Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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carcinome hépatocellulaire l.m.

Tumeur maligne née à partir des hépatocytes

Huitième cancer dans le monde par sa fréquence (1,5 à 1,8% des nouveaux cancers en France). Il apparaît rarement sur un foie sain. Il survient le plus souvent sur un foie cirrhotique, cirrhose secondaire à une affection virale (hépatite B ou C), ou à une imprégnation alcoolique. En Afrique et en Asie l’aflatoxine, mycotoxine secrétée par Aspergillus flavus parasite des arachides est une des principales responsables des carcinomes hépatocellulaires. Peuvent être aussi incriminés des hormones (contraceptifs oraux, androgènes anabolisants), une surcharge en fer, le thorotrast (produit de contraste utilisé pour les artériographies abandonné en 1950),  un déficit en a1-antitrypsine.
La croissance tumorale est sous la dépendance du flux artériel ; une hypervascularisation artérielle est courante ; l’extension se fait dans les systèmes veineux porte et hépatique, et parfois dans les canaux biliaires ; les cellules tumorales peuvent migrer dans les veines sus-hépatiques et former des métastases pulmonaires.
Il se présente sous plusieurs types : expansif souvent entouré d’une capsule fibreuse ; infiltrant avec nodules irréguliers à limites imprécises ; multifocal fait de plusieurs tumeurs réparties en différents points de l’organe ; de petite taille sous forme d’un nodule solitaire de diamètre inférieur à 2 cm.
Certains marqueurs tumoraux peuvent aider au diagnostic particulièrement l’élévation dans le sang de l’a-fœtoprotéine (AFP).
Le CHC peut s’accompagner de syndrome paranéoplasique : polyglobulie, hypoglycémie, hypercalcémie.
Son traitement curatif est essentiellement chirurgical : résection ou transplantation hépatique.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

Syn. cancer hépatocellulaire, hépatocarcinome

Sigle CHC

cirrhose, hépatite chronique, aflatoxine, hépatite B

[F2, L1]

Édit. 2019

stéatose hépatique l.f.

hepatic (liver) steatosis

Il s'agit d'une définition histologique: présence de plus de 5 % des hépatocytes chargés en graisse,  le plus souvent avec la présence de larges vacuoles intracytoplasmiques refoulant le noyau en périphérie.
Ces graisses sont presque toujours des triglycérides; normalement le cytoplasme hépatocytaire n'en contient que des traces minimes.
La stéatose microvacuolaire est plus rare, les vacuoles sont de plus petite taille et le noyau reste en position centrale.
La coexistence d'hépatocytes avec stéatose macro et microvésiculaire définit la stéatose mixte.
A l'échographie, le foie apparait brillant, hyperéchogène, avec un gradient foie/rein augmenté. L'échographie méconnait souvent les stéatoses modérées intéressant moins de 20 % des hépatocytes.
On distingue à lhistologie 4 grades de stéatose, utiles surtout pour les études. le grade I stéatose de 5 à 25 %, le grade II stéatose de 25 à 50 %, le grade III de 50 à 75 % et le grade 4 supérieur à 75 %.
L'IRM est l'examen d'imagerie le plus sensible pour le diagnostic de stéatose. Le
fibroscan® couplé au CAP (controlled attenuation parameter) permet la quantification de la stéatose.
La cause la plus fréquente est le syndrome métabolique. Cette stéatose fait partie des maladies du foie d'origine non alcoolique,  hépatite stéatosique non alcoolique
(NAFLD, Non Alcoholic Fatty Liver Diseases). On observe différents profils évolutifs de la NAFLD: stéatose pure, hépatite non alcoolique ou non alcoholic steato hepatitis (NASH) et cirrhose; l'hépatite non alcoolique se définit histologiquement par des lésions de ballonisation des hépatocytes et une inflammation lobulaire,associées à une stéatose.  
Les autres causes de stéatose sont nombreuses: La stéatose alcoolique apparaît, pour l'essentiel, déterminée par une inhibition du catabolisme hépatique des acides gras alors que leur captation et leur estérification en triglycérides sont au contraire accrues. Elle évolue vers une guérison complète après arrêt de l'intoxication alcoolique.

La stéatose peut aussi être d'origine médicamenteuse (corticoides, tamoxifène, amiodarone, méthotrexate, chimiothérapie...), liée à une hépatite C, à la maladie de Wilson, peut s'observer dans les dysthyroidies, la dénutrition, en cas de perte rapide et importante du poids,dans le Kwashiorkor, après bypass, résection étendue du grêle, nutrition parentérale ...

hépatite stéatosique non alcoolique, triglycéride, fibroscan® , syndrome métabolique, NASH, stéatose, maladie de Wilson, hépatite C, Kwashiorkor,

[L1, R1, R2]

Édit. 2019

stéatose hépatique aigüe gravidique l.f.

acute pregnancy fatty liver

Syndrome caractérisé par une stéatose microvésiculaire massive des hépatocytes, sans nécrose ni infiltration inflammatoire (deuxième syndrome décrit par Sheehan) qui survient entre le 7ème et le 9ème mois de la gestation, avant tout chez une primipare.
Les signes cliniques comprennent : vomissements, douleurs abdominales, ictère, signes d'encéphalopathie et d'atteinte rénale.
Les données du laboratoire sont, au début, assez peu perturbées (syndrome cytolytique hépatique discret ou absent) ; mais on peut rapidement observer des signes d'insuffisance hépatocellulaire (hyperammoniémie et surtout abaissement des facteurs hépatiques de la coagulation, en particulier du facteur V), et une hyperuricémie est habituelle (comme dans la toxémie). L'évolution est généralement fatale (dans 90% des cas au bout de 5 à 10 jours d'évolution), avec une mortalité fœtale de 95% ; mais elle peut aujourd'hui être évitée grâce à une interruption rapide de la grossesse. On ne connaît pas l'étiologie de ce syndrome qui doit être rapproché de celui de Reye de l'enfant et de l'adolescent.

H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937) ; R. D. Reye, anatomopathologiste australien (1963)

Étym. gr. stear, steatos : graisse

Sheehan (maladie de), Reye (syndrome de)

insulinorésistance n.f.

insuline resistance

Etat caractérisé chez un diabétique insulino-dépendant par la nécessité de prescrire plus de 200 unités d’insuline par jour pour contrôler sa glycémie et prévenir une acidocétose.
L’insulino-résistance semble due dans la plupart des cas à la neutralisation de l’insuline par des taux élevés d’anticorps IgG anti-insuline. Cet état peut aussi s’observer en dehors du diabète sucré dans certains cas d’obésité (avec baisse des récepteurs cellulaires pour l’insuline), au cours du syndrome de Werner et en association avec certaines pathologies rares (acanthosis nigricans, lipodystrophies partielles ou généralisées, acquises ou congénitales, syndrome d’Alström et ataxie-télangiectasie).
Il existe aussi des syndromes d'insulino-résistance extrême comprenant aussi le lépréchaunisme, le syndrome de Rabson-Mendenhall, les syndromes lipodystrophiques généralisés ou partiels et les syndrome HAIR AN (hyperandrogenism, insulin resistance, acanthosis nigricans) et ceux d'insulino-résistance de types B et A.

C. Werner, médecin allemand (1904) ; C. H. Alström, psychiatre suédois (1959) ; S. M. Rabson, anatomopathologiste, E. N. Mendenhall, médecin américains (1956)

Étym. lat. insula : île

Werner (syndrome de), acanthosis nigricans, lipodystrophies, lipodystrophies partielles, Alström (syndrome d’), ataxie-télangiectasie, lépréchaunisme, HAIR-AN (syndrome), Rabson-Mendenhall (syndrome de), insulino-résistance de type A (syndrome d’), insulino-résistance de type B (syndrome d’), syndrome métabolique

cirrhose hépatique n.f.

cirrhosis

Bouleversement diffus de l'architecture hépatique par une fibrose entourant des nodules hépatocytaires.
La cirrhose peut être micronodulaire (nodules de moins de 3 mm), macronodulaire ou mixte à nodules irréguliers.
Le diagnostic de cirrhose est histologique, à condition que le prélèvement de foie soit correct (taille suffisante, évitement de la zone sous-capsulaire) ; il peut cependant être porté avec une bonne sécurité sur l'association de signes d'insuffisance hépatocellulaire cliniques et/ou biologiques, d'hypertension portale cliniques et endoscopiques et d'anomalies morphologiques du foie cliniques, échographiques et/ou scanographiques. Le pronostic dépend de la cause de la cirrhose, de sa persistance éventuelle (alcoolisme, réplication virale p. ex.), de l'existence de complications (rétention hydrosodée, encéphalopathie, hémorragie digestive, infection bactérienne, dénutrition, carcinome hépatocellulaire), de la sévérité de l'insuffisance hépatocellulaire; les principaux paramètres pronostiques sont inclus dans le score de Child-Pugh, mais des scores spécifiques sont nécessaires pour certaines causes,
p. ex. les cirrhoses biliaires.

C. G. Child, chirurgien américain (1964) ; R. Pugh, hépatologue britannique (1973)

Étym. gr. kirrhos : roux

fibrose hépatique, cirrhose alcoolique

[L1]

cancer hépatocellulaire , l.m.

hepatocellular carcinoma

Syn. carcinome hépatocellulaire, hépatocarcinome

carcinome hépatocellulaire

[F2,L1]

hépatocellulaire adj.

hepatocellular

Relatif à la cellule hépatique.

hépatocyte

[A2,L1]

insuffisance hépatocellulaire l.f.

(children's) hepatic failure

États dans lesquels les hépatocytes ne peuvent assurer convenablement leur fonction en raison d’une nécrose cellulaire ou d’une atteinte fonctionnelle.
La nécrose hépatocytaire est caractérisée par l'association d'une cytolyse majeure et d'une cholestase (augmentation de la bilirubine libre et conjuguée, de la phosphatase alcaline et des γ GT). Elle peut être de nature infectieuse ou toxique ou être l'aboutissement terminal d'une hépatopathie chronique. Le pronostic dépend de la quantité d'hépatocytes détruits. Dans les formes majeures, la seule chance de survie se trouve dans la transplantation hépatique.
Certaines insuffisances hépatocellulaires sont incomplètes et peuvent guérir. Chez l'enfant p. ex., la galactosémie ou la fructosémie congénitale provoque l’apparition d’un syndrome hémorragique grave avec effondrement du complexe prothrombinique, mais la suppression du lactose ou du fructose dans le régime amène la restauration rapide d'une situation normale.
Les troubles sont plus complexes dans la maladie de Wilson liée à une thésaurismose du cuivre. Outre l'insuffisance hépatique il existe une insuffisance rénale et des désordres cérébraux. L'administration régulière de d-pénicillamine permet d'arrêter l'évolution de la maladie.
Mais il existe des insuffisances hépatiques aigües associées à une hémolyse grave : ces malades ne peuvent être sauvés que par une transplantation hépatique.

S. A. Wilson, neurologue britannique (1912)

Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie

cytolyse aigüe, insuffisance hépatique aigüe, transplantation hépatique, galactosémie, fructosémie, Wilson (maladie de), d-pénicillamine

hypertriglycéridémie infantile transitoire et stéatose l.f.

transiet infantile hypertriglyceridemia

Maladie très rare, qui se traduit par une hypertriglycéridémie, une hépatomégalie, une élévation des enzymes du foie, une stéatose et une fibrose hépatique.
Elle est due à des mutations du gène GPD1 (déshydrogénase glycérol-3-phosphate) situé sur le chromosome 12q, qui code pour l’isoforme cytosolique de la GPD. Ce syndrome rare peut simuler d’autres erreurs innées du métabolisme hépatique.
Les signes apparaissent entre 1 et 9 mois, vomissements, cassure de la croissance, souvent pauci symptomatique, avec une élévation des triglycérides modérée à sévère, une élévation des transaminases et de la gamma glutamyltransférase ; la bilirubine est normale, ainsi que les facteurs de la coagulation ; il n’y a pas d’hypoglycémie. Les signes biologiques, en particulier l’élévation des triglycérides, s’améliorent avec l’âge. Les enfants ne sont pas obèses et n’ont pas de xanthomes cutanés. Le développement neurologique est normal au moins jusqu’à 2 ans et demi.
Mais des présentations cliniques différentes ont été décrites, possibilité d’hypoglycémie, d’atteinte hépatique sévère avec cholestase intrahépatique et atteinte rénale. Le patient le plus âgé décrit a 23 ans, est asymptomatique, de petite taille, avec une élévation des enzymes hépatiques, une stéatose, pas de maladie cardiovasculaire, pas de pancréatite. L’évolution à long terme de cette affection rare est à décrire.
La consanguinité des parents est fréquente. La transmission est possiblement autosomique récessive. Les auteurs suggèrent que le défaut du gène empêche la conversion du glycérol-3-phosphate(G3P) en dihydroxyacétone phosphate (DHAP), ayant pour conséquence une augmentation du G3P, disponible pour la synthèse des triglycérides. Une alimentation pauvre en graisses, hypercalorique, riche en carbohydrates et une supplémentation en graisses à chaines moyenne est conseillée.

GPD1

[Q2,L1,R1]

Édit. 2017/2

stéatose n.f.

steatosis, fatty overloading

Accumulation de lipides, triglycérides, le plus souvent sous forme d’une vacuole, dans des cellules non adipeuses, en particulier les hépatocytes.
Elle est provoquée par un apport alimentaire riche en graisses ou en alcool, ainsi que par certaines maladies (fièvre jaune).
Ce terme remplace les anciennes dénominations de dégénérescence graisseuse et d’infiltration adipeuse.

Étym. gr. stear, steatos : graisse

stéatose aigüe gravidique l.f.

acute fatty liver of pregnancy

H. L. Sheehan, anatomopathologiste britannique, membre de l'Académie de médecine (1937)

Sheehan (maladie de), hépatostéatose aigüe gravidique

stéatose spongiocytaire aigüe du foie gravidique l.f.

acute pregnancy spongiocytous fatty liver 

stéatose hépatique aigüe gravidique, spongiocyte

syndrome hyperkinétique de la cirrhose l.m.

hyperkinetic syndrome of cirrhosis

Augmentation du débit cardiaque secondaire à la vasodilatation périphérique observée dans la cirrhose du foie.
L'intensité du syndrome hyperkinétique est liée à la gravité de l'insuffisance hépatique. Les causes de la vasodilatation périphérique, surtout cutanée et splanchnique, sont inconnues : l'oxyde nitrique pourrait être le médiateur terminal essentiel. Des anomalies similaires sont observées en cas d'hépatite fulminante.

syndrome métabolique l.m.

metabolic syndrome

Le syndrome métabolique regroupe plusieurs anomalies métaboliques, ayant comme déterminant physiopathologique l’insulinorésistance.
Plusieurs définitions existent, mais la plus utilisée et la plus consensuelle est celle du NCEP (National Cholesterol Evaluation Program). Il associe au moins trois des cinq critères suivants :
- obésité de localisation abdominale, de type androïde (périmètre abdominal > 102 cm chez l’homme et > 88 cm chez la femme), à adapter à l’ethnie,
- glycémie à jeun ≥ 6,1 mmol/L ou diabète traité,
- hypertension artérielle (≥ 135/85 mm Hg ou traitée),
- augmentation du taux des triglycérides (≥ 1,7 mmol/L ou 150 mg/dl),
- HDL cholestérol (High Density Lipoprotein) bas (< 1 mmol/l chez l’homme et < 1,3 mmol/l chez la femme).
Il est associé à un risque accru de nombreuses affections parmi lesquelles les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, la stéatose hépatique et les hépatopathies fibrosantes.

Syn. syndrome X (obsolète)

insulinorésistance, obésité androïde, hépatosidérose métabolique

syndrome métabolique l.m.

metabolic syndrome

Le syndrome métabolique regroupe plusieurs anomalies métaboliques, ayant comme déterminant physiopathologique l’insulinorésistance.
Plusieurs définitions existent, mais la plus utilisée et la plus consensuelle est celle du NCEP (National Cholesterol Evaluation Program). Il associe au moins trois des cinq critères suivants :
- obésité de localisation abdominale, de type androïde (périmètre abdominal > 102 cm chez l’homme et > 88 cm chez la femme), à adapter à l’ethnie,
- glycémie à jeun ≥ 6,1 mmol/L ou diabète traité,
- hypertension artérielle (≥ 135/85 mm Hg ou traitée),
- augmentation du taux des triglycérides (≥ 1,7 mmol/L ou 150 mg/dl),
- HDL cholestérol (High Density Lipoprotein) bas (< 1 mmol/l chez l’homme et < 1,3 mmol/l chez la femme).
Il est associé à un risque accru de nombreuses affections parmi lesquelles les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, la stéatose hépatique et les hépatopathies fibrosantes.

Syn. syndrome X (obsolète)

insulinorésistance, obésité androïde, hépatosidérose métabolique

carcinome hépatique fibrolamellaire l.m.

fibrolamellar hepatic carcinoma

Tumeur maligne du foie caractérisée par des hépatocytes tumoraux très éosinophiles disposés au sein d’une fibrose lamellaire.
La survie est habituellement plus longue que celle d’un carcinome hépatocellulaire.

Étym. gr. karkinos : crabe ; ôma : tumeur

carcinome hépatocellulaire

[F2,L1]

acidose fœtale métabolique l.f.

fœtal metabolic acidosis

Augmentation de la concentration des ions H+ et baisse du pH en dessous de 7,20 dans le sérum et les tissus du fœtus par accumulation d'acide lactique.
Elle est due à un défaut d'apport d'oxygène au fœtus au cours de la souffrance fœtale, par insuffisance placentaire, contracture ou hypercinésie utérines, expulsion prolongée, tous facteurs qui entravent ou interrompent les échanges fœto-maternels. Elle se dépiste pendant le travail par un micro-prélèvement de sang au scalp du fœtus, à la naissance sur le sang du cordon, dans lequel on mesure le pH, la pO2, la pCO2, la concentration des lactates, le déficit de base. En dessous d'un pH de 7,10 elle expose à la souffrance cérébrale. Il existe une acidose transmise par la mère quand son acide lactique, produit d'efforts musculaires prolongés et du jeûne, traverse le placenta.

Syn. acidose lactique

[R1,O3,O6]

Édit. 2017

acidose métabolique l.f.

metabolic acidosis

Acidose se traduisant par une baisse de la concentration sanguine en ions H+ (le pH s’abaissant au-dessous de 7,36) dont la cause est soit un apport de molécules acides avec production en excès d’ions H+, soit une élimination insuffisante de ces ions, autres que ceux qui sont liés aux bicarbonates, sans exclure la possibilité d‘une perte de bases (chute des bicarbonates au-dessous de 22 mmol/L).
On distingue les acidocétoses diabétique, alcoolique, lactique ou les acidoses par intoxication et les acidoses rénales. D'autres sont dues à une fuite digestive de bicarbonates ou à des spoliations alcalines diverses avec diarrhée, ou encore à l'administration d'acide chlorhydrique ou de ses précurseurs, etc.
L’acidose métabolique décompensée se caractérise par une diminution du pH sanguin associée à une diminution de la pCO2 et des bicarbonates sanguins.

acidose lactique, acidose rénale, acidocétose alcoolique, acidocétose diabétique

[C2, L1, M1, R1]

Édit. 2020

alcalose métabolique l.f.

metabolic alkalosis

Alcalose avec élévation de la concentration plasmatique en bicarbonates due, soit à un excès d'apport de bicarbonates ou d'alcalins, soit le plus souvent à une perte d'ions Cl- et H+.
Il existe une compensation rénale par réabsorption accrue de bicarbonates en relation avec l'hypocapnie, l'hypercalcémie et la kaliopénie. Si la compensation est insuffisante le pH s'élève : on parle de décompensation. Les spoliations digestives, surtout hautes (vomissements, aspiration gastrique) et les traitements diurétiques, les réactions hormonales (hyperaldostéronisme, hypercorticisme) ou la réduction des volumes extracellulaires (alcalose de contraction) sont les principales causes. La correction nécessite la réexpansion des volumes extracellulaires et surtout la correction du déficit chloré et potassique.

Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité

alcalose métabolique (classification), Davenport (diagramme de)

[C2, m&, O4]

Édit. 2020

alcalose métabolique (classification) l.f.

1)  Pertes digestives d'ions H+
par vomissements, aspiration gastrique ;

2 ) pertes urinaires d'ions H+
en relation avec une déplétion en ions Cl- par spoliations digestives hautes ou fuites urinaires (diurétiques), un hypercorticisme (hypocortisolisme, hyperaldostéronisme primitif ou secondaire, un excès de substances à effet minéralocorticoïde), une hypercalcémie (sauf hyperparathyroïdie) ou encore un apport de sels de Na (anions peu ou pas métabolisables) ;
3 ) surcharge en alcalins par apport de bicarbonates (HCO3-) ou de ses sels précurseurs,
par ingestion d'anti-acides ou de résines échangeuses d'ions, par ingestion excessive de lait (syndrome de Burnett) ou par libération de bases à la suite d'une ostéolyse;
4)  alcalose avec kaliopénie sans modification du bilan des ions H+.

Étym. arabe al kali : cendre pour lessive, puis alcalinité

Burnett (syndrome de)

[C2, L1, M1]

Édit. 2020

anomalie métabolique l.f.

metabolism abnormality

Dans un organisme vivant, anomalie qui le rend incapable soit d'assurer de façon satisfaisante le catabolisme d'une substance étrangère, soit d'élaborer la synthèse de substances nécessaires à sa vie.
1) La plupart de ces métabolismes sont assumés par des enzymes spécifiques : leur absence ou leur déficit caractérise l'anomalie ; elles témoignent le plus souvent de l'expression d'un gène.
2) Chez l'Homme, un grand nombre de ces anomalies ont un caractère familial, elles peuvent intéresser le métabolisme des glucides, des lipides ou des protides, etc. Certaines d'entre elles sont décelables in vitro par prélèvement de villosités choriales, de liquide amniotique ou de sang fœtal ; quelques-unes, découvertes après la naissance, sont accessibles à la thérapeutique.

anomalie chromosomique, diagnostic anténatal

[C1,O1,O3,Q2,Q3]

Édit. 2017

cirrhose alcoolique l.f.

alcoholic cirrhosis

Cirrhose due à l'ingestion chronique excessive d'alcool éthylique en l'absence d'autre cause.
C'est la cause dominante des cirrhoses en France. L'origine alcoolique peut être affirmée sur les données de l'interrogatoire, l'existence éventuelle d'autres maladies liées à l'alcool (hypertrophie parotidienne, polynévrite, pancréatite chronique p. ex.), d'une macrocytose, d'une augmentation prédominante des ASAT sur les ALAT, d'une forte augmentation de la gamma-GT, d'une augmentation de l'IgA sérique, et sur des signes histologiques associés d'hépatite alcoolique. Le pronostic dépend de la sévérité de la maladie et de la poursuite de l'alcoolisme.

cirrhose hépatique

[L1]

cirrhose après court-circuit jénuno-iléal l.f.

cirrhosis following jejunoileal bypass

Cirrhose compliquant la réalisation d'un court-circuit jéjuno-iléal pour obésité morbide.
Des anomalies des tests hépatiques et éventuellement un ictère apparaissent dans l'année qui suit l'intervention et peuvent rapidement progresser vers une insuffisance hépatique grave. Histologiquement, les lésions ressemblent souvent à celles d'une hépatite alcoolique. La suppression du court-circuit est nécessaire pour stabiliser les lésions.

stéatose, stéatohépatite, stéatonécrose, cirrhose hépatique

[L1,L2]

cirrhose biliaire primitive (CBP) l.f.

primary biliary cirrhosis

La locution CBP recouvrant des cirrhoses et des non cirrhoses, n’étant pas adapté à tous les cas de CBP de pronostic très différent, étant anxiogène pour les malades, un consensus d’hépatologues a proposé en 2014 de le remplacer par primary biliary cholangitis (cholangite biliaire primitive).

Syn. cholangite biliaire primitive

cholangite biliaire primitive

cirrhose biliaire secondaire l.f.

secondary biliary cirrhosis

Cirrhose compliquant une obstruction chronique, complète ou non, des voies biliaires.
Les principales causes sont l'atrésie des voies biliaires, la dilatation kystique congénitale des voies biliaires extra-et/ou intrahépatiques, les sténoses postopératoires des voies biliaires, la lithiase de la voie biliaire principale, la cholangite sclérosante primitive. Les principales manifestations sont le prurit, l'ictère et l'angiocholite. La cause est identifiée par l'anamnèse et l'étude par imagerie des voies biliaires. Le pronostic est bon si l'obstruction peut être levée, mauvais dans le cas contraire.

paucité des canaux biliaires, cirrhose hépatique

[L1]

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