insuffisance médullaire l.f.
bone marrow failure
Hématopoïèse déficiente se traduisant généralement par une pancytopénie plus rarement par une bicytopénie, voire une monocytopénie touchant l'une ou l'autre des lignées myéloïdes.
On reconnaît plusieurs grands mécanismes d'insuffisance médullaire : 1) l'insuffisance quantitative où la richesse cellulaire de la moelle est diminuée comme dans les aplasies ou hypoplasies médullaires ; 2) l'insuffisance qualitative où la richesse cellulaire de la moelle est conservée voire augmentée comme les syndromes myélodysplasiques ; 3) on y rattache les insuffisances médullaires liées à une infiltration médullaire par des cellules malignes ou par une myélofibrose.
Le degré d'insuffisance médullaire peut être déterminé par 1) la richesse du myélogramme et surtout de la biopsie médullaire, 2) par les caractères quantitatifs et qualitatifs des cultures de progéniteurs hématopoïétiques in vitro en présence de facteurs de croissance, 3) par des méthodes isotopiques telles que l'étude d'incorporation globulaire du fer radioactif et la scintigraphie médullaire à l' 111In.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ aplasie médullaire, myélodysplasie, myélofibrose, myélogramme, biopsie médullaire, progéniteurs, immunoscintigraphie
insulinome n.m.
insulinoma
Tumeur pancréatique endocrine, relativement fréquente (environ 1 à 2 cas pour 100 000), qui est constituée de cellules β des ilots de Langerhans libérant de l'insuline.
Elle est presque toujours révélée par des accidents d'hypoglycémie organique (état confusionnel ou coma).
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d'une hyperinsulinémie non régulée par l'hypoglycémie progressive induite par le jeûne et sur la localisation de la tumeur pancréatique qui est en général unique et de petite taille : l'écho-endoscopie semble être la technique de localisation la plus performante. Le traitement de l'hyperinsulinisme repose sur l’utilisation du diazoxide mais l'exérèse chirurgicale de la tumeur est le traitement de choix, la chimiothérapie par streptozotocine devant être proposée si l'exérèse est impossible ou incomplète.
Étym. lat. insula : île
interdigitation n.f.
studiken–junction
Contour sinueux d’une membrane cellulaire permettant l’engrainement de deux cellules voisines.
Étym. lat. inter: entre ; digitus: doigt
interférence ARN l.m.
ARN-silencing
Polyribonucléotide complémentaire d’un ARN naturel susceptible de s’associer à cet ARN sous forme d’un ARN double brin et qui en inhibe l’expression.
De tels ARN ont été trouvés dans des cellules végétales où ils servent de défense antivirale. Des ARN double brin synthétiques ont été montrés efficaces dans des cultures cellulaires animales infestées par un virus. Un interférent ARN inhibant un ARNm peut être utilisé en thérapeutique.
Sigle : ARN-si
interhésion n.f.
interhesion
Adhésion réciproque entre deux cellules ou deux membranes.
interleukine 2 n.f.
interleukin-2
Cytokine produite par les lymphocytes T activés par l’antigène, stimulant la prolifération des lymphocytes T eux-mêmes (action autocrine), potentialisant leur apoptose, et concourant également à l’activation des lymphocytes-B et à celle des cellules NK.
Toutes ces propriétés indiquent le rôle clé de cette cytokine dans l’induction et la régulation des réponses immunitaires, en particulier celle des réponses T-dépendantes.
Sigle : IL-2
→ cytokine, lymphocytes T, lymphocytes-B, cellule NK
interleukine 3 n.f.
interleukin-3
Cytokine produite par les lymphocytes T CD4+ déclenchant l’expansion des cellules souches hématopoiétiques de la moelle osseuse et induisant la formation à partir de nombreuses lignées sanguines, ce qui justifie pour elle le qualificatif de multi-CSF (Colony Stimulating Factor).
Sigle : IL-3
→ cytokine, lymphocytes T, facteur stimulant la croissance des cellules hématopoïétiques
interleukine 4 n.f.
interleukin-4
Interleukine produite par les lymphocytes T activés, et induisant la prolifération des lymphocytes B activés et des cellules T.
Elle stimule l'expression du CD23 et du complexe majeur d'histocompatibilité. Protéine de masse moléculaire 15 kDa, composée de 129 acides aminés avec 2 sites de N-glycosylation.
Sigle : Il-4
→ lymphocytes-B, cellule T, complexe majeur d'histocompatibilité
interleuline 6 n.f.
interleulin-6
Cytokine produite par de nombreux types cellulaires (phagocytes activés, cellules endothéliales, fibroblastes) stimulant la synthèse hépatocytaire des protéines de la phase aigüe ainsi que la croissance des lymphocytes B et des plasmocytes.
Sigle : IL6
interleukine 8 n.f.
interleukin-8.
Interleukine produite par les monocytes et les cellules T, capable d'activer les neutrophiles.
C'est un polypeptide qui fait partie d'une famille de petites protéines appelées "small induced secreted" ou SIS, dont la molécule contient deux restes de cystéine soit adjacents, soit séparés par un seul acide aminé, comme dans l'Il-8.
Syn. peptide anionique activateur des neutrophiles
Sigle : IL-8
interleukine 11 n.f.
interleukin-11
Interleukine qui a été trouvée dans le milieu de culture de cellules stromales de Singe et qui a une activité proche de celle de l'IL-6.
C'est une protéine basique de 199 acides aminés dépourvue de cystéine, mais riche en leucine et en proline. Elle est identique au facteur inhibant la différenciation des adipocytes (AGIF).
Sigle : IL-11
interleukine 16 n.f.
interleukin-16
Cytokine de 130 acides aminés (14 kDa) libérée sous forme d’homodimères par les lymphocytes T activés, les éosinophiles et certaines cellules épithéliales.
L’IL-16 se lie à la molécule CD4. Elle agit comme facteur chimiotactique et facteur de différenciation et d’activation des éosino
Sigle : IL-16
→ cytokine,lymphocytes T, polynucléaire éosinophile
interleukine 18
interleukin-18
Cytokine structurellement proche de l’IL-1 mais très différente sur le plan fonctionnel puisqu’elle est un puissant stimulant de l’immunité à médiation cellulaire agissant synergiquement avec l’IL-12 pour accélérer la production d’interféron-γ par les lymphocytes T et les cellules NK.
Sigle : IL-18
→ IL-1, immunité à médiation cellulaire, IL-12, interféron, lymphocytes T, cellules NK
intron n.m.
intron
Fragment d'un acide ribonucléique prémessager, situé entre deux exons, qui n'est pas conservé dans l'ARNm et qui est éliminé par excision-épissage au cours de la maturation du messager.
Dans les cellules des eucaryotes, un transcrit primaire est généralement constitué d'une succession de séquences codantes, les exons, alternant avec des séquences non codantes, les introns. Les séquences d'intron commencent par GU et se terminent par AG. Les séquences de l'ADN correspondant aux introns du transcrit primaire sont aussi appelées introns dans la séquence du gène.
→ gène, ribonucléique (acide), exon, excision-épissage, splicéosome, ribozyme
[Q1]
invalidation de gène n.f.
gene knock out
Remplacement d’un gène cible par recombinaison homologue, c’est-à-dire en utilisant un vecteur contenant une cassette de sélection insérée dans un exon entre deux séquences identiques à celles du gène cible que l’on introduit dans des cellules souches embryonnaires, ultérieurement injectées à un embryon qui va donner naissance à des souris chimères à partir desquelles on obtiendra des souris homozygotes ou hétérozygotes pour le gène invalidé.
La recombinaison homologue utilisée essentiellement chez la souris (souris transgéniques) permet de réaliser de nombreuses modifications du génome : mutations nulles (invalidation), insertion de copies multiples du gène, introduction d’un gène rapporteur sous le contrôle du promoteur du gène d’intérêt, mutagenèses conditionnelles pour un tissu donné ou à une période donnée. L’utilisation des souris transgéniques permet de répondre à de nombreuses questions comme, par exemple, la détermination du phénotype résultant de l’absence ou de l’introduction de copies multiples d’un gène, l’analyse des facteurs contrôlant la synthèse d’une protéine, l’étude du phénotype induit par une mutation ponctuelle et des gènes nécessaires au développement.
invasion tumorale l.f.
Infiltration, par les cellules tumorales, des tissus entourant une tumeur maligne avec souvent destruction active de ces tissus
Dans les tumeurs malignes d’origine épithéliale (cancers invasifs), les cellules malignes doivent d’abord franchir la membrane basale de la tumeur avant d’envahir les tissus avoisinants, ce qui oppose ces tumeurs aux tumeurs non invasives (cancers « in situ »).
Étym. lat. invadere : envahir, pénétrer dans (in : dans, vadere : marcher)
→ cancer invasif, cancer in situ
involucrine n.f.
involucrin
Précurseur soluble de l'enveloppe protéique des cellules des épithéliums stratifiés.
Elle apparaît dans la partie superficielle de l'épiderme et dans les annexes. Elle témoigne de la maturation normale de l'épiderme.
Étym. lat. involucrum : enveloppe
involution n.f.
involution
1) En anatomopathologie, substitution des cellules nobles fonctionnelles d’un tissu par des éléments du tissu conjonctif de soutien (fibroblastes, collagène) et par des adipocytes.
Ainsi parle-t-on d'involution adipeuse ou fibro-adipeuse des glandes salivaires, du thymus, de la moelle hématopoïétique.
2) En psychiatrie, conséquence du vieillissement cérébral, ou retour à un état intellectuel antérieur.
À côté de délires paranoïaques comme la paranoïa d'involution dont le pronostic est favorable malgré des rechutes possibles (K. Kleist, 1916), a été surtout décrite la dépression ou plutôt la mélancolie d'involution (E. Kraepelin, 1896).
Chez une femme de la cinquantaine sans antécédents thymiques, dominent le plus souvent une fébrilité anxieuse avec oppositionnisme, des idées de culpabilité, de ruine et hypocondriaques, avec parfois syndrome de Cotard. L'évolution est récidivante et fréquemment de plus en plus rebelle au traitement.
De nombreux facteurs biopsychosociaux jalonnent la crise du milieu de la vie, sans omettre l'éventualité d'une forme unipolaire d'expression tardive.
K. Kleist, neuropsychiatre allemand (1879-1960) ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1856-1926) ; J. Cotard, neuropsychiatre français (1880 et 1882)
Étym. lat. involvere : faire rouler en bas
iode radioactif l.m.
radio iodine
En médecine, 131I l'un des isotopes radioactifs de l'iode stable (élément 53 de la classification de Mendeleieff) émetteurs β et γ, ayant une importance particulière, à la fois diagnostique (γ) et thérapeutique (β), en pathologie thyroïdienne.
L'iode (stable) constituant essentiel des hormones thyroïdiennes, s'accumule préférentiellement dans les cellules qui constituent les vésicules de la glande. La concentration de l'iode y est plus de mille fois supérieure à celle des autres tissus. En découlent d'importantes applications diagnostiques, telles que le test de fixation, la scintigraphie ou l'étude de la vitesse de production d'hormones marquées. L'iode radioactif (essentiellement l'isotope 131) est utilisé en thérapeutique pour le traitement de certaines hyperthyroïdies et des cancers différenciés de la thyroïde.
Divers isotopes de l'iode peuvent être incorporés à des molécules d'utilisations variées : isotopes à vie courte de l'iode 123I (photons de 180 KeV ; période physique 15 h), pour obtenir des radiopharma
L'iode 131 est, en outre, l'un des principaux radioto
iontophorèse n.f.
iontophoresis, ionophoresis, ionization
Introduction, à des fins thérapeutiques, à l’aide d’un courant électrique d’ion de sels solubles dans des tissus ou des cellules de l’organisme.
Elle est utilisée pour faire pénétrer une substance ionisable à travers la peau dans un but diagnostique (pilocarpine à propriétés secrétagoques dans le test de la sueur) ou thérapeutique (hyperhidrose, traumatisme).
En dermatologie, l’iontophorèse est utilisée dans le traitement de la cellulite et dans celui de l’hypersudation ; dans ce dernier cas, les mains ou les pieds sont placés dans un bac rempli d’eau salée et on fait passer un faible courant électrique continu à travers la cuve. En ophtalmologie, l’iontophorèse de molécules ionisées peut être réalisée par voie transcornéenne ou transsclérale. En neurophysiologie et neuropharmacologie, elle est employée pour introduire un agent ionisé au contact d’un neurone.
Étym. Étym: gr. ion : allant, phorein : porter
Syn. iontherapie
ischémie myocardique l.f.
myocardial ischemia
Hypoxie du myocarde secondaire à un défaut d'apport d'oxygène aux cellules du myocarde du fait d'une irrigation insuffisante, assez souvent indolore.
Le défaut d'irrigation est d'ordre :
- métabolique, entraînant une libération tissulaire de lactates par blocage du cycle de Krebs et mise en jeu du métabolisme anaérobie ;
- mécanique, par trouble de la contractilité segmentaire avec hypokinésie, akinésie ou dyskinésie ;
- électrique, avec des anomalies primaires de la repolarisation ventriculaire ;
- clinique, éventuellement, avec angine de poitrine ou insuffisance ventriculaire gauche.
Deux mécanismes interviennent dans la genèse de l'ischémie myocardique :
- l'augmentation des besoins en oxygène du myocarde, non compensée par une augmentation concomitante des apports ;
- la diminution des apports d'oxygène sans augmentation des besoins du myocarde. L'exemple type de cette dernière situation est le spasme coronaire sur artère saine ou présumée telle, en absence d'augmentation de la fréquence cardiaque. Les deux mécanismes peuvent coexister chez le même malade.
Outre l'électrocardiographie simple ou d'effort, les méthodes de dépistage de l'ischémie myocardique sont : isotopiques (thalium d'effort) ou échographiques, couplées à des épreuves physiologiques (test d'effort) ou pharmacologiques (injection de dipyrimidamole ou de dobutamine).
La coronarographie précise le siège et l'importance des rétrécissements coronaires athéroscléreux. On peut aussi déclencher une obstruction coronaire transitoire en utilisant un test de provocation du spasme (test à la méthylergométrine).
Étym. gr. ischanein : arrêter, retenir ; haima : sang
ITIM sigle angl. pour Immunoreceptor Tyrosine-based Inhibition Motives
Motifs contenant des tyrosines localisés dans les régions cytoplasmiques de protéines membranaires de récepteurs cellulaires (exemple : récepteur FcgIIb).
Ces motifs participent à l'arrêt de la transmission du signal grâce à leur interaction avec des tyrosine-phosphatases.
Ces motifs ITIM interviennent notamment dans l’inhibition de l’activité cytotoxique des cellules NK par interaction de leur récepteur avec les molécules de classe I du complexe majeur d’histocompatibilité. Ils interviennent aussi dans les effets inhibiteurs des anticorps sur certaines réponses immunitaires.
Itô (cellule de) l.f.
fat-storing cell, Ito’s cell
Cellule constituant, avec la cellule endothéliale et la cellule de Kupffer, la paroi du capillaire sinusoïde hépatique.
Elle est généralement située sous la couche des cellules endothéliales, entre celle-ci et les hépatocytes. Elle contient de nombreuses vacuoles lipidiques. Impliquée dans la biosynthèse du collagène de l'espace de Disse et le stockage de la vitamine A, elle jouerait aussi un rôle dans l'histogénèse de la cirrhose hépatique.
T. Itô, anatomopathologiste japonais (1951) ; K. von Kupffer, (1829-1902) et J. Disse (1852-1912) anatomistes allemands
Syn. cellule à vacuoles lipidiques, cellule périsinusoïdale
iturine A n.f.
iturin A
Antifongique peptidolipidique cyclique, constitué par un heptapeptide, cyclisé sur un acide gras β-aminé contenant 14 à 17 carbones, présent dans le milieu de culture de différentes souches de Bacillus subtilis, agissant sur la membrane des cellules de levure et permettant le relargage d'acides gras.
Plusieurs iturines A (de A1 à A8) ont été identifiées contenant des acides gras β-aminés différents. On connaît aussi d'autres composés voisins appelés iturine B, C, D, E.
Étym. l'iturine A a été isolée de bacilles du sol de l'Ituri (district de la province Orientale au nord-est de la République démocratique du Congo)
Jadassohn (phénomène de) l.m.
Jadassohn's phenomenon
Présence dans l'épiderme d'ilots cellulaires qui tranchent nettement sur le tissu épithélial normal.
Les cellules y sont de type soit baso- soit spinocellulaire, ont des formes variées et sont disposées sans ordre, en tourbillon ou en "bulbes d'oignons". Primitivement interprété comme un carcinome basocellulaire intra-épidermique d'origine multicentrique par Jadassohn, ce phénomène est actuellement considéré comme une altération peu spécifique, qui peut s'observer dans diverses affections, telles la verrue séborrhéique, la maladie de Bowen, l'hidroacanthome intra-épidermique, la maladie de Paget, l'invasion de l'épiderme par un mélanome ou par un carcinome épidermotrope d'origine extra-cutanée.
J. Jadassohn, dermatologiste allemand (1863-1936)