Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

119 résultats 

accidents précoces par ingestion de champignons l.m.p.

precocious accident by ingestion of mushrooms

Manifestations variées, surtout digestives et neurovégétatives, consécutives à l'absorption de certains champignons toxiques, qui surviennent dans les 12 heures après l'ingestion (en 6 heures, en moyenne).
Les manifestations cliniques sont surtout digestives (vomissements, diarrhée), elles peuvent entraîner une déshydratation grave sans atteinte hépatique. Des manifestations neurovégétatives peuvent s'y associer (syndrome entolomien ou tricholomien). Selon les cas on observe des signes :
- cholinergiques (sueurs, hypersécrétion salivaire et bronchique, myosis, coliques, diarrhée, hypermotricité intestinale, tremblement, hoquet, bradycardie et même parésies) dans le syndrome muscarinique imputable à des clytocybes (Clytocybes dealbata, Clytocybes rivulosa) et à des inocybes (Inocybes patouillardi) ;
- atropiniques (malaise avec titubation, nausées, brulures gastriques, pseudo-ivresse avec myoclonies, agitation, hallucinations, tachycardie et même convulsions ; risque d'apnée et coma), c'est le syndrome panthérinique dû aux amanites panthères (A. pantherina) et tue-mouches (A. muscaria) ;
- neuropsychiques centraux avec hallucinations (onirisme, état confusionnel, paresthésies) par ingestion de coprins (panacolus), d'agarics ou de peyotl ;
- vasomoteurs avec érythème, bouffées de chaleur et hypotension : effet «antabuse» dû à l’ingestion simultanée de coprins (C. atramentarius ou C. noir) et d’alcool ;
- d'hémolyse aiguë par ingestion de certains gyromitres ou fausses morilles mal cuites ou mal desséchées (Gyromitra esculenta, Scarsophora coronaria).
Le traitement est symptomatique : on se méfiera cependant des intoxications graves (phalloïdes) à début précoce en raison parfois d'associations ou d'erreurs d'interprétation (l'intoxication peut survenir après la prise d'un repas intermédiaire non toxique).

Étym. lat. accidens : ce qui survient

syndrome entolomien, entolome livide, Syndrome tricholomien, tricholome tigré, Syndrome muscarinique, syndrome panthérinique, amanite, coprin, agaric, peyotl, aldéhyde-déshydrogénase, gyromitre

[D2,G1,G2,G4,F4,H1,H3,L1,R2]

Édit. 2017

accidents tardifs par ingestion de champignons l.m.

late accident by ingestion of mushrooms

Manifestations viscérales graves, surtout digestives, hépatiques et parfois rénales, en rapport avec l'absorption de certains champignons toxiques, survenant dans un délai supérieur à 6 heures (en moyenne 12 heures après l'ingestion).
On peut voir des atteintes rénales tardives (après 3 à 15 jours), isolées, parfois sans signe gastro-intestinal initial et dont le diagnostic difficile peut être suspecté lors de la survenue d'atteintes rénales (insuffisance rénale aiguë) d'allure «épidémique».
Rappelons aussi le syndrome vasculaire (ischémique et gangréneux) de l'ergotisme dû au champignon de l'ergot de seigle (claviceps).
Le traitement est symptomatique : rééquilibration hydroélectrolytique et physiologique visant à couper le cycle entérohépatique des toxines et à éviter les effets de leur fixation sur les membranes et parenchymes : désinfection intestinale, vitamine C, silymarine.

Étym. lat. accidens : ce qui survient

accidents précoces par ingestion de champignons, amanite vireuse, amanite phalloïde, phalloïdine, syndrome phalloïdien, amanitine

[D2,G4,N1]

Édit. 2016

intoxication par les conserves l.f.

intoxication by tinned food (U.K), intoxication by canned food (U.S)

Étym. lat. conservo : maintenir en bon état.

toxi-infection alimentaire, botulisme

[G4]

intoxication par les organophosphorés l.f.

poisoning by organo-phosphates

Intoxication dont le type en est l'intoxication par le parathion (thiophosphate de diéthyle et de paranitro-phényle) qui bloque les choline-estérases.
De nombreux composés esters d'acide phosphorique ou thiophosphorique ont le même pouvoir anticholinestérasique.
L'intoxication aigüe (DL50 du parathion, 7 mg/kg environ) se manifeste cliniquement par des troubles digestifs et des signes d'inhibition du parasympathique (myosis, troubles du rythme cardiaque), regroupés classiquement en syndrome muscarinique, et des troubles dits nicotiniques (fasciculations, paralysies progressives avec atteinte respiratoire). L'inhibition des cholinestérases explique le terme de toxique anticholinestérasique rappelant le signe biologique essentiel de cette intoxication. L'effondrement de la cholinestérasémie justifie le traitement par de fortes doses d'atropine associées à des antidotes du type de la pralidoxime (Contrathion®). Certains organophosphorés provoquent en outre une polynévrite d'évolution très lente rattachée à l'inhibition d'une estérase particulière.

gaz de combat, pesticide

intoxication par les vapeur anesthésique l.f.

poisoning by anaesthetic vapours

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques

thon (intoxication par les conserves de) l.f.

poisoning by caned tuna

scombéroïde (intoxication)

gaz anesthésiques (intoxication par les) l.f.

anesthetic gaz poisoning

pollution du bloc opératoire par les gaz anesthésiques

[G1, B3]

Édit. 2020

IRM de diffusion et de perfusion dans les accidents ischémiques cérébraux l.f.

diffusion and perfusion MRI in cerebral ischemic strokes

Séquences IRM permettant de déceler très précocement un infarctus cérébral, alors que le scanner ne peut reconnaître immédiatement qu'une hémorragie cérébrale.
Très sensible, l'IRM de diffusion permet de visualiser l’œdème cytotoxique dès les premières minutes. Traduite par un hypersignal, la chute du coefficient apparent de diffusion doit être mesurée par cartographie. Sa spécificité est proche de 100%. La superposition de l'IRM de perfusion à cette méthode permet de mettre en évidence l'existence d'une éventuelle "pénombre" ischémique. Ainsi sont distingués les patients pouvant bénéficier d'un traitement en urgence comme la thrombolyse ou la thrombectomie. Celui-ci doit intervenir dans les trois premières heures.

imagerie de diffusion (en IRM), imagerie de perfusion (en IRM)

[B2,B3,H1]

Édit. 2018

centre technique national de recherche sur les handicaps et les inadaptations l.m.

Association conforme à la loi de 1901 financée par le ministère de la protection sociale ; elle est chargée d’inciter toutes études et réflexions sur l’identification des handicaps et inadaptations de toutes natures, et les moyens d’y remédier, de coordonner les travaux en cours, de stimuler les initiatives, de dénombrer et encourager les réalisations existantes, de faciliter l’entraide entre les associations se consacrant aux personnes handicapées, etc.

Sigle CTNRHI

[E]

clichés minutés précoces l.m.p.

early excretory urography

Technique d'urographie intraveineuse qui consiste à prendre un cliché toutes les minutes jusqu'à la 5e minute, après le début d'une injection rapide de produit de contraste.
Son but est de rechercher un retard unilatéral et passager de sécrétion, pouvant traduire une sténose de l'artère rénale correspondante. L'hypertension artérielle, surtout du sujet jeune, représentait l'indication de cette méthode aujourd'hui abandonnée au profit de l'échographie doppler ou de l'angiographie numérisée.

urographie intraveineuse

[B2,M3]

interactions précoces l.f.p.

earliest interactions

Dépendance réciproque, à la fois comportementale, affective et fantasmatique, entre le bébé, sa mère, mais aussi tout partenaire actif (père, fratrie) à partir de laquelle, émerge et se construit le sens de soi chez le petit enfant.
Cette perspective récente résulte notamment des apports de la psychanalyse, p. ex. de D. Winnicott (le bébé et sa mère, unité de base), de l'éthologie, du concept d'attachement avec J. Bowlby, lequel intégra les données de diverses disciplines, et aussi de la notion de dépression anaclitique, établie par R. Spitz lors de la privation de la relation à l'objet maternel.
Sur le plan clinique et théorique, il s'agit d'un modèle de comportement, donc de traitement et de prévention des premiers troubles psychiques de l'enfant et, plus généralement, de ceux rencontrés dans les familles à problèmes multiples. Ces derniers peuvent non seulement dépasser la dyade mère-enfant, mais comporter également une dimension transgénérationnelle. Une telle dimension est relevée notamment dans certains troubles psychosomatiques du bébé concernant l'alimentation et le sommeil, ou dans des situations de négligence. Une prise en soins adaptée s'impose alors.

D. W. Winnicott, pédiatre et psychanalyste américain (1896-1971) ; J. Bowlby, psychiatre et psychanalyste britannique (1907-1991) ; R. Spitz, psychiatre et psychanalyste américain (1887-1974)

psychothérapie en pédopsychiatrie

oxygène (accidents provoqués par l') l.m.

oxygen induced accidents

Il y a un risque notable d'incendie provoqué par l'oxygène, même à faible concentration.
En concentration élevée, la moindre étincelle (frottement, électricité statique) peut déclencher un incendie, car tout brûle dans l'oxygène pur, même le fer.

Édit. 2017

aniline (intoxication par l') l.f.

aniline (intoxication by)

huiles toxiques (syndrome des)

[G4]

Édit. 2017

eau (intoxication par l') l.f.

water intoxication

déshydratation extracellulaire et hyperhydratation cellulaire (syndrome de)

[C2,G1]

Édit. 2018

intoxication par l'aluminium l.f.

aluminium intoxication

L'aluminium provenant de l'eau, de l'alimentation et surtout de la consommation de gels d'alumine s'accumule chez les patients atteints d'insuffisance rénale avancée et plus particulièrement chez les patients traités par dialyse.
Cette intoxication expose à divers troubles notamment osseux avec ostéomalacie et nerveux en rapport avec une encéphalopathie.

encéphalopathie des dialysés

[C1,G4]

Édit. 2017

intoxication par l'eau (syndrome d') l.m.

water intoxication

Hyperhydratation globale avec hypotonie plasmatique plus ou moins sévère compte tenu de l'importance variable du déficit sodique souvent associé à l'inflation hydrique.
Elle survient chez des sujets atteints de défaillance cardiaque, d'insuffisance rénale ou hépatique avancée. Elle se traduit par une prise de poids, des nausées, des vomissements, des céphalées avec obnubilation, des convulsions et parfois coma.
On doit pratiquer en urgence la restriction hydrique stricte associée éventuellement à l'administration intraveineuse de solution de chlorure de sodium ou de substances osmotiquement actives telles que le mannitol.

hyperhydratation

maquereau (intoxication par conserve de) l.f.

canned mackerel poisoning

scombéroïde (intoxication)

oxyde de carbone (intoxication par l') l.f.

carbon monoxide poisoning

intoxication oxycarbonée (séquelles neurologiques de l')

Édit. 2017

oxyde de carbone (manifestations neuropsychiques de l'intoxication par l') l.f.

psychiatric symptoms of carbon monoxide poisoning

Manifestations psychiatriques de l'oxycarbonisme aigu ou lent, accidentel ou volontaire, rares par rapport à la fréquence d’une telle intoxication.
Avec leur amnésie lacunaire au réveil, le coma et les autres formes aigües ou subaigües peuvent être suivis de ou traduits par : ivresse pseudo-alcoolique, agitation transitoire, torpeur et obtusion, état confusionnel peu onirique, souvent prolongé, parfois postintervallaire (après une à trois semaines). Les formes lentes comportent une obnubilation avec asthénie, céphalées, tendances vertigineuses poussées délirantes intermittentes, volontiers déroutantes.
Les suites au long cours, voire définitives, concernent souvent des atteintes de la mémoire et de l'attention à des degrés divers, des troubles caractériels, une instabilité de l'humeur, des anomalies phasiques, praxiques ou gnosiques, des états d'affaiblissement intellectuel global et de démence. Ces derniers peuvent être soit stables, soit évolutifs, après intervalle libre, avec confusion progressive, hypertonie croissante et évolution mortelle (encéphalopathie de Grinker, 1925). Un arrêt du développement psychomoteur est possible chez l'enfant. Des complications neurologiques, surtout extrapyramidales et vasculaires, doivent être recherchées.
Notamment lors d'états mélancoliques, une tentative de suicide peut aggraver l'état psychique, surtout à partir de l'âge moyen.

R. R. Grinker, Sr, neuropsychiatre américain (1925)

intoxication oxycarbonée (séquelles neurologiques)

Édit. 2017

paracétamol (intoxication par le) l.f.

acetaminophen poisoning

Effet indésirable du N-acétyl-p-aminophénol, substance employée dans le traitement symptomatique des états fébriles, des douleurs ou des céphalées.
Ce produit, souvent associé à la codéine, est largement utilisé en automédication.
De ce fait, des intoxications chroniques peuvent se voir. Le paracétamol peut être la cause d'effets adverses généralement bénins (urticaire, rash allergique, nausées, hypotension, dyspnée), mais pouvant être graves voire mortels par dyscrasies sanguines (thrombocytopénie, leucopénie, neutropénie, pancytopénie ou agranulocytose), atteintes du pancréas, du foie, du rein (nécrose tubulaire aigüe) et encéphalopathie pouvant évoluer vers le coma.
Après la prise du médicament, seule une petite proportion de paracétamol est transformée en N-acétyl-p-benzo-quinone-imine (NAPQI), toxique très actif pour les oxydases du foie et du rein. Ce corps est détoxifié par conjugaison avec le glutathion et excrété sous forme de mercaptides. Quand le stock de glutathion est épuisé après un surdosage en paracétamol, l'excès de NABQI endommage les cellules. Le surdosage correspond à une ingestion de 7,5 g chez un adulte, un lavage précoce de l'estomac est conseillé.
Quand la concentration de paracétamol dans le sang dépasse 200 mg/L, 4 h après l'ingestion, ou 30 mg/L, 15 h après, l'intoxication doit être traitée par administration d'acétylcystéine per os ou intraveineuse. La transplantation du foie peut être l'ultime recours en cas d'échec du traitement médical.

Paraquat® (intoxication par le) l.f.

Paraquat® poisoning

Herbicide dérivé du pyridinium ayant une toxicité aigüe élevée.
L'absorption orale est en général suicidaire : on observe alors des brûlures digestives dues à la causticité du produit, des signes d'insuffisance hépatique et rénale ainsi qu'une altération retardée de plusieurs jours du parenchyme pulmonaire suivie d'une fibrose bronchiolo-alvéolaire irréversible et souvent mortelle.
Le paraquat induit expérimentalement chez le rat des lésions dégénératives du système nerveux central analogues à celles de la maladie de Parkinson.
Pour cette raison l’usage du Paraquat est interdit dans les états membres de l’Union européenne depuis 2007.

Étym. dénomination commerciale passée dans le langage médical courant.

produits caustiques (intoxication et brûlure par des) l.f.

intoxication and burn caused by caustic products

Brûlures particulièrement redoutables produites par les produits caustiques parce que le produit continue son action tant qu'il n'a pas été neutralisé par les tissus ou éliminé par le traitement.
Quand l'action du caustique est externe, il faut laver largement et très rapidement la surface souillée (peau, œil).
Au contraire, en cas d'ingestion de produits caustiques (soude, eau de Javel, acide, etc.) il faut être très prudent car la brûlure peut rapidement perforer l'œsophage. En première urgence, ne pas faire vomir pour éviter que le caustique repasse par l'œsophage et y aggrave la brûlure, de même ne pas faire boire pour éviter de faire passer dans l'estomac le caustique qui reste dans la bouche ou la gorge. Seules les lèvres et la bouche peuvent être rincées. L'ingestion d'un produit caustique demande l'hospitalisation d'urgence en service spécialisé (indiquer le caustique en cause). Ne pas intuber ni faire de fibroscopie. S'il y a lieu le caustique passé dans l'estomac sera évacué par voie chirurgicale. Même bien traitées les brûlures du pharynx, du larynx et de l'œsophage, plus particulièrement par les caustiques acides, donnent souvent lieu à des cicatrices sténosantes.
L'ingestion des produits caustiques est surtout le fait d'enfants, elle peut être aussi le fait d'un geste suicidaire. De sérieuses mesures préventives doivent être prises pour que les enfants ne puissent atteindre les bouteilles de liquides caustiques et qu'ils ne puissent pas les ouvrir (bouchons normalisés).

brûlure

allergie aux champignons l.f.

mushroom allergy

Allergie provoquée par les spores des champignons.
Par ex. alternaria, cladosporium (parasite de graminées), épidermophyton (qui vit dans les couches cornées de l’épiderme, le phanères, les parties mortes et mal entretenues de la peau, fusarium (qui pousse sur la pourriture des végétaux, sur le maïs en tige), rouille (parasite des céréales).

bagassose, canne à sucre, champignonnistes (maladie des), Gell et Coombs (classification modifiée de)

[F3,D2]

Édit. 2017 

échelle originelle de Glasgow complétée par les réflexes du tronc cérébral l.f.

La présence des réflexes du tronc cérébral est cotée de 0 à 5, ce qui fait passer la classique échelle de Glasgow allant de 3 (coma profond) à 15 (personne parfaitement consciente) à une échelle de Glasgow-Liège allant de 3 à 20.
Cotation des réflexes :
- fronto-orbitaire 5
- oculocéphalique ou oculovestibulaire vertical 4
-  photomoteur 3
- oculocéphalique ou oculovestibulaire horizontal 2
- oculo-cardiaque 1
            

Étym. Glasgow : ville d’Écosse

[G1, H1]

Édit. 2019

encéphalites virales transmises par les moustiques l.f.p.

mosquito-borne viral encephalitis

Arboviroses comprenant notamment les encéphalites équines de l’Ouest et de l’Est, l’encéphalite équine du Venezuela, l’encéphalite de Saint-Louis, l’encéphalite japonaise B et l’encéphalite australienne, qui sont transmises par différents Culex ou Aedes.

Étym. gr. enkephalitis (en : dans, kephalê : tête)

arbovirose, Culex, Aedes.

[D1, D4;H1]

Édit. 2019

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