présénescence n.f.
presenescence
Période de particulière vulnérabilité, située entre 45 et 65 ans, préalable à la sénescence, dont la chronologie et les incidences sont très variables selon chaque individu.
Correspondant pour une grande part à la "crise du milieu de la vie" (J. Millet), cette étape de "maturescence" (G. Gognalons-Nicolet, C. Attias-Donfut) est considérée comme la troisième phase de la maturation-individuation. Parmi bien d'autres éléments, notamment psychosociaux, elle comporte une prise de conscience du vieillissement proche et de la mort inéluctable. L'involution organique semble encore généralement minime ou nulle.
Sur le plan psychiatrique, dominent, parmi les états aigus : les états dépressifs, des manifestations d'allure maniaque, plutôt de type "mixte", et des bouffées délirantes; parmi les évolutions chroniques, les diverses formes d'hypocondrie, les troubles psychosomatiques, les conduites toxicomaniaques, surtout alcooliques, et les comportements délictueux. Souvent rencontré, le "démon de midi" se présente de façon très variable.Sans doute un peu plus tardives, les classiques dépressions et psychoses d'involution incitent à discuter davantage la participation d'un affaiblissement intellectuel, qui peut dominer dans les démences préséniles.
Tous les troubles psychiques de cette période sont loin d'être liés à celle-ci, posant le problème de formes tardives et de l'aggravation, transformation ou révélation d'une pathologie préalable. A contrario, après ces manifestations, peuvent être observées une identité plus complète et plus profonde, ainsi qu'une meilleure prise de distance.
L. Millet, psychiatre français (2006) ; Maryvonne Gognalons-Nicolet, psychologue et sociologue française (1989) ; Claudine Attias-Donfut, sociologue française (1991)
Syn. présénilité, présénium
→ dépression, hypocondrie, manie selon Pinel
[N1]
Édit. 2018