post-partum (psychose du) l.
post-partum psychose
Affection rare, débutant le plus souvent au premier mois après l'accouchement (parfois retardée : psychose de la lactation), chez des primipares de 25 à 35 ans avec, pour un tiers d'entre elles, environ des antécédents psychiatriques, en particulier maniacodépressifs, et ayant fréquemment subi une césarienne ou le décès d'un enfant en période prénatale.
Environ 55% des cas de psychose de la grossesse se déclarent pendant la quinzaine qui suit l’accouchement et 30% plus tard. 15% surviennent pendant la grossesse proprement dite.
Quatre tableaux cliniques principaux sont décrits : psychose délirante aigüe à forte charge anxieuse (non-reconnaissance de l'enfant, négation de son existence), accès maniaque, accès mélancolique, psychose d'allure schizophrénique. Un tiers environ de l'ensemble comporte également un niveau confusionnel incitant à la recherche d'une organicité. Une hospitalisation est souvent nécessaire, avec essai de maintien du lien mère-enfant, prévention d'un risque médicolégal (hétéro-agressivité possible), traitement psychotrope et au besoin sismothérapie.
Fluctuante, l'évolution de ces psychoses est en règle favorable, sous réserve de rechutes possibles à très court terme, surtout de type thymique, d'un mode d'entrée schizophrénique, d'un risque de récidive 100 fois plus élevé lors d'une autre grossesse qu'en l'absence de cet antécédent, et de l'ordre de 30% en dehors de la puerpéralité.
S'agissant de la prévention des formes thymiques, dans les seules études ouvertes publiées, le lithium, prescrit après l'accouchement, paraît utile malgré son délai d'action de plusieurs jours. Classiquement, il nécessite l'interruption de la montée laiteuse par d'autres traitements que la bromocriptine, agoniste dopaminergique considéré parfois comme inducteur d'états maniaques.
Syn. psychose puerpérale
pustulose exanthématique gravidique l.f.
generalized pustular psoriasis of pregnancy, impetigo herpetiformis
Affection rare et grave de la femme enceinte, survenant au deuxième ou troisième trimestre de la grossesse, caractérisée par un exanthème aigu généralisé se recouvrant d'un semis de pustules superficielles confluant en nappes, avec grave altération de l'état général, et pouvant évoluer vers la mort malgré la corticothérapie; en cas de guérison après l'accouchement la dermatose peut récidiver lors d'une grossesse ultérieure; la mort du fœtus survient dans près d'un tiers des cas.
La structure histologique de la pustule, qui est de type spongiforme multiloculaire, la rapproche du psoriasis pustuleux de von Zumbusch et de la pustulose exanthématique aigüe généralisée, dont elle se distingue par ses conditions de survenue, la grossesse, et par une hypercalcémie à laquelle certains attachent une grande valeur diagnostique.
F. von Hebra, Ritter, dermatologiste autrichien (1872); M. Kaposi, dermatologiste autrichien, membre de l'Académie de médecine (1887)
Syn. impétigo herpétiforme de Hebra-Kaposi
stérilité primaire l.f.
primary infertility
Incapacité à concevoir dans un couple qui n’a jamais eu ni grossesse, ni fausse couche spontanée, ni interruption volontaire de grossesse, ni grossesse extra-utérine.
stérilité secondaire l.f.
secondary infertility
Incapacité à concevoir à nouveau pour un couple dans lequel une grossesse est dejà survenue, ne serait-ce qu’une fausse couche, une interruption volontaire de grossesse ou une grossesse extra-utérine.
syndrome isotrétinoïne l.m.
isotretinoin syndrome
Association de malformations fœtales due à l'effet tératogène de l'isotrétinoïne (Roaccutane®), médicament commercialisé pour le traitement de l'acné kystique, en cas d'exposition intempestive de la mère au cours du premier trimestre de la grossesse.
Le risque de malformations après absorption per os d'isotrétinoïne est de l'ordre de 20%. Les nouveau-nés atteints peuvent présenter des malformations telles qu'hydrocéphalie, microcéphalie, anomalies des oreilles, cardiopathies conotroncales et anomalies des membres. Il existe également un risque de fausse-couche et de naissance prématurée. L'exposition in utero à l'isotrétinoïne peut également affecter le comportement de l'enfant à naître.
Après une application topique d'isotrétinoïne commercialisée sous forme gel pour application locale, les taux plasmatiques de l'isotrétinoïne et de ses métabolites sont en dessous du seuil de détection et ne présentent pas de risque tératogène. L'utilisation d'isotrétinoïne sous forme topique est tout de même à éviter en cas de grossesse.
Pour des raisons de sécurité, on conseille d'arrêter un traitement au moins un mois avant de mettre en route une grossesse. La patiente doit être informée de l'existence d'un risque tératogène significatif, et même si la morphologie fœtale est normale à l'échographie ; des effets sur le comportement de l'enfant ne peuvent pas être exclus.
Syn. embryofœtopathie à l’isotrétinoïne
Réf. Orphanet, Elisabeth Robert-Gnansia, généticienne française (2006)
→ embryofœtopathie, acné kystique, hydrocéphalie, microcéphalie
[A4, H1, J1, K2 ]
Édit. 2019
utérus cicatriciel l.m.
scarred uterus
Utérus dont la paroi présente une cicatrice.
Cette cicatrice succède à une césarienne segmentaire, segmentocorporéale ou corporéale, mais aussi à une intervention ayant porté sur le corps (myomectomie, hystéroplastie, résection de la corne utérine après salpingectomie ou cure de grossesse interstitielle, réimplantation tubo-utérine, suture d'une plaie perforante de l'utérus, perforation au cours d'un curetage ou rupture utérine au cours d'une grossesse antérieure), sur l'isthme (lésion traumatique au cours d'un curetage ou d'une dilatation forcée du col par bougie de Hegar), sur le col (déchirure cervicale, amputation ou électrocoagulation). La diminution de la solidité de la cicatrice myométriale expose au risque de désunion au cours d'une nouvelle grossesse.
E. A. Hegar, gynécologue allemand (1881)
→ utérus, césarienne, myomectomie, hystéroplastie, salpingectomie, grossesse interstitielle, Hegar (bougie de)
absence congénitale du vagin l.f.
congenital absence of the vagina
Agénésie du vagin chez une jeune fille dont le caryotype est normal.
Elle s'accompagne le plus souvent d'une agénésie des trompes et de l'utérus qui est réduit à deux bourgeons rudimentaires. Elle se révèle par une aménorrhée primaire. Elle se traite par la création chirurgicale d'un néovagin destiné uniquement à permettre les rapports sexuels, sans possibilité de menstruation ni de grossesse. Parfois pourtant l’agénésie isolée du vagin est surmontée d'un utérus fonctionnel siège d'une hématométrie et dont l'abaissement et l'anastomose à la vulve permettent la restitution des règles et quelquefois une grossesse si l'isthme utérin est préservé.
Syn. Syndrome de Rokitansky-Kuster-Hauser
[O3,Q3]
Édit. 2016
accident gravidocardiaque l.m.
cardiac complications of pregnancy
Complication des cardiopathies observées pendant la grossesse, déclenchée par l’aggravation progressive ou paroxystique d’une cardiopathie préexistante, congénitale ou acquise au cours ou au décours d’une grossesse.
Les accidents gravidocardiaques les plus fréquents sont une défaillance cardiaque aigüe ou paroxystique, une embolie pulmonaire, un trouble du rythme, parfois dès le début du 2ème trimestre, une endocardite bactérienne... En France, ces accidents sont devenus beaucoup plus rares depuis que sont plus précocement décelées et traitées les cardiopathies congénitales et traitées les cardiopathies rhumatismales.
Étym. lat. accidens : ce qui survient
[K2,O3]
Édit. 2016
adénome hypophysaire à prolactine l.m.
prolactine pituitary adenoma
Bien que la prolactine (PRL) ait été l’hormone antéhypophysaire la plus tardivement identifiée, les adénomes à prolactine constituent la variété la plus fréquente et médicalement la mieux maîtrisée des tumeurs hypophysaires, réduisant spectaculairement leurs conséquences sur les troubles menstruels et l’infertilité.
Les prolactinomes constituent environ 40% des tumeurs des tumeurs hypophysaires, sont présents chez un individu sur 1000. Leur expression prédomine dans le sexe féminin où ils sont déterminent typiquement un syndrome aménorrhée-galactorrhée, parfois simplement une anovulation responsable d’infertilité, ou une aménorrhée primaire lorsque l’affection survient à l’adolescence ; la recherche de céphalées typiquement rétro-orbitaires, d’altérations visuelles et de signes d’hypopituitarisme est indispensable. Chez l’homme l’expression est pauvre, se marquant simplement par l’absence de libido, si bien que l’affection se révèle souvent tardivement au stade tumoral de macroprolactinome.
L’affirmation de la maladie est permise par la mesure de la PRL dont la valeur est constamment accrue (> 20 ng/mL) : modérément dans les microprolactinomes, mais avec des concentrations qui peuvent excéder plusieurs milliers lors des macroprolactinomes. En l’absence d’adénome prolactinique, un accroissement de la PRL s’observe aussi du fait d’artéfacts méthodologiques (macroprolactinémies correspondant à l’agrégat de molécules de PRL par des immunoglobulines), ou en raison d’hyperprolactinémies « fonctionnelles » qu’explique la levée du frein de l’hypothalamus sur la sécrétion hypophysaire de PRL (lors de craniopharyngiomes et d’autres atteintes hypothalamiques, de pathologies de la tige pituitaire, de divers processus expansifs hypophysaires…), de l’hypothyroïdie, de situations d’hyperoestrogénie, de prises médicamenteuses (neuroleptiques, antiémétiques…..).
L’IRM identifie la tumeur hypophysaire : microprolactinome de moins de 1 cm de diamètre hypo-intense en T1, hypersignal en T2 se rehaussant après injection de gadolinium ; image de macroprolactinome refoulant l’hypophyse saine, déviant la tige pituitaire, avec parfois expansion suprasellaire s’appuyant sur la chiasma optique, ou envahissement du sinus sphénoïdal ou des sinus caverneux ; voire adénome géant de plus de 3 cm de diamètre, se comportant comme une véritable tumeur cérébrale.
L’enquête ophtalmologique (champ visuel au Goldman, test de Lancaster…) ne se justifie qu’en cas d’appui ou de menace du chiasma ou des sinus caverneux.
L’évaluation des autres axes antéhypophysaires à la recherche d’un déficit, ou d’une hyperproduction hormonale associée (GH, TSH…) est indispensable, de même qu’une réflexion sur le caractère familial de la tumeur hypophysaire ou l’éventualité d’endocrinopathies associées.
L’affection relève essentiellement de thérapeutiques médicales par les agonistes dopaminergiques : surtout sous forme de cabergoline en prise hebdomadaire qui permet la réduction et souvent la normalisation du taux de PRL, la régression des signes cliniques, la réduction voire la disparition de la tumeur. La chirurgie se discute surtout en cas de tumeur mixte, de résistance ou d’intolérance au traitement médical.
Seulement en cas de bon contrôle morphologique et fonctionnel, la grossesse est autorisée traditionnellement avec la prescription de bromocriptine, ou aussi d’un autre dopaminergique (notamment de cabergoline), en interrompant la médication dès le début de la conception, et en assurant une surveillance essentiellement clinique. La médication est parfois maintenue tout au long de la grossesse dans les macroprolactinomes.
Étym. gr. adên : glande ; ome : tumeur
Syn. prolactinome
→ adénome hypophysaire, prolactine, dopaminergiques, cabergoline, bromocriptine
[F5, O4]
Édit. 2020
algodystrophie de la hanche l.f.
hip algodystrophy
Douleur intermittente siégeant dans les hanches pendant la grossesse, uni- ou bilatérale.
Elle affecte éventuellement d'autres articulations des membres inférieurs. Parfois très invalidante, elle disparaît dans les semaines qui suivent l'accouchement. Elle traduirait une ostéoporose transitoire de la grossesse comme le montrent parfois les radiographies.
Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant une gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer
[I1]
Édit. 2017
anémie gravidique l.f.
anemia of pregnancy
Diminution, au cours de la grossesse, de la quantité d'hémoglobine circulante fonctionnelle.
Classiquement c’était une anémie para-biermerienne, grave, par défaut d'absorption des folates. C’est le plus souvent aujourd'hui une anémie hypochrome hyposidérémique par carence en fer, surtout chez la multipare. Elle ne doit pas être confondue avec l’anémie apparente, due à l’hémodilution physiologique de la grossesse.
Étym. gr. an privatif, haimos sang
[F1,O3]
Édit. 2017
anencéphalie m.f,
anencephaly
Défaut de fermeture du tube neural caractérisée par l'absence totale ou partielle de voûte crânienne et de cuir chevelu, le cerveau étant absent ou réduit à une masse de taille réduite.
Sa prévalence à la naissance est comprise entre 1 cas pour 5 000 et 1 cas pour 2 000. La plupart des cas sont morts nés, mais on a observé des nouveau-nés ayant survécu quelques heures à quelques jours. A l'autopsie, l'anencéphalie est, dans la plupart des cas, associée à une absence de surrénales. L'anencéphalie est probablement le résultat d'une interaction entre des facteurs génétiques et environnementaux. Des cas familiaux ont été décrits, compatibles avec une hérédité de type récessive autosomique, mais la plupart des cas sont sporadiques. Des déficits en acide folique et en zinc ont été retrouvés comme facteurs de risque, de même que l'obésité maternelle. Le diagnostic prénatal peut être fait facilement à l'échographie dès le premier trimestre de la grossesse, devant l'absence de visibilité de la voûte crânienne. La prévention de la récurrence pour les grossesses ultérieures passe par la prescription de 4 mg/jour d'acide folique, dès avant la conception et jusqu'au milieu du 2ème mois de grossesse.
[A4,H1,O3,O6,Q3,Q4]
Édit. 2017
anomalies chromosomiques l.f.p.
Anomalies de nombre ou de la structure d’un ou de plusieurs chromosomes dans un génome, elles peuvent être constitutionnelles ou acquises.
Les anomalies chromosomiques constitutionnelles, cause fréquente d’anomalie du développement embryo-fœtal, sont à l’origine d’environ 50 % des avortements spontanés survenant pendant le premier trimestre de la grossesse.
Les anomalies chromosomiques acquises, observées au cours de processus malins ne siègent qu'au niveau des cellules tumorales (ex. chromosome philadelphie de la leucémie myéloïde chronique)
Les deux grands types d’anomalies chromosomiques constitutionnelles concernent le nombre ou la structure des chromosomes.
- Les anomalies du nombre des chromosomes, dites aneuploïdie, peuvent être homogènes (présentes dans toutes les cellules), ou en mosaïque (présentes dans une proportion variable de cellules). L'origine des anomalies homogènes se situe soit au moment de la méiose pendant la formation des cellules reproductrices soit lors des premières divisions mitotiques du zygote, après la fécondation. On peut distinguer :
. la présence d’un chromosome supplémentaire : trisomie,
. la perte d’un des deux chromosomes d’une paire : monosomie.
Le facteur de risque prédominant des anomalies de disjonction chromosomique méiotique est l’âge maternel élevé.
- Les anomalies de structure des chromosomes qui résultent de la survenue de cassures chromosomiques suivies par un ou plusieurs recollements anormaux peuvent affecter un ou plusieurs chromosomes ; ce sont les translocations. Elles peuvent être équilibrées ou non :
. les anomalies équilibrées n’entraînent pas de déséquilibre du matériel chromosomique et n’ont habituellement pas d’effet phénotypique, à l’exception de la situation au cours de laquelle la cassure en interrompant un gène entraîne une maladie génétique correspondante. Les anomalies équilibrées peuvent entraîner, lors de la méiose, la formation de gamètes déséquilibrés donnant des zygotes anormaux, ce qui se traduira par la survenue d'avortements ou par la naissance d'enfants porteurs d'anomalies congénitales ;
. les anomalies non équilibrées peuvent survenir de novo c’est-à-dire de façon accidentelle (délétions, translocations non équilibrées de novo, etc.) ou être la conséquence d’un remaniement parental équilibré.
Le dépistage chromosomique prénatal est actuellement basé sur l’étude combinée de marqueurs échographiques (mesure de l’épaisseur de la nuque fœtale) et marqueurs biologiques (dosage de plusieurs substances dans le sang maternel) au premier trimestre de grossesse.
→ chromosome, chromosome philadelphie, aneuploïdie, mosaïcisme, méiose, zygote, trisomie, monosomie, translocation
[Q1,Q2,Q3]
Édit. 2017
antiprogestérone n.f.
antiprogesterone
Inhibiteur compétitif des récepteurs de la progestérone, exerçant une action contragestive, comme la mifégyne ou RU 486.
Elle permet l'interruption volontaire précoce des grossesses, en complément d'un analogue de la prostaglandine E1, le misoprostol. Elle entraîne l'expulsion de fœtus morts in utero aux 2ème et
3 ème trimestres de la grossesse. Elle facilite l'effet des analogues des prostaglandines pour les interruptions thérapeutiques ou médicales tardives de la grossesse.
Aschheim et Zondek (réaction d') l.f. (obs)
Aschheim-Zondek’s pregnancy test
Méthode de diagnostic biologique de la grossesse.
L'injection d'urine de femme gravide à la souris femelle impubère entraine en 96 heures la formation de grands follicules ovariens, de follicules hémorragiques et de corps jaunes atrétiques. Analogue à la réaction de Friedman et Brouha sur la lapine, elle est actuellement remplacée par les tests immunologiques de grossesse.
S. Aschheim, gynécologue allemand et B. Zondek, gynécologue israélien d’origine allemande (1928)
aspiration endo-utérine l.f.
intra uterine aspiration
Méthode d'évacuation utérine utilisée en cas d'avortement spontané, de grossesse môlaire ou d'interruption volontaire de grossesse.
Elle se pratique avec une canule montée sur un système à dépression introduite à travers l'orifice cervical préalablement dilaté.
assurance maternité l.f.
Système légal d’assurance prenant en charge les frais engagés à l’occasion de la grossesse, de l’accouchement et de ses suites normales, par une assurée, la conjointe ou la concubine non assurée d’un assuré, un ou des enfants à charge d’un assuré.
1) Le système impose un suivi médical régulier pour la mère dès le troisième mois de la grossesse et pour l’enfant jusqu’à l’âge de six ans.
2) Des indemnités en espèces pour perte de salaire sont versées à l’assurée elle-même.
avortement différentiel l.m.
differential abortion
En cas de grossesse gémellaire, avortement spontané ou provoqué d'un fœtus malformé, la grossesse se poursuivant pour le jumeau normal.
avortement partiel l.m.
selective abortion
Réduction du nombre d'embryons en début de grossesse, en cas de grossesse multiple.
Justifiée par le risque élevé de complications et de prématurité lié aux grossesses triples ou quadruples, elle se pratique à 9 ou 10 semaines d'aménorrhée sous contrôle échographique, soit par aspiration transcervicale, soit par ponction transabdominale. Elle peut entraîner une élimination involontaire de tous les fœtus.
avortement provoqué et psychisme l.f.
voluntary interruption of pregnancy and psychism
Acte volontaire qui traduit une situation de détresse de la femme enceinte, qu'elle seule peut apprécier (loi française de 1974).
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) représente souvent une réponse à l'inexpérience ou à l'ignorance d'une jeune femme qui n'a pas su, pu ou voulu employer des moyens contraceptifs. Elle pourrait même être vécue comme un moyen de contraception, comme le laisse à penser la relative fréquence de ses répétitions. Plus rarement, il s'agit d'une véritable compulsion abortive, répétitive, parfois rationalisée par le droit à la libre disposition de soi-même.
Généralement, l'avortement provoqué ne s'accompagne pas de problèmes psychiques particuliers dans l'immédiat.
À la suite de cet acte, un bref "post-abortum blues" est possible. Des manifestations anxiodépressives peuvent se pérenniser ou resurgir à distance, notamment à la date prévue de l'accouchement, lors d'une grossesse ou à la ménopause.
A contrario, s'il y a eu refus ou impossibilité de l'IVG, un profond ressentiment est susceptible d'apparaître chez les candidates. Nombreux sont les enfants non désirés qui, du moins jusqu'à l'entrée dans l'âge adulte, présentent des difficultés d'ordre social, scolaire et psychique.
béance cervico-isthmique l.f.
cervical incompetence
Anomalie de continence du col et de l'isthme utérin ne permettant pas la poursuite d'une grossesse jusqu'à terme.
Sa fréquence varie selon les auteurs de 0,05 à 1%. Le diagnostic est évoqué après un ou plusieurs avortements du deuxième trimestre caractérisés par une survenue rapide, sans contractions utérines ni métrorragies. La béance cervico-isthmique est confirmée par l'anamnèse, par l'hystérographie qui montre un élargissement du défilé cervico-isthmique avec un aspect en cheminée, et le calibrage du col utérin par des bougies de Hégar. L'anomalie en est le plus souvent acquise par dilatations cervicales lors de curetages, déchirures du col utérin postopératoires après amputation ou conisation cervicale ; elle peut être congénitale ou anatomique, ou encore fonctionnelle. Le traitement repose sur le cerclage du col utérin réalisé entre 14 et 18 semaines de grossesse.
Syn. incompétence cervicale
Édit. 2017
béance cervico-isthmique fonctionnelle l.f.
functional cervical incompetence
Variété de béance cervico-isthmique n'apparaissant que pendant la grossesse alors que le bilan anatomique réalisé en dehors de celle-ci par hystérographie ou calibrage du col par les bougies de Hégar est normal.
L'évocation d'une telle anomalie justifierait la recherche de la béance pendant la grossesse par échographie, voire un calibrage pergravidique ; une béance fonctionnelle peut traduire une mauvaise adaptation du contenu utérin au contenant, par exemple dans les grossesses multiples où la pratique d'un cerclage du col utérin reste controversée.
→ Hegar (bougie de), cerclage du col utérin
Édit. 2017
béance cervico-isthmique traumatique l.f.
traumatic cervical incompetence
Incontinence cervico-isthmique de l’utérus dû à un traumatisme mécanique.
La cause la plus fréquente est une dilatation forcée du col utérin, en vue d'un curetage ou d'une interruption de grossesse, et ce d'autant plus que le terme de la grossesse est tardif. Peuvent également être en cause l'arrachement des fibres cervico-isthmiques par la curette, des déchirures du col utérin secondaires à des manœuvres obstétricales manuelles ou instrumentales, une expulsion avant dilatation complète, ou encore un accouchement trop rapide en « boulet de canon ». L'amputation du col utérin ou la conisation comportent également un risque accru de béance.
Édit. 2017
bêta-HCG sigle f.
HCG β sub-unit
Sous-unité spécifique de l'hormone chorionique gonadotrope (HCG).
Son dosage permet le diagnostic précoce de la grossesse à partir du 24ème jour du cycle. La concentration d’HCG augmente rapidement pour atteindre un maximum entre la 7ème et la 10ème semaine de grossesse puis diminue progressivement. Le taux d’HCG est très élevé dans les grossesses môlaires. C'est un marqueur tumoral des chorio-carcinomes placentaire et testiculaire.
Syn. sous-unité β de l’hormone chorionique gonadotrope
→ gonadotrophine chorionique, grossesse môlaire, chorio-carcinome
Édit. 2017
bi-amniotique adj.
biamniotic
Qualifie les grossesses gémellaires présentant deux poches amniotiques.
Les grossesses bi-amniotiques peuvent être soit mono-soit bi-choriales ; en cas de grossesse mono-choriale, la membrane interamniotique est constituée exclusivement des deux amnios accolés ; en cas de grossesse bi-choriale, la membrane interamniotique est constituée de quatre feuillets : au centre, les deux chorions fusionnés et, de part et d'autre, les deux amnios.
Syn. di-amniotique
Édit. 2017