Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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alerte n.f.

alert, alarm

1) De façon générale, il s’agit d’un appel donné par différents moyens (cris, signe de détresse, fusées, messagers, téléphone, etc.) pour signaler un danger et demander éventuellement du secours.
2) En médecine, information reçue ou émise dont le contenu présente un caractère de gravité potentiel ou avéré tel qu’il nécessite la mise en œuvre en urgence, d’actions correctives ou préventives.
Le téléphone est le principal moyen pour la transmission de l'alerte en médecine. Il permet au médecin d'estimer l'urgence et de donner immédiatement des conseils très efficaces pour éviter des erreurs ou des abstentions, causes de complications. Le tri préalable des appels téléphoniques, institué par les Russes dès 1900, permet de gagner un temps précieux. Cela n'a malheureusement pas été retenu par une directive de l'Union Européenne qui a préféré l'appel unique, impliquant un organisme pour trier et un relai supplémentaire.

Étym. italien all'erta : à la hauteur, cri d'alarme des gardes pour monter au rempart.

→ appel unique dans l'Union Européenne, tri préalable des appels d'urgence, premiers secours

[G2]

Édit. 2017

aléser v.

ream (to)

Façonner un cylindre creux à un diamètre donné.
Par ex. on alèse un canal médullaire pour un enclouage centromédullaire.

[I2]

Édit. 2017 

alésoir n.m.

reamer

En chirurgie orthopédique, outil pour aléser, manié à la main ou au moteur.

→ aléser

[B3,J2]

Édit. 2017 

Alexander (maladie d') l.f.

Alexander's disease

Affection rare, en majorité masculine et infantile, débutant au 6ème mois, dominée en clinique par une macrocéphalie, un retard psychomoteur, une spasticité des quatre membres, des mouvements choréo-athétosiques et des crises convulsives rebelles au traitement.
L'affection débute dans la première année de la vie avec une méga- ou macro-encéphalie, une hypotonie et un retard psychomoteur. Apparaissent ensuite un syndrome pyramidal avec spasticité, des convulsions et des paralysies diverses et le décès survient en 1 à 3 ans. Il existe des formes plus lentes, juvéniles et même adultes. A l’examen ophtalmologique il existe strabisme, nystagmus, atrophie optique et perte de la vision. Les potentiels évoqués visuels (PEV) sont anormaux. L'aspect est similaire à la maladie de Canavan, il s'agit d'une dégénérescence astrocytaire avec démyélinisation de la substance blanche cérébrale. La tomodensitométrie cérébrale est évocatrice dans la région des lobes frontaux.
Il semble s'agir d'un trouble primaire de l'astrocyte, avec production excessive ou plutôt défaut de dégradation des gliofilaments, et démyélinisation massive, montrée par l'imagerie médicale. Cet état se situe à la frontière des leucodystrophies. Histologiquement, on trouve au niveau des astrocytes les fibres caractéristiques de Rosenthal qui signent les modifications dégénératives du cytoplasme.
L’affection est autosomique récessive (MIM 203450).

W. S. Alexander, pathologiste anglais d’origine néo-zélandaise (1949)

Syn. mégalencéphalie évolutive

→ CADASIL, MELAS, xanthomatose cérébrotendineuse

[H1,O1,Q2]

Édit. 2017 

alexie n.f.

alexia, word-blindness

Altération spécifique des capacités de lecture, secondaire à une affection cérébrale.
L'alexie peut être isolée : alexie pure, encore appelée alexie agnosique, alexie sans agraphie ou cécité verbale pure, caractérisée par une altération de type agnosique de la lecture, le plus souvent secondaire à une lésion temporo-occipitale interne (gyrus fusiforme et lingual). Elle peut être associée à un trouble de l'écriture (alexie-agraphie, associée à des lésions du gyrus angulaire), tantôt intégrée à un syndrome aphasique plus complexe (comme une aphasie de Wernicke).
L'approche cognitiviste emploie plutôt le terme de dyslexie, qu'elle distingue en dyslexies périphériques (atteinte des processus prélexicaux) et dyslexies centrales (atteinte des processus lexicaux et postlexicaux). Les dyslexies périphériques désignent essentiellement les troubles de la lecture secondaires aux négligences visuelles pour l'hémi-espace gauche, et les dyslexies littérales. Les dyslexies centrales comportent : les dyslexies profondes, caractérisées par une préservation de l'accès au sens des mots, contrastant avec une difficulté d'accès à la forme phonologique, et où prédominent les erreurs sémantiques (bouteille = "carafe") ; les dyslexies de surface, avec le profil inverse, et où les performances sont étroitement dépendantes du degré d'irrégularité orthographique (supériorité de lecture des mots réguliers et des non-mots sur les mots irréguliers) ; enfin les dyslexies phonologiques, définies par la difficulté à lire des pseudo-mots (traduisant une altération de la conversion grapho-phonémique), contrastant avec la lecture des mots légitimes.

Étym. gr. a : privatif ; legô : lire

[H1]

Édit. 2017 

alexine n.f.

alexin

Terme utilisé par Bordet pour décrire un composant thermolabile du sérum provoquant la lyse de cellules préalablement sensibilisées par un antisérum.

Syn. ancien de complément.

→ complément

[C1,F3]

Édit. 2017 

alexithymie n.f.

alexithymia

Fonctionnement mental de nombreux patients souffrant d'affections organiques chroniques à forte composante psychosomatique.
L'alexithymie comporte quatre composantes : l'incapacité à reconnaître, identifier et exprimer verbalement ses propres émotions ; la limitation de la vie imaginaire, notamment de l'aptitude à la rêverie diurne ; la tendance à recourir à l'action pour éviter ou résoudre les conflits ; la description détaillée des faits, évènements ou symptômes physiques.
Souvent considérée comme transnosographique, elle a été décrite également au cours d'addictions, de la maladie de Parkinson, d'affections dépressives, anxieuses, lors de troubles des conduites alimentaires, dans les schizophrénies (où elle serait liée aux symptômes négatifs, à l'anxiété et à la dépression), voire parmi la population générale. L'extension actuelle de ces traits de personnalité à la base de diverses affections donne lieu à discussions.
On a pu proposer une théorie neuropsychologique de l'alexithymie en tant que manifestation d'un déficit de transmission interhémisphérique ou d'un trouble de la connection entre système limbique et néocortex.

P.E. Sifneos, psychiatre américain d’origine grecque (1973)

Étym. gr. a : privatif ; lexis : dire ; thumos : émotion, sentiment

→ psychosomatique (pensée ou vie opératoire)

[H1,H3]

Édit. 2017 

Alezzandrini (syndrome d') l.m.

Alezzandrini's syndrome

Dégénérescence rétinienne unilatérale de l'adolescent ou l'adulte jeune avec sur le visage du même côté une poliose et un vitiligo.
Parfois surdité de perception bilatérale.

A.A. Alezzandrini, ophtalmologue argentin (1964)

→ poliose, vitiligo

[J1,P2]

Édit. 2017 

algie faciale l.f.

facial pain

Syndrome douloureux situé dans le territoire d'innervation de la Vème paire du nerf crânien ou nerf trijumeau.
L'algie faciale typique est la névralgie du trijumeau caractérisée par une douleur extrême, unilatérale, en général diurne, intéressant soit la zone bouche-oreille, soit la zone nez-orbite. Les algies faciales atypiques regroupent différentes entités : psychogène, migraine faciale, algies postzostériennes, ostéo-arthrite temporomandibulaire. Elles sont à différencier des algies d'origine dentaire ou sinusienne.

Étym. gr. algos : douleur

→ trijumeau (névralgie du)

[H1]

Édit. 2017 

algie pelvienne l.f.

pelvic pain

Douleur siégeant dans le petit bassin anatomique féminin, pouvant correspondre à une pathologie génitale fonctionnelle ou organique telle l’endométriose, ou une salpingite chronique.
La cœlioscopie est le meilleur moyen d’en identifier la cause.

Étym. gr. algos : douleur

→ dyspareunie, dysménorrhée, endométriose, salpingite chronique, syndrome prémenstruel, algoménorrhée, syndrome d'Allen et Masters

[O3]

Édit. 2017 

algie vasculaire l.f.

vascular pain

Douleur liée à une maladie circulatoire.
Par ex. l'ischémie aigüe d'un membre, l'algie de décubitus d'une artériopathie, la gangrène ischémique.

Étym. gr. algos : douleur

[K4]

Édit. 2020

algie vasculaire de la face l.f.

cluster headache

Affection caractérisée par des crises douloureuses, intenses, pulsatiles, répétées, généralement unilatérales, intéressant l’œil (souvent rétro-orbitaires), le maxillaire et la partie latérale du nez accompagnées de signes vasomoteurs et sécrétoires homolatéraux.
S’y associent fréquemment un larmoiement, une rhinorrhée, une rougeur cutanée homolatérale et une injection conjonctivale. Touchant trois fois plus l’homme que la femme, autour de 30 ans, les douleurs en salves, d’une durée de quelques minutes à plusieurs heures, surviennent chaque jour parfois plusieurs fois par jour, souvent à heure fixe et la nuit pendant des périodes de plusieurs semaines, séparées d’intervalles libres durant des mois ou même des années. Une forme chronique d'emblée ou secondairement, avec répétition quotidienne des accès pendant des années, est plus rarement observée.

Selon le siège de la douleur et les signes associés, il a été décrit les syndromes de Charlin, de Sluder ou du ganglion sphénopalatin, l’érythromélalgie de la face, la névralgie du nerf du canal ptérygoïdien ou des nerfs grand pétreux ou pétreux profond.
Les traitements les plus efficaces sont l'oxygénothérapie lors des crises et le sumatriptan injectable.

Étym. gr. algos : douleur

Syn. érythroprosopalgie, névralgie migraineuse, syndrome de Charlin, syndrome de Sluder

→ sympathalgie,  syndrome du ganglion sphénopalatin, érythromélalgie de la face, névralgie du nerf vidien,Vail (syndrome de), sumatriptan

[H1, K4, P1, P2]

Édit. 2020

alginate n.m.

alginate

Polysaccharide tiré de certaines algues brunes et également biosynthétisé par divers micro-organismes.
Utilisé comme gélifiant ou épaississant alimentaire.

[C1]

Édit. 2017 

algodystrophie n. f.

algodystrophy, sympathetic algodystrophy, Sudeck's disease, transient osteoporosis

Syndrome douloureux régional, intéressant un membre, s'installant parfois à la suite d'un traumatisme, et associant une déminéralisation osseuse et des troubles vasomoteurs et trophiques.
Ce syndrome fait suite le plus souvent à des lésions d'un membre (entorse, fracture, intervention chirurgicale, etc.) ou, plus rarement, à une maladie viscérale (par ex. infarctus du myocarde) ou du système nerveux (hémiplégie, atteinte médullaire cervicale) ou encore à une thérapeutique (« rhumatisme gardénalique ») et parfois, sans cause sur un terrain hyperémotif.
La forme la plus caractéristique est réalisée au membre supérieur par le syndrome épaule-main, mais des atteintes des membres inférieurs sont possibles.
Les symptômes douloureux n'ont pas de topographie nerveuse, ils sont distaux, diffus et spontanés, à type de brûlure ou de broiement. Ils sont aggravés par la mobilisation et la station debout. Les douleurs provoquées sont plus intenses, elles font suite des à stimulations mécaniques ou thermiques. Il s'installe progressivement une hypothermie régionale témoin d'une mauvaise vascularisation des téguments et la peau présente des lividités. Des troubles sudoraux sont manifestes (hyperhidrose, 60% des cas, anhidrose, 20% des cas). La peau est sensible, plus rarement on constate une hypo-esthésie. Après quelques semaines apparaissent des troubles trophiques de la peau (kératose ou atrophie) des phanères (ongles fins, hypertrichose ou chute des poils), des tendons (rétraction des muscles (atrophie) et des os (ostéoporose en géodes).
Les thérapeutiques sont surtout symptomatiques : antalgiques, voire anxiolytiques et antidépresseurs, infiltrations articulaires par des glucocorticoïdes, physiothérapie, rééducation précoce sous réserve qu’elle soit indolore. La calcitonine à fortes doses serait efficace au début. Le bloc anesthésique du sympathique correspondant au territoire atteint peut soulager le patient, au moins partiellement. La guérison est habituelle entre trois mois et trois ans, avec des séquelles trophiques à type de raideur articulaire, pseudogriffe cubitale ou varus équin.
La pathogénie est inconnue mais l'importance des troubles vasomoteurs locaux pousse à admettre la responsabilité d'un trouble neurovégétatif. Aucune lésion d'un tronc nerveux n'est décelable, l'origine sympathique du syndrome n'est pas exclusive, toutes les fibres du système nerveux autonome y participent plus ou moins.

Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant un gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer

Syn. algodystrophie réflexe, algoneurodystrophie, algodystrophie sympathique réflexe, syndrome de Weir-Mitchell, maladie de Sudeck

→ épaule-main (syndrome)

[I1,I2]

Édit. 2017 

algodystrophie de la hanche l.f.

hip algodystrophy

Douleur intermittente siégeant dans les hanches pendant la grossesse, uni- ou bilatérale.
Elle affecte éventuellement d'autres articulations des membres inférieurs. Parfois très invalidante, elle disparaît dans les semaines qui suivent l'accouchement. Elle traduirait une ostéoporose transitoire de la grossesse comme le montrent parfois les radiographies.

Étym. gr. algos : douleur ; dus : préfixe indiquant une gène ou une difficulté, trophê, action de nourrir, de développer

[I1]

Édit. 2017 

algohallucinose n.f.

algohallucination, phantom limb pain

Algie que les patients amputés ressentent comme siégeant dans l'ancien territoire du membre amputé.

→ membre fantôme, amputés (douleurs des)

[H1]

Édit. 2017 

algolagnie n.f.

algolagnia

Érotisation de la douleur.
Phénomène observé dans certaines déviations des conduites sexuelles utilisant la douleur subie (masochisme) ou provoquée sur autrui (sadisme) comme moyen d'obtention du plaisir sexuel.

Étym. gr. algos : douleur, lagnéia : acte sexuel

Syn. algophilie sexuelle

[H3]

Édit. 2017 

algologie n.f.

algology

Discipline qui se consacre à l'étude de la douleur, ses causes, ses manifestations, les moyens de la soulager ou de la guérir (médicaments, physiothérapie, manipulations, chirurgie, etc.).
La douleur étant l'un des motifs principaux de l'appel au médecin, elle a suscité le plus grand nombre d'hypothèses physiopathologiques, d'interprétations morales et philosophiques, d'initiatives thérapeutiques, etc. depuis la nuit des temps.

Étym. gr. algos : douleur

[H1,H4,I1,N1]

Édit. 2017 

algoménorrhée n.f.

algomenorrhea

Douleur accompagnant la survenue des règles.
Contraction ou pesanteur, elle peut être primaire, dès les premières règles, ou secondaire, après plusieurs années de menstruations indolores. Elle est due à une difficulté à l'écoulement du flux menstruel, un fibrome, une adénomyose, une malformation utérine, par ex. un utérus unicorne, ou une malposition, par ex. une rétroversion.

Étym. gr. algos : douleur

Syn. dysménorrhée

[O3]

Édit. 2017 

algoneurodystrophie n.f.

sympathetic reflex dystrophy

→ algodystrophie

[I1,I2]

Édit. 2017 

algoparesthésie n.f.

algoparesthesia

Sensation de fourmillements douloureux.

[H1]

Édit. 2017 

algopareunie n.f.

algopareunia

→ dyspareunie

[O3]

Édit. 2017 

algorithme n.m.

algorithm

Suite finie d'opérations élémentaires qui forme un schéma de calculs permettant de résoudre des problèmes complexes.
Grâce à un langage informatique, un algorithme peut être traduit en un programme utilisable par un ordinateur. Ce type de calcul est untilisé dans de nomeux domaines, notamment l'imagerie médicale.

Al-Khawarizmi, mathématicien perse (783-850)

Étym. gr. arithmos : nombre

→ IRM, scanographie

[B2, B3, B1]

Édit. 2020

algorithme d'interpolation linéaire IL 180 l.m.

half scan interpolation method

→ interpolation

[B2, B3]

Édit. 2020

algorithme d'interpolation linéaire IL 360 l.m.

full scan interpolation method

→ interpolation

[B2, B3]

Édit. 2020

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