humanisation de l'hôpital l.f.
Ensemble des mesures d’organisation prises depuis une vingtaine d’année afin de rendre l’hôpital public plus accueillante, plus attentif aux souhaits des malades et de leurs familles.
Extension des heures de visite, installation de boutiques, de cafétéria, ouverture des consultations externes l’après-midi et même en soirée, confort des chambres avec installations sanitaires particuliers, téléphone, etc.
humanisé adj.
humanized
Terme s’appliquant essentiellement aux souris et aux anticorps monoclonaux auxquels sont conférés des propriétés spécifiques de l’espèce humaine.
Les anticorps humanisés appelés zu-mab sont moins immunogènes que les anticorps chimériques appelés xi-mab (partie murine variable et partie humaine constante) parce que chez les premiers toutes les séquences d’acides aminés provenant de la souris sont remplacées par des séquences humaines à l’exception des CDR responsables des propriétés antigèniques de l’anticorps. Plus récemment, des anticorps totalement humanisés ont été obtenus par d’autres techniques que celle de l’hybridome (expression phagique ou « phage display » et souris transgéniques). Ces anticorps humanisés sont mieux tolérés et plus efficaces, leur duré de vie étant celle des IgG humaines naturelle
[C3,F3,G5]
Édit. 2017
humectant n. m. et adj.
moistering agent, moistering
Substance utilisée pour conserver l’hydratation des aliments d’origine industrielle ainsi que celle des téguments et des produits cosmétiques.
Le sorbitol et le polydextrose sont utilisés par l’industrie agroalimentaire.
En cosmétique ce sont de petites molécules, en particulier les polyols (glycérol, sorbitol, propylène glycol), capables de pénétrer au sein même du cytoplasme des cellules superficielles de l'épiderme, d'y attirer et de retenir l'eau. Elles agissent en apportant des constituants du NMF (natural moisturizing factor).
Syn. mouillant, humidifiant
Ant. dessicant
→ natural moisturizing factors
[J1]
humérus n.m.
humerus (TA)
humerus
Os long qui forme à lui seul le squelette du bras.
Le corps de l’humérus comporte trois faces : antéro-médiale, antéro-latérale et postérieure. L’extrémité proximale présente trois reliefs : la tête de l’humérus articulée avec la cavité glénoïde de la scapula et reliée au reste de l’épiphyse par le col anatomique ; deux massifs d’insertions musculaires: le grand tubercule (trochiter) et le petit tubercule (trochin) séparés par le sillon inter-tuberculaire (coulisse bicipitale). L’ensemble de l’extrémité proximale est relié au corps de l’humérus par le col chirurgical. L’extrémité distale comprend une surface articulaire, le condyle huméral, articulé avec l’extrémité proximale des deux os de l’avant-bras : cette surface articulaire est constituée en dedans par la trochlée de l’humérus et en dehors par le capitulum de l’humérus (anc. condyle). La surface articulaire est en continuité en dedans avec l’épicondyle médial et en dehors avec l’épicondyle latéral.
[A1]
Édit. 2015
humeur n.f.
mood
Disposition affective fondamentale, riche de toutes les instances émotionnelles et instinctives, qui donne à chacun de nos états d'âme une tonalité agréable ou désagréable, oscillant entre les deux pôles extrêmes du plaisir et de la douleur (J. Delay, 1947).
La régulation de l'humeur, ou fonction thymique, est influencée normalement, de façon plus ou moins fluctuante et contingente, par l'environnement, en fonction des dispositions de base de chacun.
Quelle que soit l'importance respective de ces facteurs, le rôle de structures cérébrales comme le diencéphale (thalamus et hypothalamus) et le système limbique, apparaît de façon de plus en plus cohérente. Dès lors, sur ces bases scientifiques, n'assiste-t-on pas à un retour partiel, aux très anciennes théories des humeurs ? L'excès de bile noire n'était-il pas jugé responsable de la mélancolie ?
J. Delay, neuropsychiatre et écrivain français, membre de l’Académie française et de l’Académie de médecine (1947)
Étym. lat. humor : liquide
Syn. thymie
[H4]
humeur (stimulant de l') l.m.p.
mood stimulant
[H3]
humeur aqueuse l.f.
humor aquosus (TA)
aqueous humor
Liquide transparent contenu dans les chambres antérieure et postérieure du bulbe de l’œil.
Il est formé de composés non colloïdaux plasmatiques. Il contribue au maintien de la pression intraoculaire. Il fournit les éléments nutritifs nécessaires au cristallin. Sa composition chimique est voisine de celle de l’humeur vitrée. L’humeur aqueuse constitue le milieu interne du bulbe de l’œil ; c’est un produit de sécrétion et d’ultra filtration qui serait élaboré essentiellement dans le corps ciliaire.
[P2]
humeur de Scarpa l.f.
A. Scarpa, anatomiste et chirurgien italien, membre de l'Académie de médecine (1752-1832)
[K4]
Édit. 2015
humeur vitrée l.f.
humor vitreus (TA)
vitreous humor
Masse de consistance visqueuse, gélatineuse, semi-liquide, transparente, qui occupe l’espace compris entre la face postérieure du cristallin et la rétine.
Elle se compose de fibrilles et d’humeur vitrée et constitue l’un des milieux réfringents du bulbe de l’œil. Cette masse hyaline est contenue dans une enveloppe transparente, la membrane vitrée (la hyaloïde). Elle est traversée en son centre par le canal hyaloïdien.
[P2]
Édit. 2015
humidificateur n.m.
humidifier
Appareil permettant d'humidifier l'air inspiré.
L'humidification de l'air se fait normalement dans l'espace mort (nez, trachée et bronches). Lorsque l'espace mort naturel est réduit du fait d'une trachéotomie ou d'une intubation trachéale, il est nécessaire d'humidifier l'air inspiré.
Plusieurs types d'appareils sont utilisés : pulvérisateurs sous pression près de l'orifice de trachéotomie en respiration spontanée, humidificateurs chauffants, à ultrasons ou à évaporation sur le circuit d'insufflation en ventilation artificielle.
Rappelons la vieille méthode d'humidification de l'air de la chambre du malade en faisant bouillir une infusion de feuilles d'eucalyptus.
→ aérosol, échangeur de chaleur et d'humidité, espace mort, humidité relative
[G5]
humidificateur à évaporation l.m.
evaporating humidifier
Humidificateur dont le principe repose sur l'évaporation.
S'ils ont une grande surface, ces dispositifs permettent d'humidifier les chambres de malades et, en respiration mécanique, d'humidifier l'air insufflé. Pour éviter de colmater la surface d'évaporation par du calcaire et de disperser des germes virulents on doit utiliser de l'eau distillée stérile et nettoyer fréquemment ces dispositifs.
humidificateur à nébulisation l.m.
vaporising humidifier
Humidificateur utilisant une production d'aérosols d'eau.
Quel que soit le procédé de production des aérosols (nébuliseur, ultrasons) le risque de contamination par voie respiratoire est considérable, il est indispensable de stériliser le dispositif régulièrement et de n'y verser que de l'eau stérile.
humidité absolue l.f.
absolute humidity
Masse de vapeur d'eau présente par unité de volume de gaz humides.
On l'exprime généralement en mg/L ou en g/m3, ce qui revient au même.
Étym. lat. humor : humidité
[B1]
humidité relative l.f.
relative humidity
Rapport de la pression partielle de vapeur d'eau dans l'air à celle de la vapeur saturante au-dessus d'une surface plane d'eau à même température.
L'humidité relative, PH2O /PH2Osat, s'exprime généralement en pourcentage. L'air alvéolaire est saturé à 100% d'humidité. L'air ambiant a généralement un taux d'humidité compris entre 50 à 70% à une température inférieure à celle du corps. Si cet air est chauffé, comme la pression de vapeur saturante augmente avec la température, son humidité relative diminue. Comme la température de la trachée est en général plus élevée que celle de l'air extérieur, l'insufflation d'air ambiant directement dans la trachée dessèche les voies aériennes.
→ vapeur
[B1]
humoral adj.
humoral.
Terme ancien qui se réfère aux « humeurs », nom utilisé autrefois pour désigner les liquides extracellulaires : sérum, lymphe, sécrétions.
On parle encore d’immunité humorale pour désigner l’ensemble des molécules en solution dans les liquides biologiques participant à la réponse immunitaire : système du complément, coagulation, cytokines, médiateurs solubles et anticorps. On parle de réponse humorale pour désigner la synthèse d’anticorps consécutive à l’introduction d’un antigène dans un organisme.
[F3]
humps n.m.
Volumineux dépôts extramembraneux en "bosse" ou en "chapeau de gendarme" observés essentiellement dans la glomérulonéphrite aigüe postinfectieuse.
[M1]
Hunner (ulcère de) l.m.
Hunner's ulcer
Lésion ulcéreuse trophique de la paroi vésicale, cause de douleurs et pollakiurie, pouvant s'observer dans le cadre d'une cystite interstitielle.
G. L. Hunner, gynécologue américain (1915)
[M2]
Édit. 2018
Hunter (glossite de) l.f.
Hunter's glossitis
Variété de glossite réalisant une langue dépapillée par atrophie des papilles filiformes, donnant un aspect vernissé, luisant et rouge vif.
Cette glossite, symptomatique de l'anémie de Biermer, est due à une carence en cyanocobalamine ou vitamine B12, dont les causes sont multiples. Les lésions régressent après traitement substitutif.
W. Hunter, médecin britannique (1900) ; M. Biermer, médecin interniste allemand (1868)
→ Biermer (anémie de), glossite, cyanocobalamine
[P3, F1]
Édit. 2018
Hunter (maladie de) l.f.
Hunter's disease, Hunter’s syndrome, gargoylism, mucopolysaccharidosis II
Mucopolysaccharidose de type II (MPS II), en rapport avec une anomalie de l’enzyme lysosomique iduronate-2-sulfatase responsable d’anomalies cliniques multiples, secondaires à l’accumulation de dermatane-sulfate et d’héparane-sulfate.
Il existe deux formes, l’une sévère MPS IIA (survie jusqu'à 10 ans) et l’autre compatible avec une survie plus longue (50 ans) et une descendance, MPS IIB. L’enfant est normal à la naissance puis, comme dans la plupart des mucopolysaccharidoses, s’observent un retard de croissance, une dysostose, un nanisme et un retard psychomoteur. Il existe également une surdité, une hépatosplénomégalie, des anomalies cardiaques, des pigmentations rétiniennes réticulées périphériques et une atrophie optique. Une coxarthrose survient précocement chez les patients qui atteignent l’âge adulte. Le diagnostic est confirmé par l’importante élimination urinaire de dermatane-sulfate et d'héparane-sulfate. En clinique, elle se distingue de la maladie de Hurler (forme la plus complète des mucopolysaccharidoses) par des cornées claires et une évolution lente.
La fréquence est estimée à 0,66/100.000 habitants. Le dépistage prénatal est possible. Le locus du gène (IDS, ou MPS2, ou SIDS) est localisé en Xq28, et de multiples anomalies sont identifiées. Affection de transmission récessive autosomique, liée à l’X (MIM 309900).
Ch. Hunter, médecin interniste canadien (1917) ; Gertrud Hurler, pédiatre allemande (1919)
Syn. mucopolysaccharidose de type II, MPS II, MPS 2, déficit en sulfo-iduronate sulfate, SIDS (déficit), déficit en iduronate sulfatase, IDS (déficit)
→ gargoylisme, Hurler (maladie de)
[Q2,N3]
Édit. 2015
Hunter (opération de) l.f.
Hunter’s operation
Traitement chirurgical d’un anévrisme artériel périphérique par ligature de l’artère en amont.
S. W. Hunter, chirurgien cardiaque américain (1922-2008)
[K3]
Édit. 2015
Hunter (polydystrophie de) l.f.
Hunter’s syndrome, gargoylism, mucopolysaccharidosis II
Mucopolysaccharidose de type II, en rapport avec une anomalie de l'enzyme iduronate-2-sulfatase, dont il existe une forme sévère, le décès survenant avant l'âge de 15 ans, et une forme plus modérée.
La transmission est récessive, liée à l'X.
Ch. Hunter, médecin interniste canadien (1917)
Syn. mucopolysaccharidose type II
[R1,O1,Q2]
Hunter-Lillehei (opération de) l.f.
Opération chirurgicale destinée à la correction de la maladie d’Ebstein, qui consiste à effacer par une série de points en U la chambre atriale intermédiaire caractéristique de cette malformation de façon à remonter l’insertion de la valve tricuspide au niveau de l’anneau auriculoventriculaire vrai.
Ce procédé conservateur, qui respecte la valve tricuspide améliore l’hémodynamique du cœur droit mais laisse souvent persister une insuffisance tricuspidienne.
S. W. Hunter, chirurgien thoracique américain (1958) ; C. W. Lillehei, chirurgien thoracique américain (1967)
[K3]
Édit. 2015
Hunter-Thompson-Reed (syndrome de) l.m.
Hunter-Thompson-Reed’s syndrome
Héméralopie, faciès caractéristique et anomalies squelettiques.
L'affection a été décrite chez deux frères présentant un retard mental avec, microrétrognathisme, fentes palpébrales antimongoloïdes, hypoplasie du malaire, et caries dentaires multiples. Il existe également une hyperlaxité ligamentaire avec hypertonie et rigidité musculaire, une brachy/clinodactylie, et des épaules fuyantes. L'héméralopie est progressive avec un électrorétinogramme éteint; elle est accompagnée d'hétérochromie irienne, de ptosis et de myopie. L'affection est récessive, liée au sexe.
A. G. Hunter, Diane R. Thompson, M. H. Reed, médecins canadiens (1979)
→ héméralopie, rétrognathisme, fente palpébrale (inclinaison de la), hyperlaxité ligamentaire, hypertonie, clinodactylie, électrorétinogramme, hétérochromie irienne,ptosis
[I1, P2]
Édit. 2018
Huntington (chorée de) l.f.
Huntington’s chorea
Affection autosomique dominante rare, caractérisée cliniquement par l'association de mouvements choréiques, d'une démence progressive, des troubles de la personnalité (impulsivité, agressivité) et de l'humeur (dépression).
Le début de la maladie a lieu entre dix et soixante ans, par des mouvements choréiques débutant à la face, prédominant aux mains, imprévisibles, irréguliers, avec maladresse, nervosité, perte d’équilibre, faiblesse musculaire, akinésie et évolution hypertonique. Il existe des troubles mentaux, et ultérieurement une démence progressive de type sous-cortico-frontal, de niveau psychotique. A l’examen ophtalmologique s’observent une anisocorie avec mydriase et hippus, une rétraction des paupières avec apraxie d’ouverture et fermeture spasmodique, une anomalie des saccades avec ralentissement des vitesses. L’évolution se fait vers la mort en 10 à 25 ans, dans la cachexie et le marasme intellectuel.
Des résultats cliniques positifs, appuyés sur la tomographie par émission de positons, ont été obtenus grâce à une greffe intracérébrale de neurones fœtaux chez un petit groupe de patients.
Cette maladie semble liée à une mutation siégeant sur le bras court du chromosome 4 en 4p16.3, consistant en une amplification du trinucléotide CAG (cytosine, adénine, guanine) au-delà de 37 répétitions. Le gène responsable, dénommé IT 15, code pour une protéine appelée huntingtine. Sa recherche par une technique d'amplification génique constitue un test diagnostique de la présence de l'anomalie génétique, mais pas obligatoirement de la maladie. L'affection est autosomique dominante à pénétrance complète (MIM 143100). Le conseil génétique est difficile.
G. Huntington, médecin américain (1872)
Syn. chorée héréditaire
→ démence sous-corticale, conseil génétique en neurologie, génétique en neurologie, IT15
[H1,Q2]
Édit. 2015
Huriet-Serusclat (loi de) l.f.
Loi, du 20 décembre 1988, relative à la protection des personnes qui acceptent de participer aux recherches biomédicales.
Elle fixe un cadre légal aux essais cliniques en France en instituant :
- les comités de protection des personnes devant lequel tout investigateur est tenu, avant toute réalisastion, de soumettre le projet de recherche biomédicale ;
- le consentement éclairé de la personne qui accepte de participer à l’essai clinique après l’exposé de l'objectif de la recherche, de sa méthodologie et de sa durée ainsi que des bénéfices attendus, des contraintes et des risques prévisibles.
C. Huriet , membre honoris causa de l’Académie de médecine, F. Serusclat, sénateurs français