Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Laplace-Gauβ (loi de) l.f.

Gaussian distribution

P-S de Laplace, mathématicien français (1749-1827); J.C. F. Gauß, mathématicien, physicien et astronome allemand (1777- 1855)

Syn. loi normale de distribution

loi normale de distribution, Gauβ (loi de)

[E1]

Édit. 2020

Laplace (Loi de) l.f.

Laplace’s law

Loi d’équilibre entre la tension (T), d’une enveloppe de courbure moyenne (), contenant un fluide sous une pression (P) : la pression est égale au produit de la tension par la courbure moyenne :P = T x

Autrement dit, une augmentation ou une diminution de pression correspond à une variation proportionnelle de courbure (donc inverse du volume contenu) ou de la tension superficielle.

L‘analyse dimensionnelle (longueur (L), surface (L2), volume (L3), Force (F), énergie (E=FL) montre que pour équilibrer la pression (force / surface ou énergie de volume, E L-3), la pression superficielle (force / longueur ou énergie de surface, de dimension E L-2) doit être multipliée par la courbure (inverse de la longueur du rayon de courbure), grandeur de dimension L-1:

E L-3 = E L-2. L-1

La formule initiale a été établie pour une sphère de rayon R soit P = T (2/ R). La sphère ayant deux courbures principales, 1/R, sa courbure moyenne est 2/R, ainsi la loi de Laplace appliquée à un cylindre (qui n’a qu’une courbure) est P = T / R.

En physiologie la loi de Laplace s’applique aux organes creux (cœur, vessie) et aux cellules :

Au niveau des poumons, les petites alvéoles devraient se vider dans les alvéoles deux fois plus grandes car elles devraient avoir une pression alvéolaire deux fois plus forte. Comme ce n’est pas le cas, sinon la plupart des petites alvéoles produiraient des atélectasies et les grosses des bulles, il faut donc que la tension superficielle alvéolaire soit quasi nulle pour que cela ne se produise pas. De fait les alvéoles pulmonaires sont tapissées de surfactant, un phospholipide de très basse énergie superficielle (s’il n’y avait pas de surfactant, la tension superficielle alvéolaire se rapprocherait de celle du plasma, 0,60 N/m2). L’insuffisance de sécrétion de surfactant entraîne la maladie des membranes hyalines du nouveau-né prématuré où l’on trouve l’aspect d’atélectasies et de bulles envisagé ci-dessus.

Au niveau du cœur, selon la loi de Starling : l’énergie libérée par la contraction des fibres cardiaques entraîne l’augmentation de la pression du sang contenu dans les ventricules (charge) ce qui lui permet de vaincre la pression artérielle diastolique, d’où sa propulsion dans les artères.

Dans les vaisseaux : la tension de la paroi équilibre la pression, mais, les vaisseaux étant cylindriques, la tension systolique des fibres musculaires de la tunique artérielle est double de celle des fibres cardiaques.

Dans les cellules : la surface cellulaire ayant une certaine énergie superficielle, sa pression osmotique est toujours plus élevée que celle du liquide environnant. Si la pression extracellulaire est trop faible le volume et la surface de la cellule deviennent trop grands et la surface se déchire (cytolyse).

P. Simon, marquis de Laplace, physicien français (1749-1827)

charge, courbure, cytolyse, contraction musculaire, membranes hyalines, (maladie des), Starling (loi de), surfactant, tension, tension, tension superficielle

Bonnaire (lois de retentissement de) l.f.p.

Bonnaire's law

Ensemble de lois déterminant le rôle des affections rachidiennes dans la genèse et la gravité des anomalies pelviennes.
Elles font intervenir l'âge, le siège, le rayon de courbure, la nature de la lésion et l'influence du traitement :
- loi de l'âge : une lésion de la colonne vertébrale retentit d'autant plus gravement sur le bassin qu'elle est apparue plus tôt,
- loi du siège : une lésion de la colonne vertébrale retentit d'autant plus sur le bassin qu'elle est bas située,
- loi du rayon de courbure : une lésion de la colonne vertébrale à grand rayon de courbure retentit moins sur le bassin qu'une lésion à petit rayon de courbure,
- loi de la nature de la lésion : elle conditionne l'évolution spontanée du retentissement pelvien : mal de Pott, rachitisme, traumatisme,
- loi du traitement : modifications de l'évolution naturelle des lésions vertébrales et des déformations pelviennes sous l'effet d'un traitement spécifique de l'affection causale.

E. Bonnaire, gynécologue français (1858-1918)

Édit. 2017

Flourens (lois de) l.f.

Flourens’laws

Lois sur le rôle des canaux semi-circulaires dans l’équilibration.

M. Flourens, physiologiste français, membre de l’Académie française (1794-1867)

équilibration

[H1,P1]

Édit. 2018

lois de Valleix l.f.p.

Valleix’s laws

F. Valleix, médecin français (1807-1855)

Valleix (lois de), Valleix (points de)

Mendel (lois de) l.f.p.

Mendel laws

Lois originellement formulées par Gregor Mendel au XIXème siècle auxquelles obéit la transmission des caractères héréditaires dans les situations rencontrées par Mendel.
Elles sont au nombre de trois :
1) loi d'uniformité de la 1ème  génération issue du croisement entre deux lignées pures;
2) loi de ségrégation en 2éme  génération dans les proportions 1/2 (phénotype de la 1ère génération) et 1/4, 1/4 (phénotypes des deux parents), dans le cas d'un seul caractère;
3) loi d'indépendance dans la ségrégation lorsque les lignées parentales diffèrent par plusieurs caractères, ceux-ci étant transmis à la descendance indépendamment les uns des autres. Ils apparaissent donc dans toutes les associations possibles et avec les fréquences prévues par le calcul des probabilités.
Dans le cadre de la théorie chromosomique de l'hérédité, les lois de Mendel apparaissent comme la conséquence de la localisation des gènes sur les chromosomes et du comportement de ceux-ci lors de la méiose et de la fécondation.
Ainsi, la 3ème loi ne prend pas en compte le cas de gènes appartenant à un même ligat, situation que Mendel n'avait pas rencontrée.

G. J. Mendel, botaniste tchèque (1822-1884)

méïose

[Q1]

Édit. 2018

retentissement (lois de) l.f.

Enoncé de la relation de cause à effet entre une anomalie rachidienne et une déformation pelvienne.
Elle tient compte de l'âge, du siège de l’anomalie rachidienne, de sa nature, de son rayon de courbure et du traitement subi.

E. Bonnaire, gynécologue obstétricien français (1858-1918)

Syn. lois de Bonnaire

Bonnaire (lois de retentissement de)

thermodynamique (lois de la)   l. f.

thermodynamic laws, thermodynamic principle

Principes généraux d’après lesquels une énergie thermique peut se transformer en énergie mécanique (ou autre) et réciproquement.
- Premier principe, de conservation de l’énergie (Mayer 1) : l’énergie totale, somme des énergies d’un système isolé, reste constante. Des échanges entre les énergies thermiques et mécaniques peuvent se produire mais dans un système isolé (sans échanges avec l’extérieur) il n’y a pas de production spontanée et supplémentaire d’énergie.
- Deuxième principe dit de dégradation de l’énergie, ou principe d’évolution : l’énergie évolue de la plus haute intensité vers la plus basse. « Un moteur ne peut fonctionner que si la chaleur passe d’une source chaude à une source froide » (Carnot 2) ; réciproquement « Le passage de la chaleur d’un corps froid vers un corps chaud n’a jamais lieu spontanément » (Clausius 3). Il en résulte que la température d’un corps ne peut augmenter que grâce à un apport d’énergie. La dégradation de l’énergie a été nommée entropie 4. L’entropie augmente au cours des transformations énergétiques et celles-ci sont irréversibles (principe d’irréversibilité).
- Troisième principe : il stipule que l’entropie d’un corps ou d’un système est nulle à 0°K (zéro absolu soit -273°15) (Nernst 5). L’agitation moléculaire et les échanges thermiques diminuent à l’approche du zéro absolu (en biologie un abaissement de la température diminue le métabolisme).
- Principe 0 ou principe d’équilibre thermique : Si deux systèmes sont en équilibre thermique avec un troisième, ils sont en équilibre entre eux. Si deux corps en contact sont en équilibre thermique, ils sont à la même température.
- La relation de réciprocité d’Onsager 6 relie force et flux dans un processus irréversible : si un corps chaud est en contact avec un corps froid la chaleur passe spontanément du corps chaud vers le corps froid jusqu’à un état final, l’équilibre des températures. Cette relation, parfois appelée quatrième principe de thermodynamique, est très générale en physique (équilibre des pressions, diffusion électrique etc.).
En thermodynamique le potentiel fondamental est l’énergie interne. L’énergie se décompose en énergie de travail W et énergie thermique Q avec une équivalence de la chaleur et du travail selon la constante de Joule : W=J/Q. En biologie les transformations se font assez lentement et dans des conditions isothermes. En quelque domaine que ce soit, mécanique, électrique, électronique, biologique, etc. ces principes n’ont jamais été démentis.

1 J.R. von Mayer, médecin et physicien allemand (1842 et 1845),2 N. Sadi Carnot, physicien français (1824) ; 3 J.R. Clausius, physicien allemand (1854) (41865), 5 W.H. Nernst, physicien et chimiste allemand, prix Nobel de chimie 1920 (1906), 6 L. Onsager, physicien et chimiste américain d’origine norvégienne, prix Nobel de chimie 1968 (1931), 7 J.P. Joule, physicien britannique (1843 et 1849)

Étym. gr. thermos : chaleur, dunamis : force, travail

entropie

Valleix (lois de) l.f.p.

Valleix’s laws

Lois qui régissent les points douloureux à la pression dans les névralgies.
Ils se trouvent :
- à l’émergence des troncs nerveux ;
- à la traversée des muscles par les filets nerveux qui se dirigent vers la peau ;
- au niveau de la dissociation intra-dermique des branches terminales ;
- aux endroits où les troncs nerveux sont superficiels.

F. Valleix, médecin français (1841)

Valleix (points de)

Widal (lois de) l.f.p. historique

Widal's law

Règles historiques déterminant le pronostic vital d'une néphrite chronique en fonction du taux d'urée sanguine.
L'auteur a distingué quatre niveaux. L'urée sanguine comprise entre 8 et 16 mmol/L constitue une azotémie d'alarme, taux compris entre 16 mmol et 33 mmol/L, signe une atteinte rénale irréversible exposant au décès dans un délai qui ne dépassera pas 2 ans, taux supérieur à 33 mmol/L fait craindre le décès dans un délai de quelques mois, enfin un taux supérieur à 50 mmol/L fait redouter un décès très proche. Les progrès thérapeutiques et notamment le recours aux techniques de dialyse ont fait perdre à ces lois leur valeur prédictive.

F. Widal, bactériologiste et médecin interniste français, membre de l’Académie de médecine (1862-1929)