Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hormones hypophysaires l.f.p.

Hormones produites par les différents lobes de l'hypophyse :

- corticotropine (ACTH), gonadotropines (LH et FSH), somatotropine (GH), la thyrotropine (TSH), prolactine (PRL) secrétes par l’antéhypophyse ;
- ocytocine et vasopressine libérées par la post-hypophyse.

Étym. gr. hormaô : j'excite

[O4]

hormones hypothalamiques l.f.p.

hypothalamic hormones, hypothalamic releasing hormones

Neurohormones hypothalamiques qui exerce une action stimulatrice ou au contraire freinatrice sur la sécrétion des hormones de l’antéhypophyse.
L’hypothalamus sécrète deux catégories d’hormones :
- les unes, appelées libérines ou releasing hormones, qui après passage dans le système porte hypothalamo-hypophysaire agissent sur les sécrétions hormonales de l’antéhypophyse soit pour les stimuler : thyrolibérine, corticolibérine, somatolibérine, gonadolibérine, prolactine releasing hormone, soit au contraire pour les freiner : somatostatine, prolactine inhibiting hormone ou dopamine ;
- les autres, qui sont transportées par vois axonale depauis l’hypothalamus jusqu'à la post-hypophyse où elles sont stockées puis libérées : ocytocine et vasopressine

Étym. gr. hormaô : j'excite

libérine, releasing hormone, thyréolibérine, corticolibérine, somatolibérine, somatostatine, gonadolibérine, prolactine releasing hormone prolactine inhibiting hormone, ocytocine, vasopressine

[O4]

hormones mâles l.f.p.

androgen

Hormones responsables de l'apparition et du maintien des caractères sexuels mâles primaires et secondaires.
Chimiquement dérivés de l'androstane, les androgènes sont principalement sécrétés sous forme de testostérone et d’andostènedione par les cellules de Leydig du testicule, soumis au contrôle stimulant de la LH hypophysaire. En réponse à la même stimuline, de faibles quantités d’hormones mâles sont également produites par la thèque interne de l’ovaire. Enfin sous le contrôle de l’ACTH antéhypophysaire, la zone réticulée des corticosurrénales sécrète la déhydroépiandrostérone surtout sous forme de sulfate, précurseur d’androgènes et aussi d’œstrogènes.
Les hormones mâles sous l’influence de l’aromatase, constituent des précurseurs d’œstrogènes. Ils sont métabolisés par le foie et éliminés dans les urines sous forme de 17 -cétostéroïdes.
La principale hormone mâle est la testostérone. Grâce à la 5alpha-réductase, la testostérone s’active en dihydrotestostérone qui exprime une action puissamment virilisante au niveau de ses récepteurs spécifiques. Les hormones mâles possèdent aussi un effet anabolisant évident sur l’os, et le muscle (où la testostérone est directement active). Elles modifient la répartition des graisses qui affectent une topographie androïde. Elles contribuent au risque athéromateux. Les hormones mâles favorisent la croissance osseuse, mais aussi à fortes doses la maturation des cartilages de croissance, d’où le risque de petite taille définitive en cas de puberté précoce, ou d’administration intempestive chez l’enfant et l’adolescent. Dans le sexe féminin, les hormones mâles favorise l’hirsutisme et le virilisme pilaire, et à fortes doses la virilisation.

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. hormone androgène

androstane, aromatase, 5-alpha-réductase

[O4]

hormones mélanotropes l.f.p. (MSH)

melanostimulating hormones,

Elle existe sous deux formes : l’alpha-MSH directement dérivée de la pro-opiomélanocortine, et la bêta-MSH constituée par les 13 premiers aminoacides de l’ACTH.
Se liant aux mélanocytes, les MSH (mélanotropines) favorisent la pigmentation de la peau et des muqueuses. Les hormones gonadiques (œstrogènes et testostérone), les hormones thyroïdiennes contribuent aussi à la mélanogénèse.

Syn. hormone mélanostimulante

mélanotropine, pro-opiomélanocortine

[O4]

hormones minéralocorticoïdes l.f.p.

mineralocorticoid hormones

Groupe d’hormones sécrétées par la zone glomérulée (la plus externe) des glandes corticosurrénales dont l’action principale s’exerce sur le métabolisme hydrominéral.
Les hormones minéralocorticostéroïdes sont des dérivés de la progestérone portant un hydroxyle sur le carbone 21 : 21-hydroxyprogestérone (désoxycorticostérone), corticostérone et aldostérone, la plus importante. Leur synthèse est surtout dépendante de l’activité de l’angiotensine II (en réponse à la production de rénine) et de celle de l’enzyme de conversion. La synthèse des minéralocorticoïdes est aussi directement dépendante de la kalièmie.
Ces hormones favorisent la rétention du sodium et du chlore au niveau du tube contourné proximal et distal du néphron. Celle-ci s’effectue en échange de potassium. Indirectement la rétention de NaCl favorise la rétention hydrique, et constitue un puissant facteur de contrôle de la volémie et de la pression artérielle.
Syn hormone minéralcorticostéroïde

Étym. gr. hormaô : j'excite

aldostérone, corticostérone, désoxycorticostérone, rénine

[O4]

hormones minéralocorticostéroïdes l.f.p.

mineralocorticoid hormones

hormones minéralocorticoïdes

[O4]

hormones ovariennes l.f.p.

ovarian hormones

Hormone stéroïde sécrétée par l'ovaire au cours du cycle menstruel.
Il s'agit essentiellement des œstrogènes sécrétés par la thèque interne du follicule puis par le corps jaune, de la progestérone et de la relaxine sécrétées par le corps jaune au cours de la phase lutéale, de l'inhibine et plus accessoirement des androgènes sécrétés par le stroma.

Étym. gr. hormaô : j'excite

Syn. hormones sexuelles

œstrogène, progestérone, androgène, relaxine, inhibines, risques cérébrovasculaires des hormones œstroprogestatives

[O4]

hormones placentaires l.f.p.

placental hormones.
Hormones sécrétées par le placenta.
Elles sont de natures diverses :
- soit protéique : l'hormone chorionique gonadotrope (ou hCG), l'hormone chorionique somatotrope (appelée aussi hormone placentaire lactogéne placentaire ou HPL ou hormone chorionique somatomammotrope), le neural growth factor (NGF ou facteur de croissance des cellules nerveuses), la relaxine, accessoirement la protéine placentaire PP ;
- soit stéroïde : testostérone et œstrogènes biosynthétisés à partir du sulfate de déhydro-épiandrostérone (ou SDHEA, androgène de la surrénale fœtale, désulfaté dans le foie fœtal et aromatisé dans le placenta)
La progestérone biosynthétisée à partir de la 8ème semaine d'aménorrhée, à partir du cholestérol plasmatique, se substitue à la progestérone du corps jaune pour assurer le maintien de la grossesse.

Étym. gr. hormaô : j'excite

[O4]

Édit. 2015

hormones posthypophysaires l.f.p.

Hormones libérées par le lobe postérieur de l'hypophyse (vasopressines et ocytocyne), en réalité élaborées au sein de l’hypothalamus.

R. A. Turner, J. G. Pierce et V. du Vigneaud, prix Nobel de chimie en 1955, biochimistes américains (1951)

vasopressine, ocytocine

[O4]

hormones sexuelles l.f.

sexual hormone

hormone ovarienne, hormone androgène

[O4]

hormones stéroïdes l.f.p.

steroid hormones

Hormones ayant une structure dérivée des stérols.
Plus précisément ce terme désigne les hormones caractérisées par les doubles liaisons conjuguées (delta) 4-3-céto.
On distingue les hormones dérivées du prégnane (progestérone, minéralocorticostéroïdes, glucocorticostéroïdes), de l'androstane (testostérone, androstène-dione, déhydro-épiandrostérone) et de l'œstrane (œstrogènes).

Étym. gr. hormaô : j'excite

androstane, œstrane, prégnane

[O4]

Édit. 2015

hormones thyroïdiennes l.f.

thyroid hormone, iodothyronines (T3, T4), calcitonine (CT)

Les cellules vésiculaires de la thyroïde élaborent les iodothyronines dont les formes circulantes actives sont constituées par la thyroxine (T4 ou tétraiodothyronine) et la T3 (ou triiodothyronine) qui développent des effets ubiquitaires. Une autre hormone, la calcitonine, produite par les cellules parafolliculaires (cellules C), possède un rôle physiologique modeste.
Les iodothyronines se constituent à partir de l’iode, capté par les cellules folliculaires, oxydé, et immédiatement transformées en iodotyrosines (MIT et DIT). Leur couplage conduit à la formation de T3 et T4 qui sont des iodothyronines, constituées de 2 cycles phénols réunis par un pont diphényléther liant 3 ou 4 atomes d’iode (celui-ci constitue 70% du poids molécilalaire de la T4). Les hormones ainsi fomrées au pôle apical des cellules vésiculaires sont stockées au sein de la thyroglobuline (Tg) qui est le constituant essentiel de la colloïde. L’internalisation de la Tg puis sa digestion enzymatique pas les lysosomes permet la libération des hormones dans le sang circulant au pôle poséro-basal. Les hormones se lient à des protéines de transport (TBG, TBPA, albumine) et seule une très faible quantité d’homones libres exerce leur action au niveau des tissus cibles. Celle-ci est permise par pénétration transmebranie active grâce à des transporteurs (OATP, MCT10 et 8) puis liaison aux récepurs nucléaires TR et TR. La métabolisation homronale implique des désiodases de type 1, 2 ou 3 qui constituent des facteurs d’activation ou d’inactivation. La régulation de la production des hormones thyroïdiennes implique particulièrement la TSH et la charge en iode. Les iodothyronines sont fortement impliquées dans le développement statural, la production de chaleur ; globalment elles accèlèrent l’activité et des tissus et des des organes (cœur, intestin, cerveau, muscle, os…)
La calcitonine est un polypeptide de 32 aminoacides, sécrété par les cellules C, aussi par d’autres celules normales ou tumorales. En aigu, elle est susceptible de bloquer la résoption osseuse, de réduire le degré des hypercalcémies. Elle est utisée aussi pour le traitment des algoneurodystrophies. L’accroissement franc du taux circulant de la CT est un marqueur diagnostique et pronostique précieux des cancers médullaires de la thyroïde. Un accroissement discret s’observe aussi du fait du tabagisme, de l’obésité, de l’insuffisance rénale, de l’auto-immunité antithyroïdienne et au cours des pseudohypoparathyroïdies.

Étym. gr. hormaô : j'excite

T3, T4, calcitonine, exploration fonctionnelle de la thyroïde

[O4]

hormonodépendance l.f.

Processus tissulaire, d'un organe, d'une tumeur, susceptible d'être influencé dans son développement par une action hormonale.
En urologie le type en est l'adénocarcinome prostatique, dont l'évolution est sous la dépendance des androgène (par ailleurs sensible aux œstrogènes). Cette sensibilité peut s'atténuer ou se perdre au cours de l'évolution.

Syn. hormonosensibilité

échappement hormonal

[O4]

hormono-indépendance l.f.

Processus tissulaire, d'un organe, d'une tumeur, dont l'évolution ou le développement n'est soumis à aucune forme d'action hormonale.
P. ex. les tumeurs neuro-endocrines de la prostate sont insensibles à l'action des androgènes et des œstrogènes, contrairement à l'adénocarcinome.

[O4]

hormonosensible adj.

Sensible à l’action d’une hormone.

[O4]

hormonothérapie

hormonal treatment

Traitement impliquant l’utilisation des hormones.
L’hormonothérapie peut être substitutive en cas d’une insuffisance de sécrétion hormonale. Elle peut être aussi utilisée dans le traitement de cancers dont l’évolution dépend en partie de l’environnement hormonal essentiellement cancers de la prostate et du sein. Elle peut être alors soit soustractive (castration ou équivalent) ou s’opposer à l’action des hormones naturelles (anti œstrogènes anti-aromatases, agonistes de la LHRH).

G. T. Beatson, Sir, chirurgien britannique (1896) ; Ch. B. Huggins chirugien américain, prix Nobel en 1966 (1941)

agonistes de la LHRH, anti-aromatases, anti-oestrogènes, cancer de la prostate, cancer du sein castration, hormones, hormonothérapie du cancer de la prostate, hormonothérapie du cancer du sein

Édit. 2015

hormonothérapie anticancéreuse n.f.

hormonal treatment, hormonotherapy.
Utilisation thérapeutique pour le traitement des cancers d'une hormone ou d’une substance s’opposant à une activité hormonale.
L'hormonothérapie supprime en principe l'activité hormonale qui entretient la prolifération cellulaire. , p. ex. le cancer du sein chez la femme, le cancer de la prostate chez l'homme. Elle agit par effet cytostatique. Les antihormones, l'acétate de cyprotérone anti-androgène ou le tamoxifène, anti-œstrogène, se substituent à l'hormone dans le complexe hormono-récepteur de la cellule cible.
La sensibilité est évaluée par la mesure de leur contenu en récepteurs hormonaux. : cancer de la prostate, cancers du sein exprimant des récepteurs d’œstrogènes et/ ou de progestérone.
Pour le cancer de la prostate sont utilisés les agonistes de la LHRH et les anti-androgènes.
Pour le cancer du sein, sont utilisés les anti-œstrogènes, les antiaromatases, les agonistes de la LHRH, les progestatifs.

LHRH (agonistes de la), antiandrogènes, anti-œstrogènes, antiaromatases, progestatifs

[O4,G5,F2]

Édit. 2015

hormonothérapie du cancer du sein l.f.

breast cancer hormonal treatment

L'hormonothérapie du cancer du sein consiste à empêcher l'action stimulante des hormones féminines sur les cellules cancéreuses.
Elle n’est active que si les cellules cancéreuses possèdent des récepteurs hormonaux ce qui est rencontré dans près de 70% des cas. Ces récepteurs sont des protéines, situées à la surface de la cellule cancéreuse,, qui détectent et captent les œstrogènes ou la progestérone du sang circulant. Plus le taux des récepteurs est élevé , plus la tumeur réagit à une hormonothérapie.  
Les traitements médicamenteux agissent par voie générale, c'est-à-dire dans l'ensemble du corps, sur toutes les cellules sensibles aux hormones. Les principaux produits utilisés sont des anti-ostrogènes, des agonistes de la LHRH, des inhibiteurs des aromatases. C'est un traitement au long cours administré soit sur plusieurs années à titre adjuvant d’une forme localisée pour prévenir le développement des métastases, soit dans les formes évoluées jusqu’à son échec. Un échec d’une première hormonothérapie ne préjuge pas de l’inefficacité d’une autre. Plus rarement on fait appel à la castration chirurgicale, en irradiant les ovaires.

G. T. Beatson, Sir, chirurgien britannique (1896)

agonistes de la LHRH, anti-aromatases, anti-oestrogènes, cancer du sein, castration, hormones, récepteur hormonal

[F2, G3, G5]

Édit. 2020

Horner n.pr.

J. F. Horner, ophtalmologiste suisse (1869)

Claude Bernard-Horner

Horniker (syndrome d‘) l.m.

Horniker‘s syndrome

Rétinopathie caractérisée par un oedème maculaire avec un aspect étroit des vaisseaux périmaculaires, évoluant le plus souvent vers la guérison.
Cette manifestation de nature angiospastique est associée à une acrocyanose.

E. Horniker ophtalmologiste autrichien (1927) ; A. Kitahara ophtalmologiste japonais (1936)

acrocyanose, angiospastique

[ K4, P2]

Édit. 2

Hornstein-Knickenberg (syndrome de) l.m.

Syndrome à transmission autosomique dominante que certains distinguent nosologiquement du syndrome de Birt, Hogg et Dubé, dont il partage la symptomatologie clinique et histologique, à cause de la survenue possible de néoplasies viscérales bénignes ou mal

O. Hornstein et Monika Knickenberg, dermatologistes allemands (1975) ; A.R. Birt, dermatologiste, Georgina R. Hogg, antomopathologiste et W. J. Dubé, médecin canadiens (1977)

Birt, Hogg et Dubé (syndrome de)

[Q2,F2,F3,L1]

Édit. 2015

horoptère n.m

horopter

Lieu géométrique des points de l'espace dont les images rétiniennes sont situées sur des points rétiniens correspondants.

[P2]

horripilation n.f.

horripilation

Erection des poils sous l’influence de certaines agresssions ( froid, peur …).

Étym. lat. horrere : se hérisser, pilus : poil

[J1]

horror fusionis l.f.

horror fusionis
Incapacité, primitive ou secondaire, de certains sujets strabiques à superposer, fusionner ou neutraliser deux stimulus visuels présentés de façon haploscopique.
Elle se traduit subjectivement par une diplopie permanente et un mouvement apparent incessant des stimulus l'un par rapport à l'autre.

Syn. répulsion, aversion maculaire

correspondance, haploscopie

[P2]

hors autorisation de mise sur le marché (AMM)l. f.

off-label indications

Qualifie un médicament rendu disponible sans autorisation officielle de mise sur le marché, c’est-à-dire en dehors des indications validées et énoncées dans le dossier résumé des caractéristiques du produit considéré (RCP), rédigé par la société pharmaceutique responsable et approuvé par les instances gouvernementales (AFSSAPS).
L’utilisation hors AMM peut concerner la posologie, les modalités d’administration (rythme, voie), la durée du traitement, les indications du médicament…

autorisation de mise sur le marché

[G5]

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