Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

40 résultats 

mal des transports l.m.

motion sickness

cinétose

sérotonine n.f.

serotonin

5-hydroxytryptamine, monoamine biosynthétisée à partir du tryptophane par hydroxylation et décarboxylation, existant en forte concentration dans les cellules chromaffines du tube digestif, dans les neurones du système nerveux central et dans les plaquettes.
La sérotonine est métabolisée par la monoamine-oxydase et par une aldéhyde-déshydrogénase. Une partie de la sérotonine est recaptée par les neurones sérotoninergiques et les plaquettes.
La sérotonine est un médiateur ubiquitaire qui intervient dans la régulation de nombreuses fonctions naturelles : alternance de la veille et du sommeil, appêtit et prise alimentaire, régulation de la fonction cardiovasculaire, perception de la douleur, température corporelle, libido, vigilance et mémoire, capacité d'apprentissage.
La sérotonine libérée par les plaquettes est un médiateur de l'agrégation plaquettaire. Elle peut être dosée dans le sang et dans l’urine par chromatographie liquide haute performance.
Il existe au moins 7 types de récepteurs différents et de très nombreux soustypes, de 5-HT1 à 5-HT7, dont la structure est précisée par la biologie moléculaire.
Les pharmacologues ont synthétisé des médicaments agonistes et antagonistes qui sont indiqués dans les situations suivantes :
- agoniste partiel du récepteur 5-HT1A : dépression, anxiété ;
- agoniste du récepteur 5-HT1D : migraine (sumatriptan) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT3 : nausées et vomissements (ondansétron) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT4 : troubles de la motricité gastro-intestinale (aisapride) ;
- antagoniste du récepteur 5-HT2A : vasodilatateur (kétansérine).
Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine sont des médicaments antidépresseurs efficaces.

Syn. entéramine, hydroxytryptamine

Abrév. 5-HT

carcinoïde (syndrome), syndrome sérotoninergique 

ardents (mal des) l.m.

burning (badly)

ergotisme

mal des montagnes l.m.

mountain sickness

1) Malaise observé chez les sujets qui s'élèvent rapidement à une altitude où ils n'ont pas l'habitude de vivre.
Les premiers signes peuvent exceptionnellement apparaître dès 2 000 m pour ceux qui viennent du niveau de la mer et pour certains sujets ; ils consistent en céphalée progressive, baisse de vigilance puis torpeur, excitation vagale avec sueurs froides, nausées et même vomissements ; dans les formes graves un œdème pulmonaire se manifeste.
La montée en altitude amène une hypoxie entraînant une réaction de compensation respiratoire et circulatoire (tachycardie avec augmentation du débit cardiaque et polypnée avec alcalose gazeuse). Cette alcalose amène une élimination rénale de bicarbonates d'où un déséquilibre osmotique du plasma  entraînant en quelques heures un œdème tissulaire progressif. L'œdème cérébral explique les symptômes du malaise. L'inhalation d'oxygène les fait régresser. Pour les séjours en moyenne altitude, l'inhibition de l'anhydrase carbonique par de l'acétazolamide (empêchant la formation d'acide bicarbonique) bloque l'élimination des bicarbonates, maintient l'osmolarité du plasma et évite un début d'œdème.
2) Maladie chronique consécutive à une résidence prolongée en altitude.
L'hypoxie chronique entraîne une polyglobulie compensatrice de l'hypoxie (maladie de Monge) permettant de mieux supporter l'altitude mais elle cause des troubles vasculaires par hyperviscosité du sang.

C. Monge-Medrano, médecin péruvien  (1928)

altitude, œdème, hypoxie, Monge (maladie de)

mal des rayons l.m.

radiation sickness

Troubles variés observés chez des malades traités par les radiations ionisantes : asthénie importante, diarrhées, nausées, vomissements, hypotension artérielle, etc.
Parfois précoces et fugaces, ils sont plus souvent tardifs, apparaissant après irradiation d'un grand volume tissulaire, surtout sous-diaphragmatique.
Accidentellement, on peut observer un syndrome aigu des radiations avec anémie, leucopénie, infections et troubles digestifs, dont l'évolution est parfois mortelle (p. par exemple Hiroshima, Tchernobyl).

mal des tubérosités l.m.

enthésopathie

[I1,I2,I3]

Édit. 2017

mal des ardents l.m.

ergotism

Nom donné au Moyen-âge à l'intoxication par l'ergot de seigle.
Ce nom vient des sensations de brûlure liées à l'ischémie distale.

ergotisme, feu Saint-Antoine, ergot de seigle (alcaloïdes de l')

[G4]

Édit. 2020

altitude (mal d') l.m.

acute altitude sickness, altitude mountain sickness

Ensemble de malaises survenant lors d'un séjour en altitude (au-dessus de 3 000 m environ) tels que céphalées, somnolence et vomissements, surtout après un effort physique.
Au-dessus de 4 500 m, si le séjour se prolonge, peuvent apparaître des troubles plus graves (œdème cérébral, œdème pulmonaire), une exposition brutale au-dessus de 9 000 m amène une hypoxie gravissime. Il faut distinguer l'exposition en altitude de courte durée, au cours d'une ascension ou d'un vol en avion, de la maladie qui apparaît au cours d'un séjour prolongé (maladie de Monge ou soroche). La mise au repos, la prise d'acétazolamide, l'inhalation d'O2 et la redescente à une altitude plus basse font régresser les troubles aigus. La polyglobulie chronique des sujets vivant en altitude assure leur acclimatation, mais les femmes supportent mal l'accouchement au-dessus de 4 000 m.
 

Étym. lat. altitudo : hauteur

Monge (maladie de)

[C2]

Édit. 2017

Bright (mal de) l.m.

Bright's disease

Dénomination désuète de l’insuffisance rénale chronique quel qu'en soit le type anatomoclinique.
Richard Bright fut le premier à établir en 1827 au Guy's Hospital à Londres le lien entre les manifestations cliniques de l'insuffisance rénale avancée et l'atteinte organique du rein.

R. Bright, médecin britannique, membre de l'Académie de médecine (1827)

insuffisance rénale chronique

Édit. 2017

épilepsie grand mal l.f.

grand mal epilepsy

grand mal (épilepsie)

[H1]

Édit. 2020

grand mal (crise de) l.f.

grand mal seizure

Crises épileptiques généralisées tonicocloniques survenant soit d'emblée, soit à la suite d'une crise partielle (crise partielle secondairement généralisée).

partielle (crise épileptique)

grand mal (épilepsie) l.f.

grand mal epilepsy

Syndrome épileptique comportant des crises généralisées tonicocloniques, le plus souvent associées à d'autres types de crises entrant dans le cadre des épilepsies généralisées, idiopathiques, symptomatiques ou cryptogéniques.
Il se caractérise ainsi : début à la fin de l'adolescence ou chez l'adulte jeune ; facteur génétique fréquent ; crises tonicocloniques généralisées d'emblée, habituellement assez rares, plus ou moins associées à des absences ou à des myoclonies ; déclenchement fréquent par une privation de sommeil, l'absorption excessive d'alcool, la fatigue, les règles, la télévision ; EEG intercritique montrant toujours des décharges de pointes-ondes de fréquence variable (2,5-4 c/s) ou de polypointes-ondes bilatérales, symétriques et synchrones, sur un fond de tracé normal, avec une photosensibilité fréquente et une activation par le sommeil ; bonne réponse aux médicaments antiépileptiques.
Un seul syndrome a été clairement individualisé dans le cadre des épilepsies généralisées idiopathiques : l'épilepsie grand mal du réveil. Il est admis cependant que des crises survenues en dehors de l'heure qui suit le réveil puissent être incluses dans le cadre des épilepsies généralisées idiopathiques.

impulsif (petit mal) (obs.) l.m.

impulsive "petit mal"

Syn. épilepsie myoclonique juvénile (obs.)

myoclonique juvénile (épilepsie)

mal d'altitude l.m.

height sickness, altitude sickness

Ensemble des malaises survenant en altitude.

Syn. mal des montagnes

mal de l'air l.m.

airsickness

cinétose

mal de l'espace l.m.

space motion sickness, space adaptation sickness, SAS

Manifestations fréquente (50 p.100 des spationautes) provoquées par l'impesanteur ou la microgravité, survenant dans les premiers jours d'un vol dans l'espace,
Les manifestations, plus ou moins intenses, associent des signes subjectifs : malaise, sensation d'insécurité, somnolence, céphalées, anxiété et des signes objectifs, vagaux (pâleur, sudation, bâillements), digestifs (éructations, nausées, vomissements) et neurologiques (baisse de la force musculaire, ataxie, maladresse). L'entraînement au sol n'a aucune valeur préventive ou prédictive. L'efficacité des diverses drogues contre le mal de l'espace est difficile à apprécier.

cinétose

mal del pinta l.m.

Syn. caraté

pinta

mal del pinto l.m.

pinta

mal de mer l.m.

seasickness

naupathie, cinétose

mal de Pott

Pott ( mal de)

mal de Pott thoracique l.m.

thoracic Pott's disease

Ostéoarthrite vertébrale tuberculeuse de localisation thoracolombaire (dorsolombaire), devenue rare en Europe occidentale.
L'atteinte vertébrale par les bacilles tuberculeux se fait par voie hématogène ou à partir des chaînes lymphatiques paravertébrales. Chez l'enfant et l'adolescent, l'atteinte réalise une spondylodiscite avec pincement discal et érosions corporéales prédominantes en avant.
Exceptionnelles sont les manifestations neurologiques dues à la fusée d'un abcès froid vers le canal rachidien bien détecté en TDM.
La tri- ou mieux la quadrithérapie antituberculeuse de 12 mois avec une courte immobilisation de 2 à 3 mois permet une guérison simple.

P. Pott, Sir chirurgien britannique (1713-1788)

Pott (mal de )

mal épileptique (état de) (EDM) l.m.

status epilepticus

Forme d'épilepsie caractérisée par la survenance d'une nouvelle crise avant que ne soit réalisée la récupération fonctionelle d'un épisode précédent (coma avec crise généralisée ou bien déficit moteur sensitif, sensoriel après crise partielle, suivis de retour à un fonctionnement encéphalique normal).
La répétition des crises à des intervalles brefs peut provoquer une condition épileptique fixe et durable.
Sont distingués les états de mal généralisés, partiels et unilatéraux (ces derniers relevés uniquement chez les nouveaux-nés et les jeunes enfants).
Ils sont observés une fois sur deux dans l'évolution d'une épilepsie le plus souvent symptomatique : épilepsie généralisée avec encéphalopathie épileptogène, épilepsie partielle, surtout du lobe frontal, d'origine tumorale ou traumatique mais aussi cryptogénétique. Chez un patient non épileptique, ils peuvent être dus à une agression cérébrale aigüe : traumatique, infectieuse, circulatoire, métabolique, toxique, etc.
Benzodiazépines, phénytoïne, barbituriques, chlormétiazole sont utilisés dans un premier temps isolés ou le plus souvent en association. En cas d'échec, on recourra à l'anesthésie générale, à la réanimation et à la lutte contre l'œdème cérébral.
Les conséquences d'un état de mal sont toujours sévères, dépendant notamment de son étiologie et de sa durée. La mortalité est de 6 à 8% chez l'enfant et de 10 à 15% chez l'adulte.

Sigle  : EDM  pour Etat De Mal

mal épileptique généralisé (état de) l.m.

generalized status epilepticus

Forme d'épilepsie généralisée, dont les états sont différenciés en EDM (Etats De Mal) généralisés convulsifs et non convulsifs (absences).
1) Les EDM généralisés convulsifs comprennent :
- les EDM tonicocloniques, soit avec crises généralisées d'emblée, observés dans les épilepsies généralisées idiopathiques et les agressions cérébrales aigües d'origine métabolique, toxique ou infectieuse ; soit avec crises partielles secondairement généralisées, constatés dans les épilepsies partielles symptomatiques ou lors d'une agression cérébrale récente, traumatique ou vasculaire ;
- les EDM toniques, rencontrés uniquement chez l'enfant dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique, plus rarement chez l'adolescent ou l'adulte ;
- les EDM cloniques, relevés chez les jeunes enfants, semblent le plus souvent l'expression d'une convulsion fébrile grave en l'absence de traitement rapide ou en rapport avec une lésion cérébrale aigüe ;
- les EDM myocloniques, soit sans troubles de conscience et de bon pronostic dans l'épilepsie myoclonique juvénile ; soit observés dans les épilepsies généralisées symptomatiques, dans les encéphalopathies aigües, anoxiques, toxiques, métaboliques ou infectieuses et à la phase terminale des épilepsies myocloniques progressives.
2) Les EDM généralisés non convulsifs (états d'absence) sont relevés dans le cadre d'une épilepsie généralisée idiopathique, au cours de l'enfance et de l'adolescence. Ils peuvent être la seule expression de cette épilepsie chez des sujets jeunes, mais surtout chez les personnes âgées au-delà de 60 ans. Leur traduction clinique est très variable. Dans le cadre d'une épilepsie généralisée symptomatique (syndrome de Lennox-Gastaut notamment), une obnubilation peut se prolonger pendant des heures et des jours. Elle est difficile à distinguer du déficit comportemental intercritique habituel. Exceptionnels, les états de mal atoniques sont particuliers aux jeunes enfants.

mal épileptique partiel (état de) l.m.

focal, localized status epilepticus

Forme d'épilepsie partielle conduisant à des états qui peuvent être simples ou complexes.
Les EDM (Etats De Mal) partiels simples, somatomoteurs, se manifestent par des crises partielles motrices répétées sur fond de déficit moteur permanent dans le contexte d'une épilepsie partielle lésionnelle ou d'une lésion aigüe du cortex moteur, sinon par des clonies limitées, mais avec ce déficit au premier plan. L'épilepsie partielle continue de Kojewnikoff en est un aspect particulier. Les EDM partiels complexes se présentent avec une expression de type confusionnel, psychotique, ou plus spécifique comme une aphasie. Ces formes d'origine surtout frontale ou temporale sont difficiles à distinguer d'un état d'absence.

A. Y. Kojewnikow, neurologue russe (1894)

mal morado l.m.

mal morado

Syndrome cutané observé au cours de l'onchocercose américaine.
Observées chez les sujets âgés dans les foyers d'onchocercose d'Amérique latine, ces lésions réalisent une éruption maculo-papuleuse de la tête, du cou, du thorax et des membres supérieurs, accompagnée d'une dépigmentation de la peau qui présente une teinte légèrement mauve.

onchocercose

[D1]

Édit. 2018 

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