Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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hypoacousie n.f.

hearing loss, hypacusia, hypacusis, hypacousia

Diminution de l'acuité auditive.
Liée à une lésion des voies de l'audition, elle peut s'accompagner d'acouphènes à type de bourdonnement ou de sifflement.

Étym. gr. hypo et akoustikos, qui concerne l'ouïe.

Syn. surdité

→ surdité

hypoacousie chez l'enfant l.f.

child hypoacousia

Acuité auditive insuffisante pour permettre à l'enfant d'apprendre sa propre langue, de participer aux activités normales de son âge, de suivre avec profit l'enseignement scolaire.
Cinq catégories sont distinguées : audition normale ou subnormale, déficience légère, moyenne, sévère et profonde. De la précocité du diagnostic dépendent les mesures à prendre, qu'elles soient thérapeutiques, psychologiques ou éducatives.

hypoaction d'un muscle oculomoteur l.f.

underaction of oculomotor muscle

Action insuffisante d'un muscle oculomoteur, dont l'excursion paraît normale lors des ductions, qui est appréciée par comparaison avec l'action de son synergique opposé lors des versions.
En pratique, pour mettre en évidence cette hypoaction, la procédure est identique à celle utilisée pour mettre en évidence une hyperaction. Pour les muscles verticaux, souvent les hypoactions s'imposent d'elles-mêmes en plaçant les axes visuels dans le champ d'action principale des muscles concernés, le nez servant d'écran.

hypoactivité vésicale l.f.

underactive bladder

Absence d'apparition de la contraction vésicale même pour des remplissages vésicaux très élevés.
La valeur pathologique de cette constatation doit tenir compte des inhibitions psychogènes possibles lors de l'examen.

hypoadrénocorticisme avec hypoparathyroïdie et moniliase superficielle l.m.

hypoadrenocorticism with hypoparathyroidism and superficial moniliasis

J. Whitaker, pédiatre américaine (1956)

→ Whitaker (syndrome de)

hypoalbuminémie n.f.

hypoalbuminemia

Diminution de la teneur plasmatique en albumine au-dessous de 30 g/L souvent associée, en fonction de la cause, à des anomalies des autres fractions protidiques.
La diminution de la pression oncotique du plasma qu’elle entraîne expose à la constitution d'œdèmes généralisés.
Les causes sont multiples et diverses : syndrome néphrotique, brûlures étendues, carence protidique sévère, insuffisance hépatique, etc.
Lorsque l’hypoalbuminémie est secondaire à une insuffisance hépatocellulaire telle qu’on peut l’observer au cours de la cirrhose, les œdèmes sont absents ou discrets, l’épanchement liquidien prédomine dans la cavité péritonéale constituant une ascite.
L’hypoalbuminémie est un élément essentiel de la définition du syndrome néphrotique.

→ œdème, ascite

[M1,L1,R1]

hypoaminoacidémie n.f.

hypoaminoacidemia

Diminution de la teneur du sang en acides aminés.
Relativement rare, elle peut s'observer au cours de crises néphrotiques et de certaines malnutritions protidiques comme le kwashiorkor.

→ kwashiorkor

hypoazoturie n.f.

hypoazoturia

Diminution de la quantité d'urée et d'autres petites molécules azotées dans l'urine.
Elle s'observe dans les atteintes graves du foie, telles que cirrhose, dégénérescence graisseuse, cancer, par diminution de l'uréogénèse, ainsi que dans diverses néphrites, par rétention de l'urée.

hypobare adj.

hypobaric

Se dit d'une pression ambiante plus faible que la pression atmosphérique, ou d'une solution de densité plus faible que celle du liquide cérébrospinal.

Étym. gr. hupo : au-dessous ; barus : lourd (pour pression)

→ rachianesthésie

hypobêtalipoprotéinémie n.f.

hypobetalipoproteinemia

Diminution de la teneur du sang en β-lipoprotéines.
A côté des formes hétérozygotes d'alpha-bêta-lipoprotéinémies, on connaît des maladies familiales où la concentration des bêta-lipoprotéines est faible : maladie d'Anderson.

Charlotte M. Anderson, pédiatre australienne (1961)

→ Anderson (maladie d')

hypobêtalipoprotéinémie familiale l.f.

hypobetalipoproteinemia familial

Hypobêtalipoprotéinémie avec diminution du cholestérol sans présence d'acanthocytes dans le sang.
Les homozygotes du gène ont les signes d'une maladie de Bassen-Kornzweig mais un peu moins sévère, leurs parents hétérozygotes ont un taux de cholestérol plasmatique réduit. Deux gènes différents donnent donc le phénotype de la maladie de Bassen-Kornzweig : l'un est dominant (hypobêtalipoprotéinémie familiale) et seuls les homozygotes ont l'affection complète, l'autre est récessif (abêtalipoprotéinémie) et l'atteinte est moins sévère. Locus du gène ApoB en 2p24. L’affection est autosomique dominante (MIM 107730).

F. A. Bassen et A. L. Kornzweig, médecins américains (1950) ; D. Steinberg, biochimiste américain (1988)

→ apoB, abêtalipoprotéinémie normotriglycéridémique de type Steinberg

hypoblaste n.m.

hypoblast

Feuillet inférieur du disque embryonnaire didermique à partir duquel se forme la membrane de Heuser ((9ème jour du développement de l’embryon).
Avec la membrane de Heuser avec laquelle il est en continuité au niveau de la marge du disque embryonnaire, il forme la limite de la vésicule vitelline primitive ou cavité exocœlomique. Au cours de la formation du disque embryonnaire tridermique (3ème semaine du développement), il sera envahi et refoulé par l’invagination des cellules de l’épiblaste qui vont former entoblaste embryonnaire.

Syn. trophoblaste primaire

→ disque embryonnaire didermique, membrane de Heuser, marge du disque embryonnaire, vésicule vitelline primitive, cavité exocœlomique, disque embryonnaire tridermique, épiblaste, entoblaste, trophoblaste

[A4,O6]

hypocalcémie n.f.

hypocalcemia

Diminution de la teneur du sérum sanguin en calcium au-dessous de 80 mg/L (2 mmol/L, calcémie corrigée).
Elle doit être interprétée en fonction de la teneur en protides car toute hypoprotidémie s'accompagne d'un abaissement du calcium non ionisé.
Les causes en sont nombreuses :
- carences par défaut d'apport alimentaire ou par défaut d'absorption intestinale;
- hypoparathyroïdie, hyperphosphatémie, hypomagnésémie, syndrome néoplasique avec sécrétion accrue de calcitonine;
- pancréatites aigües, insuffisance rénale surtout chronique (défaut de l'hydroxylation rénale en 1, 25-dihydroxycholécalciférol);
- certaines ostéomalacies ;
- médicaments tels que les chélateurs ou l’apport de citrate de sodium (autrefois, lors de l'administration de transfusions massives) ;
- produits industriels, antirouilles, éthylène-glycol ;
- alcalose gazeuse qui abaisse le calcium ionisé ;
- hypovitaminose D.
A l'examen, on observe des troubles neuromusculaires avec des signes de tétanie (paresthésies, contractions fasciculées anarchiques ou soutenues avec extension dorsale du poignet, hyperextension des doigts, abduction du pouce - «main d'accoucheur»). Ils peuvent être provoqués par une épreuve d'hyperpnée, par la pose d’un garrot veineux (signe de Trousseau), ou par la percussion péribuccale (contracture des muscles de la région : signe de Chvosteck).
Il existe aussi des signes électrocardiographiques (allongement de l'espace QT, parfois diminution de la contractilité myocardique). Les signes cliniques, qui peuvent totalement manquer, sont atténués par l'acidose et augmentés par l'alcalose.
L'hypocalcémie est observée dans certaines ostéomalacies.

→ calcémie, rachitisme, ostéomalacie, insuffisance rénale, tétanie, vitamine D, parathormone, calcitonine

[R1,O4,L1,I1]

hypocalciurie n.f.

hypocalciuria

Baisse de l'élimination rénale du calcium au-dessous de 0,03 mmol/kg/24 h consécutive soit à des apports alimentaires très faibles, soit à une absorption intestinale insuffisante, soit à un déficit rénal sévère.

hypocapnémie n.f.

hypocapnemia

→ hypocapnie

hypocapnie n.f.

hypocapnia

Diminution de la quantité de dioxyde de carbone dans le sang artériel, qui s'observe en cas d'hyperventilation.
La pression partielle de dioxyde de carbone artériel est inférieure à la limite normale (PaCO2 = 50 kPa ≈ 38 mm de Hg).
L'hypocapnie est le plus souvent la conséquence d'une hyperpnée d'origine centrale par lésion des centres bulbaires, d'une hypoxémie ou d'une ventilation mécanique exagérée.
Elle provoque l'excitation du système parasympathique, d'où hypotension et sécheresse de la peau, elle déprime les centres respiratoires, réduit le débit sanguin cérébral ce qui peut provoquer une crise de «tétanie», des convulsions puis la perte de conscience, si la Pa CO2 est inférieure à 13 hPa = 10 mm de Hg. Ainsi l'hyperpnée de la peur peut provoquer des vertiges et des crises de «tétanie». De même au cours de manœuvres de réanimation en urgence, une ventilation artificielle exagérée peut aggraver un collapsus et même conduire à l'arrêt cardiaque (collapsus de reventilation).
L'hypocapnie prolongée conduit à l'alcalose gazeuse avec augmentation de la concentration des bicarbonates plasmatiques et abaissement de la concentration en H+ (pH > 7,42).
La compensation métabolique est modérée en cas d'hypocapnie aigüe transitoire, elle est importante en cas d'hypocapnie prolongée.
Brutale, elle entraîne une alcalose gazeuse ; chronique elle est compensée par un abaissement du taux des bicarbonates, qui prévient l’alcalose. L’hypocapnie tend à inhiber le centre respiratoire, entraînant ainsi le ralentissement, voire l’arrêt de la respiration.

→ collapsus de reventilation, électrisation, hyperpnée, normocapnie

hypochlorémie n.f.

hypochloremia

Diminution du taux de chlore du sérum sanguin au-dessous de 95 mmol/L.
Elle relève de deux processus parfois associés : soit déficit chloré qui peut être prédominant, consécutif à des vomissements, ou associé à des pertes sodiques soit processus de dilution par apports d'eau excessifs.
Elle se rencontre dans la déshydratation chez le nourrisson présentant une sténose hypertrophique duodénopylorique.

hypochlorhydrie n.f.

gastric hypoacidity

Présence d'une faible quantité d'acide chlorhydrique dans la sécrétion gastrique.
Elle s'observe dans certaines gastrites ou cancers et parfois en l'absence de cause connue.

→ gastrite, gastrite achlorhydrique

hypochlorite de chaux l. m.

lime hypochlorite

→ chlorure de chaux

hypochlorite de sodium l.m.

sodium hypochlorite

Dérivé oxygéné du chlore, stable seulement en solution aqueuse, surtout utilisé comme désinfectant particulièrement actif contre bactéries et virus.
Pour une désinfection grossière en cas d’urgence et générale de locaux, on utilise aussi le “chlorure de chaux”, hypochlorite de calcium impur. Les chloramines sont d’un maniement plus facile et de moindres effets irritants.

→ eau de Javel, solution de Dakin, eau de Labarraque, chloramines, degré chlorométrique

[C1]

hypocholestérolémiant adj.

Qui abaisse la cholestérolémie.
Ce sont les statines, l’ézétimibe et les fibrates.

→ statines, ézétimibe, fibrates

[G5]

hypocholestérolémie n.f.

hypocholesterolemia

Diminution de la teneur plasmatique en cholestérol à moins de 3,0 mmol/L ou 1,2 g/L.
Elle s'observe dans les défaillances fonctionnelles hépatiques graves, dans certaines maladies infectieuses chroniques, dans des cas de malabsorption intestinale ou de malnutrition, ainsi que dans les hyperthyroïdies et dans certaines hypolipoprotéinémies congénitales.

hypochondrogénèse n. m.

hypochondrogenesis

ostéochondrodysplasie létale caractérisée par un défaut de constitution du cartilage et de l’ossification enchondrale.
C’est une forme modérée de l’achondrogénèse, le nanisme et les troubles de l’ossification sont moins importants ; les côtes sont courtes, les vertèbres ovoïdes, aplaties et mal ossifiées, le bassin hypoplasique. La transmission est autosomique dominante liée à une mutation du gène COLA1 en 12q13.1 codant pour le collagène II comme l’achondrogénèse de type II de Langer-Saldino dont c’est une variante allénique.

L. O. Langer Jr,médecin  radiologue américain (1969) ; R. M. Saldino, médcin radiologue américain (1971)

Étym. gr. hypo : sous, khondros : cartilage ; gènesis : formation

→ achondrogénèse

hypochondroplasie n.f.

hypochondroplasia

Forme mineure de l’achondroplasie qui se traduit également par la brièveté des membres, un canal vertébral étroit, mais dont le déficit statural, les anomalies de la face et des extrémités sont plus modérés.
De transmission autosomique dominante, elle est due comme l’achondroplasie (et comme le nanisme thanatophore qui est létal) à des mutations du récepteur de croissance fibroblastique, FGFR3 (locus en 4p16.3) mais qui sont différentes ; l’hypochondroplasie est due à la mutation au codon 540 de FGFR3 (domaine de la thyrosinekinase1) l’achondroplasie à la mutation au codon 380. Une hétérogénéité génétique de la maladie existe cependant.

F. Ravenna, médecin italien (1913) ; A. Léri, médecin français (1924)

Étym. gr. hypo : sous ; khondros : cartilage ;plassein :former,modeler

→ achondroplasie, FGFR3 gene

hypochrome adj.

Dont la coloration est plus faible que la normale.

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