Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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générique adj. et n.m.

1) En médecine : principe actif chimique ou biologique défini, dans un sens catégoriel.
Générique est alors proche de dénomination commune (par exemple œstrogène est le nom générique qui couvre une série de substances hormonales ayant toutes une activité provoquant l’œstrus).
2) En pharmacie : copie d’une spécialité pharmaceutique déjà existante.

géophagie n.f.

geophagia

Ingestion de terre ou d'autres substances du sol (sable, argile, charbon), notamment pour diminuer les douleurs épigatriques de l’ankystomose à la période d’état.
Elle se rencontre surtout dans les arriérations profondes, l'autisme et les démences séniles et peut s'observer aussi dans certains milieux culturels traditionnels (femmes enceintes croyant lutter ainsi contre une éventuelle "déminéralisation") et en cas de famine ou pour diminuer les douleurs épigastriques de l’ankylostomose à sa période d’état.

pica

glucosamine n.f.

glucosamine

Osamine, sucre aminé présent dans de nombreuses combinaisons polyosidiques, le plus souvent sous forme acétylée, N-acétyl-glucosamine : oligosides du lait de femme, mucopolysaccharides, substances des groupes sanguins, glycoprotéines, chitine.
La biosynthèse de la glucosamine se fait par le transfert du radical NH2 de la glutamine sur le fructose-6-phosphate. La glucosamine libre est une amine toxique pour les cellules.

glucose, osamine

glucuronoconjugaison n.f.

glucuronoconjugation

Fixation du radical de l'acide β-glucuronique, apporté par l'acide uridine-diphosphate glucuronique, sur différentes substances alcooliques, phénoliques ou acides, afin de les rendre plus hydrosolubles et de faciliter leur excrétion.
C'est, entre autres, un procédé de détoxication dont le siège est principalement le foie.

Syn. glycuroconjugaison

glucuronoconjugué adj.

Chacune des substances formées par glucuronoconjugaison.
P. ex. la bilirubine, certaines hormones stéroïdes sont excrétées sous forme de glucuronoconjugués.

Syn. glycuroconjugué

glycocalix n.m.

glycocalix, fuzzy coat

Couche filamentaire recouvrant les microvillosités au pôle apical des cellules absorbantes de l'intestin (entérocytes).
Elle forme avec les microvillosités la bordure en brosse des entérocytes, et joue probablement un rôle de barrière envers les micro-organismes et d'autres substances exogènes.

gomme n.f.

gum (1), gumma (2)

1)   En dermatologie, lésion inflammatoire subaigüe d'origine infectieuse de l'hypoderme, circonscrite, évoluant vers le ramollissement, la nécrose et l'ulcération en passant par les quatre stades classiques de crudité, ramollissement, fistulisation, réparation.
Les étiologies des gommes sont la syphilis tertiaire, la tuberculose, les mycoses profondes et certaines infections à pyogènes.
2) En chimie, substance présente dans de nombreux organes végétaux, tels que tiges, bois, fruits, formée de polyosides de masse moléculaire élevée, comme les arabanes, les xylanes, les mannanes.
chewing gum
Forme galénique d’une préparation pharmaceutique de consistance souple constituée d’un support, une gomme, qui s’amollit à la mastication, libérant progressivement un principe actif plus ou moins parfumé.
Les gommes sont des substances présentes dans de nombreux organes végétaux, tels que tiges, bois, fruits et formées de polyosides de masse moléculaire élevée, comme les arabanes, les xylanes, les mannanes. En l’occurrence il s’agit de la gomme chicle, latex qui s’écoule du sapotier (arbre fruitier d’Amérique centrale). Le principe actif est en général un désinfectant buccal. La gomme elle-même ne doit pas être ingérée.

Étym. lat. cummi ou gummi : gomme

[G3,G5]

Édit. 2017

granule n.m.

granule, pellet

Petite pilule médicamenteuse dont le poids ne dépasse pas 0,05 g à 0,06 g et qui renferme des doses unitaires de substances très actives, de 0,1 mg à 1 mg.
L'excipient utilisé pour préparer les granules est un mélange de lactose, de gomme arabique et de sirop simple. Les granules sont administrés par voie orale.

Étym. diminutif du mot latin  granum : grain

[G3,G5]

Édit. 2017

granulé n.m.

granulated pellet

Préparation médicamenteuse constituée par des grains solides et secs, destinés à la voie orale, contenant un ou plusieurs principes actifs, additionnés ou non de substances auxiliaires, de matières colorantes ou d'aromatisants.
Il existe plusieurs catégories de granulés : non enrobés, effervescents, enrobés, gastrorésistants, à libération modifiée, etc.

Étym. lat.  granum: grain

[G3,G5]

Édit. 2017

groupe sanguin l.m.

blood type

Caractère d'ensemble d'individus possédant en commun dans le sang un même antigène.
Cet antigène est ou non compatible avec les anticorps d'autres sangs qui ne le possèdent pas.
Un tel polymorphisme génétique (allotypie) se manifeste au niveau de structures présentes sur la membrane de cellules sanguines ou sur des molécules diverses du sang circulant. 
Selon la situation de ces structures, on définit des systèmes de groupes :
- érythrocytaires : ABO, (chromosome 9), MNSs, Rhésus, Kell, Duffy, Kidd, etc. ;
- leucocytaires : NA, NB, etc. ;
- plaquettaires : PlA, PlE, KO ;
- salivaires : Lewis et présence de substances solubles A ou B chez les sujets sécréteurs (Se) ;
- sériques : d'immunoglobulines (Gm, Km, Am), d'enzymes, de transferrine, etc.
À l'état normal, il existe des anticorps anti-A et/ou anti-B chez les sujets n'ayant pas les antigènes A ou B. Cette présence constitue un danger potentiel grave en cas de transfusion de sang de groupe incompatible (accident par erreur de groupe). A la suite de transfusions sanguines ABO et Rhésus compatibles, les receveurs peuvent s'immuniser contre un ou plusieurs autres antigènes du receveur et produire des anticorps anti-Kell, anti-Duffy, p. ex. (autre type d'accident de transfusion sanguine).
La mère peut s'immuniser contre les antigènes de groupe sanguin de son fœtus autres que A et B : c'est l'allo-immunisation fœtomaternelle responsable de la maladie hémolytique du nouveau-né due p. ex. au facteur Rhésus.

K. Landsteiner, biologiste autrichien (1900), prix Nobel de médecine en 1930

groupage sanguin, groupes sanguins ABO, immunité

hémofiltration n.f.

h(a)emofiltration

Technique d'épuration extrarénale dans laquelle les substances indésirables sont éliminées du sang par filtration à forte pression hydrostatique à travers une membrane très perméable.
Pour traiter l'insuffisance rénale aigüe ou pour lutter contre les intoxications aigües, on utilise un faible débit continu durant plusieurs jours et des membranes de polymères (polysulfone, polyamide, polyacrylonitrile) à haute perméabilité, qui laissent filtrer des molécules dont la masse moléculaire varie de 500 à 20 000 Da. Le passage se fait par filtration (le terme de convection est impropre), la membrane ne retenant que les éléments figurés du sang et les très grosses molécules, ce qui permet d'épurer des molécules de masse moléculaire moyenne qui ne pourraient être éliminés par la dialyse.
Le débit à travers le filtre est important (de l'ordre de 12 à 24 L/jour). Il est proportionnel à la surface du filtre et à l'écart transmembranaire de pression efficace (égal à la somme des pressions hydrostatique et oncotique). Il entraîne une forte soustraction du plasma et pour compenser les pertes d'eau et d'électrolytes qui en résultent, il faut perfuser des liquides de substitution (tampons, surtout lactate et électrolytes). L'ultrafiltration n'est pas toujours suffisante pour assurer l'épuration de molécules de faible masse moléculaire telles que l'urée et la créatinine. Dans ce cas on peut associer une dialyse continue à l'hémofiltration : c'est l’hémodiafiltration dont les indications sont l'hyperkaliémie et un catabolisme azoté important. La tolérance cardiovasculaire pour l'hémofiltration est meilleure que pour l'hémodialyse.

convection, filtration, hémodialyse

[M1,G1]

Édit. 2015

hépatite toxique l.f.

toxic hepatitis

Atteinte hépatique pouvant être causée par de nombreuses substances et se manifestant par des troubles de gravité croissante, témoins d'une cytolyse de plus en plus étendue selon la dose absorbée.
L'atteinte du foie est le plus souvent associée à une altération des reins, d'où le terme d'hépatonéphrite. Les ictères hémolytiques ne font pas partie de cette catégorie d'affection.
Principaux signes : augmentation des transaminases, de la gamma-glutamyl-transférase ( GT), effondrement de la synthèse des protéines, en particulier des intermédiaires de la coagulation, hépatite grave avec hémorragies, ictère de type cytolytique ou rétentionnel, puis coma. Les formes les plus graves sont qualifiées de fulminantes et correspondent à une cytolyse diffuse et spontanément irréversible : seule une greffe hépatique peut permettre la guérison.
La classification des hépatites toxiques a été longtemps basée sur des considérations métaboliques avec des troubles portant sur le métabolisme des glucides ou des lipides, telle la stéatose hépatique avec hypoglycémie par intoxication par l'Akee (fruit de la Jamaïque) ou par le charbon à glu (Atractilis gummifera riche en atractiline).
D'autre mécanismes ont été identifiés : carence en méthionine (intoxication à l'éthionine, à l'hexachlorobenzène), découplage de l'oxydoréduction phosphorylante (intoxication au dinitro-ortho-crésol), déplétion en gluthation réduit (hépatite grave par absorption de doses fortes de paracétamol (acétaminophène), réaction secondaire sur des structures endocellulaires de radicaux alcoylants comme dans l'intoxication au tétrachlorure de carbone où l'altération initiale est plutôt mitochondriale.
Les plus typiques des hépatites toxiques s'accompagnent d'une agression qui prédomine en général sur le réticulum endoplasmique et qui s'étend à tous les éléments cellulaires. Aucun schéma uniforme ne peut être proposé, les lésions portant aussi bien sur les lysosomes, les mitochondries, que sur le noyau, ce qui rend difficile une distinction entre nécrose et apoptose cellulaire.
La cytolyse est particulièrement marquée au cours des intoxications par le phosphore blanc ou par l'amanite phalloïde.
D'autres altérations, plutôt subaigües, se rencontrant au cours d'intoxications, sont considérées comme des effets adverses de médicaments (ictères par méthyl-testostérone, par chlorpromazine), elles sont dites cholostatiques à cause de la bilirubine non conjuguée circulante et des anomalies histologiques observées au cours des ictères par rétention biliaire.
Compte tenu de l'importance de l'activité métabolique du foie, il est difficile d'interpréter comme souffrance cellulaire la stéatose hépatique, fréquente au cours de l'intoxication alcoolique chronique, les variations réversibles du réticulum endoplasmique et des microsomes siège de nombreuses réactions d'hydroxylation et d'oxydation par les cytochromes et les oxydases, enzymes susceptibles de réponses d'adaptation lors de l'absorption de nombreux toxiques. De même l'interprétation des infections virales de rencontre n'a été possible que par l'identification des virus et des réactions immunitaires qu'ils provoquent.
Les hépatites, dites veinoocclusives, où l'altération prédomine sur le drainage veineux ont été identifiées pour les alcaloïdes du séneçon.
De nombreuses hépatites médicamenteuses, dites de sensibilisation, surviennent après absorption prolongée pendant plusieurs mois ou années de produits appartenant à toutes les classes de médicaments. Elles surviennent de façon sporadique surtout chez des femmes âgées et peuvent prendre une allure suraigüe d'hépatite fulminante après la reprise du médicament.
Les altérations hépatiques prolongées peuvent s'accompagner de séquelles fibrosantes, de l'apparition d'une cirrhose hépatique évolutive, affection classique au cours de l'alcoolisme prolongé pendant plusieurs dizaines d'années.
L'interprétation de l'apparition de cancers primitifs du foie observés au cours d'intoxications expérimentales est rendue complexe par l'existence d'une sensibilité génétique très variable ches certaines espèces, par l'existence de formations tumorales bénignes (adénomes) et par la prolifération de peroxysomes, chez le rat surtout. Les cancers primitifs sont à distinguer des métastases hépatiques beaucoup plus fréquentes, provenant d'autres cancers.

hépatonéphrite, stéatose hépatique

[L1]

hétéroside n.m.

heteroside

Composé osidique constitué par la condensation d'un ou plusieurs oses avec une molécule non osidique, dite aglycone, appartenant à des groupes de substances très variées.
Hormis les nucléosides et les glycolipides, qu'on trouve dans les tissus animaux, de très nombreux hétérosides sont caractéristiques d'espèces végétales, souvent utilisés pour leurs propriétés pharmacologiques.
Ce sont p. ex. les hétérosides anthraquinoniques, extraits d'aloès ou de rhubarbe tels que les aloïnes ou l'alizarine ; les hétérosides flavoniques, tels que les anthocyanes (pigments des fleurs) et les flavonols aux propriétés antioxydantes (vitamines P) ; les hétérosides strophantiques et digitaliques (cardiotoniques) ; les hétérosides cyanogénétiques, tels que l'amygdaloside des amandes amères ; les hétérosides sulfurés, tels que le sinigroside (glucoside de sénevols de la moutarde) ; les hétérosides polyphénoliques, tels que les tanins.
heterosome
Symb. W, X, Y, Z

chromosome sexuel, hétérochromosome

[C1]

histaminopexie n.f.

histaminopexy

Action de substances qui fixent l’histamine: mucine, héparine et plasmapexine I qui est absente chez les sujets allergiques.

J. L. Parrot, physiologiste français, membre de l'Académie de médecine (1957)

histamine

homéopathie n.f.

homeopathy

Méthode de traitement dans laquelle on administre, contre une maladie, des substances susceptibles de produire, à doses mesurables, des effets semblables à ceux que détermine la maladie elle-même, les effets thérapeutiques, étant supposés à s’accroître après agitation du produit et en même temps que la concentration du produit devient plus faible.
1) L’homéopathie s’est répandue à la suite d’une idée théorique de Hahnemann, idée qui n’a encore reçu aucune confirmation expérimentale.
2) Dans la langue française le suffixe –pathie s’applique généralement à une maladie et non à une thérapeutique.

S. Hahnemann , médecin allemand (1807)

Étym. gr. homoïos : semblable, pathê : maladie

allopathie

[G5]

homme raide (syndrome de l') l.m.

stiff-man syndrome

État pathologique rare, survenant chez l'adulte jeune, caractérisé par l’apparition progressive d'une rigidité musculaire, associée à une rigidité axiale d'aggravation continue avec notamment hyperlordose et par des épisodes de spasmes musculaires douloureux, secondaires à des mouvements, à une émotion ou à des bruits.
L'évolution, au début rapide, peut se stabiliser ou progresser lentement. L'atteinte prédominant à la racine, porte sur les muscles du tronc, du cou et des membres. Des fractures des os longs et des déformations articulaires peuvent se produire du fait des contractures spasmodiques survenant sur des muscles déjà sous tension. La raideur diminue au cours du sommeil et des anesthésies générales. Les études électrophysiologiques montrent une activité tonique spontanée, faite de potentiels unitaires normaux
Des associations sont possibles : hyperthyroïdie, diabète de type 1, insuffisance hypophysaire, fréquemment tachycardie et sueurs, affection auto-immune (environ 40% des patients) et moins souvent affection paranéoplasique (cancers du sein, du poumon à petites cellules, maladie de Hodgkin ou thymome).
Une origine centrale est désormais admise, avec possibilité d'association d'hyperfonction spinale du système gamma et d'hyperfonction supraspinale. Des anticorps anti-GAD (acide glutamique décarboxylase, enzyme biosynthétisant le GABA sont fréquemment présents dans le sang et le LCS.
Les benzodiazépines, notamment le diazépam, qui agirait sur les récepteurs GABAergiques, sont inconstamment actifs. Le baclofène et le valproate, autres substances GABAergiques, sont aussi utilisés. Les immunoglobulines intraveineuses sont une bonne indication. L'évolution est progressive vers la mort en une dizaine d'années.

F. P. Moersch et H. W. Woltman, neurologues américains (1956)

GABA, hypertonie musculaire

[I1,I4,I2]

Édit. 2015

hormone n.f.

hormone

1) Molécule sécrétée  par une structure bien différenciée (cellule ou glande endocrine), en réponse à une stimulation, atteignant la circulation sanguine et capable à très faible dose d’intervenir sur un organe ou un tissu cible portant un récepteur spécifique.
 Elle exerce une action physiologique sur ce récepteur. En retour le produit sécrété possède la capacité de rétrocontrôler négativement, directement ou indirectement, sa propre production.
2) Certains substances analogues provenant d'une cellule sont suceptibles d’agir sur une cellule voisine, par une sécrétion endocrine, neurocrine, paracrine ou autocrine.
3) Structuralement les hormones sont de 3 variétés :
-hormones peptidique, le plus souvent polypeptidiques : hormones hypophysaires comme la corticotrophine, la thyrostimuline, la prolactine, l’hormone de croissance ; hormones pancréatiques comme l’insuline, le glucagon, la somatostatine ; hormone parathyroïdienne (parathormone). La TRH et l’hormone antidiurétique d’origine hypothalamique sont des hormones oligopeptidiques.
-hormons stéroïdes : hormones corticosurrénales (cortisol, aldostérone, dehydoépiandrostérone…), hormones sexuelles (testostérone, androstanedione, estradiol)
-hormones dérivées d’aminoacides et de phénols : catécholamines (dopamine, noradrénaline, adrénalines), hormones thyroïdiennes (thyroxine, triiodothyronine…)

W. M., Bayliss, Sir, et E. H. Starling,membre de l’Académie de médecine, physiologistes britanniques (1902) ; E. H. Starling, physiologiste britannique, membre de l’Académie de médecine (1905)

Étym. gr. hormaô : j'excite

endocrine, neurocrine, paracrine, autocrine.

[O4]

Édit. 2018

huile de chènevis l.f.

hempseed oil

Huile extraite des graines de chanvre (Cannabis sativa), qui contient les substances actives du cannabis.

cannabis

[G4,G3]

hydrocèle de la vaginale l.f.

hydrocele

Épanchement de liquide clair et citrin dans la cavité virtuelle de la vaginale testiculaire.
La traduction clinique en est une grosse bourse plus ou moins tendue ou fluctuante, claire en transillumination. L'hydrocèle, qui en s'accroissant écarte les deux feuillets de la séreuse (autour du testicule), peut être simple. Elle est dite congénitale si elle intéresse également le canal péritonéovaginal, en bissac. Elle est parfois cloisonnée.
La cause peut résider en toute lésion inflammatoire ou tumorale de l'appareil épididymotesticulaire. Dans la plupart des cas, elle n'est pas identifiable : hydrocèle dite "essentielle". La résorption spontanée est possible, surtout chez le nourrisson. Le traitement, lorsqu'il est nécessaire en raison de la gêne fonctionnelle, est chirurgical. La ponction de la vaginale comme l'injection de substances ne sont pas recommandées.
Chez la femme , l'hydrocèle du canal péritonéo-inguinal de Nuck est rare.

A. Nück, anatomiste néerlandais (1691)

Étym. gr. hudor : eau ; kêlê : hernie

vaginale, hydrocèle (cure chirurgicale d'), canal péritonéovaginal

[M2]

Édit. 2018

hyperéosinophile sanguine (variante lymphocytique) l.m.

lymphocytic variant hypereosinophilic syndrome

Hyperéosinophilie secondaire à la sécrétion de substances éosinophilopoïétiques par les lymphocytes T responsables de sécrétion de IL-5.
Cette pathologie est marquée par des manifestations cutanées et exceptionnellement par des atteintes systémiques. Les marqueurs cellulaires identifient des cellules CD3- CD4+.
L’affection répond aux glucocorticoïdes. Il existe un risque accru de développer un lymphome T périphérique

F. Roufosse, médecin interniste belge (2005)

hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilie sanguine (causes des), hyperéosinophilies sanguines secondaires

hyperéosinophilies sanguines secondaires l.f.p.

1. Allergies respiratoires, alimentaires et dermatite atopique.
Ces causes représentent jusqu’à 80% des cas d’éosinophilie sanguine dans les pays industrialisés. Il s’agit principalement d’asthme, de rhino-conjonctivite et d’eczéma atopique. En cas d’éosinophilie plus importante dans le cadre d’un asthme, il faut penser à une aspergillose broncho-pulmonaire allergique et à un syndrome de Churg-Strauss. A noter que le passage pulmonaire de larves parasitaires, chez des patients en provenance de pays tropicaux, risque de mimer un asthme.
2. Infection parasitaires.
L’éosinophilie dépend du type de parasite, de sa localisation et de la phase d’infection. C’est essentiellement au contact avec le système immunitaire, et donc lors de la migration dans les tissus, que les parasites induisent une éosinophilie. Parmi les parasitoses cosmopolites : on retient la distomatose, l’anguillulose, l’ankylostomose, l’ascaridiose, l’oxyurose, la taeniase la trichinellose et, pour les pays tropicaux et sub-tropicaux, la biharziose, la distomatose, la filariose, la strongyloïdose. L’éosinophilie accompagne fréquemment les helminthoses transitoirement (ascaridiose, ankylostomose) ou constamment (strongyloïdose, trichinose, fasciolose). En l’absence de nouvelle contamination, l’évolution se fait selon la courbe de Lavier avec une phase d’élévation rapide, un tracé en plateau puis une diminution progressive.
3. Médicaments et toxiques.
Cause fréquente d’éosinophilie, soit par des mécanismes d’hypersensibilité ou par effet pharmacologique. Citons les médicaments les plus utilisés : aminopénicillines, céphalosporines, allopurinol, hydantoïne, nitrofurantoïne, AINS, méthotrexate, produits de contraste, intoxication à l’huile de colza frelatée.
4. Néoplasies.
Une éosinophilie sanguine accompagne la maladie de Hodgkin dans 15% des cas et elle est due à une sécrétion d’IL-5 par les cellules de Reed-Sternberg. Diverses tumeurs solides (cancers épidermoïdes et adénocarcinomes, entre autres) peuvent parfois s’accompagner d’une éosinophilie, avec une incidence estimée à 0,5-7%. La mastocytose systémique est associée, dans 25% des cas, à une éosinophilie. Citons aussi l’hyperplasie angiolymphoïde avec éosinophilie et le syndrome d’Ommen.
5. Maladies systémiques.
Le syndrome de Churg-Strauss est caractérisé par une éosinophilie importante. D’autres maladies inflammatoires systémiques s’accompagnent occasionnellement d’une éosinophilie sanguine, généralement légère : la sarcoïdose, la polyarthrite rhumatoïde, le syndrome de Sjögren, la sclérodermie, les autres vasculites systémiques (panartérite noueuse, maladie de Wegener…), le lupus érythémateux et les myopathies inflammatoires. Les maladies inflammatoires de l’intestin sont accompagnées éventuellement d’une éosinophilie sanguine.
6. Autres causes
La maladie des emboles de cholestérol peut s’accompagner d’une éosinophilie. La radiothérapie induit parfois une éosinophilie, tout comme la réaction du greffon contre l’hôte chez les sujets transplantés de cellules souches hématopoïétiques allogéniques. Il existe une variante lymphocytique du syndrome hyperéosinophile, secondaire à la sécrétion de substances éosinophilopoïétiques par les lymphocytes T.

hyperéosinophilie sanguine, hyperéosinophilie sanguine (causes des), Churg-Strauss (maladie de), Omenn (syndrome d')

hyperréactivité bronchique l.f.

bronchial hyperreactivity

Réponse exagérée des bronches à différents stimuli.
On distingue :
- l'hyperréactivité bronchique non spécifique mise en évidence par l'inhalation de substances comme l'histamine, la métacholine;
- l'hyperréactivité bronchique spécifique mise en évidence lors de l'inhalation d'allergènes respiratoires.
Les tests d'hyperréactivité bronchique réalisés lors des explorations fonctionnelles respiratoires sont utiles pour le diagnostic de maladie asthmatique.

hypersomnie n.f.

Tendance pathologique à l'exagération du sommeil nocturne ou diurne, ce dernier survenant parfois par accès.
Une privation de sommeil, la prise de substances sédatives, un trouble psychique (notamment anxieux et/ou dépressif, avec essai de refuge dans le sommeil) peuvent en rendre compte. Sinon, une étude polysomnographique sera systématiquement pratiquée.
La classique encéphalite épidémique de von Economo avec notamment sa léthargie, en a été un exemple classique.
Dans l'hypersomnie idiopathique, le sommeil de nuit de longue durée, souvent suivi au réveil d'une "ivresse du sommeil", est de plus en plus tenu pour d'origine génétique.
Le syndrome d'apnées récurrentes du sommeil peut jalonner une somnolence diurne excessive et se terminer par un ronflement extrêmement sonore. Il est d'origine centrale, obstructive par hypotonie des voies aériennes ou mixte.
Les accès diurnes incoercibles du syndrome de Gélineau (narcolepsie-cataplexie, le plus souvent idiopathique), les périodes d'endormissement du syndrome de Pickwick (parfois intriquées avec l'apnée du sommeil), les épisodes d'hypersomnie du syndrome de Kleine-Levin (accompagnés, en particulier, de polyphagie et de désinhibition sexuelle), sont décrits séparément.
Diverses étiologies organiques sont en fait possibles. Le traitement fait appel au modafinil.

C. von Economo, neurologue autrichien (1917) ; J-B. Gélineau, neurologue français (1880) ; C. S. Burwell, médecin interniste américain (1956) ; W. Kleine, psychiatre allemand (1925) ; M. Levin, neuropsychiatre américain (1936)

Étym. Pickwick, : personnage des romans de Dickens (1837)

hypersomnies organiques

hypertension portale l.f.

portal hypertension

Ensemble des manifestations pathologiques liées à une augmentation permanente de la pression sanguine dans la veine porte au-dessus de 12 mm Hg, ou plus précisément, à une élévation du gradient porto-cave supérieure à 5 mm Hg.
Cette définition écarte les élévations de pression portale dues à la simple transmission de l’augmentation de la pression veineuse centrale.
Le syndrome œdémato-ascitique en est la manifestation clinique essentielle.
Seules les formes accompagnées d’une augmentation du gradient porto-cave sont à l’origine d’une splénomégalie, d’anastomoses entre les systèmes veineux porte et cave, entraînant un effet shunt (faisant gagner la circulation générale à des substances normalement confinées au territoire splanchnique) et la formation de varices avec pour celles situées dans la couche sous muqueuse de l'œsophage, un risque de rupture responsable d'une hémorragie digestive grave.
Les causes d'hypertension portale avec augmentation du gradient, sont les blocs infrahépatiques (obstruction de la veine porte d’origines thrombotique, tumorale ou malformative), les blocs intrahépatiques (cirrhose et fibrose hépatiques, hémochromatose, bilharziose, atteinte primitive des petites veines portes ou hépatiques) et les blocs suprahépatiques (obstruction des veines hépatiques par une thrombose, une tumeur ou d’origine congénitale : syndrome de Budd- Chiari)
Le traitement de l'hypertension portale vise à prévenir ou à arrêter les hémorragies dues aux ruptures des varices digestives. Peuvent être mis en œuvre des agents pharmacologiques (béta-bloquants adrénergiques, analogues de la vasopressine et de la somatostatine), des techniques endoscopiques de suppression des varices, des anastomoses portocaves chirurgicales ou l’installation endoscopique d’un shunt porto-systémique intra-hépatique.

G. Budd, médecin interniste britannique (1845) ; H. Chiari, anatomopathologiste autrichien (1898)

Étym. lat. porta : aux portes (d’entrée du foie)

varices œsophagiennes, hypersplénisme, hypertension portale de l'enfant, syndrome oedémato-ascitique

[L1]

hypotenseur adj.

hypotensive

Qualifie la propriété de certaines substances de faire baisser la pression artérielle.
Ce terme est impropre quand il s’agit d’un médicament qui doit être désigné anti-hypertenseur.

[K2]

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