Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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Leber (atrophie optique de) l.f.

Leber (optical atrophy), hereditary optic neuropathy

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871)

Syn. Leber (neuropathie optique héréditaire de)

Leber (neuropathie optique héréditaire de)

[H1, K2, P2, Q3]

Édit. 2019

Leber (neuropathie optique héréditaire de) l.f.

Leber optical atrophy, Leber hereditary optic neuropathy

Neuropathie optique familiale avec baisse de vision survenant brutalement, sur un œil, chez un adulte jeune, surtout masculin, sans antécédents oculaires, puis en l'espace de quelques semaines ou quelques mois, sur l'autre œil; accompagnée d'un large scotome central, d'une hyperhémie papillaire, d’une dilatation des capillaires péripapillaires (télangiectasies) et ultérieurement d'une atrophie optique.
La maladie débute entre 10 et 30 ans mais peut survenir plus tôt ou beaucoup plus tard. L'électrorétinograhie est normale. Des télangiectasies avec pseudo-œdème papillaire apparaissent au fond d'œil. Cet aspect est transitoire au début de l'affection. S'associent souvent : un syndrome extrapyramidal, des troubles pseudobulbaires, une neuropathie périphérique et des anomalies de la conduction cardiaque. En cas de nécrose striatale bilatérale, une hypodensité est visible à l'imagerie. L'évolution se fait vers une atrophie optique avec cécité totale.
Malgré une localisation seulement oculaire, des anomalies morphologiques mitochondriales musculaires sont signalées. Le déficit en complexe I de la chaîne respiratoire comporte une substitution d'arginine à l'histidine. En fait, au moins 11 points de mutation du mt ADN sont relevés. De plus, par suite de la présence conjointe de gènes nucléaires, l'hérédité mendélienne pourrait accentuer l'expression de la maladie et la pénétrance chez l'homme.
Le gène est situé sur l'ADN mitochondrial, il n'est transmis que par la mère, et les hommes, même atteints, ne transmettent pas la maladie. De nombreuses mutations sont décrites, les unes primaires sont directement responsables de l'affection, et les autres secondaires accompagnent une mutation primaire et ne peuvent donner à elles seules la maladie. Les mutations primaires sont : MT-ND6*LDYT14459A (1) rare accompagnée d'une dystonie, MT-ND4*LHON11778A (2) dans 50% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND1*LHON3460A (3) dans 15% des cas forme sévère avec baisse d'acuité visuelle définitive, MT-ND6*LHON14484A (4) dans 15% des cas, MT-CYB*LHON15257AA (5) dans 9% des cas, MT-CO3*LHON9438A (6) dans 2,5% des cas, MT-CO3*LHON9804A (7) dans 1,5% des cas, MT-NDS5*LHON13730A (8) rare ; les mutations secondaires sont : MT-ND1*LHON4160C (9), MT-ND2*LHON5244A (10), MT-ND2*LHON7444A (11), MT-ND1*LHON3394C (12), MT-ND5*LHON13708A (13), MT-CYB*LHON15812A (14), MT-ND2*LHON4917G (15), MT-ND1*LHON4216C (16) ; la mutation positive MT-ND1*LHON4136G est parfois associée aux mutations 4 ou 9 et atténue la gravité de l'affection (McKusick 1994). (MIM 535000).

T. von Leber, ophtalmologiste allemand (1871), Johanna Vilkki, médecin généticienne finlandaise (1991)

Syn. Leber (atrophie optique de)

Sigle LHON pour Leber hereditary optic neuropathy

scotome, télangiectasie, syndrome extrapyramidal, syndrome pseudobulbaire, arginine, histidine

[H1, K2, P2, Q3]

Édit. 2019