Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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héparine n.f.

heparin

Substance anticoagulante existant particulièrement dans le foie, le poumon, les muscles et aussi dans tous les tissus à très faibles concentrations.
C’est un polyoside sulfaté formé par un enchaînement de restes alternés de glucosamines N-sulfatées et d'acides uroniques, avec l’alternance de l'acide glucuronique et de l’acide L-iduronique, et un nombre élevé de radicaux sulfuryle. Biosynthétisé par les mastocytes dans lesquels il se trouve, ainsi que dans les polynucléaires basophiles, sous forme macromoléculaire, ce glycane est hydrosoluble et très acide. Son activité biologique est neutralisée par les protéines basiques telles que les protamines. L'héparine est capable de mobiliser des enzymes attachés aux parois vasculaires, tels que la lipoprotéine lipase, la lipase hépatique et la phospholipase A1. L’héparine est utilisée comme anticoagulant pour son activité potentialisatrice de l'antithrombine due à une séquence très spécifique de cinq dérivés (séquence pentasaccharidique).
Les préparations commerciales utilisées en thérapeutique, sont extraites soit des poumons de Bœuf (Amérique du Nord), soit de la muqueuse intestinale du Porc (Asie). De cet extrait hétérogène, on sépare des glycosaminoglycanes (mucopolysaccharides) de masse moléculaire comprise entre 3 000 et 50 000 Da, formées de longues chaînes polyosidiques diversement sulfatées, constituées par la répétition de séquences disaccharidiques. Différents radicaux anioniques fixés sur ces hexoses font de l'héparine un acide fort, chargé négativement, donc capable de se lier facilement aux cations Ca2+, K+, Na+, Mg2+ et aux molécules biochimiques (albumine, fibrine, etc.) ou médicinales cationiques.
Les méthodes d'extraction, de solubilisation et de purification de l'héparine commerciale permettent de séparer les héparines de basse masse moléculaire (HBPM, moyenne 8 000 Da) de celles à haute masse moléculaire (héparine standard non fractionnée, moyenne 20 000 Da). Les HBPM, dont la pharmacocinétique est beaucoup plus favorable (biodisponibilité, durée de vie) et qui ont moins d'effets secondaires (thrombopénie), sont préférées en thérapeutique tant pour la prévention que pour les traitements des affections ou maladies thrombotiques, en particulier veineuses.
L'activité anticoagulante de l'héparine dépend essentiellement :
- du degré de polymérisation (un niveau minimal est nécessaire),
- du degré de sulfatation de chaque chaîne et de la localisation des groupements N-sulfates,
- de l'affinité des chaînes polyolosiques à se fixer sur l'antithrombine-III ce qui requiert une structure pentasaccharidique minimale.
L’héparine non fractionnée combine une activité anti-IIa et une activité anti-Xa équivalentes. Elle est injectée par voie veineuse. Sa présentation forme d’héparinate de calcium est utilisée en sous-cutanée.
Les HBPM ont une activité anti-Xa prédominante sur l’activité anti-IIa dans un rapport variable de deux à quatre en fonction des molécules. Elles sont injectées par voie sous-cutanée.
L’héparine est indiquée dans le traitement curatif des thromboses veineuses profondes, des embolies pulmonaires, des infarctus du myocarde, des angors instables et des embolies artérielles extra-cérébrales ; dans le traitement préventif des accidents thromboemboliques veineux et/ou artériels en milieu chirurgical y compris en chirurgie vasculaire artérielle, en cas d’affection médicale aigüe, en cas de cardiopathie emboligène, et dans l’anticoagulation des circuits de circulation extracorporelle et d’épuration extra-rénale.
Sa forme utilisable par voie veineuse est également indiquée en traitement curatif de certains cas de coagulopathie.
L’héparine n’exerce par elle-même aucune action fibrinolytique.
Etant donné sa charge électrique et l'importance de sa masse moléculaire, l'héparine ne traverse ni les séreuses (plèvre, péritoine, méninges), ni la barrière placentaire. De même, elle ne passe pas dans le lait maternel et ne peut pas être absorbée par le tube digestif.
L'héparine est neutralisée par la protamine (polypeptide extrait de la laitance de certains poissons)
Le traitement par HBPM peut être surveillé par l’activité anti-Xa (mesure du pic d’activité de trois à quatre heures après l’injection sous-cutanée).

J. McLean, étudiant en médecine américain, découvrit l’héparine en 1916

Étym. gr. hêpar : foie (parce qu’on a d’abord extrait l’héparine du foie)

anticoagulant (médicament), antithrombine III

[F4]

Édit. 2015

sclérodermie systémique l.f.

systemic scleroderma, generalized scleroderma, progressive systemic sclerosis

Forme de sclérodermie survenant le plus souvent entre 30 et 40 ans, à nette prédominance féminine, caractérisée par l’association d’une sclérodermie cutanée diffuse ou limitée à des atteintes extracutanées et viscérales.
On en distingue habituellement deux formes.
La forme avec atteinte cutanée diffuse, précédée pendant une courte période par un phénomène de Raynaud, a une évolution rapide et extensive marquée par des atteintes viscérales fréquentes et précoces conditionnant le pronostic et touchant notamment les poumons (avec possibilité d’hypertension artérielle pulmonaire), le tube digestif, le cœur et le rein : elle est marquée  par une dilatation et une destruction des anses capillaires, visible en capillaroscopie, et par la présence d'anticorps antitopo-isomérase 1 chez un tiers des malades, mais en l'absence d'anticorps anticentromère.
La forme cutanée limitée, plus fréquente, comporte un phénomène de Raynaud évoluant depuis plus de 10 ans, une atteinte tégumentaire réduite aux mains, ou sclérodactylie, à la face, aux avant-bras et aux jambes, ce qui correspond alors au tableau de l'acrosclérose ; on peut aussi y mettre en évidence une atteinte pulmonaire et oesophagienne, des mégacapillaires détectables en capillaroscopie ainsi que des anticorps antinucléaires dans 90% des cas, et, notamment, anticentromère.

Syn. sclérodermie généralisée (obs.), sclérodermie diffuse, sclérodermie maligne

acrosclérose, Raynaud (phénomène de)

thermographie n.f.

thermography

Technique d'imagerie qui révèle les différences de vascularisation des tissus sous-jacents, à partir des températures recueillies à la surface cutanée, et permet l’exploration d’un organe, la glande mammaire par exemple, dont l’émission de rayonnement infrarouge est différente selon que les tissus sont normaux ou ne sont pas.
Deux méthodes ont été employées :
- thermographie en plaque : des cristaux liquides, dérivés du cholestérol, répartis sur une bande ou sur une plaque mise au contact d'une région cutanée, changent de couleur (du bleu au rouge) en fonction de la chaleur dégagée aux différents points de la zone examinée (thermographie de contact).
- thermographie par caméra à infrarouge : la caméra spéciale fournit une image en plusieurs couleurs correspondant aux températures des diverses zones d'une région ou du corps entier (téléthermographie).
Certains cancers de la peau (mélanome), du sein, des muscles, des os s'accompagnent d'une vascularisation anormale; mais la détection de cette élévation de température localisée n'est pas spécifique d'une tumeur : diverses causes, comme compression, manipulation ou altération de la vascularisation locale peuvent donner des informations perturbant l'interprétation des images. La mesure de la température cutanée peut être utilisée dans le diagnostic des maladies vasculaires.
En pratique courante, la thermographie est actuellement pratiquement abandonnée du fait de sa faible spécificité.

tuberculose cutanée l.f.

tuberculosis cutis, skin tuberculosis, cutaneous tuberculosis

Localisation cutanée de la tuberculose provoquée soit par inoculation directe, qui détermine le chancre tuberculeux, soit par extension par contigüité à partir d'un foyer profond, soit par dissémination hématogène des mycobactéries tuberculeuses : M. tuberculosis, M. bovis et M. africanum.
La tuberculose cutanée primitive correspond au chancre tuberculeux, qui est un nodule cutané siégeant au site d'une blessure contaminée, évoluant vers l'ulcération et s'accompagnant volontiers d'une lymphangite. La tuberculose cutanée secondaire peut réaliser plusieurs tableaux, dont le scrofuloderme ou écrouelle, le lupus tuberculeux ou vulgaire, les abcès ou gommes, la tuberculose verruqueuse. Elle peut aussi se présenter sous forme d'une miliaire tuberculeuse caractérisée par une dissémination hématogène des bacilles tuberculeux provoquant une éruption papuleuse ou pustuleuse disséminée, ou d'une tuberculose orificielle faite d'ulcérations périorificielles (au voisinage des narines, bouche, anus, méat uréthral), et résultant d'une réinoculation orificielle de bacilles tuberculeux à partir de foyers viscéraux.

Étym. lat. tuberculum : petite saillie, excroissance

Abt-Letterer-Siwe (maladie d') l.f.

Abt Letterer Siwe’s disease

Forme aigüe disséminée d'histiocytose langerhansienne atteignant l'enfant, surtout jeune, plutôt que l'adulte, caractérisée par la survenue de lésions cutanées très polymorphes à type de maculopapules purpuriques du tronc, des fesses, du cuir chevelu et, à un moindre degré, du visage, auxquelles peuvent s'associer des adénopathies superficielles, une hépatosplénomégalie, des lacunes osseuses et une atteinte hypophysaire ou pulmonaire.
L'examen histologique d'une biopsie cutanée met en évidence un infiltrat dermique fait de cellules histiocytaires à noyau encoché, réniforme, et dont l'examen immunocytochimique montre qu'elles sont marquées par l'anticorps anti-CD1a; l'étude ultra-structurale met en évidence la présence de corps de Birbeck. Le pronostic de cette maladie dépend de son degré d'extension cutanée, ganglionnaire, viscérale et médullaire et de son âge de survenue. Plusieurs cas familiaux ont été décrits, sans contact infectieux entre les cas. C’est une affection sporadique (MIM 246400).
E. Letterer, anatomopathologiste allemand (1924), S. Siwe, pédiatre suédois (1933), A. F. Abt, pédiatre américain (1936)

Syn. Abt-Letterer-Siwe L-S (maladie), LESD, histiocytose X aigüe disséminée, histiocytose non lipidique, réticuloendothéliose aigüe hémorragique du nourrisson, histiocytose langerhansienne, histiocytose X

Birbeck (corps de)

[N3]

Édit. 2017

achromie n.f.

achromia

1) Absence de coloration normale d'un organe ou de la pigmentation cutanée.
2) En dermatologie, disparition totale congénitale ou acquise de la pigmentation cutanée d'origine mélanique, survenant dans plusieurs circonstances : vitiligo, albinisme, hamartome achromique, cicatrices, etc.
Beaucoup plus rares que les hypochromies, les achromies sont dues à un arrêt du fonctionnement des mélanocytes ou à leur disparition. Les lésions, blanches et généralement bien délimitées, ne se pigmentent pas après exposition solaire.
3) En ophtalmologie, l'achromie peut frapper l'iris.
Elle est congénitale ou acquise.

Étym. gr. a : privatif ; chrôma : couleur

Syn. leucodermie

[J1, P2]

Édit. 2020

acrodermatite entéropathique l.f.

acrodermatitis enteropathica, zinc-deficiency type

Dermatite érythématobulleuse, infantile, avec éruption de pustulettes au pourtour des orifices et sur les extrémités, accompagnée d’une diarrhée et d’un arrêt de croissance. 
Affection métabolique par déficit progressif en zinc, apparaissant chez les enfants de trois semaines à dix huit mois et au moment du sevrage chez les enfants allaités.
Le tableau clinique évocateur associe la triade : atteinte cutanée périorificielle, diarrhée et alopécie. L’atteinte cutanée est caractéristique dans sa distribution symétrique, périorificielle, retro auriculaire, atteignant les extrémités et typiquement la région ano-génitale. Les lésions cutanées érythémateuses au début sont ensuite vésiculo-bulleuses, pustuleuses ou érythématosquameuses. A la diarrhée aqueuse s’associe une anorexie, une cassure de la courbe staturopondérale. Atteinte oculaire caractérisée par: photophobie, blépharite, sténose du canalicule lacrymal, conjonctivite, photophobie, opacités de cornée. Baisse de la concentration sérique du zinc et des phosphatases alcalines. L’affection guérit par complémentation orale en zinc en quelques jours ou semaines. Le traitement substitutif doit être maintenu à vie, le pronostic est excellent.
La maladie est due à un défaut de l’absorption intestinale du zinc, secondaire à une anomalie de la molécule transporteuse du Zinc, par mutation du gène SCL 39A4, situé sur le chromosome 8q24.3 (MIM 201100). La molécule de transport du zinc est le transporteur Zip4, nécessaire pour l'absorption transcellulaire du zinc dans les entérocytes du duodénum et du jéjunum.  L’identification de l’anomalie moléculaire apporte le diagnostic et permet la distinction avec les formes acquises de déficit en zinc. L’affection est autosomique récessive. Un conseil génétique est recommandé pour identifier les autres membres affectés de la famille avant l'apparition des symptômes. Il permet aussi d'informer les couples affectés du risque de 25% de transmettre la mutation causale à leur descendance.

N. C. Danbolt et K. P. Closs, médecin interniste et biochimiste norvégiens (1942)

Étym. gr. akros : extrémité ; derma : peau ; ite : inflammation ; enteron : intestin ; pathos : malade

Syn. AEZ, Danbolt et Closs (Syndrome de)

[J1, L1, O1, Q2]

Édit. 2020

amylose biphasique l.f.

biphasic amyloidosis

Coexistence chez un même malade de lésions d'amylose cutanée maculeuse et pigmentée, et de lésions d'amylose cutanée papuleuse.

Étym. gr. amulon : amidon

 amylose cutanée maculeuse et pigmentée, amylose cutanée papuleuse

[A3,J1,N3]

Édit. 2017

anesthésie locale et locorégionale l.f.

local and regional anaesthesia

Anesthésie d'action locale ou portant sur une région limitée du système nerveux, qui se fait par injection soit intravasculaire, soit sur un gros tronc nerveux (bloc) ou sur une partie des racines médullaires (épidurale, extradurale, péridurale, rachianesthésie).
On distingue l'anesthésie :
- locale topique sur la peau (gel ou crème), ou par pulvérisation sur les muqueuses, par infiltration sous-cutanée ou par instillation oculaire (cornée, conjonctive) ;
- locorégionale par injection intraveineuse après exsanguination de l'extrémité du membre supérieur puis pose de garrots (un proximal pour arrêter la circulation artérielle dans un premier temps, remplacé ensuite par un garrot distal en zone anesthésiée) ;
- régionale périphérique (bloc d'un nerf ou d'un plexus nerveux) ou infiltration sous-cutanée ;
- régionale centrale (extradurale ou intra-durale).
Dans la rachianesthésie (intra-durale) la densité de la solution anesthésique est choisie plus forte que celle du liquide céphalorachidien (solution hyperbare) pour localiser l'effet anesthésique vers le bas de la moelle et donc n'intéresser que la région inférieure si le patient est demi-assis ou en position proclive.

Étym. gr. anaisthesia : insensibilité, inconscience

anesthésie, anesthésie extradurale, anesthésique local, bloc anesthésique de nerfs ou de plexus, EMLA, rachianesthésie

[G1]

Édit. 2017

ankylostomose n.f.

hookworm disease, ancylostomiasis

Nématodose due à la présence dans le duodéno-jéjunum de l’une ou l’autre des deux espèces d’ankylostomes (Ancylostoma duodenale et Necator americanus), vers hématophages spécifiques de l’Homme.
Faisant suite à une contamination trans-cutanée (identique à celle de l’anguillulose à laquelle elle peut être associée), l’affection est notamment caractérisée par des douleurs pseudo-ulcéreuses et par une anémie hypochrome microcytaire hyposidérémique, résultant de l’hématophagie de ces helminthes.
Elle sévit dans toutes les régions chaudes et humides (prévalence : jusqu'à 70% de la population) ; A. duodénale est présent aussi dans quelques régions tempérées, mais a disparu des mines ou des tunnels en percement en Europe.
À la phase de pénétration cutanée des larves, on observe un exceptionnel érythème papulomaculeux et prurigineux aux membres inférieurs ou supérieurs (classique "gourme des mineurs") et à la phase de migration larvaire, rarement toux et dysphonie ("catarrhe des gourmes") ; en cas de pauciparasitisme intestinal, on note une absence de symptôme, dyspepsie, douleurs pseudo-ulcéreuses ou diarrhée ; les fortes infestations, surtout chez l'enfant malnutri provoquent une anémie hypochrome microcytaire hyposidérémique en raison de l'hématophagie des vers et une hyperéosinophilie sanguine fréquente ; la découverte d'œufs à l'examen parasitologique des selles assure le diagnostic. On traite par les benzimidazolés ; l’anémie se corrige par l’administration orale de fer ; le recours à des transfusions sanguines est très exceptionnel.

ankylostome, Necator americanus

[D1,J1,L1]

Édit. 2017

anticoagulant (médicament) l.m. 

anticoagulant

Médicament inhibant les processus de coagulation prescrit pour s’opposer à l’apparition d’une thrombose ou empêcher l’extension quand elle a débuté.
Plusieurs anticoagulants sont disponibles, les uns actifs par voie orale, les autres actifs par voie parentérale (injectables en intraveineuse ou en sous-cutanée).
Parmi les anticoagulants oraux on distingue les antivitamines K dont un dérivé de l’indanedione et les coumariniques (acénocoumarol et warfarine) et les nouveaux anticoagulants oraux (NAOC) avec un inhibiteur direct de la thrombine (dabigatran etexilate) et des inhibiteurs du facteur Xa (rivaroxaban, apixaban, edoxaban).
Les anticoagulants injectables par voie intraveineuse sont les héparines standards non fractionnées d’activité anti-IIa et anti-Xa et, par voie sous-cutanée, d’activité anti-Xa, les héparines de bas poids moléculaire et le fondaparinux (un pentasaccharide). Dans des indications exceptionnelles, peuvent être utilisées l’antithrombine humaine, l’argatroban (inhibiteur direct de la thrombine) et le danaparoïde (d’activité anti-IIa et anti-Xa), la bivalirudine (inhibiteur direct de la thrombine), la lépirudine (inhibiteur direct de la thrombine), et la protéine C (inhibitrice du facteur Va et du facteur VIIIa).

antivitamines K, nouveaux anticoagulants oraux (NAOC), inhibiteurs de la thrombine, inhibiteurs du facteur Xa, héparines, fondaparinux, antithrombine humaine, danaporoïde, bivalirudine, protéine C

atrophie blanche l.f.

progressive fibrosis with telangiectasia

Affection cutanée caractérisée par une ou plusieurs plaques scléreuses de couleur ivoire, parsemées de télangiectasies et entourées d'une hyperpigmentation, siégeant habituellement sur le dos du pied ou la malléole interne, réalisant une atrophie cutanée pseudocicatricielle, ne succédant pas à une ulcération et observée surtout chez la femme.
Cependant, la présence éventuelle de petites ulcérations superficielles très douloureuses et l'association très fréquente de signes d'insuffisance veineuse chronique et d'une capillarite, de même que les lésions histologiques à type d'altérations pariétales et de thrombose des petits vaisseaux suggèrent un mécanisme étiopathogénique primitivement vasculaire qui reste toutefois mal connu. Aussi certains rapprochent-ils l'atrophie blanche de Milian de la vasculite livédoïde qui provoque de petites ulcérations évoluant vers une cicatrice ressemblant à l'atrophie blanche. Aucun des traitements proposés, tels que héparine, antiagrégants plaquettaires ou stanozolol, n'a fait la preuve de son efficacité.

G. Milian, dermatologiste français, membre de l'Académie de médecine  (1929)

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

vascularite livedoïde

atrophie blanche de Milian l.f.

Milian's white atrophy

Zone cutanée dépigmentée et dépourvue de capillaires, conséquence d'une ischémie cutanée progressive et relevant de causes multiples, et souvent d'une insuffisance veineuse évoluée des membres inférieurs.
Elle siège essentiellement au niveau de la région malléolaire interne.

Étym. gr. a : privatif ; trophê : nourriture

avulsion scrotale l.f.

scrotal skin avulsion

Accident habituellement professionnel consistant en l'arrachement traumatique de tout ou partie de la peau du scrotum et du pénis.
L'agent vulnérant est en général une courroie de transmission. L'avulsion cutanée respecte cordon spermatique, testicules et structures péniennes, mais crée une très large surface dénudée dont la reconstitution cutanée demande souvent plusieurs interventions de chirurgie plastique réparatrice.

Étym. lat. avulsio: enlèvement

blessure n.f.

wound, injury

Lésion traumatique de l’organisme sous l’action d’un agent physique ou chimique, produit par un instrument contendant, tranchant, piquant, corrosif, une arme à feu, etc.
Dans le langage courant le terme désigne une plaie ouverte, c'est-à-dire avec effraction cutanée ou muqueuse. Les plaies ouvertes apportent un risque d’infection bactérienne (ex. tétanos).
Par extension se dit aussi pour toute atteinte traumatique du corps même si la lésion est fermée (surface cutanée ou muqueuse intacte). Il n’y a alors pas de risque infectieux du fait de la blessure elle-même (ex. fracture fermée).
Par abus de langage, toute atteinte douloureuse de l’organisme empêchant la poursuite des activités physiques habituelles est dite « blessure » (ex. épicondylagie – lombalgie chez un sportif).

blessé, brûlure, contusion, coupure, ecchymose, fracture, traumatisme.

Édit. 2017

bol n.m.

1 - En pharmacologie, petite portion de médicament ou d'aliment, avalée en une fois ;

2 - en réanimation, petit volume de solution médicamenteuse administré en une fois par voie intraveineuse. Les dispositifs de seringues automatiques peuvent être réglés pour délivrer un bol à la cadence choisie, chacun transportant une petite dose de principe actif ;
3 - En radiodiagnostic, quantité d’un médicament ou produit de contraste injectée en une fois et très rapidement ;
4 - En radiothérapie, bloc d'un matériau équivalent-tissu placé à la surface cutanée, généralement destiné à réaliser une surface d'entrée plane, perpendiculaire à l'axe du faisceau. Il comble les courbures et irrégularités de la surface cutanée et éventuellement l'absence de tissus dans une partie du faisceau. Il est généralement réalisé en moulant un matériau mou, ou en utilisant des sacs contenant un matériau granuleux (grains de riz). Il peut également, pour les faisceaux d'électrons, être destiné à modifier la surface d'entrée pour obtenir une distribution plus appropriée de la dose en profondeur ;
5 - En physiologie, le bol alimentaire est la masse formée sur la langue par les aliments mastiqués et avalée en une fois ;
6 - En pharmacie vétérinaire, grosse pilule molle à usage vétérinaire.

Étym. gr. bôlos : motte de terre, boule ; lat. bolus : pilule

Syn. bolus (anglicisme à éviter)

[D5,G3,G5]

Édit. 2017

bolus n.angl.

1) En physiologie, portion d’aliments passant individuellement dans le tractus gastro-intestinal.
2) En pharmacologie et thérapeutique, masse alimentaire compacte en forme de boule, contenant ou non un agent diagnostique ou thérapeutique, à ingérer en une fois ; par extension, dose d’un agent thérapeutique ou diagnostique administré par voie IV en une seule injection.
3) En radiodiagnostic, quantité d’un médicament ou produit de contraste injectée en une fois et très rapidement.
4) En radiothérapie, bloc d'un matériau équivalent-tissu placé à la surface cutanée, généralement destiné à réaliser une surface d'entrée plane, perpendiculaire à l'axe du faisceau.
Il comble les courbures et irrégularités de la surface cutanée et éventuellement l'absence de tissus dans une partie du faisceau. Il est généralement réalisé en moulant un matériau mou, ou en utilisant des sacs contenant un matériau granuleux (grains de riz).
Il peut également, pour les faisceaux d'électrons, être destiné à modifier la surface d'entrée pour obtenir une distribution plus appropriée de la dose en profondeur.

Étym. lat bolus : boule

bol, bol alimentaire,bolus

Édit. 2017

brûlure n.f.

burn

Destruction des téguments, voire des tissus sous-jacents, sous l'action d'un agent thermique (flammes, contacts liquides solides ou gazeux), chimique, électrique, ou de radiations ionisantes.
La gravité est évaluée en fonction de la surface, de la profondeur, mais aussi du terrain et des atteintes associées. La classification de la profondeur est déterminée selon trois degrés ; brûlure du 1er degré : érythème douloureux plus ou moins œdémateux ; brûlure du 2ème degré, soit superficiel (bulles circonscrites ou phlyctènes très douloureuses sur une surface rouge œdémateuse très douloureuse), soit profond (même aspect mais avec une atteinte dermique) ; brûlure du 3ème degré : atteinte de toute l'épaisseur cutanée avec escarre, voire carbonisation des tissus sous-jacents.
La chaleur, cause principale des brûlures, agit par les rayons infrarouges ou par contact direct (corps chaud solide, liquide, vapeur d'eau ou gaz brûlants).
Les radiations ionisantes (ultraviolets, rayons X et γ, etc.) ou non ionisantes (ultrasons), et de nombreux corps chimiques liquides (acides sulfurique, chlorhydrique et fluorhydrique, soude, potasse, ammoniaque) ou gazeux (chlore, ammoniac, ypérite, etc.) peuvent produire des brûlures.
L'abrasion de la peau par friction produit un effet équivalent à celui d'une brûlure.
Par la chaleur que dégage leur passage, tous les courants et ondes électriques peuvent provoquer des brûlures profondes, parfois très graves. Elles intéressent surtout les muscles et les vaisseaux, tissus plus conducteurs que la peau ou les tissus adipeux. C'est pourquoi des normes rigoureuses limitent le courant de fuite des appareils électriques (intensité < 3 A).
Les courants continus, même très faibles, libèrent de la soude à la cathode par électrolyse du chlorure de sodium contenu dans les liquides interstitiels : leur passage prolongé est la cause de brûlures chimiques au niveau de l'électrode (cathode) placée sur la peau.
La gravité d'une brûlure dépend de la quantité d'énergie destructrice dissipée dans les tissus lésés, énergie qui est donnée par le produit énergie = puissance x durée d'application.
Le volume exposé doit aussi être pris en considération. L'énergie dissipée agit dans un volume plus grand que celui de la cible initiale du fait de la diffusion vers les tissus voisins, même après que la cause initiale ait cessé son action.
La gravité d'une brûlure est aussi fonction du volume intéressé. Pour la peau le volume est proportionnel au produit de la surface brûlée par l'épaisseur de la lésion, épaisseur estimable par celle de l'œdème. Ex. une brûlure cutanée intéressant 55% de la surface corporelle (soit 1 m2 chez un adulte de 1,8 m2 de surface corporelle), avec un œdème de 3mm d'épaisseur équivaut à une hémorragie grave, car elle entraîne un volume de plasma extravasé de 1 m2 x 3mm = 3 litres. Il faut donc compenser d'urgence une telle perte de liquide si l'on veut éviter l'arrêt cardiaque.
Enfin la gravité d’une brûlure chimique dépend du produit en cause. Un produit alcalin continue à agir en profondeur provoquant des brûlures térébrantes malgré le lavage à grande eau. Il faut parfois effectuer un nettoyage chirurgical pour éviter cette action en profondeur dite de liquéfaction. Les brûlures par acides provoquent au contraire une action de coagulation des protéines de surface qui limite l’action en profondeur.

Étym. francique brojan : échauder, avec influence du lat. ustulo : brûler

irradiation aigüe, surface corporelle, ultrasons, brûlés (premiers soins aux), brûlés (troubles psychiques des), brûlé (anesthésie du), brûlure (degré de gravité des), brûlure électrique

Édit. 2017

capillaroscopie n.f.

capillaroscopy

Méthode d'exploration non traumatisante de la microcirculation cutanée permettant de visualiser directement les capillaires du lit unguéal où ils sont parallèles à la surface cutanée, de les compter et d'analyser leur morphologie.
Après dépôt d'une goutte d'huile à immersion sur le rebord unguéal, les capillaires sont observés à l'aide d'un microscope optique à lumière froide. Les indications de la capillaroscopie sont les troubles vasomoteurs des extrémités, et notamment les syndromes de Raynaud, à la recherche de signes de sclérodermie ou de syndrome de Sharp.

[K4,B3]

coccidioïdomycose n.f.

coccidioïdomycosis

Mycose pulmonaire provoquée par Coccidioïdes immitis, presque exclusivement limitée aux régions désertiques du sud-ouest des États-Unis et connue aussi en Russie.
L'atteinte est primitivement pulmonaire. Elle apparaît 10 à 14 jours après l’inhalation de poussières infectées. Elle est asymptomatique dans 60% des cas. Dans 5 à 10% des cas, la primo-infection s'accompagne d'érythème noueux ou polymorphe. La maladie peut évoluer vers une forme pulmonaire sévère simulant une tuberculose, vers une forme
cutanée chronique avec granulome verruqueux, surtout du visage et du cou, ou vers une forme viscérale chronique (25% de péricardite, 25% d'atteinte osseuse). cutanée chronique avec granulome verruqueux, surtout du visage et du cou, ou vers une forme viscérale chronique (25% de péricardite, 25% d'atteinte osseuse). Dans 1 à 2% des cas, l'infection est disséminée, généralement mortelle, avec multiviscérite, méningite et abcès sous-cutanés. 25% des patients atteints de sida à taux de CD4 inférieur à 200 sont atteints en zone d'endémie. Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'une sphérule (20 à 60 µm) ou forme infectante, soit à l'examen direct dans les prélèvements pulmonaires ou le pus, soit à l'examen anatomopathologique des biopsies d'organes. La culture mycologique, qui est dangereuse à manipuler, confirme le diagnostic. Il existe un diagnostic sérologique.
Le traitement repose sur l'amphotéricine B (I.V.) dans les formes graves ; le kétoconazole, l'itraconazole et le fluconazole peuvent être efficaces dans les formes moins sévères. Une vaccination est à l'étude.

A. Posadas, parasitologue argentin (1892) ; R. J. Wernicke, anatomopathologiste argentin (1892) ; E. Rixford, chirurgien américain (1896)

Syn. maladie de Posadas et Wernicke, maladie de Posadas et Rixford, fièvre du désert, fièvre de la vallée de San Joaquin, rhumatisme du désert

Coccidioides immitis

[D1,K1]

Corynebacterium ulcerans

Corynebacterium ulcerans
Bactérie à Gram positif, non sporulée, aéro-anaérobie, appartenant à la famille des Corynebacteriaceae, responsable chez l'Homme d'ulcérations chroniques (diphtérie cutanée), d'angines et de syndromes respiratoires sévères ou même parfois de diphtérie.
La diphtérie cutanée réalise une ulcération chronique extensive, parfois accompagnée de signes généraux. Cette bactérie peut également entraîner des pharyngites (angines ulcéreuses, toux) et parfois des dyspnées ou même des insuffisance respiratoires aigües mortelles. Certaines souches de C. ulcerans produisent une toxine diphtérique et peuvent alors entraîner une diphtérie. Le traitement étiologique repose sur une antibiothérapie par pénicilline G ou macrolides. Transmise par les sécrétions nasopharyngées, C. ulcerans est commensale du rhinopharynx de nombreux animaux sauvages et domestiques (Chats et Chiens notamment, mais aussi Chèvres et Vaches chez lesquelles elle cause des mastites) qui sont probablement la source des infections humaines (par expectorations ou consommation de lait contaminé) mais elle ne parait pas transmissibles d'Homme à Homme.

diphtérie, Corynebacterium, diphtérie cutanée, Corynebacterium diphtheriae Corynebacteriaceae

[D1]

cysticercose cutanée l.f.

subcutaneous cysticercosis

Parasitose due à la larve cysticerque (Cysticercus cellulosae) du Tænia solium.
L'Homme peut être parasité par la forme adulte du Tænia ou par la forme larvaire (cysticerque) dont l'hôte habituel est le Porc. En l'absence de cannibalisme, la cysticercose est une impasse parasitaire chez L'Homme. Celui-ci se contamine soit en ingérant des œufs, ou embryophores, par l'intermédiaire d'eau ou de végétaux souillés par des selles humaines, soit par auto-infestation après ouverture dans l'estomac d'anneaux provenant d'un ver adulte localisé dans l'intestin. Après éclosion, les embryons gagnent la grande circulation et se disséminent dans certains tissus : tissu sous-cutané, muscle, œil, système nerveux central,… où ils se transforment en larves cysticerques. Dans la cysticercose sous-cutanée, on observe un nombre variable de lésions, de 1 à plus de 1000, sous forme de petits grains fermes ou durs, mobiles, indolores, de la taille d'un plomb de chasse ou d'un grain de riz, surtout sur le tronc et les membres, avec parfois du prurit. Lorsque les larves sont calcifiées, elles sont visibles radiologiquement dans les parties molles. La sérologie est positive dans la phase active de la parasitose mais se négative par la suite ; l'hyperéosinophilie disparaît également lorsque les larves se calcifient. La confirmation diagnostique est apportée par l'examen anatomo-pathologique d'un nodule sous-cutané. Contrairement aux formes graves liées à une localisation cérébrale ou oculaire, la cysticercose cutanée ne nécessite habituellement aucun traitement.

cysticercose

[D1,J1]

dermatite cercarienne l.f.

swimmer’s itch, cercarial dermatitis

Éruption papuleuse ou érythématopapulaeuse, parfois vésiculeuse, très prurigineuse, provoquée par la pénétration cutanée de cercaires de Trématodes parasites de mammifères et surtout d'oiseaux ou, plus rarement, d’échinostomes parasites d'oiseaux ou de rongeurs.
Cette dermatite très prurigineuse survient habituellement dans les minutes ou les heures qui suivent un bain en eau douce (plus rarement un bain de mer) et peut durer plusieurs jours.
Ces cercaires (improprement appelées « puces des canards ») sont émises par certains mollusques dulçaquicoles, hôtes intermédiaires, qui s’infectent à partir des formes larvaires issues des œufs du parasite éliminés avec les fientes des oiseaux. Elles pénètrent directement dans la peau des nageurs mais ne provoquent pas de bilharziose car leur évolution est bloquée chez l’Homme qui n’est pas leur hôte naturel (barrière d’espèces). La maladie est cosmopolite, sévissant souvent par petites épidémies. Le diagnostic repose sur l'observation clinique des lésions et la notion de bain récent en eau douce. Les corticoïdes locaux permettent d'atténuer le prurit. Les espèces en cause sont nombreuses, appartenant aux genres Trichobilharzia, Ornithobilharzia, Austrobilharzia, Bilharziella. En Europe, il s'agit généralement de Trichobilharzia, le plus souvent T. ocellata, parfois T. franki ou d'autres espèces.
La dermatite cercarienne ne doit pas être confondue avec la bilharziose cutanée qui est une localisation particulière d'une schistosomose due à une espèce parasitant habituellement l'Homme.

Étym. gr. derma : peau ; ite : inflammation

Syn. gale des nageurs, dermatite des nageurs, dermite cercarienne, cercariose

cercaire, Trichobilharzia, schistosome

dermatose précancéreuse l.f.

precancerous dermatosis

Lésion cutanée évoluant fréquemment vers la malignité.
Un certain nombre de ces dermatoses, qui sont généralement de nature épithéliale, ont une structure histologique comportant des atypies cellulaires : ce sont des précancéroses cutanées proprement dites, telles la kératose préépithéliomateuse (encore appelée sénile ou actinique), la kératose arsénicale, la corne cutanée, la leucoplasie, la maladie de Bowen. Dans un cadre plus large, d'autres affections peuvent être considérées comme un état précancéreux en raison de la fréquente transformation maligne des lésions cutanées qui les caractérisent, p. ex. l'hamartome sébacé de Jadassohn, la radiodermite chronique, le syndrome de Gorlin, le xeroderma pigmentosum, la papillomatose orale floride, le condylome acuminé géant de Buschke-Löwenstein.

J. T. Bowen, dermatologiste américain (1912) ; J. Jadassohn, dermatologiste allemand (1895) ; R. J. Gorlin, stomatologue et généticien américain (1963) ; A. Buschke et L. Löwenstein dermatologistes américain et allemand (1925)

précancérose cutanée

dermite livédoïde de Nicolau l.f.

Nicolau's syndrome

Lésion cutanée généralement fessière causée par l'injection intraartérielle accidentelle, le plus souvent lors d'une piqure intramusculaire, d'un produit insoluble, caractérisée par une douleur très vive, parfois syncopale, et par l'apparition d'un livedo, souvent suivi d'une nécrose cutanée nécessitant une excision chirurgicale.

S. G. Nicolau dermatologiste roumain (1925)

Étym. gr. derma : peau ; lat. livedo : tache bleue

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