détresse n.f.
helplessness, distress
Sentiment de délaissement, d'abandon, d'angoisse, de désespoir.
Cet état peut être relativement adapté à une situation critique et relève alors de l'aide d'autrui.
En urgence psychiatrique, la disparition des investissements affectifs et la sidération des mécanismes de défense se traduiront notamment par un état dépressif aigu, une raptus anxieux, un épisode confusionnel et, chez le vieillard, par une défaillance psychique. L'approche de ces réactions, souvent de type catastrophique, doit être plurifactorielle.
Lié à l'impuissance foncière et à la dépendance du nouveau-né et du nourrisson par rapport à l'omnipotence de la mère, l'état de détresse par absence d'interaction avec celle-ci ou un substitut, fs'exprime par diverses modalités symptomatiques : troubles à forme somatique, perturbations parfois majeures du développement des grandes fonctions, du comportement, et/ou manifestations affectives directes d'une souffrance.
Pour autant que le psychisme est appelé à se constituer entièrement dans la relation à autrui, l'état de détresse influe ainsi de façon décisive sur sa structuration.
→ anaclitique (dépression), attachement
détresse respiratoire aigüe de l'adulte (syndrome de) l.m.
acute respiratory insufficiency on adult (ARDS)
Grave insuffisance respiratoire aigüe avec hypoxémie réfractaire à l'oxygénothérapie, nécessitant une assistance respiratoire complexe et prolongée.
L'aspect radiologique (poumon blanc, poumon dense) correspond à un œdème interstitiel et alvéolaire (poumon humide ; atélectasie congestive) entraînant une diminution de la compliance pulmonaire (poumon rigide).
Sous le même tableau clinique, biologique et radiologique, ce syndrome regroupe des atteintes pulmonaires comparables (œdème, dépôts fibrineux, membranes hyalines) mais relevant de causes différentes, dont il faut exclure la bronchopathie obstructive chronique ou l'insuffisance ventriculaire gauche (Ashbaugh).
Le diagnostic se fonde sur l'association de plusieurs critères :
- cliniques : cyanose, tachypnée, tachycardie ;
- radiographiques : opacités bilatérales interstitielles et alvéolaires, d'où l'expression d'œdème pulmonaire non cardiogénique ;
- biologiques : PaO2 < 50 mm Hg à l'air, elle peut descendre jusqu'à 30 mm Hg ;
- fonctionnels : l'inhalation d'O2 n'entraîne qu'une faible élévation de la PaO2, il peut exister une hypocapnie et parfois une acidose associée, la pression capillaire pulmonaire est normale ou basse (< 12 mm Hg) après débranchement du respirateur. La capacité vitale est diminuée ainsi que la capacité résiduelle fonctionnelle, le volume de fermeture est augmenté, la compliance est diminuée et les boucles volume-pression sont très perturbées.
L'évolution se fait schématiquement en trois phases :
1- œdème lésionnel avec atteinte des pneumocytes de type I ;
2- organisation de l'œdème interstitiel (membranes hyalines, infiltration de leucocytes et de fibroblastes, obstruction des capillaires par de la fibrine et des leucocytes, prolifération des pneumocytes de type II) ;
3- développement d'une fibrose anarchique, souvent surinfectée.
La mortalité élevée (45% chez l'adulte de moins de 65 ans) devient très grande en cas de défaillance multiviscérale.
D. G. Ashbaugh, médecin américain (1967)
Syn. poumon de choc
Sigle SDRA
détresse respiratoire du nouveau
neonatal respiratory distress syndrome
Dyspnée croissante survenant chez le nouveau-né avec polypnée et cyanose.
En dehors des causes chirurgicales, cardiaques, neurologiques et malformatives, elle a surtout trois origines : l’inhalation de liquide amniotique ou de méconium, la maladie des membranes hyalines ou une infection bronchopulmonaire.
→ syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né
détresse respiratoire transitoire du nouveau-né l.f.
neonatal tachypnea, transient respiratory distress of the neonate
Détresse respiratoire développée immédiatement après la naissance, qui est due à une résorption insuffisante de l'eau intrapulmonaire.
Cette dyspnée est caractérisée par une tachypnée qui peut dépasser 100/min. L'hypoxie peut nécessiter une courte assistance ventilatoire mécanique.
Le thorax est comprimé lors de l'expulsion par les voies naturelles, ce qui facilite la sortie du liquide. Supprimant l'essorage du thorax lors de la descente dans la filière génitale, l'extraction par césarienne favorise l'apparition de cette dyspnée,
L'évolution peut être favorable en près de 24 h, si l'on institue une oxygénothérapie de complément.
détresse vitale (situation de) l.f.
life in distress
État d'un patient évoluant rapidement vers la mort si un traitement efficace n'est pas fait à temps (ex. strangulation, arrêt cardiaque, hémorragie grave).
Cet état fait souvent suite à la défaillance d'une grande fonction vitale.
L'arrêt circulatoire est l'exemple même d'une détresse vitale : sans un massage cardiaque immédiat la situation évolue vers la mort cérébrale et le décès. De même, si l'on ne désobstrue pas immédiatement la trachée (manœuvre d'Heimlich), l'obstruction trachéale conduit vers la mort en 5 min environ. Dans les deux cas le faciès reflète une angoisse extrême : la victime exprime comme elle peut sa peur de mourir.
H. G. Heimlich, chirurgien américain (1975)
→ arrêt cardiaque, défaillance organique, Heimlich (manœuvre de), obstruction des voies aériennes, urgence
syndrome de détresse respiratoire de l'adulte l.m.
adult respiratory distress syndrome (ARDS)
Difficulté respiratoire caractérisée par un œdème pulmonaire pouvant entraîner la mort.
Il peut survenir à la suite d’une hypoxie due à un aéroembolisme.
Sigle SDRA
syndrome de détresse respiratoire du nouveau-né l.m.
neonatal respiratory distress syndrome
Syn. détresse respiratoire du nouveau-né
cellule musculaire lisse viscérale l.f.
visceral smooth muscle cell
Cellule allongée, fusiforme, de petite taille, aux extrémités pointues parfois bifides, elle ne contient qu'un seul noyau au centre de son cytoplasme occupé, dans sa quasi-totalité, par des myofilaments parallèles au grand axe de la cellule, avec des corps denses d'ancrage.
Ces myofilaments n'ont pas de striations, d'où l'adjectif lisse, et sont formés essentiellement d'actine et de myosine. L'ergastoplasme, peu développé, est enveloppé dans un sarcolemme lui-même entouré d'une membrane basale.
[A2,L1]
défaillance viscérale l.f.
organ failure
Altération fonctionnelle d'un organe le rendant inapte à maintenir la vie à assez court terme.
Il faut distinguer la défaillance d'une fonction, dont la forme terminale est la détresse vitale, de l'insuffisance de la fonction, qui peut être compensée par une autre fonction. Par ex. l'insuffisance respiratoire peut être compensée par un travail cardiaque accru et par une rétention des bicarbonates par les reins : l'organisme réalise ainsi un nouvel équilibre anormal mais compatible assez longtemps avec la vie.
Différents critères ont été proposés pour définir la limite de défaillance de chaque organe, le tableau ci-dessous donne celle de Fagon et al. (1993).
Défaillance d’une fonction viscérale : au moins un des critères donnés ci-dessous
| respiratoire | PaO2 < 60 mm Hg=80hPa ; ventilation artificielle. |
| cardio-vasculaire | (en l’absence d’hypovolémie) : pression artérielle systolique < 90 mm Hgavec signes d’hypoperfusion périphérique ; utilisation de médicaments inotropes ou vasopresseurs pour maintenir une PA systolique > 90 mm Hg. |
| rénale | (en l’absence d’insuffisance rénale chronique) créatininémie > 300 µmoles/L ;diurèse < 500 mL /24 h ;nécessité d’une épuration extra-rénale. |
| neurologique | score de Glasgow≤6 (en l’absence de sédation) ; apparition brutale d’un syndrome confusionnel |
| hépatique | Bilirubine>100 µmol/L ; phosphatase alcalines> x3 |
| hématologique | hématocrite≤20% ; leucocytes < 2 000/mm3 ; plaquettes< 40 000/mm3 |
J-Y. Fagon, médecin réanimateur français (1993)
Étym. lat. fallo : manquer à ce qu'on aurait dû faire, renforcé par l'augmentatif de
douleur viscérale l.f.
visceral pain
Douleur causée par la stimulation nociceptive venant d'un organe intra-abdominal ou intrathoracique.
Cette douleur se différencie de la douleur somatique parce qu'elle est diffuse, imprécise dans sa localisation et rapportée à un territoire cutané du fait de l'intrication des afférences sensitives viscérales et somatiques au niveau du deutéroneurone médullaire.
Étym. lat. dolor : douleur
face viscérale de la rate l.f.
facies visceralis lienis (TA)
Ensemble des faces rénale, gastrique, colique et pancréatique de la rate
→ rate
[A1]
Édit. 2017
face viscérale du foie l.f.
facies visceralis hepatis (TA)
visceral surface of liver
→ foie
[A1]
Édit. 2017
gaine viscérale du cou l.f.
vagina oesophagotrachealis (TA)
Membrane fibreuse qui entoure l’œsophage et la trachée, se continue en haut dans l’espace maxillo-pharyngien sur les parois du pharynx et se prolonge en bas dans le médiastin.
Elle se dédouble en avant et latéralement au niveau du corps thyroïde pour participer à la constitution de sa gaine.
inversion viscérale l.f.
→ hétérotaxie, situs inversus, viscerum
lame viscérale de la tunique vaginale du testicule l.f.
→ feuillet viscéral de la tunique vaginale du testicule
lame viscérale du péricarde séreux l.f.
→ feuillet viscéral du péricarde séreux
larva migrans viscérale l.f.
visceral larva migrans
Infection spontanément abortive de l'Homme par un nématode parasite habituel d'un animal, le plus souvent du chien (Toxocara canis).
Le parasite, absorbé par voie orale, franchit la paroi intestinale et pénètre dans différents organes, le plus souvent le foie. Il cause une réponse immunitaire très vigoureuse généralement avec une très forte hyperéosinophilie qui entraîne la destruction du parasite. Le diagnostic repose principalement sur la mise en évidence d'anticorps contre Toxocara canis.
leishmaniose viscérale l.f.
visceral leishmaniasis
Parasitose grave due à l'infection par certaines espèces de Leishmania, endémo-épidémique, sévissant dans de nombreux foyers en région tropicale, subtropicale et tempérée chaude.
Après une incubation prolongée (quelques mois), on constate souvent l'apparition d'une lésion cutanée ulcéreuse d'aspect variable. La maladie, dans son tableau complet, associe trois symptômes cardinaux : fièvre très irrégulière (« fièvre folle »), anémie et même pancytopénie, splénomégalie importante ; s'y joignent souvent une hépatomégalie et une cachexie progressive, une lymphadénopathie, une diarrhée. Des formes paucisymptomatiques existent dans certains foyers. L'évolution sans traitement aboutit habituellement au décès, souvent en raison d'une infection intercurrente liée à un déficit immunitaire. Très rarement, certains cas peuvent évoluer vers la guérison, notamment avec L. infantum ; ce parasite entraîne également des infections inapparentes mais ces porteurs asymptomatiques risquent de développer une leishmaniose viscérale en cas d'immunodépression (notamment due au VIH). Avec la notion de séjour en zone endémique et l'observation d'une hypergammaglobulinémie polyclonale, le diagnostic peut être formellement établi par la mise en évidence de formes amastigotes du parasite dans la moelle osseuse ou par PCR qualitative dans le sang Le traitement fait appel aux antimoniés classiques mais la survenue de plus en plus fréquente de résistances à ces médicaments a conduit à recommander l'amphotéricine B liposomale ou surtout la miltéfosine. Les rechutes sont fréquentes, notamment en cas de coinfection avec le VIH. On estime à environ 500 000 le nombre de nouveaux cas annuels (dont 90% sont dus à Leishmania donovani).
Les leishmanioses viscérales du foyer méditerranéen à Leishmania infantum, sont pratiquement identiques à celles des foyers américains et chinois sur les plans clinique et épidémiologique. Le kala-azar indien ou est-africain, dû à L. donovani, s’accompagne souvent de lésions cutanées ou muqueuses plus ou moins importantes et les cas traités peuvent évoluer vers l'apparition d'une réaction cutanée généralisée, d'aspect maculo-papuleux ou nodulaire, persistant durant plusieurs années : les "nodules post-kala-azar". Transmis par piqûre de phlébotomes, les parasites ont pour principal réservoir l'Homme (L. donovani) et le Chien (L. infantum).
Syn. kala azar (pour le foyer du sous-continent indien)
→ leishmaniose, Leishmania, Leishmania donovani, Leishmania infantum, kala azar, pancytopénie, virus de l'immunodéficience humaine, amastigote, antimoniés, amphotéricine B, miltéfosine, phlébotome
[D1, D4, F1, J1, L1, N1]
Édit. 2019
lentiginose péri-orificielle avec polypose viscérale l.f.
periorificial lentiginosis with visceral polyposis
Association d’une polypose gastrointestinale et d’une pigmentation mélanique exagérée de la peau et de certaines muqueuses, bouche et région anorectale, ou lentiginose périorificielle.
Affection héréditaire transmise sur le mode autosomique dominant ou à hérédité indéterminée, débutant généralement peu après la naissance, comportant des lentigines groupées autour de la bouche, sur les lèvres et assez souvent la muqueuse buccale, mais aussi sur les mains et les pieds et la région périanale, associées à une polypose digestive disséminée. Les polypes sessiles ou pédiculés, de surface lobulée, sont histologiquement constitués d’axes conjonctifs grêles et ramifiés, riches en fibres musculaires lisses, et tapissés de cellules intestinales cylindriques hautes et très mucosécrétantes. Considérés comme des hamartomes, leur cancérisation est fréquente.
J. L. Peutz, médecin interniste néerlandais (1921) ; A. Touraine, dermatologiste français, membre de l’Académie de médecine (1946) ; H. Jeghers, médecin interniste américain (1949)
Syn. syndrome de Peutz, syndrome de Peutz-Touraine, syndrome de Peutz-Touraine-Jeghers
myopathie viscérale familiale avec ophtalmoplégie externe l.f.
visceral myopathy, familial, with external ophthalmoplegia
→ dystrophie musculaire oculogastro-intestinale
obésité viscérale l.f.
visceral obesity
Syn. obésité androïde, obésité abdominale
→ obésité androïde, obésité abdominale
Édit. 2017
plèvre viscérale l.f.
pleura visceralis (TA)
visceral pleura
→ plèvre
sous-séreuse pleurale viscérale l.f.
tela subserosa pleurae visceralis (TA)
Tissu celluleux interposé entre la séreuse pleurale et les organes intrathoraciques (poumons, organes du médiastin)
→ plèvre
substance viscérale secondaire de la moelle spinale l.f.
substantia visceralis secundaria medullae spinalis (TA)
secondary visceral grey substance of spinal cord
Partie de la substance grise de la moelle située en avant de la substance intermédiaire centrale.
transposition viscérale l.f.