Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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splénomégalie myéloïde l.f.

myeloid splenomegaly, idiopathic myelofibrosis

Affection maligne rare de l'adulte faisant partie du groupe des syndromes myéloprolifératifs, la prolifération monoclonale concernant toutes les lignées myéloïdes, mais prédominant sur les granulocytes et les mégacaryocytes.
Ces derniers sont responsables, par la sécrétion de TGFβ et de PDGF, de la myélofibrose qui caractérise la maladie. Les signes principaux sont la splénomégalie - de taille variable -, l'anémie avec hématies en poires ou larmes (dacryocytes), l'hyperleucocytose avec myélémie et la myélofibrose médullaire. La mutation de la tyrosine kinase JAK2 est présente dans 30 à 50% des cas. Sa présence permet d’affirmer le diagnostic de syndrome myéloprolifératif de façon formelle mais son absence n’élimine pas le diagnostic de splénomégalie myéloïde. La maladie a une évolution chronique étalée sur de nombreuses années, longtemps compatible avec une vie normale. Les complications sont le fait de la splénomégalie qui peut devenir monstrueuse et, en phase terminale, de l'insuffisance médullaire mais plus rarement, de la transformation en leucémie aigüe. L'abstention thérapeutique est généralement recommandée. Les risques opératoires de la splénectomie particuliers à la maladie ne la font envisager qu'en cas de nécessité. Des inhibiteurs de la tyrosine kinase JAK2 s’avéreraient efficaces dans le traitement de certaines formes de splénomégalie myéloïde ce qui ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques.

Syn. myélofibrose primitive, myélofibrose idiopathique, splénomégalie myéloïde, métaplasie myéloïde avec myélofibrose,.

TGFβ,  PDGF, myélofibrose

dysérythropoïèse congénitale l.f.

congenital dyserythropoietic anemia, CDA

Maladie rare qui associe une anémie arégénérative et une érythroblastose médullaire importante.
Des anomalies de la maturation propres à la lignée érythroïde entraînent un "avortement médullaire".
L'expression clinique se limite à une anémie et, dans certains cas, à une splénomégalie. On distingue trois types principaux de dysérythropoïèse congénitale en fonction des anomalies morphologiques des érythroblastes :
- type I : ponts interchromatiniens reliant les noyaux de certains érythroblastes ;
- type II : érythroblastes bi ou multinucléés et lyse des érythrocytes par le sérum de certains sujets normaux liée à la présence sur la membrane de l'antigène Hempas ;
- type III : érythroblastes géants multinucléés.

Étym. gr. dus : difficile ; erythros : rouge, poiêsis : formation

elliptocyte n.m.

elliptocyte

Hématie de forme elliptique.

Étym. gr. ellipsis : ellipse ; kutos : cellule

elliptocytose

[F1]

Édit. 2019

dysérythropoïèse n.f.

dyserythropoiesis

Anomalie qualitative de l’érythropoïèse médullaire responsable d’un déficit de production des hématies et d’une anémie.
Ce processus s’accompagne d’anomalies morphologiques des érythroblastes et est responsable d’un "avortement médullaire". 
On reconnaît des formes congénitales rares et des formes acquises dans le cadre des anémies réfractaires.

Étym. gr. dus : difficile ; erythros : rouge, poiêsis : formation

dysérythropoïèse congénitale, syndrome myélodysplasique, anémie réfractaire

splénomégalie n.f.

splenomegaly

Augmentation du volume de la rate, appréciable par la palpation quand elle devient volumineuse.
Toute rate devenue palpable est pathologique. Elle est mesurée en centimètres sous le rebord costal. La splénomégalie est mieux évaluée, surtout quand son importance est faible, par l'échographie. Sa structure peut être précisée par scanographie abdominale après injection de particules colloïdales marquées au chrome radioactif ou par imagerie par résonance magnétique.
Il existe de nombreuses causes de splénomégalie, dont le diagnostic est surtout évoqué par le contexte clinique : hémolyse, infection, parasitoses (paludisme, Kala-Azar), connectivite, hypertension portale, leucémie, lymphome malin, maladie de surcharge. Toute splénomégalie peut entraîner des signes d'hypersplénisme, cependant plus prononcé en cas d'hypertension portale qu'en cas de splénomégalie tumorale.

Étym. gr. splênê : rate ; megas : grand

splénectomie, hypersplénisme

cellule myéloïde l.f.

myéloïde

[A2,F1]

leucémie myéloïde chronique atypique (LMCa) l.f.

atypical chronic myeloid leukaemia

Hémopathie clonale appartenant aux groupes des syndromes mixtes myéloprolifératifs/myélodysplasiques.
Les critères diagnostiques, selon l’OMS 2008, regroupent la présence d’une hyperleucocytose à prédominance neutrophile avec dysplasie granuleuse, présence d’une myélémie inférieure à 10%, des blastes sanguins et médullaires inférieurs à 20% et l’absence de translocation BCR-ABL. Deux marqueurs moléculaires ont été identifiés dans la LMCa : des mutations de CSF3R (récepteur du G-CSF) et de SETBP1 ; la présence de cette dernière mutation est associée à un mauvais pronostic. Par des techniques de séquençage de l’exon entier, deux mutations récurrentes du gène ETNK1 (ethanolaminase kinase 1) ont été décrites. La description exclusive de ces mutations dans les LMCa et la leucémie myélomonocytaire chronique (LMMC) appuie l’hypothèse d’une base génétique commune de ces hémopathies qui partagent des similitudes cliniques et biologiques.

Julia E. Maxson, hématologiste américaine (2013) ; R. Piazza, biologiste italien (2013) ; C. B. Gambacorti-Passerini, hématologiste italien (2015)

leucémie myélomonocytaire chronique, BCR-ABL, CSF3R, SETBP1, ETNK1

myéloïde adj.

myeloid

Qualifie l'ensemble des polynucléaires et monocytes-macrophages dérivés d'un même progéniteur hématopoïétique.

Étym. gr.  muelos : moelle ; eidos : forme, aspect

leucémie myéloïde chronique l.f.

chronic myeloid leukemia, chronic myelogenous leukemia

Variété de leucémie, individualisée dans le cadre des syndromes myéloprolifératifs, par un mécanisme moléculaire spécifique.
La connaissance de ce mécanisme, en grande partie élucidé, s'est développée en plusieurs étapes : découverte du marqueur chromosomique de la maladie : le chromosome Philadelphie (Ph)1, démonstration que le Ph est le résultat d'une translocation du proto-oncogène c-abl du chromosome 9 vers un point de cassure variable, mais toujours situé dans une région étroite sur le chromosome 22 (région dite bcr), description de l'expression protéique P210 résultant de la fusion génique bcr/abl, démonstration expérimentale du rôle leucémogène de cette phosphoprotéine chimérique à activité tyrosine-kinase sur les cellules souches hématopoïétiques.
L'évolution naturelle de la maladie se déroule en deux ou trois phases : une phase chronique relativement tranquille, aisément contrôlable d'une durée médiane de 3,5 ans, mais pouvant aller jusqu'à 20 ans, une phase accélérée de durée variable pouvant aller jusqu'à 12 à 18 mois et une phase blastique fatale dans un délai de trois à six mois. Le devenir des patients atteints de cette affection a totalement changé au XXIème siècle. Le traitement de cette affection a été révolutionné par la thérapeutique ciblée des inhibiteurs de la tyrosine kinase qui conduit à de très nombreuses rémissions complètes et à des guérisons. Une nouvelle molécule, l'asciminib, se montre très efficace chez des patients résistants aux  inhibiteursde la tyrosine kinase. Le recours à d’autres choix thérapeutiques et en particulier à des transplantations de cellules souches hématopoïétiques est exceptionnel. Des colloques d’experts internationaux précisent régulièrement la ligne de conduite thérapeutique de cette leucémie.

P. Nowell et D. Hungerford, biologistes américains (1960) ; M. Baccarani, hématologiste italien (2015) ; T. P. Hughes, médecin australien (2019)

leucémie, syndrome myéloprolifératif, chromosome Philadelphie, imatinib, tyrosine kinase, translocation, inhibiteur de tyrosine kinase, ABL gene

[F1 G5]

Édit. 2020

amaurose congénitale de type cone-rod et hypertrichose congénitale l.f.

amaurosis congenita, cone-rod type, with congenital hypertrichosis

Dystrophie rétinienne congénitale sévère de type mixte avec photophobie majeure et hypertrichose.
Deux filles, cousines, avec sourcils broussailleux, et synophrys. L’affection est autosomique récessive (MIM 204110).

I. K. Jalili et N. J. Smith, ophtalmologues palestiniens (1988 et 1989)

Syn. Jalili-Smith (syndrome de)

[H1,J1,P2,Q2]

Édit. 2017