coma n.m.
coma
État défini par l'absence d'ouverture des yeux, spontanée ou provoquée, l'absence d'émission verbale cohérente et de réponse aux ordres, traduisant la perte de la conscience et de la vigilance, les fonctions végétatives (respiration, circulation) étant normales ou altérées.
La réponse aux différentes sollicitations (réflexes photopalpébral, cornéen, photomoteur, oculocé
Étym. gr. kôma : sommeil profond
→ échelle de profondeur des comas, œdème cérébral, position latérale de sécurité
[H1]
coma carus pléonasme grec, à éviter
Étym. gr. koma : sommeil profond ; karos : sommeil profond, engourdissement
→ coma
[H1]
coma dépassé l.m.
[H1]
coma éclamptique l.m.
eclamptic coma
Perte de la conscience et de la vigilance propre à la dernière phase de la crise d'éclampsie.
Sa profondeur et sa durée sont conditionnées par l'intensité et la répétition des crises : une simple obnubilation de quelques minutes ou une abolition prolongée de la sensibilité, de la motricité et des réflexes pendant laquelle de nouvelles crises peuvent survenir, caractérisant alors l'état de « mal » éclamptique.
Étym. gr. eclampto : éclater
Syn. coma postcritique
[H1,O3]
coma hépatique l.m.
Hepatic coma
Trouble de la vigilance dû à une atteinte hépatique ou des anastomoses portocaves.
La pathogénie de cette encéphalopathie métabolique n'est pas élucidée, même si l’hyperammoniémie est impliquée. L'atteinte anatomique et fonctionnelle du système nerveux central est réversible.
[H1,L1]
coma hystérique l.m.
hysterical coma
Pseudocoma pouvant durer plusieurs heures, voire plusieurs jours, caricature comportementale du sommeil alors que le tracé électro-enc
Ce tableau fait partie des symptômes de conversion hystérique sans atteinte organique sous-jacente. Souvent spectaculaire, dramatisé, il peut être sensible à la suggestion.
C'est un mécanisme de défense de nature névrotique, avec refoulement d'une représentation mentale angoissante.
Le traitement est psychothérapique.
Syn. léthargie hystérique, sommeil cataleptique
→ aréactivité psychogène, catalepsie, hystérique (névrose), léthargie
[H1,H3]
coma vigile l.m.
vigile coma
Locution imprécise utilisée pour désigner un coma léger.
Cette locution est déconseillée.
L'expression associant les mots «coma» (sommeil) et «vigil» (éveil), autrement dit «dormeur éveillé», conviendrait plutôt au somnambulisme, notamment au vigilambulisme ou état d'automatisme comitial ambulatoire de Charcot, qui se voit après la crise d'épilepsie ou est équivalent au petit mal épileptique.
J -M. Charcot, neurologue français, membre de l'Académie de médecine (1825-1893)
Étym. lat. vigilatus : éveillé
[H1]
échelle du coma de Glasgow n.f.
Glasgow's coma scale
Échelle d'évaluation clinique de l'état de conscience utilisée après un traumatisme cranio-encéphalique et au cours d’un coma, permettant d’apprécier rapidement l’état initial et d’en suivre l’évolution.
Une cotation est attribuée à la meilleure réponse obtenue dans l'étude de trois paramètres :
- "E", ouverture des yeux (4 : spontanée ; 3 : au bruit ; 2 : à la douleur ; 1, absente) ;
- "V", réponse verbale (5, orientée ; 4, confuse ; 3, inappropriée ; 2, incompréhensible ; 1, absente) ;
- "M", réponse motrice (6, obéit ; 5, flexion adapté ; 4, flexion orientée ; 3, flexion réflexe ; 2, extension réflexe ; 1, absente).
La somme de ces constations définit un score qui varie de 3 à 15 (E+V+M). Le pronostic est d’autant plus grave que le score est bas. 15 correspond à un état lucide, de 14 à 10 à une somnolence ou à un coma léger, de 9 à 7 à un coma de plus en plus profond, 3 à un coma probablement irréversible. Cette classification est simple dans son application. Les corrélations sont bonnes entre observateurs différents. Ce test rapide, utile pour une orientation en urgence, ne dispense pas d’un examen neurologique complet. Il comporte une variante adaptée à l’enfant de moins de 5 ans ; une autre a été complétée par l’étude des réflexes du tronc cérébral.
G. Teasdale et B. Jennett, neurochirurgiens britanniques (1974 et 1979)
Étym. Glasgow : ville d’Ecosse
Syn. Glasgow (score de)
→ échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral, échelle de Glasgow-Liège , échelle de Glasgow pédiatrique
[G1, H1]
Édit. 2019
coma myxœdémateux l.m.
myxoedema coma
Expression superlative des carences en hormones thyroïdiennes, il complique des hypothyroïdies anciennes méconnues ou négligées, souvent à l’occasion d’un événement déclenchant ou d’une prise médicamenteuse, et demeure d’une extrême gravité.
Une exposition prolongée au froid, une infection, un traumatisme, une hyperhydratation, la prise de sédatifs… rendent compte de la décompensation de l’hypothyroïdie. Progressivement s’installent ralentissement moteur et de l’idéation, somnolence, hébétude, torpeur…. Au stade de coma, l’aspect du patient est caricatural : infiltré, peau froide, bradycardie, hypoventilation. La température corporelle est très basse (moins de 36°C, jusque 34°). On constate une hypoxémie, une hyponatrémie de dilution qui contribue à l’aggravation des troubles de la conscience. La baisse de la T4 circulante n’est pas nécessairement corrélée à la gravité du tableau clinique. Le décès survient dans plus de la moitié des cas du fait d’un collapsus, infarctus myocardique, arrêt cardiaque…
L’hospitalisation se fait dans un service de réanimation respiratoire et métabolique. La qualité de la prise en charge symptomatique (réchauffement lent et progressif, ventilation assistée, hydrocortisone par voie intraveineuse) importe plus que les modalités de l’hormonothérapie thyroïdienne (lévothyroxine intraveineuse ou par sonde de gavage, avec ou sans association à la triiodothyronine).
→ hypothyroïdie, myxœdème, hormones thyroïdiennes, hypothyroïdies, cortisol, thyroxine, triiodothyronine
[G1, O4]
Édit. 2018
coma hypopituitaire l.m.
coma in hypopituitarism
Résultat de la défaillance aigüe des différentes fonctions à dépendance antéhypophysaire, il constitue une urgence vitale dans laquelle la correction de la carence en glucocorticoïde constitue l’impératif le plus impérieux.
Il complique un hypopituitarisme ou insuffisance antéhypophysaire connue (tumeur hypophysaire, craniopharyngiome, hypophysectomie…) ou en est le mode de révélation (nécrose pituitaire liée au syndrome de Sheehan, hypophysite du postpartum ou médicamenteuse, métastase…). L’arrêt des thérapeutiques, une intervention chirurgicale, un traumatisme peuvent en expliquer l’occurrence. Il se manifeste par des troubles digestifs, une extrême asthénie, précédant un collapsus cardiovasculaire, avec hypoglycémie, contractures. Biologiquement, existe une hyponatrémie avec parfois hyperkaliémie, éosinophilie, hypercalcémie. S’impose l’administration immédiate d’hémisuccinate d’hydrocortisone, relayée par voie intraveineuse ou intramusculaire et l’hospitalisation en milieu de réanimation métabolique et endocrinienne.
→ hypopituitarisme , insuffisance surrénale aigüe, syndrome de Sheehan, craniopharyngiome, hypophysite auto-immune du postpartum
[G1, O4]
Édit. 2018
acidocétose diabétique l.f.
diabetic ketoacidosis
Acidose métabolique survenant au cours de l'évolution d'un diabète insulinodépendant (type I), souvent à la faveur de circonstances favorisantes ou déclenchantes telles qu'infections, accidents vasculaires, pancréatite, troubles endocrines, intoxications médicamenteuses, psychiques et surtout erreurs de traitement.
Elle est caractérisée par une production accrue de corps cétoniques (acide acétylacétique, acide bêta-hydroxybutyrique). Elle peut survenir de façon inaugurale. Ces acides faibles élèvent la concentration en ions H+ : il en résulte une acidose, d'abord compensée par hypocapnie, puis décompensée (baisse du pH). Le syndrome est caractérisé cliniquement, par une hyperpnée ample (rythme de Kussmaul), l'odeur acétonique de l'haleine (odeur de pomme de reinette), des signes de déshydratation extra- et intracellulaire (signe de Krause), des signes digestifs (signe de Lereboullet), des signes neuropsychiques (forme de Dreschfeld), un coma, des signes cardiovasculaires d'hypovolémie, oligurie, cylindrurie (signe de Külz) et hypothermie (signe de Naunyn). Il y a association d'hyperglycémie, éventuellement d'hyperlipémie, et d'hypercétonémie avec cétonurie, d'acidose métabolique avec hypocapnie et de désordres hydro-électrolytiques.
Non traité, le syndrome peut se compliquer de collapsus, d'insuffisance rénale aigüe, surtout fonctionnelle, de coagulopathie de consommation.
Le traitement associe l'insulinothérapie, l'administration de glucides (éventuellement du fructose), la rééquilibration hydro-électrolytique et, de façon discutée, l'alcalinisation.
[C3,R1]
Édit. 2017
acrodystrophie diabétique l.f.
diabetic acrodystrophy
→ diabétique (acropathie ulcéromutilante)
[R1]
Édit. 2017
anomalie microvasculaire intrarétinienne de la rétinopathie diabétique (AMIR) l.f.
microvascular intraretinal abnormality
Segment capillaire dilaté, télangiectasique, tortueux.
Ces anomalies sont situées à proximité des territoires non perfusés, et peuvent prendre l'aspect d'anses capillaires anarchiques L'angiographie en fluorescence permet de les identifier.
Pour l'ETDRS (Early treatment diabetic retinopathy study group), les AMIR représentent, avec les micro-anévrismes, les hémorragies, et les anomalies veineuses un des facteurs prédictifs principaux de passage à la forme proliférante.
[P2]
Édit. 2017
anomalies artériolaires de la rétinopathie diabétique l.f.p.
arteriole abnormalities
Ensemble des modifications biomicroscopiques et angiographiques des parois artérielles rétiniennes.
Elles sont retrouvées dans 15 à 40% des yeux atteints de rétinopathie diabétique pré-proliférante. Elles associent des rétrécissements localisés, des thromboses au niveau de la naissance des branches collatérales, l'élargissement et/ou l'hyperfluorescence de segments pariétaux, l'aspect flou du contour artériolaire. Ces deux dernières caractéristiques angiographiques témoignent de l'hyperperméabilité du réseau artériolaire.
[P2,R1]
Édit. 2017
anomalies veineuses de la rétinopathie diabétique l.f.p.
venous abnormalities
Ensemble des modifications biomicroscopiques et angiographiques des parois veineuses rétiniennes.
Les modifications veineuses rencontrées sont les rétrécissements localisés, des boucles veineuses en oméga ou duplications, des engainements, des exsudats périveineux, et des veines moniliformes ou en collier de perles. Ce dernier aspect représente le facteur prédictif le plus important de passage au stade de rétinopathie proliférante.
[P2,R1]
Édit. 2017
bullose diabétique l.f.
diabetic bullae, bullosis diabeticorum
Eruption de bulles de grande taille touchant les pieds et les mains, survenant en peau saine chez le diabétique et cicatrisant en quelques semaines.
Ces bulles sont sous-épidermiques et accompagnées d'importantes lésions de micro-angiopathie diabétique sous-jacente.
Étym. lat. bulla : bulle ; diabetes : qui traverse
Édit. 2017
capillaropathie diabétique aigüe l.f.
acute capillaropathy
Forme évolutive atypique de la rétinopathie diabétique caractérisée par une évolution rapide.
On distingue une forme œdémateuse et une forme ischémique:
La capillaropathie œdémateuse aigüe résulte de la décompensation aigüe de la barrière hématorétinienne interne pouvant être responsable d'une atteinte papillaire pure (papillopathie diabétique œdémateuse aigüe), d'atteinte maculaire et/ou polaire postérieure, voire d'une atteinte mixte papillomaculaire. En plus du contrôle rigoureux du diabète, une corticothérapie intraveineuse en cure brève peut être proposée.
La capillaropathie ischémique aigüe (forme dite floride) est une forme rare concernant des sujets jeunes de moins de 30 ans, porteurs d'un diabète de type I instable et de plus de 10 ans d'ancienneté. Elle est caractérisée par une évolution rapide, hémorragique et cécitante. Il se produit, au niveau du pôle postérieur, une dilatation capillaire diffuse et une transformation néovasculaire du réseau capillaire.
[P2,O4]
cataracte diabétique l.f.
diabetic cataract
Opacification du cristallin d’apparition précoce chez un sujet diabétique.
La vraie cataracte diabétique, aigue, bilatérale chez le sujet jeune insulinodépendant et mal équilibré, est rare. Elle peut être observée à la suite d’un coma hyper-osmolaire et elle est parfois réversible. L’aspect biomicroscopique des opacités est classiquement décrit sous forme de "flocons de neige". En dehors de cette forme typique, l’apparition d’une cataracte dégénérative est plus précoce chez un sujet diabétique.
Étym. gr. katarraktès: chute d’une trappe, d’une porte de ville, chute d’eau, kata rassô : tomber complètement, chute d’un voile (devant les yeux)
→ cataracte, diabète insulinodépendant, coma hyperosmolaire
[P2,O4]
choroïdopathie diabétique l.f.
diabetic choroïdopathy
Ensemble des anomalies vasculaires pariétales et hémodynamiques de la circulation choroïdienne chez le diabétique.
Ces anomalies regroupent des dilatations anévrismales des parois capillaires, veineuses, artériolaires et des territoires choriocapillaires oblitérés. Sur le plan histologique, les altérations touchent essentiellement l'endothétlium des capillaires et la membrane de Bruch. La choroïdopathie diabétique est mal visualisée cliniquement par l'angiographie.
[P2]
dermopathie diabétique l.f.
diabetic dermopathy
Ensemble de lésions cutanées prétibiales bilatérales, plus rarement situées sur les avant-bras et les hanches, compliquant très fréquemment un diabète, de type érythémateux, planes ou papuleuses, de 0,5 à 1 cm de diamètre, évoluant vers une desquamation et parfois une cicatrisation brune atrophique.
Il n'y a pas de corrélation avec l’ancienneté ni la sévérité du diabète.
diabétique (acropathie ulcéromutilante) l.f.
diabetic ulceromutilating acropathy
Troubles trophiques cutanés survenant au cours des polynévrites sensitives diabétiques.
Sont décrits surtout des maux perforants plantaires indolores, situés au regard de la tête de 1er ou des 4e et 5e métatarsiens, plus rarement au talon.
La complication essentielle de ces plaies torpides creusantes est la surinfection.
Le traitement repose sur la suppression transitoire de l'appui.
dysautonomie diabétique l.f.
diabetic dysautonomia
Dysfonctionnement fréquent du système neurovégétatif au cours du diabète.
Sont ainsi décrits les troubles suivants :
- digestifs, principalement l'entéropathie diabétique avec diarrhée motrice et rarement malabsorption, la gastroparésie, l'atonie vésiculaire et la dyskinésie œsophagienne ;
- circulatoires, dominés par l'hypotension orthostatique, mais comportant aussi des dénervations cardiaques pouvant entraîner des morts subites et une tachycardie permanente, qui n'est pas rare ;
- moteurs oculaires intrinsèques, réalisant parfois un véritable syndrome d'Argyll-Robertson ;
-sudoraux, avec anhydrose ou hypersudation parfois soudaines, intenses et inadaptées, piloérectiles ;
- vésicaux, très fréquents (incontinence surtout) ;
- génitaux, à type d'impuissance, d'éjaculation rétrograde et de troubles sensitifs testiculaires.
dyschromatopsie diabétique l.f.
diabetic dystromatopsia
Ensemble des anomalies acquises du sens chromatique au cours de la maladie diabétique.
L'altération de la vision des couleurs chez le diabétique commence par l'atteinte des mécanismes bleus et touche plus tardivement les mécanismes verts et rouges. Cette dyschromatopsie fluctue selon l'équilibre glycémique et l'évolution de l'œdème rétinien. Elle semble précéder l'apparition des signes angiofluorographiques de la rétinopathie.
Étym. gr. dus : difficulté ; khroma : couleur ; opsis : vue
enfant de mère diabétique l.m.
diabetic mother's newborn
Enfant ayant subi pendant la grossesse les effets du diabète maternel au travers de la circulation fœtomaternelle.
A un stade avancé, le diabète de la mère compromet la circulation fœtoplacentaire, ce qui entraîne une hypotrophie fœtale. Un diabète mal équilibré s'accompagne d'une hypertrophie fœtale et placentaire et d'un hydramnios. En fin de grossesse, ce peut être la cause d'une mort in utero inexpliquée. A la naissance, l'enfant est pléthorique avec un hyperinsulinisme responsable d'une viscéromégalie et d'une hypoglycémie grave dans les premiers jours. L'enfant est souvent ictérique, polyglobulique et hypocalcémique. Certains présentent une myocardiopathie transitoire, mais grave. Enfin on peut voir des lésions cérébrales qui résultent, notamment, d'accès d'hypoglycémie incontrôlée chez la mère. Une bonne équilibration, dès le début de la grossesse, de la glycémie maternelle permet une naissance à terme d'un enfant pratiquement normal, cependant la fréquence de malformations congénitales est relativement élevée.
→ hypoglycémie du nouveau-né, hydramnios
[O1, R1]
Édit. 2020
gangrène diabétique l.f.
Manifestation tardive de la micro-angiopathie diabétique à type de gangrène humide.
Elle peut se compliquer d'une gangrène infectieuse.