Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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toxicomane (prise en soins au long cours d'un) l.m.

long-term therapy of a drug addict

Traitement qui vise à arrêter la consommation de toxique et aide le sujet à conquérir les moyens de vivre dans un climat psychologique satisfaisant pour lui. Le sevrage n'est pas un préalable. La stratégie doit être individuelle, adaptée à la clinique.
En fonction de la situation et de la demande du sujet, peut être examinée l'opportunité d'un traitement dit de substitution.
Que l'objectif premier soit l'abstinence ou la maintenance, une relation de confiance est indispensable, ainsi que l'appel éventuel à d'autres intervenants. Une pathologie concomitante, dépressive, p. ex., sera traitée.
Le sevrage doit être préparé. Une postcure résidentielle est souvent nécessaire pour engager une relation au long cours. Le vécu du sujet désintoxiqué est surtout celui d'une souffrance avec culpabilité et sentiment d'infériorité, de hantise de la drogue, d'un désir de normalité et de la tentation d'abandonner l'effort. Il convient également d'aider le sujet à aménager son temps.
Sous réserve d'une période d'arrêt suffisante des opiacés (sept à 10 jours), la naltrexone, antimorphinique, peut constituer une aide contre l'impulsion à la reprise.
Chez le cocaïnomane, le syndrome de manque persiste plusieurs mois et un désir impérieux de retour au toxique peut brutalement relancer le processus. Ici, il s'agit moins de traiter le sevrage immédiat que de prévenir les rechutes. Les psychothérapies, en particulier cognitivocomportementales, sont largement utilisées.
La prise en soins des toxicomanes est souvent aléatoire du fait de fluctuations de la demande et de rechutes. Elle implique une grande disponibilité.

bulbaires au long cours (syndromes) l.m.p.

long course bulbar syndromes

Groupe évolutif comportant des affections majeures du système nerveux, parfois relativement rapides.
Dans cette seconde catégorie entrent surtout : la sclérose latérale amyotrophique, où l'atteinte bulbaire est constante et le plus souvent à l'origine de la mort ; la paralysie bulbaire de Duchenne, associée ou non à une sclérose latérale amyotrophique, avec une composante pseudobulbaire associée parfois prédominante ; la sclérose latérale primaire, dont l'authenticité est parfois discutée ; diverses tumeurs bulbaires de type surtout astrocytaire, d'origine souvent protubérantielle, avec troubles de la marche d'origine pyramidale et cérébelleuse.
Parmi les syndromes bulbaires chroniques, seront citées : les syringobulbies, avec notamment atteinte vestibulaire et névralgie faciale ; les atteintes bulbaires dans les amyotrophies spinales progressives (maladie de Werdnig-Hoffmann, syndrome de Kugelberg-Welander, etc.) ; les paralysies bulbaires progressives de l'enfant (maladies de Fazio-Londe, Markand et Daly, van Laere) ; les paralysies bulbaires de l'adulte, à longue évolution, rarement pures, alors à rapprocher sans doute de certains cas adultes de la maladie de Fazio-Londe.

G. Werdnig, neurologue autrichien (1891) ; J. Hoffmann, neurologue allemand (1891, 1893); E. Kugelberg et L. Welander neurologues suédois (1956) ; E. Fazio, anatomopathologiste italien (1892) ; P. Londe, neurologue français (1893) ; O. N. Markand et D. D. Daly, neurologues américains (1971) ; J. van Laere, neurologue belge (1966)

Werdnig-Hoffmann (amyotrophie spinale de) ; Kugelberg-Welander (syndrome de) ,Fazio-Londe (maladie de) ,Markand et Daly (maladie de) ,van Laere (maladie de)

Édit. 2017

parkinsonien (prise en soins d'un) l.f.

caregiving to a parkinsonian patient

Nécessité, dès la révélation du diagnostic, d'une attitude holistique dépassant, malgré son intérêt, la seule chimiothérapie, attachée à l'accompagnement du patient ainsi que des siens durant des années, dans une évolution inexorable et de plus en plus éprouvante.
Destinée à pallier le déficit nigrostrié en dopamine, la L-dopa à doses élevées est associée surtout à un inhibiteur de la décarboxylase, afin de prévenir ses effets seconds (principalement digestifs et cardiovasculaires) résultant de la libération de dopamine dans l'ensemble des tissus et de réserver au système nerveux central l'action de la L-dopa ingérée. Les agonistes dopaminergiques (bromocriptine, lisuride, etc.) exercent sur la membrane post-synaptique un effet analogue à celui de la dopamine. Les anticholinergiques n'ont plus qu'une place accessoire.
Ces molécules sont efficaces à la période initiale de "lune de miel", généralement peu invalidante et compatible avec une vie normale.
Une dégradation progressive aboutit à la période de maladie installée, avec son handicap permanent qui fluctue à des degrés divers selon les moments de la journée, les horaires des prises de médicaments et des évènements externes comme les repas ou les émotions. L'exercice physique est une nécessité tout au long de l'évolution.
À la période de déclin de l'efficacité thérapeutique, voire de mouvements anormaux iatrogènes, les patients présentent plutôt des troubles de la marche, des chutes répétées, des difficultés majeures d'élocution, parfois des déformations articulaires, avec perte de leur statut dans la cellule familiale et dévalorisation de l'image de soi. Le rôle du médecin, des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des associations est alors essentiel.
Des traitements neurochirurgicaux (notamment stimulation des noyaux sous-thalamiques) sont très efficaces sur les symptômes, mais ne sont indiqués que chez les sujets jeunes (moins de 60 ans) et ayant épuisé les effets bénéfiques de la L-dopa.
Le soutien psychique à l'égard d'un entourage souvent du même âge, lassé, voire épuisé par des charges de travail croissantes, dépassé par des variations symptomatiques souvent déconcertantes, inquiet sur le plan social et financier, parfois surprotecteur ou impatient, se montre indispensable.
Pour l'avenir, les résultats d'une greffe striée de neurones fœtaux à dopamine restent inégaux.

schizophrénie (prise en soins) l.f.

schizophrenia (treatment)

Thérapeutique complexe, à la fois psychosociologique et pharmacologique, engageant d'emblée l'équipe interdisciplinaire et nécessitant une coordination qui se modifiera à la mesure des poussées évolutives ou des réactions du patient à certains évènements.
Le traitement initial est le plus souvent hospitalier. L'appréciation de sa durée tiendra compte à la fois de son rôle relatif de prévention des rechutes ultérieures (a fortiori du "syndrome de la porte tournante") et, a contrario, de l'"enkystement".
Sans les neuroleptiques, et dès lors que le diagnostic a été bien posé, les rechutes atteignent une forte majorité de malades. Si la tolérance aux psychotropes per os est bonne, on peut passer aux formes à action prolongée, plus fiables et moins contraignantes (une injection intramusculaire toutes les trois ou quatre semaines).
Une relation psychothérapique individuelle, au moins à type de soutien et d'adaptation à la réalité, sera régulièrement poursuivie, souvent associée à des entretiens familiaux non culpabilisants.
La prise en soins institutionnelle comportera un choix, à des degrés divers et de façon adaptée, notamment à la sortie, entre : d’une part, plusieurs approches et techniques (ergothérapie, thérapies corporelles, comportementales, art-thérapie, psychodrame, etc.) ;et d’autre part, un choix entre les formes d'environnement souhaitables et possibles (retour dans la famille sans forcer la main à celle-ci, hôpital de jour, appartement thérapeutique, centre d'aide par le travail).
L'allocation aux adultes handicapés est d'autant plus indispensable qu'une pleine réadaptation professionnelle est rarement réalisable chez ces patients, surtout en période de crise économique. Elle contribue à prévenir certaines "clochardisations".
Une continuité de soins optimale semble réalisée par le maintien de la relation à l'extérieur avec la même équipe hospitalière.

 schizophrénie

toxicopathie n.f.

toxicopathy

1. Approche des toxicomanies en tant que pathologie sociale, soulignant l'influence de la famille, des pairs, des conditions de vie et de la société en général sur leur étiologie et leur évolution.
De fait, les mutations culturelles et sociales sont associées à leur accroissement et elles sont plus fréquentes dans les classes sociales défavorisées.
On met également l'accent sur la fréquence des caractéropathies antisociales chez les toxicomanes.
2. Abord d'une pathologie psychique individuelle à la base de ces conduites. En clinique, malgré la fréquence des psychopathes et des psychotiques ou prépsychotiques, on relève un nombre important de sujets non pathologiques. Il n'y a pas de personnalité propre aux toxicomanes.
3. Ensemble des manifestations pathologiques liées à l'usage de drogues.

toxicomanie

comité interministériel de lutte contre la drogue et la toxicomanie l.m.

Comité ayant pour mission « de préparer les décisions du gouvernement, tant au plan national qu’international, en ce qui concerne la lutte contre, d’une part la production, la transformation, le transport, la revente ainsi que les transactions financières et, d’autre part, la consommation et la toxicomanie, en favorisant la prévention, les soins, l’insertion sociale, l’information et la recherche ».
Noter que le texte du décret qui institue le comité ne précise pas les drogues ni les toxicomanies visées.

délégation générale à la lutte contre la drogue et la toxicomanie

[E,G3]

toxicomanie n.f.

drug addiction

Consommation compulsive de toxiques, drogues ou mêmes des médicaments psychotropes détournés de leur indication, avec une forte pulsion à répéter cette consommation, associée ou non à un besoin physique d'éviter les symptômes du sevrage et-ou à un désir intense de retrouver des effets considérés comme agréables. Certaines de ces substances sont souvent appelées drogues illicites, mais ce terme ne convient pas en médecine car il correspond à une distinction juridique, variable selon les pays et, dans le même pays, selon les décisions successives de l'Autorité gouvernementale.
Généralement cet usage s'accompagne de phénomènes de tolérance de doses de plus en plus importantes et d'addiction, dépendance vis-à-vis du toxique dont la suppression entraîne un besoin impérieux de consommation accompagné de manifestations viscérales douloureuses (syndrome «de manque»).
Sont utilisées par les toxicomanes de nombreuses substances psychotropes : alcool, éther, substances hallucinogènes, benzodiazépines, barbituriques, amphétamines, cannabinoïdes, cocaïne, morphine et ses dérivés dont l'héroïne etc. D'une manière générale l'action psychotrope de ces substances entraîne souvent une déchéance physique et morale avec inappétence, conduisant à la dénutrition et au marasme. Elle favorise des actions irraisonnées qui peuvent engendrer des traumatismes, des contaminations sexuelles, voire des suicides.
Les effets des psychotropes dépendent évidemment de leur nature et de leurs propriétés spécifiques :
- les opiacés entraînant une dépression respiratoire, de sorte que l'administration d'une forte dose (surdose) est la cause d'arrêts respiratoires rapidement mortels ;
- l'alcool et les anesthésiques volatils (éther, trichloréthylène etc.) sont à l’origine de lésions cirrhotiques du foie ;
- la cocaïne a des effets cardiovasculaires toxiques sur le cerveau et le cœur, elle peut être la cause de malformations du fœtus in utero.
En cas d'utilisation de la voie intraveineuse, les risques de contamination bactérienne ou virale (VIH ou hépatite B) sont importants.
La toxicomanie peut s'accompagner de tolérance et de syndrome de sevrage. Cependant ces données ne suffisent pas à faire de ces personnes des toxicomanes : elles en font seulement des sujets dépendants. En effet, des malades traités par des opiacés pour une douleur peuvent développer une tolérance aux opiacés et présentent au moment de la suspension un syndrome de sevrage, sans pour autant éprouver le désir impérieux de se soumettre à l’action d’opiacés. C'est le mouvement du sujet vers le toxique qui provoque la toxicomanie. Le toxique détermine l'intoxication. La toxicomanie comporte donc la notion de perte de maîtrise de soi du sujet ce qui se traduit par la répétition de la consommation en dépit des conséquences manifestement nocives.
De façon étiologique, la toxicomanie apparaît comme le résultat de phénomènes complexes, biopsychosociaux, qui interagissent pour favoriser l'éclosion et le maintien de ce comportement.
Syn. addiction

Étym. gr. toxicon : poison pour les flèches ; mania : démence

addiction, alcoolisme aigu, benzodiazépine, cocaïne, drogue, marasme, morphine, surdose, toxique, assuétude, dépendance

grossesse (complications neurologiques au cours de la) l.f.p.

neurologic complications during pregnancy

Manifestations et complications survenant lors de la grossesse et concernant soit des pathologies nouvelles induites par la grossesse, soit des modifications de pathologies antérieures à celle-ci.
Sont décrites : des céphalées migraineuses, de tension ou symptomatiques ; diverses atteintes neuromusculaires (syndrome du canal carpien, méralgie paresthésique, paralysies obstétricales maternelles, lomboradiculalgies). Myasthénie, polymyosites et polyneuropathies inflammatoires posent des problèmes thérapeutiques.
Les crises épileptiques, notamment généralisées tonicocloniques, peuvent augmenter en nombre et les traitements antiépileptiques posent des problèmes de malformations fœtales (spina bifida, fente palatine).
En fin de grossesse, l'éclampsie provoque des troubles neurologiques centraux (encéphalopathie, épilepsie, hypersignaux centraux en IRM).
Les mouvements anormaux sont rares : chorée gravidique, dystonie.
La sclérose en plaques est compatible avec une grossesse normale qui, du reste, ne l'aggrave pas. Les poussées sont plus rares qu'auparavant. Mais l'évolutivité reprend après l'accouchement. Des maladies auto-immunes sont possibles durant la gestation.
Les tumeurs intracrâniennes ou intrarachidiennes peuvent subir des poussées : adénomes hypophysaires, méningiomes, tumeurs vasculaires.
Les maladies infectieuses, notamment virales, ont surtout des conséquences fœtales, la toxoplasmose et la syphilis également.
Le risque d'affections cérébrovasculaires, artérielles et aussi veineuses, est accru.

myxœdème généralisé (atteinte cutanée au cours du) l.f.

myxoedema (cutaneous involvement in)

Accumulation de mucopolysaccharides dans le derme, responsable d'une infiltration de la peau dans l'hypothyroïdie.

Étym. gr. myxa : mucosité ; oidêma : gonflement

tremblement de terre (médecine de catastrophe au cours d'un) l.f.

disaster medicine in earthquake

Mise en œuvre d'interventions médicales adaptées aux tremblements de terre de grande magnitude (elle se mesure sur l'échelle de Richter) qui sont une cause importante de catastrophe.
Une forte intensité (elle se mesure sur l'échelle de Mercalli) correspond à de grands dommages : un grand nombre de victimes peut être causé en quelques secondes si des mesures préventives n'ont pas été prises. Les secours sont alors difficiles du fait de la désorganisation des communications, de la surcharge des centres de traitement et des destructions plus ou moins grandes qu'ils ont subi.
Les séismes se produisent dans des régions à risque situées surtout au niveau de la jonction des plaques tectoniques. Dans ces régions une réglementation sévère impose souvent des normes de construction strictes permettant aux bâtiments, aux hôpitaux notamment, de résister au tremblements de terre et d'éviter les tsunami (pas d'implantation en bord de mer). Mais il ne suffit pas que le bâtiment résiste, encore faut-il que les objets qu'il contient ne soient pas projetés lors des secousses : cela risque de les détruire ou de les rendre inutilisables (bris des verreries, cisaillement des alimentations d'eau, de gaz ou électriques, renversement des feux causant des incendies, destruction des réserves d'eau ou de médicaments, chutes d'objets lourds sur les sujets couchés causant des fractures, etc.). Dans les zones à risque, il est donc nécessaire de prévoir un aménagement protégé pour le matériel de secours et de prendre des précautions pour le matériel de réanimation en service (notamment les perfusions doivent être solidaires du lit). Les approvisionnements doivent être protégés, une alimentation électrique de secours est nécessaire et des communications autonomes (sans fil et sur piles) avec le SAMU, ou l'équivalent, doivent être prévues. Ce dernier doit évidemment avoir pris des mesures préventives pour se protéger lui-même. Etant donné la destruction possible des routes et des ponts, certains envois de secours ou transferts de victimes ne peuvent se faire efficacement que par hélicoptère. Le personnel circulant à l'extérieur doit être entrainé à se protéger (risque de chutes de cheminées, de pots de fleurs, de bris de verre, etc.), par contre dans une ambulance on est en sécurité si l'on n'est pas trop près des maisons ou de structures qui risquent de s'abattre sur la chaussée. Les lésions rencontrées à la suite des tremblements de terre sont surtout traumatiques, il peut y avoir des difficultés à désincarcérer des victimes prises sous des bâtiments éboulés. Les incendies consécutifs au séisme peuvent causer des brulures, le voisinage de la mer ou de grand lac peut avoir facilité des noyades et les cardiaques peuvent être des victimes tardives (arrêts cardiaques par peur lors de répliques longtemps après la secousse principale). Dans les pays à risque comme le Japon ou la Californie une instruction civique de la population est faite dès l'école pour apprendre aux gens de se protéger en cas de tremblement de terre.

C. F. Richter, sismologue américain (1935) ; G. Mercalli, sismologue italien (1902)

peur, séisme

enfant de mère toxicomane l.m.

child of drug addicted mother

Le nouveau-né de mère toxicomane peut présenter, dans un délai de quelques heures à quelques jours après la naissance, un syndrome de sevrage aux opiacés.
Le tableau clinique associe des troubles neurologiques (hyperexcitabilité, trémulations, hypertonie voire convulsions), des troubles du sommeil (avec pleurs), des troubles digestifs (difficulté de succion, régurgitations ou vomissements), des  troubles respiratoires.
L’établissement de scores cliniques permet une évaluation objective de ce syndrome, de son intensité, de sa progression  et oriente la prise en charge thérapeutique associant des soins de nursing (emmaillotement, limitation des stimuli sonores et lumineux), un apport alimentaire fractionné avec un lait épaissi et en cas de sévérité un traitement médicamenteux (sédatifs, morphine). 

[G4, O1]

Édit. 2020

toxicomane n.m.

drug addict

Personne qui utilise habituellement des drogues ou des toxiques psychotropes dont elle ne peut souvent plus se passer.

toxicomanie, infections chez les toxicomanes, toxicomane (prise en soins au long cours d'un)

alzheimérien (prise en charge d'un malade) l.f.

caregiving to an alzheimerian patient

La prise en charge (ou prise en soins),doit dépasser les seuls traitements pharmacologiques, doit être globale et porter à la fois sur le patient mais aussi sur son entourage.
Il n y a pas de traitement curatif de la maladie d’Alzheimer. C'est au stade d'émergence de troubles paucisymptomatiques qu'un traitement anticholinestérasique favorisant la neurotransmission cholinergique peut être indiqué. Les inhibiteurs de l’acétylcholinesterase ont un effet très limité : il s’agit du donézépil, de la rivastigmine, et de la galantamine. Leur action est purement symptomatique et modeste. Ils exposent à des effets secondaires indésirables cholinergiques (notamment digestifs et cardio-vasculaires qui sont fréquents chez ces malades fragiles, âgés, et souvent polymédicamentés). Les médicaments physiopathologiques n’ont pas démontré leur efficacité, tout au moins sur des paramètres cliniques. Les agents psychotropes (thymo-régulateurs, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine…) peuvent être utilisés avec parcimonie en cas de troubles comportementaux ou de syndromes neuro-psychiatriques.
A côté de la prise en charge pharmacologique, une approche plus globale est souhaitable. Stimulation cognitive, art-thérapie ont un effet souvent bénéfique (bien que non formellement démontré); gestion des comorbidités (dépression notamment), maintien de l'état d'hydratation et nutritionnel, kinésithérapie pour entretenir la mobilité, ne doivent pas être négligés. Le maintien au domicile, quand cela est possible, est hautement souhaitable et peut nécessiter le recours à une aide quotidienne, aux services sociaux, à des mesures juridiques de protection. Le soutien des aidants familiaux par une association de malades, par l’information et la déculpabilisation en cas de placement, et/ou par des groupes de paroles est également essentielle. L’ensemble de ces mesures, facilitées par les plans Alzheimer successifs a contribué à une amélioration significative de la prise en soin de ces patients au cours de ces dernières années.
Les progrès portant notamment sur la physiopathologie moléculaire permettent de présager des applications thérapeutiques nouvelles dans ce véritable fléau socio-économique et familial.

A. Alzheimer, neuro-psychiatre allemand (1906)

Alzheimer (maladie d'), Alzheimer (biomarqueurs de la maladie d'), Folstein (minimental  test de), Mini Mental State Examination (modèle d'interrogatoire)

[H1,H3,G5,Q2]

Édit. 2017

angéite associée à la prise de médicaments ou de drogues l.f.

angeitis associated with use/abuse of medicaments or substances

Survenant lors d'une première exposition au toxique ou après une utilisation chronique, l'accident vasculaire cérébral peut être soit une hémorragie méningée ou cérébrale (notamment avec les amphétamines, la cocaïne), soit un accident ischémique (observé plus volontiers avec des drogues telles que l'héroïne ou le LSD).
La présentation clinique est celle d'un accident vasculaire cérébral de survenue brutale, accompagné de céphalées intenses. L'angiographie objective parfois des sténoses, voire des occlusions des siphons carotidiens, ou des rétrécissements segmentaires des artères intracrâniennes évoquant une artérite.
Les mécanismes pathogéniques évoqués sont : une lésion directe de la paroi artérielle ou une vascularite immuno-allergique (à la drogue elle-même ou aux agents adultérants), un collapsus avec hypotension et hypoxémie, un vasospasme et une hypertension artérielle aigüe (induits par des agents sympathomimétiques), des embolies de matériel étranger, une endocardite avec embolies septiques, ou des anévrismes mycotiques (pour les drogues utilisées par voie intraveineuse).

Étym. gr. aggeion : vaisseau ; ite : inflammation

angéite, accident vasculaire cérébral, hémorragie méningée, amphétamine, cocaïne, héroïne; LSD 25, anévrisme mycotique

[G4, G5, K4]

Édit. 2019

douleur (prise en charge globale de la) l.f.

multidiciplinary care of pain

Approche multimodale du traitement de la douleur chronique dans laquelle le médicament ne doit représenter qu’une partie de la thérapeutique.
J. Bonica créa la première « pain clinic » à Washington après la première guerre mondiale. En France, depuis la loi Neuwirth (1995), la prise en compte de la douleur est devenue un problème de société.
Appréhender la douleur chronique nécessite une prise en compte individualisée de ses composantes affectives, cognitives et comportementales, voire spirituelles, au-delà de la seule démarche étiologique somatique.
Dans ce but, trois types de structures pluridisciplinaires ont été définis par l'Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM) : consultations spécifiques, comportant au moins deux somaticiens de disciplines différentes et un médecin formé à la psychologie ; unités, disposant de lits d'hospitalisation et d'un plateau technique ; centres, avec une triple mission de soins, d’enseignement et de recherche. Ces missions ont été reprises successivement par l’ANAS et l’HAS.
Le traitement initial vise à diminuer le symptôme douleur, à interrompre les cercles vicieux d'auto-entretien aux divers niveaux anatomiques (périphérique, médullaire, supramédullaire). Conjointement, le patient accède à une prise de conscience de ses réactions et comportements, de même qu'à leur meilleure maîtrise.
En dehors des mesures médicamenteuses, l'équipe peut faire appel à des blocs par les anesthésiques locaux (diagnostiques ou thérapeutiques), à diverses techniques physiques telles que la neurostimulation transcutanée, à la relaxation, aux thérapeutiques cognitivocomportementales et à diverses formes de psychothérapie.
Un placebo peut être efficace dans 30% des cas environ, probablement par la mise en œuvre d’endorphines.
Une suppression totale et constante de la douleur reste jusqu'à présent une utopie, mais son atténuation et un projet réadaptatif, si possible contractuel avec le patient et son entourage, peuvent être au moins mis en œuvre. Ainsi est évité également le "vagabondage médical", souvent préjudiciable au patient et source de "bilans" étiologiques redondants et coûteux.

J. Bonica, médecin anesthésiologiste américain (1917-1994)

Étym. lat. dolor : douleur

interface-fabricant d'une prise murale de gaz l.f.     

conversion kit of a terminal unit of gas distribution

Ensemble d'éléments spécifique à un gaz fourni par un fabricant conçu pour modifier la configuration ou les performances d'une prise murale de distribution de gaz fournie par un autre fabricant.

prise de forceps asymétrique l.f.

asymmetric forceps application

Application du forceps en dehors du diamètre bipariétal.

prise de forceps symétrique l.f.

symmetric forceps application

Application bipariétale du forceps.

prise en charge l.f.

Accord donné par un organisme d’assurance au versement des prestations à un assuré ou à un bénéficiaire, dès lors que la  personne remplit les conditions requises.
Cette prise en charge est automatique si l’assuré remplit les conditions fixées par la loi ou la réglementation (prestations légales de la sécurité sociale) ou par la convention ou le contrat entre l’assurance et l’assuré : elle est facultative par contre dans le cadre des prestations supplémentaires de l’assurance-maladie.

prise rapide (raccord de) l.m.

quick connector

raccord de prise rapide

raccord de prise rapide l.m.

quick connector

Couple de raccords non filetés, spécifiques à un gaz anesthésique et qui peuvent être facilement enclenchés par simple action d'une ou de deux mains sans utilisation d'un outil.
Il se compose en général d'un about (ou fiche) et d'une tête de prise avec un clapet (embout). La prise, murale ou portée sur l'appareil d'anesthésie, constitue la partie femelle, la fiche monté sur le tube flexible constitue la partie mâle.
 En France, un système de crans de sécurité, normalisé par l'arrêté interministériel du 2 janvier 1958 (Identification des prises et raccords rapides des gaz anesthésiques - norme AFNOR), assure la sécurité de la distribution des gaz anesthésiques en rendant impossible toute interversion des branchements.

Étym. fr. déverbal de raccorder, initialement remettre les cœurs (ensemble), réconcilier, par extension ajuster deux choses ensemble.

about, embout, AFNOR

[B3, G1]

Édit. 2018

réseau de prise en charge l.m.

organisation de réseaux pluridisciplinaires (constitués d’infirmières, de généralistes, de cardiologues , kinésithérapeutes) permettant la coordination des soins, une bonne observance thérapeutique et l’éducation des patients , au cours du traitement d’affections cardiaques aigues ( après infarctus du myocarde ) ou chroniques (insuffisance cardiaque).

suicidant (prise en charge psychiatrique du) l.f.

psychiatric charge taking of a suicide

Prise en charge d'un sujet qui a fait une tentative de suicide n'ayant pas abouti à la mort.
Selon les données européennes, les conduites suicidaires, en majorité féminines, sont environ dix fois plus fréquentes que celles conduisant au décès. Plus d'un tiers concernent des sujets de moins de 25 ans. Elles sont surtout fréquentes en cas d'isolement social ou de familles dissociées : il s'agit essentiellement d'intoxications médicamenteuses, les phlébotomies étant beaucoup plus rares mais parfois associées. Le risque de récidive paraît élevé : de 10 à 14% des cas, dont 30 à 40% chez des adolescents. La rencontre du médecin d'urgence ou du psychiatre avec le suicidant s'effectue à domicile ou à l'hôpital, lieu neutre par rapport à l'institution psychiatrique. La période postsuicidaire constitue le moment le plus favorable à l'établissement d'une relation adaptée. La mise en évidence d'une affection mentale aigüe ou chronique caractérisée, avec ses indications thérapeutiques est rare, mais, sur place, l'entourage peut fournir au médecin d'urgence des informations utiles (état du logement, lettre ou médicaments découverts, dires de l'entourage, etc.) qui doivent être transmises au psychiatre.
A contrario, le concept réducteur d'une réaction à quelque circonstance particulière doit être déplacé par la notion de faits vécus par le patient en fonction de son histoire personnelle. D'où la nécessité, malgré ses difficultés, d'une écoute compréhensive globale, tout particulièrement de la souffrance du patient et des motivations plus ou moins conscientes de son comportement suicidaire.
Des réaménagements liés à la tentative de suicide sont inévitables de la part du patient et de son entourage. Il peut s'agir d'une accentuation du mode d'être et du type de relations pathologiques antérieures (surprotection, par ex.) ou, au contraire, de prises de conscience positives, porteuses de potentialités nouvelles, notamment de mises à distance par le patient de son mode de fonctionnement habituel, d'appui sur les étayages disponibles, d'appel à des associations bénévoles (S.O.S amitié, p. ex.). Une résistance familiale foncière avec banalisation systématique du geste constitue parfois un obstacle majeur. De toute façon, même assurée, autant que possible, par un thérapeute ayant l'habitude de ce type de relation, la prévention de la récidive suicidaire ne peut être absolue.

Étym. lat. sui caedere : de soi, abattre, couper

suicide

tête de prise murale spécifique à un gaz l.m.

gas-specific connection point socket assembly

Prise murale de distribution de gaz médical destinée à recevoir l'about d'un flexible, non interchangeable et spécifique au gaz.
Cette prise (embout) doit être fixée à l'embase par un dispositif non interchangeable et spécifique au gaz. Ces mesures de sécurité ont permis de supprimer les accidents mortels dus aux erreurs de distribution de l'O2 et du N2O (plusieurs morts par an en France auparavant)

embout, raccord de prise rapide

traumatisme psychique (prise en charge d'un) l.f.

psychical traumatism (acute disorders)

Mesures thérapeutiques visant à la résolution des manifestations psychiques contemporaines d'une situation dramatique.
Elles consistent à permettre l'expression et l'abréaction la plus rapide possible de l'expérience vécue. D'où l'intérêt de l'écoute du «premier récit» dans un cadre thérapeutique. C'est l'une des meilleures préventions des troubles différés si ce récit est recueilli par du personnel formé à ce type de prise en charge. Sa mise en œuvre par des équipes de santé mentale s'effectue à proximité des zones d'opérations ou des lieux de la catastrophe, c'est le «psychological debriefing» des anglais. Enfin, pour une action psychologique collective, l'information, l'encadrement, l'efficacité et le maintien de l'ordre public concourent aussi à la limitation des troubles et à la prévention des paniques.

panique (trouble, crise ou attaque de)

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