antihémophilique A (facteur) l.m.
antiheamophilic A factor
Facteur de coagulation dont le déficit entraîne l’hémophilie A.
Ce facteur a deux composants, le facteur VIII sécrété par les cellules sous-endothéliales des vaisseaux sanguins, et un cofacteur vWF, facteur von Willebrand, Syn.thétisé par les mégacaryocytes et les cellules sous-endothéliales. Ces deux composants sont nécessaires à l’adhésion des plaquettes au sous-endothélium en cas de lésion de l’endothélium (hémostase primaire). D’autre part, associé au facteur VIII, le vWF intervient dans le sang circulant pour stabiliser l’activité anticoagulante du facteur antihémophilique A.
L’hémophilie, maladie hémorragique liée au chromosome X, touche un garçon sur 5 à 10 000. Dans 85% des cas elle est due à un déficit en facteur antihémophilique A (les autres 15%, hémophilie B, sont dus à un déficit en facteur IX). Le déficit plus ou moins important en facteur vWF, maladie de von Willebrand, est assez fréquent (il peut toucher 1% de la population) mais dans la moitié des cas la maladie est cliniquement asymptomatique. Chez les autres on observe des saignements des muqueuses (gingivorragies, épistaxis, ménométrorragies, saignements digestifs), voire des hémarthroses dans les cas graves. Le déficit total en facteur vWF, est très rare : un individu sur un million.
Le facteur vWF, dont le dosage immunologique est possible, est une glycoprotéine formée de multimères reliés par des ponts disulfures. Il forme un complexe non covalent avec le facteur VIII. Les facteurs VIII et IX activés agissent en formant un complexe à la surface des plaquettes activées en présence de calcium.
Le dosage fonctionnel du facteur antihémophilique se fait en mesurant la capacité d’agrégation du plasma riche en plaquettes en présence de ristocétine. Si des petits signes attirent l’attention lors de l’examen préopératoire, un tel contrôle est justifié : il permet de prendre s’il y a lieu des mesures contre un risque de saignement peropératoire exagéré.
→ hémophilie, facteur VIII de la coagulation sanguine
facteur tissulaire de la coagulation l.m.
tissue factor
Glycoprotéine transmembranaire, dont la partie exprimée vers l'extérieur des cellules participe à l'initiation des étapes enzymatiques successives de la coagulation.
Il joue un rôle prédominant en physiologie (coagulation et hémostase) et en pathologie de la thrombose et des maladies thrombohémor
Le gène et la protéine ont été entièrement séquencés. La synthèse et l'expression du facteur tissulaire sont induites au niveau des monocytes et des cellules endothéliales, après leur activation. L'activation de la coagulation résulte de la formation du complexe binaire d'activation facteur tissulaire - facteur VII. Le facteur VII activé active à son tour le facteur IX ou directement le facteur X dans la cascade des complexes d'activation de la coagulation. L'inhibiteur spécifique du complexe d'activation facteur tissulaire - facteur VIIa est le TFPI (Tissue Factor Pathway Inhibitor). Le facteur tissulaire initie la voie de coagulation antérieurement dénommée voie extrinsèque de la coagulation et maintenant appelée voie du facteur tissulaire. Cette activité est globalement connue sous le nom de thromboplastine. Cette voie est explorée par le temps de Quick. Il est anormalement exprimé dans les promyélocytes de la leucémie à promyélocytes.
[F4]
Édit. 2018
von Willebrand (maladie de) l.f.
von Willebrand’s disease
Syndrome hémorragique lié à un déficit en facteur von Willebrand et en facteur VIII.
Hémophilie vasculaire ou pseudohémophilie avec syndrome hémorragique cutanéomuqueux, allongement du temps de saignement et test de Salzman (diminution d'adhésivité des plaquettes). Les formes très sévères, où la présence du facteur von Willebrand est indétectable, constituent le type 3. D'exceptionnelles formes variantes liées à une anomalie qualitative du facteur von Willebrand doivent être connues du fait de l'incidence thérapeutique : le type 2A et le type 2M sont dus à une diminution de l'affinité du facteur von Willebrand pour la membrane plaquettaire, la polymérisation de celui-ci restant normale dans le type 2M, mais étant insuffisante dans le type 2A. Le type 2B se caractérise par une affinité augmentée pour la glycoprotéine Ib plaquettaire, alors que la polymérisation est insuffisante. Au cours du type 2N enfin, existe un défaut de fixation au facteur VIII coagulant.
Les formes très sévères, où la présence du facteur von Willebrand est indétectable, constituent le type 3. D'exceptionnelles formes variantes liées à une anomalie qualitative du facteur von Willebrand doivent être connues du fait de l'incidence thérapeutique : le type 2A et le type 2M sont dus à une diminution de l'affinité du facteur von Willebrand pour la membrane plaquettaire, la polymérisation de celui-ci restant normale dans le type 2M, mais étant insuffisante dans le type 2A. Le type 2B se caractérise par une affinité augmentée pour la glycoprotéine Ib plaquettaire, alors que la polymérisation est insuffisante. Au cours du type 2N enfin, existe un défaut de fixation au facteur VIII coagulant.
L’examen oculaire peut montrer des hémorragies rétiniennes en particulier péripapillaires.
L’affection est le plus souvent autosomique dominante (MIM 193400) ou autosomique récessive ou liée au sexe dominante (MIM 314560). Le locus du gène (VWF) est en 12p13.
E. von Willebrand, médecin interniste finlandais (1926) ; E. W. Salzman, chirurgien américain (1963)
proaccélérine n.f.
proaccelerin
Protéine plasmatique intervenant dans la coagulation sanguine, lors de la formation de la prothrombinase, en accélérant l’action du facteur X activé au contact des phospholipides en présence de Ca2+.
Elle est le facteur V de la voie de coagulation intrinsèque ; par coupure protéolytique sous l’action de la thrombine elle est transformée en accélérine ou facteur Va.
La proaccélérine possède également une activité anticoagulante : elle est avec la protéine S, du calcium et des phospholipides l'un des cofacteurs de la protéine C pour 1'inactivation des facteurs VIIIa et Va.
Certains patients, atteints de maladie thrombotique familiale, ont une résistance à la protéine C activée ; dans plus de 90% des cas cette résistance s'explique par une mutation ponctuelle dans l'exon 10 du facteur V, entraînant le remplacement de l'arginine en position 506 par une glutamine. Le facteur V muté est appelé FVQ 506 ou facteur V Leiden : il garde ses propriétés coagulantes mais perd ses propriétés anticoagulantes.
La mutation Leiden est retrouvée dans 14 à 20% des cas de thromboses veineuses inexpliquées ; elle affecte 2 à 4% de la population générale et constitue ainsi un facteur génétique de prédisposition en multipliant les risques par 5 à 10 pour les hétérozygotes et par 80 pour les homozygotes.
→ facteur V de la coagulation (Owren)
évaluation épidémiologique des risques l.m.
risk factor
1) Évaluation du risque supplémentaire apporté par une nouvelle cause en prenant comme référence le risque normal dans la même situation.
Les études épidémiologiques, notamment en cardiologie, ont précisé le rôle de l'âge, du poids, du tabac, de l'alcoolisme, d'un polluant, du cholestérol, etc. Il est difficile d'évaluer ces risques de façon absolue mais on peut le faire par comparaison du rapport des cotes par rapport à un groupe témoin de sujets considérés comme normaux : par ex. si la mortalité des sujets de poids normal de même âge, sexe, etc. est deux fois moindre que celle d'un groupe de sujets comparables mais d'un poids de 10 kg au-dessus de la normale. On dit qu'une surcharge de poids de 10 kg apporte un facteur de risque égal à 2. Pour les jeunes conducteurs, une alcoolémie de 0,5 g/L apporte un risque d'accident 2 fois plus grand : le facteur de risque d'une telle alcoolémie est égal à 2, pour une alcoolémie de 0,8 g/L le facteur de risque est alors de 5.
Lorsqu'au contraire l'évaluation épidémiologique montre que le rapport des cotes est plus petit que 1, c'est-à-dire, par ex., que la mortalité est plus faible dans le groupe étudié que dans le groupe témoin, on parle d'un effet de précaution, et le facteur de risque devient un facteur de protection.
2) Dans le langage médical courant l'expression a pris le sens vague de cause (supplémentaire) d'une maladie.
Par ex. : le tabac est un facteur de risque cardiovasculaire. On confond souvent risque et facteur de risque.
→ alcoolémie, cotes (rapport des), diœkétique (risque)
[E1]
Édit. 2018
Willebrand (maladie de) l.f.
Trouble de l’hémostase primaire lié dans la forme typique (type 1) à une diminution de la teneur en facteur de Willebrand.
La prévalence de l’affection est de 0,6 à 1,3´%. Hémorragies cutanéomuqueuses, allongement du temps de saignement, diminution au même degré de l’activité du facteur VIII coagulant et de l’activité du facteur de Willebrand, constituent les critères du diagnostic. Les formes très sévères, où la présence du facteur de Willebrand est indétectable, constituent le type 3. D’exceptionnelles formes variantes liées à une anomalie qualitative du facteur de Willebrand doivent être connues du fait de l’incidence thérapeutique: le type 2A et le type 2M sont dus à une diminution de l’affinité du facteur de Willebrand pour la membrane plaquettaire, la polymérisation de celui-ci restant normale dans le type 2M, mais étant insuffisante dans le type 2A. Le type 2B se caractérise par une affinité augmentée pour la glycoprotéine Ib plaquettaire, alors que la polymérisation est insuffisante. Au cours du type 2N enfin, existe un défaut de fixation au facteur VIII coagulant.
La transmission la plus fréquente est autosomique dominante, le gène de structure étant porté par le chromosome 12. Il existe aussi des formes plus rares de transmission autosomique récessive.
E. von Willebrand, médecin interniste finlandais (1926) ; F. W. G. Leebeek et J. C. J. Eikenboom, hématologistes néerlandais (2016)
facteur intrinsèque (FI) l.m.
Glycoprotéine de 45 kD, sécrétée par les cellules pariétales du fundus et du corps gastriques, qui possède la propriété de se lier avec la vitamine B12 en milieu alcalin (dans l'estomac en présence d'aliments, ou dans le duodénum).
Ce complexe ainsi formé est résistant à l'action des protéases pancréatiques. Il est conduit sans modification physicochimique jusqu'à l'iléon terminal. À ce niveau, les cellules entérocytaires possèdent à leur pôle apical un récepteur spécifique du complexe FI-vit B12, qui permet son internalisation et l'absorption de la vitamine B12, indispensable à l'érythropoïèse. A l’intérieur des entérocytes, la vitamine B12 se lie à la transcobalamine II (TC-2)et ce nouveau complexe quitte la cellule intestinale pour se diriger vers le foie.
Dans la maladie de Biermer, maladie auto-immune, la présence d'auto-anticorps dirigés contre le facteur intrinsèque et/ou contre les cellules pariétales conduit à un déficit en facteur intrinsèque, responsable d’une malabsorption de la vitamine B12 qui entraîne une anémie mégaloblastique. Dans les gastrites atrophiques, la destruction des cellules pariétales est également la cause d'un déficit en facteur intrinsèque et d'une anémie. L'insuffisance pancréatique exocrine, en interférant avec la dissociation intestinale normale du complexe formé par la vitamine B12 et son premier transporteur (transcobalamine I) et en empêchant ainsi sa liaison au facteur intrinsèque, peut être une autre cause de malabsorption. Parmi les autres facteurs de risque de déficit en facteur intrinsèque se trouvent toutes les situations de lésion ou de résection de la paroi gastrique, et notamment les gastrectomies totales ou en cas de résection de l'iléon terminal.
Dans l'espèce humaine, le facteur intrinsèque est codé par le gène GIF. Certaines mutations de ce gène sont la cause d’une maladie héréditaire très rare, le déficit congénital en facteur intrinsèque, entraînant une malabsorption de la vitamine B12.
W. B. Castle, hématologiste américain (1897-1990), prix Nobel
Syn. facteur de Castle
→ Biermer (maladie de), vitamine B12, érythropoïèse
[L1,F1]
Édit. 2018
activation de la coagulation sanguine l.m.
coagulation activating process
Système d’activation mis en place par deux voies : la voie intrinsèque, (voie du facteur Hageman, facteur XII, qui utilise uniquement des composants présents dans le plasma), et celle, extrinsèque, qui fait intervenir non seulement ces composants plasmatiques mais aussi un facteur tissulaire, facteur III, thromboplastine tissulaire, résultant d’une lésion endothéliale et d’un contact avec le collagène sous-endothélial.
Les composants des deux systèmes forment une molécule complexe, facteur X activé, qui intervient sur la prothrombine, facteur II, pour la transformer en thrombine.
[F4]
Édit. 2017
facteur VII de la coagulation sanguine l.m.
factor VII
Glycoprotéine, vitamine K dépendante, biosynthétisée par le foie, qui circule sous forme d'un zymogène inactif.
Cette substance protéique s'autoactive en présence de calcium et de facteur tissulaire situé dans une structure phospholipidique anionique.
Il active à son tour le facteur IX ou directement le facteur X dans la cascade de la coagulation. Le facteur VII est le premier facteur de la voie de la coagulation antérieurement dénommée voie extrinsèque de la coagulation, maintenant appelée voie du facteur tissulaire.
[C1,F1]
Édit. 2018
facteurs de coagulation l.m.p.
coagulation factors
Ensemble de protéines plasmatiques participant au processus de coagulation du sang.
Ces facteurs sont numérotés en chiffres romains de I à XIII, certains ont un nom spécifique.
Leurs activités sont liées le plus souvent à une activation de type enzymatique.
I - Fibrinogène
II - Prothrombine
IIa - Thrombine
III - Thromboplastine
IV - Ions calcium
V - Proaccélérine
VI - Accélérine
VII - Proconvertine
VIII - Facteur antihémophilique A
IX - Facteur antihémophilique B
X - Facteur Stuart
XI - Facteur Rosenthal (plasma thromboplastin antecedent, PTA)
XII - Facteur Hageman
XIII - Facteur de stabilisation de la fibrine (fibrin stabilisation factor, FSF)
→ antihémophilique A (facteur), antihémophilique B (facteur), coagulation du sang
[F4]
Édit. 2018
hémophilie B n.f.
haemophilia B
Maladie hémorragique héréditaire due au déficit en facteur IX de la coagulation du sang.
Les manifestations de la maladie sont en relation directe avec la teneur en facteur IX. Elles peuvent avoir une importance identique à celle de l’hémophilie A. Selon la teneur en facteur IX, on peut distinguer les hémophilies sévères (<1%), modérées (2 à5%), et mineures (<40%).
Le gène du facteur IX est situé en position Xq27.1-27.2, sur le bras long du chromosome X expliquant la transmission de la maladie liée au sexe.
La thérapie génique administrée à doses utiles à des hémophiles sévères corrige durablement le déficit en facteur IX et entraîne la disparition des phénomènes hémorragiques chez 9 malades sur dix. Cette thérapeutique transgénique de facteur IX en application depuis 2016 est parfaitement tolérée à l’exception d’une élévation temporaire des enzymes hépatiques chez quelques patients.
Rosemary Biggs, hématologue britannique (1952) ; L. A. George, hématologiste américain (2017)
Étym. gr. haima : sang (hémorragie) ; philia : amitié (prédisposition) ; Stephen Christmas, jeune garçon chez qui l’affection fut reconnue
Syn. Christmas (maladie de), déficit en facteur IX
[F1]
Édit. 2018
ténase (complexe) l.f.
tenase
Complexe de coagulation générant le facteur Xa.
Sur une surface phospholipidique, dans un complexe stœchiométrique stabilisé par le facteur VIIIc, le facteur IX activé clive le facteur X en facteur X activé. L'inhibiteur de ce complexe est la protéine C activée qui agit en dégradant le facteur VIII c activé.
thromboplastine n.f.
thromboplastin
Complexe enzymatique qui permet d'initier la voie dite extrinsèque de la coagulation, maintenant appelée voie du facteur tissulaire.
Cette activité est composée d'une glycoprotéine, le facteur tissulaire, situé sur une surface phospholipidique chargée, permettant la fixation du facteur VII pour aboutir à son activation et à la formation d'un complexe d'activation, associant facteur tissulaire-facteur VIIa sur une configuration phospholipidique. L'activation des étapes suivantes de la coagulation, activation du facteur X puis génération de thrombine, aboutit à la formation de fibrine.
Cette activité thromboplastine est exprimée constitutivement à la surface de la majorité des cellules qui ne sont pas en contact physiologiquement avec le sang. Dans des conditions pathologiques, l'expression peut être induite à la surface des cellules en contact avec le sang : les monocytes et les cellules endothéliales. Le produit actif est extrait à partir de différents tissus : tissu cérébral, placenta pour réaliser le réactif de base utilisé dans les tests de coagulation étudiant la voie extrinsèque de la coagulation (temps de Quick, temps de prothrombine).
Étym. gr. thrombos : caillot ; plassein : former
Syn. thrombokinase
Biermer (anémie de) l.f.
pernicious anemia, Biermer’s disease
Anémie sidéroblastique macrocytaire par carence en vitamine B12 due à un tarissement de la sécrétion du facteur intrinsèque par l'estomac empêchant l'absorption de la vitamine B12.
Mécanisme auto-immun, plus fréquent chez les femmes âgées de 40 à 50 ans, par destruction des glandes du corps et du fundus gastriques qui secrètent l’acide chlorhydrique et le facteur intrinsèque. Dans l'estomac, la cobalamine, forme active de la vitamine B12, est libérée de complexes protéiques sous l'action de l'acide chlorhydrique et de la pepsine. Il y a une malabsorption de la vitamine B12 avec baisse de sa concentration sérique par tarissement de la sécrétion du "facteur intrinsèque", une glycoprotéine, nécessaire à son absorption.
La vitamine B12 est nécessaire à la synthèse de l'ADN et les signes de l'affection sont d'abord visibles au niveau de l'épithélium digestif (régénération rapide) avec hypochlorhydrie, glossite de Hunter, stomatite, dysphagie.
Cette maladie auto-immune peut s’associer à d’autres affections auto-immunes : thyroïdite auto-immune, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune de type 1 et 2, vitiligo.
Il existe une baisse du nombre d'hématies et de leur teneur en hémoglobine (CCMH) avec augmentation du volume globulaire moyen (VGM).Les formes sévères s’accompagnent d’une leuconeutropénie et une thrombopénie ; l’examen du frottis sanguin découvre quelques mégaloblastes.
Les lésions neurologiques sont liées à une démyélinisation progressive centrale et périphérique, parfois avec atteinte axonale : troubles sensitifs profonds (ataxie, incoordination), irritation pyramidale, paresthésies réalisant des tableaux de sclérose combinée de la moelle, de neuropathies périphériques et d'atteintes encéphaliques associant troubles visuels, état démentiel, altérations de l'humeur et du comportement. Le diagnostic neurologique est clinique, mais l'EMG montre le plus souvent des aspects de neuropathie axonale, ou axono-myélinique. L'IRM, notamment médullaire, met en évidence parfois des hypersignaux en T2, régressifs dans certains cas après correction de la carence vitaminique. Le protoxyde d'azote, gaz anesthésiant, peut être neurotoxique par inactivation de la vitamine B12, expliquant des manifestations neurologiques aigües ou subaigües après chirurgie sous anesthésie générale. Il n'est que le révélateur d'une maladie de Biermer méconnue.
L’atteinte oculaire réalise un scotome central et centrocoecal (rare), des hémorragies rétiniennes au centre blanc, une névrite ou une atrophie optique, une cataracte, et une paralysie oculomotrice du III (rare).
L'affection n'est pas communément héréditaire mais secondaire à la présence d'anticorps antifacteur intrinsèque et/ou d'anticellules pariétales gastriques, mais l'hypothèse héréditaire a été envisagée à plusieurs reprises (MIM 170900). Deux formes familiales récessives sont actuellement connues : l'une congénitale avec défaut de facteur intrinsèque (MIM 261000) et l'autre juvénile, le syndrome d'Imerlund-Gräsbeck, avec malabsorption intestinale de vitamine B12 (MIM 261100 bis).
Avant la découverte de la vitamine B12, l'anémie de Biermer était une maladie mortelle. Le diagnostic biologique repose sur une anémie macrocytaire, une mégaloblastose médullaire, une concentration plasmatique très basse de vitamine B12. La mise en évidence dans le sérum d’anticorps anti-facteur intrinséque, d’anticorps anticellules pariétales gastriques et un test de Schilling positif affirment traditionnellement le diagnostic. Le test de Schilling, basé sur l’administration d’une gélule de Vitamine B12 radio-marquée ne se pratique plus. La recherche d’une achlorhydrie gastrique ne se pratique plus. En revanche la mise en évidence d’une hypergatrinémie constitue précocement la pierre angulaire du diagnostic. Histologiquement, il existe au niveau du fundus de l’estomac une gastrite atrophique. Cette gastrite fundique auto-immune est un terrain qui favorise la survenue de tumeurs endocrines gastriques par prolifération de cellules ECL (enterochromaffin-like cells), ce qui impose un contrôle endocopique gastrique biennal.
A. Biermer, médecin allemand (1868)
Syn. anémie pernicieuse, anémie pernicieuse progressive, Biermer (syndrome de), Addison-Biermer (maladie d'), anémie hyperchrome mégalocytique, Imerslund-Najman- Gräsbeck (syndrome d')
→ avitaminose B12, facteur intrinsèque, hypochlorhydrie, Hunter (glossite de), thyroïdite d’Hashimoro, diabète de type 1, polyendocrinopathie auto-immune, vitiligo, encéphalopathies par carence vitaminique, neuroané thyroïdite mique (syndrome), sclérose combinée de la moelle (syndrome de), vitamine B12 (carence en), Imerlund-Grassbeck (syndrome d’)
[F1]
Édit. 2018
facteur VIII de la coagulation sanguine l.m.
factor VIII
Facteur de coagulation synthétisé par le foie sous forme unicaténaire, dont le déficit est responsable de l'hémophilie A.
Son clivage par la thrombine aboutit à une forme bicaténaire qui stabilise le complexe d'activation du facteur X, aussi connu sous le nom de tenase. Le facteur VIII activé est inactivé par clivage par la protéine C activée. Dans la circulation, le facteur VIII est stabilisé par liaison aux multimères du facteur von Willebrand ce qui prolonge sa durée de vie. Il est dosé dans le plasma le plus souvent par son activité coagulante (F VIII:c) qui est exprimée en unité. Il peut aussi être dosé par dosage immunologique reconnaissant sa protéine (F VIII:ag).
Il est isolé du plasma humain, ou obtenu par synthèse in vitro à partir d'un recombinant génétique pour obtenir le produit nécessaire au traitement substitutif de l'hémophile A.
E. von Willebrand, médecin interniste finlandais (1926)
Syn. facteur antihémophilique A
[C1,F1]
Édit. 2018
facteur von Willebrand-Normandie l.m.
von Willebrand-Normandie factor
Anomalie moléculaire héréditaire du facteur von Willebrand résultant d'une mutation au site de liaison du facteur VIII et empêchant le facteur von Willebrand d'exercer son rôle de stabilisation du facteur VIII, d'où un déficit associé en facteur VIIIc.
E. von Willebrand, médecin interniste finlandais (1926)
Étym. Normandie en raison de l’origine normande du premier porteur de ce déficit.
→ facteur von Willebrand, facteur VIII de la coagulation
[F4]
Édit. 2018
hémophilie A n.f.
haemophilia A
Affection hémorragipare héréditaire, due à un déficit en facteur VIII de la coagulation du sang.
Elle se manifeste par des hémorragies nasales, articulaires, gastro-intestinales, urinaires, utérines, intracrâniennes. Il peut survenir des hémorragies sous-conjonctivales et orbitaires. La fréquence de l'hémophilie A est de 1/5000 à travers le monde. La sévérité clinique de la maladie est corrélée à l'activité plasmatique du F VIII : C.. Elle est particulièrement importante dans les formes où sa teneur est inférieure à 1%.
C’est l’hémophilie classique de transmission récessive. Due à une anomalie du gène codant pour le facteur VIII (F VIII : C), situé sur le chromosome X, elle affecte exclusivement les individus de sexe masculin mais les femmes vectrices ont une déficience partielle qui peut être dépistée. Le diagnostic prénatal est réalisable. Le locus du gène (HEMA) facteur VIIIC est en Xq28. Si l’affection est dominante, il s’agit de la maladie de von Willebrand, ou "hémophilie vasculaire" dont le locus du gène (VWF) est en 12p13. (MIM 306700).
La thérapie génique administrée à doses utiles à des hémophiles sévères corrige durablement le déficit en facteur VIII et entraîne la disparition des phénomènes hémorragiques. Cette thérapeutique transgénique de facteur VIII en application depuis 2016 est parfaitement tolérée à l’exception d’une élévation temporaire des enzymes hépatiques chez quelques patients.
E. von Willebrand, médecin interniste finlandais (1926) ; Savita Rangarajan, hématologiste britannique (2017)
Étym. gr. haima : sang (hémorragie) ; philia : amitié (prédisposition)
Syn. hémophilie classique
[F1]
Édit. 2018
prothrombinase complexe l.f.
prothrombinase
Complexe de coagulation générant la thrombine.
Sur une surface phospholipidique, dans un complexe stoechiométrique stabilisé par le facteur V, le facteur X activé clive la prothrombine (facteur II) en thrombine (facteur II activé).
L'inhibiteur physiologique de ce complexe est la protéine C activée qui agit en dégradant le facteur V activé. L'anticoagulant circulant type lupique qui agit en inhibant dans les tests in vitro les complexes de coagulation, en particulier du temps de céphaline plus activateur, était anciennement dénommé antiprothrombinase.
facteur Stuart l.m.
Stuart’s factor
Facteur X de la coagulation.
Son activation en facteur X activé (Xa) résulte d'une protéolyse soit par le facteur IX activé qui provient de l'activation de la voie intrinsèque de la coagulation, soit par le facteur VII activé qui provient de l'activation de la voie extrinsèque de la coagulation. Le facteur Xa transforme la prothrombine en thrombine, enzyme clé de la coagulation qui, par protéolyse, transforme le fibrinogène soluble en fibrine insoluble, constituant principal du caillot sanguin.
Étym. La dénomination de ce facteur provient du nom du premier patient, Rufius Stuart, porteur de cette anomalie en 1921.
[F1]
Édit. 2018
alcoolémie l.m.
blood alcohol concentration (BAC), level (BAL), alcoholaemia
Teneur sanguine en alcool éthylique, exprimée en grammes par litre en France et en milligrames par cent millitres dans les pays anglo-saxons.
Il existe deux méthodes de dosage :
1) les méthodes enzymatiques font appel à l’oxydation de l’éthanol en éthanal par une coenzyme soit l’alcool déshydrogénase qui présente une spécificité étroite pour l’éthanol, soit l’alcool oxydase, de spécificité moins bonne (interférence avec le méthanol). La mesure finale s’effectue par absorption soit dans l’ultra-violet, soit dans le visible (réaction de Trinder) ;
2) les méthodes chromatographiques utilisent la chromatographie en phase gazeuse (CPG) selon deux modes principaux, soit l’injection d’une dilution du sang dans le chromatographe, soit le mode d’espace de tête dans lequel on analyse uniquement le gaz surmontant une dilution du sang total dans un flacon serti.- La détection est réalisée par ionisation de flamme.
Dans le cadre médico-légal, seules les méthodes par CPG peuvent être utilisées, sur sang total. En routine clinique, elle peut être dosée par technique enzymatique. Même à jeun cette teneur n'est jamais complètement nulle. Mais il existe une relation nette entre la fréquence d'accident de la route (mesuré ici par le nombre d'accidents de buveurs par rapport à celui de sujets à jeun) et l'alcoolémie du conducteur. Le schéma ci-contre, emprunté à une étude anglaise sur des accidents mortels (OCDE, 1988) donne le facteur de risque apporté par l'alcool : les jeunes conducteurs sont particulièrement sensibles à une élévation de l'alcoolémie. En Europe la limite légale tolérée est de : 0,2 g/L en Suède, 0,5 g/L dans les pays latins et 0,8 g/L dans les pays anglophones ou alémaniques. A 0,5 g/L les jeunes conducteurs ont déjà un facteur de risque deux fois plus grand que celui des conducteurs plus âgés.
A : jeunes conducteurs, buveurs occasionnels
B : conducteurs plus âgés, buveurs occasionnels
C : conducteurs, buveurs invétérés.
Toutefois il faudrait expliquer pourquoi, chez des conducteurs plus âgés, le facteur de risque est plus faible que chez les jeunes et parler du facteur d’induction enzymatique.
À compter du 15 septembre 1995, la loi française a fixé à 0,5 g. d'éthanol par litre de sang la concentration à partir de laquelle la conduite d'un véhicule est délictueuse, même en l'absence d'incident ou d'infraction au code de la route. Cette disposition est applicable à l'ensemble des crimes et délits de droit commun, aux auteurs comme aux victimes.
De manière courante et métonymique, "alcoolémie" est utilisée abusivement en lieu et place de "teneur d'alcoolémie ».
Étym. arabe al -cohol : liquide distillé; gr. haima : sang
Syn. éthanolémie
→ alcool éthylique, alcoolisme aigu, éthylomètre, risque (facteur de)
[G3,G4]
Édit. 2017
facteur V de la coagulation sanguine l.m.
factor V
Facteur de coagulation synthétisé par le foie sous forme unicaténaire.
Son clivage par la thrombine aboutit à une forme bicaténaire qui stabilise le complexe d'activation de la prothrombine ou complexe prothrombinase permettant au facteur Xa d'activer la prothrombine en thrombine en conditions stœchiométriquement idéales.
Le facteur V activé est inhibé par clivage par la protéine C activée. Une mutation du facteur V à un site de clivage par la protéine C le rend moins sensible à cette inactivation. En plus de la forme circulante plasmatique il est présent dans les granules alpha plaquettaires liés à la multimérine.
→ proaccélérine, stroechiométrique, thrombine, prothrombine, multimérine
[C1,F1]
Édit. 2018
facteur IX de la coagulation sanguine l.m.
factor IX
Facteur de coagulation, glycoprotéine, vitamine K dépendante, synthétisée par le foie, qui circule sous forme d'un zymogène inactif : son déficit est responsable de l'hémophilie B.
Il est activé au sein d'un complexe à la surface d'une structure phospholipidique anionique en présence de calcium. Sa voie principale d'activation semble être le facteur VIIa par la voie du facteur tissulaire. À son tour, il active le facteur X dans le complexe dit « ténase » .
Il est isolé du plasma, le plus souvent associé à d'autres facteurs de coagulation vitamine K dépendant sous une forme appelée PPSB pour le traitement substitutif des hémophiles B.
Étym. Christmas, nom du premier patient diagnostiqué comme atteint de la déficience.
Syn. facteur antihémophilique B, facteur Christmas
→ vitamine K, zymogène, hémophilie B
[C1,F1]
Édit. 2018
facteur sexuel l.m.
sex factor
Plasmide dans le cytoplasme de certaines bactéries, responsable de l’initiation de la conjugaison et du tranfert génétique.
Chez Escherichia coli, le facteur sexuel a été appelé facteur F. Il peut passer par conjugaison d’une bactérie contenant F (F+) vers une bactérie ne le possédant pas (F-). Occasionnellement, le facteur F peut intégrer le chromosome pour former une bactérie Hfr (High frequency recombinant). Chez les Hfr, la partie du chromosome proche du facteur F peut être transférée à la cellule réceptrice.
[D1]
Édit. 2018
inhibiteur de la voie du facteur tissulaire l.m.
tissue factor pathway inhibitor. sigle (TFPI).
Facteur naturel qui s'oppose à l'initiation ou au développement de la coagulation, aussi connu sous le nom d'inhibiteur de la voie extrinsèque de la coagulation (Extrinsic Pathway Inhibitor ou EPI) ou LACI (Lipoprotein Associated Coagulation Inhibitor) ou encore PAP (Plasma Anticoagulant Protein).
Il existe sous différentes formes moléculaires, dont deux majeures de masse moléculaire apparente 40 et 33 kDa. Ses séquences protéique et génomique sont connues et il peut être obtenu par recombinaison génétique. Sa concentration plasmatique est de 110 ng/mL soit 2,5 nM. La forme circulante est en grande partie liée à l'apolipoprotéine A II. Une part importante n'est pas circulante, mais retenue par les glycosaminoglycanes qui forment le manteau à la surface luminale des cellules endothéliales. Il exerce son activité inhibitrice en se fixant à du facteur X déjà activé pour empêcher que le complexe initiateur de la voie extrinsèque (le couple formé par le facteur VII sous sa forme activée et son activateur, le facteur tissulaire) ne continue à exercer son action sur la coagulation.
plasminogène (activateur du) l.m.
plasminogen activator
Enzyme qui convertit le plasminogène en plasmine.
L'activateur du plasminogène peut être utilisé comme un paramètre de l'activation macrophagique, facteur essentiel des phénomènes d'immunité. Les activateurs par action protéolytique transforment le plasminogène inactif en plasmine, permettant la fibrinolyse. On distingue les activateurs endogènes et les activateurs exogènes. Les activateurs endogènes ou circulants sont constitués par le facteur XII (ou facteur Hageman) et les autres facteurs contact de la coagulation tels que la prékallicréine. Les activateurs exogènes ou tissulaires sont biosynthétisés principalement par l'endothélium vasculaire et les monocytes. L'activateur endothélial est relargué dans la circulation à l'état basal et de façon plus importante après stress ou anoxie. Il est complexé à l'inhibiteur de type (PAI-1). Un déficit sélectif de sécrétion par l'endothélium vasculaire pourrait constituer un facteur de risque de thrombose.
Certains activateurs exogènes sont utilisés en thérapeutique : l'urokinase biosynthétisée par les cellules rénales et présente dans l'urine sous forme de pro-urokinase, mais aussi biosynthétisée par d'autres types cellulaires et par certaines cellules tumorales ; la streptokinase, extraite de cultures de streptocoques hémolytiques et pouvant être immunogénique.