassinet et de l’uretère dont l’histologie est celle du cancer de la vessie. Les autres lésions plus rarement rencontrées sont les tumeurs carcinoïdes, à petites cellules. Les lymphomes malins, les sarcomes, les cancers secondaires sont exceptionnels.
Avec 9100 nouveaux cas par an en France et une mortalité qui lui est liée de 3840 cas annuels (projections InVS 2011), l’incidence du cancer du rein est en augmentation. Il représente environ 3% des cancers en France. Il atteint plus volontiers l’homme (sex ratio : 2,1). Les facteurs de risque en sont l’insuffisance rénale des dialysés au long cours avec le risque de maladie kystique, dans une moindre mesure le tabagisme, l’hypertension artérielle, une obésité sévère, peut-être certaines professions exposées (industries sidérurgiques, pétrolières). Il existe des formes familiales entrant dans le cadre de la maladie de von Hippel- Lindau et héréditaires des adénocarcinomes papillaires (syndrome de Birt Hogg et Dubé)
Dans la majorité des cas le signe révélateur est une hématurie. Les métastases les plus fréquentes sont pulmonaires, osseuses et cérébrales. Le pronostic dépend du grade histopronostique (grade nucléaire de Fuhrman) et de l’extension précisée par la classification TNM. Le traitement en dépend ; il est essentiellement chirurgical dans les formes localisées. Peu radiosensible , il est pratiquement insensible à la chimiothérapie, il répond un peu mieux à l’immunothérapie non spécifique, les thérapies ciblées en particulier anti-angiogéniques paraissent prometteuses.

P. A. Grawitz, anatomopathologiste allemand (1883) ; E. von Hippel, ophtalmologiste allemand (1895) ; A.V. Lindau, anatomopathologiste suédois (1926) ; A. R. Birt, Georgina R. Hogg, W. J. Dubé, médecins canadiens (1977) ; Susan A. Fuhrman, anatomopathologiste américaine (1982)

Syn. carcinome du rein de l’adulte

adénocarcinome rénal, Birt, Hogg et Dubé (syndrome de), Fuhrman (grade nucléaire de), von Hippel-Lindau (maladie de), TNM classification

[F2,M2,M3]

cancer épidermoïde bronchique l.m.

squamous bronchopulmonary carcinoma

Classiquement, le plus fréquent des cancers bronchiques, le plus souvent de siège central, sur les bronches principales, lobaires et segmentaires.
Certaines formes ont un développement endobronchique prédominant. Le traitement, pouvant associer chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, voire thérapies ciblées, dépend de l'extension précisé par la classification TNM, la fonction respiratoire, l'état général.
Les cancers épidermoïdes peu différenciés seraient de plus mauvais pronostic

Syn. carcinome épidermoïde bronchique

cancer bronchique, TNM (classification)

[F2,K1]

chiropraxie n.f.

chiropractic

Méthode thérapeutique consistant en diverses manipulations manuelles sur les articulations, principalement la colonne vertébrale et se proposant de remédier à certaines affections de l'appareil locomoteur et parfois viscérales.
La chiropraxie a été proposée aux Etats Unis, presque à la même époque que l’ostéopathie, par Daniel David Palmer (1845-1913) qui imagina cette technique après avoir prétendument guéri un sourd par une simple manipulation vertébrale, et en avoir attribué l’effet à la correction d’une « subluxation vertébrale » responsable de la maladie. Suivant sa théorie, cette subluxation intervient en comprimant les nerfs ; les fonctions chimiques et physiques de l’organisme humain sont contrôlées par l’énergie vitale transmise par le système nerveux ; la correction des anomalies vertébrales permet de supprimer les interférences des courants nerveux et de rétablir dans les nerfs un courant électrique normal, nécessaire à la concentration des solutions tissulaires. Le côté spirituel est évoqué par Barlett Joshua Palmer : le corps humain est le temple de Dieu ; chaque cellule cérébrale envoie son message par un câble, la fibre nerveuse, qui aboutit à un récepteur, la cellule tissulaire. En fondant son école, Daniel D.Palmer insiste sur l’orientation scientifique qu’il souhaite lui donner notamment par l’étude approfondie de l’anatomie, ce que confirme le livre de Mabel H. Palmer. Au terme de leur formation, identique à celle que dispensent les écoles de médecine, mais avec l’application des théories de Palmer et l’interdiction de prescrire des médicaments, les étudiants ont le titre de docteur en chiropratique (CD). Certains y ajouteront PhD, après avoir passé une thèse d’université.
A partir des Etats Unis, l’ostéopathie et la chiropratique se sont considérablement développées en Europe, en commençant par l’Angleterre, avec une préférence du monde anglo-saxon pour les chiropraticiens, jugés plus scientifiques, alors que l’ostéopathie devenait de plus en plus populaire en France.
La première reconnaissance officielle de la chiropraxie intervient avec l’article 75 de la loi du 4 mars 2002 : « L’usage professionnel du titre d’ostéopathe ou de chiropracteur est réservé aux personnes titulaires d’un diplôme sanctionnant une formation spécifique à l’ostéopathie ou à la chiropraxie délivrée par un établissement de formation agréé par le ministre chargé de la santé dans des conditions fixées par décret ».
Il faut attendre le décret du 7 janvier 2011 en application de la loi pour que soient précisés les actes et les conditions d’exercice de la chiropraxie :
-Article 1 – Les praticiens justifiant d’un titre de chiropracteur sont autorisés à pratiquer des actes de manipulation et mobilisation manuelles, instrumentales ou assistées mécaniquement, directes et indirectes, avec ou sans vecteur de force, ayant pour seul but de prévenir ou de remédier à des troubles de l’appareil locomoteur du corps humain et de leurs conséquences, en particulier au niveau du rachis, à l’exclusion des pathologies organiques qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agents physiques. Ils exercent dans le respect des recommandations de bonnes pratiques établies par la Haute Autorité de santé.
Ces actes de manipulation et mobilisation sont neuro-musculo-squelettiques, exclusivement externes. Ils peuvent être complétés par des conseils ou des techniques non invasives conservatrices et non médicamenteuses à visée antalgique.
-Article 2 – il précise les conditions dans lesquelles un chiropracteur non médecin doit orienter son patient vers un médecin.
-Article 3 –
I – Le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur ne peut effectuer les actes suivants : 1° manipulation gynéco-obstétricale – 2° touchers pelviens
II – Après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à la chiropraxie, le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur est habilité à effectuer les manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois.
III – Les actes de manipulation du rachis cervical sont réalisés, par le praticien justifiant d’un titre de chiropracteur, sous réserve des restrictions prévues en annexe.
IV – Les dispositions prévues aux points I à III ci-dessus ne sont pas applicables aux médecins ni aux autres professionnels de santé lorsqu’ils sont habilités à réaliser ces actes dans le cadre de l’exercice de leur profession de santé et dans le respect des dispositions relatives àleur exercice professionnel.
-Les articles 4 à 16 précisent les conditions d’acquisition et d’usage du titre de chiropracteur tant pour les ressortissants français que pour les ressortissants d’un état membre de l’Union Européenne ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen.
-Une annexe au décret du 7 janvier 2011 spécifie les circonstances dans lesquelles une manipulation ou une mobilisation cervicale ne doit pas être pratiquée en chiropraxie.
Le décret du 20 septembre 2011  «  relatif à la formation des chiropracteurs et à l’agrément des établissements de formation en chiropraxie » et l’arrêté du 24 mars 2014 « relatif aux dispenses d’enseignement susceptibles d’être accordées en vue de la préparation au diplôme permettant d’user du titre de chiropracteur », complètent cette réglementation.
Biblio. – Thérapies complémentaires – acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi – leur place parmi les ressources de soins – rapport 13-04 de D. Bontoux, D. Couturier, C-J. Menkès au nom d’un groupe de travail, devant l’Académie Nationale de Médecine le 5 mars 2013 –Bull.Acad. Natle Méd., 2013, 197, n°3, 717-757

Étym. gr. kheir : main ; praxis : action, mouvement

chiropraticien, chiropracteur, ostéopathie, médecine manuelle de Robert Maigne

[G5 ]

cognitivisme n.m.

cognitivism

Théorie explicative du fonctionnement psychologique de l'individu et modèle de compréhension des troubles émotionnels et comportementaux (A. Beck et A. Ellis).
Le cognitivisme considère que de nombreux troubles (dépressifs et anxieux surtout) sont liés aux cognitions (pensées automatiques surgissant à l'esprit, images mentales, etc.) présentes chez le sujet à des moments donnés (p. ex. : "Je vais m'évanouir" ou "Je dois avoir l'air stupide" ou "J'échoue dans tout ce que j'entreprends").
Le cognitivisme utilise le modèle métaphorique du traitement de l'information : dans une situation donnée ("input"), l'individu "traite" les informations qu'il reçoit de son environnement pour produire une interprétation de cette situation sous la forme de cognitions ("output"). Celles-ci peuvent être irrationnelles, inadaptées, donc source d'émotions pénibles et de comportements-problèmes quand des erreurs de traitement de l'information (distorsions cognitives) ont pu se produire dans la lecture de l'environnement. D'autres variables cognitives, plus profondes dans l'organisation psychologique de l'individu, contrôlent à la fois le traitement de l'information et les cognitions du sujet : ce sont ses schémas cognitifs. Ils représentent l'ensemble des croyances et des convictions intimes que le sujet entretient sur lui-même et sur le monde, et correspondent souvent à l'intériorisation précoce de règles familiales ou sociales, ou à l'impact d'évènements de vie marquants.
L'approche cognitive se démarque des sciences cognitives, dans la mesure où son principal intérêt est le développement de stratégies thérapeutiques (les thérapies cognitives).

A. T. Beck, psychiatre américain né en 1921 et A. Ellis, psychologue américain (1913-2007)

thérapies cognitives

[H]

communication n.f.

communication

Émission et transmission d'un message par une personne ou un groupe et sa réception par autrui avec des erreurs possibles, liées surtout au codage de la langue parlée ou écrite, du langage mimogestuel, par l'émetteur, puis au décodage par le récepteur. Processus fragile d'action et de rétroaction, qui permet interaction et synchronisation entre les communiquants.
Pour certains la communication est la matrice sociale de la psychiatrie, la clinique psychiatrique est une pathologie de la communication et dès lors, les psychothérapies deviennent des thérapies de la communication par la communication. La pathologie communicationnelle apparaît très liée à des asynchronies ou des dyssynchronies.
Ainsi, malgré une dérive causaliste ultérieure vers une étiologie spécifique unique, purement sociale, la communication paradoxale avec double lien a été considérée comme un facteur fondamental d'un état schizophrénique.
Des approfondissements et des remaniements de ces concepts ne peuvent qu'intervenir.

métacommunication

[E]

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