infection n.f.
infection, bacterial contamination
Désigne d’une part, la pénétration et le développement dans un être vivant, de micro-organismes (bactéries, virus, champignons) qui provoquent des lésions en se multipliant et éventuellement en sécrétant des toxines ou en se propageant par voie sanguine et d’autre part, le résultat de cette pénétration caractérisé par une réponse inflammatoire, au moins locale.
Sa présence dans le sang est qualifiée de septis (bactériémie, virémie, fongémie selon la nature du germe).
Le processus infectieux procède de deux mécanismes différents : l'un spécifique, directement en rapport avec l'agent infectieux, sa localisation et sa dissémination, il nécessite un traitement antiinfectieux, l'autre non-spécifique, en rapport avec la réaction de défense de l'organisme (réaction inflammatoire) qui dépend de médiateurs lipidiques et protidiques mis en jeu par des cellules spécifiques (macrophages, épithéliums, etc.). Les deux mécanismes, infectieux et inflammatoire, associés initialement peuvent ensuite évoluer séparément. Notamment la réponse inflammatoire non spécifique peut se poursuivre alors que l'infection est éliminée (on ne retrouve une septicémie que dans 30 à 60% des états septiques graves), c'est pourquoi l'on décrit un «état septique non septicémique» ou «syndrome de réponse inflammatoire généralisée»
Une infection est dite latente quand elle ne se manifeste par aucun symptôme. Une infection est souvent contagieuse.
Ce mot employé aussi pour désigner une grande puanteur, signifie ailleurs au figuré, corruption en raison de l’altération produite dans un corps.
Étym. lat. infectio : teinture, souillure, déverbal d'inficere : imprégner
→ infectieux, sepsis, syndrome de réponse inflammatoire généralisée, contamination
infirmité motrice d'origine cérébrale l.f.
cerebral palsy
Ensemble de troubles moteurs non évolutifs, séquelles de lésions cérébrales survenues en période prénatale, périnatale, postnatale ou dans les premiers mois de la vie associant des déficits moteurs, des troubles du tonus, une spasticité et dont le type et la gravité dépendent de la localisation et de l’étendue de l’atteinte cérébrale.
Les premiers signes cliniques sont souvent retardés de plusieurs semaines ou mois. Cependant des symptômes déjà évocateurs peuvent être décelés dès la naissance : un score d’APGAR inférieur à 5, un faible périmètre crânien, une hypotonie axiale avec une mauvaise tenue de la tête, un défaut de mobilité et une hypertonie des membres, des réflexes ostéotendineux trop vifs ou asymétriques, une incoordination des mouvements, une perturbation des réflexes archaïques et visuomoteurs en particulier des troubles de la statique oculaire (anomalies de la fixation, nystagmus), des troubles de la dynamique et de la motricité conjuguée, des altérations des mouvements oculo-céphaliques.
Plus tard, la topographie neurologique se précise : hémiplégie, diplégie, paraplégie, syndrome de Little, ainsi que le type spastique, athétosique, choréo-athétosique ; ces formes sont souvent intriquées mais la spasticité est prédominante. L’épilepsie est fréquente. La relation oculomanuelle est perturbée avec troubles de la perception visuelle, atteinte du champ visuel, déficits visuospaciaux et troubles psychovisuels.
La capacité intellectuelle qui peut être « quasi intacte » (A. Tardieu) est souvent altérée. Les troubles de la vision, les difficultés de l’élocution et de l’écriture entraînent un retard d’acquisition se révélant surtout au moment de l’apprentissage scolaire.
Les causes prénatales représentent près de 40 % des cas : anomalies du développement encéphalique responsables de la microcéphalie et de la microgyrie, incidents maternels au cours de la grossesse : intoxications, carences, hypertension, infections virales. Dans la période périnatale (45 % des cas) sont en cause : la prématurité, d’autant plus pathogène qu’elle est plus précoce, les dystocies (accouchement par le siège, traumatismes néonataux), l’anoxie, les lésions vasculaires (ischémie, hémorragie intraventriculaire ou cérébroméningée) et les lésions infectieuses. Les causes postnatales (15 %) sont liées à un traumatisme ou à une méningo-encéphalite bactérienne ou virale.
Si les lésions cérébrales sont fixées ou peu évolutives, les séquelles orthopédiques s’aggravent avec la croissance du fait des déséquilibres musculaires, des rétractions, des déformations articulaires et rachidiennes qui doivent être surveillés et corrigés. La prise en charge doit être multidisciplinaire et la rééducation prolongée.
A. Tardieu, médecin légiste français, membre de l’Académie de Médecine (1818-1879) ; W. J. Little, chirurgien britannique (1861)
Syn. infirmité motrice cérébrale (IMC) (déconseillé)
Sigle : IMOC
→ encéphalopathie infantile, spasticité
inflammatoire (neuropathie) l.f.
inflammatory neuropathy
Neuropathie survenant dans le cadre d'affections générales inflammatoires éventuellement dysimmunitaires.
Le qualificatif d'inflammatoire est trop souvent employé sans raison, soit que la neuropathie se développe dans le contexte d'une maladie inflammatoire générale, soit qu'il y ait des lésions du nerf périphérique réellement inflammatoires. Il est souvent associé au terme de neuropathie dysimmune. Ainsi, au cours d'atteintes des nerfs périphériques telles que le syndrome de Guillain-Barré et les polyradiculonévrites chroniques de mécanisme auto-immun identique, le terme de neuropathie inflammatoire est souvent utilisé alors qu'il y a peu ou pas de lésions histologiques inflammatoires. Il serait donc préférable de réserver cette terminologie aux neuropathies intégrées à un tableau de maladies générales inflammatoires du type d'une vascularite, comme au cours des collagénoses, notamment de la périartérite noueuse.
G. Guillain et J. A. Barré, neurologistes français et membres de l'Académie de médecine (1916)
Étym. lat. flamma : flamme
→ Guillain-Barré (syndrome de), polyradiculonévrites chroniques
inhalation amniotique l.f.
amniotic inhalation
Aspiration de liquide amniotique dans les alvéoles pulmonaires du fœtus qui se produit au cours de l’accouchement et entraîne un syndrome de détresse respiratoire néonatale.
L’inhalation amniotique se produit surtout en cas d’accouchement avec souffrance fœtale qui provoque des mouvements respiratoires vigoureux et répétés du fœtus causes de l’inhalation. Le liquide amniotique très agressif pour le surfactant endo-alvéolaire déclenche une pneumopathie par inhalation avec détresse respiratoire et images radiographiques caractéristiques. Si la souffrance fœtale est très grande, il se produit en plus des contractions violentes du colon avec expulsion de méconium dans le liquide amniotique, cette inhalation surajoutée de méconium comportant un risque majeur de complications nerveuses graves.
Étym. lat. inhalare : souffler
inhalation (syndrome d') n.m.
inhalation syndrome
Syndrome causé par l'aspiration dans les voies aériennes de régurgitations ou d'un corps étranger.
Étym. lat. inhalare : souffler
→ inhalation d'un corps étranger chez l'enfant, Mendelson (syndrome de)
inhibiteurs de la pompe à protons l.m.p.
Substances réductrices de la sécrétion acide gastrique prescrites en présence d’un ulcère duodénal, d’une oesophagite par reflux gastro-oesophagien et d’un syndrome de Zollinger-Ellison.
De nature benzimidazole, ces médicaments agissent en bloquant l’ATPase cellulaire gastrique, pompe à protons qui excrète H+ en échange de K+. Ce sont le lanzoprazole, l’oméprazole, l’ésoméprazole, le pantoprazole, le rabéprazole.
Sigle : IPP
Édit. 2017
inhibition n.f.
inhibition
1) En biochimie, phénomène déclenché par certaines substances qui ralentissent ou arrêtent une réaction.
L'inhibition d'un enzyme peut être compétitive, par un analogue de substrat, ou non compétitive, par un poison qui modifie le site catalytique de l'enzyme. Certains enzymes clés sont soumis à une rétro-inhibition par un métabolite ultérieur de la voie métabolique.
2) En ophtalmologie, trouble de la motilité ou de la perception visuelle dont on ignore la pathogénie.
Il est plus simple de dire amblyopie, neutralisation, insuffisance, etc. Terme à éviter en dehors d'une étude précise d'un mécanisme physiologique ou physiopathologique.
3) En psychiatrie, concept initialement physiologique et neurophysiologique, d'un processus actif et passager de freinage ou de suspension d'une fonction, qui a ensuite été appliqué, de manière souvent ambigüe, à l'activité psychique, surtout émotionnelle, et à ses troubles.
Ses acceptions sont diverses : comportementalistes, éthologiques, psychodynamiques, ces dernières comportant la notion d'un conflit intrapsychique générateur d'angoisse et aussi d'inhibition réductrice du moi (S. Freud).
Quel qu'en soit le processus, l'inhibition s'observe dans les états dépressifs, où elle fait partie du syndrome de ralentissement (D. Widlöcher), et aussi chez les psychasthènes, les émotifs, les timides (p. ex. en face d'une situation éprouvante).
4) En gériatrie, une modification de l'environnement habituel peut inhiber, chez le sujet, les données sociales apprises.
5) En pathologie générale, l'inhibition comportementale est parfois considérée comme préventive de la destruction, du "nivellement entropique" avec l'environnement (H. Laborit).
D. Widlöcher, psychiatre, psychanalyste français (1983) ; H. Laborit, chirurgien neurobiologiste militaire, ethologue et philosophe français (1914-1995)
insensibilité congénitale à la douleur l.f.
congenital insensitivity to pain, hereditary sensory and autonomic neuropathy (HSAN)
Absence de réaction aux stimulations nociceptives liée à une neuropathie congénitale héréditaire impliquant les systèmes sensitifs avec une participation plus ou moins importante des systèmes autonomes et sensoriels.
L’insensibilité à la douleur occasionne de nombreuses mutilations : morsure de la langue et des lèvres au cours de la mastication, brûlures et plaies des doigts, fractures multiples, infection secondaire etc. De nombreuses formes sont décrites selon l’importance des troubles associés des systèmes autonomes et sensoriels, de l’âge d’apparition des symptômes, des localisations, de l’hérédité et des anomalies génétiques. Elles entrent dans le cadre général des neuropathies héréditaires sensitives (NHSA) ( Hereditary Sensory and Autonomic Neuropathy, HSAN) classées par P.J. Dyck, en cinq types :
-le type I- NHSA I- le plus fréquent, à transmission autosomique dominante débute tardivement entre 10 et 40 ans par une atteinte des extrémités ; son évolution est progressive ;
-le type II- NHSA II- de transmission autosomique récessive, est à un début précoce ;
-le type III- NHSA III- correspond à la dysautonomie familiale, syndrome de Riley-Day ;
-le type IV-NHSA IV- de transmission autosomique récessive associe à l’insensibilité une dysautonomie, une anhidrose et un retard mental ; il est lié à une altération d’un récepteur du facteur de croissance nerveuse NGF ;
-le type V-NHSA V- est cliniquement comparable au type IV mais sans anhidrose ni trouble mental.
Une forme clinique moins sévère, autosomique récessive, avec une atteinte de la sensibilité des tissus profonds (osseux, tendineux) est liée à une altération du récepteur de faible affinité du NGF-β.
Dans le cadre des neuropathies sensitives, on y associe les formes héréditaires associées à des troubles moteurs et cérébelleux dont le tableau clinique, les lésions histologiques et la physiopathologie sont très différents
P. J. Dyck, neurologue américain (1983)
Syn. analgésie congénitale, indifférence congénitale à la douleur, NHSA
→ neuropathie héréditaire sensitive, dysautonomie familiale, insensibilité congénitale à la douleur avec anhidrose
insuffisance carotidienne l.f.
carotid artery insufficiency
Diminution de débit, principalement au niveau de la carotide interne, responsable de syndrome d'ischémie oculaire ou d'accident oculaire aigu transitoire ou définitif.
L'exploration d'une insuffisance carotidienne repose sur l'examen clinique, l'échodoppler, voire sur l'artériographie lorsqu'une indication chirurgicale est envisagée.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
insuffisance corticosurrénalienne aigüe l.f.
acute adrenocortical failure
Caractérisée par la crise surrénalienne, intensification rapide et dramatique d’une insuffisance surrénalienne chronique, elle est provoquée par différentes circonstances, en particulier par une infection ou un stress chirurgical.
Elle peut être secondaire à la destruction hémorragique des deux glandes surrénales secondaire, chez l’enfant, à une septicémie à Pseudomonas ou à méningocoque (syndrome de Waterhouse-Fridericksen) et chez l’adulte à une anomalie de la coagulation ou à un traitement anticoagulant.
L’interruption intempestive des corticoïdes par des patients ayant une atrophie surrénalienne provoquée par une administration chronique de stéroïdes est une cause fréquente. La crise peut aussi survenir chez les malades présentant une hyperplasie congénitale des surrénales et ayant une insuffisance de réserve corticosurrénalienne à la suite d’un traitement inhibant la stéroïdogenèse (mitotane, kétoconazole) ou augmentant le métabolisme des stéroïdes (phénytoïne, rifampicine).
La crise surrénalienne est caractérisée par des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales qui peuvent devenir incoercibles et parfois à une fièvre élevée. Un collapsus vasculaire par hypovolémie s’installe alors.
Le traitement consiste en une recharge en corticoïdes associée à une compensation des pertes en sodium et en eau.
La survie à long terme des malades présentant une insuffisance corticosurrénaliene chronique dépend de la prévention de la crise surrénalienne. La survenue d’une infection, de troubles gastro-intestinaux, d’un traumatisme, d’une intervention chirurgicale exige l’intensification du traitement hormonal substitutif.
R. Waterhouse, médecin britannique (1911) ; C. Friderichsen, pédiatre danois (1918)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
→ insuffisance corticosurrénalienne chronique, Waterhouse- Friderichsen (syndrome de), hyperplasie congénitale des surrénales
insuffisance fonctionnelle n.f.
functional insufficiency, functional failure
Syndrome dans lequel un organe n'assure pas entière
La notion d'insuffisance fonctionnelle ou d'incapacité peut être généralisée à tout système (matériel, humain, etc.) lorsqu'il devient incapable d'assumer la tâche qui s'impose à lui.
L'insuffisance peut être transitoire : tout rentre dans l'ordre après un court temps de récupération. P. ex. l'essoufflement après un effort intense ayant dépassé la capacité cardiorespiratoire. Mais quand la répétition de phases d'insuffisance transitoires n'est pas suivie d'une récupération suffisante de l'équilibre normal, l'insuffisance devient chronique : il s'établit un équilibre pathologique plus ou moins bien toléré. P. ex. quand le patient n'est plus à même de récupérer rapidement après les apnées du sommeil qui amènent de trop longues phases d'hypoxie-hypercapnie, il s'en suit une dérive progressive vers une insuffisance respiratoire chronique de plus en plus grave.
Bien souvent une grande fonction met en jeu plusieurs mécanismes «en série» (p. ex. compensation cardiaque et rénale d'une insuffisance respiratoire), dans ce cas l'insuffisance d'un organe peut être compensée par les autres mais ceux-ci font apparaître alors des signes de charge anormale (par ex. la compensation ventilatoire d'une insuffisance cardiaque ou d'une hypoxie exogène provoque une certaine hypocapnie).
L'insuffisance d'une fonction excrétrice (pulmonaire, rénale, etc.) devient manifeste lorsque l'organe n'élimine plus convenablement les déchets résultant de l'activité métabolique journalière. Leur accumulation, mesurable dans le sang, indique la nature et le degré d'insuffisance (hypercapnie, hypercréatinémie, etc.).
Pour traiter une insuffisance, les médecins essayent souvent de ramener les dosages sanguins à la normale. Cette conduite n'est pas toujours justifiée et peut même être dangereuse chez un patient présentant une insuffisance fonctionnelle importante en équilibre pathologique stable : une correction brutale peut faire évoluer dangereusement la situation, parfois le patient meurt alors que ses dosages sont redevenus normaux. Ainsi la correction d'une insuffisance fonctionnelle doit toujours être progressive vers l'équilibre antérieur, s'il était bien toléré, même s'il était pathologique.
En urgence, avant d'attendre le résultat des dosages, il faut d'abord se fonder sur la clinique, réduire les besoins métaboliques pour soulager la fonction et la renforcer artificiellement s'il y a lieu (assistance ventilatoire, massage cardiaque, compensation d'une hémorragie, etc.).
Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée)
Syn. déconseillé incompétence fonctionnelle
→ incapacité fonctionnelle, insuffisance hépatique, rénale, respiratoire
insuffisance hépatocellulaire l.f.
(children's) hepatic failure
États dans lesquels les hépatocytes ne peuvent assurer convenablement leur fonction en raison d’une nécrose cellulaire ou d’une atteinte fonctionnelle.
La nécrose hépatocytaire est caractérisée par l'association d'une cytolyse majeure et d'une cholestase (augmentation de la bilirubine libre et conjuguée, de la phosphatase alcaline et des γ GT). Elle peut être de nature infectieuse ou toxique ou être l'aboutissement terminal d'une hépatopathie chronique. Le pronostic dépend de la quantité d'hépatocytes détruits. Dans les formes majeures, la seule chance de survie se trouve dans la transplantation hépatique.
Certaines insuffisances hépatocellulaires sont incomplètes et peuvent guérir. Chez l'enfant p. ex., la galactosémie ou la fructosémie congénitale provoque l’apparition d’un syndrome hémorragique grave avec effondrement du complexe prothrombinique, mais la suppression du lactose ou du fructose dans le régime amène la restauration rapide d'une situation normale.
Les troubles sont plus complexes dans la maladie de Wilson liée à une thésaurismose du cuivre. Outre l'insuffisance hépatique il existe une insuffisance rénale et des désordres cérébraux. L'administration régulière de d-pénicillamine permet d'arrêter l'évolution de la maladie.
Mais il existe des insuffisances hépatiques aigües associées à une hémolyse grave : ces malades ne peuvent être sauvés que par une transplantation hépatique.
S. A. Wilson, neurologue britannique (1912)
Étym. lat. in privatif ; sufficientia : ce qui suffit (pour assurer une tâche assignée) ; gr. hepatikos : qui concerne le foie
→ cytolyse aigüe, insuffisance hépatique aigüe, transplantation hépatique, galactosémie, fructosémie, Wilson (maladie de), d-pénicillamine
insuffisance mitrale l.f.
mitral insufficiency
Cardiopathie caractérisée par le reflux systolique du sang du ventricule gauche dans l'oreillette gauche en raison de l’incontinence de la valvule mitrale.
L'insuffisance mitrale chronique peut se manifester par des signes fonctionnels de l'insuffisance ventriculaire gauche : dyspnée, palpitations, tachycardie, asthénie. A l'auscultation on entend un souffle de timbre doux qui occupe toute la systole ; il est maximum à la pointe et irradie vers l'aisselle.
L'électrocardiogramme, la radiographie du thorax et l'échocardiographie thoracique ou transœsophagienne permettent de préciser l'état du ventricule et de l'oreillette gauches, l'importance de la fuite mitrale avant même que l'étude hémodynamique ou angiographique confirme la régurgitation. Ces techniques sont nécessaires dans la discussion du moment et du type de l'intervention chirurgicale, conservatrice le plus souvent possible ou de remplacement valvulaire.
L'insuffisance mitrale aigüe due à une rupture de cordage, à une rupture de pilier par infarctus ou par perforation par traumatisme ou par endocardite infectieuse s'individualise par sa mauvaise tolérance clinique : poumon cardiaque, hypertension pulmonaire, insuffisance du ventricule droit, bas débit cardiaque. Dans cette forme aigüe, la thérapeutique médicale est insuffisante et doit rapidement laisser place à un remplacement valvulaire mitral. Toutes les formes d'insuffisances mitrales justifient une prophylaxie de l'endocardite infectieuse.
Cette valvulopathie fréquente relève de plusieurs causes :
- causes organiques (rhumatisme articulaire aigu, dystrophies de la valve mitrale avec ballonisation et prolapsus ou déchirure des cordages, endocardites bactériennes, ischémie avec dysfonction ou rupture de pilier, anévrisme ventriculaire, dysplasie liée à un syndrome de Marfan ou d'Ehlers-Danlos, traumatisme du cœur, endocardite fibreuse, lupus érythémateux disséminé, etc.) ;
- insuffisances mitrales fonctionnelles, fréquentes, liées à la dilatation de l'anneau consécutive à une dilatation ventriculaire gauche.
A. B. Marfan, pédiatre français, membre de l’Académie de médecine (1896) ; E. L. Ehlers, dermatologue danois (1901) ; H. Danlos, dermatologue français (1908)
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
Sigle : IM
→ maladie mitrale,insuffisance ventriculaire, infarctus du myocarde, endocardite infectieuse, rhumatisme articulaire aigu, ballonnisation de la valve mitrale, Marfan (maladie de), Ehlers-Danlos (syndrome d'), lupus érythémateux disséminé
insuffisance rénale (neuropathie et) l.
neuropathy and renal insufficiency
Polyneuropathies survenant au cours des insuffisances rénales chroniques.
Désormais, du fait de l'utilisation plus rationnelle des techniques d'épuration rénale, les polyneuropathies de l'insuffisance rénale chronique sont plus rares. Souvent, il existe une atteinte infraclinique, détectée uniquement par les examens électrophysiologiques. On ne dispose actuellement que de données épidémiologiques anciennes, indiquant que 60 % des patients présenteraient des atteintes infracliniques, 15 % des signes fonctionnels discrets et 25 % des signes objectifs, avant la mise en dialyse.
La forme la plus habituelle est une polyneuropathie subaigüe ou chronique, sensitivomotrice, symétrique, intéressant préférentiellement les membres inférieurs. Les troubles sensitifs subjectifs et objectifs sont souvent prédominants. Il s'agit le plus volontiers d'une atteinte axonale chronique, rarement aigüe. Des formes où prévaut la démyélinisation segmentaire ont parfois été décrites. La transplantation rénale entraîne habituellement une évolution favorable des troubles de la conduction nerveuse et également du tableau clinique.
D'autres atteintes nerveuses périphériques à type de syndrome du canal carpien du côté d'une fistule artérioveineuse, de neuropathie induite par des médicaments comme la nitrofurantoïne, de lésions tronculaires dues à un état cachectique ou à l'alitement, ont été rapportées.
Étym. lat. in : préfixe négatif ; sufficiens : qui convient
insuffisance surrénale aigüe l.f.
acute adrenocortical insufficiency
Syndrome provoqué soit par la décompensation d’une maladie d’Addison, soit par majoration d’un déficit en A.C.T.H.
Il est favorisé par un stress relevant d’une infection, d’un traumatisme ou d’une intervention chirurgicale, ou par un arrêt du traitement. En l’absence d’un traitement d’urgence, il est rapidement mortel. Les arguments diagnostiques sont un effondrement de l’état général, une déshydratation, une asthénie extrême, des troubles psychiques, digestifs, le tout pouvant aboutir au coma. Les signes biologiques sont une cortisolémie basse, une hémoconcentration, une hyponatrémie avec natriurèse élevée, une hyperkaliémie, une hypoglycémie. Le traitement associe la reconstitution du capital volémique et une compensation hormonale et électrolytique.
interface vitréomaculaire l.f.
vitreoretinal juncture, vitreoretinal interface
Structure comprenant d'une part la partie postérieure du cortex vitréen et d'autre part la membrane limitante interne de la rétine.
Il existe des zones de forte adhérence vitréorétinienne au niveau de la macula, qui s'expliquent par la présence de structures appelées plaques d'attachement ou hémidesmosomes. Ces adhérences vitréomaculaires sont impliquées dans la genèse de certaines affections comme le trou maculaire idiopathique, le syndrome de traction vitréomaculaire ou certains œdèmes maculaires traditionnels.
interruption de l'arc aortique, paralysie faciale et colobome rétinien l.m.
aortic arch interruption, facial palsy and retinal coloboma
Syndrome malformatif chez deux vraies jumelles avec hypoplasie ou interruption de l'arc transverse aortique, parésie faciale et colobome rétinien bilatéral.
Une autre famille a été décrite avec un colobome rétinien maculaire une coarctation de l'aorte et un nævus linéaire sébacé. L’affection est autosomique dominante (MIM 107550).
I. M. Levine, neurologue américain (1964 et 1968) ; E. M. Critchley, neurologue britannique, membre de l'Acadmie de médecine (1967)
interruption de la tige pituitaire (syndrome d') l.m. (SITP)
Syndrome caractérisé par l’absence ou l’existence d’une tige pituitaire mince, habituellement associée à une hypophyse antérieure hypo ou aplasique ou à une hypophyse postérieure ectopique.
Le SITP peut être accompagné d’autres anomalies de la ligne médiane et d’insuffisances hormonales, soit multiples, soit de déficit isolé en hormone de croissance (GH).
intoxication par les organophosphorés l.f.
poisoning by organo-phosphates
Intoxication dont le type en est l'intoxication par le parathion (thiophosphate de diéthyle et de para
De nombreux composés esters d'acide phosphorique ou thiophosphorique ont le même pouvoir anticholinestérasique.
L'intoxication aigüe (DL50 du parathion, 7 mg/kg environ) se manifeste cliniquement par des troubles digestifs et des signes d'inhibition du parasympathique (myosis, troubles du rythme cardiaque), regroupés classiquement en syndrome muscarinique, et des troubles dits nicotiniques (fasciculations, paralysies progressives avec atteinte respiratoire). L'inhibition des choline
intoxication scombéroïde l.f.
scomberoid poisoning
Toxi-infection alimentaire après ingestion de thon, maquereau ou bonite quand la rupture de la chaîne du froid a permis une croissance bactérienne amenant la transformation de l'histidine en histamine.
Affection bruyante mais bénigne, d'allure ana
Étym. gr. scomberos : maquereau
invagination intestinale l.f.
intestinal invagination
Intussusception de l'intestin sur lui-même, entraînant un syndrome occlusif.
Affection fréquente chez l'enfant au niveau de l'iléon, l'invagination pouvant être iléo-iléale ou iléocaecale - dans ce dernier cas l'iléon venant s'invaginer dans le cæcum au travers de la valvule de Bauhin. Chez l'adulte, les invaginations intestinales s'observent essentiellement au côlon, venant volontiers révéler une atteinte organique, en particulier une tumeur
G. Bauhin, anatomiste et botaniste suisse (1560-1624)
involution n.f.
involution
1) En anatomopathologie, substitution des cellules nobles fonctionnelles d’un tissu par des éléments du tissu conjonctif de soutien (fibroblastes, collagène) et par des adipocytes.
Ainsi parle-t-on d'involution adipeuse ou fibro-adipeuse des glandes salivaires, du thymus, de la moelle hématopoïétique.
2) En psychiatrie, conséquence du vieillissement cérébral, ou retour à un état intellectuel antérieur.
À côté de délires paranoïaques comme la paranoïa d'involution dont le pronostic est favorable malgré des rechutes possibles (K. Kleist, 1916), a été surtout décrite la dépression ou plutôt la mélancolie d'involution (E. Kraepelin, 1896).
Chez une femme de la cinquantaine sans antécédents thymiques, dominent le plus souvent une fébrilité anxieuse avec oppositionnisme, des idées de culpabilité, de ruine et hypocondriaques, avec parfois syndrome de Cotard. L'évolution est récidivante et fréquemment de plus en plus rebelle au traitement.
De nombreux facteurs biopsychosociaux jalonnent la crise du milieu de la vie, sans omettre l'éventualité d'une forme unipolaire d'expression tardive.
K. Kleist, neuropsychiatre allemand (1879-1960) ; E. Kraepelin, psychiatre allemand (1856-1926) ; J. Cotard, neuropsychiatre français (1880 et 1882)
Étym. lat. involvere : faire rouler en bas
involution caudale l.f.
caudal involution
Malformation embryonnaire par défaut de développement de la partie inférieure du corps ou de la partie distale du rachis.
Par ex. l'agénésie lombaire ou sacrée entre dans le cadre du syndrome d'involution caudale
Syn. régression caudale, lombosacrée (anomalie)
ipatropium nm.
Bronchodilatateur anticholinergique qui bloque les récepteurs muscariniques à l’acétylcholine dans les muscles lisses bronchiques
Il est utilisé par inhalation dans le traitement symptomatique des bronchopathies obstructives (BPCO) et des crises d'asthme. Il est associé à un bêta-2 mimétique d'action rapide et de courte durée (Salbutamol, Fénotérol).
Chaque nébulisation de solution correspond à 0,25mg de produit chez l’enfant et à 0,50 mg chez l’adulte. Son action apparaît en quelques minutes et dure 4 à 6 heures. Les nébulisations peuvent être répétées toutes les 20 à 30 minutes.
Les effets secondaires centraux (en particulier le syndrome anticholinergique) sont rares car le produit ne franchit pas la barrière hémato-encéphalique et n’est pas diffusé dans l'organisme. Les effets secondaires les plus fréquents sont la sécheresse de la bouche et l’irritation de la gorge. Les contre-indications sont les réaction à l'atropine et aux produits voisins, le glaucome à angle fermé et l'adénome prostatisue (risque de rétentionurinaire).
Cette molécule fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’OMS.
[G5,K1]
Édit. 2018
iris (anomalie de l') l.f.
anomaly of the iris
Anomalie comprenant une perte de stroma irien, corectopie, pupille déformée en fente, s'associant à un croissant cornéen périphérique typique de l'anomalie d'Axenfeld.
Ces anomalies sont héréditaires (autosomiques dominantes ou sporadiques). Un glaucome est possible. Avec des anomalies dentosquelettiques, se trouve réalisé le syndrome de Rieger.
T. Axenfeld, ophtalmologiste allemand (1920) ; H. Rieger, ophtalmologiste autrichien (1935)
Étym. gr. iris, iridos : arc-en-ciel