antitrypsine (clairance) l.f.
antitrypsin clearance
Test mesurant la vitesse de disparition de l’antitrypsine plasmatique.
Comme l'alpha1-antitrypsine résiste bien à l'activité protéolytique des enzymes pancréatiques et bactériens, elle peut servir de marqueur endogène pour la mesure fécale des pertes protéiques d'origine plasmatique, et sa clairance peut être évaluée, car elle est un bon reflet de l’exsudation protéique dans le tube digestif.
Son dosage dans le sang et les selles est facile par immunodiffusion radiale. La clairance se calcule par le rapport entre le débit fécal de l’alpha1-antitrypsine et son taux sérique (elle est normalement inférieure à 12 mL/j).
Les selles sont recueillies en totalité pendant 3 jours et un échantillon sanguin est prélevé durant cette période.
Les limites de la méthode étant liées à la destruction de l'alpha1-antitrypsine au-dessous de pH 3, elle ne peut servir à mesurer les pertes protéiques plasmatiques intragastriques.
Les protéines plasmatiques peuvent traverser en excès la muqueuse intestinale (élévation de la clairance de l’alpha1-antitrypsine) lorsque celle-ci est enflammée ou ulcérée (par ex. maladie de Crohn, lymphome malin), lorsqu’il existe un renouvellement trop rapide des cellules de la muqueuse (par ex. dans la maladie cœliaque), lorsque la pression lymphatique est trop élevée (par ex. envahissement des structures lymphatiques par une affection néoplasique, insuffisance cardiaque droite), ou lorsque les canaux lymphatiques de la paroi digestive sont dilatés et se rompent dans la lumière digestive (par ex. lymphangiectasie digestive). La mesure de la clairance de l’alpha1-antitrypsine est aussi utile pour la surveillance de l’efficacité du traitement de la maladie causale.
clairance n.f.
clearance
La clairance pour une substance est mesurée par le rapport entre le débit urinaire de cette substance par minute à sa concentration dans le plasma sanguin.
Cette mesure est utilisée pour explorer la fonction rénale : normalement pour une substance qui n'est ni réabsorbée, ni excrétée par les tubes, elle est égale au volume de l'ultrafiltrat par minute, soit environ 120 mL. Pour l'urée qui subit une réabsorption passive elle est normalement comprise entre 75 et 80.
On parle aussi de clairance intestinale, de clairance hépatique ou autres, lorsqu'on mesure l’épuration d'une substance plasmatique par d'autres organes que le rein.
La clairance plasmatique totale est un paramètre pharmacocinétique qui mesure l'élimination d'un médicament ou d'une autre substance par l'organisme.
D. W. Cockcroft et M. H. Gault, médecins canadiens (1976)
Étym. angl. clearance : évacuation, passage, du vieux fr. cler (clair), du lat. clarus : clair (qualificatif appliqué d'abord au son)
→ pharmacocinétique, créatinine (clairance de la), MDRD, Cockcroft et Gault (clairance de), cystacine
[M1,C2]
clairance de la créatinine l.f.
Méthode courante d'exploration de la fonction rénale.
La créatinine endogène, produit du métabolisme musculaire étant éliminée par les reins par un processus quasi exclusif de filtration, la détermination de sa clairance, est un procédé courant, cliniquement utile, de mesure du taux de filtration glomérulaire.
Sa valeur normale chez un sujet adulte de moins de 40 ans est d’environ 120 mL/min/1,73 m2. Elle diminue d’environ 1mL/min/1,73m2par année au-delà de 40 ans. Elle est augmentée de 30 à 50 % au cours de la grossesse. Elle est basse chez l’enfant à la naissance et augmente progressivement pour atteindre le niveau de l’adulte vers 2 à 3 ans
La clairance de la créatinine peut être calculée à partir des concentrations mesurées de créatinine dans le plasma, dans l’urine des 24 h et du débit urinaire selon la formule : UV/P dans laquelle V est le volume des urines, U la concentration de la créatinine dans les urines exprimée en unités identiques à P concentration de la créatinine dans le plasma. Actuellement, elle fait l’objet d’estimations rapides calculées à partir d’un prélèvement sanguin par l’utilisation de formules de Cockcroft et Gault ou CKD-EPI (Chronic Kideney Disease Epidemiology Collaboration Equation) et surtout du MDRD (Modification of Diet in Renal Diseases).
→ inuline (clairance de l'), DFG, Cockroft et Gault (formule), MDRD
[C2,M1]
clairance de l'albumine l.f.
Volume virtuel de plasma totalement débarrassé de son contenu en albumine par unité de temps.
Il s'agit d'une clairance métabolique, l'albumine disparaissant du plasma du fait essentiellement de son catabolisme tissulaire. On la calcule d'après l'analyse de la courbe de décroissance de la concentration plasmatique d'albumine marquée (habituellement par un isotope radioactif de l'iode) en fonction du temps suivant l'injection intraveineuse de ce traceur.
Elle est égale au rapport de la quantité de radioactivité injectée sur l'aire délimitée par la courbe et s'exprime en mL/min. Le produit de la clairance métabolique par la concentration d'albumine dans le plasma donne la quantité d'albumine catabolisée par minute qui est égale à celle synthétisée lorsque le sujet étudié est en état stationnaire. La clairance urinaire de l'albumine représente une part négligeable de la clairance métabolique, l'excrétion urinaire physiologique d'albumine ne dépassant pas 50 mg/jour à comparer avec une concentration plasmatique de 45 g/L. Elle augmente à la phase précoce du diabète et dans toutes les néphropathies glomérulaires, en particulier au cours du syndrome néphrotique.
[C2]
clairance de l'eau libre l.f.
free water clearance
Pouvoir d'épuration rénale de l'eau libre qui correspond à la différence entre le débit urinaire et la clairance osmolaire.
Elle peut être positive ou négative.
→ eau liée
[C2,M1]
clairance efficace de l'eau l.f.
effective clearance of water
Portion de la diurèse (positive ou négative) qui correspond à l'excrétion d'eau non nécessaire à la sortie des électrolytes.
La sortie ou la réabsorption de cette portion (exprimée en termes de natrémie) modifie la tonicité de l'organisme.
[C2,M1]
clairance hépatique l.m.
hepatic clearance
Il est apprécié par l’épreuve à la brome-sulfone-phtaléine.
→ vert d'indocyanine (épreuve au), brome-sulfone-phtaléine (épreuve à la)
[C2,L1]
clairance métabolique l.f.
metabolic clearance
Volume virtuel de plasma totalement débarrassé d'une substance donnée par unité de temps que ce soit par excrétion hors de l'organisme ou par destruction tissulaire.
La clairance métabolique s'exprime habituellement en litre par minute ou millilitre par minute. Sa mesure repose sur l'analyse de la courbe de décroissance de la concentration de la substance étudiée dans le plasma après injection intraveineuse du traceur radioactif correspondant ou de la substance naturelle en excès. La notion de clairance métabolique a été particulièrement utilisée dans l'étude du catabolisme des hormones.
[C2]
clairance mucociliaire bronchique l.f.
muco-ciliary clearance
[C2,L1]
clairance osmolaire l.f.
osmolar clearance
Pouvoir d'épuration rénale des substances osmotiquement actives obtenues en divisant l'excrétion urinaire osmolaire par minute (U osm x V) par la concentration osmolaire du plasma P.
[C2,M1]
clairance rénale l.f.
renal clearance
Volume virtuel de plasma totalement débarrassé d'une substance donnée par extraction rénale.
La clairance rénale est à distinguer de la clairance urinaire qui en représente seulement la part provenant de l'excrétion dans l'urine. La clairance rénale comporte en outre la part provenant de la destruction par le tissu rénal. La clairance rénale est obtenue en multipliant le flux sanguin rénal par la différence des concentrations de la substance étudiée dans le sang artériel et le sang veineux rénal.
[C2,M1]
clairance urinaire l.f.
urinary clearance
Volume virtuel de plasma totalement débarrassé d'une substance donnée par unité de temps par excrétion dans l'urine.
Est à distinguer de la clairance rénale qui inclut l'excrétion dans l'urine et le catabolisme par le tissu rénal.
La clairance urinaire d'une substance est calculée en divisant son débit urinaire par sa concentration plasmatique. Elle s'exprime habituellement en ml/min. Les clairances urinaires sont rapportées à la surface corporelle comme la plupart des débits, la surface corporelle de référence étant égale à 1,73 m2. La clairance d'une substance filtrée mais ni sécrétée, ni réabsorbée, mesure le débit de filtration glomérulaire. L'inuline est la substance de référence remplissant ces conditions. La comparaison de la clairance d'une substance donnée à celle de l'inuline permet de savoir si cette substance est réabsorbée ou sécrétée. Si la clairance est supérieure à celle de l'inuline, la substance est à la fois filtrée et sécrétée. Si la clairance est inférieure à celle de l'inuline, la substance est réabsorbée dans le tubule rénal.
[C2,M1]
clairance urinaire du lithium l.f.
lithium clearance
Clearance urinaire mesurée habituellement après administration au sujet d'un sel de lithium afin d'apprécier les parts respectives du tubule proximal et du tubule distal dans la réabsorption tubulaire du sodium.
Le lithium est un cation monovalent réabsorbé dans le tubule proximal de façon semblable au sodium mais, en revanche, échappant à la réabsorption distale. Sa clairance urinaire rapportée au débit de filtration glomérulaire est donc un index de la quantité de sodium disponible à la fin du tubule proximal.
[C2,M1]
urée (clairance de l') l.f.
urea clearance
Mesure du pouvoir d'épuration du rein pour l'urée exprimée par le volume de plasma totalement épuré par le rein par minute.
La clairance de l'urée est très influencée par le taux de l'urée sanguine et le volume urinaire. Chez le sujet sain, avec un débit urinaire supérieur à 1,5 mL/mn la clairance de l'urée est de l'ordre de 65 à 100 mL/mn. Cette épreuve a été remplacée, en pratique clinique, par la mesure de la clairance de la créatinine.
D.D. Van Slyke, biochimiste américain (1921)
Syn. épreuve de Van Slyke
→ clairance, débit de filtration glomérulaire
activité rénine plasmatique l.f.
plasma renin activity (PRA)
Activités enzymatiques protéolytiques, d'origine rénale, présentes dans le plasma, qui successivement, à partir de l’angiotensinogène d’origine hépatique, conduisent à un des mécanismes de régulation de la pression artérielle.
La cascade enzymatique aboutissant à la formation d’angiotensine I active à partir d’un substrat hépatique est plus complexe qu’il semblait initialement. Le myocarde possède un système rénine-angiotensine propre, distinct des systèmes circulatoires.
L’activité rénine plasmatique peut être mesurée par technique radio-immunologique. Elle est augmentée dans les hypertensions artérielles secondaires à une sténose artérielle rénale. Ce dosage est utile essentiellement pour le diagnostic de l’hyperaldostéronisme primaire : l’activité est dans ce cas effondrée.
Étym. lat. activitas : activité (déverbal d'ago : pousser devant soi, agir)
Sigle ARP
→ rénine, rénine (mesure de l'activité plasmatique de la), rénine angiotensine (système), hypertension artérielle maligne, hypertension rénovasculaire, hyperaldostéronisme
[C2, M1, O4]
Édit. 2020
charge virale plasmatique l.f.
Quantification de l’ARN plasmatique, par amplification génomique, du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), exprimée en nombre de copies par ml de plasma.
Une charge virale supérieure à 100.000 copies /mL est considérée comme élevée. Cette technique constitue un mode objectif d’appréciation de la réplication du VIH dans l’organisme. L’objectif d’un traitement est de rendre la charge virale indétectable.
Cet examen fait également partie du bilan biologique de l'hépatite C.
[D1,Q1]
demi-vie plasmatique d'un médicament l.f.
plasmatic half-life of a drug
Temps au bout duquel un médicament atteint la moitié de sa concentration plasmatique maximale.
échange plasmatique l.m.
plasmatic exchange
En réanimation, soustraction d'un volume de plasma équivalent à une à deux masses sanguines suivie de son remplacement, soit par du plasma ou une solution colloïdale, d'albumine notamment, soit par le même plasma après un traitement épurateur approprié.
Cette méthode permet d'éliminer du plasma certaines substances indésirables présumées responsables d'une affection.
Les indications les plus souvent retenues sont la myasthénie, les polyradiculonévrites, les anémies micro-angiopathiques et les syndromes urémohémolytiques, les hypercholestérolémies majeures et les maladies lupiques graves.
→ solution colloïdale, albumine, myasthénie, polyradiculonévrite, anémie hémolytique micro-angiopathique, syndrome hémolytique et urémique, lupus érythémateux disséminé, plasmaphérèse
[G1, G5]
Édit. 2018
flux plasmatique rénal l.m.
renal plasma flow
Quantité de plasma qui traverse les deux reins par unité de temps.
Elle est chez l'adulte de l'ordre de 600 mL/mn.
→ débit de filtration glomérulaire, flux sanguin rénal
[M1]
Édit. 2018
hypertonie plasmatique l.f.
plasma hypertonia
Augmentation de l'osmolarité plasmatique au-dessus de 307 mmos/L.
Syn. hyperosmolarité plasmatique
hyperviscosité plasmatique l.f.
plasma hyperviscosity
Augmentation de la viscosité du sang observée lors des élévations considérables de la teneur plamatique en protéines.
Les conséquences de l'hyperviscosité sont une réduction du flux sanguin et la formation de thrombus dans les capillaires qui se traduisent par plusieurs symptômes : asthénie, céphalées, troubles visuels, hémorragies muqueuses, manifestations neurologiques diverses (vertiges, ataxie et crises d'épilepsie) et surdité de transmission irréversible. Des accidents ischémiques cérébraux dans les territoires des artères de petit calibre sont possibles, surtout lorsqu’intervient une vasoconstriction artériolaire réactionnelle à une hypoxie.
Les principaux paramètres de la viscosité sanguine sont l'hématocrite, le degré d'agrégabilité et la déformabilité des hématies, ainsi que la teneur en protides (plus particulièrement le fibrinogène et les globulines).
Une hyperviscosité se rencontre dans de nombreuses circonstances pathologiques : syndrome myéloprolifératif, dysglobulinémies (myélome, maladie de Waldenström), cryoglobulinémies, hyperfibrinogénémie, hémoglobinopathie, syndrome inflammatoire, état de choc, brûlure, toxémie gravidique, diabète, hyperlipoprotéinémie, divers états néoplasiques.
Le traitement repose sur la soustraction de l'excédent de protéines du sang par plasmaphérèse.
J. Waldenström, médecin interniste suédois, membre de l'Académie de médecine (1944)
→ syndrome myéloprolifératif, hémoglobulinopathie, dysglobulinémie, myélome, Waldenström (maladie de), hyperglobulinémie, cryoglobulinémie, hyperlipoprotéinémie, hyperfibrinogénémie, plasmaphérèse
hypo-osmolalité plasmatique l.f.
plasma hypoosmolality
Baisse de la teneur osmotique du plasma exprimée par kilogramme d’eau.
hypo-osmolarité plasmatique l.f.
plasma hypoosmolarity
Baisse de la teneur osmotique du plasma exprimée par litre, fréquemment observée en clinique.
Elle est consécutive soit à un déficit électrolytique (essentiellement sodiqué, sans perte d’eau parallèle, avec pour conséquence une hyponatrémie), soit à un bilan d’eau positif, entraînant une dilution plasmatique. Elle complique souvent l’évolution des œdèmes, liée à des apports en eau excessifs.
→ osmolalité, hypo-osmolalité plasmatique, hyponatrémie, intoxication par l'eau (syndrome d')
hypotonie plasmatique l.f.
plasma hypotonia
Diminution de la teneur plasmatique en osmoles avec hyponatrémie sous l'effet d'une rétention d'eau excessive ou de pertes hydriques inférieures aux pertes électrolytiques, essentiellement sodiques.
→ hypo-osmolarité plasmatique, intoxication par l'eau (syndrome d')
mesure du volume plasmatique l.m.
plasmatic volume (measure of)