Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine – ancienne version 2020

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mélancolique (personnalité, typus) l.

melancholic personality

Approche phénoménologique de la personnalité prémélancolique par H. Tellenbach (1961), sous une forme d'être qui détermine le style de l'existence tout entière, essentiellement représentée, en dehors des accès, par : attachement à l'ordre, scrupulosité, sens du devoir, fort investissement professionnel, caractère sensible, intolérance à la solitude, constante oblativité, crainte des changements, faible appétence pour les voyages.
Chez ces sujets, K. Abraham (1912), en particulier, avait mis l'accent sur une analogie avec la personnalité obsessionnelle et sur la qualité de la sublimation de l'érotisme anal, la profondeur de la régression et la dépendance orale.
En partie validée par d'autres auteurs, cette description a été enrichie par A. Kraus depuis 1977, principalement à propos d'une suridentification hypernomique et égosyntonique au rôle (en fait différente d'une conduite obsessionnelle), d'une intolérance émotionnelle et cognitive à l'ambiguïté relationnelle et d'une faiblesse de l'identité du "Je".
Ces approches ont permis de mieux appréhender les cheminements conduisant des structures prédépressives à la maladie : surtout de l'autocontradiction potentielle de la personnalité au dépassement et à l'éclatement via l'épuisement des capacités et de l'identité de rôle qui, chez
ces patients, tient presque exclusivement lieu d'identité personnelle.

K. Abraham, psychanalyste allemand (1877-1925) ; A. Kraus, psychiatre allemand (1977)

Étym. gr. melas : noire, cholè : bile

mélanogénèse n.f.

melanogenesis

Processus physiologique de production des mélanines, eumélanine et phaeomélanine, dans les mélanocytes à partir de la tyrosine sous l'influence de la tyrosinase, l'ensemble des réactions chimiques mises en oeuvre, également régi par un facteur génétique, étant contrôlé par les hormones mélanotropes hypophysaires, les hormones sexuelles et la mélatonine.
Ce processus consiste en une oxydation de molécules de tyrosine par une tyrosinase, enzyme à cuivre, qui à partir de tyrosine et de dihydroxyphénylalanine déclenche une réaction en chaîne d'oxydation en composés indoliques et de polymérisation.
Les mélanocytes synthétisent dans le réticulum endoplasmique granuleux la tyrosinase, enzyme permettant la dégradation de L- tyrosine venue des capillaires sanguins en mélanines. Cette tyrosinase s'accumule dans les vésicules golgiennes qui donnent naissance à des mélanosomes immatures, de structure lamellaire en microscopie électronique. Ce stade correspond à un début de biosynthèse des mélanines qui vont ensuite se concentrer et former des granules de mélanine, sans activité tyrosinase, ayant en microscopie électronique la structure de mélanosomes matures homogènes. Après migration dans les dendrites mélanocytaires, les granules sont déversés dans l'espace intercellulaire, puis captés par les kératinocytes de l'épiderme. Les mélanines seront éliminées par la voie transépidermique (migration naturelle des kératinocytes) ou par la voie lymphatique (par mélanophages dermiques).
La mélanogénèse est bloquée dans l'albinisme et, au contraire, augmentée dans certaines conditions pathologiques telles que la maladie d'Addison ou la dissémination métastatique de mélanome.

Étym. gr:  melas, melanos : noir ;  genesis : formation 

→ mélatonine

mélanome pagétoïde l.m.

 pagetoid melanoma

Mélanome à extension superficielle localisé à la partie profonde de l’épiderme et dans la zone de jonction dermo-épidermique, envahissant peu le derme et pouvant plus ou moins simuler histologiquement une maladie de Paget.

Étym. gr. melas : noir ; -ome : suffixe indiquant la tumeur :  eidein : ressembler à

→ mélanome à extension superficielle

mélanonychie n.f.

melanonychia

Pigmentation mélanique linéaire longitudinale brune ou noire de la tablette et/ou du lit de l'ongle, produite par les mélanocytes de la matrice unguéale.
Elle peut correspondre à une mélanose sous-unguéale, secondaire soit à une stimulation des mélanocytes (frictions répétées, toxidermies pigmentogènes, maladie d'Addison), soit à un accroissement du nombre des mélanocytes (races noire et asiatique, nævus nævocellulaires, lentigos). Mais elle est parfois la représentation clinique d'un mélanome subunguéal qui peut s'étendre au repli sus-unguéal (signe de Hutchinson). Certains auteurs incluent dans les mélanonychies les pigmentations brunes ou noires d'origine non mélanique, professionnelles (teintures), médicamenteuses (nitrate d'argent), infectieuses (dermatophytes, Proteus mirabilis), endogènes (porphyrie cutanée tardive, gangrène), etc.

Étym. gr. melas, melanos : noir ; onyx : ongle

mélanotransferrine n.f.

melanotransferrin

Protéine qui fixe des ions ferriques et qui intervient dans la captation de fer par certaines cellules.
De masse moléculaire 97 kDa, elle est aussi appelée p97. Elle est en quantité plus élevée dans le sérum et surtout le liquide céphalorachidien des patients atteints de maladie d'Alzheimer où on la trouve sur les cellules microgliales associées aux plaques amyloïdes ; ce sont ces cellules qui pourraient la synthétiser et la sécréter.

Étym. gr. melas, melanos : noir ; nosos : maladie ; lat  trans : à travers ; ferrum : fer

→ Alzheimer (maladie d')

mélioïdose n.f.

melioidosis

Maladie infectieuse endémique principalement dans le Sud-Est asiatique et dans le Nord de l’Australie, voisine de la morve, due à une bactérie tellurique Burkholderia pseudomallei, ou bacille de Whitmore, isolé dans le sol et l’eau douce et transmise par inhalation ou par inoculation cutanée.
À la phase initiale l’infection peut être aiguë, septicémique, ou subaiguë, avec abcès viscéraux et cutanés. Le poumon est atteint dans plus de la moitié des cas. Très polymorphe, elle peut aussi être asymptomatique et, après des mois ou des années de latence, se révéler par des abcès pulmonaires, hépatiques, osseux, cérébraux. Le diagnostic, évoqué en raison d’un séjour en région d’endémie, repose sur l’isolement du germe par hémoculture, prélèvement de gorge ou dans le pus d’un abcès. La culture du riz représente un risque professionnel considérable tandis que le diabète de type 2 constitue un facteur prédisposant.
Le traitement des formes symptomatiques fait appel aux carbapénèmes, à la ceftazidime, ou à l’association pipéracilline-tazobactam. Le traitement prophylactique post-exposition utilise le triméthoprime-sulfaméthoxazole.

A. Whitmore, médecin infectiologue britannique (1912), A. T. Stanton, Sir, médecin britannique (1921)

Étym. gr. malis ou mêlis : morve ou lat. malleus : morve ; eiden : avoir l’apparence de

→ morve

membrane hyaline l.f.

hyaline membrane

Membrane fibrinoïde tapissant les alvéoles pulmonaires du nouveau-né en cas de déficit ou d’absence de surfactant.
Ce dépôt fibrineux recouvre, sous forme d'un film éosinophile, la surface de la cavité alvéolaire pulmonaire et contient des résidus lipidiques provenant de la nécrose des cellules épithéliales alvéolaires.
Elle est responsable de la maladie des membranes hyalines du prémauré.
Elle s’observe aussi chez l’adulte au décours du syndrome de détresse respiratoire aiguë après la régression de l’alvéolite œdémateuse avant l’évolution vers la fibrose.

Étym. lat. membrana  : membrane : hyalinus (gr. hyalinos) : transparent

→ maladie des membranes hyalines

mémoire  n. f.

memory

La mémoire est la fonction mentale qui permet d’encoder, de stocker et de récupérer des informations très diverses (souvenirs personnels, connaissances générales sur le monde, habiletés perceptivo-motrices ou cognitives…).
Sous cette définition apparemment très simple se cache une multiplicité de situations. L’encodage peut être intentionnel (avec la volonté d’apprendre), ou au contraire incident (comme dans beaucoup de situations de la vie courante) où nous mémorisons les informations sans effort délibéré. Le stockage peut être temporaire (de l’ordre de quelques secondes ou de quelques minutes), le temps d’effectuer une tâche en cours, ou au contraire porter sur des durées très longues (des années ou des décennies). La récupération est parfois intentionnelle et guidée par l’effort, dans ce cas, le sujet doit rechercher les bons indices pour accéder à l’information cible. Dans d’autres situations, plus nombreuses, l’accès à cette information est automatique et le sujet n’a pas conscience de faire un effort et même d’utiliser sa mémoire. A côté de ces aspects opérationnels de la mémoire (les étapes : encodage, stockage, récupération), on distingue différents systèmes de mémoire, qui diffèrent par leur règles de fonctionnement et leurs substrats cérébraux (comme la mémoire épisodique, la mémoire sémantique, la mémoire de travail, la mémoire perceptive, la mémoire procédurale). Toutes ces distinctions n’ont pas qu’un intérêt expérimental et théorique, elles permettent de guider un examen clinique de la mémoire et facilitent le diagnostic de plusieurs pathologies neurologiques ou psychiatriques (maladie d’Alzheimer, dépression…) 
working memory
Système de mémoire responsable du traitement et du maintien temporaire des informations nécessaires à la réalisation d’activités aussi diverses que la compréhension de textes, l’apprentissage et le raisonnement.
La mémoire de travail, qui comprend plusieurs composantes, correspond à une formulation moderne de la mémoire à court terme. Elle comprend plusieurs systèmes satellites de stockage, coordonnés et supervisés par une composante attentionnelle, l’administrateur central (angl. central executive) qui gère en outre le passage de l’information vers les systèmes de mémoire à long terme. Les principaux systèmes satellites sont au nombre de trois. La boucle phonologique (angl. phonogical loop) est responsable du stockage des informations verbales, de leur manipulation et de leur rafraîchissement. Le calepin visuo-spatial (angl. sketch pad) est impliqué dans le stockage des informations spatiales ainsi que dans la formation et la manipulation des images mentales. Enfin, le buffer (littéralement « système tampon ») épisodique est chargé du stockage temporaire d’informations intégrées provenant de diverses sources (multimodales).

A. Baddeley, psychologue britannique (1974)

Étym. lat. memoria 

menace d'infarctus l.f.

impending infarction

Manifestation clinique et électrique de la maladie coronarienne athéroscléreuse, la menace d’infarctus est un syndrome d’ischémie myocardique aigüe susceptible de régresser sans aboutir à l’infarcissement.
Il représente donc une urgence thérapeutique, nécessitant souvent une hospitalisation en unité de soins intensifs.

Étym. lat.  in : dans ; farcirer : remplir, farcir

méningiome n.m.

meningioma

Tumeur intradurale histologiquement bénigne, développée à partir des villosités arachnoïdiennes, qui représente environ 15% de toutes les tumeurs intracrâniennes primitives et 12% des tumeurs intrarachidiennes.
Sa fréquence bien plus grande chez la femme que chez l'homme, notamment dans ses formes intrarachidiennes, a conduit à rechercher le rôle des hormones sexuelles.
Les méningiomes intracrâniens sont parasagittaux à la convexité, insérés sur le sphénoïde ou intraventriculaires, uniques ou multiples dans le cadre d'une maladie de von Recklinghausen. La plupart des méningiomes intrarachidiens sont de siège thoracique.
Histologiquement, il existe des formes méningothéliales riches en cellules formant des enroulements caractéristiques, des formes fibroplastiques aux cellules allongées avec une composante en fibres collagènes et des formes de transition. Dans tous ces cas, la vascularisation est d'importance variable. La présence de nombreuses calcifications au sein des enroulements caractérise les formes psammomateuses.
De nombreuses autres variétés ont été isolées : angiomateuse, microkystique, sécrétoire, à cellules claires, chordoïde, riche en infiltrats lymphoplasmocytaires, métaplasique. La variété hémangiopéricytaire est sujet à controverses, d'autant que son pronostic est plus défavorable.
Il arrive que ces tumeurs présentent un certain degré d'anaplasie qui s'extériorise surtout dans les formes récidivantes ou malignes. La perte d'un chromosome 22 parfois observée n'est pas toujours parallèle au degré de malignité.
Le traitement des méningiomes est principalement chirurgical. Ils peuvent avoir une évolution défavorable, notamment en cas d'extension intracrânienne.

Étym. gr. mêningx : membrane ; -ome : suffixe indiquant la tumeur

métabolisme n.m.

metabolism

Ensemble des transformations biochimiques, des échanges et des déplacements physiologiques qui ont lieu dans les tissus de l'organisme et qui résultent de leur activité.
L'anabolisme est la partie du métabolisme qui concerne la biosynthèse ; le catabolisme est celle qui concerne la dégradation. Le métabolisme énergétique comporte la dégradation de composés couplée à la biosynthèse de molécules réservoirs d'énergie comme l'ATP, nécessaire aux fonctions cellulaires comme la contraction musculaire, la production de chaleur, les biosynthèses de constituants organiques, etc.
La consommation d'oxygène qui résulte de cette dépense d'énergie varie selon le quotient respiratoire des trois grandes classes de nutriments, glucides, lipides, protides.
On estime le métabolisme énergétique par la quantité d'énergie chimique transformée en chaleur pendant un temps donné.
Cette énergie varie considérablement selon l'activité de l'individu, elle croît notamment en fonction de l'exercice musculaire, de la digestion, de l'équilibre thermique et de la maladie. Chez le sujet normal au repos, à l'équilibre thermique minimal (vers 22°C) et loin de toute période digestive, l'énergie dissipée est minimale : on parle de métabolisme de base.
Si l'on prend 100 comme référence du métabolisme de base normal du sujet sain on a le tableau suivant (Popp et Brenz) :

Jeûne (20 jours) 60
Fractures multiples 120
Période postopératoire 100
Infection majeure 140
Brulé à 60 % dans une ambiance 
à 21°C 200
à 25°C 212
à 33°C 185

Birgit Popp et R. Benz, biologistes allemands

Étym. gr. metabolê : changement, de metabôllein : transformer

→ calorie, métabolisme de base, pentoses (voie des), quotient respiratoire

métachondromatose n.f.

metachondromatosis

Chondrodysplasie associant des enchondromes osseux à des exostoses multiples localisées principalement aux exrémités.
Les exostoses sont peu étendues, d’aspect condensées sur les radiographies, dirigées vers l’épiphyse (contrairement aux exostoses de la maladie exostosante) ; leur localisation sur les phalanges est caractéristique ; elles se voient aussi sur l’ischion, les extrémités proximales du fémur et de l’humérus. Des ossifications irrégulières para-articulaires peuvent évoquer une dysplasie épiphysaire hémimélique : certaines de ces lésions peuvent disparaître spontanément. Aucune transformation maligne n’a été rapportée. La transmission paraît autosomique dominante ; des mutations du gène PTPN11 en 12q24 ont été décrites.

P. Maroteaux, pédiatre français (1971)

Étym. gr. méta : indique le changement ; chondros : cartilage

métallothionéine n.f.

metallothionein

Protéine riche en cystéine (20 à 25 %), ayant une grande affinité pour les ions métalliques, tels que cuivre, zinc, cadmium, mercure.
Elle sert dans l'intestin à l'absorption du cuivre et du zinc ; dans le foie elle participe au stockage de ces métaux.
Dans la maladie de Wilson, elle capte une quantité élevée de cuivre ; il est possible que sa structure y soit anormale.

S. A. K. Wilson, neurologue britannique (1912)

→ Wilson (maladie de)

métastase cutanée l.f.

cutaneous metastasis

Au sens strict, envahissement de la peau par des produits pathologiques provenant d'un point quelconque de l'organisme situé à distance ; en fait, correspondant le plus souvent à un processus tumoral malin dont la dissémination se fait par voie sanguine ou lymphatique et même à une propagation directe de proche en proche vers la peau.
Les localisations les plus fréquentes sont le cuir chevelu, la tête, le cou, le thorax, l'abdomen. L'aspect clinique est le plus souvent celui de nodules durs, en « grain de plomb », non douloureux. Histologiquement, la prolifération tumorale se situe dans le derme et épargne l'épiderme; la structure cellulaire dépend du type de la tumeur primitive et du degré de différenciation de la métastase. L'apparition de métastases cutanées au cours d'un processus cancéreux est le présage d'une évolution rapidement fatale de la maladie.

Étym. gr. metastasis : changement de place d’après : méthistèmi : changer de place

Syn. tumeur cutanée secondaire

méthylation n.f.

methylation

Fixation d'un radical méthyle sur un composé.
Chez les êtres vivants, les réactions de méthylation utilisent généralement l'adénosylméthionine comme donneur de méthyle et des enzymes appelés transméthylases ou méthyltransférases, parfois aussi "méthylases". Les principales méthylations décrites chez l'Homme sont : la biosynthèse des lécithines à partir des phosphatidyléthanolamines, la méthylation des substances phénoliques (inactivation des catécholamines par la COMT (Catéchol-O-Methyl-Transférase), méthylation de la sérotonine), la méthylation des cytosines de molécules d'ADN verrouillant l'expression des gènes, la méthylation de composés azotés (formation de l'adrénaline, de la créatine, de N-méthylnicotinamide), en particulier la N-méthylation d'acides aminés comme la méthylation de radicaux d'histidine, de lysine et d'arginine dans certaines protéines méthylables (histones, protéines basiques de la myéline, protéines musculaires). Plus une cellule est âgée, plus ses histones H3 et H4 contiennent d'arginines méthylées. Dans l’érythroblastose aigüe  (maladie de Di Guglielmo), les histones sont trop méthylées par suite d'un excès de méthyltransférase.

G. Di Guglielmo, hématologue italien (1926)

→ Di Guglielmo (maladie de)

microangiopathie cérébrale et rétinienne l.f.

microangiopathy with encephalopathy, hearing loss and retinal arterial occlusion, retinocochleocerebral arteriopathy

Affection très rare touchant la femme jeune, de cause inconnue, caractérisée par la présence de multiples petits infarctus disséminés dans le cerveau, la périphérie de la rétine et l'oreille interne, associés à une sclérose de la média et de l'adventice des artérioles cérébrales et méningées.
Cliniquement, la maladie se manifeste par une encéphalopathie subaigüe avec troubles psychiques, altérations de la mémoire, syndrome démentiel et parfois signes focaux. S'y associent une surdité de perception bilatérale et une baisse de l'acuité visuelle. L'IRM objective des micro-infarctus situés dans la substance blanche. L'angiographie cérébrale est normale. Il n'existe aucun signe clinique ni paraclinique de vascularite systémique. Le diagnostic est évoqué sur l'angiographie rétinienne. Le traitement repose sur l'association corticoïdes-immunosupresseurs.

J. O. Susac, neuro-ophtalmologiste américain (1979)

Étym. gr. micros : petit ; angeion : vaisseau ; pathos : maladie

Syn. encéphalopathie rétinocochléaire, syndrome de Susac

microcéphalie n.f.

microcephaly

Développement anormalement petit du crâne, lié à une craniosténose ou à un arrêt du développement du cerveau, c'est-à-dire à une micro-encéphalie.
En cas de microcéphalie par micro-encéphalie, le crâne est petit, non déformé, et contraste avec une face de volume normal. Le retard mental est important, mais il n'existe ni troubles sensoriels, ni hypertension intracrânienne, ce qui le distingue de la craniosténose. La microcéphalie peut être secondaire à une embryopathie (rubéole, cytomégalovirose, toxoplasmose, herpès virose, infection par le virus Zika, substance toxique) ou primitive. Il peut s'agir alors de la maladie de Giacomini ou idiotie microcéphalique héréditaire à transmission récessive, d’une anomalie chromosomique telle que la trisomie 18, d’un déficit monogénique tels les syndromes de Cockayne, de Dubowitz, de Meckel ou d'une anomalie métabolique telle la phénylcétonurie.
Pour affirmer la microcéphalie, il est nécessaire de constater que le crâne ou l'encéphale sont inférieurs à trois déviations standard en dessous de la moyenne correspondant au sexe et à l'âge du nourrisson.
En cas de craniosténose avec hypertension intracrânienne l’examen radiologique montre une accentuation des impressions digitiformes et en cas de microcéphalie avec arrêt de développement du cerveau une épaisseur anormale de la calvaria (voûte) dite hyperostose compensatrice.
La micro-encéphalie ne constitue pas en elle-même une entité pathologique, mais représente l'expression d'une anomalie associée (défaut de migration, holoprosencéphalie, agénésie du corps calleux). Elle peut être observée chez des individus à quotient intellectuel normal. La réduction de taille, habituellement homogène, peut, dans certains cas cependant, prédominer sur les lobes frontaux et temporaux. De même, une colpoencéphalie ou dilatation des cornes occipitales, n'est pas rare.

C. Giacomini anatomiste italien(1840-1898) (1892), E. A. Cockayne, médecin britannique (1936) ; V. Dubowitz, pédiatre britannique (1965), J. F. Meckel, médecin et anatomiste allemand (1822)

Étym. gr. mikros : petit ; kephalê : tête

→ neurocristopathie, craniosténose

microcéphalie avec choriorétinopathie dominante l.f.

microcephaly with dominant chorioretinopathy

Microcéphalie vraie avec retard mental modéré et retard de croissance, associée à une dystrophie rétinienne rod-cone.
La maladie a une expression variable et il existe des porteurs sains. On trouve aussi un strabisme avec amblyopie, un nystagmus et une cataracte. La dystrophie rétinienne est présente à la naissance sous forme de lacunes choriorétiniennes sous les vaisseaux temporaux inférieurs du pôle postérieur et la rétinopathie évolue progressivement comme une rétinite pigmentaire. La vision ne baisse en général que vers la quatrième ou cinquième décennie lorsque la macula devient atrophique. L’affection est autosomique dominante (MIM 156590). Chez les porteurs sains, en cas de pénétrance incomplète, le diagnostic n'est fait qu'en angiographie avec dépigmentation en périphérie inférieure.

Corinne Alzial, pédiatre française (1980)

Étym. gr. mikros : petit ; kephalê : tête :  chorion : membrane ; lat. rétina  rétine (de rete : réseau)

Syn. retard mental-microcéphalie-dysplasie choriorétinienne de type dominant (syndrome de)

microdélétion n.f

microdeletion

Suppression d’un très petit segment de chromosome ou d’une séquence d’ADN souvent indécelable par le simple caryotype et nécessitant une méthode de marquage particulière comme la technique FISH (Fluorescence In Situ Hybridisation) ou MLPA (Multiplex Ligation dependent Probe Amplification).
De telles délétions ont été trouvées dans de nombreux syndromes malformatifs : par exemple le syndrome de Di George en 22q11.2, de Williams en 7q1.23, de Phelan-Mac Dermid en 22q13, de Prader-Willi  et d’Angelman en 15q11-q13, la maladie du cri du chat en 5p15.2,etc.

Étym. gr. mikros : petit ; lat. deletio : destruction

→ FISH, MLPA

microphtalmie et kyste colobomateux l.m.

microphthalmia with colobomatous cyst

Microphtalmie et kyste cliniquement indétectable inférieur déformant le globe, unilatéral, parfois bilatéral et visible en tomographie.
Les yeux ne sont pas fonctionnels, et l'électrorétinogramme et les potentiels évoqués visuels sont éteints. Ces globes sont souvent enchâssés profondément et non détectables et la maladie est prise pour une anophtalmie L’affection est autosomique récessive (MIM 251505).

Y. Porges, ophtalmologiste israélien (1992)

Étym. gr. mikros : petit ; ophtalmos : œil ; kolobôma : partie tronquée, manquante

→ kyste colobomateux de l'orbite

microphtalmie, rétinite pigmentaire et glaucome l.f.

microphthalmia, pigmentary retinopathy, and glaucoma

Maladie caractérisée par l'association d'une microphtalmie, d'une rétinite pigmentaire et d'un glaucome.
Ce syndrome doit être revu car la famille princeps, originaire du Nord de la France, ne présente pas une microphtalmie, mais une microcornée avec un globe de taille normale et a été l'objet d'une autre publication. L’affection est autosomique dominante (MIM 157100).

P. Hermann ophtalmologiste français (1958)

Étym. gr. mikros : petit ; ophtalmos : œil ; glaucos : glauque, verdatre

→ hérédodystrophie choriorétinovitréenne, microcornée, glaucome et cataracte

migraine n.f.

migrain

Céphalée idiopathique survenant par accès récurrents pendant quelques années ou dizaines d'années chez environ 12% de la population française et dont les deux tiers sont de sexe féminin.
L'affection débute chez l'adolescent ou l'adulte jeune, parfois chez l'enfant. Les accès sont périodiques mais plus ou moins irréguliers, favorisés par des facteurs individuels comme les évènements existentiels, les facteurs hormonaux. En fait, l'environnement alimentaire, climatique et social est important.
Sa physiopathologie reste mal connue, mais elle implique des phénomènes vasculaires, neuronaux et biochimiques, notamment sérotoninergiques.
Le diagnostic est uniquement clinique. Il repose sur les critères de l'IHS ("International headache society"), à savoir : accès de céphalées qui durent 4 à 72 heures (plus de quatre crises dans les antécédents), au moins deux critères sur quatre, parmi : hémicrânie, pulsatilité, gêne dans les activités courantes, augmentation par les efforts physiques, enfin au moins un des deux suivants : nausées ou vomissements, photo ou phonophobie.
On distinguera la migraine sans aura, parfois précédée de prodromes (asthénie, troubles de l'humeur, bâillements, somnolence) et la migraine avec aura. Une aura est un symptôme neurologique topographique, s'installant de façon progressivement croissante en cinq à 20 minutes et durant moins de 60 minutes. Elle peut être visuelle (ancienne migraine dite ophtalmique), avec scotomes scintillants ou hémi-anopsiques et phosphènes, et aussi sensitive, motrice ou aphasique. La phase céphalalgique consécutive peut manquer.
Sont décrites encore des migraines atypiques : migraine hémiplégique familiale (liée à une anomalie sur le chromosome 19), basilaire, ophtalmoplégique, rétinienne.
Les traitements sont nombreux, s'adressant tant aux accès aigus qu'à la maladie migraineuse.

Étym. gr. hèmi : demi : kranion : crâne

→ antimigraineux (traitement), migraine et psychisme, triptans, aura

migrant adj. n.m.

migrant, incomer

Terme général qui désigne un sujet, une famille ou un groupe parfois très étendu, qui ont effectué un récent déplacement volontaire ou subi vers un autre pays.
Quelles que soient les circonstances, qui peuvent comporter une dimension psychotraumatique, intervient principalement une perte d'identité liée à la transculturation et au remodelage inévitable du comportement, en fait associés à une plus ou moins forte marginalisation dans le pays d'accueil. Cet équilibre précaire peut aussi être rompu par un accident ou une maladie (parfois "d'importation").
La décompensation psychique se fait sous la forme :
- d'accès aigus, à type de dépression souvent masquée (anxiété, plaintes hypocondriaques, troubles somatoformes ou sexuels), de bouffée délirante ou d'une poussée confuso-onirique réversible ;
- d'états chroniques à type de dépression au long cours (surtout cénestopathique ou psychasthénique), d'états délirants, surtout paranoïaques, ou de tendances dites psychopathiques.

Étym.  migrare : changer de séjour

→ anatopisme mental, ethnopsychiatrie, famille migrante (enfant de), réfugiés

Mikulicz (maladie de) l.f.

Mikulicz disease, unicameral bone cyst

1° Hypertrophie bilatérale des glandes salivaires et lacrymales avec diminution de leur sécrétion, souvent en rapport avec la maladie de Besnier-Boeck-Shaumann.
2 Kyste essentiel de l'os.

J. von Mikulicz-Radecki, Freiherr,  chirurgien polonais (1906)

MIM acr. angl pour Mendelian Inheritance in Man

“Héritage mendélien chez l’Homme ”, catalogue encyclopédique des maladies génétiques, mis à jour par des éditions successives, publié par la John Hopkins University Press à Baltimore sous la direction de V.A. McKusick.
La premère  édition date de 1966 était sous-titrée « Catalog of Human genes and Genetic desorders ». Elle compte actuellement plus de 6600 entrées et 52000 références. Chaque géne et chaque maladie sont codés par six chiffres (correspondant à la position du gène). Les codes commençant par 1 ou 2 correspondent aux loci et affections enregistrées avant la 15 mai 1994 ; certains peuvent avoir disparus ou être modifiés. Après cette date les codes commençant par 3 indiquent un locus ou un phénotype lié au chromosome X ; commençant par 4, ils sont liés à l’Y ; par 5 ils sont liés aux gènes ou phénotypes mitochondriaux  et  par 6 aux autosomes.
Ce code a été mis en ligne sous la marque déposée OMIM® et consultable sur internet.

V. A. McKusick, pédiatre et généticien américain, membre de l'Académie de médecine (1966)

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